Le blog du kraken

March 4, 2009

Backtrack 4 beta disponible

Filed under: Anonymat — derkraken @ 8:46 am

En ces temps de répression du peer to peer, il n’est que grand temps de réagir avec un outil qui dégomme:

Backtrack!

La version 4 est désormais basée sur Debian et est dispo en iso et image VMWARE ici:
 http://backtrack4.blogspot.com/2009/02/b…

La doc francophone est dispo ici:
 http://wiki.backtrack-fr.net/index.php/A…

Je préfère ça au blackout proposé par la quadrature du net(pas de lien, si vous voulez savoir de quoi je parle, tapez “black out+quadrature” dans gougueule).


Sphere: Related Content

Analyse de la future loi HADOPI par M EOLAS

Filed under: Anonymat — derkraken @ 8:07 am

Elle diffère un peu du florilège de prévisions alarmistes qui apparaissent ici ou là.

M’enfin sans grande surprise, selon notre avocat préféré, cette lois sera aussi efficace que DADVSI.

Billet complet disponible ici:
 http://www.maitre-eolas.fr/2009/03/04/13…


Sphere: Related Content

June 7, 2008

La quadrature du net

Filed under: Anonymat — derkraken @ 3:55 pm

June 6, 2008

Big Brother : Sarkozy en rêvait, Fillon le fait

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 9:01 am

« Je veux tout voir et tout savoir. » – Nicolas Sarkozy, 2006, à propos de la video-surveillance

La Quadrature du Net a pris connaissance du projet de charte “Confiance en ligne” soumis par le ministère de l’intérieur aux intermédiaire techniques. Ce texte confirme les pires craintes des fondateurs du collectif. Sous couvert de protection des utilisateurs, le gouvernement français souhaite mettre en place une surveillance et un filtrage généralisé d’internet. Il essaie d’éviter la voie législative pour imposer aux intermédiaires techniques des obligations disproportionnées, attentatoires aux droits fondamentaux et contraires à la nature réelle de l’environnement numérique.

Filtrage des contenus a priori, réquisition de données hors contrôle de l’autorité judiciaire, extension des obligations de la conservation des données de connexion, supression automatique de contenus… ce dispositif de surveillance généralisé et de contrôle de l’information est digne du régime chinois.

Faisant suite aux propositions de Nadine Morano sur le filtrage et au projet de loi absurde de Christine Albanel, ce texte de Michèle Alliot-Marie confirme que les Assises du Numérique d’Éric Besson sont une diversion destinée à masquer l’adoption pendant l’été de projets liberticides en préparation depuis longtemps.

«  Le but du pouvoir exécutif français n’est pas de lutter efficacement contre la criminalité avec des mesures adéquates car nécessaires, appropriées et proportionnées. Il s’agit de contrôler par tous les moyens le seul média qui ne lui obéit pas.  » déclare Christophe Espern, co-fondateur de la Quadrature du Net, ajoutant « Il y a quelque chose d’odieux à utiliser la lutte contre la pédopornographie comme alibi à Big Brother. Les services de police concernés ne demandent pas de telles mesures. Parler de “confiance en ligne” dans ce contexte relève de la Novlangue. »

La Quadrature du Net appelle donc les citoyens à contacter immédiatement leurs députés pour leur demander d’interpeller le gouvernement lors des prochaines questions d’actualité. Elle les invite à se former aux techniques d’anonymisation et de chiffrement et publiera prochainement un guide permettant aux citoyens de se protéger de l’arbitraire numérique. Elle appelle en outre les intermédiaires techniques à refuser catégoriquement toute forme de collaboration avec ces projets indignes d’une démocratie.
 http://www.laquadrature.net/fr/big-broth…

PS: A ce propos, on continue a me traiter de parano? :D


Sphere: Related Content

10 bonnes raisons de dire NON à la loi Hadopi !

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 8:58 am
Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com
-
La loi Hadopi, rebaptisée “Loi Création et Internet”, prévoit de mettre en place une Haute Autorité chargée d’avertir d’abord et de sanctionner ensuite les internautes qui ne respecteraient pas les droits d’auteur sur Internet. Selon un sondage réalisé récemment par l’industrie, 74 % des Français seraient favorables à ce système de riposte graduée plutôt qu’à la loi actuelle. Numerama liste 10 raisons non exhaustives pour lesquelles il est impératif de rejeter la loi Hadopi. Piratez-les sur votre blog, sur les forums et dans vos mails !
1. Elle ne vise pas les pirates !

La loi ne sanctionne pas le fait de télécharger ou de mettre à disposition sans autorisation des oeuvres protégées par le droit d’auteur. Elle crée en fait un nouveau délit, le “fait, pour la personne titulaire d’un accès à des services de communication au public en ligne (un accès à Internet, ndlr), de ne pas veiller, de manière répétée, à ce que cet accès ne fasse pas l’objet d’une utilisation à des fins de reproduction, de représentation, de mise à disposition ou de communication au public d’oeuvres ou d’objets protégés par un droit d’auteur ou par un droit voisin sans l’autorisation des titulaires de droits lorsqu’elle est requise“. Or pour vérifier que l’abonné n’a pas “veillé” à ce que son accès ne soit pas utilisé pour pirater, la Haute Autorité ne pourra s’en remettre qu’à une seule présomption : le fait que l’accès a été en fait utilisé pour pirater. Peu importe que ça soit par l’abonné lui-même ou par ses enfants, son ex-compagne ou un voisin de passage. La loi crée donc une responsabilité du fait d’autrui qui serait une première dans le système juridique français. L’article 1384 du code civil prévoit bien la responsabilité du fait d’autrui, mais uniquement dans des cas où le tiers coupable est jugé incapable (les mineurs par exemple), ou est placé dans une situation de subordination par rapport à son responsable.

2. Elle crée une présomption irréfragable de culpabilité

La loi impose aux abonnés à Internet de protéger leur accès à Internet, par exemple en utilisant les moyens de filtrage proposés par leurs FAI, et dont la liste sera communiquée par la Haute Autorité. Mais comment un abonné qui a mis ces moyens de filtrage en place pourra-t-il prouver sa bonne foi s’il est accusé du contraire ? Comment prouver qu’à une heure donnée, un jour donné, le mécanisme de filtrage était bien activé sur l’ordinateur de l’accusé ? Ca n’est plus la présomption d’innocence qui préside, mais une présomption de culpabilité qui ne pourra en aucun cas être renversée. La loi Hadopi bafoue les droits de la défense en feignant d’ignorer que ces droits, dans les faits, ne pourront jamais être exercés.

3. Elle est déjà obsolète.

Puisqu’il n’est techniquement possible que de trouver l’adresse IP de ceux qui partagent les oeuvres et non de ceux qui les téléchargent depuis des serveurs distants, le projet de loi Hadopi ne vise de fait que le P2P dans son dispositif. Or aujourd’hui le piratage se produit au moins autant sur les serveurs de newsgroups et les sites de téléchargements et de stockage comme RapidShare, dont les utilisateurs sont mis à l’abri de toute procédure. De plus, les nouvelles générations de réseaux P2P sont conçues de façon à masquer l’adresse IP des utilisateurs qui partagent des fichiers, ou à ne pas pouvoir associer de façon certaine une adresse IP à un contenu partagé. Sachant qu’il est toujours politiquement beaucoup plus facile de créer une Autorité administrative que d’en démanteler une, est-il utile d’aggraver la charge publique par une énième Haute Autorité qui sera très rapidement incapable de travailler, ou de façon tellement anecdotique que son efficacité sera nulle ?

4. Elle interdit même le P2P légal.

Il n’existe et ne peut exister aucune base de données des oeuvres protégées par les droits d’auteurs. Donc le père de famille qui veut sécuriser son accès à Internet conformément aux obligations disposées par la loi Hadopi devra bloquer l’ensemble du P2P sur sa ligne, car aucun filtre ne pourra bloquer uniquement les téléchargements et uploads d’oeuvres protégées. De fait, c’est donc l’ensemble du P2P légal qui est mis au banc par le projet de loi. Il y a fort à parier qu’en plus, les FAI qui devront communiquer une liste d’outils de filtrages “efficaces” proposeront des outils qui bloquent automatiquement tous les logiciels d’échange comme eMule, BitTorrent et consorts.

5. Elle nécessite un fichage contraire à la jurisprudence de la CNIL

Pour mettre en oeuvre la riposte graduée, la Haute Autorité devra connaître l’historique des éventuels messages d’avertissement envoyés auparavant aux abonnés. Elle doit donc conserver les données d’infraction pendant une période longue. Si l’abonné est sanctionné par la suspension de son abonnement à Internet, son nom doit être inscrit pendant un an dans un registre communiqué aux fournisseurs d’accès à Internet, qui ont l’obligation de le consulter avant toute ouverture d’accès. Si le nom du client y figure, l’abonné ne peut pas s’inscrire. Or par le passé, la CNIL n’a autorisé ce type de fichage qu’à la condition expresse que le nom de la personne soit retiré dès lors que le dommage qu’il a causé est réparé (un remboursement d’impayé pour être retiré du fichage de la Banque de France, par exemple). Or ici, le fichage reste actif pendant un an, sans que l’abonné n’ait la possibilité de mettre fin au dommage qu’il a causé par sa négligence.
On notera aussi que la conservation des données qu’implique la mise en oeuvre de la riposte graduée est équivalente à celle imposée aux FAI pour les besoins de la lutte contre le terrorisme. De quoi se poser des questions sur la proportionnalité du mécanisme au but poursuivi.

6. Elle crée une justice à deux vitesses, selon que vous serez puissant ou misérable.

La Haute Autorité chargée de mettre en oeuvre la riposte graduée avertira et sanctionnera les internautes qui ont partagé illégalement des oeuvres protégées par le droit d’auteur. Mais quelles oeuvres ? Elle n’agira que sur la base de relevés effectués par les ayant droits eux-mêmes, c’est-à-dire par ceux qui ont la puissance financière pour effectuer un contrôle et un relevé des adresses IP sur Internet pour protéger leurs oeuvres. En clair, les majors du disque et du cinéma. Les petits labels ou les artistes indépendants seront de fait exclu du mécanisme de défense de leurs droits prévu par la loi Hadopi, quand bien même leurs oeuvres seraient piratées massivement.

7. Elle encourage la politique de l’autruche.

Il suffit de regarder le contenu des accords de l’Elysée pour voir que les industries culturelles estiment qu’elles n’ont pas à améliorer l’attractivité de leurs offres légales tant que la riposte graduée prévue par la loi Hadopi n’est pas effective. C’est-à-dire, au mieux, pas avant le premier trimestre 2009. Et encore, en fait, bien après, puisque l’accord prévoit un délai d’un an à compter de la mise en oeuvre effective de la riposte graduée. Au moins si la loi Hadopi était rejetée, les industries culturelles se décideraient peut-être enfin à se donner un grand coup de pied dans le derrière pour proposer aux consommateurs ce qu’ils attendent. C’est la base de tout commerce.

8. Elle a été jugée contraire aux droits de l’Homme par le Parlement Européen

Comment, alors qu’elle sera présidente de l’Union Européenne, la France peut-elle ignorer une sanction aussi lourde du Parlement européen ? Le 10 avril 2008, les eurodéputés ont voté une résolution qui “invite la Commission et les États membres à éviter de prendre des mesures qui entrent en contradiction avec les libertés civiques et les droits de l’homme et avec les principes de proportionnalité, d’efficacité et de dissuasion, telles que l’interruption de l’accès à l’Internet.

9. Elle ne sera pas plus efficace que la loi DADVSI votée il y a trois ans.

Nulle part au monde les tentatives de dissuasion et de répression n’ont fait baisser le nombre de contenus piratés et surtout n’ont fait grimpé le nombre de CD et DVD vendus. Dix ans après l’arrivée de Napster, il est peut-être temps de changer enfin de stratégie.

10. Elle coûtera extrêmement cher à mettre en oeuvre pour l’Etat

Lors des Assises du numérique, le président de l’Autorité de Régulation des Mesures Techniques et probable futur président de l’Hadopi s’est dit prêt à mettre en place “un processus de traitement automatisé permettant l’envoi de 10 000 messages d’avertissements par jour“. 10.000 messages par jours, ce sont 3,65 millions de messages par an. Pour les envoyer, il faut connaître l’adresse IP de l’abonné, et demander l’adresse e-mail correspondante au FAI. L’arrêté du 22 août 2006 pris en application de l’article R. 213-1 du code de procédure pénale prévoit que l’identification d’un abonné ADSL et de son fournisseur d’accès internet donne lieu à une indemnité forfaitaire de 8,50 euro par IP. Soit un coût global de 31 millions d’euros par an, auquel doivent s’ajouter les frais postaux d’envois de lettres en recommandé exigées au minimum lors du deuxième avertissement, les frais de relevés des infractions, les frais de conservation des données, et les frais de fonctionnement administratifs de la Haute Autorité.
Pour que l’Hadopi ne creuse pas le déficit budgétaire de l’Etat, elle devra donc générer en retour au moins 31 millions d’euros de recettes fiscales chaque année par l’augmentation supposée des ventes sur les plateformes légales. Rapide calcul. Un MP3 vendu 0,99 euros sur Internet rapporte à l’Etat 16 centimes d’euros de TVA. Pour aller à l’équilibre, il faudrait que les Français achètent environ 194 millions de titres par an en plus de ceux qu’ils achètent déjà – ce qui suppose au passage qu’ils n’achètent pas sur iTunes, où la TVA bénéficie au Luxembourg. A titre de comparaison, les ventes de musique sur Internet en France au premier trimestre 2008 ont rapporté à l’industrie moins de 7 millions d’euros HT. On veut bien croire en faisant un effort à une augmentation des ventes consécutive à l’adoption de la loi Hadopi, mais à ce point ?
 http://www.numerama.com/magazine/9854-10…


Sphere: Related Content

June 3, 2008

Loi HADOPI: On verra ça plus tard(on a l’été pour s’organiser! Youpi!)

Filed under: Anonymat — derkraken @ 3:32 pm

A l’occasion d’une interview aux Echos, la ministre de la Culture Christine Albanel a finalement consenti mardi qu’il serait très difficile pour le Parlement d’examiner le projet de loi Olivennes / Hadopi avant la rentrée. Confrontée à des critiques de tous fronts, elle a également pour la première fois exclu que la loi soit présentée en procédure d’urgence comme l’avait été la loi DADVSI.

Le projet de loi créant la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) paraît de plus en plus mal engagé. Peut-être est-ce pour cela que le gouvernement a changé son nom pour en trouver un plus sexy et fédérateur : la “loi Création et Internet”. Mais ça n’est pas un simple changement de nom du contenant qui fera oublier que le contenu est rejeté par le Parlement européen, par le régulateur des télécoms, par la CNIL, par des députés, et même, croit-on comprendre, par certains membres du gouvernement.

Alors que la ministre de la Culture Christine Albanel faisait part la semaine dernière à l’Assemblée Nationale de son espoir que le projet de loi soit présenté “rapidement devant le Parlement”, elle a précisé aujourd’hui la faiblesse de ses espoirs. Dans une interview aux Echos, Mme Albanel a détaillé l’agenda :

Le Conseil d’Etat doit rendre son avis dans les jours qui viennent. La loi sera ensuite présentée le 11 ou le 18 juin en Conseil des ministres. Nous faisons tout pour qu’elle soit examinée en première lecture en juillet au Sénat, mais cela va être difficile de faire discuter de ce projet au Parlement avant l’été, car les débats au Sénat s’arrêteront le 14 juillet en raison des élections sénatoriales.”

Le temps pris par le Conseil d’Etat pour rendre son avis n’est sans doute pas bon signe pour le projet de loi, qui est dans les mains de l’institution depuis le mois de mars. S’il émet des réserves sur le texte et demande des modifications (mise à jour : c’est le cas), les chances de voir le projet de loi présenté en Conseil des ministres avant les vacances parlementaires sont nulles. Quitte à froisser l’industrie du disque qui voulait fixer le calendrier, le gouvernement semble de toute façon résolu à l’idée de reporter l’examen du texte à la rentrée, dont les sessions sont pourtant traditionnellement réservées essentiellement à l’étude de la loi de finances.

Nous tablons toujours sur une entrée en vigueur avant le 1er janvier 2009“, assure la ministre. Mais pour la première fois, signe là aussi que le débat parlementaire s’annonce au moins aussi houleux que celui de la loi DADVSI, Christine Albanel a exclu que le texte soit examiné en procédure d’urgence, c’est-à-dire en une seule lecture. C’était pourtant le souhait du cabinet en début d’année. Mais il ne veut pas renouveler le fiasco de la loi DADVSI, dont l’entêtement de Renaud Donnedieu de Vabres à présenter le texte en urgence avait conduit à une rebellion parlementaire et à l’adoption d’un amendement instituant la licence globale.

Sur le fond, la ministre indique que le gouverment s’attend “à un avis réservé de la CNIL” (qu’il a déjà reçu), mais elle précise que “cela était prévisible“. Pour prévenir d’avance qu’elle s’assoira sur l’avis de la CNIL comme elle s’est assise sur la position du Parlement européen, Christine Albanel rappelle que le gardien de la vie privée a “toujours critiqué la possibilité de recueillir des données personnelles sur les « pirates », même les plus simples comme le nom et l’adresse, en dehors d’une procédure judiciaire“. “Or notre objectif est justement de déjudiciariser le traitement de cette question pour pouvoir faire de la pédagogie et de la prévention – ce que le juge ne peut pas faire“, assure-t-elle.

Elle oublie que l’objectif de la loi Hadopi est aussi de pouvoir faire de la répression, par la suspension de l’abonnement à Internet. Elle oublie aussi, ce qui ne plairait pas à sa collègue Rachida Dati, que les juges ont eux aussi une mission de pédagogie et de prévention, qu’ils expriment par la personnalisation des peines et par la possibilité de faire des “rappels à la loi”.

Elle oublie aussi que les juges sont les gardiens du respect des droits de la défense, bafoués par les systèmes de sanction automatisés.

 http://www.numerama.com/magazine/9805-Le…


Sphere: Related Content

Loi HADOPI de plus en plus mal barrée :D

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 3:30 pm

Mise à jour : contrairement à ce qu’indiquait dans un premier temps PC Inpact, le Conseil d’Etat n’a pas encore remis son avis définitif. Le document porté à leur connaissance émane du rapporteur du Conseil, chargé de rédiger l’avis définitif, ce qui permet toutefois de croire que les conclusions seront très proches.

Le Conseil d’Etat a rendu mardi après-midi son avis sur le projet de loi “Création et Internet” présenté par Christine Albanel. Sans s’opposer sur le fond à la riposte graduée, l’institution administrative a revu certaines dispositions clés et carrément censuré le dispositif qui devait permettre à la Haute Autorité d’ordonner aux FAI des mesures de filtrage.

Selon notre confrère PC Inpact qui révèle la teneur de la décision, le Conseil d’Etat aurait corrigé le texte du projet de loi Hadopi pour permettre à la Commission de protection des droits de prononcer une sanction personnalisée en fonction de la gravité des manquements à l’obligation de sécurisation des accès à Internet par les abonnés, et non plus automatique en fonction du nombre de récidive.

La Commission devra ainsi motiver au cas par cas son choix entre plusieurs types de sanctions, et le notifier par lettre recommandée envoyée à l’abonné :

  • Une suspension d’accès pour une durée maximale d’un an ;
  • Une amende pécuniaire d’un montant maximum de 5000 euros ;
  • La possibilité d’enjoindre l’abonné à prendre des mesures pour prévenir les manquements répétés et à en rendre compte à l’Hadopi, le cas échéant sous astreinte.

L’ajout de la possibilité d’ordonner une amende pécuniaire risque de faire beaucoup de mal au gouvernement, qui a pris coeur de présenter son projet de loi sous l’angle de la prévention, de la pédagogie, et non de la sanction. Cette personnalisation obligatoire des sanctions va aussi considérablement alourdir les procédures et donc les frais de fonctionnement de la commission, ce qui aura pour effet de réduire à la fois le nombre de dossiers qu’elle pourra traiter annuellement, et donc l’efficacité économique du projet de loi.

Par ailleurs, l’Hadopi devra publier “une liste de moyens de sécurisations présumés efficaces pour prévenir les manquements“. Dans l’esprit du Conseil d’Etat, la première sanction devra être un rappel à la loi et la communication de cette liste établie en collaboration avec les FAI. Ce qui promet quelques débats sur la notion d’efficacité des moyens de sécurisations. Quelle sera la responsabilité des FAI si les filtres ne sont pas efficaces ? Peut-on constitutionnellement imposer chez les abonnés la mise en place de filtres qui seraient “trop” efficaces, c’est-à-dire qui bloqueraient des contenus y compris légaux ? Enfin, comment un abonné qui exerce son droit de recours devant la juridiction administrative pourra prouver qu’au moment de l’infraction présumé, l’outil de filtrage fourni par son FAI était bien activé ? Le flou reste total sur ces points pourtant cruciaux dans l’application juste de la loi.

Enfin, dernier point important, le Conseil d’Etat rejette la disposition qui devait permettre à l’Hadopi d’ordonner aux FAI ou aux intermédiaires techniques de mettre en place des mesures de filtrage sur leurs services. Ce pouvoir qui limite l’exercice des libertés doit rester le monopole de l’institution judiciaire.

Le gouvernement se retrouve donc face à un projet de loi rejeté par le Parlement européen, par le régulateur des télécoms, par la CNIL, par des députés, implicitement par certains membres du gouvernement, et désormais en partie par le Conseil d’Etat.

Il ne manquerait plus que le Conseil Constitutionnel s’en mêle et le gouvernement acceptera peut-être enfin de retirer son texte. Il faut dire qu’à ce moment-là, il n’en aura plus vraiment le choix.
 http://www.numerama.com/magazine/9806-Le…


Sphere: Related Content

CNT

Filed under: Anonymat — derkraken @ 9:50 am

Demande m’a été faite de hisser mes couleurs:

:P

June 1, 2008

http://www.lafermeenville.fr/

Filed under: Anonymat — derkraken @ 9:43 am

Cyber-Action contre le lobby OGM et pro-agriculture industrielle
La vérité sur la Ferme en Ville

Les organisateurs du Salon La Ferme en Ville de Bayonne (Chambre d’Agriculture des Pyrénées-Atlantiques, FNSEA, lobbies pro-OGM, pro-maïs irrigué et pro-agrocarburants….) n’avaient pas pensé enregistrer leur nom de domaine.

Las, des petits malins, consommateurs en colère, l’ont fait à leur place big_smile

Exaspérés de voir l’agriculture industrielle et productiviste pourrir leur santé et leur environnement, ils ont donc créé le site www.lafermeenville.fr .

Son objectif : démontrer la responsabilité de la FNSEA et de la Chambre d’Agriculture dans le développement toujours plus important de ce type de modèle agricole, au détriment de l’agriculture paysanne, respectueuse de la qualité des aliments et des équilibres naturels.

La méthode : mettre en ligne les propos de ces messieurs, quand ils se parlent entre eux, loin des oreilles du grand public. On admirera notamment la littérature édifiante tirée du Sillon, l’hebdomadaire de la FNSEA 64.

Grâce à des dizaines de complicités de blogueurs et de blogueuses, www.lafermeenville.fr a peu à peu gagné du terrain jusqu’à remporter la bataille du référencement auprès des moteurs de recherche contre le site fermeenville.fr monté depuis, à grand coup de fric par une agence de com engagée par la Chambre d’Agriculture de Pau.

Le grand public (dont l’attention doit être captivée par l’énorme campagne de pub prévue par le salon La Ferme en Ville dans les jours qui viennent, là aussi à grand coup de fric) peut donc, depuis ce vendredi 30 mai, avoir accès à ce site internet :
- il y trouvera toutes les infos (qu’on se gardera bien de lui délivrer dans le salon La Ferme en Ville) sur les vraies politiques agricoles prônées sur le terrain par la Chambre d’Agriculture de Pau et la FNSEA, loin de l’image idyllique qu’ils essaieront de vendre dans leur salon.
- il pourra également s’y marrer franchement, aux dépends de ceux qui empoisonnent son assiette et son environnement naturel

Visitez et faites visiter le site www.lafermeenville.fr !

Si vous voulez soutenir cette action, merci d’inclure le lien vers lafermeenville dans vos blogs/sites.


Sphere: Related Content

May 21, 2008

Projet Hadopi SVM contre la loi sur le téléchargement illégal

Filed under: Anonymat — derkraken @ 9:53 am


Vu sur le site de SVM:
otre magazine et une cinquantaine de personnalités appellent les députés à corriger la future loi. Explications.

Plus de 50 personnalités signent avec nous un appel contre le projet de loi né de la “mission Olivennes”. Cette loi va instituer une autorité de surveillance et de répression dans l’espoir d’enrayer l’échange illégal et massif d’œuvres culturelles par Internet.

SVM dévoile dans son grand dossier les points clés de ce projet et pointe du doigt certaines mesures très contestables : coupure de l’accès à Internet dans les foyers, création d’un fichier des internautes sanctionnés, stockage des données de connexion pendant 1 an, surveillance assurée par des entreprises privées…

Des députés européens et français, des artistes, des spécialistes des nouvelles technologies, des juristes, des associations, des journalistes, des chefs d’entreprises, tous s’associent à SVM pour demander une re-discussion du texte impliquant, cette fois, les utilisateurs et leurs représentants.

Il existe d’autres voies pour combattre le téléchargement illégal. Nous faisons plusieurs propositions dans notre dossier. Et nous espérons que le gouvernement étudiera toutes les solutions alternatives aux mesures purement répressives envisagées dans le projet dit Hadopi.

Découvrez le texte notre appel et venez ajouter votre signature à la pétition, que nous remettrons en juin aux ministères concernés (Culture, Industrie, Economie numérique, Premier ministre) ainsi qu’à l’Assemblée nationale.

Ce dossier événement de SVM sera en kiosque dès jeudi 22 mai.
Vous pouvez en découvrir un extrait sur notre site.
Sources:
 http://www.svmlemag.fr/actu/02939/svm_co…

La pétition en ligne:
 http://www.svmlemag.fr/petition_riposte_…


Sphere: Related Content

May 11, 2008

Riposte graduée : le projet de loi Hadopi au point mort ?

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 9:04 am

Analyse – Selon un blog spécialisé, l’Élysée, soucieux de redresser la cote de popularité de Nicolas Sarkozy, serait tenté de reporter après l’été le projet de loi destiné à lutter contre le téléchargement illégal. Un texte vivement critiqué par son caractère répressif.

Le projet de loi Hadopi (1), destiné à lutter contre le téléchargement illégal, a peu de chances de respecter le calendrier prévu. Il devait initialement être présenté au Conseil des ministres du 28 mai, pour une première lecture devant le Sénat en juillet. Selon le blog spécialisé Electronlibre.info, l’Élysée, concentré sur le redressement de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy, préfèrerait repousser l’étude d’un projet de loi qui essuie le feu des critiques par son caractère répressif.

« Après un an de réformes au pas de charge, comme aiment à le souligner les conseillers de la présidence, tous les efforts vont porter dorénavant sur le redressement de la cote de Nicolas Sarkozy dans les sondages de popularité. Et dans cette perspective, il n’y a pas pire que le vote en vitesse d’une loi sur les droits d’auteurs qui renferme en elle une bonne dose de répression envers les internautes », analyse le blog.

Fin mai est, par ailleurs, la date choisie pour discuter du Grenelle de l’environnement, et le projet de loi de la ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, n’est toujours pas inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres.

Urgent d’attendre

À l’Élysée, on songerait donc qu’il est urgent d’attendre jusqu’à, par exemple, l’accession de la France à la présidence de l’Union européenne cet été. Une opportunité pour porter le dossier à l’échelle européenne, tout en laissant à Éric Besson, secrétaire d’État au Développement numérique, le temps de faire la synthèse des Assises du numérique. Elles démarreront le 29 mai et le secrétaire d’État présentera fin juillet son plan d’action. Un calendrier qui satisferait tout le monde, à l’exception notable des ayants droit de la musique et du cinéma. Au final, le plus probable est donc que le projet passe devant le Parlement à la rentrée de septembre.

Comme les versions précédentes, la dernière mouture du projet de loi Hadopi, étudiée par le Conseil d’État a soulevé de nombreuses critiques. Du côté des internautes, le collectif de la Quadrature du Net, soutenu par l’EFF (Electronic Froniter Foundation) et Privacy International, estime que : « Ceux qui pilotent ce texte sont de dangereux incompétents et les interêts qu’ils défendent ne sont à l’évidence pas ceux de la France et de l’Europe. Il faut d’urgence les arrêter à l’approche de la présidence française de l’Union Européenne.»

Mais au-delà de l’aspect politique, des problèmes purement techniques sont pointés du doigt. Le texte prévoit en effet que les offres triple play, intégrant l’accès internet, la télévision et la téléphonie, puisse être exclues du dispositif de sanction, pouvant mener à un an de suspension de l’abonnement. Motif : il sera difficile de ne couper que l’accès au Net. C’est pourquoi, dans le cas où l’isolement d’un service en particulier, n’est pas possible, le projet de loi prévoit qu’aucun des accès ne soit coupé.

Un dispositif uniquement répressif

Sauf qu’a l’heure actuelle techniquement, l’isolement de l’accès internet n’est effectivement pas possible, du moins pour l’ensemble des internautes, comme nous l’a précisé l’AFA. « Aujourd’hui, il n’est pas possible pour tous les FAI, sur l’ensemble du territoire, de suspendre le seul accès internet. Ceci pour des raisons d’infrastructures réseaux », explique Dahlia Kownator, sa déléguée générale. « Les opérateurs y travaillent ardemment mais n’ont pas de visibilité quant au délai nécessaire pour pouvoir isoler l’accès internet. »

Bref, dans le contexte actuel, les abonnés au triple play ne seraient pas logés à la même enseigne que les autres internautes. « Ce qui constitue une rupture du principe d’égalité devant la loi et est donc anticonstitutionnel », ajoute-on à La Quadrature du Net.

Enfin, l’AFA déplore que « les discussions ne soient engagées que sur la partie répressive du dispositif alors que l’équilibre de l’accord Olivennes supposait le développement concomitant et significatif d’une offre légale de téléchargement ».

(1) Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur l’internet
(2) Association des fournisseurs d’accès et de services internet

Par Philippe Astor et Christophe Guillemin, ZDNet France

 http://www.zdnet.fr/actualites/internet/…


Sphere: Related Content

March 23, 2008

Bruno Guigue, un sous préfet pas assez pro israélien

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 1:25 pm

( ou trop pro palestinien)

Bruno Guigue, sous-préfet de Saintes, est sanctionné pour ne pas avoir respecté son devoir de réserve, et avoir notamment écrit, dans une tribune publiée sur internet, qu’Israël est le “seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles”, ce qui n’est jamais que le constat d’un état de fait.

Que cela serve de leçon aux fonctionnaires qui d’aventure seraient tentés de donner leur avis sur la politique pro israélienne des guignols qui nous gouvernent(et qui se piquent par ailleurs de donner des leçons d’humanisme au monde entier): si vous comptez avoir des opinions sur le sujet et les exprimer sur le net, ben faites comme tout le monde, prenez un pseudo.

Le texte ayant déclenché les foudres des chantres de l’indignation sélective:

“Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU”
DANS sa rubrique “Point de vue” du 27 février 2008, Le Monde a généreusement offert ses colonnes à un texte d’une hystérie verbale et d’une mauvaise foi insondables. Les accusations qu’il profère à l’égard du conseil des droits de l’homme de l’ONU sont si mensongères que même la liste des signataires ne tempère qu’à peine notre stupéfaction : Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Claude Lanzmann, Elie Wiesel, Pierre-André Taguieff, Frédéric Encel .. On peut facilement compléter la liste tant l’omniprésence des intellectuels organiques du lobby pro-israélien nous est devenue familière.
Le titre sans nuances de cette prose haineuse est déjà tout un programme : “L’ONU contre les droits de l’homme”. Dès les premières lignes, on peut y lire cet appel angoissé : “L’année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme par l’ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée”. Inévitablement le lecteur non averti s’alarme : l’organisation internationale serait-elle brusquement devenue suicidaire ?
Mais par bonheur la suite nous éclaire aussitôt sur les préoccupations profondes de nos signataires : “A Durban, en Afrique du Sud, s’est tenue en 2001 la conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations-Unies. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés des “mort à l’Amérique !” et “mort à Israël !” et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes”.
Quel rapport entre la géopolitique du Moyen-Orient, manifestement en cause dans les appels à combattre les Etats-Unis et Israël, et l’oppression des femmes que viendrait cautionner le “relativisme culturel” ? Probablement aucun. Mais amalgamer les deux sujets présente l’intérêt polémique de suggérer une pernicieuse concurrence entre les victimes : vous qui condamnez Israël et l’Amérique, vous ne dites rien de la souffrance des femmes opprimées dans les pays musulmans. C’est une antienne dont la rhétorique lobbyiste est coutumière : elle permet de détourner le lecteur occidental de la critique de la politique américaine ou israélienne en fixant son attention sur un problème interne des sociétés moyen-orientales.
Ce rapprochement polémique entre les deux sujets, pourtant, est particulièrement cocasse. L’Arabie saoudite, où le port du voile est obligatoire et les femmes interdites de conduite automobile, est l’alliée historique des Etats-Unis dans la région. Le régime obscurantiste des talibans, lui, a vu le jour sous les auspices d’une CIA qui a prêté ses camps d’entraînement sur le sol américain aux combattants du mollah Omar. En revanche, l’Irak et la Syrie baasistes, plus proches de la norme occidentale en matière de condition féminine, n’eurent pas droit aux mêmes égards. Le premier a été pulvérisé sous les bombes US, la seconde est rangée dans la catégorie des “Etats voyous”. Mais peu importe : les partisans de la politique américaine au Moyen-Orient se croient fondés à donner des leçons en matière d’émancipation féminine.
S’agissant de l’ONU, en outre, on ne s’étonnera guère d’un tel ressentiment de la part des porte-parole du néoconservatisme à la française. Car les résolutions du conseil des droits de l’homme, comme hier les déclarations de l’assemblée générale, ont osé mettre en cause la répression israélienne en Palestine occupée. Les 47 Etats élus par leurs pairs au CDH bénéficient de l’égalité de vote. La sensibilité qui s’y exprime reflète donc une opinion majoritaire qui n’a aucune raison de cautionner l’occupation militaire des territoires arabes. Que les thuriféraires d’Israël, cependant, se rassurent : ces résolutions demeurent symboliques à défaut d’être exécutoires. Mais ce n’est pas suffisant. Il leur faut aussi en stigmatiser le principe par un usage grossier de la calomnie.
C’est à quoi s’emploient rageusement les signataires. “Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s’y constituent, les discours qui s’y tiennent, les textes qui s’y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d’expression, légitiment l’oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales .. Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l’encontre de ses principes fondateurs. Ignorée des grands médias, jour après jour, session après session, résolution après résolution, une rhétorique politique est forgée pour légitimer les passages à l’acte et les violences de demain”.
Symptôme d’une psychose paranoïaque ou monument de la démonologie occidentale : on hésite sur le diagnostic. La seule certitude, c’est que ce réquisitoire contre des forfaits inexistants témoigne d’une inventivité hors du commun. Le conseil des droits de l’homme de l’ONU voudrait “anéantir la liberté d’expression” ? On se demande bien pourquoi et comment. Mais nos interrogations demeurent sans réponse. Nos polémistes annoncent “la mise à mort de l’universalité des droits” par l’ONU elle-même, mais cette mort annoncée reste nimbée de mystère. Aucune citation des résolutions du CDH ne vient étayer cette accusation, et les détracteurs de l’ONU condamnent ses idées supposées avec une violence inversement proportionnelle aux preuves de ce qu’ils avancent. Visiblement, ils préfèrent parler à sa place en procédant directement au commentaire de ce qu’elle est censée avoir dit.
En guise de citations, on doit alors se contenter des propos résumés au style indirect, sans guillemets, qu’aurait tenus M. Doudou Diène, rapporteur spécial sur le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie auprès de l’ONU. L’intellectuel sénégalais aurait ainsi déclaré qu’”énoncer une critique contre le port de la burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste, et que la loi française contre le port des signes religieux à l’école participe du racisme antimusulman”. Seul problème : ces citations sont introuvables. Si chacun de ces énoncés soulève évidemment des objections, encore faut-il qu’il ait été formulé. Une polémique grossière sur des citations qui n’en sont pas : le procédé condamne ses auteurs.
Au demeurant, les seules citations que les idéologues publiés par Le Monde auraient dû produire à l’appui de leur propre thèse sont celles du CDH lui-même. Mais ils se gardèrent bien de le faire. Livrant leur interprétation tendancieuse en lieu et place de la pensée d’autrui, ils pérorent gravement en prenant leur fantasme pour la réalité : “La confusion est à son comble, affirment-ils, quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion”. Mais d’où vient cette idée ? Qui l’a émise ? Nul ne le sait. N’importe qui, en revanche, peut vérifier ce qu’a énoncé le CDH sur la question religieuse. Il suffit de consulter les compte-rendus officiels des six sessions réunies depuis sa création en juin 2006.
Le 30 mars 2007, le CDH a ainsi adopté une résolution ” sur la lutte contre la diffamation des religions”. Ce texte nuancé insiste sur “le droit de chacun à la liberté d’expression, qui devrait s’exercer de façon responsable et peut donc être soumis à de restrictions, prescrites par la loi et nécessaires pour le respect des droits ou de la réputation d’autrui, la protection de la sécurité nationale, de la santé ou de la morale publiques, et le respect des religions et des convictions”. Sur le plan des principes, ce texte ne diffère guère du droit positif en vigueur dans la plupart des pays, les Etats occidentaux ayant eux aussi entouré l’exercice de la liberté d’expression de certaines limites juridiques. En France, la reconnaissance de la liberté d’expression n’entraîne aucun droit à diffamer son voisin, toute forme d’injure manifestant une discrimination raciale ou religieuse est punie par la loi, et certaines dispositions législatives ont même eu pour effet d’énoncer une vérité officielle sur des faits historiques.
Naturellement, la teneur de cette résolution du CDH n’est pas indifférente au contexte politique lié à la “guerre contre le terrorisme” menée tambour battant par Washington. “Le Conseil se déclare préoccupé par les images stéréotypées négatives des religions et par les manifestations d’intolérance et de discrimination en matière de religion ou de conviction. Il se déclare en outre profondément préoccupé par les tentatives visant à associer l’islam avec le terrorisme, la violence et les violations des droits de l’homme. Il note avec une vive inquiétude l’intensification de la campagne de diffamation des religions, et la désignation des minorités musulmanes selon des caractéristiques ethniques et religieuses depuis les événements tragiques du 11 septembre 2001″.
L’adoption de ce texte s’est heurtée à l’opposition des pays occidentaux, mis en minorité lors du vote final. Aucun d’entre eux n’y a vu, toutefois, le danger mortel pour la civilisation universelle que dénoncent les signataires de notre pamphlet antionusien. Au nom de l’Union européenne, la représentante de l’Allemagne “a fait remarquer que, comme l’a établi le rapport de M. Doudou Diène, la discrimination fondée sur la religion ne concerne pas uniquement l’islam, mais également le judaïsme, le christianisme et des religions et croyances venues d’Asie, ainsi que des personnes sans religion. Elle a également souligné qu’il est problématique de séparer la discrimination fondée sur la religion des autres formes de discrimination. Elle a aussi jugé l’utilisation du concept de diffamation contre-productive, préconisant plutôt un texte axé sur la liberté de religion ou de conviction”.
Que ce débat témoigne d’une différence de sensibilité sur les questions religieuses entre pays membres de l’organisation de la conférence islamique (OCI) et pays occidentaux est une évidence. Cela méritait une réflexion sur la sécularisation relative des sociétés concernées et la référence, explicite dans les pays musulmans, à des valeurs religieuses. Mais cette réflexion n’effleura même pas l’esprit de nos intrépides signataires qui, faute d’avoir lu les textes auxquels ils font vaguement allusion, en dénaturent volontairement la signification. Refusant de discuter rationnellement les arguments de l’autre, on préfère le stigmatiser en imaginant une dramaturgie grossière mettant en scène des personnages réels. Ce théâtre de marionnettes, du coup, tient lieu d’argumentaire.
C’est ainsi que nos signataires s’en prennent violemment à Mme Louise Arbour, haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU. ” Elle a participé à une conférence à Téhéran consacrée aux droits de l’homme et à la diversité culturelle, dénoncent-ils. Portant le voile, comme la loi de la république islamique l’exige, la haut-commissaire a été le témoin passif de l’énoncé de principes à venir, ainsi résumés : offense aux valeurs religieuses considérée comme raciste. Bien pire, dès le lendemain de cette visite, vingt et un Iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en public. C’est en sa présence que le président Ahmadinejad a renouvelé son appel à la destruction d’Israël”.
Encore une fois, l’art de l’amalgame intellectuel atteint des sommets. Mêlant tout et son contraire, le texte publié par Le Monde mise sur la confuse indignation du lecteur en anesthésiant au passage son jugement critique. Louise Arbour portait le voile à Téhéran, soit. Mais aurait-elle pu, en Israël, organiser une réunion pendant le shabbat ? Les régimes religieux ont des exigences que n’ont pas les autres. On peut le déplorer, mais ils sont chez eux. L’offense à la religion, dans certains pays, est considérée comme une forme de racisme. Faut-il que nous allions les convaincre du contraire, et de quelle manière ? La peine de mort, enfin, est cruellement appliquée en Iran. Mais les aspects odieux du régime de Téhéran ne le résument pas pour autant, et le régime saoudien n’a rien à lui envier. Surtout pas l’amitié des Etats-Unis, où un président texan a été élu sur sa réputation d’exécuteur intraitable des criminels supposés. Sans parler d’Israël, seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles.
Les diatribes iraniennes contre l’Etat hébreu relèvent, elles, d’un affrontement géopolitique dont l’un des principaux paramètres est l’attitude d’Israël lui-même. S’il avait appliqué la peine de mort aux civils palestiniens avec davantage de discernement depuis soixante ans, il n’aurait pas suscité un tel rejet de la part de ses voisins proches ou éloignés. Sous occupation militaire, amputés d’une partie de leur territoire, ou régulièrement bombardés par son aviation, ces derniers ont d’excellentes raisons de le détester. Mais peu importe. Décidés à instruire à charge contre Mme Arbour pour son séjour à Téhéran, nos polémistes incriminent “son silence et sa passivité”, qu’elle aurait justifiés par “le respect de la loi iranienne et le souci de ne pas offenser ses hôtes”.
“Charbonnier est maître chez soi, commentent-ils. C’est le docteur Goebbels qui utilisait cet argument d’opportunité, à la tribune de la Société des nations en 1933, pour se soustraire à toute critique d’une institution internationale impuissante”. On croit rêver. Car, analogie pour analogie, frappante est la ressemblance entre le Reich qui s’assied sur la SDN en 1933 et l’Etat hébreu qui bafoue le droit international depuis 1967. Comme son lointain prédécesseur, Israël, lui aussi, se “soustrait à toute critique d’une institution internationale impuissante”. Et s’il le fait, c’est pour mieux conquérir “son espace vital, de la mer au Jourdain”, selon la belle formule employée par Effi Eitam, ministre d’Ariel Sharon, en 2002.
“Les grands crimes politiques ont toujours eu besoin de mots pour se légitimer. La parole annonce le passage à l’acte”, philosophent nos signataires. Ils n’ont pas tort : le 29 février, le vice-ministre israélien de la Défense Matan Vilnaï a brandi la menace d’une “shoah” contre les Palestiniens avant de lancer à Gaza la sanglante opération qui fit 110 victimes palestiniennes en une semaine. Quitte à enfreindre un tabou religieux, l’Etat hébreu, manifestement, a franchi un cap sémantique avant de déchaîner sa puissance militaire : il est passé “de la parole à l’acte”.
Mais le meilleur a été gardé pour la fin. “Les idéologies totalitaires avaient remplacé les religions. Leurs crimes, les promesses non tenues d’avenir radieux ont ouvert grande la porte au retour de Dieu en politique. Le 11 septembre 2001, quelques jours après la fin de la conférence de Durban, c’est bien au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’histoire fut commis”. Lier dans une même trame le 11 septembre 2001 et les résolutions du CDH, il fallait oser. Il est vrai que nous avons affaire à des spécialistes.
“Retour de Dieu en politique”, disent-ils. Nos intellectuels savent de quoi ils parlent : Israël n’est-il pas l’Etat confessionnel par excellence ? “Si la revendication d’un coin de terre est légitime, affirmait Theodor Herzl, alors tous les peuples qui croient en la Bible se doivent de reconnaître le droit des juifs”. Bibliquement établie, la légitimité d’un Etat juif en Palestine va de soi : le texte sacré tient lieu de titre de propriété. Pour les sionistes religieux, le retour des juifs en Eretz Israël est inscrit dans le récit de l’Alliance lui-même. Prendre possession de la terre que Dieu a donnée aux juifs fait partie du plan divin, et ce serait le contrarier que de renoncer à cette offrande.
Du coup, aucun compromis n’est possible avec les Arabes. En 1947, le grand rabbin de Palestine martelait le statut théologique du futur Etat juif : “C’est notre forte conviction que personne, ni individu, ni pouvoir institué, n’a le droit d’altérer le statut de la Palestine qui a été établi par droit divin”. Chef du parti national-religieux, le général Effi Eitam expliquait à son tour en 2002 : ” Nous sommes seuls au monde à entretenir un dialogue avec Dieu en tant que peuple. Un Etat réellement juif aura pour fondement le territoire, de la mer au Jourdain, qui constitue l’espace vital du peuple juif”. Au moins, c’est limpide.
Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que le lobby pro-israélien exècre l’ONU : son appétence pour le droit international est inversement proportionnelle à son engouement pour le droit divin. Il est vrai que l’un est infiniment plus favorable au Grand Israël que l’autre. Percuter les résolutions de l’ONU avec la Thora relève de l’exploit intellectuel et du prodige politique : Israël l’a fait. Pour nos signataires, “c’est au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’histoire fut commis”. Ce n’est pas tout à fait faux, à condition d’inclure dans l’analyse l’Etat hébreu, cet artefact colonial bâti au forceps sur les ruines de la Palestine au nom de la Bible et de la Shoah.
A propos de terrorisme, l’Etat d’Israël, qui plus est, peut se targuer d’un palmarès hors compétition. Les odieux attentats du 11 septembre 2001 ont fait dix fois moins de victimes que le siège de Beyrouh par Tsahal en 1982. Ses admirateurs occidentaux doivent certainement s’extasier sur les prouesses d’une armée capable de tuer aussi aisément des enfants avec des missiles. Ils doivent aussi se confondre d’admiration devant les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer durant le shabbat. L’Etat hébreu mérite bien ce concert de louanges que les intellectuels organiques lui décernent à longueur de colonnes. Et quelle outrecuidance, de la part de l’ONU, de vouloir fourrer son nez sale dans les affaires intérieures israéliennes !
A l’instar des pires calomnies, les accusations publiées dans Le Monde du 27 février se sont répandues sur la toile. Elles suscitent sur certains blogs des commentaires haineux que l’on ose à peine citer. M. Doudou Diène y est qualifié de ” défenseur de la secte du pédophile fou et des adorateurs du caillou”. On y lit que “depuis les invasions musulmanes le croissant fertile est devenu le croissant stérile, et la civilisation a émigré en Occident”. Sur l’ONU, un internaute déchaîné résume à sa façon l’article publié par Le Monde : “l’ONU, c’est un ramassis de la racaille islamiste et tiers-mondiste”. Qu’attend-on pour supprimer l’ONU ? Ce sera encore plus simple. Islamophobie déclarée, haine du monde arabe, stupéfiante arrogance occidentale, tout y est. Opération réussie, mesdames et messieurs les intellectuels organiques.

Bruno Guigue

Ce texte fut publié sur oumma.com, dont je pique la réaction, en espèrant que ce texte soit sous licence libre ;)

Silence dans les rangs !

dimanche 23 mars 2008

Notre ami Bruno Guigue, haut fonctionnaire de la République, énarque et normalien, signataire de nombreux articles dans notre site, vient d’être limogé de son poste de sous-préfet par sa ministre de tutelle, Madame Michèle Alliot-Marie.

Il lui est reproché d’avoir publié sur oumma.com, le 13 mars 2008, une analyse intitulée « Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU » (dépêche AFP du 22 mars 2008).

Ce billet réagissait à une tribune d’intellectuels inconditionnels d’Israël visant à déconsidérer l’ONU, et à condamner des résolutions du Conseil des droits de l’Homme

Dans ce texte, notre ami, qui jouit d’une réputation d’expert par ses nombreux écrits sur les questions du Proche et du Moyen Orient, rappelait les actions d’un Etat attaché à discréditer l’ONU et blâmait la politique d’occupation qui le conduit à violer nombre de règles du droit international et du droit des gens.

La sanction qui le frappe nous montre à l’envi que l’usage d’une saine critique ne peut s’exercer équitablement en France. En effet, si chacun a le loisir aujourd’hui dans notre pays, fonctionnaire ou pas, de critiquer, condamner, dénoncer à peu près n’importe quel Etat, n’importe quelle religion, n’importe quelle personnalité, il existe une exception à cette règle et notre ami Bruno Guigue, que nous assurons de notre total soutien est puni pour avoir cru à l’existence d’une véritable et totale liberté d’expression au pays des Droits de l’Homme.
 http://oumma.com/Silence-dans-les-rangs

PS: Si un responsable d’Oumma.com vient à me lire, faites quelque chose pour votre site, c’est lourd, y’a des videos et du flash dans tous les sens, et des erreurs 404 en pagaille.

Pour soutenir Bruno Guigue le site euro palestine lance une action:

Nous vous invitons à envoyer un message de félicitations et de solidarité à Bruno Guigue.
Sous-préfecture – Saintes
Place du Synode BP 325,
17108 Saintes Cedex
Téléphone +33 5 46 92 37 00
Télécopie +33 5 46 93 22 32
Clamons également notre indignation face à une telle sanction et notre dégoût à l’égard de ceux qui encouragent les racistes, et leur versent des salaires prélevés sur nos impôts, tandis qu’ils sanctionnent un honnête homme, qui exprime la vérité.
Voici le lien pour écrire à Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur
 http://www.interieur.gouv.fr/sections/co…

 http://www.europalestine.com/spip.php?ar…


Sphere: Related Content

March 13, 2008

Le vol noir des corbeaux….par zdnet

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 7:42 pm

Selon l’ébauche du projet de loi destiné à lutter contre le téléchargement illégal que s’est procuré ZDNet.fr, le gouvernement a fait évoluer son dispositif de riposte graduée contre les pirates : ils recevront un email d’avertissement, une lettre recommandée d’avertissement, puis leur abonnement sera suspendu.Le gouvernement est en train de peaufiner sa riposte graduée, un dispositif censé mettre en garde puis punir les internautes qui téléchargent illégalement des fichiers sur les réseaux peer-to-peer. ZDNet.fr s’est procuré une des versions les plus récentes de « l’avant-projet de loi relatif à la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet » (Hadopi).

Le texte déroule le dispositif prévu par les accords Olivennes, signés en novembre dernier. Une Haute Autorité sera créée, avec pour mission de mettre en oeuvre cette riposte graduée : elle ne pourra agir que sur saisine des ayants droit, qui auront repéré des internautes s’adonnant à des pratiques de téléchargement illicites. Elle disposera d’agents publics, chargés de vérifier les informations transmises par les plaignants.

En cas d’infraction constatée, on savait déjà que la première étape de la riposte graduée sera l’envoi d’un e-mail d’avertissement au titulaire du compte internet identifié, par l’intermédiaire de son fournisseur d’accès.

L’abonné face à une “transaction”

Ce qui est nouveau, c’est l’ajout d’une disposition en cas de récidive dans un délai de six mois. Cette deuxième étape de la riposte graduée prévoit l’envoi par la Haute Autorité d’une lettre recommandée avec accusé de réception, rappelant au titulaire du compte internet ses obligations de sécurisation de son accès pour empêcher le téléchargement illégal et lui rappelant les sanctions en cas de nouveau manquement. « Il convient de réintroduire ici le volet pédagogique, ainsi que la gradation figurant dans [les accords Olivennes] (avertissements et messages répétés avant sanction) », justifie le commentaire accolé au texte.

Si une nouvelle récidive est constatée, la Haute Autorité « peut proposer une transaction à l’abonné ». Ce dernier est placé devant l’alternative suivante : voir son accès suspendu pour une durée d’un mois ou six mois, avec interdiction de souscrire à l’offre d’un opérateur concurrent pendant cette durée. Soit il est cité à comparaître devant un tribunal. L’acceptation de la transaction devra être homologué par un procureur.

Le texte ne mentionne plus la résiliation définitive du contrat ordonnée par la Haute Autorité, une idée à laquelle s’opposaient fortement les fournisseurs d’accès internet. En revanche, l’utilisateur devra continuer à payer son abonnement pendant sa suspension. Et s’il est client d’une offre triple play (internet, téléphonie illimitée et télévision), il risque de perdre la totalité de ces services pendant cette période, « en fonction des contraintes du fournisseur du service ».

Un fichier pour les délits de téléchargement illégal ?

Si l’on en reste à la version actuelle du texte, il est prévu que les pirates soient doublement fichés : la Haute Autorité créera tout d’abord « un répertoire national des personnes dont l’accès [internet] a été suspendu ». Et ce pour permettre aux FAI de vérifier, à chaque nouvelle demande d’abonnement, que le nouveau client n’est pas actuellement sur la liste noire.

Ensuite, la Haute Autorité pourra créer « un traitement automatisé de données à caractère personnel, portant sur les personnes responsables de manquements » à leur obligation. Le texte ne dit pas clairement qui cela vise : tous les signalements remontés par les ayants droit, ou bien les internautes pour qui le dispositif de riposte graduée a été enclenché. Un décret en Conseil d’Etat fixera les catégories de données conservées, leur durée de conservation et les personnes habilitées à recevoir ces informations.

Par Estelle Dumout, ZDNet France

 http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39379551,00.htm?xtor=EPR-100


Sphere: Related Content

March 2, 2008

Plan MAM : bavures et piratage à tous les étages

Filed under: Anonymat — derkraken @ 9:36 pm

Après un certain temps d’intégration, les réactions se multiplient suite à l’annonce du Ministre de l’Intérieur relative au projet de lutte contre la cyber-délinquance. Le Parti Pirate, tout d’abord, qui jette un brûlot aussi fougueux que dénué de contre-arguments solides. Certains experts également, qui, bien que plus nuancés dans leurs propos, craignent certaines dérives.

La suite à lire ici:
 http://securite.reseaux-telecoms.net/act…


Sphere: Related Content

Pourquoi les écoles devraient utiliser exclusivement des logiciels libres

Filed under: Textes — derkraken @ 8:13 am

par Richard Stallman

Il existe des raisons très générales pour lesquelles tout utilisateur d’ordinateur devrait se focaliser sur les logiciels libres. Ils donnent la possibilité de contrôler notre propre ordinateur, alors qu’avec les logiciels commerciaux l’ordinateur obéit au propriétaire du logiciel – l’éditeur – et non plus au propriétaire de l’ordinateur lui-même. Avec les logiciels libres, les utilisateurs ont la liberté de coopérer, de mieux diriger leur vie. Cela s’applique aux écoles comme à tout le monde.

Mais il existe des raisons spécifiques qui concernent les écoles.

D’abord, les logiciels libres permettent aux écoles d’économiser de l’argent. Même dans les pays riches, les écoles ont un budget très serré. Les logiciels libres donnent aux écoles, comme aux autres utilisateurs, la liberté de copier et de redistribuer les logiciels, si bien que l’Éducation nationale (ou tout système éducatif) peut faire des copies pour tous les ordinateurs de toutes les écoles. Dans les pays pauvres, cela peut aider à réduire la « fracture numérique ».

Cet argument économique évident, quoi qu’important, n’a qu’une portée assez marginale. En effet les développeurs de logiciels propriétaires peuvent éliminer cet inconvénient en donnant des copies aux écoles. Mais attention : une école qui accepte ce « cadeau » risque de devoir payer les futures mises à jour.

Approfondissons donc la question.

L’École devrait enseigner aux élèves des comportements qui profiteront à la société toute entière. Elle devrait promouvoir l’utilisation des logiciels libres tout comme elle promeut le recyclage. Si l’École enseigne les logiciels libres aux élèves (et aux étudiants), ceux-ci les utiliseront encore après la fin de leurs études. Cela pourra aider la société toute entière à échapper à la domination (et à la lamination) par les multinationales. Ces entreprises offrent des versions gratuites de logiciels aux écoles pour la même raison que des compagnies de tabac américaines distribuent des cigarettes gratuites : pour rendre les enfants dépendants[3]. Ils ne feront pas de remises à ces élèves et étudiants après leurs études une fois qu’ils auront grandi.

Les logiciels libres permettent aux élèves et aux étudiants d’apprendre comment les logiciels fonctionnent. À l’adolescence, certains d’entre eux veulent tout apprendre au sujet de leur ordinateur et de ses logiciels. C’est à cet âge que les personnes qui deviendront de bons programmeurs devraient l’apprendre. Pour bien apprendre à écrire des logiciels, les élèves et les étudiants ont besoin de lire beaucoup de code source et d’écrire beaucoup de logiciels. Ils ont besoin de lire et de comprendre de vrais programmes que les gens utilisent réellement. Ils seront extrêmement curieux de lire le code source des programmes qu’ils utilisent.

Le logiciel propriétaire rejette cette soif de connaissance ; il dit « le savoir que tu veux est un secret, l’apprendre est interdit ! » Le logiciel libre encourage tout le monde à apprendre. La communauté du logiciel libre rejette ce « culte de la technologie », qui maintient le grand public dans l’ignorance du fonctionnement de la technologie ; nous encourageons les élèves et les étudiants de tous âges et de toutes origines à lire du code source et à apprendre autant qu’ils veulent savoir. Les écoles qui utilisent les logiciels libres encouragent cela et permettent aux apprentis programmeurs doués de progresser.

La raison suivante est encore plus profonde. Nous attendons de l’École qu’elle enseigne aux élèves et étudiants des connaissances de base et des compétences utiles, mais ce n’est pas son unique mission. La mission la plus fondamentale de l’École est d’enseigner aux gens à être de bons citoyens et de bons voisins pour œuvrer avec ceux qui ont besoin d’aide. Dans le domaine de l’informatique, cela signifie enseigner à partager les logiciels. Les écoles élémentaires, par dessus tout, devraient dire à leurs élèves : « si tu apportes un logiciel à l’école, tu devras le partager avec les autres enfants ». Bien entendu, l’école doit pratiquer ce qu’elle prêche : tous les logiciels installés par l’école devront être accessibles aux élèves pour être copiés, emportés à la maison et redistribués par la suite.

Enseigner l’utilisation des logiciels libres aux élèves et étudiants et prendre part à la communauté des logiciels libres est une forme d’éducation à la citoyenneté. Cela démontre aussi aux étudiants les avantages d’un modèle basé sur le service public plutôt que celui prôné par les ultralibéraux. Les logiciels libres devraient être utilisés à tous les niveaux de l’École.

La reproduction exacte et la distribution intégrale de cet article est permise sur n’importe quel support d’archivage, pourvu que cette notice soit préservée.

Notes

[1] Les enclosures des biens communs : du vivant aux logiciels – Conférence de Richard Stallman et Jean-Pierre Berlan à La Cantine le samedi 23 février, organisé par la Radio du Ministère entité du Labo de la Générale et de BelliGnu/Bellinux.

[2] Traduction : Laurent Bertaud.

[3] La compagnie de tabac RJ Reynolds fut condamnée à 15 millions de dollars d’amende en 2002 pour avoir fourni des échantillons gratuits de cigarettes sur des évènements ciblés sur les enfants. Voir ce lien.

Sources:
 http://framablog.org/


Sphere: Related Content

March 1, 2008

Un escargot

Filed under: Anonymat — derkraken @ 3:14 pm

Private joke.

Voilà. J’ai fini par en trouver un.

February 28, 2008

Sylvie Noachovitch, nouvelles frasques de l’avocate raciste, candidate à Villiers le bel

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 9:58 pm

le Canard Enchaîné révèlait que Sylvie Noachovitch, ex-candidate UMP sur la 8ème circonscription du Val d’Oise, qui a passé sa campagne à dire aux habitants “je vous aime”, “je veux vous aider et lutter contre l’exclusion” est une raciste décomplexée qui n’hésite pas à clamer publiquement sa “répugnance” pour les Noirs et les Arabes:

“Moi mon mari peut dormir tranquile. Dans ma circonscription, il n’y que des Noirs et des Arabes. L’dée de coucher avec eux me répugne”

Super, hein? Elle ne se demande pas en revanche si ça ne répugnerait à personne de coucher avec elle, mais passons.

La charmante avocate brigue désormais la mairie de Villiers-le-bel, et ne supporte pas qu’on lui rappelle ses réparties racistes. Dans ce cadre elle aurait entrepris d’intimider deux blogueurs:
 http://777socrate.blogspot.com/2008/02/m…

 http://fr.ragzag.com/2008/02/26/mise-en-…

Voir également:
 http://www.maitre-eolas.fr/2008/02/27/88…


Sphere: Related Content

January 29, 2008

Wei Wenhua, premier journaliste citoyen battu à mort.

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 7:49 am

Communiqué RSF:
 http://www.rsf.org/article.php3?id_artic…

Reporters sans frontières est horrifiée par la violence des autorités, qui a coûté la vie de l’entrepreneur chinois Wei Wenhua, le 7 janvier 2008. Il a été battu à mort par des officiers municipaux (”chengguan”) car il filmait une altercation à l’aide de son téléphone portable avec des manifestants dans la ville de Tianmen (province du Hubei).

“Nous sommes révoltés par cet acharnement meurtrier de la part des autorités locales. Rien ne justifie de tels agissements. Wei Wenhua est le premier “journaliste citoyen” chinois à mourir pour avoir pris des images. Il a été battu à mort parce qu’il voulait dénoncer l’attitude de ces agents qui outrepassent leur rôle à chaque intervention. Cette tragédie montre la volonté des autorités chinoises de bafouer chaque jour un peu plus la liberté d’expression. Elles traquent toute personne suceptible de diffuser une information gênante”, a déclaré l’organisation.

Wei Wenhua, 41 ans, travaillait dans une entreprise de construction dans la ville de Tianmen. Selon sa famille et l’agence de presse nationale, Xinhua, il filmait une altercation entre plus d’une cinquantaine de policiers municipaux et des manifestants qui protestaient contre le déversement d’ordures dans la ville. Le voyant filmer, les officiers l’ont alors roué de coups pendant dix minutes avant d’appeler les secours. Wei Wenhua est mort sur le chemin de l’hôpital. Des témoins de l’incident ont affirmé que cinq autres personnes avaient été blessées.

Lors d’une conférence de presse accordée le 9 janvier, Wang Faliang, adjoint au maire de la ville de Tianmen, a admis que des policiers étaient impliqués dans le meurtre de Wei Wenhua. Selon lui, une centaine de personnes ont été mobilisées pour éclaircir cette affaire. Vingt-quatre officiers ont été arrêtés et mis en examen. A ce jour, quatre sont en détention.

D’après le rapport officiel, le téléphone portable de Wei Wenhua est entre les mains des enquêteurs et le film a été effacé.

Depuis le 1er janvier 2008, des mesures légales sont appliquées afin de définir le rôle de ces officiers municipaux, qui entachent régulièrement la réputation des autorités chinoises en raison de leur comportement brutal. En 2007, le site d’information chinois Boxun a recensé trois cas de personnes tuées sous leurs coups.


Sphere: Related Content

L’ex concierge de Versailles détaille la riposte graduée

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 7:43 am

Une riposte en trois actes

pirate bay Dans la première marche de la réponse graduée, cette autorité dite indépendante « commencera par envoyer aux pirates des messages d’avertissement qui seront personnalisés. Si le pirate récidive, l’autorité prendra alors des sanctions adaptées : la suspension de l’abonnement Internet, puis sa résiliation assortie d’une interdiction de se réabonner pendant une période déterminée ». Une liste noire des mauvais abonnés devrait empêcher tout réabonnement de ligne chez un FAI concurrent, ce qui coupera de l’ADSL tout un foyer.

Outre ce travail d’écrémage, les FAI se sont engagés à expérimenter des dispositifs de filtrage et de reconnaissance des contenus. Les travaux de Pierre Sirinelli pourront ici s’alimenter des résultats de ces tests puisque l’intéressé, nous le disions, estime possible la responsabilisation des FAI sur le contenu échangé par les abonnés.

Le calendrier est prêt

Le calendrier est en tout cas prêt : une réunion aura lieu dans quelques jours avec tous les signataires du rapport Olivennes. Enfin, un projet de loi sera déposé, après examen au Conseil d’État, sur le bureau du Sénat au tout début du printemps. « Le Parlement disposera ainsi de tout le temps nécessaire pour en débattre sereinement en vue de son adoption avant l’été ». Elle confirme ce qui fut dit fin 2007 quand la ministre de la Culture indiquait que « le dispositif législatif sera présenté au premier trimestre 2008, pour adoption avant l’été ». Elle précisait même: « Nous préparons parallèlement les décrets d’application pour aller vite ». Quel sera donc la place du débat, si les textes d’application sont déjà prêts ?

Des artistes mieux protégés, peut-être plus longtemps

Comme autre train de mesures annoncées, Mme Albanel a indiqué qu’elle souhaitait consolider les rémunérations des artistes et des producteurs, en s’attaquant au problème de la durée des droits des artistes interprètes et des producteurs (harmonisée à cinquante ans pour les États membres de l’Union européenne). « Je rappelle qu’elle varie de soixante à quatre-vingt-quinze ans dans des pays aussi importants pour la culture musicale que les États-Unis ou le Brésil. Aujourd’hui, des pans entiers du fonds de catalogue des années 1950 et 1960, représentant une part significative du patrimoine national dans le domaine des variétés, tombent progressivement dans le domaine public. Et cela, alors même que les interprètes de ces oeuvres sont encore vivants et que les enregistrements continuent d’être exploités ».

La taxe sur les iPhones et assimilés, voulue par le gouvernement

La ministre veut également mener une réflexion sur la modernisation et l’amélioration de la rémunération pour copie privée. « Les techniques et les supports de la copie privée ont en effet beaucoup évolué depuis 1985. J’ai veillé à ce que l’assiette de la rémunération prenne en compte cette évolution et soit étendue aux supports de copie les plus récents ».

La ministre mentionne que « les auteurs, les artistes interprètes et les producteurs doivent être également rémunérés au titre des copies privées qui sont réalisées au moyen des téléphones multimédias : l’assujettissement de ces appareils est à l’étude et devrait être mis en œuvre rapidement ». La ministre reconnaît ainsi que les mesures nécessaires ont été prises pour que la taxe iPhone soit décidée (le vote tombera le 19 février selon nos informations). Une petite phrase qui montre combien cette commission est sensible aux vœux de la ministre, elle-même très en harmonie avec ceux des ayants droit.

Sources:
 http://www.pcinpact.com/d-116-2-Albanel-…


Sphere: Related Content

La LGO à la poubelle

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 7:39 am

Le projet de loi antipiratage, qui devrait être déposé au Sénat au printemps prochain, n’intègrera pas le système de licence globale proposé par la commission Attali. C’est en substance ce qu’a déclaré la ministre de la Culture, Christine Albanel, lors de son discours d’inauguration du Midem (Marché international du disque et de l’édition musicale).

Remis à Nicolas Sarkozy la semaine dernière, le rapport de l’ancien conseiller du président Mitterrand, dont l’objectif est de relancer la croissance, propose notamment de taxer les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) sur le volume des données vidéo ou musicales échangées entre les internautes. En contrepartie, ceux-ci seraient libres de télécharger des contenus sans risquer d’être sanctionnés.

“Photos de vacances, musiques… : via le peer to peer, MSN, les messageries ou même les clés USB, les internautes échangent de plus en plus de fichiers à des fins non commerciales. Et ce phénomène ira croissant avec l’arrivée de nouveaux logiciels et de la fibre optique”, explique Julien Dourgnon, directeur des études et de la communication à l’UFC-Que Choisir, contacté par lepoint.fr. Fortes de ce constat, des associations de consommateurs et d’ayants droit proposent que la pratique soit aussi un moyen de financer Internet par le biais d’une redevance collectée par les FAI auprès de l’ensemble de leurs abonnés. C’est le principe de la licence globale, repris par la commission Attali.

Or, déjà exclu de la loi DADVSI sur les droits d’auteur, le système a été qualifié de “fausse piste” par la ministre de la Culture. “Je proposerai au président de la République de ne pas retenir cette proposition, dont la simplicité a pu séduire dans un contexte où l’offre légale était déficiente, mais qui apparaît désormais en décalage total avec le dynamisme dont font preuve les acteurs économiques”, a précisé Christine Albanel.

“Hypocrisie”, réplique l’UFC-Que Choisir, qui souligne que les internautes ont à leur disposition des capacités de flux et de stockage tels qu’ils vont dans le sens du peer to peer. “Que l’on retire alors du marché des baladeurs qui permettent de stocker bien plus que ce que le consommateur va acheter”, estime Julien Dourgnon, qui déplore l’arsenal répressif prôné par la commission Olivennes ( voir notre article ) qui donnera lieu au projet de loi. Et de prévenir : “Au moment des débats, on assistera certainement à une très forte mobilisation de la part des internautes.”

Lors de la remise de son rapport au président, Jacques Attali a laissé entendre qu’il fallait prendre les mesures d’un bloc. Sur les 316 propositions du rapport, trois ont été rejetées d’office par Nicolas Sarkozy. Et de quatre ?

Sources:
 http://www.lepoint.fr/content/tech_net/a…


Sphere: Related Content

Les Trojans policiers

Filed under: Anonymat — derkraken @ 7:35 am

Le feuilleton continue entre la police allemande, Skype, et le chiffrage de ce dernier. En novembre dernier, la police d’outre-Rhin faisait ainsi savoir que le chiffrage de Skype était problématique lorsqu’elle souhaitait enquêter et espionner, et donc obtenir des discussions capitales. Un projet de loi visant à permettre « aux forces de l’ordre d’espionner le surf et le contenu des disques durs des suspects terroristes avec ce genre d’outils » était d’ailleurs déjà en préparation expliquait-on. Un mois plus tard, en décembre 2007 donc, la France prenait exemple sur son voisin avec un projet similaire. Installer légalement des chevaux de Troie allait donc selon toute vraisemblance devenir possible en 2008 en Allemagne et en France.

Aujourd’hui, ce projet de loi fort décrié tend à se préciser. Le Parti Pirate allemand aurait ainsi obtenu des documents, dans la langue de Goethe bien entendu, pour le moins explicites. Selon ces documents, mettant en cause le Ministre de la Justice, la police bavaroise, et le Parquet, présentent deux cas bien précis. Le premier porte sur les coûts des écoutes entre la police bavaroise et les bureaux des procureurs, nous y reviendrons ci-dessous.

Le malware légalisé

Le second, beaucoup plus intéressant, traite d’une entreprise allemande nommée Digitask, et dont les logiciels doivent permettre aux autorités allemandes d’espionner les ordinateurs, et plus particulièrement Skype. Une offre aurait ainsi été déposée par Digitask dès le 4 septembre dernier, afin de répondre aux demandes de la police bavaroise, en difficulté avec Skype donc. Captant autant le chat (texte) que les paroles transitant par Skype, le malware de Digitask contourne donc le problème de chiffrement du logiciel d’eBay.

La méthode pour introduire un tel malware sera tout bêtement d’envoyer un fichier joint à un courriel. Cependant, cette méthode ne pouvant fonctionner que sur les internautes peu prévoyants, d’autres moyens (non précisés) pourront être utilisés afin de s’introduire dans l’ordinateur en question.

Légalisé mais coûteux

Le plus étonnant reste cependant les tarifs proposés par Digitask. 3500 euros seront ainsi facturés à la police bavaroise et aux bureaux des procureurs, pour une installation de Skype Capture Unit, le fameux logiciel. Une interception SSL, leur coûtera 2500 euros.

Si le sujet vous intéresse, et si vous maîtrisez un minimum l’anglais et l’allemand, vous pouvez en savoir plus sur Skype Journal ainsi que sur WikiLeaks.

Sources:
 http://www.pcinpact.com/actu/news/41480-…


Sphere: Related Content

January 22, 2008

Finalement ce sont les lobbys qui l’ont eu dans le CULT :)

Filed under: Anonymat — derkraken @ 6:53 pm

IFPI Fails to Force ISPs to Become Anti-Piracy Enforcers

Written by enigmax on January 22, 2008

The International Federation of the Phonographic Industry (IFPI) has been lobbying politicians of the European Parliament to force ISP’s to identify, filter, block and remove copyright infringing content from the Internet. Now, according to an early report, it appears that all three anti-piracy measures have been defeated.

The IFPI has been hard at work in its attempts to lobby members of the European Parliament to introduce legislation which would force ISPs to take extreme measures to fight piracy. They suggested that ISPs should start to filter infringing content, block access to websites such as The Pirate Bay, and block filesharing protocols, no matter what they’re being used for.

In addition the IFPI was also looking for an extension of copyright, supposedly to help artists whose works will fall into the public domain in their lifetime, which is great for the artist but bad for culture. The extension was said to try and bring Europe closer to the protections available in the United States.

According to Danny OBrien at the EFF, the extensions wouldn’t make any sense: “..five Nobel-prize winning economists concluded that “copyright term extension is unjustified both as a protection to current artists (who rarely earn much from far future extensions), or as an economic positive for society as a whole. Yet the music industry, fearful of losing tight control of its own back catalog, still continues to advocate for more copyright, no matter the cost.”

Now, in what will be a huge blow to the IFPI, Danny O’Brien says that the proposals have been defeated.

He says: “Just got word from the European Parliament all three of the filtering/copyright extension amendments were defeated or withdrawn in the committee vote. We’re still waiting on the official record, but if that’s true, it’s an amazing victory — one was originally proposed by the original author of the report, Guy Bono himself, one was voted in by the powerful industry committee, and one was drafted by an EPP-ED member, the largest bloc in the parliament.”

In December we reported that the IFPI had already convinced several European politicians to support the proposals. However, The Committee on Culture and Education from the European parliament made a wise decision not to turn the proposed amendments into European policy.

Sources:
 http://torrentfreak.com/ifpi-fails-08012…

(La flemme de traduire, sorry)


Sphere: Related Content

I wouldn’t steal

Filed under: Infos — derkraken @ 2:03 pm

« Je ne volerais pas une voiture… mais je télécharge des films » lance le groupe des Verts/Alliance libre européenne dans la vidéo de sa campagne pro-partage I Wouldn’t Steal (voir ci-dessous). Le groupe, qui possède 42 sièges au parlement Européen, a en effet décidé de réagir « à la propagande anti-piratage de l’industrie du divertissement » avec un film et un site Internet. Par cette campagne, le groupe s’attaque aux multinationales qui, selon lui, cherchent à diaboliser les consommateurs et le partage pour sauver non pas les artistes mais leurs propres bénéfices.

Le film, visible sur YouTube, a aussi été mis à disposition sur BitTorrent via le site de The Pirate Bay. Des politiques qui s’associent à The Pirate Bay ? Une première qui ne manque de ravir ces derniers, qui ont décidé de montrer leur support en affichant un logo aux couleurs de la campagne sur la page d’accueil de leur site.

Article complet ici:
 http://www.ecrans.fr/Je-ne-volerais-pas-…

Les Verts/Alliance Libre européenne:
 http://www.greens-efa.eu/index.htm

Le film:


Sphere: Related Content

L’Europe veut nous le mettre dans le cult

Filed under: Infos — derkraken @ 1:40 pm

Rapport Cult : la Mission Olivennes amplifiée en Europe ? Doit-on rester sur le cult ?

La commission de la culture et de l’éducation (CULT) du parlement européen travaille sur un rapport concernant les industries culturelles, dans le cadre de la stratégie dite de Lisbonne. À terme, il devrait donner naissance à une résolution du Parlement européen, prise pour accompagner l’essor économique du secteur de la Culture en Europe. C’est dire son importance. « Le défi de cette industrie émergente de la culture est de répondre à l’apparition de nouveaux produits et services dans des marchés mondialisés » retrace en une phrase l’exposé des motifs. Le vote du projet de rapport aura lieu demain et l’on saura quels sont les amendements qui seront retenus. La mission Olivennes aura servi de cobaye puisque certains d’eux tentent d’amplifier à l’échelon européen ses résultats. Une série de mesures qui inquiète les organismes de défense des libertés des internautes, tel Odebi. Un amendement déposé par l’eurodéputé Christopher Heaton-Harris veut ainsi que la Commission contraigne tous les acteurs du secteur, FAI en tête, à trouver des solutions équitables « dans le but d’accroître l’offre de contenu en ligne légitime et de s’assurer que toutes les parties intéressées agissent de manière responsable ». Ce pacte ressemble trait pour trait à celui pris autour des engagements de la mission du patron de la FNAC. Mais ce n’est pas tout. Lorsqu’on détaille les amendements proposés par ce Britannique, les points communs avec les travaux français se démultiplient. À défaut de solution dans l’année, la Commission et les États membres devront par exemple imposer, par une loi au besoin, des mesures pour contraindre les FAI « à coopérer à la lutte contre le piratage en ligne en recourant à des technologies de filtrage propres à éviter que leurs réseaux ne soient utilisés pour porter atteinte à la propriété intellectuelle ». Le filtrage pourrait ainsi s’offrir une nouvelle entrée officielle à l’échelon européen, à l’instar de la solution Olivennes, testée dans quelques mois. Ces FAI devaient en outre intervenir « manu militari » sur leurs tuyaux pour « supprimer ou bloquer le contenu qui enfreint la propriété intellectuelle ». Des mesures devront encore permettre de suspendre ou de résilier leurs contrats « des abonnés qui ne respectent pas la propriété intellectuelle à plusieurs reprises ou de manière flagrante ». Un écho parfait à la riposte graduée française. Risposte graduée européenne Le député demande en outre une collaboration active entre tous les FAI, si besoin est, contrainte par un texte : « les mesures législatives qui contraignent les fournisseurs d’accès à l’internet à coopérer à la lutte contre le piratage en ligne seraient plus efficaces que les poursuites judiciaires engagées contre les internautes qui ne respectent pas la propriété intellectuelle ». Des poursuites judiciaires toujours très hasardeuses, coûteuses et longues pour l’industrie du contenu. Ce même Christopher Heaton-Harris préconise encore dans son amendement 81 le financement européen « des campagnes de prévention, de formation et de sensibilisation des consommateurs, et plus particulièrement des plus jeunes, sur la valeur de la propriété intellectuelle et de la créativité en général, et à encourager les consommateurs à respecter la propriété intellectuelle via notamment des programmes de formation sur la propriété intellectuelle et la valeur de la créativité intégrés dans les programmes scolaires ». D’autres amendements reprennent ce credo. Réactions de la Ligue Odebi Selon Odebi, la solution du désabonnement soutenue ici comme par Olivennes est une fausse bonne idée : « Désabonner un citoyen revient par conséquent à le déchoir de son statut de citoyen numérique : cette sanction est disproportionnée ». La Ligue rappelle que le désabonnement frappe tout un foyer, non une personne. « Aucune démocratie ne sanctionne tous les membres d’une famille », étant remarqué que pour être efficace, le désabonnement exige un fichier national des désabonnés, « donc en pratique un fichier national des familles présumées coupables de contrefaçon ». Quant au filtrage, coûteux, il ralentit le réseau et est inefficace, juge-t-on. « Le partage d’œuvres est une pratique très largement répandue: il continuera sous d’autres formes. Par exemple, ce partage pourrait se faire par mail : est-il sérieusement envisageable qu’une démocratie surveille les correspondances privées ? » De fait, estime l’organisation de défense des libertés, ce qui est encore craint ce sont les risques de censure qui se dessinent avec de tels outils, « le fait est que les lois de répression voient leur portée et leur durée s’élargir avec le temps, que ce soit pour des raisons politiques ou sécuritaires, ou sous la pression de certains lobbies ». Quel est le rôle de l’école ? Enfin, sur le chapitre des campagnes d’éducation et de sensibilisation des plus jeunes à la propriété intellectuelle, vœux défendus bec et ongle dès les textes fondateurs du DMCA et de la loi DADVSI : le débat – politique – est bien trop complexe s’insurge Odebi : « l’école n’est pas faite pour relayer les campagnes de défense des intérêts économiques des industries culturelles (…) Qui pourrait s’octroyer le droit de présenter une vision plutôt qu’une autre aux jeunes ? » Plusieurs autres amendements veulent supprimer un passage originel selon lequel « la criminalisation des consommateurs pour combattre le piratage numérique n’est pas la bonne solution ». Là encore, ce serait une erreur, regrette La Ligue : « La criminalisation des échanges est irréaliste, inique, et va à contre sens de l’histoire. Plutôt que d’exiger une répression de masse qui leur fera perdre tous leurs clients, les industries culturelles devraient plutôt tenter de s’adapter et trouver des modèles réalistes ».

Sources:  http://www.pcinpact.com/actu/news/41339-…


Sphere: Related Content

January 18, 2008

Schneider, leader mondial de la vidéosurveillance

Filed under: Anonymat — derkraken @ 6:28 am

Schneider, leader mondial de la vidéosurveillance Bonjour,

“30 ans au service des libertés !”, clame la carte de vœux de la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) et de son président Alex Türk en ce début 2008.

Pour fêter ça, trois fois plus de caméras nous surveilleront bientôt, selon l’annonce faite par Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, avec les encouragements d’Alex Türk : ” Je comprends parfaitement que les autorités françaises envisagent de développer cet outil qui vient de faire la preuve de son utilité en Grande-Bretagne. Je suis d’ailleurs certain qu’une majorité de Français seraient d’accord, beaucoup considérant d’ailleurs qu’ils n’ont rien à cacher. La Cnil n’est pas contre la mise en place de réseaux de vidéosurveillance par principe. (…) Les citoyens sont prêts à accepter une légère réduction de leurs libertés pour améliorer le niveau de sécurité collective.” (La Croix, 9/07/07)

C’est un expert qui vous parle : en 30 ans d’existence, la CNIL n’a rien fait d’autre que d’aider les citoyens “à accepter une légère réduction de leurs libertés” : prolifération des fichiers de police y compris illégaux, usages tous azimuts du Numéro d’inscription au répertoire (NIR), traçabilité des internautes, invasion des caméras de vidéosurveillance, systèmes de contrôles biométriques, puces RFID, prélèvements ADN, futur Dossier Médical Personnalisé, etc.

Et les employés de la CNIL s’étonnent encore que des opposants occupent leurs locaux, comme le 14 décembre dernier.

Nous ne reviendrons pas en arrière. Les adolescents de 2008 ne voient pas où est le problème. Ça tombe bien, le marché est considérable, et les vendeurs de dispositifs de techno-surveillance affichent de splendides projections de croissance.

Quelques exemples d’attributions de marchés publics : 2, 27 millions d’euros TTC pour l’extension du réseau de vidéosurveillance de la Communauté urbaine de Strasbourg (novembre 2007) ; 1,5 million d’euros TTC pour la refonte et l’extension de la vidéosurveillance sur une portion de l’autoroute A40 en Haute-Savoie (octobre 2007) ; 145 000 € pour l’installation d’un système de vidéosurveillance au stade Jean Laville de Gueugnon.

2007. Le premier employeur grenoblois (le groupe Schneider : Merlin-Gerin, Telemecanique et Square D) devient le numéro 1 mondial de la vidéosurveillance. Nul doute que son conseil d’administration ne sabre le champagne pour les 30 ans de la CNIL. Les politiques locaux (Destot, Baile, Sans Nicolas) réclament plus de caméras.

Quant aux 6300 employés de la cuvette qui apportent leur concours à ce fleuron du flicage, ils appartiennent sans doute à cette majorité de Français qui “n’ont rien à cacher” : découvrons donc en pièce jointe, avec le Mouvement pour l’Abolition de la Carte d’Identité (MACI), comment leur boîte tire profit de la “légère réduction de nos libertés”.

Merci de faire circuler

 http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip….


Sphere: Related Content

January 17, 2008

Le rapport Olivienne

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 9:56 pm

Rapport Olivennes : “une proposition d’un autre âge”

Le porte-parole de l’Elysée, David Martinon, vient d’annoncer qu’un accord entre les professionnels de l’audiovisuel, du cinéma, de la musique et les fournisseurs d’accès internet serait signé vendredi. Cet accord découle tout naturellement du rapport que rendra le même jour Denis Olivennes, président de la Fnac, mandaté par la ministre de la Culture Christine Albanel pour trouver des solutions au problème du piratage numérique. Un progrès? Certainement pas.

On le sait aujourd’hui, on le répète tous les jours, les industries du cinéma et de la musique sont en crise : la fréquentation des salles de cinéma ne redécolle pas, les ventes de CD et de DVD sont en chute libre, bref le bateau prend l’eau de toutes parts. Evidemment, tout chavirement a ses originies, et la lame de fond qui a provoqué celui-là s’appelle internet. Plus exactement l’internaute pirate, le sauvageon numérique qui pille sans vergogne les artistes et leurs maisons d’édition, forçant ces derniers à aller faire la manche pour gagner leur croûte. J’en fais un peu trop, certes, mais c’est qu’il a bon dos le pirate. On a mis sur son compte les conséquences de 20 ans d’une gestion catastrophique des ressources culturelles et du manque total de clairvoyance des majors quant à l’avènement d’internet qui engendrera, tôt ou tard, la disparition du média physique au profit du fichier numérique.

Ainsi jusqu’à une période assez récente, le prix moyen du CD n’avait fait qu’augmenter depuis son invention alors que toute nouveauté technologique est, au contraire, censée se démocratiser au fil du temps. Les artistes eux, n’ont que très rarement vu augmenter leurs royalties en conséquence. Il faut signaler, d’ailleurs, pour couper court aux idées reçues, qu’à de rares exceptions, ceux-ci touchent moins d’un euro par disque vendu, une véritable peau de chagrin sur laquelle les grandes majors restent très discrètes. On se rappellera, en revanche, le montant faramineux du “golden-chute” que s’octroya Jean-Marie Messier alors président sortant de Vivendi Universal. A croire que la décence n’est pas de mise dans l’industrie du divertissement.

On peut également mettre en cause la frilosité des maisons d’édition pour ce qui est de découvrir de nouveaux talents. Il est en effet plus rentable et moins risqué de produire une Star Ac, avec une bande de gamins payés au lance-pierre pour chanter des titres éculés, que de dénicher la perle rare qui ose l’originalité. D’un strict point de vue marketing, cette stratégie semble d’ailleurs douteuse puisqu’elle cible un public jeune voire très jeune qui n’a pas forcément les moyens financiers d’acheter chaque mois une grosse quantité de disques. Mais qu’importe, pour les plus vieux, il reste les coffrets collectors, best of, et autres compilations d’artistes plus ou moins sur le déclin, pas prêts du tout à laisser leur place à la nouvelle génération. Vous me direz, ce dernier argument est plus subjectif et, puisque ça se vend, c’est que ça doit plaire.

Haro sur le pirate, donc. Le gouvernement, qui n’a jamais caché ses liens étroits avec l’industrie du disque et du cinéma, décide de faire un état des lieux du téléchargement illégal en France et choisit pour cette mission Denis Olivennes, PDG de la Fnac. Autant demander à Christophe de Margerie de rédiger un rapport sur les conséquences écologiques du naufrage de l’Erika.

La mesure phare du dossier que rendra M. Olivennes est la création d’une autorité publique de lutte contre la contrefaçon habilitée à appliquer une riposte graduée à l’encontre des pirates. Concrètement, quand un gamin téléchargera le dernier tube des Tokyo Hotel, il recevra un courrier le menaçant de sanctions. S’il récidive, on lui coupera son accès à internet durant une certaine période. Dans le cas où le contrevenant persistait, il se verrait résilier définitivement l’abonnement auprès de son fournisseur.

Un comble : même l’UMP proteste ! Les députés Marc Le Fur et Alain Suguenot “déplorent et condamnent”, jeudi 22 novembre, la proposition du rapport Olivennes “visant à créer une autorité publique qui aurait compétence pour prendre des sanctions à l’encontre des internautes téléchargeurs”. On notera par ailleurs le cadre juridique contestable de cette disposition qui transfère des pouvoirs privatifs de liberté du juge à une instance administrative créant du même coup “une véritable juridiction d’exception pour les téléchargeurs et va à l’encontre du principe d’égalité devant la loi”, toujours selon les deux élus qui qualifient au passage le résultat de la mission Olivennes de “rapport d’un autre âge” .

On ne peut que regretter une telle mesure et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord parce que l’arsenal répressif a déjà été expérimenté par le passé, notamment à l’encontre des propriétaires de serveurs hébergeant des fichiers illégaux, et n’a rien donné. On se souvient de l’affaire Napster et des poursuites engagées contre ses successeurs eDonkey, eMule et autres. On se souvient également qu’à chaque fois d’autres logiciels prennent le relais, avec des serveurs situés dans des pays où la loi est moins restrictive, je pense notamment au site “thepiratebay” qui propose des liens vers des fichiers téléchargeables sur le réseau Bittorrent.

En fait, à chaque fois qu’une protection juridique sera appliquée, on peut être certain que les développeurs de logiciels inventeront une parade technologique. C’est un combat perdu d’avance.

De plus, ces mesures risquent fort de ressembler à un coup d’épée dans l’eau. En effet, l’avenir n’est plus au téléchargement mais au “streaming”, comprenez l’écoute directe de musique sur un site web, sans que le morceau ne soit physiquement sur votre ordinateur. La technologie existe depuis des années, et tend à se perfectionner avec l’augmentation des débits internet. Des sites, légaux pour le moment, comme “Deezer” proposent déjà des milliers de titres d’une qualité d’écoute plus que correcte et qui devrait, dans peu de temps, s’approcher du rendu d’un CD Audio. Le tout gratuitement.

On peut également déplorer qu’aucune association de consommateurs n’ait été invitée dans le débat, qu’il s’agisse de “UFC Que Choisir” ou de la “Ligue Odebi”, pourtant acteurs majeurs dans le domaine de l’économie numérique.

Le gouvernement, et le président Sarkozy, s’apprêtent donc à retenir une ribambelle de mesures répressives alors que des alternatives légales ont déjà prouvé leur efficacité.
Ainsi, depuis l’apparition, et surtout la démocratisation, de la vidéo à la demande (VOD), disponible sur la plupart des”box”, le nombre de téléchargement illégaux de films a baissé de façon significative. En 2006, 1 053 foyers interrogés en face à face n’étaient plus que 20 % (contre 26 % en 2005) à reconnaître avoir téléchargé des fichiers musicaux dans le mois précédent l’enquête menée par Gfk/SVM. On passait en fait d’un mensuel 33,7 fichiers en 2005 à 14,6 en 2006, prouvant de fait que le pirate n’est pas, contrairement à l’image d’Epinal, un avare, mais un impatient.
Je saluerai à l’occasion la seule disposition qui me semble constructive dans le rapport Olivennes : la mise à disposition plus rapide des œuvres en VOD qui pour l’instant, ont toujours deux mois de retard sur les offres de location classiques via DVD.

Autre alternative, qui pourtant semblait plus que raisonnable : la licence globale, une sorte de redevance prélevée sur chaque abonnement internet. Cette idée avait pourtant obtenu les faveurs du Parlement dans le cadre de la loi DADVSI pour être finalement écartée sous la pression du ministre de la Culture de l’époque Renaud Donnedieu de Vabres, au prétexte qu’elle aurait été irréalisable. On peut alors s’interroger sur le fonctionnement d’un organisme comme la Sacem qui, pourtant, rétribue ses adhérants sur un système en tous points similaire…

Je finirai sur un paradoxe : une taxe est prélevée sur chaque CD vierge depuis plusieurs années et une autre fait son apparition sur les supports de type clés USB et disques durs, pour soi-disant protéger les ayants droits du téléchargement, alors que, dans le même temps ce même téléchargement est toujours illégal. C’est un peu comme si on imposait une taxe sur chaque dose d’héroïne vendue pour financer les cures de désintoxication.

Dans ce contexte, le rapport Olivennes constitue un formidable bond en arrière, une “proposition d’un autre âge”, qui ne tient absolument pas compte des réalités de ce qu’on peut appeler la Révolution Numérique.
Sources: http://www.agoravox.fr/article.php3?id_a…

La loi découlant de ce rapport sera soumise au parlement en avril(après les municipales, pas le moment de se retrouver avec une info guerre juste avant des élections), ce qui veut dire que cette loi est en préparation, avec l’aide de la SACEM, et des lobbys de tous poils.
C’est le moment de fourbir nos armes, frères de la cote! Qu’elles soient techniques(logiciels de p2p) juridiques(quels sont les recours à prévoir, quels sont les pressions utilisables sur les députés)ou informationnelles(argumentaires et opinions à diffuser sur les forums, les blogs et IRL), pour la nouvelle grande bataille qui s’annonce aussi passionnante que DADVSI, et dont le parlementarisme sortira, sans nul doute encore grandi une fois de plus.


Sphere: Related Content

Les joyeux projets d’espionnage “éthique”

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 9:43 pm

Pour les incrédules quand a l’évolution des techniques de surveillances:

La ministre de l’Intérieur devrait, début 2008, proposer au gouvernement un projet de loi visant à offrir aux fonctionnaires de police la possibilité de suivre les communications d’un suspect grâce à des logiciels espions installés sur leurs ordinateurs

Des hackers en uniforme bleu ? La police nationale devrait, d’ici peu, avoir le droit de placer des logiciels espions sur les ordinateurs de personnes suspectées. Selon Le Figaro, le dispositif se composera, pour une part, d’une clef de connexion dissimulée dans le poste qui fournira aux fonctionnaires le moyen de suivre en temps réel toute communication effectuée. En outre, il leur sera également possible d’installer à distance des logiciels espions du même type que les chevaux de Troie.

Les bonnes vieilles méthodes du piratage pourraient donc servir aux enquêtes de la police.

Le projet, qui devrait être présenté en Conseil des ministres début 2008, ne dispose pour le moment d’aucun calendrier pour son entrée en vigueur. Tout juste sait-on que le dispositif ne permettra pas aux fonctionnaires de police d’enquêter sans restriction.

Ainsi, le juge d’instruction et le juge des libertés et de la détention représenteront les garde-fous du dispositif. Son champ d’application sera limité aux affaires les plus graves (terrorisme, pédophilie, blanchiment d’argent ou encore séquestration).

La mise en place d’un système de surveillance plus adaptée aux nouvelles technologies (et aux nouvelles pratiques des criminels…) devrait permettre à l’institution policière de combler son retard.

Rappelons qu’au mois de novembre la police fédérale allemande avait fait état de dispositions similaires. Avouant son impuissance à décrypter les données circulant par le biais de la VoIP, le responsable de la police allemande avait décidé de passer par le législateur pour obtenir un moyen de contournement…

Le processus est donc lancé pour la France. Il reste cependant quelques étapes à franchir. Quelle va être la position de la Cnil (Commission informatique et Libertés) ?

Par ailleurs, les ordinateurs équipés de solutions de nettoyage ne tarderont pas à détecter un éventuel logiciel espion. La police annonce vouloir négocier avec les éditeurs pour que ces derniers ne dénoncent pas les spywares d’investigation. Pourtant, il apparaît difficile de faire appliquer une telle mesure considérant le grand nombre de logiciels pirates qui circulent sur la Toile…
Sources: http://www.silicon.fr/fr/news/2007/12/17…
Mais qu’on se rassure! c’est pour attraper les pedophiles/terroristes/nazis.
Et les traficants de drogues.
Et les dangereux irresponsables qui aident au séjour irrégulier d’étrangers en France.
Ou les gens soupçonnés de…
Bref en définitive n’importe qui.


Sphere: Related Content

“Comment survivre à un bust” V4 Disponible

Filed under: Anonymat — derkraken @ 9:20 pm

La version mise à jour du travail de cryptobob est en ligne.
Pour mémoire, j’avais tenté modestement de contribuer à la popularisation de son travail en tentant de vulgariser les conseils qu’il donnait dans “Comment survivre à un bust?” V1,V2,V3
Donc la nouvelle version est disponible ici:
 http://dl.free.fr/aNY5cgoJU/Bust_v4_FREN…

 http://www.megaupload.com/fr/?d=DERPMBU4

 http://www.nowupload.com/:NFy

 http://dump.no/files/ecd78cccd092/Bust_v…

 http://rapidshare.com/files/78564103/Bus…

versions PDF et ODT disponibles sur sTORage :
 http://utovvyhaflle76gh.onion/sTORage/Do…

Si vous avez un peu suivi ce qui était raconté dans la partie “Anonymat” de ce blog, vous ne serez pas dépaysé.
C’est juste un peu plus technique qu’ici, mais rappelons que la situation politico-sécuritaire évolue vite(et mal…) en France, donc c’est le moment de se creuser un peu.


Sphere: Related Content

October 16, 2007

Loi Fourtou : au delà de la « riposte graduée », la guerre préventive.

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 3:25 pm

L’initiative EUCD.INFO a pris connaissance du projet de loi relatif à la lutte contre la contrefaçon, transposition d’une directive européenne dont le rapporteur était Janely Fourtou, la femme du PDG de Vivendi. Cette directive était déjà particulièrement favorable aux grandes entreprises. Le gouvernement français a décidé d’aller encore plus loin.

Le projet de loi du gouvernement qui passe au Sénat en seconde lecture demain est la continuation de la dérive amorcée lors de la révision de la loi Informatique et Libertés. Ce texte facilite la mise en place de polices privées du net et l’utilisation de mesures portant atteinte aux droits de la défense. C’est une pièce maîtresse pour réprimer massivement les échanges non autorisés de musique et de films sur internet, au prix s’il le faut de bavures numériques. Loin de ne viser que les contrefacteurs industriels comme le prévoyait la directive, le texte vise en effet tous les internautes à titre préventif. Il aggravera par ailleurs l’insécurité juridique dans laquelle évolue les acteurs du logiciel, notamment.

Le gouvernement considère que le texte va être voté conforme, qu’il passera même comme une lettre à la poste, ce qui mettra fin à la navette parlementaire. Il est vrai que ni le groupe PS, ni le groupe UDF ne se sont opposés aux dispositions problématiques lors de la première lecture. Ils ont voté pour le texte.

L’initative EUCD.INFO appelle donc les internautes à contacter d’urgence les sénateurs pour qu’ils votent contre ce texte. Plus largement, l’initiative EUCD.INFO appelle tous les internautes à contacter les élus d’opposition pour qu’ils se préparent à saisir le Conseil Constitutionnel, la transposition proposée ne respectant pas le principe de proportionnalité.

NB : Pour l’instant seuls les verts et les communistes ont voté contre ce texte.
I – Création de polices privées

L’article 32 de ce projet de loi a été à l’origine pensé pour légaliser les pratiques déviantes de l’Association pour la Lutte contre le Piratage Audiovisuel (ALPA), comme cela a d’ailleurs été confirmé à un membre d’EUCD.INFO par de hauts fonctionnaires, des magistrats et des avocats.

Actuellement, lorsque l’ALPA constate des infractions présumées, elle ne peut pas s’auto-saisir. Elle contacte donc ses membres pour leur suggérer de saisir ses agents assermentés, avant de porter plainte une fois le constat effectué. La confusion des genres est manifeste : l’ALPA est à la fois juge et partie.

Plus largement, l’article 32 a pour but de permettre à des « organismes de défense professionnelle » de se livrer à des enquêtes, de s’auto-saisir, de relever des preuves d’infractions présumées à des droits d’auteurs, de prévenir leurs membres, d’ester en justice. À la fois enquêteur, huissier et partie civile !

Couplé aux dispositions adoptées lors de la réforme de la loi Informatique et Libertés visant à autoriser la recherche pro-active d’infractions (surveillance généralisée du net par des « radars ») et à la décision du Conseil d’État cassant la doctrine protectrice de la CNIL, cet article pourrait bien être en fait une brique majeure pour la mise en place de la riposte graduée.

L’initiative EUCD.INFO espère donc que les élus des groupes PS et UC/UDF qu’elle a informés vont se ressaisir et exiger le retrait de cet article. Les élus qui voteraient ce texte seraient tout simplement coupables d’avoir cautionné, en conscience, une atteinte à un principe élémentaire : « La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. » – Article 25 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen
II – Notion d’échelle commerciale et dommages forfaitaires

Les mesures prévues par ce texte ne sont pas limitées aux seules atteintes présumées commises à échelle commerciale, le gouvernement et le Sénat ayant supprimé ce garde-fou prévu par la directive en première lecture, l’Assemblée ayant laisssé faire.

Cette notion d’échelle commerciale est pourtant essentielle. Sans elle, la juridiction peut utiliser des mesures préventives extrêmes (saisie d’avoirs, blocage de compte, coupure de services, communication d’informations confidentielles) à l’encontre de toute personne morale ou physique soupçonnée de contrefaçon ou de faire partie d’un réseau de distribution de contrefaçon, et ce, comme le dit Hervé Novelli, « dès le premier euro » présumé perdu par l’attaquant, et sans que l’accusé, éventuellement de bonne foi, n’ait pu se défendre au fond.

Dans le domaine du droit d’auteur, cette absence d’échelle commerciale peut apparaître évidemment comme du pain béni pour qui souhaiterait mettre en oeuvre un mécanisme type “riposte graduée” : les mesures préventives prévues pourront en effet s’appliquer aux particuliers soupçonnés de se livrer à des échanges à but non lucratif.

L’absence d’échelle commerciale s’articule par ailleurs très bien avec d’autres dispositions du texte, comme l’article 32 détaillé dans la première partie de ce document, mais aussi avec la possibilité donnée par l’article 31 à la juridiction d’allouer, “à la demande de la partie lésée, d’allouer, à titre de dommages et interêts, une somme forfaitaire qui ne peut être inférieure au montant des redevances ou droits qui auraient été dûs si l’auteur de l’atteinte avait demandé l’autorisation d’utiliser le droit auquel il a porté atteinte”.
III – Polices privées + absence d’échelle commerciale + dommages forfaitaires = quel but poursuivi ?

Pour résumer, des entités privées représentant des acteurs économiques pourraient enquêter, et sur la base de leurs constations, faire ordonner à des prestataires de services la communication d’informations confidentielles ou la coupure de services, tout cela pendant que leurs membres fixent les dommages et interêts et qu’eux même estent en justice ?

En plus d’une nouveau pas vers la privatisation de missions régaliennes de l’État et d’un mélange des genres aberrant, ne serait-ce pas là un pas important pour une riposte graduée ? Quelle sera d’ailleurs cette « juridiction » qui pourra appliquer les mesures et prononcer les dommages forfaitaires ? Une autorité administrative comme celle que le gouvernement a tenté de faire passer lors de l’examen de la loi DADVSI ?

Quoiqu’il en soit, l’initiative EUCD.INFO considère qu’en ne respectant pas le principe de proportionnalité – en assimilant mafieux chinois et lycéens partageurs – une telle transposition est contraire aux obligations communautaires de la France. Elle a communiqué ce jour une étude juridique aux sénateurs détaillant cette position.

L’initiative EUCD.INFO a également communiqué un amendement visant à répondre à leur légitime attente d’une définition claire de la notion d’échelle commerciale ainsi qu’un argumentaire associé pointant les risques d’aggravation de l’insécurité juridique, notamment pour les acteurs du Logiciel Libre.

L’amendement proposé a été refusé lundi par le cabinet du ministre au motif que “la suppression d’échelle commerciale, le ministre y tient”. Les autres arguments n’ont pas été retenus non plus. Cela peut se comprendre vu les propos tenus en séance par Hervé Novelli : “Si on veut appréhender la contrefaçon de façon globale, on ne peut se contenter d’une riposte graduée comme disent les militaires”. D’où sans doute l’interêt d’un tel arsenal nucléaire.
Références

* Dossier législatif sur le site du Sénat
* Les sénateurs
* Une note contenant un amendement proposant une définition claire de la notion d’échelle commerciale
* Une étude juridique sur la non-conformité du projet de loi à la directive ce qui expose le gouvernement a des sanctions constitutionnels et communautaires
* Lutte contre la contrefaçon : entreprises du Net, vous êtes en première ligne !
* Chronologie du dossier e-milices

Citations intéressantes

« Cependant, un amendement de dernière minute précise que ces sanctions ne sont applicables que si ces infractions ont été commises «en vue d’obtenir un avantage économique et commercial direct». Ce qui devrait, en théorie, exclure les adeptes des systèmes gratuits d’échange de fichiers, qui téléchargent illégalement mais pour leur usage privé, des morceaux de musique ou des vidéos. «L’exception de la copie privée en sort renforcée», s’est félicitée Janelly Fourtou, interrogée par l’AFP. » – Le parlement européen adopte sans coup férir la directive sur la propriété intellectuelle

« Mais, dorénavant, seules les actions commises à l’échelle commerciale seront répréhensibles. La définition d’échelle commerciale exclut les actes commis par des consommateurs finaux de bonne foi, qui n’agissent pas dans le but d’obtenir un avantage économique ou commercial direct ou indirect. Cette extension du champ d’application ne remet en cause aucune des directives sectorielles déjà adoptées sur le copyright, le commerce électronique et les programmes d’ordinateur. L’exception de la copie privée en sort même renforcée. » – Janely Fourtou, extrait des débats du 9 mars 2004 au Parlement européen – Et le rapporteur d’ajouter que les garde-fous ajoutés à ce texte « préservent les intérêts des ayants droit comme ceux des consommateurs. »

« L’accord sur les ADPIC fait référence à l’échelle commerciale mais n’en donne pas de définition. La manière dont est rédigé l’accord sur les ADPIC, l’utilisation de cette expression dans l’ensemble du texte et le contexte facilite cependant l’interprétation du concept. Il s’utilise uniquement pour les atteintes lucratives qui engendrent des pertes directes importantes pour le titulaire d’un DPI; les échanges à but non lucratif de contenu légalement acquis entre particuliers doivent être exclus du champ d’application de la directive. » -Rapport de Nicolas Zingaretti du 23 mars 2007 sur la proposition modifiée de directive du Parlement européen et du Conseil relative aux mesures pénales visant à assurer le respect des droits de propriété intellectuelle, p. 27).
Sources:
 http://eucd.info/index.php?2007/10/16/34…


Sphere: Related Content

October 9, 2007

BOYCOTTONS L’INDUSTRIE DU DISQUE!

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 10:39 am

La Ligue Odebi dénonce l’attitude de l’industrie du disque, et la vaste campagne de désinformation qu’elle mène depuis des mois afin d’imputer la baisse de ses ventes à l’utilisation des réseaux p2p. La réalité est qu’aux états-unis, l’industrie du disque a lancé des campagnes de procès contre les internautes utilisateurs de réseaux p2p, a baissé le prix de vente des CD, et que l’usage du p2p et les ventes de CD ont augmenté… Le discours importé en France (où l’on paie une redevance copie privée) par les majors a été dénoncé, entre autres par le Ministre de l’Industrie français, Patrick Devedjian, qui a conseillé à cette industrie de plutôt s’adapter aux évolutions technologiques, et de baisser le prix de vente des CD.

La Ligue Odebi dénonce aussi les pressions scandaleuses exercées par les lobbys du disque visant à instaurer en France un régime juridique enfermant les internautes dans les DRMs,pénalisant l’usage des réseaux P2P et tuant le droit à la copie privée.

Rappelons qu’en France, les artistes eux-mêmes considèrent le téléchargement comme de la copie privée, et que chaque internaute achetant un CD vierge paie la redevance pour copie privée sur ce CD, et ce même s’il n’y copie pas un octet de musique : à chaque fois qu’un français veut sauvegarder ses propres photos, il est ainsi obligé de payer l’industrie du disque… A l’heure où cette industrie ne cesse de nous rebattre les oreilles avec le “piratage”, cette forme de parasitage économique ne peut qu’ être remise en question.

En parallèle, l’industrie du disque met progressivement en place des dispositifs qui interdisent cette copie privée, voire le simple usage sur certains lecteurs, et est en passe d’obtenir des lois qui légaliseraient ces dispositifs, voire pénaliseraient le contournement de ces dispositifs et même la simple divulgation des méthodes de contournement.

A titre d’exemple : un internaute qui achète de la musique en ligne sur certains sites ne peut tout simplement pas l’écouter avec un balladeur sur lequel il a par ailleurs payé une redevance copie privée : de fait, ces dispositifs de “protection” changent cette redevance en racket.

Au total , il n’est pas acceptable que l’industrie du disque :
- limite le nombre de copies privées de la musique achetée (CD ou en ligne)
- dégrade la qualité des copies
- impose l’achat d’un logiciel ou d’un matériel spécifique pour l’utiliser
- interdise la lecture de l’oeuvre sur certains lecteurs
- interdise la
conversion de l’oeuvre dans un format librement choisi

Et il n’est pas acceptable que le législateur légalise ces mesures, ni qu’il pénalise le contournement de ces mesures ou la divulgation de ces méthodes de contournement, qui permettent tout simplement à l’utilisateur d’écouter la musique qu’il a achetée dans les conditions qu’il est fondamentalement libre de choisir.

A défaut, la redevance copie privée serait un racket auquel le législateur devrait rapidement mettre fin : on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

petition disponible ici:
 http://www.odebi.org/boycothon/


Sphere: Related Content

September 21, 2007

Le PDG de la FNAC chargé de changer les FAI en mercenaires des majors

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 7:40 am

Le PDG de la FNAC (groupe PPR : Printemps, Gucci, Puma, Conforama, La Redoute…) a accepté la Mission de Christine Albanel sur la “la lutte contre le téléchargement illicite et le développement des offres légales d’oeuvres musicales, audiovisuelles et cinématographiques”.[1]

Dans son discours, Christine Albanel persiste à présenter les échanges pair à pair comme la cause de la baisse de vente de CD [2], reprenant ainsi une thèse d’Olivier Bomsel, qui fait justement partie de cette Mission FNAC. Il semble nécessaire de rappeler que la Ligue Odebi avait amené Olivier Bomsel à avouer publiquement à l’Assemblée qu’en fait il ne savait pas si les échanges pair à pair étaient ou non la cause de cette baisse [3], ce qui ne l’empêchait pas de proposer de taxer l’upload pour dissuader les échanges pair à pair. Pour Jean-Guy Vincent, Délégué Odebi, il apparaît qu’ “à l’évidence, le cabinet Albanel ne maîtrise pas ses dossiers, on se demande même s’ils ont simplement lu le rapport Cedras…”[4]

La composition de cette mission pose problème : elle est présidée par le PDG d’une entreprise qui vend des produits numériques, le conflit d’intérêt est indéniable. De même Olivier Bomsel est lui présenté comme économiste et producteur par le ministère de la culture [5]. On remarquera aussi la participation d’Isabelle Falque-Pierrotin, qui s’est récemment fait réélire à la hussarde à la présidence du FDI après avoir pourtant effectué deux mandats à ce poste, soit le maximum autorisé par les statuts de cet organe devenu en pratique aussi inutile pour les internautes que coûteux pour les contribuables.[6]

Si la Mission FNAC doit auditionner les différents acteurs avant de proposer un rapport fin octobre, cela ne saurait cacher le but réel de cette mission : L’instauration d’une répression de masse devant être exécutée par le secteur privé [7], et plus précisément par les FAI qui devraient accepter par le biais d’accords interprofessionnels de devenir les mercenaires des majors.

Le ministère de la culture continue donc de manipuler l’opinion publique, comme il l’a déjà fait en détournant le débat de la légalisation des dispositifs anti-copie vers le problème du téléchargement lors de l’examen du projet de loi DADVSI, ou comme Christine Albanel le fait en propageant le mythe de la gratuité, alors que les industries culturelles ne cessent de bénéficier de l’argent public, et que la Tasca Taxe sur les supports numériques vient encore d’être étendue [8]. Odebi dénonce les pratiques désinformationnelles de Christine Albanel : la réalité est que le public, les entreprises françaises, et même les hôpitaux sont rackétés, devant payer une taxe copie privée à chaque achat de support vierge, disque dur externe, carte mémoire, clef USB, alors même que les industries culturelles verrouillent leurs produits par des dispositifs anti-lecture ou anti-copie.

Au total, le rapport de la Mission FNAC ne servira en réalité qu’à justifier les mesures liberticides que les industriels de la culture essaient de faire imposer aux FAI : filtrage des réseaux, traçage des internautes au mépris du respect de leur vie privée, bridage des débits, désabonnements expéditifs, amendes privées. Il faut de plus savoir qu’au cas où les FAI refuseraient de jouer ce rôle de milices des majors en ne signant pas les accords interprofessionnels qui sont le seul réel objectif de la mission FNAC, le gouvernement a d’ores et déjà prévu de légiférer pour imposer ces mesures liberticides.

Jean-Guy Vincent prévient clairement Denis Olivennes : “En acceptant de collaborer à cette farce institutionnelle liberticide destinée à justifier une croisade arriérée, le PDG de la FNAC commet un geste politique qui aura nécessairement un impact sur l’image ou les ventes de la FNAC…”

[1] http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…
 http://www.ppr.com

Piratage : la France envisage le filtrage et la riposte graduée
 http://www.pcinpact.com/actu/news/38688-…

[2] “Or, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Un milliard de fichiers piratés – films et musique -ont été échangés dans notre pays en 2006. Le marché du disque s’est effondré de plus de 40% au cours des cinq dernières années, avec tout ce que cela signifie en terme d’emplois. Ce phénomène s’est encore accentué en 2007,”
 http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…

[3] “Après que Donnedieu ait qualifié l’usage du p2p de “crime contre l’esprit”, Vanneste n’hésite pas à parler de “risques potentiellement mortels”, et à reprendre des thèses tendant à faire croire aux français que l’usage du p2p serait la cause d’une baisse des ventes de CD. Le rapporteur Vanneste va même jusqu’à qualifier la taxation de l’upload proposée par Bomsel de “intellectuellement séduisante”. La ligue rappelle une fois de plus que les faits sont qu’aucune étude n’a jamais réussi à démontrer que l’usage du p2p était la cause de la baisse de ventes de CD, et s’étonne que la commission des lois puisse relayer les propos infondés d’Hollywood et des majors. Il est heureux que la commission ait néanmoins refusé cette taxe upload qui aurait ravalé l’internet français au rang du minitel.”
Communiqué 10-06-2005 : réaction au projet de loi sur le droit d’auteur (DADVSI)
 http://www.odebi.org/new2/?p=65

“Concernant les arguments avancés par les chercheurs de l’ENSMP, on remarquera le peu de sérieux scientifique de l’affirmation d’une relation de cause à effet entre le développement du haut-débit et la soi-disant mauvaise santé de l’industrie du disque.Un tel manque de rigueur est assez inattendu de la part de l’ENSMP. Pour ce qui est de l’état réel du marché du disque, la Ligue rappelle les récentes déclarations de Rodolphe Buet, Directeur du disque de la FNAC: “La consommation de musique n’a jamais été aussi forte”
Par ailleurs, la Ligue s’interroge sur le financement de cette étude destinée à promouvoir les seuls intérêts économiques des producteurs de disques.

Communiqué 02-03-2004 : Amendements LEN : Odebi s’oppose à toute surtarification de l’upload
 http://www.odebi.org/new2/?p=198

[4] “Aujourd’hui, la Ligue dévoile un rapport (le rapport Cédras) commandé par le ministère de la culture à un professeur de droit pénal, et qui a été volontairement caché aux français”
Communiqué 01-05-2007 : Internet et Libertés : le rapport censuré qui met Sarkozy à l’amende
 http://www.odebi.org/new2/?p=274

P2P : Un rapport ‘non diffusé’ accable ‘le principe de la riposte graduée’
 http://www.silicon.fr/fr/silicon/news/20…

« La réponse graduée automatique doit être abandonnée » Un rapport curieusement non diffusé
 http://www.pcinpact.com/actu/news/36148-…

[5] “Depuis 1998, il dirige avec Gilles Le Blanc les recherches du Cerna sur l’économie numérique. Ses travaux portent sur l’économie des réseaux, des contenus et la numérisation des entreprises.
Il est ailleurs, producteur de programmes audiovisuels (films, séries TV) et co-fondateur d’art-netart, producteur-éditeur d’art numérique”
 http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…

[6]”Le porte parole de la Ligue Odebi a réagi à ce coup de force : ” Cela ne fait que démontrer, si besoin était, le bienfondé de la ligne adoptée dès le début par les cinq associations d’internautes qui ont fondé la Ligue, et qui ont toujours refusé de participer à cette mascarade, cour de récréation des lobbies culturels durant le projet de loi économie numérique, et ne pouvant in fine que se soumettre à un financement gouvernemental.” “La présidente du FDI arrivait à son dernier mandat : en toute logique, elle ne pouvait que bénéficier de la création de la CND puisqu’elle aurait pu ainsi en prendre la présidence. Le FDI aurait ainsi pu disparaitre au profit de la CND. Or nous avons abattu en vol le projet de CND en révélant le décret en projet juste avant la présidentielle. A partir de ce moment, l’actuelle Présidente du FDI n’avait plus qu’une seule solution : faire modifier les statuts du FDI pour pouvoir s’y faire réélire.”
Coup d’état au FDI
 http://quelqueswattsdeplus.blog.20minute…

Le Forum des Droits sur Internet putsché ? Qui s’en soucie ?
 http://www.agoravox.fr/article.php3?id_a…

[7] Extrait de la Lettre de mission de Nicolas Sarkozy, Président de la République, à Christine Albanel:
“vous rechercherez les voies et moyens pour conclure un accord interprofessionnel permettant de dissuader efficacement et de réprimer la contrefaçon de masse. Les solutions techniques existent, elles doivent être expérimentées et mises en oeuvre.”
 http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…

[8]Clés USB, cartes mémoires et disques durs taxés au 1er octobre
 http://www.zdnet.fr/actualites/informati…

Les industriels préparent un recours contre la taxe pour copie privée
 http://www.lexpansion.com/art/32.0.16137…

La taxe copie privée appliquée sur les disques durs externes à partir d’octobre
“Consoles de jeux prochainement
Rappelons que le principe de la “taxe copie privée” a été instaurée par la loi Lang du 3 juillet 1985 pour compenser le manque à gagner pour les ayants droit des copies d’œuvres culturelles réalisées par les particuliers dans un cadre familial. Imputée aux cassettes audio et vidéo, la redevance s’est étendue aux média vierges numériques au fil des évolutions technologiques : disquette, CD, DVD, baladeurs numériques…
Au printemps, la commission composée de représentants des ayants droit, des pouvoirs publics, des consommateurs et des industriels, a poursuivi ses travaux en étudiant le cas des disques durs externes, des cartes mémoire et clés USB de stockage. Lesquels devraient voir leurs tarifs augmenter à partir du 1er octobre prochain, donc, sauf si les fabricants et distributeurs rognent sur leurs marges pour intégrer ce surcoût dans le prix de vente final. Rappelons à ce sujet que les montants de la taxe sont imputés avant calcul de la TVA qui est, aujourd’hui, de 19,6 % sur les produits électroniques.
Les DVD HD et Blu-ray, consoles de jeux et autres téléphones “MP3″ ou encore agendas électroniques constituent les prochains dispositifs de stockage qu’étudiera la commission copie privée en vue d’y étendre l’application de la rémunération idoine.”
 http://www.vnunet.fr/fr/vnunet/news/2007…

La taxe pour la copie privée continue de s’étendre
“Mais la commission d’Albis – du nom de Tristan d’Albis, chargé du groupe – envisage d’aller plus loin et a évoqué cet été la possibilité d’étendre encore la taxe aux consoles de jeux nouvelle génération, soit la PSP, la Xbox et la Wii.
Restera alors une solution : en revenir à une transmission orale de la culture. Rétines et mémoires humaines pourraient-elles être taxées ? ”
 http://www.lepoint.fr/content/tech_net/a…

Thèmes : Communiqués, Albanel, Olivennes
 http://www.odebi.org/new2/?p=439

Vous pouvez vous aussi contribuer au buzz autour de cette info en utilisant ces liens en particulier ou le contenu des textes utilisés, sur vos sites, vos blogs vos emails:
 http://eucd.info/348.shtml

 http://stopdrm.info/index.php?2007/09/18…

 http://stopdrm.info/index.php?2007/09/18…


Sphere: Related Content

September 20, 2007

Mediadefender2

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 7:28 am

Pour trouver la correspondance de media defender, suite a des ddos a l’encontre des sites publiant leur correspondance vous pouvez vous tourner vers Pirate Bay:
 http://thepiratebay.org/search/mediadefe…
Ou faire une recherche sur ce thème via votre moteur de recherche préféré(yahoo donne bien plus de résultats que google, censure?):
MediaDefender.Mail.200612.200709-MDD

Les codes sources du logiciel utilisé par mediafender nommé “MediaDefender.Source.TrapperKeeper” et utilisé par mediadefender pour piêger les p2pistes sont disponibles ici:
 http://thepiratebay.org/tor/3812960/Medi…

Bon DL!


Sphere: Related Content

September 19, 2007

les problemes du reseau edonkey

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 7:14 am

Le grand nettoyage est-il en cours ? De gros serveurs liés aux échanges de fichiers ne répondent plus. Il se passe quelque chose sur le réseau e-donkey.
D’étranges modifications sont constatées sur le réseau e-Donkey. Serveurs fermés, Honey Pot de plus en plus visible. Vendredi l’industrie du disque Allemand annonçait une grande victoire face aux pirates. Une injonction temporaire publiée par la Cour fédérale de Hambourg a obligé un opérateur d’un serveur eDonkey a fermer les robinets. Le tribunal demandait cette coupure, à la suite d’une plainte de l’IFPI , pour un seul cas, l’album One. A première vue, il a préféré tout couper.En chargeant la liste des serveurs avec emule, on voit bien que les gros serveurs allemands ont des urilisateurs connectés mais ne fournissent aucun fichiers. Les autres n’ont que quelques fichiers, autour de 400 000 en moyenne contre plusieurs millions en temps normal.

Il semblerait que cela touchait aussi “Kad”. Le réseau décentralisé ne repond plus pour un grand nombre de personne. Il semblerait que cela dependrait des pays et des moyens d acces que prennent les datas. Le Bresil, certains pays d’Europe, dont l’Allemagne, et certains Etats des Etats-Unis sont visés, dixit les temoignages des utilisateurs.
Pour plus de précisions quand à la conduite à adopter, voir les liens suivants:
 http://www.open-files.com/Qu-arrive-t-il…

 http://www.emule-france.com/forum/serveu…


Sphere: Related Content

Razorback calomnié par un “expert”

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 7:05 am

Plus d’un an et demi après sa saisie par les autorités belges, le serveur eDonkey Razorback n’est toujours pas de retour sur les réseaux. Le procès se poursuit lentement en Suisse, avec seulement ce mois-ci la remise d’un premier rapport d’expertise technique… dont les conclusions surprendront les spécialistes.
Poursuivi en Suisse par le lobby du cinéma, l’association Razorback lutte actuellement avec peine pour obtenir gain de cause en Justice. L’ancien plus gros serveur eDonkey du monde et l’ensemble de ses serveurs de soutien sont placés sous scellé depuis février 2006, et la procédure se poursuit avec régulièrement de nouveaux coups à endurer. Un rapport d’expertise technique commandé par le tribunal suisse, dont Ratiatum a pu obtenir communication, ne devrait pas aider l’association à ressortir la tête de l’eau…

La Haute Ecole Valaisanne a en effet remis le 2 juillet au juge d’instruction du Valais central à Sion, chargé de l’affaire en première instance, un rapport (.pdf) rédigé par Romain Roubaty. L’homme est Professeur au Laboratoire de Sécurité de la Haute Ecole, et vice-président de l’Association Francophone des Spécialistes de l’Investigation Numérique (AFSIN), un club d’experts techniques, de juristes et d’autorités de police dispersés dans toute la francophonie, du Québec au Maroc. En Suisse, le professeur Roubaty est une sommité dont l’expertise devrait être prise très au sérieux par la justice.

Or le rapport remis au juge Yves Cottagnoud est pour le moins surprenant. Il devait permettre au tribunal de comprendre le rôle et l’importance de Razorback dans les échanges réalisés sur le réseau eDonkey/eMule. A la lecture des 100 pages, il semble que l’expert ait réalisé un rapport à charge pour surévaluer l’importance effective de Razorback, pour mieux surévaluer l’importance du serveur dans les échanges de fichiers illicites.

Tout d’abord, il écarte en moins d’une page le réseau décentralisé Kademlia ajouté à eMule, en se basant uniquement sur des commentaires d’utilisateurs écrits sur des forums en 2004. Sur la seule base de ces commentaires complètement dépassés, l’expert conclue que “dans le monde des utilisateurs eMule, la présence des serveurs rend la recherche beaucoup plus aisée”. Peu importe que depuis le réseau autonome ait pris une importance majeure, “nous pensons inutile de nous attarder plus sur le fait qu’il existe des alternatives à l’utilisation de serveurs centraux fournissant les métadonnées”, écrit l’expert. Aux oubliettes, donc, également, le protocole d’échange des sources directement entre clients qui avait été mis en place sur eMule avant même l’arrivée de Kad. Les deux protocoles rendaient Razorback quasiment inutile techniquement, sauf pour aider à la diffusion de fichiers légaux : la chaîne de téléchargements de Ratiatum et les albums de musique libre de Jamendo, notamment. Tout dans le rapport (qui n’évoque d’ailleurs cette activité d’upload de contenus libres qu’au détour d’une phrase) semble orienté pour alourdir artificiellement l’importance de Razorback.

Mais il y a beaucoup plus grave. L’expert semble analyser de travers le rôle du service ed2k History attaché à Razorback pour fournir un historique et une volumétrie de la diffusion des fichiers sur le réseau. En se basant sur deux articles publiés sur Ratiatum (celui-ci, et celui-là), l’expert prétend qu’il était plus facile pour les utilisateurs de trouver des fichiers à télécharger, en particulier des fichiers rares. “En plus d’offrir des éléments sur des fichiers très connus, il permet de trouver des fichiers plus rares, puisqu’ils apparaissent dans l’historique dès que partagés par deux utilisateurs. [...] Grâce à ce service, il était particulièrement aisé de trouver des images ou des films à caractère pédopornographique”, écrit l’expert. Lourde accusation, puisqu’elle indique au juge que le service History pouvait être utilisé facilement pour trouver des fichiers pédophiles grâce à Razorback ! En guise de preuve, l’expert a effectué en octobre 2005 18 requêtes sur ed2K history basées sur les hashs (signatures électroniques) de fichiers pédopornographiques fournis par la police. Et l’expert d’en conclure que “la disponibilité de ces fichiers sur les serveurs Razorback a été mise en évidence”. Pourtant, l’expert écrit bien que “les fichiers sont reconnus par le serveur par leur empreinte numérique et non par leur nom”, mais le rapport est rédigé de telle manière que le poisson semble être noyé pour faire croire à un rôle actif ou à la connaissance par Razorback des activités pédophiles. C’est comme prétendre que Google pourrait savoir tout ce qui se trouve derrière chacune des URL qu’il indexe sans pour autant scanner le contenu des pages. A une différence essentielle près : contrairement à Google, le seul service History n’offrait même pas de fonction de recherche.

Une affaire qui pourrait avoir des répercussions sur toute une industrie

L’ensemble du rapport laisse une impression curieuse d’amateurisme de la part de l’expert, qui est pourtant reconnu en Suisse comme une référence en matière de sécurité informatique. Copier-coller à outrance (jusqu’à copier 14 pages d’un article de Wikipedia…), citations d’articles de presse ou de commentaires de forum comme argumentation technique, oubli ou déformations de parties essentielles de l’architecture d’échange, volonté expresse de démontrer la stratégie commerciale (et non technique) de Razorback… beaucoup d’éléments que nous n’avons pas tous détaillés ici laissent présager le pire si le juge suit le rapport à la lettre.

Or le risque est d’autant plus grand que le cas Razorback pourrait avoir de sérieuses répercussions sur l’ensemble du secteur des télécommunications en Suisse. L’affaire pourrait en effet faire jurisprudence contre tous les intermédiaires techniques du pays, qui pourraient en cas de condamnation de Razorback se voir de fait imposer par la Justice une obligation générale de surveillance et de filtrage proactif que ne prévoit pas la loi nationale.

L’affaire est mal engagée, d’autant que la MPA (Motion Picture Association) qui a porté plainte contre Razorback a obtenu de la Justice le blocage des comptes de l’association, et exige désormais la rétrocession de frais avancés à l’avocat du serveur eDonkey. Tous les éléments semblent tournés contre Razorback, qui devra trouver des alliés en Suisse chez les fournisseurs de services Internet qui n’ont sans doute pas encore pris conscience de l’importance de l’affaire pour leur propre avenir.

Pour la première fois depuis son lancement, “Razorback pourrait à nouveau faire appel à la générosité des internautes pour pouvoir continuer à se défendre”, nous indique l’association contactée par Ratiatum. Elle précise toutefois qu’elle “mène aussi actuellement des discussions avec une entreprise active sur Internet qui pourrait prendre en charge le règlement des frais judiciaires futurs de l’association”.

Contrairement aux services web 2.0 actuellement si populaires, Razorback n’a jamais hébergé lui-même un film entier ou même un simple fichier MP3. Il se contentait de faciliter la mise en relation d’utilisateurs qui souhaitaient s’échanger des contenus, sans jamais intervenir sur les contenus en question. A cet égard, jamais le rapport ne met en évidence un quelconque rôle de Razorback dans l’apparition ou la distribution de fichiers piratés sur le réseau, autre que son rôle d’intermédiaire technique neutre.

le CV de l’”expert”:
 http://ii.hevs.ch/upload/Collaborateurs/…


Sphere: Related Content

September 17, 2007

MediaDefender piraté

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 7:02 am

C’est un coup dur pour les adversaires du P2P. 700 Mo d’e-mails ont été volés sur les serveurs du spécialiste de la lutte anti-P2P MediaDefender, et distribués sur BitTorrent. Ils montrent notamment une collaboration avec les autorités américaines.

Connu de longue date, MediaDefender a été l’une des premières sociétés spécialisées dans la chasse aux P2Pistes. Elle est devenue experte des méthodes de parasitages des réseaux P2P, en inondant les réseaux de faux fichiers (spoofs) ou en créant même de faux trackers BitTorrent. A l’été 2005, MediaDefender avait été rachetée pour 42,5 millions de dollars par ARTISTDirect, une plate-forme anglophone de musique en ligne. Avec l’objectif de se servir de l’expertise de MediaDefender pour attirer les P2Pistes vers de faux fichiers qui dirigent l’utilisateur vers des plate-formes légales.

Mais depuis, MediaDefender est surveillée de près par la communauté P2P. Au début de l’été, il avait dû fermer précipitemment son site Miivi.com, après que le blog spécialisé TorrentFreak ait révélé son existence. Miivi se faisait passer pour un site pirate pour attirer les utilisateurs dans son piège.

La semaine dernière, 700 Mo d’e-mails stockés sur les serveurs de MediaDefender ont été volés et distribués sur BitTorrent par un groupe qui se fait appeler MediaDefender-Defender. Ils ont eu accès à la boîte Gmail d’un employé, Jay Maris, qui y relayait l’ensemble des mails de MediaDefender. “En publiant ces e-mails, nous espérons protéger la vie privée et l’intégrité personnelle de l’ensemble des utilisateurs de peer-to-peer”, indique le groupe dans un fichier NFO joint au fichier .mbox qui contient l’ensemble des mails. “Les e-mails contiennent des informations sur les différentes solutions tactiques et techniques pour traquer les utilisateurs de P2P”, indiquent-ils également.

Mais les mails ne contiennent pas que des informations techniques. Ils permettent notamment de revenir sur l’affaire Miivi, et de voir que MediaDefender voulait à tout prix garder son petit secret. “C’est vraiment la merde”, écrit Saaf en apprennant que leur filiation au site avait été compromise. “Mettons-le hors-ligne”. Les équipes de MediaDefender se sont alors empressées de créer un nouveau site, sous le domaine Viide.com, avec les mêmes objectifs qui restent toutefois obscurs. Ils ont d’abord refait toute l’interface graphique, effacé toute référence à Miivi, et mis au point une nouvelle stratégie de référencement. La décision a été prise d’exporter l’ensemble des correspondances liées à Viide sur un serveur mail sécurisé, à Las Vegas. Mais dans quel but ?

Sans doute s’agit-il de mettre en route la stratégie de ARTISTDirect, qui veut attirer un maximum de P2Pistes pour les diriger ensuite vers des plate-formes légales. Rien dans les mails ne montre une volonté de MediaDefender de capter les adresses IP des utilisateurs pour les compromettre et engager des poursuites. A moins que…

MediaDefender lié au parquet de New York

Les e-mails révèlent qu’une collaboration étroite était en cours avec les services du procureur de New York. MediaDefender crée pour eux un outil qui permet au parquet d’accéder à distance aux données de MediaDefender concernant les P2Pistes, et qui doit répondre à des critères techniques et juridiques précis pour pouvoir servir de preuve lors de procédures judiciaires. “De votre côté, le crawler peer-to-peer va identifier les fichiers qui correspondent aux critères de recherche établis”, écrit un analyste du parquet pour préciser leur cahier des charges. “Les données seront ensuite collectées, filtrées pour les adresses IP des résidents de New York (dans les limites de précision posées par les technologies de géolocalisation). Ces données seront ensuite transmises à nous où, de notre côté, un logiciel distinct va utiliser ces données pour se connecter au réseau et télécharger le fichier sur un hébergeur et le stocker sur nos serveurs pour garder la preuve et effectuer d’autres d’analyses”. Rien dans les e-mails ne permet d’établir un lien entre Miivi/Viide et ce projet précis.

Un contrat en cours avec Universal Music

Parmi les autres données révélées par les mails (outre des données personnelles : fiches de payes, adresses personnelles, numéros de sécurité sociale…) figure un contrat passé entre Universal Music Group et MediaDefender. Il montre que la société facture 4.000 $ par album et par mois pour protéger un album sur “les 15 réseaux les plus populaires” (FastTrack, Gnutella, IRC, Usenet, DirectConnect, eDonkey, MP2P, Kademlia, Overnet, BitTorrent, SoulSeek, et Shareaza).La société promet contractuellement de livrer ses services contre environ 12 millions d’utilisateurs. MediaDefender facture par ailleurs 2.000 $ mensuels par titre.
Les données volées sont disponibles ici:
 http://jrwr.hopto.org/(site down)
et ici:
 http://www.mediadefender-defenders.com/

Voir aussi ici:
 http://torrentfreak.com/the-piratebay-wa…

Sources:
 http://www.ratiatum.com/news5677_Un_adve…


Sphere: Related Content

August 30, 2007

Manifeste pour le peer-to-peer

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 7:47 am

Depuis le temps que j’utilise le peer-to-peer et que j’en entends parler (surtout en mal), l’envie de justifier pleinement son emploi pour les plus nobles raisons me démangeait. C’est désormais chose faite avec ce manifeste, qui établit clairement ma pensée sur ce mode d’échange révolutionnaire qui constitue l’avenir de la culture.

J’occupe 90 % de la bande passante mondiale et mon trafic va croissant. Napster fut mon premier représentant à succès et quand on le fit tomber, un pléthore d’autres prirent sa succession : FastTrack, eDonkey2000, BitTorrent et des dizaines d’autres réseaux que de multiples logiciels peuvent exploiter.
De plus en plus d’utilisateurs m’utilisent chaque jour, on les dénombre par millions et ce chiffre ne fait qu’augmenter. Tous sont reliés entres eux par des milliers de kilomètres de câbles que vomissent divers terminaux renseignés par des paquets d’ondes électromagnétiques balancées par des dizaines de satellites.

Tu l’auras compris, je suis gigantesque, je suis mondialisé, je n’ai pas de frontière, je suis international. En plus d’être le meilleur système d’échange de fichiers, mon principal intérêt est que je mets en commun l’information et que chacun peut y accéder équitablement. Un ordinateur et une connexion internet suffisent. De ce principe d’une simplicité révolutionnaire, j’ai pu m’étendre jusqu’à avoir le statut que j’ai aujourd’hui ; incontournable. En effet : dans ce monde d’échange numérisé, j’ai aspiré toute l’information qui peut se transformer en langage binaire, soit à peu près tout. Je suis la plus grande médiathèque du monde : j’englobe tous les CD anciens et récents, j’engloutis les films à peine sorti au cinéma et en DVD, je possède des séries entières et j’ai des tonnes de sous-titres, j’ai tous les jeux vidéos possibles, j’ai même des livres et des BD sur mon réseau. J’ai absolument tout, je suis le numérique, tout ce qui est nouveau et tout ce qui est vieux je l’obtiens. J’ai réalisé le rêve de n’importe quelle grande surface. Mon mode de stockage est exempt de tout archaïsme : on se plaint souvent de ce monde bassement matériel, mais pour moi toute existence physique est abolie. Tout ce que je possède est dématérialisé, ce ne sont que des creux et des bosses microscopiques gravés dans les sillons de millions de disques durs, j’ai enlevé tout superflu à la création. Fini les boîtiers, fini les disques, je n’ai gardé que l’essentiel : l’art, dépourvu de ses artifices commerciaux. De même, ma présence est toute relative, on dit que je suis un “réseau” donc je n’ai pas d’existence propre, je n’existe qu’à travers les millions d’internautes qui s’expulsent des milliards d’octets à travers les ports. Il y a bien quelques serveurs pour relayer l’information mais je suis ici uniquement parce que j’ai été créé à l’initiative des utilisateurs, et c’est encore une fois grâce à eux que je m’étends et que j’englobe encore plus d’objets culturels au cours du temps. Je reflète les besoins de l’utilisateur, je m’adapte à lui, je suis une entité qui semble vivre d’elle-même mais qui dépend de chacun. Une synthèse où le groupe est aussi important que l’individu. Pas de hiérarchie, tout le monde peut y participer, connecte-toi, le principe est ridiculement simple : une personne envoie et l’autre réceptionne.

Peer-to-peer.

C’est un beau bébé, mais qui est le père ? C’est toi, l’utilisateur.
Tu corresponds à un numéro, ton seul identifiant véritable sur la gigantesque toile, ton IP, et ce numéro tout con (comme tous les numéros) va te permettre de te relier avec quelqu’un à l’autre bout de la planète, sans intermédiaire, la liaison instantanée entres continents et, grâce à ton super logiciel, tu vas pouvoir déverser dans tes ports tout ce que tu veux à ce copain improvisé. Mais quels sont tes motivations au juste ?

Eh bien, au départ, je connaissais peu ce moyen d’échange, je cherchais juste à écouter vite fait une chanson qui venait de paraître sans vouloir attendre qu’elle passe à la radio, de fil en aiguille j’ai fais des recherches, j’ai téléchargé un logiciel quelconque pour obtenir ce que je cherchais et je l’ai eu sans difficulté. C’est ainsi que tout a commencé, j’ai rapidement étendu mes téléchargements à tous les autres objets culturels. Le p2p est devenu incontournable pour moi, pourquoi ? Simplement parce que tout est disponible en abondance, directement chez toi. Pas besoin de te déplacer, pas d’agression visuelle, pas de pub, pas de pénibles excursions dans des bordels culturels, pas de limites dans le choix, et surtout pas besoin de payer. Certains adversaires du p2p disent “Vous vous imaginez entrer dans un magasin, prendre quelque chose et repartir sans payer, et bien ça c’est le téléchargement”, c’est bidon, le p2p n’est aucunement cela. Tout d’abord, il n’est pas inclus dans la monde physique où règne les règles consommatrices qui disent que le vol matériel est un délit, le téléchargement n’est pas matériel, donc si on l’assimile à du vol, alors dans ce cas tout le monde sur les réseaux vole de façon décomplexée, et si le vol ne s’accompagne pas d’un sentiment de culpabilité et de transgression chez les personnes l’effectuant, est-ce toujours du vol ?

Avec le p2p, il n’y a plus d’effort à fournir pour obtenir ce que l’on veut, pas de déplacement fastidieux dans les rayons, pas de files d’attentes à endurer et surtout pas de torture psychologique quand on débourse son pognon, à se demander si on a bien fait d’acheter ça, si on aurait pu acheter quelque chose de mieux, le p2p rend nos jugements objectifs sur les oeuvres que l’on côtoie : lorsqu’on achète une oeuvre, on a plus d’espérance sur sa qualité intrisèque, il arrive qu’on se “force” à l’aimer pour ne pas être déçu de son investissement alors que lorsqu’on acquiert gratuitement, on part sans a priori, notre jugement est ainsi le plus objectif possible.

La possibilité de “tout” avoir sans exception nous incite à abuser des bonnes choses, à expérimenter tout ce qui était susceptible de nous décevoir auparavant (des a priori la plupart du temps), la masse d’oeuvres disponibles permet de nous constituer un capital culturel bien plus important que si on se limite aux achats sporadiques. Il n’y a plus de choix restrictifs à faire, plus rien ne nous empêche de nous diversifier à foison. Grâce au p2p, je suis devenu éclectique, je m’ouvre un peu plus chaque jour à chaque pan de la création. Je n’hésite pas à le dire : le p2p a changé ma vie intellectuelle, dorénavant je vais en touriste dans les magasins uniquement pour voir ce que je pourrais bien télécharger en rentrant. Prendre un DVD et sortir les biftons est un geste lointain, ces gens aux caisses me sont étrangers, ils sont comme des reliques d’un temps révolu, refusant de voir l’avenir, mais je me dis que soit bientôt ils auront une espèce de révélation, soit ils resteront éternellement ainsi, aveugles.

La société de consommation culturelle est censée se baser uniquement sur les besoins du consommateur, elle a échoué, car le téléchargement répond mieux à ses attentes : abondance, diversité, disponibilité, qualité (il suffit d’un peu de pratique pour ne plus se faire entuber) et prix défiant toute concurrence ! Avec le p2p, la société de consommation culturelle a atteint sa perfection avant l’heure en cessant d’exister, toutes ses contraintes se sont effacées, le p2p a signé l’arrêt de mort de la consommation culturelle “classique”. Maintenant, de plus en plus de monde va savoir qu’il existe une alternative gratuite au tout-commercial. Illégal ? Mais le nombre renverse l’illégalité, les crimes et les délits sont illégaux car ils sont assez rares, et correspondent à un manquement à la morale dominante reprise dans les institutions. Mais quand cette morale change et que de plus en plus de personne ne trouve plus “mal” quelque chose, les institutions ne peuvent plus rien faire et sont forcées de s’adapter.

Malheureusement, ces institutions réagissent mal, dans un élan réactionnaire elles choisissent la réaction brutale et conservatrice : le flicage intensif. La loi DADVSI actuellement en vigueur est une calamité répressive fortement technophobe, qui se pare d’articles interdisant tout ce qui bouge, mettant fin à la copie privée telle que nous la connaissons, menaçant le logiciel libre… Elle nous prive d’une inter-opérabilité déjà pas très folichonne. Si on étudie ce projet de loi, on retient une vision de la culture qui fait peur : ce serait celle où le sujet consommateur achètent les choses uniquement pour soi et les consomme dans son coin, celle où on ne doit pas protester si on n’a pas les bons logiciels imposés par les marques pour les visionner, celle où on doit fermer sa gueule si on ne peut pas les lire sur toutes les plate-formes, bref, c’est l’antinomique “industrie de la culture” qui est à son paroxysme, et quand Donnedieu de Vabre prétendait qu’il n’était pas le “ministre des majors” comme le dénonçaient ses adversaires, on le croit difficilement tant ses dernières frasques législatives lient intimement argent et culture.

“J’ai en face de moi un ennemi redoutable : le rêve de la gratuité”, nous avait sorti le sinistre.
T’as rien pigé, ce n’est plus un rêve, c’est actuel. Ce n’est pas un ennemi, c’est un rêve magnifique, c’est aussi un rêve perdu car il paraît trop inconcevable dans notre monde actuel. Grâce au peer-to-peer, un petit bout de ce rêve est devenu réalité, une utopie qui date de Platon prend forme dans le réel, c’est assez unique de voir débarquer un mode de vie parallèle basé sur l’échange désintéressé qui permet d’enrichir intellectuellement ses utilisateurs, qui met les différentes classes sociales sur un pied d’égalité, toutes les personnes possédant un ordi et internet peuvent accéder équitablement à la culture, cette masse qui du même coup orchestre plus ou moins consciemment un “fuck” retentissant aux détenteurs économiques de la culture, les mettant face à leur échec accompli. Ceux-ci, énervés parce qu’ils ont foiré ce coup-là alors qu’ils ont toujours été triomphants avec leurs pubs et leurs coups médiatiques, réagissent stupidement en multipliant les messages où ils mettent les artistes en avant, des Cosette dépouillées, seulement on a du mal à plaindre les artistes en question, sauf peut-être sur la qualité de leurs oeuvres, j’ai du mal à les voir autrement que des êtres aliénés qui ont totalement assimilé les concept de rentabilité et de compétitivité du capitalisme, ce qui me semble profondément incompatible avec le sentiment artistique, c’est une conception très personnelle qui me pousse à dire que culture et argent ne font pas bon ménage.

Les majors peuvent continuer à répandre leurs petits fakes-MP3 insignifiants, vendre leurs .wma DRM illisibles sur des sites aux choix limités, plaider leur cause sur les plateaux d’émissions de variétoche inchangée depuis quinze ans, diffuser leur discours moralisateur, culpabilisateur et menaçant qui ne marchera que sur quelques naïfs isolés, je continuerai à télécharger sans que ma morale n’en souffre, le p2p apporte la gratuité, la culture, la diversité, l’éclectisme, l’ouverture, et vous voulez que j’arrête tout ? Que je consomme comme avant alors que je touche du doigt ce qu’est l’avenir ? Jamais, vous m’entendez, jamais, quoi que vous fassiez pour m’en empêcher, je continuerai de télécharger car c’est ainsi que je vois le futur. Je suis quelqu’un de banal mais j’ai refusé de consommer normalement, ceci est mon manifeste.
 http://agoravox.fr/article.php3?id_artic…


Sphere: Related Content

July 13, 2007

Comment se servir de Google pour télécharger illégalement

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 7:41 am

Ca se passe ici:
 http://www.kingnutter.com/articles/view/…

Kimmy Ruska, un américain de 21 ans, a publié une vidéo montrant comment télécharger gratuitement de la musique, des jeux, ou des films bien plus vite que les réseaux de peer-to-peer grâce à … une simple recherche sur Google ou Yahoo.

La vidéo, qui a été vue par plus de 430.000 internautes, a vite été retirée de YouTube – on comprend aisément pourquoi – mais est toujours consultable sur King Nutter.

L’astuce réside dans l’algorithme utilisé pour effectuer la recherche. Il a en effet pour but de cibler les serveurs des campus universitaires américains que de nombreux étudiants utilisent pour partager de la musique avec leurs camarades.

Pour cela, il se sert du fait que la plupart des dossiers de ce type contiennent les mots “index.of” dans leur répertoire. Il suffit ensuite de déterminer quel type de fichier l’on souhaite trouver (MP3, MP4, AVI, etc), d’entrer le nom du fichier cherché de manière connectée (avec des points ou underscores), puis d’exclure les pages HTML, HTM, etc, de la recherche. Ce qui donne par exemple : intitle:”index.of” (MP3|MP4|AVI) No.one.knows -html -htm -php – asp -cf -jsp
Pour faire simple vous pouvez utiliser cette ligne de commande en la copiant dans la barre de recherche de google en remplaçant “artiste” par ce que vous cherchez:
{-inurl:(htm|html|php) intitle:”index of” +”last modified” +”parent directory” +description +size +(wma|mp3) “artiste”}
Bien sur, wma ou mp3 peuvent etre remplacé par ce que vous voulez comme types de fichiers.
Bonne peche!


Sphere: Related Content

June 12, 2007

La chasse aux pirates2

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 9:54 am

Piratage: les FAi bientôt chargés de la prévention auprès de leurs clients?

Le nouveau gouvernement travaillerait sur un projet de décret pour imposer aux FAI d’envoyer à tous leurs abonnés des messages de prévention contre le téléchargement illégal d’oeuvres. Un premier pas vers la riposte graduée ?

Juridique

Les internautes pourraient bientôt recevoir des messages de prévention contre le piratage dans leur boîte e-mail. Selon des projets de décret et d’arrêté que s’est procuré le quotidien Les Echos, le gouvernement a déjà planché sur la question. Son objectif: créer une nouvelle obligation pour les fournisseurs d’accès internet (FAI), d’informer leurs clients au sujet de la contrefaçon et du téléchargement d’oeuvres protégées.

Actuellement, les FAI n’ont qu’une seule contrainte: faire apparaître la mention «La piraterie nuit à la création artistique» sur leurs publicités vantant la vitesse de téléchargement permise par le haut débit. Cette obligation date de 2004 et de la Charte que les FAI ont signée avec les ayants droit de la musique. Le gouvernement désire aujourd’hui qu’ils fassent plus, en envoyant au moins deux fois par an, un message de prévention par e-mail, révèlent Les Echos.

Son contenu: il rappellerait que le téléchargement ou la mise à disposition d’oeuvres protégées via internet est interdite. Et mentionnerait les sanctions auxquelles s’exposent les contrevenants: «Cette violation est passible de condamnations civiles et de sanctions pénales.»

La ministre de la Culture favorable à la riposte graduée

Ce dispositif est différent du concept de riposte graduée, cheval de bataille de l’industrie du cinéma qui a failli être adopté lors du vote de la loi Dadvsi. Dans le cas de la riposte, il s’agit d’envoyer des courriers électroniques automatisés aux internautes, repérés par les ayants droit en train de télécharger illégalement. Le premier e-mail serait une simple mise en garde; les sanctions tombant si l’internaute en question venait à récidiver (amendes, voire procès).

Les ayants droit plaident depuis longtemps pour cette solution, mais la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) s’était opposée aux systèmes de surveillance automatisés qu’ils avaient choisi pour traquer les fraudeurs. Cet obstacle est levé depuis fin mai, et l’annulation par le Conseil d’État de la décision de la Cnil. Les sociétés d’auteurs travaillent donc actuellement sur une nouvelle mouture de leur système.

Christine Albanel, la nouvelle ministre de la Culture, s’est déjà prononcée en faveur de la riposte graduée, et a exhorté FAI et ayants droit à se mettre d’accord sur le sujet. En attendant, le gouvernement se prépare donc à renforcer l’obligation de prévention qui incombe déjà aux FAI. Les décrets en question ont été examinés et validés par la Commission parlementaire des P&T, et doivent encore être soumis à l’Arcep.


Sphere: Related Content

June 7, 2007

L’ouverture de la chasse aux pirates

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 6:29 am

Au terme d’une longue enquête, Ratiatum est en mesure de révéler les raisons pour lesquelles aucune poursuite judiciaire contre des pirates français ne devrait avoir lieu avant de longs mois, voire avant plusieurs années. Notre enquête met à jour plusieurs anomalies que tentaient jusqu’à présent de dissimuler les chasseurs de pirates et leurs clients. Informée de certains éléments de cette enquête et contactée mercredi par téléphone pour y répondre, la Société Civile des Producteurs Phonographiques (SCPP) “ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet pour le moment”.

Petit rappel des faits :
Le 17 janvier 2005, nous apprenions que deux prestataires parisiens, AdVestigo d’une part, et CoPeerRight Agency d’autre part, étaient clients de la SCPP pour automatiser la chasse aux pirates. “AdVestigo pour la caractérisation du traitement des empreintes de fichiers sur les réseaux, et nous-mêmes pour la recherche et l’identification”, nous confirmait alors Stéphane Michenaud, le responsable de la société CoPeerRight Agency. En septembre dernier, plusieurs grands journaux dont Libération relatent un conflit entre les deux sociétés prestataires, sur fond de violation de brevets industriels. “On a l’impression que CoPeerRight est en train de s’écrouler et fait tout pour garder ses clients”, déclarait alors Marc Guez, le président de la SCPP (qui rappelons-le, n’a pas souhaité s’exprimer sur les résultats de notre enquête). Alors est-ce vraiment la raison qui a poussé CoPeerRight Agency à attaquer son concurrent ? C’est ce que nous avons voulu vérifier en retraçant tous les évènements un à un.

La SARL CoPeerRight Agency (CPRA) gérée par Stéphane Michenaud a été immatriculée au RCS de Paris le 21 mai 2003. Dès le 27 mai, la société dépose une première demande de brevet (.pdf) portant sur un “procédé et système pour lutter contre la diffusion illégale d’oeuvres protégées dans un réseau de transmission de données numériques”. En clair, CPRA demande en 2003 à l’Etat français de lui accorder le monopole d’exploitation sur certaines techniques antipiratage, en particulier celles qui visent à envoyer des fichiers corrompus sur les réseaux P2P en se faisant passer pour de vrais utilisateurs. Le brevet est délivré le 29 juillet 2005. Dans son premier jet, CPRA revendiquait également des droits sur la recherche des fichiers mis en partage par les utilisateurs, mais l’état de la loi en 2003 ne lui permettait pas d’ajouter la collecte d’informations sur les utilisateurs eux-mêmes. C’est la révision de la loi informatique et libertés obtenue en août 2004 qui va permettre à CPRA de demander une modification de son brevet (.pdf) à l’INPI pour apporter en première revendication le fait d’obtenir les “caractéristiques du fichier trouvé ainsi que des informations d’identification de l’utilisateur mettant en partage le fichier trouvé”. Après une longue étude du dossier et des garanties apportées par la société à la protection des données personnelles des internautes français, la CNIL donne son agrément en mars 2005 à CPRA pour constituer un fichier d’infractions à partir de ces procédés, sous le mandat d’un syndicat. La demande divisionnaire (celle qui permet de modifier le premier brevet) est déposée le 5 avril 2005, et elle est juridiquement réputée déposée à la date de dépôt du brevet modifié, c’est-à-dire le 27 mai 2003.

Et c’est là que les choses commencent à sentir le vinaigre pour AdVestigo, le concurrent de CPRA, et pour l’industrie du disque. Car alors qu’elle n’était censée selon les dires de la SCPP ne s’occuper que de la partie “caractérisation du traitement des empreintes de fichiers sur les réseaux”, AdVestigo a en fait offert les mêmes services de recherche et d’identification que son concurrent. En d’autres termes elle aurait violé le brevet de CPRA. Cette dernière l’apprend à ses dépens lorsque le président de la SCPP, Marc Guez, leur indique par un mail du 22 mars 2005 que la proposition commerciale de CPRA “se situe à un niveau de prix nettement plus élevé que celui de l’accord passé avec AdVestigo”. Privée ainsi de son marché, CoPeerRight Agency obtient le 1er juillet 2005 du TGI de Paris le droit d’effectuer une saisie contrefaçon (c’est-à-dire une perquisition visant à rassembler les preuves d’une contrefaçon du brevet) dans les locaux d’AdVestigo. Elle sera réalisée cinq jours plus tard, le 6 juillet. Constatant dans le rapport de saisie qu’elle a de sérieux éléments contre AdVestigo, laissait croire à la violation 11 revendications de son brevet sur 13) CPRA assigne son concurrent en contrefaçon le 20 juillet, et demande près de 4,5 millions d’euros de dommages et intérêts.

Lors de notre enquête, nous avons eu communication des 16 pages de l’assignation (.pdf), un document privé que la société AdVestigo aurait bien aimé garder secret. Et pour cause :

AdVestigo utilise MLDonkey, un logiciel open-source sous licence GPL.

En page 6 de l’assignation, il est marqué qu’AdVestigo déclare mettre en oeuvre “plusieurs protocoles de réseau poste à poste à l’aide d’un logiciel ’sous licence GPL normalement non commercialisable’, appelé MLDonkey”. Contactée par Ratiatum lors de cette découverte, AdVestigo a semblé des plus embarrassée et nous a rappelé le caractère confidentiel du document. Un logiciel sous licence GPL ne peut pas être exploité commercialement sans au minimum communiquer les sources aux clients. Ne sachant que nous répondre de prime abord, c’est après quelques heures qu’Advestigo prendra position en nous affirmant que le logiciel MLDonkey n’est pas exploité commercialement par la société, mais n’est utilisé qu’à des fins de tests. De plus, “nous n’avons pas touché un seul octet du code source”, nous assure la société.

En quelques mois, les évènements s’enchaînent. En avril 2005, CoPeerRight Agency fait savoir à AdVestigo et aux sociétés clientes (SCPP, Sacem et SDRM) qu’elle a déposé une demande de brevet portant sur l’identification des pirates, et que cette demande bénéficie d’une date d’antériorité remontant en 2003. Le 13 juillet, AdVestigo assigne CoPeerRight Agency en référé et l’accuse de “dénigrement à son égard”. AdVestigo produit pour seule preuve un mail envoyé le 23 mars à Marc Guez (lequel l’a relayé à AdVestigo) dans lequel CPRA indiquait à la SCPP ses soupçons de contrefaçon à l’encontre d’AdVestigo. Le juge déboute AdVestigo. Dans la même période, le 31 mars, c’est Marc Guez lui-même qui invite CPRA à porter plainte contre ses concurrents. “En ce qui concerne les atteintes aux droits de propriété intellectuelle de votre société auxquels la société AdVestigo porterait atteinte, il vous appartient de faire valoir ceux-ci par tout moyen de droit qui vous paraîtrait pertinent”, écrit ainsi le patron de la SCPP.
Suivant ces conseils avisés, le 3 août 2005, en plus d’AdVestigo qui était déjà sous le coup de la procédure lancée le 20 juillet, CoPeerRight Agency attaque la SCPP et les deux autres sociétés de gestion collective commanditaires des plaintes contre les internautes français. Selon CoPeerRight Agency la Sacem, la SCPP et la SDRM auraient dû revoir les termes de leur relation commerciale dès qu’ils ont eu connaissance de la teneur du brevet amendé le 5 avril et de sa probable violation par AdVestigo. En restant clients et en continuant d’utiliser les services contrefaits d’AdVestigo, les trois sociétés seraient elles-mêmes devenues contrefactrices. Un comble pour celles qui souhaitaient lutter contre la contrefaçon.

Une chasse aux pirates sans doute gelée pour plusieurs années

CoPeerRight Agency n’attend pas de jugement du TGI de Paris avant le mois de juillet 2006. D’ici là, les sociétés collectives d’auteurs et de producteurs sont totalement bloquées, et AdVestigo se retrouve dans une situation des plus difficiles. La société concurrente de CPRA n’a même pas encore reçu le feu vert de la CNIL, un précieux sésame sans lequel aucune recherche d’infraction sur Internet ne peut être réalisée en France.

“Nous sommes complètement sereins”, nous assure toutefois AdVestigo, qui préfère pour le moment “attendre de voir ce qui va se passer”. D’ores et déjà en cas de victoire, CPRA s’attend à ce qu’AdVestigo prolonge l’affaire en appel puis éventuellement en cassation, ce qui pourrait maintenir le gel encore plusieurs années.

Il faut également noter que la demande de brevet divisionnaire de CPRA (déposée le 5 avril) n’a pas encore été délivrée par l’INPI. Mais AdVestigo promet déjà d’attaquer le brevet en nullité (c’est-à-dire le faire annuler en contestant sa validité) dès que le dépôt donnera lieu à délivrance du titre officiel, ce qui devrait être le cas d’ici la fin de l’année. Là encore, il s’agit de procédures très longues susceptibles de recours en appel et cassation, et l’action en contrefaçon ne pourra être jugée qu’après avoir examiné la validité du brevet.

Pendant tout ce temps, aucune chasse aux pirates ne pourra avoir lieu au profit de l’industrie musicale.

La chasse aux pirates, une activité peu rentable

Malgré des contrats se chiffrant à plusieurs dizaines de milliers d’euros mensuels, la recherche et l’identification d’internautes pirates sur les réseaux P2P n’est pas une activité rentable. Stéphane Michenaud, le directeur de CoPeerRight Agency, nous l’a confirmé de vive voix. “Il s’agit d’une activité qui demande énormément d’investissement en machines et en main d’oeuvres, qui ne peut pas être rentable”, nous a-t-il ainsi affirmé lors de cette enquête. Du côté d’AdVestigo, la déclaration est moins ferme, mais le fond reste le même. “Nous avons trop peu d’historique pour savoir s’il s’agit d’une activité rentable”, nous indique ainsi la société. Rien que pour répondre aux demandes de la Sacem et surveiller pour son compte les actes de piratage sur environ 10.000 oeuvres musicales, Advestigo prévoit une batterie de huit serveurs dédiés. La société embauche à temps complet 25 personnes, tandis que CPRA compte 12 employés en France, et davantage encore dans les locaux de sa filiale canadienne.

Pourquoi donc persister dans ce domaine s’il est si peu rentable ?

Du côté de CPRA, on mise sur les marchés européen, américain et asiatique, et surtout sur l’exploitation de données statistiques du P2P à des fins marketing. Chez Advestigo, c’est à court terme le seul marché européen qui est en vue, alors que d’ici cinq à dix ans l’essentiel du chiffre d’affaires du prestataire devrait se réaliser sur le marché des entreprises. AdVestigo teste en effet sa technologie d’empreinte des contenus sur le piratage des oeuvres multimédia, mais pour l’adapter ensuite et surtout à la surveillance des communications (messageries instantanées, e-mail,…) au sein des entreprises.

La chasse au pirate peut donc bien s’arrêter, ça ne dérangera guère que ceux qui espéraient encore pouvoir briser le P2P à coup de procès…

L’article date du 7 octobre 2005. On attend avec impatience les nouveautés et les évolutions en matière de lutte contre le p2p promis par le nouveau gouvernement.


Sphere: Related Content

June 4, 2007

Les 10 vérités qui dérangent sur “Ratiatum” au sujet du piratage

Filed under: Infos — derkraken @ 8:32 am

PC Inpact a traduit la liste des 10 “vérités qui dérangent” (hommage à Al Gore) au sujet du piratage de la musique, établie par la Fédération Internationale de l’Industrie Phonographique (IFPI). Puisqu’il est toujours nécessaire d’établir un dialogue constructif, Ratiatum a établi sa propre liste des 10 vérités qui dérangent l’industrie du disque (vous pouvez faire votre propre liste sur le forum de Ratiatum) :

1. Lorsqu’un consommateur achète un CD 16 euros, moins de 1 euro revient à l’artiste créateur de l’oeuvre.

2. L’industrie du disque a mis 10 ans à accepter de vendre de la musique sans DRM sur Internet, et seule EMI s’est pour l’instant pliée à cette demande continue des consommateurs.

3. Le droit d’auteur qui maintient un monopole de droits pendant 70 ans après la mort de l’auteur n’a aucune justification sociale ou économique, elle paralyse le renouvellement de la création au profit de l’exploitation continue des fonds de catalogue les plus populaires.

4. Les artistes-interprètes n’ont jamais eu autant de public dans les salles que depuis l’avènement de Napster.

5. AllofMP3.com a mis en évidence qu’il était possible de vendre de la musique aux internautes pirates, à condition de trouver un point d’équilibre entre l’offre et la demande.

6. La lutte acharnée contre les éditeurs de logiciels de P2P commerciaux comme Napster, Kazaa ou eDonkey a provoqué le développement continue d’offres de P2P libres et open-source avec lesquels il est impossible de négocier des accords de distribution légale.

7. La lutte contre les utilisateurs de logiciels de P2P libres et open-source favorisera le développement d’offres de P2P sécurisés et anonymes qui rendront la lutte très complexe et coûteuse voire impossible.

8. Le développement du piratage des chansons sur Internet n’a pas été contre-balancé par une politique de revalorisation de l’objet CD vendu en magasin. Au contraire, il y a eu une accentuation de la baisse de gamme et de la baisse des prix avec des boîtiers standardisés sans saveur.

9. Alors que toute l’histoire du développement du web montre une tendance générale à faire de l’internaute le premier promoteur des contenus, l’industrie du disque a refusé la licence globale qui visait à accorder aux internautes les mêmes droits et les mêmes devoirs (de rémunération) qu’aux stations de radios, les promoteurs traditionnels. Elle garantissait un nouveau canal de revenus à la filière musicale.

10. Le rôle des maisons de disques dans la chaîne de création et de distribution des oeuvres tend à se réduire à peau de chagrin, et c’est au fond ce qui les encourage à porter plainte aveuglément contre leurs propres clients.


Sphere: Related Content

L’avenir du disque

Filed under: Textes — derkraken @ 7:51 am

Il eut d’abord le cylindre, en suite le disque de cire, puis de vinyle pour finir avec le support laser. Qu’y aura t-il après ?

Bien sincèrement, le disque tel que nous le connaissons, risque de laisser place à la mémoire non volatile ou flash si vous préférez, le but ultime de tout systèmes électroniques etant de supprimer tout ce qui est mécanique, or un disque, même si la lecture est optique il faut qu’il tourne, donc mécanique. L’avenir est à la flash, au memory stick si vous préférez et comme cette technologie a tendance à la miniaturisation à l’extrême, je ne serai pas étonné de voir, dans 10 ans, 10Go dans une carte de la taille d’une pièce de 1€. Je crois même, comme c’est très à la mode, que ces flash seront plutôt du format d’une carte de crédit et si nos support audio numérique ou/et vidéo atteignent un jour de tel taille, plus besoin de pochettes ou de jaquettes, donc plus besoins d’acheter physiquement ces médias, la mort du disquaire et des maisons de disques est donc bien proche.

Il est certain que demain tous nos films, livres, revues, disques, … préférés ne seront plus disponibles que par internet, sauf quelques exceptions et cela veut aussi dire la fin du monopole des maisons d’éditions qui n’auront plus de raison d’être, tout individu pourra créer sa propre maison d’édition et vendre ses oeuvres sur le net librement (dans un certain cadre juridique évidemment).Les auteurs n’auront plus les mêmes pouvoirs qu’aujourd’hui, pas qu’ils en auront plus ou moins, mais leurs pouvoirs seront différents, ils pourront créer, mais ne pourront plus maîtriser la circulation de leurs oeuvres, les majors ont beau faire de la répression, le peer to peer est là et pour longtemps, il en existe même des cryptés dont il est impossible de savoir ; qui échange quoi avec qui.

Et le droit d’auteur ?

Avec le numérique, il sera impossible de contrôler le transport des données, mis à part dans les lieux publiques et les sites publiques, le reste sombrera dans un marché noir, dans une circulation illicite et incontrôlable.

Comment faire, pour contrôler le caractère légale des informations ?

- Tout filtrer et/ou Placer des agents de polices virtuel prendrai trop de ressources.
- Limiter la bande passante, interdire l’accès au web serait contre l’évolution des nouvelles technologies.
- Protéger les fichiers avec des DRM ou autre systèmes me rappel les logiciels aux protections infalsifiables, ça tiendrait quelques temps, mais c’est tout.

Le mieux est de faire prendre conscience des enjeux, créer une sorte de déontologie, la répression ne fait qu’installer la fraude et les mauvaises attitudes et si aujourd’hui la répression est encore possible, qu’en sera t-il demain quand le trafic numérique sera tellement intense qu’il sera impossible de contrôler quoi que ce soit, là il sera trop tard, les mauvais habitudes seront prise et définitivement ou bien alors on sombre dans la propagande avec incitation à la délation, comme au temps du petit moustachu.

C’est aujourd’hui qu’il faut prendre les choses en main et proposer quelque chose de viable, de réellement viable et le copyleft l’est.

Quand on parle de copyleft beaucoup disent « Et comment vont vivre les artistes ? », selon le journal Libération, Nouvel Observateur et d’autres sources, peu d’artistes et mêmedes artistes très connus ne vivent pas de leurs activités culturelles, à peine 10 à 15 % d’entre-eux selon les différentes sources, pire des artistes aussi connus que Les Wampas, Anne Pierlé, Musta Largo, Autour de Lucie, … sont aux limites de la précarité.

C’est ça que les majors appel faire vivre les artistes et que les télécharger illégalement les tuent !

Mis à part Johnny (et encore), JJ Goldman, C Dion, H Segara, .. le system tel que nous le connaissons ne fait vivre que très peu d’artistes, pire il les opprime et pour preuve un témoignage parmi tant d’autres, celui de Grazielle de Michele, vous vous souvenez « le pull-over blanc », se plaint que sont album « le Clown d’Alicante » est sorti depuis 10 ans et jamais il ne fût commercialisé, rappelez vous aussi Axel Bauer (Cargo de Nuit) qui a réalisé quelques albums jamais sortis, car jugés non rentables.

L’industrie du disque ne fait vivre que leurs patrons et actionnaires et quelques artistes, payent leurs personnels et puis c’est tout.

Une bonne solution serait d’encourager la contribution volontaire, le mécèna, le sponsoring d’artiste. Imaginez si un artiste aussi connu que Calogero distribuait son CD librement sur son site avec une bannière publicitaire, tout comme au début d’internet, ces webmaster qui se faisaient un peu d’argent avec la pub sur leur site. En suite l’artiste peu se faire rénumérer pour des prestations publiques ou autres …
Artistes, le monde change, prenez le train en marche !

La mort de ces grosses sociétés d’éditions ne peut être que bénéfique pour l’artiste et légitime dans un monde ou chacun peut s’exprimer librement avec des moyens tel qu’internet. Ce monde arrive devant nous, sachons nous y adapter.


Sphere: Related Content

CE QUE POURRAIT ÊTRE UN ART LIBRE

Filed under: Textes — derkraken @ 7:41 am

CE QUE POURRAIT ÊTRE UN ART LIBRE
Jean-Pierre Depétris
1. L’art sort du marché

1. L’art du vingtième siècle était dans le système marchand, dans le même sens où l’art rupestre était dans les grottes, ou l’art sacré dans les temples.
Il était un art marchand, comme on dit art sacré, art rupestre.

2. Pourquoi le dire au passé ? Il existe bien encore un marché de l’art, un marché du livre, un marché du disque, sans parler d’un très grand marché du multimédia. Le marché existe, mais y distingue-t-on encore un art contemporain, comme furent visibles dans le marché, disons au hasard, Rembrandt, Turner ou César ?

3. Il y a dix ans encore, j’étais persuadé que ce marché privé de l’art allait être remplacé par un marché public. Le marché public n’a rien changé à la disparition de l’art du marché.
On passe seulement d’un marché privé de l’art à un marché privé d’art.

4. En cherchant bien, on trouvera peut-être dans ce marché quelques œuvre intéressantes. Elles s’y noient bien plus qu’elles n’y apparaissent.
L’art contemporain n’apparaît plus dans le marché, alors qu’il y a peu de temps encore, on ne le trouvait que là. Il n’apparaissait pas en dehors.

2. L’art et la marchandise

5. Comment l’artiste était-il entré dans le marché ? Sous l’ancien régime des privilèges, il y est entré par « privilège du Roi », sous la révolution bourgeoise, il y est entré par la reconnaissance de son « droit de propriété », avec les idées socialistes, il y est entré comme « travailleur intellectuel ». Depuis la seconde guerre mondiale, le problème se complique : employé culturel, petit entrepreneur… ?

6. Pourquoi est-il entré dans le marché ? Parce que le marché était son véhicule.
L’art est d’abord entré dans le marché par la littérature, et la littérature par l’imprimerie. La photographie, le disque, le cinéma, ont fini de faire entrer tout l’art dans le marché. Cette époque est terminée.

7. Le modèle marchand de l’art est le livre. Qu’est-ce qu’un livre ? Pour le marché, la définition est simple : ce sont des feuilles de papiers contenant des signes linguistiques, brochées ou reliées, en un certain nombre d’exemplaires.
C’est une définition très claire, mais qui suppose quand même qu’il n’existait pas de livre avant l’imprimerie.

8. Cette définition implique aussi que le livre n’est pas fait par un auteur, mais par un imprimeur et/ou un éditeur. (La reconnaissance d’un droit vient donc remédier à la négation d’un fait.)

9. Le sens juridique et commercial du mot livre est sensiblement différent de son sens courant dans toutes les langues naturelles, qui suppose, lui, l’articulation de signes graphiques dans un ensemble cohérent sur un support quelconque.
Les deux définitions sont même sensiblement contradictoires, puisque l’une désigne le livre indépendant de tout support, l’autre l’assimile au support.

10. De fait, dans le monde moderne, le livre n’existait que sous la forme d’objet manufacturé. Dans le monde marchand, un livre inédit n’était tout simplement pas un livre.
La photographie, le gramophone, le cinéma, la radio ont étendu cet état de fait à toute activité artistique.

3. Objet et langage

11. Le remplacement des procédés de reproduction analogiques par des procédés numériques a d’abord semblé être une apothéose du marché ; en fait, il sonnait son glas.
Pourquoi cela ? Parce que la numérisation implique la contingence du support.

12. Le numérique ne fait pas qu’émanciper l’œuvre du support, il abolit la séparation entre écriture et édition.
Il n’y a pas d’un côté le manuscrit unique que produit l’auteur, et qui attend l’imprimeur pour devenir un livre réel. Le fichier numérique est immédiatement réitérable.
Mieux, l’œuvre n’est pas comme le plan ou le projet qui attend d’être réalisé en dur : le livre imprimé. C’est plutôt le livre imprimé qui devient la copie, la reproduction toujours réitérable de l’œuvre originale.

13. Ici la définition du livre rejoint celle qui a toujours eu cours dans les langues naturelles, et elle contamine aussi toute création artistique.
Le plasticien, le musicien, tendent irrésistiblement à considérer le document numérique comme l’œuvre véritable.

14. Il ne s’agit pas de prédire la disparition de la toile unique, ou de la musique vivante et in situ, pas plus que celle de l’événement, la manifestation, la performance ou du happening, mais aucun artiste ne peut encore ignorer que son œuvre est susceptible de s’émanciper de la toile, de l’instrument, de la situation.
Irrésistiblement, il est amené à se reconnaître l’auteur de cette part émancipable de tout support et réitérable à l’infini.

15. Supposons un très bon orateur qui ne sache pas écrire, ou ne se soucie pas de le faire, ou seulement ne sache pas écrire comme il parle. Un autre note ses paroles. Quel en est l’auteur ? Celui qui parle, certainement, et non le scribe.
C’est une situation fréquente dans l’antiquité (l’Iliade, le Tripicata). Elle cesse avec la généralisation de l’écriture. L’auteur (est devenu celui qui) écrit.
Maintenant, irrésistiblement, l’auteur devient celui qui édite un fichier numérique.

16. Au vingtième siècle, on a fini par dire que l’éditeur faisait le livre, et non l’auteur. Disiez-vous « un livre inédit », on vous corrigeait : « un manuscrit inédit ».
Et ce n’était pas toujours sans raison. Il y eut des livres d’éditeurs, seulement écrits par des rédacteurs.

17. Aujourd’hui, un éditeur est principalement un programme, un outil pour l’écriture. Écrire devient éditer un texte.
Il en va de même pour la musique. Le musicien ressemble à un ingénieur du son. Le travail de l’artiste se déplace toujours plus vers celui qu’il abandonnait précédemment en aval de son œuvre.

18. Dans ses Cours sur l’Esthétique, Hegel attribuait à la poésie une place supérieure aux autres arts en ce qu’elle seule pouvait s’émanciper de tout support, et donc de l’espace et du temps. Manifestement, les autres arts la suivent dans cette voie.

19. Comment les autres arts suivent-ils la même route que la poésie ? (Il n’est pas question ici d’analyser comment l’art s’émancipe de tout support depuis ces deux derniers siècles, même si cette analyse est incontournable, mais de savoir comment, pratiquement, il le fait en ce moment même.)
En prenant la forme de fichiers numériques immédiatement réitérables à l’infini ? Pas seulement.
En étant immédiatement édités par l’auteur lui-même ? Non plus.
Ils la suivent d’abord en devenant eux aussi, essentiellement, des documents composés de signes graphiques ; en devenant, d’un certain point de vue, du texte, du moins du langage, en acquérant son caractère textuel.

20. C’est ainsi que l’art sort du marché : en sortant de l’objet manufacturé, donc de la marchandise.
L’art cesse d’être dans le marché pour être dans le langage.

4. L’objet linguistique

21. Nous pourrions dire que l’art sort du marché pour entrer dans la noosphère, ou pour devenir immatériel. Ça ne résoudrait en rien les ambiguïtés qui règnent sur ce qu’on doit entendre par signe, langage ou texte.

22. Pour complexe que soit la notion de document numérique, elle n’est pas pour autant obscure. Elle est seulement complexe dans le sens où elle suppose une architecture verticale de langages différents.
Texte en langue naturelle converti en langages de programmation, convertis en langages numériques, convertis en langage binaire.

23. Sur cette architecture, texte en langue naturelle peut être remplacé par image, son, ou à peu près tout ce qui est intuitif aux sens.
Cette première couche intuitive se trouve à la surface de diverses couches de langages qui deviennent de plus en plus indéchiffrables jusqu’à des suites binaires.

24. Dans le monde qui s’achève, le modèle de l’œuvre était le livre imprimé. Quel est-il aujourd’hui ? Le fichier propriétaire ? en source libre ? en code hexadécimal ? en code binaire ?
Cette question est moins complexe qu’elle ne le paraît d’abord. L’œuvre véritable est l’œuvre éditable (et non plus seulement réitérable), c’est à dire une copie transparente dont on peut modifier librement le code source.

5. L’art spectaculaire marchand

25. Le marché s’adresse à une clientèle. Celle-ci peut être un cénacle d’amateurs éclairés comme un très large public populaire. Elle n’en demeure pas moins une clientèle.
L’art marchand est essentiellement déterminé par une clientèle. S’il s’adresse à une clientèle d’avant-garde, il est d’avant-garde, s’il s’adresse à une clientèle populaire, il est un art populaire.

26. L’art marchand est déterminé par une nette séparation entre producteur et consommateur : le créateur et son public. Le premier est d’autant plus célèbre que le second est anonyme.

27. L’œuvre d’art marchande, comme toute marchandise, peut donner lieu à de nombreuses déclinaisons : œuvre unique et chère réservée aux collectionneurs, tirages limités et numérotés, éditions bon marché. Il pourra en exister aussi des produits dérivés.
Une même œuvre peut donc être déclinée pour des publics différents, et même pour tous les publics. C’est ainsi qu’une œuvre marchande peut conserver un caractère élitiste tout en devenant célèbre et sans que de larges masses l’ignorent.

28. La nette séparation entre le créateur et son public, qui se concrétise dans l’objet d’art, implique que la consommation ne touche pas à l’intégrité de l’objet. L’objet d’art ne doit pas être altéré dans sa consommation, qui doit donc être seulement contemplative, spectaculaire.

6. Art et travail intellectuel

29. Le marché de l’art a séparé le travail artistique des autres formes de travail intellectuel.
Le marché a séparé l’art des sciences, de la philosophie, des mathématiques, de la logique…, de toutes les productions intellectuelles qui ne peuvent produire des objets d’art.

30. Naturellement, on peut vendre un livre de mathématiques ou de physique comme n’importe quel autre livre. On peut vendre aussi n’importe quel objet manufacturé qui soit l’application directe d’une recherche scientifique, et envers lequel le brevet tient un rôle comparable à celui du droit d’auteur.
Il se trouve qu’il n’y a pas de marché de la science, de la philosophie ou des mathématiques, même sous la forme d’un marché des brevets, comme il y a un marché de l’art.

31. Le marché de l’art fonctionne sur une clientèle – sur des consommateurs directs -, et c’est principalement ce qui l’isole et le distingue des autres activités intellectuelles.
« L’art produit des œuvres », a-t-on dit, et les œuvres, dans le marché, deviennent des marchandises.
Une activité intellectuelle qui ne produirait pas immédiatement des marchandises ne serait pas de l’art.

32. L’art tend à devenir plus difficilement une marchandise. Cela tient en partie à l’évolution propre de l’art, et, en partie, à l’évolution du marché et de la marchandise.
Le marché tend à être de moins en moins libre ; l’art, de plus en plus.

7. Les contradictions de l’art marchand

33. En réalité, ni l’art ne veut sortir du marché, ni le marché ne veut expulser l’art, et leur divorce engendre des contradictions cocasses.
Une des plus cocasses est l’effet Bovary.

34. Dans l’art marchand, l’artiste peignait son monde (non plus un « autre monde » et s’y identifiait. « Bovary, c’est moi », Disait Flaubert à son procès.
À la fin du vingtième siècle, le monde s’identifiait à l’artiste : « Flaubert, c’est moi », aurait dit Madame Bovary.

35. Il n’est rien de comique à ce qu’un art soit fait par tous et pour tous, mais un tel art devrait alors être sensiblement différent d’un art marchand.
Supposons que les lecteurs de romans ne lisent plus que pour apprendre à devenir romanciers, qu’on n’entre plus dans les galeries que pour apprendre à peindre ; le marché risque d’abord d’en être sensiblement modifié, et, plus profondément, la nature de l’art et les méthodes de création.

36. Ce sont ces contradictions cocasses qui ouvrent l’époque nouvelle. Le marché de l’art n’est plus rien d’autre que celui de ces contradictions cocasses.

8. Programmation et travail intellectuel

37. Le marché avait séparé l’art de la vie intellectuelle. L’art se libère en brisant cette séparation.
Une part de l’art (marchand) se libère (en sortant) du marché, une autre sort de celui de l’art pour créer le marché de la culture, des loisirs et de l’animation sociale.

38. La libération de l’art et la recomposition du travail intellectuel se fait essentiellement autour de la programmation et grâce à elle.
D’une façon très pratique, la numérisation des données, l’ordinateur personnel et l’internet sont les principaux instruments de la libération de l’art. D’un point de vue plus profond, la dimension épistémologique du phénomène génère de nouveaux paradigmes.
(Un tel vocabulaire, certes, appelle plus d’explication qu’il n’en fournit.)

39. En s’émancipant du marché, l’art trouve des prises plus directes avec le réel. Il prend ses distances avec l’objet, l’œuvre, le produit marchand, au profit de la dimension symbolique, linguistique, sémiotique, sémantique, poétique, pragmatique ou performative.
Par cela, il devient essentiellement travail intellectuel.

40. Dans le même temps, les sciences et les mathématiques suivent des cheminements convergents avec celui de l’art.
Ici encore, la programmation tient une place déterminante.

9. Travail intellectuel et intuition

41. Les mathématiques ont adopté un cours nouveau depuis l’usage généralisé de l’ordinateur, avec la possibilité de faire effectuer par la machine des quantités de calculs qui auraient été inconcevables dans les époques antérieures.
Apparaît alors une nouvelle mathématique basée sur l’expérience et l’observation de « phénomènes numériques », et non plus sur l’hypothèse et la déduction.

42.À l’inverse, les sciences de la nature ont plus recours à des modèles automatiques, c’est à dire, abordent les phénomènes naturels à travers des programmes qui les simulent.
Elles découvrent alors des comportements mathématiques communs à des phénomènes sans rapport, ou transversaux à des disciplines, par exemple, la climatologie et l’évolution des cours boursiers du coton.

43. Alors que l’effort visait depuis longtemps la modélisation des phénomènes, le modèle lui-même se comporte à son tour comme un phénomène naturel.
Ou encore, alors que l’énoncé se proposait d’être l’explication, la description, la démonstration du phénomène (ce qui se conçoit bien s’énonce clairement), il devient ce qui demande élucidation (ce qui s’énonce bien doit être clairement conçu).

44. Une bonne part de l’activité cognitive appartenant en propre à la raison peut être abandonnée à des dispositifs logiciels. (Comprenons intelligence artificielle au sens de prothèse cognitive, comme on pourrait parler de perception artificielle à propos de prothèses auditives ou ophtalmiques, même si les lunettes ou les sonotones ne voient ni n’entendent rien par eux-mêmes.)
Le travail intellectuel humain est alors essentiellement orienté vers la conception intuitive.

45. Mathématiques et sciences rejoignent ici l’esthétique, non pas dans la recherche du beau, ni du vrai, mais de l’intuition.

46. « Nous savons que cet énoncé est vrai. Nous savons même qu’il participe du réel en ayant la possibilité d’intervenir sur lui et de le modifier. Mais nous ne comprenons pas ce qu’il veut dire. »
47. « Jusqu’à maintenant les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, il s’agit maintenant d’interpréter leurs énoncés. » Cela peut se concevoir comme une conclusion stupide à quatre siècles de modernité.
C’est globalement celle qui est proposée sous le nom de « Culture ». L’enjeu est d’échapper à cette stupidité.

48. Le beau est l’essence qui apparaît, disait en substance Hegel dans ses cours d’esthétique. On peut bien considérer l’apparence comme contingente, mais que serait une essence qui n’apparaîtrait pas ?
Si nous concevons l’apparence comme un apparaître, alors nous concevons le réel comme une réalisation.

49. Dans le modèle classique, le savant cherchait à énoncer la réalité (la décrire, l’expliquer ou la déduire), tandis que l’artiste cherchait à la montrer, la rendre intuitive.
Ces deux perspectives se rejoignent en se dépassant : l’énoncé devient programme.
L’énoncé doit être intuitif et programmatif (performatif ?) à la fois. Les deux nécessités n’en font qu’une.

10. La double impasse marchande

50. En sortant du marché, l’art court un certain nombre de risques. Le premier est de se retrouver à la rue. Il risque de changer sa place dans le marché : de producteur qu’il était, devenir consommateur – consommateur d’informations, de publications, de matériels et de matériaux, notamment consommateur d’ordinateurs et de programmes ; au mieux, consommateur de technique et même de science.

51. Si l’art doit être fait par tous et pour tous, il est probable qu’il représente un immense marché. La production artistique ne sera plus productrice dans ce marché, mais consommatrice.
On comprend bien alors qu’un certain nombre d’artistes aient des positions conservatrices devant cette perspective. Mais que peuvent-ils espérer ?

52. Dans un tel marché, les artistes ne peuvent revendiquer un statut de professionnels qu’en s’en faisant les supports publicitaires. (Tel excellent photographe, par exemple, s’attachant à telle marque de pellicules et se faisant sponsorisé.)
Pourquoi pas ? L’art n’a jamais été alimenté par des sources moins contestables. Le problème est ailleurs : Si de telles conditions permettent la réalisation de l’art, les artistes les accepteront. Le leur permettent-elles ?

53. Si le marché de l’art devait devenir un marché de la consommation, après avoir été celui des œuvres, alors l’œuvre devrait s’y effacer au bénéfice du talent.
Nous pouvons oser la comparaison avec le sport : le sportif professionnel vent son talent. Il fait vendre indirectement des produits manufacturés qu’il ne produit pas mais qui le sponsorisent.

54. On pourrait imaginer des artistes qui font des « performances », dans le sens non anglophone du terme.
Que manquerait-il ? Il manquerait principalement la possibilité de compter les points, de mesurer la performance. Un sport a des règles précises, l’art devrait-il s’en donner ? Qui feraient les jurys, qui seraient les arbitres ?

55. Supposons qu’on distingue amateurs et professionnels sur les ventes, le chiffre d’affaire, l’audience publique… : le cercle ne se refermerait-il pas sur lui-même ?
(Zidane est-il célèbre parce qu’il est professionnel, ou est-il professionnel parce qu’il est célèbre ? Il est les deux parce qu’il marque des points.)
Le marché de l’art a déjà largement évolué en ce sens. Et que se passe-t-il ? L’art sort du marché.

11. Calcul et langage

56. L’art est plus sérieusement menacé de devenir simple consommation de science et de technique ; mais en ce cas, la menace serait encore plus grave pour celles-ci.
Un ordinateur est avant tout un instrument qui opère des calculs. C’est une évidence qui tend à se dérober. Les techniques et les sciences consommées seraient donc celles du calcul.

57. Qu’est-ce que les mathématiques ? On peut sérier la question : Les mathématiques sont-elles un langage ? Ou ont-elles une existence indépendante de leur langage ?
C’est une question très complexe qu’on peut encore varier : Le pluriel de mathématiques désigne-t-il une pluralité de langages ? Ou, au contraire, une pluralité de mathématiques seraient-elles unifiées en un seul langage ?

58. L’option tacitement choisie par la modernité semble bien être que plusieurs mathématiques sont unifiées par un seul langage.
Ce n’est qu’une option tacite, qui pourrait fâcher si l’on cherche à la justifier. Rien n’est moins clair, dans la culture contemporaine, que le possible rapport entre langage mathématique et un éventuel référent.

59. Un langage unifié des mathématiques pouvait avec quelque raison être considéré comme une bonne chose au début du vingtième siècle. À la fin, on se demande si, contre toute attente, on ne doit pas une excessive complexité des mathématiques à ce qui aurait dû les simplifier.

60. Les mathématiques sont-elles autonomes de leur langage ? C’est un peu comme si l’on se demandait si le monde était indépendant de la langue française : le monde réel, naturel, imaginaire, irrationnel… pourtant, la langue française le décrit bien ; elle sait aussi décrire, expliquer ou paraphraser le langage des mathématiques.
On pourrait penser que, dans certains cas, l’extrême difficulté des problèmes, et surtout l’extrême cloisonnement des diverses mathématiques, pourraient bénéficier d’un plus large recours à la langue naturelle.

61. Les mathématiques seraient le langage, non pas de Dieu, comme cela put paraître évident à quelques esprits initiateurs de la modernité, mais de la nature.
Reste à savoir jusqu’à quel point les mathématiques seraient un langage, et si leur rapport avec le monde physique est de nature linguistique.

62. Jusqu’à quel point une preuve mathématique peut-elle établir une certitude ? Jusqu’à quel point preuve mathématique et certitude ne sont pas une contradiction dans les termes ? La certitude relève de l’intuition synthétique ; la preuve, de la déduction analytique. Tout le problème est d’établir la déduction sur l’intuition. (L’inverse est-il pensable ?)

63. Les mathématiques contemporaines supposent une formidable confiance en un langage, une confiance qui excède largement le raisonnable. (« Le langage mathématique se révèle efficace au-delà du raisonnable », Wigner 1960.)

12. La nouvelle Babel

64. Le formalisme mathématique des débuts du vingtième siècle n’a pas offert ce qu’on attendait de lui, mais ce qu’on n’en attendait pas.
Si l’on avait cru qu’il allait nous aider à penser, ou seulement à compter, on s’est trompé, mais il s’est révélé efficace pour faire calculer des machines à notre place.

65. Les machines ne calculent pas comme nous. Elles manipulent des suites binaires que nous avons la plus grande peine à déchiffrer. Nous ne nous y essayons pas, d’ailleurs, nous les convertissons en d’autres langages, qui tiennent à la fois d’une langue naturelle – l’Anglais -, et d’un langage logico-mathématique : le code source.

66. À partir du code source, nous pouvons aller aux langages mathématiques, aux langues naturelles, aux langages machines, aux « langages » des sens : son, image, textures…

67. Le langage formel des mathématiques ne fait pas ici fonction de langage universelle. Il n’y a pas de langue universelle, mais une floraison de langages, de divers niveaux, qui, cette fois, contrairement au mythe de Babel, ne semble pas diviser, ni décourager les bâtisseurs.

13. Lecture écriture et édition

68. « Si la généralisation et le développement de systèmes d’exploitations basés sur des interfaces graphiques et métaphoriques de plus en plus perfectionnées, permettent de rendre l’usage de l’ordinateur accessible à celui qui n’a pas connaissance de son fonctionnement, ils nous éloignent et nous cachent la véritable nature du programme informatique et son potentiel métaphysique. » BlueSreen (.

69. À la fin du vingtième siècle, on a cru voir venir la fin de l’écriture. C’est le contraire qui advint : tout est devenu texte.
Le nom « source », dans « code source » est très explicite. Le code est à la source de tout. La source est libre quand elle est lisible, et elle est lisible quand les lignes de commandes sont explicites ou accompagnées de commentaires.

70. Au début de la modernité marchande, la vie intellectuelle concernait une élite lettrée bien circonscrite dans quelques capitales européennes ou gravitant autour. Rendre public son travail signifiait implicitement le faire connaître de cette élite. Aujourd’hui, presque chacun peut virtuellement s’adresse au monde entier dans une langue quasiment universelle.
Naturellement, cette possibilité reste toujours virtuelle, à l’autre extrême d’une communication privée menacée. Toute communication réelle se place entre ces deux pôles : universel et privé.

71. Quand bien même continuerait-il d’exister un milieu homogène composé de célébrités faisant fonction de leaders d’opinion, il serait réduit à donner un spectacle de masse de la pensée.
Sa production s’inscrirait dans un marché de masse de la culture et du loisir, dans le marché du divertissement clé en main.

72. La finalité de l’écriture, avant, était la production d’un texte édité. Elle l’est maintenant d’un texte éditable – voire de musiques, d’images… éditables.

73. Le problème qui se pose en ce moment-même sur les droits d’utiliser librement, de diffuser, de copier et de modifier, est déjà un problème d’arrière-garde. Le problème actuel est celui de la possibilité (et non seulement du droit) d’éditer.
Un travail intellectuel ne saurait qu’être éditable. Le concept d’édition remplace et unifie ceux de lecture et d’écriture.

14. Liberté et lisibilité

74. Personne ne sait très bien aujourd’hui ce qu’est un art libre. C’est une idée neuve, jamais évoquée avant. On a revendiqué un art révolutionnaire, un art engagé, un art pour l’art, un art pour tous et par tous, un art indépendant, un art populaire, un art démocratique,… on n’avait jamais sérieusement pensé qu’un art pût être libre, ni comment.

75. En partie, l’art libre s’inscrit dans le prolongement de la modernité du vingtième siècle et n’y apporte visiblement rien de neuf, en partie, il calque son principe sur ceux de la distribution des logiciels libres.
Il y a donc un rapport, jusqu’alors impensé, entre libre et lisible. Reste à mieux penser ce que serait cette lisibilité pour l’art.

© Jean-Pierre Depétris, avril 2003
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer
et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre.

Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft
Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d’autres sites.

Adresse de l’original : jdepetris.free.fr/load/arlib.html


Sphere: Related Content

Historique du Mouvement Libre

Filed under: Textes — derkraken @ 7:32 am

Le mouvement libre est apparu dans les années 80′s, lorsqu’un certain Richard Matthew Stallman s’est aperçu que tous les contenus informatiques (comprendre principalement logiciels, drivers, etc.) commençaient à se fermer, les éditeurs refusant de dévoiler le code source de leurs programmes (pilotes d’imprimantes pour la note historique). On commençait alors à entrevoir qu’il serait prochainement impossible de contrôler soi-même son ordinateur, de faire ce que l’on entend de son matériel et de ses logiciels.

Le manifeste GNU est né en partant de ce postulat, et voulant proposer une réelle alternative au monde propriétaire.

De ce point de vue historique, seuls les logiciels et matériels informatiques sont concernés par l’esprit libre. Cependant, le mouvement a depuis grandi, laissant le champ ouvert à la réflexion. Pourquoi ce terme de liberté, pourquoi cette philosophie de distribuer, modifier, comprendre un code source ferait-il la seule joie des programmeurs et autres geeks ?

Afin de fournir des documents garantissant les mêmes libertés que celles des logiciels libres, la FSF créa la licence GNU FDL, transposant ainsi les 4 libertés fondamentales d’un logiciel libre aux documents (estimant que les deux étaient liés et qu’un logiciel devait avoir sa documentation libre pour pouvoir lui-même être véritablement libre). Des logiciels et des documents informatiques, est-ce là les seuls domaines touchés par la culture libre ?
Non, bien évidemment, d’une même époque sont nés les mêmes constats, les mêmes envies, et la même philosophie. De nouveaux intervenants ont dès lors cherché à rendre possible l’échange d’œuvres afin de contribuer à l’enrichissement commun, pour une culture accessible à tous.

C’est de ce constat qu’est né la Licence Art Libre, une initiative française conduite par le collectif Copyleft Attitude, avec pour objectif de transposer les libertés de la GNU GPL aux oeuvres non logicielles.

Aujourd’hui le mouvement du logiciel libre s’est étendu au-delà des simples logiciels et la “culture libre” touche de nombreux domaines : musique, littérature, films, sites internet, graphisme, photographie, documents, dessin, …

Il existe en outre de nombreuses licences libres correspondant plus ou moins à chaque création, à chaque envie, à tout besoin. Les licences libres de la culture libre reprennent (pour la plupart) les 4 libertés fondamentales d’un logiciel libre. De même que pour les logiciels, certaines licences sont copyleft : elles imposent que tout travail dérivé ou que toute modification apportée à l’œuvre originale conserve la licence choisie par l’auteur initial.

Vous êtes l’auteur d’un roman, d’un poème, d’une étude universitaire, ou de tout autre écrit issu de votre main (ou de vos doigts) ? Vous êtes musicien amateur ou semi-professionnel ? Ou tout simplement un artiste envieux de diffuser ses oeuvres, de partages ses créations, et de les laisser évoluer.
Les licences libres sont certainement un outil formidable pour permettre une diffusion et une réutilisation optimale de celles-ci.
Vos oeuvres pourront ainsi circuler librement, être reprise dans d’autres, et évoluer, tout ceci dans le respect de la licence libre originale : ainsi, vous serez systématiquement cité dès que votre oeuvre sera reprise ou diffusée.
Mais, n’ayez aucune crainte, en aucun cas cette licence ne pourra permettre d’attenter au respect de l’oeuvre ou de son auteur (vous) : les droits moraux, inaliénables, empêchent toute dérive qui serait susceptible de vous porter préjudice.
Pour résumer, mettre une oeuvre sous licence libre vous assure une plus grande diffusion de votre oeuvre, une plus grande reprise de son contenu (il s’agit en quelque sorte d’un « droit de citation élargi ») et une plus grande renommée (vous assurant la paternité de vos oeuvres, et vous permettant surtout de toucher un public plus intéressant).

De nombreux portails vous permettent de déposer et promouvoir vos oeuvres. Sans être exhaustif :

* Pour la musique : Dogmazic.netBoxson.netKeopz.com
* Pour la littérature : InLibroVeritas.net
* Pour tous types d’oeuvres sous Licence Art Libre : Copyleft Attitude


Sphere: Related Content

Si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous… Vous êtes en plein dedans !

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 7:29 am

Par Alex Türk, président de la Cnil

Si vous interrogez un homme politique en charge des questions de sécurité aujourd’hui sur ce qu’il pense des techniques de surveillance utilisées pour prévenir la criminalité, il y a de grandes chances pour que l’on vous parle des avantages de la vidéosurveillance. Vous pouvez entendre des arguments convaincants sur le gain de sécurité apporté dans les alentours, car ces systèmes agissent comme une dissuasion au crime.

Ou vous pourriez entendre parler du devoir de traque des terroristes par la collecte d’informations sur les passagers des compagnies aériennes ou par l’obligation d’utiliser des passeports biométriques. Peut-être découvrirez-vous comment l’informatique de confiance vous protège des logiciels malveillants et des virus. Ou comment l’examen des e-mails et l’écoute clandestine des appels aident la police à trouver de potentiels criminels de toutes sortes.

Tout cela devrait vous plaire puisque l’idée est que vous commenciez à penser que ces techniques sont les meilleures qui soient. Mais faisons face aux risques cachés mais néanmoins très présents de tout cela. Bien que les caméras publiques puissent aider la police à trouver des criminels, les systèmes modernes de vidéosurveillance, comme ceux utilisés à Londres, sont capables aujourd’hui de cibler toute personne que les opérateurs souhaitent surveiller en utilisant l’identification faciale automatique. Ainsi, cela permet à la police de créer une base de données détaillées de tous vos mouvements.

La conservation des enregistrements des passagers aux Etats-Unis ainsi que l’obligation pour tous de se soumettre aux passeports biométriques sont supposées aider à combattre le terrorisme. Mais cela permet aussi aux services secrets de collecter de l’information précise sur la nationalité de chaque voyageur. Des informations précises telles que vos empreintes digitales, la couleur de vos yeux, et une photo haute-résolution de votre visage. Informations que vous espériez habituellement qu’elles soient récoltées au sujet des criminels suspectés.

L’informatique de confiance promet d’accroître la sécurité de votre PC en permettant seulement à certains logiciels fiables de fonctionner sur votre ordinateur. Mais ce que l’on ne vous dit pas c’est que la personne qui décide des logiciels auxquels on peut faire confiance et qui sont donc autorisés à être installés sur votre PC n’est certainement pas vous.

D’un côté, surveiller des e-mails et mettre sur écoute des appels pour des mots-clés suspects permettraient d’arrêter quelques criminels de troisième ordre, mais d’un autre côté cela permet à toutes sortes de personnes impliquées dans le processus de surveillance de récupérer toutes sortes d’informations privées. Informations que vous ne voudriez justement pas partager avec le personnel du poste de police local.

Ces symptômes peuvent tous être pris comme une preuve de la lente mais régulière conversion de nos sociétés occidentales en états policiers.

Nos sociétés occidentales prétendent être des démocraties libérales mais nos leaders essaient d’imposer des lois des plus en plus répressives et instrumentalisent la peur publique de la terreur pour les justifier. Nous croyons que les personnes qui sont prêtes à perdre leur liberté pour une sécurité temporaire ne méritent aucun des deux et les perdront.


Sphere: Related Content

June 3, 2007

Lawrence Lessig

Filed under: Anonymat — derkraken @ 2:11 pm

Lawrence Lessig est incontestablement aujourd’hui l’un des plus célèbres juristes américains. Impossible d’entamer une conversation dans la Silicon Valley sur la question du logiciel libre, de la propriété intellectuelle et du Peer to Peer sans que son nom, ses livres ou ses positions ne soient immédiatement mentionnés. Et pourtant, il demeure quasiment inconnu en France, où ses ouvrages ne sont pas traduits.

Né en 1961, Lawrence Lessig est diplômé des meilleures universités américaines et anglaises : Wharton, Cambridge, Yale. Juriste chevronné, il aurait pu choisir une brillante et lucrative carrière d’avocat. Mais c’est vers l’enseignement et la recherche qu’il se tourne. D’abord à Chicago, à sa sortie de Yale en 1990, puis à Stanford, au cœur de la Silicon Valley. C’est là qu’il va se passionner pour les enjeux juridiques d’Internet, et prendre à bras le corps les questions de propriété intellectuelle.

Lessig, c’est d’abord et avant tout un fervent défenseur de la liberté d’expression , au sens libéral américain du terme. Et c’est cette position qu’il va défendre en tant que juriste actif et en tant que chercheur.

Sur le terrain, Lessig n’a cessé de faire entendre sa voix, notamment contre les grandes entreprises et les gouvernements qui veulent enfermer le réseau ou les logiciels contre ce qu’il appelle la « free culture ». C’est le procès Microsoft qui lui permettra d’accéder à la notoriété. Il sera l’un des conseillers les plus proches du juge Jackson, qui conduit le procès anti-trust du siècle contre la compagnie de Redmond. Il renouvellera son engagement de terrain en 2003, en tentant aux côtés d’universitaires, de musées, et de réalisateurs, de faire déclarer anti-constitutionnel le Sony Bono Act qui prolonge de 20 ans la durée légale des droits d’auteurs aux Etats-Unis. Il échouera à la Cour Suprême, dépassé par le puissant lobby des producteurs, mené par Disney.

La pensée de Lessig se retrouve dans trois ouvrages majeurs : Code and other laws of cyberespace , publié en 1999, The Future of Ideas , publié en 2001, et Free culture , publié en 2004 sous licence Creative Commons et téléchargeable librement sur Internet  www.freeculture.org). Impossible de résumer ici, en quelques lignes, la pensée riche de cet auteur prolixe et actif. Une interview donnée en 2004 au journal québécois Le devoir résume cependant bien son action. Il y déclare notamment :

“Le plaidoyer pour une culture libre achoppe sur une confusion qui est difficile à éviter, et même encore plus difficile à comprendre. Une culture libre n’est pas une culture sans propriété ; ce n’est pas une culture dans laquelle les artistes ne sont pas payés. Une culture sans propriété, ou dans laquelle les créateurs ne pourraient pas être payés, serait l’anarchie, et non pas la liberté. Et mon propos n’est pas de plaider pour l’anarchie”.

C’est pour répondre à ce paradoxe que Lessig a créé fin 2001 le concept de Creative Commons, qui se développe depuis un an en France. Creative Commons, dont Lessig est président, met à la disposition des artistes comme des créateurs de logiciels un système flexible de protection de la propriété intellectuelle, permettant à chaque auteur de définir lui-même les règles d’usage qu’il considère acceptables (pour en savoir plus : http://fr.creativecommons.org/index.htm ).

La dernière livraison de la Technology Review (juin 2005), éditée par le MIT, propose une bonne illustration des débats auxquels participe Lessig. Consacrant son dossier à la propriété intellectuelle, elle demande à plusieurs chercheurs – dont Lessig : « Qui possède les idées ? ». Belle question aujourd’hui ! Et la réponse de Lessig n’est guère surprenante : « Ceux qui les utilisent » ! Il ouvre ainsi le débat, notamment avec Richard Epstein – professeur de droit de l’Université de Chicago – qui répond que ce sont ceux qui les créent qui possèdent les idées. Le tout contrebalancé par l’entrepreneur Charles Ferguson, qui insiste sur le fait que ce n’est certainement pas Microsoft qui les possèdent !

Justifiant ainsi cette conclusion de l’éditeur de la revue : « C’est compliqué… ». Lawrence Lessig a encore bien du chemin pour faire avancer ses idées, qui rencontrent un écho croissant, alors que les procès contre les internautes adeptes du Peer to Peer font rages et que le logiciel libre connaît de plus en plus d’adeptes, y compris en entreprise. IBM n’a-t-il pas décidé d’investir 4 milliards de dollars dans Linux ? Et c’est bien sur le terrain juridique qu’une grande partie de cette société en réseau, encore mal ou pas régulée, va se construire. Les enjeux, y compris sociaux, en sont fondamentaux.

Lessig est un juriste engagé et militant. Il propose es solutions opérationnelles et pragmatiques pour répondre aux besoins de cette société en réseau qui se développe dans un univers qui ne se satisfait pas des règles juridiques de l’ancien modèle de production intellectuel, sans pour autant pouvoir avancer dans un monde sans droit.

Dominique Piotet, pour l’Atelier BNP Paribas

(Atelier groupe BNP Paribas – 10/06/2005)
 http://www.atelier.fr/article.php?artid=…


Sphere: Related Content

Délation numérique

Filed under: Infos — derkraken @ 2:05 pm

Alors que le nouveau ministre de l’Education arrive dans ses bureaux, rappelons une des erreurs commises par le dernier gouvernement dont les répercussions risquent d’être terrifiantes pour les libertés individuelles.

Dès la rentrée 2007, la loi « prévention de la délinquance », autrement appelée Sarkozy II, obligera les directeurs d’école à remplir un fichier baptisé « base-élèves » qui sera accessible aux autorités locales, dont les maires. Tous les élèves seront fichés dans un fichier informatique unique, centralisé au niveau national, à Orléans. Pour chaque élève, les directeurs d’école « doivent indiquer » notamment les redoublements, les aides diverses (RASED..), la nationalité, la date d’arrivée en France, la langue et culture d’origine…

Premier scandale : des informations confidentielles seront accessibles aux élus. Ainsi, un élève qui échoue ou qui dévie une fois risque d’être catalogué sans pouvoir nécessairement rectifier les données consignées dans ce dossier. S’ils veulent vérifier l’exactitude de ces dernières, les parents devront faire une demande officielle à la CNIL et éventuellement engager des poursuites.

Deuxième scandale (plus grave) : les instituteurs qui dirigent les écoles deviennent de facto des agents de dénonciation auprès des services de l’immigration. Ainsi, le champ « nationalité » doit obligatoirement être rempli. Ensuite, il sera aisé pour n’importe quel élu de faire des listes d’enfants d’origine étrangère et de demander des arrestations en conséquence.

Quelques parents d’élèves mènent actuellement la fronde, en organisant des manifestations dans quelques grandes villes de France. La FCPE et Sud éducation essayent de mobiliser mais l’heure semble plus aux courbettes qu’à la révolte. La France a connu de tristes heures de délations nauséabondes, espérons qu’elle ne reproduise pas les mêmes erreurs…SC

Vu sur http://bingbangblog.canalblog.com/


Sphere: Related Content

Stratégies de l’information

Filed under: Infoguerre — derkraken @ 1:50 pm

par François-Bernard Huyghe
 http://www.huyghe.fr.

Les stratégies informationnelles servent à accroître le pouvoir de celui
qui les emploie : elles augmentent sa capacité de faire prédominer sa volonté.

Qui dit stratégie dit agir dans des conditions adverses et en fonction de
facteurs dont on ne possède pas la maîtrise. La notion même de stratégie, art de
limiter autant que possible le hasard, implique que dans la vie réelle (et non
dans un jeu où le nombre de coups et les situations possibles sont limités par
des matrices), aucune méthode ne fonctionne à cent pour cent. Elle opère sur
des gens (c’est une pragmatique, pas une technique qui manie des choses). Elle
rencontre des obstacles, généralement la stratégie adverse et un pouvoir lui est
opposé : au minimum la résistance potentielle de celui sur qui elle s’exerce.
Donc pas de recette imparable.

Vaincre par les signes

Il est possible d’utiliser l’information pour vaincre:

– Soit en réduisant sa propre incertitude (ce qui correspond à une
définition classique de l’information), grâce à des renseignements ou des
connaissances qui favorisent les bons choix. Corollairement, il est utile
d’accroître l’incertitude de l’adversaire ou du concurrent. Le tout est de savoir
et d’empêcher de savoir afin de réaliser de meilleures performances. La
supériorité consiste ici en un différentiel de connaissance : A sait fabriquer telle
arme, pas B, A sait qu’il y aura demain tel mouvement en bourse, pas B. Il
s’agit de réduire à son profit le brouillard et la friction inhérents à tout conflit.

– Soit par des messages ou signaux qui produisent un effet sur la cible :
inciter, faire peur, séduire, convaincre…, et suscitent une réaction favorable à
ses desseins. La sémiologie parle de la fonction « conative » du message : elle
est centrée sur l’effet produit sur le récepteur. Ce principe est celui de la
publicité, de la propagande, y compris sous la forme la plus simple : faire
adhérer ou faire rejeter. Ce peut être celui de la déception au sens militaire :
tromper l’autre sur ses intentions, ses forces, sa localisation pour le pousser à la
faute.
– Soit en agissant sur la façon de traiter l’information, et ce qui la
structure. Ce peut être un système de transmission, un logiciel, un code. Mais il
est possible de s’appuyer sur les catégories mentales, sur l’idéologie, les
procédures et méthodes, la langue, les modes de raisonnement. Influencer,
former, voire formater sont les procédés les plus courants en ce domaine. Faire
adopter son vocabulaire, son code de déontologie ou ses habitudes de
consommation… Le secret est d’agir sur les réactions d’autrui, mais en amont,
quitte à modifier le code employé ou la prédisposition d’un acteur.
Pour faire formule, nous avions dit que la première stratégie d’information pèse sur les choses par le savoir, la seconde sur les gens par conviction ou incitation et la troisième sur l’information elle-même en modifiant le sens qu’elle prendra pour les acteurs.

Les trois types de stratégies se mêlent constamment et se soutiennent
mutuellement. Prenons un étudiant cherchant à assurer le succès de sa thèse et
à la rentabiliser professionnellement. Tout le travail de recherche,
documentation et bibliographie ressort à la première catégorie. Tout ce qui
touche à l’élaboration et à la mise en forme de son texte, bref toute son
éloquence à la seconde catégorie. Mais il faut aussi l’art de s’appuyer sur telle
école, sur l’autorité d’X ou de Y. Il faut la façon de réunir tel jury, tout le
dispositif matériel et relationnel qui soutiendra l’exposition et de légitimation
des idées exposées ressort à la troisième catégorie de même que la stratégie de
publication (le publish or perish des anglo-saxons) de présence dans les
colloques et séminaires, d’exposition médiatique, de réseaux.

De la même façon, une entreprise pratique la veille économique et faire
de la publicité et du marketing, ce qui correspond aux deux premières
fonctions, mais elle doit aussi songer à son image de marque, comprendre les
courants de valeurs et d’idées sur lesquels elle s’appuiera pour conquérir son
marché. Sans parler des pratiques de guerre économique où les sociétés
recourent à la désinformation et la déstabilisation informationnelles parfois
plus que ne le faisaient les États du temps de la guerre froide idéologique.

Notre troisième exemple, forcément dans le domaine militaire, peut se
trouver dans le classique des classiques, « L’art de la guerre » de Sun Zi.
Quand il conseille d’avoir des espions partout, cela ressort à la première
catégorie, quand il suggère de feindre l’inactivité au moment où on s’apprête à
lancer son attaque, à la seconde. Mais quand le général chinois recommande de
songer au moral de ses troupes ou, au contraire, de préparer les moyens de
démoraliser les adversaires ou de leur instiller une fausse confiance avant les
hostilités, il se range dans le troisième cas de figure.

Se soutenant mutuellement (pas de persuasion sans connaissance
préalable, mais pas de conviction si le terrain n’est pas réceptif), les stratégies
de l’information relaient et préparent les stratégies de force et de puissance.
Parfois même elles les remplacent. Les stratèges chinois considéraient le
stratagème comme le moyen le plus honorable de vaincre, suivi par la
diplomatie, et en dernier lieu la victoire militaire.

Savoir et croyance

Nombre de pratiques regroupées sous le terme ambigu de « guerre de
l’information » reposent sur la capacité matérielle de percevoir (ou d’empêcher
de percevoir) des signaux. Ainsi des capteurs et senseurs : un micro, un radar,
un scanneur correctement utilisé permettent d’écouter une conversation à
distance, de repérer un objet en mouvement, …. Inversement, un bon
camouflage, un brouilleur, la structure d’un avion furtif, l’emploi d’une encre
sympathique empêchent l’autre de déceler les indices de la présence d’un objet
ou d’un corps. Et une attaque contre un système informationnel adverse permet
de perturber la réception de sons ou d’images, la circulation de signaux
électronique, l’accès à un site ou à une base de données… Les stratégistes
américains ont théorisé cette notion en prônant « l’infodominance » dans le
cadre de la « Révolution dans les affaires militaires ». L’infodominance est, en
théorie, la situation de l’armée qui dispose sur le champ de bataille de capteurs
perfectionnés, de satellites et instruments d’interception, de moyens de
communication lui garantissant une coordination et une réaction instantanée.
Elle sait tout de l’adversaire qui ne sait rien d’elle et dont les systèmes
d’intelligence et de transmission sont détruits ou perturbés dès le début du
conflit, ses infrastructures critiques bien vite paralysées par un bombardement
chirurgical ou une cyberattaque. Cette vision utopique (les technologies de
l’information et de la communication garantissant la victoire quasiment sans
avoir à verser de sang) s’est récemment heurtée aux réalités de la guerre
asymétrique et du terrorisme. Ce qui, sur le papier, fonctionne très bien contre
un État avec armée, télétransmissions, réseau téléphonique, télévision nationale
et autres. ne vaut guère contre une guérilla.

Cet aspect purement technique de traitement des signaux est affaire
d’appareillage et de procédures. En dépit de ses applications « civiles »,
comme les conflits économiques, il n’est pas celui qui nous intéresse le plus
ici.

Dans ce cas, en effet la valeur de la stratégie est proportionnelle à celle
de l’information que l’on a acquise ou protégée. Tout repose sur sa
disponibilité (X sait ou ne sait pas que A) et sur la confiance que l’on peut
accorder à l’information (A est vrai ou pas).

Quand, les Alliés ont cassé le code de la machine de cryptologie,
Enigma, et ont pu ainsi déchiffrer les messages de l’armée nazie, ou quand ils
ont réussi à débarquer par surprise en Normandie, tandis que les Allemands,
intoxiqués par l’opération Fortitude les attendaient ailleurs, la question de la
valeur de cette stratégie ne s’est pas posée. Quand l’Union Soviétique a pu se
doter de la bombe atomique, en espionnant les U.S.A, la valeur de son système
de renseignement s’est révélée immense. Quand un initié de la Bourse sait si
telle OPA aura lieu et quand, il peut chiffrer son gain probable. Quand une
entreprise connaît l’offre de prix de sa concurrente, elle sait si elle peut
remporter le marché et à quelles conditions. Quand une société pharmaceutique
qui a décidé de produire un certain médicament est informée de l’état
d’avancement des travaux d’un laboratoire rival, elle sait si elle doit continuer
à investir ou pas dans ce domaine….

Si les stratégies “de capacité” reposent essentiellement sur l’acquisition
de connaissances (ou a contrario sur la possibilité de priver la partie adverse de
savoirs comparables), d’autres méthodes supposent l’emploi de messages
efficaces et recherchent un effet de croyance. Pour prendre un critère simple : il
importe que les premières soient vraies (et efficaces) et que les secondes soient
crues (et répandues). Les premières supposent de la capacité d’analyse, les
secondes des symboles efficaces suscitant une dynamique. Dans le premier cas,
il est possible de parler d’un «patrimoine informationnel» à défendre ou
accroître comme en Intelligence économique. Dans le second, le résultat de la
stratégie se mesure peut-être moins en nombre de convaincus (encore que l’on
puisse admettre ce critère si l’on veut par exemple mesurer par sondage
l’efficacité d’une campagne publicitaire ou électorale) qu’à leur position et à la
façon dont se manifeste cette conviction.

Il est assez tentant d’appliquer les catégories du mensonge et de la
vérité, voire de considérer les stratégies de l’information comme des façons de
créer une pseudo-réalité agencée de façon à provoquer les résultats attendus. Le
vocabulaire employé est symptomatique. Tantôt on parle de déception (qui
dans l’ancien français avait bien le sens de tromperie ou détournement avant de
prendre celui de « ne pas être à la hauteur des espérances »), tantôt de
désinformation ou de diversion, comme s’il s’agissait par ce « dé » privatif
d’indiquer que l’autre à été volé d’une part de la réalité, ou privé d’un élément
de jugement. Tantôt on parle de manipulation, de « management de la
perception », de mystification, de suggestion, d’intoxication, de subversion,
terminologie compliquée et redondante, mais qui chaque fois évoque une
action qui fausse l’évaluation de la cible.

Les mêmes notions sont déjà présentes dans le principe de la ruse. La
ruse (initialement un détour que fait le gibier à la chasse pour tromper ses
poursuivants) implique d’abuser l’autre par des apparences délibérément
agencées. Ruser, c’est feindre la faiblesse quand on est fort ou la force quand
on est faible, suggérer un danger imaginaire ou un gain impossible, apparaître
là où on n’est pas. Cela suppose deux éléments : une tromperie (la victime de la
ruse est illusionnée sur ce qui est réel ou probable) et une opportunité (la ruse
doit créer une occasion pour l’exploiter)

Pourtant, la notion de tromperie ou d’apparence ne rend pas compte de
l’ensemble des stratégies de l’information. Réduire à des bobards destinés à
tromper le public la propagande – qui du reste est d’autant plus efficace qu’elle
se réfère à de faits vérifiables – c’est passer à côté de l’essentiel. Assimiler les
stratégies d’influence à des mises en scène, c’est se condamner à ne rien y
comprendre. Quand bien même nous résoudrions la question de ce qu’est une
information « vraie », ou une idée vraie nous n’aurions pas rendu compte du
véritable pouvoir de l’information. Il n’est pas proportionnel à sa conformité au
réel.

On a souvent dit que le véritable pouvoir des médias est le pouvoir
d ’ o c c u p e r le temps des gens. Pour être complète, toute stratégie de
l’information doit occuper du temps, donc de l’attention, et gagner un
monopole (ou une prépondérance) dans le domaine de la parole ou de la
représentation. Par ailleurs le pouvoir de l’information réside aussi dans sa
capacité de déchaîner des sentiments, de rassembler des communautés
partageant les mêmes émotions. Soit l’exemple de la musique – dont on nous
accordera qu’elle n’est en soi ni vraie ni fausse – : elle peut s’intégrer à une
stratégie de qu’il s’agisse de grandes communions humaines dans un meeting
ou de l’effet « subversif » que peut exercer une certaine musique dans un
certain contexte culturel (rock dans le monde soviétique, musique occidentales
dans le monde islamique…). Dans nombre de stratégies de l’information, la
distinction du vrai et du faux n’est pas la plus pertinente.

Effet direct et indirect

Une autre distinction semble plus opérante. Les théories de la guerre ou
des jeux, distinguent souvent des stratégies directes, où l’action produit le
résultat escompté de par sa propre force ou son adéquation à la situation (une
bonne vieille charge de cavalerie par exemple) et, d’autre part, les stratégies
indirectes qui reposent sur la réaction d’un intermédiaire (feinter au Nord pour
attaquer au Sud). Elles sont nécessairement triangulaires, (mouvement initial,
phase intermédiaire, résultat final).

Il est fréquent de recourir à la comparaison entre les jeux d’échecs et de
go. Le premier repose sur des mouvements de pièces dotées de différentes
puissances et qui se prennent, se bloquent et se menacent. Tout l’art consiste à
faire le plus de dégâts chez l’autre ou du moins à arriver à la position la plus
dangereuse pour son roi. Dans le jeu de go, la règle est d’occuper des territoires
en posant des pierres Gagne celui qui contrôle le plus de territoires – ensemble
d’intersections vides qu’il entoure ou fait le plus de prisonniers, des pièces
adverses encerclées .

Cette distinction s’applique aux stratégies de l’information. Les plus
riches sont indirectes, et, du reste, les stratégies « directes » à l’état pur y sont
rares et secondaires. Une action de propagande primaire (je lance un slogan
« Votez X », l’électorat suit, j’ai gagné) ? Une action publicitaire (« achetez
Y », le public achète) ? Dans la réalité, il est rare de pouvoir ainsi cerner un
mécanisme où une cause produit un effet. Une stratégie théoriquement directe
– celle du discours persuasif par exemple – peut mobiliser des tactiques
indirectes : ce peut être l’appel à l’autorité ou aux normes acceptées, ou encore
l e recours au processus d’identification pour faire passer une thèse.
Corollairement une stratégie indirecte peut rarement faire l’économie à un
moment ou à l ‘autre des méthodes de conviction ou de séduction d’une
rhétorique « directe ».

Statégies directes signifie souvent stratégies explicites. La plaidoirie
d’un avocat est censée faire gagner son client. Une publicité faire vendre
davantage. Une menace faire peur. Une campagne électorale officielle faire
gagner des voix. Une opération de relations publiques faire parler de vous en
bien. Les professionnels qui vendent de telles prestations assurent que des
résultats mesurables peuvent être attendus de « bons messages » élaborés dans
les règles de l’art. Il y aurait beaucoup à dire sur la scientificité de ce discours,
mais il présuppose un rapport direct entre des moyens employés (des affiches,
des visuels, des logos, des discours..) et des résultats obtenus.

Dans le cas des actions indirectes, nous pouvons conserver l’image d’un
territoire issue des jeux de stratégie, mais entendue ici au sens métaphorique.
L’adversaire ou la cible ne peut plus manœuvrer que dans l’espace sémantique
qui lui est concédé et dans la direction voulue. Ainsi les stratégies qui visent à
limiter la liberté d’action de l’autre en s’en prenant à sa réputation, à ses
alliances illustrent ce principe De même que toutes celles qui tendent à
« baliser » le terrain mental où l’on manœuvre : déterminer les mots, les
catégories intellectuelles utilisées, les habitudes, normes, critères, attitudes…
En ce sens, les stratégies indirectes sont toutes à un degré ou à un autre liées au
principe d’influence : elles génèrent un influx qui prédispose à ou dirige vers.

Si nous voulions encore prolonger la métaphore, nous dirions que les
stratégies négatives, agressives cherchent à paralyser l’autre, donc à limiter son
territoire d’action, tandis que les stratégies positives servent à orienter vers une
« zone », celle des bonnes idées et des bonnes images. Soit la desinformatsia
soviétique des années 50 ou 60. Elle a pour fonction de créer, éventuellement à
partir des faux documents, de la confusion, de l’embarras, de la méfiance, du
discrédit à l’égard de l’ennemi américain. À la même époque les Etats-Unis,
via l’USIA (United States Information Agency), subventionnent les radios et
médias qui donnent une image favorable de leur mode de vie et invitent des
jeunes étrangers, susceptibles de devenir les futures élites de leurs pays, à
fréquenter leurs universités ou leurs institutions. C’est typiquement une
stratégie positive pour orienter les attitudes futures dans le sens souhaité. Mais,
quand, à la même époque, la CIA enseigne les « opérations psychologiques »
destinées à démoraliser les vietcongs, ou quand Moscou favorise les congrès
internationaux d’étude du marxisme, c’est l’inverse.

Les stratégies indirectes supposent trois conditions :

- Un initiateur qui pense et lance le processus. Ainsi dans les ruses
puériles, l’enfant songe spontanément à faire le mort, faire le distrait, faire le
dormeur, faire le maladroit… Tromper par l’apparence que l’on prend est une
ébauche des stratégies indirectes. Il n’est pas toujours facile de distinguer (ou
au moins de prouver) l’intentionnalité de l’initiateur. Soit une rumeur : A l’a-t-
il lancée pour affaiblir B, ou par pure bêtise ou envie ? Une personnalité en vue
lance une mode (ainsi une vedette de Star Academy qui adopte une coiffure
aussitôt imitée par des milliers d’adolescents) : s’agit-il d’une stratégie de
marketing (augmenter la visibilité de la vedette, stimuler ses ventes) ou d’une
conduite spontanée ?

- Une médiation. Médiation a ici son sens le plus large : tout ce par quoi
passe le message de l’initiateur et par lequel il se transforme et développe son
effet réel différent de sa direction apparente initiale. La médiation peut être
simplement celle d’un milieu : ainsi les internautes qui répercuteront une e-
rumeur se font les intermédiaires d’une opération de déstabilisation. Dans
d’autre cas, la médiation correspond à un stade intermédiaire : une réaction de
la cible qui fait produire à la stratégie tout son effet. De façon générale, la
« cible » tend à coopérer inconsciemment aux desseins de l’initiateur. Dans
d’autres cas encore, la médiation est un média : un bruit habilement lancé
repris par les journaux par exemple. Enfin, la médiation peut être celle d’un
allié : les stratégies indirectes consistent à faire coopérer d’autres acteurs à vos
objectifs. En cas de désinformation, ces acteurs peuvent être inconscients : ils
répercutent simplement une information. Mais dans d’autres méthodes d’action
en réseaux, l’art du stratège consiste à faire agit plusieurs acteurs dans le même
sens, chacun là où il est le plus efficace. Ceci est valable s’il s’agit de relations,
des copains, des gens influents sollicités pour obtenir une décision favorable à
ses desseins, mais aussi dans le cas d’une mobilisation d’associations,groupes de pression d’activistes, d’autorités morales ou d’experts comme les
pratiquent les altermondialistes. La médiation fait ici relais et amplification.

- Une cible dont, au final, l’attitude sera modifiée dans le sens désiré
p a r l’initiateur, sans qu’elle ait nécessairement conscience du
processus. L’initiateur a ainsi accru son pouvoir au sens défini plus haut.

Cadre et contenu de l’information

Les stratégies indirectes conditionnent dans le double sens du terme :
des gens et des circonstances. Il s’agit d’une part d’agir sur l’esprit d’autrui
pour susciter la réaction attendue et d’autre part de créer de telles conditions
que la situation semble déboucher spontanément sur le résultat attendu. Par
exemple en organisant une mise en scène ou en favorisant certains éléments
dans la perception de la situation. Les stratégies indirectes emploient la
puissance d’institutions sociales, véritables machines à faire croire, mais elles
ne les créent pas pour autant L’Église, l’armée, l’école peuvent jouer la cette
fonction, CNN, Google ou une bibliothèque nationale aussi. Si le but d’une
stratégie indirecte est de faire penser que, cela passe aussi par le comment
penser et à quoi.

Dans un milieu clos, telle une secte ou un régime totalitaire, un groupe
ou un individu peut décider ainsi autoritairement de tout ce que ses sujets
peuvent penser et percevoir. Ainsi, dans 1984 de George Orwell, Big Brother
contrôle ce que montrent les médias, ce que disent et écoutent les citoyens. Il
fait même modifier les livres d’histoire pour rendre le passé conforme aux
nécessités de la politique présente. Mais Big Brother détermine aussi des
valeurs et des catégories mentales grâce auxquelles pensent les citoyens : il les
oblige à parler la novlangue, une langue de bois au carré : il n’y existe aucun
terme pour désigner les notions interdites. Tout y est fait pour amener le
locuteur à enchaîner les expressions autorisées et phrases standardisées, si bien
qu’il ne peut avoir que les pensées « licites ».

Quelles que soient les limites qu’apportent nos systèmes aux libertés
individuelles, nous n’en sommes pas là. Dans notre monde, les stratégies
indirectes doivent plutôt tenter de modifier les machines existantes ou
s’appuyer sur elles. Une méthode peut consister à infiltrer une ONG pour
mettre son prestige au service des causes souhaitées, ou encore à fournir aux
journalistes et aux agences de presse un sujet bien ficelé qui va dans le sens
souhaité. Sélectionner les informations disponibles plus que les imposer est
aussi une pratique fréquente. Globalement les stratégies indirectes consistent
d a v a n t a g e à peser ou intervenir sur un processus de décision et de
communication qu’à la construire. Elles jouent là où l’acteur ne dispose pas de
l’autorité (comme celle que confère l’institution), de la contrainte ou de la
capacité de fournir des contreparties. Donner un ordre, menacer ou acheter ne
sont pas des stratégies indirectes

La stratégie indirecte suggère des notions comme « faire pression au
bon endroit », « faire basculer », « inciter », « stimuler », « faire levier »,
« contourner », « prendre appui », Toutes indiquent la même idée, une action
minimale où et quand elle peut diriger une force supérieure dans le sens voulu.
Rarement là où elle s’oppose frontalement à une autre force ou à une
résistance, puisqu’elle elle interagit plus qu’elle n’impose.

Une stratégie indirecte de l’information n’oppose pas frontalement un
argument à un autre, une image à une autre comme dans la dialectique chère à
la tradition grecque où la parole forte représentant la raison forte l’emporte sur
la faible de par sa propre vertu. Dans une stratégie indirecte, l’efficacité des
signes que l’on emploie est fonction de leur adaptation,, de la synergie qu’ils
exploitent. C’est une notion chère à la pensée chinoise, telle que la résume
François Jullien, : la propension des choses. Une stratégie indirecte favorise ou
exploite une potentialité inhérente à la situation, elle ne la crée pas. Elle ne fait
qu’actualiser ce qui était latent. Celui qui a été trompé ne demandait qu’à
l’être, aveuglé qu’il était par son avidité ou ses préjugés. La rumeur n’a fait que
jouer sur des préconceptions ou des stéréotypes déjà implantées dans la
population cible. La déstabilisation n’a fait que révéler des faiblesses, telles
celles d’une entreprise qui est soumise au risque de réputation et dépend de son
image de marque.

Soit le lobbying. Comment procède le professionnel ? Certes, il va
employer un argumentaire élaboré, et si possible lui conférer une apparence
chatoyante et séduisante : belles brochures, présentations audiovisuelles. Mais
surtout, il va travailler en amont, et identifier des besoins auxquels peut
répondre son discours.

Il va déterminer qui décide ou bloque quoi dans une administration, qui
a besoin de quelle information et dans quel langage elle sera la plus
exploitable. Il va analyser où une documentation fournie à la bonne personne
qui cherche à s’éviter un long travail de recherche va orienter ses conclusions.
Il offre du « prédigéré ». Il cherche surtout ce que désire et ce que souhaite
entendre son interlocuteur. Parfois même, il travaille encore plus en amont, en
créant le courant d’opinion ou la réserve d’idées et de mots qui favorisent ses
desseins. Certaines think tanks américaines remplissent notamment cette
fonction.

Par ailleurs le lobbyiste a l’art de faire intervenir dans son sens des gens
prestigieux, représentatifs, ou simplement actifs. Bien entendu, cela le conduira
à flirter avec la menace (« Si vous adoptez telle mesure, cela créera du
chômage et nous nous arrangerons pour que cela se sache »), ou avec la
promesse voire la corruption (« Si vous vous rangez à notre avis, telle catégorie
d’électeurs, tel média ou telle institution avec qui nous nous entretenons les
meilleurs rapports saura s’en souvenir. »). Dans tous les cas, il jongle avec les
attentes, besoins et désirs d’autrui, plus qu’il ne les crée par une rhétorique
implacable.
Dans la vie courante, nous rencontrons et pratiquons des stratégies indirectes
Petites ruses et menus stratagèmes, du type prêcher le faux ♦
pour savoir le vrai ou utiliser le « pied dans la porte » (obtenir une première
petite concession pour formuler une demande plus importante)

Manœuvres de séduction :
A feint la faiblesse, pour permettre à B de manifester sa force et sa compétence, et le flatte par de bruyantes manifestations de reconnaissance. À obtient ce qu’il veut de B. Telle est l’argument de la pièce de Labiche, Le voyage de Monsieur Perrichon

Diffamation et médisance :
A affaiblit la position de son rival B en répandant les pires horreurs pour qu’elles soient répétées et si possible amplifiées.

Si nous abordons les stratégies indirectes complexes, nous pouvons encore retrouver des catégories simples pour décrire les interventions de l’initiateur.
Il peut d’abord intervenir sur le contenu même de l’information qui parviendra à la cible de diverses manières :

Falsification.
Il s’agit alors de faire parvenir une information fausse à la cible.♦
L’utilisation d’un agent double pour envoyer à l’adversaire de faux
renseignements est emblématique de cette situation. Les exemples
sont innombrables autant dans les livres des stratagèmes chinois
qu’au cours de la seconde guerre mondiale.

Scénarisation.
Ici, il ne suffit plus de dire ou d’écrire quelque chose que l’on♦
sait faux, il faut créer des apparences trompeuses. L’escroc qui se
livre à des manœuvres frauduleuses ou excipe d’une qualité qui n’est
pas la sienne, tel que le décrit le code pénal, appartient typiquement
à cette catégorie. De même le général que qui fait allumer des feux la
nuit pour tromper l’ennemi sur la position et l’importance de ses
troupes. Ou encore le ministre Potemkine qui faisait peindre de faux
villages riants, comparables à des décors de théâtre, de façon que
Catherine de Russie se fasse une image idyllique des conditions de
vie des moujiks.

Dissimulation.
Dans ce troisième cas, il suffit de faire le silence ou de susciter♦
une conspiration du silence. Ce sont des stratégies d’omerta qui
reposent plus ou moins sur la menace implicite et sur les règles
implicites dans un milieu. Ainsi, la cohésion culturelle au sein d’un
milieu, celui des journalistes de presse écrite parisiens, par exemple,
peut rendre faciliter la diffusion de l’idée qu’il ne serait pas
convenable d’évoquer tel ou tel sujet.

2) Seconde grande catégorie : l’action qui joue sur l’attention de la cible (ou des médiateurs
qui pèsent sur la cible). Il s’agit alors d’interférer sur la disponibilité de l’information et sur
le retentissement qui lui est donné pour « vendre » quelque chose (y compris une idée ou sa
propre renommée) sur la Toile, il ne suffit plus d’être bruyant et spectaculaire : il faut
maîtriser les arcanes de l’indexation. La plupart des internautes parvenant à une page à la
suite d’une requête sur un moteur de recherche. Du coup est née une niche de pouvoir : l’art
de référencer, de diriger les requêtes (donc une fois encore l’attention) en fonction de
certains critères (taxinomiques, sémantiques, de notoriété…). Cela suscite des stratégies
asymétriques comme le « bombardement de Google » (Google bombing). Cette technique
consiste à améliorer son classement sur les pages du moteur de recherche en multipliant
artificiellement les liens hypertextuels pointant vers le site désiré ou encore en employant
une politique habile de multiplication des mots-clefs. Mais l’attention des internautes
(concrètement : leur faculté de se précipiter vers tel ou tel site qui n’est pas nécessairement
le plus riche, le plus professionnel ou le plus connu) fonctionne largement suivant des
critères propres aux communautés virtuelles. Ils correspondent souvent à un «bouche-à-
oreille » numérique incontrôlable. Dans un autre ordre d’idées créer un média, comme une
chaîne internationale d’information en arabe (al Jazira) ou en espagnol (Telesur) c’est,
certes, se donner un moyen d’en contrôler le contenu. Mais c’est aussi se doter d’un moyen
de « faire l’agenda », d’attirer l’attention sur certains faits ou sur certains « points de vue »
(celui des masses arabes, celui des latino-américains), c’est donc aussi mener une stratégie
de l’attention.

3) Troisième grande famille : l’action sur le « point de vue » ou le
cadre de la communication. Le cadre inclut toutes les croyances et émotions
relatives à la source de l’information, aux rapports entre ladite source et son
destinataire, et à tout le contexte qui en guidera l’interprétation. Le fait que la
cible A se persuade que l’information émane d’origine amie ou ennemie, fiable
ou non, volontairement ou pas, qu’il s’imagine qu’elle est destinée à le leurrer
ou à l’aider, qu’il entretienne tel ou tel rapport affectif, soit dans telle position
par rapport au messager, sont évidemment déterminants. Tout ce qui agit sur
les prédispositions de la cible joue dans le même sens.
Des expériences célèbres montrent jusqu’où peut aller ce phénomène.
Ainsi dans celle de Stanley Milgram des cobayes persuadés qu’il participent à
une expérience scientifique sont incités à infliger des punitions effroyables (des
chocs électriques, heureusement simulés) à des sujets qui feignent d’accomplir
une tâche, de se tromper souvent et finalement d’être punis. Du fait qu’ils
s’imaginent appliquer des consignes garanties par l’autorité de la science, de
braves gens en viennent à accomplir des actes qui répugneraient à leur
conscience en temps ordinaire.
Dans la vie courante, les effets du conditionnement, même s’ils sont
spectaculaires que dans cette situation manipulée en laboratoire, portent bien
plus en amont sur l’usage d’habitudes mentales, de la langue au système de
comptabilité ou des modes de vie aux références philosophiques. Ce n’est pas
par hasard que notre pays a développé les Alliances Françaises après la défaite
de 1870, espérant que la diffusion de notre langue compenserait la perte de
prestige due à la guerre. Ce n’est pas non plus par hasard que, pendant les
années de guerre froide, la CIA subventionnait l’exportation vers l’Est de livres
au contenu expressément anticommuniste (comme le bouleversant « Le Zéro et
l’Infini » de Koestler) mais aussi la musique moderne et la peinture abstraite,
dans une perspective de guerre culturelle contre l’URSS.

Du reste nous avons probablement vécu dans les années 90 l’apogée de
la stratégie indirecte de l’information, ainsi entendue, quand les partisans de
l’élargissement (enlargment) du modèle américain, d’Alvin Toffler à Al Gore,
comptaient sur l’expansion d’Internet pour étendre la modernité et finalement
une attitude pro-occidentale. L’homme nouveau devait naître de l’extension
des forces de communication, comme pour les marxistes orthodoxes, il devait
résulter du développement des forces productrices. À ce stade, on peu parler
d’une idéologie (ou d’une utopie) de la technologie, mais comme toute
idéologie, celle-là servait des desseins de puissance bien précis. En dépit de ou
grâce à son apparente naïveté.

En un mot toutes recherches sur les stratégies indirectes nous renvoient à la
question de l’idéologie, question que l’on a trop vite crue obsolète au cours de
la dernière décennie et sur laquelle nous reviendrons longuement ailleurs.
Conclusion

Comment ne pas être victime des stratégies de l’information ? Le
tableau redoutable que nous venons d’en dresser pourrait faire craindre pire.
Mais il y a deux bonnes nouvelles. La première est que ces stratégies échouent
parfois. Et la seconde – qui justifie la première – que leur étude ne date pas
d’hier et que nous disposons d’une sérieuse panoplie de connaissances.

Les Grecs nous ont légué des traités de rhétorique et d’éristique, de
véritables matrices des « figures » de nature à convaincre l’interlocuteur et
qu’emploient encore les modernes spécialistes de la publicité et du marketing
politique. La stratégie chinoise s’est condensée en traités, du type des fameux
« 36 stratagèmes » transposables à la compétition économique, politique ou
militaire moderne. L’étude des médias est une discipline qui sera bientôt
centenaire Il existe une multitude de grilles de lecture des méthodes de la
propagande. Autant la stratégie militaire que l’intelligence économique ont
réfléchi sur les conflits informationnels. La réflexion critique sur la société de
l’information commence à s’intéresser à ces questions. Bref, il est difficile de
plaider la surprise et l’ignorance.

Nous avions pour notre part proposé le terme d’infostratégie pour
d é s i g n e r l’étude des conflits (modalités, occurrences, motivations et
f i n a l i t é s … ) liés aux systèmes de transmission et communication
caractéristiques de la société dite de l’information. Le champ de cette discipline
à inventer serait celui des changements, technologiques, stratégiques,
symboliques, régissant les rapports entre conflit et information. Quel que soit le
nom que l’on donne à la chose, il nous faut maintenant comprendre
l’information comme un pouvoir paradoxal qui s’accroît aussi souvent par sa
rareté que par sa multiplication.


Sphere: Related Content

Proposition d’un plan d’action pour sauvegarder la liberté sur internet.

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 1:49 pm

Au regard des évènements récents, à propos de la liberté d’information en général et sur internet en particulier, ainsi qu’au regard de l’hystérie anti p2p qui prévaut actuellement, je vous propose une statégie de contre attaque.

Celle ci s’organisera sur plusieurs axes:

1/ La promotion sur le maximum de supports et IRL des oeuvres sous licences libres(videos, MP3, livres).

2/ La promotion sur le maximum de supports et IRL des logiciels libres(linux, bsd ainsi que les logiciels libres pour Windows)

Cette promotion peut prendre la forme d’avis sur les oeuvres ou les logiciels libres, l’intervention dans des discussions sur les forums, les blogs et devra chaque fois comporter un lien vers un site “libre” offrant du contenu “libre”. Il est bien entendu qu’il est inutile de faire cette promotion sur des sites déja acquis au libre. La cible sont les sites étrangers au mouvement du libre.
Si vous n’etes pas habile en discussion, ou que vous n’avez pas envie de polémiquer, n’oubliez pas que mettre un lien vers un site libre en signature peut suffire.

3/ La diffusion d’oeuvres et de logiciels libres via FTP ou via des logiciels de p2p, et la communication à propos de cette diffusion.
Il est notemment important de mettre massivement des oeuvres libres en partage sur edonkey et bittorrent afin de compliquer la tache des futurs surveillants de ces réseaux, ainsi que sur les logiciels cryptés types “share”.

4/ L’arret absolu de tout téléchargements et partage illégal de logiciels ou d’oeuvres protégées par le droit d’auteur, et la communication autour de cet arret du “piratage”

5/ Le boycott indiscriminé de toutes les oeuvres ou logiciels protégés par le droit d’auteur.

6/ La communication autour de ce boycott, sur le maximum de support(exemple:” je recommencerai à acheter lorsque je ne serai plus considéré comme un pirate si je partage ou si je télécharge”).

7/ Le dénigrement systématique des oeuvres protégées par le droit d’auteur, ainsi que le dénigrement des majors, des organisations comme la SACEM, la SCPP, la SNEP, etc….

8/ La diffusion des méthodes d’anonymisations grand public présentent sur ce blog(TorPark, email jetables, les 12 conseils de l’EFF, etc….)

9/ Le dénigrement des grands médias(la télévision, le figaro, le monde, etc….) et la dénonciation de leurs connivences avec le pouvoir, ainsi qu’avec les puissances financières, en faisant passer l’idée qu’ils sont corrompus et indignes de confiance.

10/ La promotion des sites d’information alternative ou citoyenne(Indymedia, agoravox etc….)

Bien entendu, ce plan d’action ne pourra avoir une influence que si vos interventions sont nombreuses et surtout si elle sont suivies et soutenues dans le temps.
Par exemple, si vous initiez un thread sur un forum à propos du boycott des oeuvres non-libres, vous devrez d’une part répondre aux messages que ce thread génèrera, et d’autre part vous devrez reposter des messages de temps à autre afin de maintenir la visibilité de ce thread et son activité.
Mieux vaut un thread dont l’activité(et donc la visibilité) est maintenu pendant plusieurs années, plutot qu’une multitude de messages postés en une journée qui ne seront pas maintenus visibles et disparaitront au fond des forums.
Mais ces interventions peuvent aussi prendre la forme d’un post dans un thread, d’un commentaire sur un blog, d’un lien donné sur une messagerie instantanée, sur un email etc….

Je ferai évoluer ces dix points au fur et à mesure des évènements: ils sont donc suceptibles de corrections.
Je laisse les commentaires ouverts afin de vous laisser la possibilité de donner votre avis.


Sphere: Related Content

Lettre d’information de l’APRIL du 1er juin 2007

Filed under: Infos — derkraken @ 8:06 am

Lettre d’information de l’APRIL du 1er juin 2007

Adresse permanente :
 http://www.april.org/articles/april-actu…

Lettre d’information mensuelle de l’APRIL sur les actions et dossiers en
cours.

Période couverte : 1er mai 2007 au 1er juin 2007.

Les commentaires et suggestions sont les bienvenus. Ils peuvent être
envoyés à l’adresse  contact at april.org.

Pour recevoir automatiquement par courriel cette lettre, inscrivez-vous
à la liste de diffusion : http://www.april.org/wws/info/april-actu

1. *Richard Stallman appelle les citoyens français épris de liberté
informatique à adhérer à l’APRIL*
2. *Campagne d’adhésion*
3. *Adhésions*
1. *Adhésions de personnes physiques*
2. *Adhésions de personnes morales*
4. *Législatives 2007 : l’APRIL propose le pacte du Logiciel Libre*
5. *Candididats.fr – Législatives – Opération “Un tract, un pacte !”
sur les marchés de France*
6. *La réponse de Nicolas Sarkozy au questionnaire Candidats.fr, une
analyse*
7. *Cycle logiciel libre à la Cité des Sciences et de l’Industrie*
8. *Commission de normalisation nationale sur les « formats de
documents révisables »*
9. *Paris Capitale du Libre*
10. *Interview pour l’ASTI*
11. *Causeries APRIL*
12. *Rencontres Mondiales du Logiciel Libre*
13. *Prochaines interventions*
14. *Interventions passées*
15. *Soutenir l’association*
16. *Rejoindre l’association à titre individuel*
17. *Rejoindre l’association en tant que personne morale*
18. *Archives*

————————————————————————-
1. Richard Stallman appelle les citoyens français épris de liberté
informatique à adhérer à l’APRIL
————————————————————————-

Fondée en 1996, l’APRIL est devenue aujourd’hui l’acteur reconnu et
incontournable pour la promotion et la défense du logiciel libre. Pour
encore mieux promouvoir et défendre le logiciel libre l’APRIL a lancé le
samedi 19 mai 2007 une campagne d’adhésion
dont l’objectif
est d’atteindre les 1 500 adhérents et de permettre de renforcer son
équipe de permanents avant la fin de l’année. L’APRIL a besoin de votre
soutien.

Présent en France à cette occasion, Richard Stallman, président de la
Fondation pour le Logiciel Libre, a déclaré : /« L’APRIL joue en France
un rôle fondamental et unique pour la promotion et la défense du
logiciel libre et de ses différents acteurs. La liberté informatique est
un enjeu de société et il est essentiel, aujourd’hui plus encore
qu’avant, de soutenir celle-ci en rejoignant l’APRIL. J’encourage tous
les citoyens épris de liberté informatique à adhérer dès maintenant à
l’APRIL »/

La suite à l’adresse suivante :
 http://www.april.org/articles/communique…

Pour adhérer à l’APRIL c’est simple :
 http://www.april.org/association/adhesio…

————————————————————————-
2. Campagne d’adhésion
————————————————————————-

Au 19 mai 2007, jour de lancement de la campagne, l’APRIL comptait 715
adhérents dont 641 particuliers, 45 entreprises, 28 associations et 1
établissement public. Au 1er juin 2007 l’APRIL compte désormais 1 243
adhérents : 528 nouveaux adhérents ont donc rejoint l’association depuis
le lancement de la campagne d’adhésion. C’est un excellent début qui
montre l’importance des actions de l’APRIL et le soutien dont bénéficie
l’association. N’hésitez pas à nous rejoindre
.

————————————————————————-
3. Adhésions
————————————————————————-

3.1 Adhésions de personnes physiques

Il y a eu 590 nouveaux adhérents individuels entre le 1er avril et le
1er mai 2007. L’association compte aujourd’hui plus de 1240 adhérents.

3.2 Adhésions de personnes morales

Nous avons le plaisir d’annoncer l’adhésion de N@utile
groupe d’utilisateurs de logiciel libre autour
de l’Estuaire de la Loire.

————————————————————————-
4. Législatives 2007 : l’APRIL propose le pacte du Logiciel Libre
————————————————————————-

Paris, le 28 mai 2007. Communiqué de presse. Dans le cadre de
l’initiative candidats.fr, l’APRIL propose aux citoyens d’encourager les
candidats aux élections législatives à signer Le Pacte du Logiciel Libre.

La suite sur : http://www.april.org/articles/communique…

Le site dédié à cette initiative : http://www.candidats.fr. Une
plate-forme de travail collaborative est notamment disponible pour
permettre à tous de participer à cette campagne.

Depuis le lancement de cette campagne, plus de 100 candidats ont déjà
signé le Pacte du Logiciel Libre
.

————————————————————————-
5. Candididats.fr – Législatives – Opération “Un tract, un pacte !” sur
les marchés de France
————————————————————————-

Depuis le lancement de Candidats.fr partie législatives plus de 200
volontaires participent à cette action. Ils ont pris 438
responsabilités, c’est à dire qu’ils essayent de faire signer le Pacte
du Logiciel Libre
aux candidats
qui se présentent dans une ou plusieurs circonscriptions de leur
département. 381 actions de contact ont été reportées et 106 candidats
ont signé.

C’est un bon début mais c’est largement insuffisant. Nous invitons les
groupes d’utilisateurs à s’organiser pour prendre en charge leur
département et à prendre contact avec les candidats.

Des argumentaires et des conseils pour réussir une telle opération sont
toujours disponibles sur le site candidats.fr.

Par ailleurs, nous invitons tous les utilisateurs de logiciels libres à
participer à une opération que l’on pourrait appeler…

« Un tract, un Pacte ! » : Pour chaque candidat qui donne un tract
appelant à voter pour lui, un Pacte est remis en échange.

Le principe est très simple, et il sera sans doute plus convivial et
efficace de procéder par petites équipes de 2-3 personnes. Voir
 http://www.candidats.fr/index.php/2007/0…

—————————————————————————
6. La réponse de Nicolas Sarkozy au questionnaire Candidats.fr, une analyse
—————————————————————————

Moins de 36 heures avant le premier tour de l’élection présidentielle,
M. Nicolas Sarkozy faisait parvenir à l’initiative Candidats.fr sa
réponse au questionnaire que tous les candidats avaient reçus. Les
français ayant désormais désigné M. Nicolas Sarkozy comme Président de
la République, nous vous proposons d’analyser ses réponses, et ainsi de
décrypter les impacts sur le Logiciel Libre des positions du nouveau
Président de la République en matière de libertés numériques.

La suite à l’adresse suivante :
 http://www.candidats.fr/index.php/2007/0…

————————————————————————-
7. Cycle logiciel libre à la Cité des Sciences et de l’Industrie
————————————————————————-

La Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris organise avec différents
partenaires, dont l’APRIL, un cycle Logiciel Libre en mai et juin 2007.
L’APRIL organise quatre évènements les mardis 22 mai et 5 juin, et les
samedis 19 mai et 23 juin.

Deux évènements ont déjà eu lieu :

* Samedi 19 mai de 14h à 18h : « Logiciels libres : un enjeu de
société »

avec la présence de Richard Stallman. L’enregistrement audio de la
conférence de Richard Stallman est disponible.

* Mardi 22 mai de 18h30 à 19h45 – « Des logiciels libres pour un
ordinateur écologique ? »

Deux évènements restent à venir.

* Mardi 5 juin 2007 de 18h30 à 19h45 – « Logiciels libres et
développement durable »

* Samedi 23 juin de 14h à 18h : « Logiciel Libre et monde
associatif »

Les débats seront diffusés en direct sur Internet.

Pour plus d’informations et pour se préinscrire rendez-vous sur la page
suivante :
 http://www.april.org/groupes/csi/cycle-l…

————————————————————————-
8. Commission de normalisation nationale sur les « formats de documents
révisables »
————————————————————————-

En février 2007 L’APRIL communiquait à l’AFNOR ses remarques

concernant le format bureautique ECMA-376 Office Open XML et la
procédure d’adoption rapide à l’ISO pour que ce format devienne une
norme internationale.

Le projet de normalisation a été mis au vote officiellement par l’ISO,
le 2 avril dernier, avec comme date limite le 2 septembre 2007.

L’AFNOR a donc créé une commission de normalisation sur les formats de
documents révisables à l’AFNOR : ECMA-376 – ISO/IEC 26300
qui
sera la structure miroir du comité international responsable pour le
projet. La commission française aura entre autres comme objectif de
traiter les commentaires que l’AFNOR recevra sur l’enquête probatoire
nationale qu’elle compte lancer sur ce projet. Par ailleurs, l’AFNOR
lancera en parallèle une enquête probatoire nationale sur le format ODF
(Open Document Format), format XML normalisé par l’ISO, fin 2006
(ISO/IEC 26300).

Une réunion inaugurale a eu lieu le 10 mai 2007 dans les locaux de
l’AFNOR. L’APRIL y participait ainsi qu’une vingtaine d’autres acteurs.

————————————————————————-
9. Paris Capitale du Libre
————————————————————————-

La seconde édition de Paris Capitale du Libre
aura lieu les 13 et 14 juin 2007 à Paris au
Palais des Congrès.

L’APRIL sera présente fortement lors de cet évènement :

* participation à plusieurs conférences dans le programme officiel

et les conférences off
:

o 13 juin 2007 11h00-12h30 « Les acteurs de l’informatique
face aux enjeux du Libre : risques ou opportunités ? » avec
Christophe Espern, chargé de mission

o 13 juin 2007 16h30-18h30 « Quelles industries autour du
Libre ? Les modèles d’édition, la stratégie des grandes
SSII, la montée en puissance des SS2L, les modèles
économiques de demain » avec Christophe Le Bars,
Vice-président Entreprise.

o 14 juin 2007 11h00-12h30 « L’économie du savoir à l’ère
numérique » avec Frédéric Couchet, délégué général

o 14 juin 2007 14h00-16h00 « Promouvoir et défendre le
logiciel libre dans un contexte politique et juridique
changeant » par Benoît Sibaud, président de l’APRIL

o 14 juin 2007 13h30-14h00 « Annonce – Libre blanc sur les
modèles économiques du logiciel libre » par l’APRIL

* participation de Benoît Sibaud et Frédéric Couchet au jury des
« Lutèce d’or »

* tenue d’un stand dans l’espace découverte grand public

* coordination de l’organisation de l’espace découverte grand public
qui vise à promouvoir l’usage des logiciels libres auprès du grand
public. L’objectif est d’avoir durant les deux jours de
l’évènement des démonstrations de divers logiciels libres, et des
ateliers pratiques, pour aider les particuliers à découvrir
concrètement les logiciels libres.

————————————————————————-
10. Interview pour l’ASTI
————————————————————————-

Frédéric Couchet, délégué général de l’APRIL, a répondu pour le site de
l’ASTI (Fédération des Associations Françaises des Sciences et
Technologies de l’Information) à quelques questions concernant des
récentes actions de défense du logiciel libre menées par l’APRIL :
 http://asti.ibisc.univ-evry.fr/actualite….

————————————————————————-
11. Causeries APRIL
————————————————————————-

Les « Causeries APRIL » sont des interviews ou des discussions
organisées régulièrement (avec un objectif d’une par semaine ou
quinzaine), d’une durée d’une ou deux heures, sur un sujet donné. Elles
sont publiques ou privées suivant les sujets.

Les dernières causeries :

* 23 mai 2007 : « Ventes liées et racketiciels » avec Jérémy Monnet,
membre du conseil d’administration de l’April
et membre du Groupe de Travail Détaxe
. Voir le compte-rendu
complet

[Compte-rendu public].

* 16 mai 2007 : « Wikipédia et le contenu libre » avec David
Monniaux, membre du conseil d’administration de Wikimédia France
et membre de l’APRIL. Voir le
compte-rendu complet

[Compte-rendu public].

* 10 mai 2007 : « Vote électronique » avec Pierre Muller, président
de l’association Ordinateurs-de-vote.org
. Voir le compte-rendu complet

[Compte-rendu public].

————————————————————————-
12. Rencontres Mondiales du Logiciel Libre
————————————————————————-

Les 8èmes Rencontres Mondiales du Logiciel Libre
(RMLL) se tiendront du 10 au 14 juillet 2007 à Amiens, dans le bâtiment
de la Faculté de mathématiques et d’informatique (rue Saint-Leu à
Amiens). L’APRIL participe à son organisation et y organisera une
réunion de ses membres.

Il vous est désormais possible de vous inscrire via l’interface de
réservation. Celle-ci vous permet de réserver les repas au restaurant
universitaire le midi, les chambres en cité universitaire ou encore le
repas du libre du jeudi soir ou des sorties culturelles. Voir
 https://reservation.rmll.info/.

————————————————————————-
13. Prochaines interventions
————————————————————————-

* 1er juin 2007 : intervention de Frédéric Couchet, délégué général,
sur le thème « Promouvoir et défendre le Logiciel Libre dans un
contexte politique et juridique changeant » à l’occasion des
Journées du logiciel libre
à Compiègne.

* 02 juin 2007 : Intervention de Lionel Allorge sur le thème
« Principes et enjeux du logiciel libre » dans le cadre des 24
heures de l’informatique à Maubeuge

* 02 juin 2007 : Aquitaine Libre ,
1ère journée régionale du logiciel libre, de la musique libre et
de l’informatique, aura lieu le 2 juin 2007 à Brocas (près de Mont
de Marsan). Nicolas Ducoulombier interviendra dans la table ronde
entreprises au titre de l’APRIL et de sa société « Les
Développements Durables ».

* 02 juin 2007 : Présence de l’APRIL à la
Fête de l’Humanité de Toulouse, organisée les 2 et 3 juin, avec le
soutien de l’association Toulibre .
Thomas Petazzoni, membre actif de Toulibre et membre du Conseil
d’Administration de l’APRIL, animera une conférence/débat
« Logiciels Libres: l’informatique ouverte, collaborative et
citoyenne »

* 14 juin 2007 : Richard Stallman donne une conférence publique à
Toulouse, sur le thème /Le Mouvement du Logiciel Libre et le
système d’exploitation GNU/Linux/. L’évènement est organisé par
l’association Toulibre , en collaboration
avec l’APRIL , les Cinémas Utopias
et la société Communication et
systèmes . La conférence aura lieu le jeudi 14
juin à 21 heures au Cinéma Utopia, 24, rue Montardy à Toulouse.
L’entrée est libre et gratuite. Plus d’infos.

* 16 juin 2007 : Frédéric Couchet, délégué général, interviendra sur
le thème « Promouvoir et défendre le Logiciel Libre dans un
contexte politique et juridique changeant » dans le cadre de la
6ème édition des journées du logiciel libre à Montpellier

————————————————————————-
14. Interventions passées
————————————————————————-

* 18 mai 2007 : À la Ferté-Bernard, dans le cadre de la 14e édition
du festival ARTEC et de la finale
de la Coupe de France de Robotique, l’APRIL propose vers 19h une
conférence de présentation des logiciels libres
, animée par Lionel
Allorge.

* 12 mai 2007 : Jérémie Zimmermann est intervenu sur le thème
« Introduction aux logiciels libres, histoires et enjeux » dans le
cadre du Samedi du Libre Ubuntu au Carrefour Numérique
de la Cité des
Sciences et de l’Industrie

* 11 mai 2007 : Frédéric Couchet, délégué général, est intervenu sur
le thème « Promouvoir et défendre le Logiciel Libre dans un
contexte politique et juridique changeant » lors de la semaine du
libre organisée par Association Isépienne du Libre

————————————————————————-
15. Soutenir l’association
————————————————————————-

L’APRIL a besoin de votre aide. Vous pouvez faire un don à l’association
et participer ainsi au financement de nos actions.

Pour faire un don à l’association, rendez-vous à l’adresse suivante
 http://www.april.org/association/dons.ht… (il est possible de faire un
don par chèque, virement, carte bleue ou encore prélèvement automatique).

Pour tout renseignement n’hésitez pas à nous contacter par courriel
ou par téléphone au 01 46 49 25 15.

————————————————————————-
16. Rejoindre l’association à titre individuel
————————————————————————-

Dans une association, l’adhésion est un acte volontaire. C’est aussi un
acte politique car c’est manifester son soutien à l’objet de
l’association ainsi qu’aux valeurs qui le sous-tendent. Une adhésion
fait la différence en contribuant à atteindre les objectifs de
l’association.

Adhérer à l’APRIL permet :

* de défendre collectivement un projet de société ;
* de s’investir activement dans la vie de l’association à travers
ses groupes de travail et ses actions ;
* d’être informé régulièrement des évènements logiciel libre ;
* d’agir sur les institutions à travers un partenaire incontournable ;
* de soutenir financièrement les actions de l’association.

Il est possible d’aider l’association en lui donnant de son temps ou de
son argent. Toutes les contributions sont les bienvenues.

Pour les hésitants nous avons mis en ligne les réponses à des fausses
idées classiques.

Pour adhérer à l’APRIL il suffit de vous rendre à l’adresse suivante :
 http://www.april.org/association/adhesio…

Pour toute information complémentaire, vous pouvez nous joindre par
courrier électronique à l’adresse  contact at april.org ou par téléphone
au 01.46.49.25.15.

————————————————————————-
17. Rejoindre l’association en tant que personne morale
————————————————————————-

Que vous soyez une entreprise, une collectivité ou une association,
adhérez pour participer activement aux décisions stratégiques qui vous
concernent !

Votre structure a besoin de tirer le meilleur parti du logiciel libre et
pour défendre ses intérêts elle doit :

* exercer une veille permanente pour se tenir informée des
opportunités et des menaces ;
* constituer et entretenir des réseaux relationnels institutionnels ;
* être éclairée sur les contextes juridiques et stratégiques ;
* contribuer à la défense de l’informatique libre face aux acteurs
qui lui sont hostiles ;
* mieux faire connaître et valoriser son action.

APRIL est au coeur des grandes évolutions du logiciel libre. Adhérer à
APRIL permet :

* de défendre collectivement un projet de société ;
* de s’investir activement dans la vie de l’association à travers
ses groupes de travail et ses actions ;
* d’être informé régulièrement des évènements logiciel libre ;
* d’agir sur les institutions à travers un partenaire incontournable
; de financer ou co-financer des actions stratégiques.

Pour adhérer à l’APRIL, il suffit de vous rendre à l’adresse suivante :
 http://www.april.org/association/adhesio…

Pour tout renseignement n’hésitez pas à nous contacter par courriel
ou par téléphone au 01 46 49 25 15.

————————————————————————-
18. Archives
————————————————————————-

Pour recevoir automatiquement par courriel cette lettre, inscrivez-vous
à la liste de diffusion : http://www.april.org/wws/info/april-actu

Les archives de la lettre sont disponibles en ligne à l’adresse
suivante : http://www.april.org/wws/arc/april-actu


Soutenez le logiciel libre – rejoignez l’APRIL
 http://www.april.org/association/campagn…

01 46 49 25 15


Lettre d’information de l’APRIL
 http://www.april.org/wws/listinfo/april-…


Sphere: Related Content

L’industrie du disque dit leurs dix vérités aux pirates

Filed under: Infoguerre — derkraken @ 7:53 am

La Fédération internationale de l’industrie phonographique (Ifpi) veut tordre le cou à plusieurs idées reçues sur l’échange de fichiers piratés.

Karine Solovieff , 01net., le 01/06/2007 à 18h07

Il y a ceux qui veulent engager un dialogue constructif avec les internautes sur le futur de la musique en ligne, comme le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep) avec son site FaceFace.

Et puis il y a l’Ifpi (la Fédération internationale de l’industrie phonographique), équivalent du Snep au niveau international, qui préfère dire leurs dix vérités à ceux qui téléchargent de la musique illégalement ou qui en font leur business.

A l’occasion de la deuxième édition à Hong-Kong de Music matters (la musique c’est important), le président de l’Ifpi a mentionné les « dix vérités dérangeantes sur l’industrie musicale aujourd’hui », dont voici la traduction :

1. Pirate Bay, l’un des porte-étendards du mouvement anti-droits d’auteur, génère des milliers d’euros en publicité sur son site, tout en maintenant sa rhétorique anti-establishment sur la musique libre.

2. Allofmp3.com, le très populaire site russe [qui vend des fichiers MP3 sans DRM et à prix cassés, NDLR], n’a reçu de licence d’aucun membre de l’Ifpi, a été désavoué par les ayants droit à travers le monde et fait l’objet d’une plainte en Russie.

3. Le crime organisé et même des groupes terroristes utilisent la vente de CD piratés pour récolter des fonds et blanchir de l’argent.

4. Les personnes qui téléchargent illégalement n’en ont rien à faire que la musique piratée émane de majors ou de labels indépendants.

5. Moins de chiffre d’affaires pour les labels musicaux veut dire moins d’argent disponible pour miser sur des groupes underground et pousse au contraire à investir sur des valeurs sûres.

6. Les FAI utilisent souvent la musique comme argument publicitaire, tout en facilitant l’échange illégal de musique à grande échelle.

7. Le mouvement anti-droits d’auteur ne crée pas d’emplois, de chiffre d’affaires ni de croissance économique – ce sont principalement des personnes pontifiant sur le monde commercial dont ils ne connaissent pas grand-chose.

8. Le piratage n’est pas lié à un manque de moyens financiers. Le professeur Zhang de l’université Nanjing a montré que les Chinois qui achètent des produits piratés appartiennent à la classe moyenne ou supérieure.

9. La plupart des gens savent que c’est mal d’échanger des morceaux protégés par le droit d’auteur mais ils continueront tant qu’ils ne seront pas contraints légalement à arrêter, comme l’a démontré une récente étude par le groupe australien contre le piratage, le Mipi.

10. Les réseaux peer to peer ne permettent pas de découvrir des nouveaux talents. Ce sont principalement les derniers tubes qui sont échangés.

Alors ? Convaincus par les arguments de l’Ifpi?

Dans le climat d’hystérie qui prévaut actuellement à propos du p2p, nous vous conseillons donc de vous tourner vers la musique libre et légale dont vous pouvez trouvez un annuaire ici:
 http://rezal404.org/wikini/wakka.php?wik…


Sphere: Related Content

June 2, 2007

Familles de France attaque Second Life

Filed under: Infos — derkraken @ 6:59 am

Selon Libération, l’association Familles de France assigne Second Life et les fournisseurs d’accès français en référé pour la publication de contenus qu’elle juge sulfureux. L’association demande un interdiction du site aux mineurs. Second Life a bien un accès “spécial mineur” qui est réservé aux jeunes mais il est très peu utilisé selon elle, qui constate de nombreuses infraction : “de la scatologie, de la pornographie, des jeux d’argent, de la visualisation de contenus sensibles”. L’association des fournisseurs d’accès (AFA) “digère très mal l’assaut de l’association” selon Libération, qui cite Giuseppe de Martino, président de l’AFA: “Nous sommes le seul pays qui fournit l’accès gratuit à un outil de contrôle parental pour filtrer les contenus. Et pour Second Life, cela marche bien.”
L’audience aura lieu le 18 juin au Tribunal de grande instance de Paris.

L’offensive moralisatrice est donc lancée!
Pour mieux connaitre famille de France et son président:
 http://perso.orange.fr/triste-realite/45…

Un site avec plein de renseignement interessant sur le moralisateur en chef dirigeant “Famille de France”
 http://www.professeur-joyeux.com/

Le site officiel d’Henry joyeux: il est calomnié par des vilains!
J’aime bien la citation d’introduction:
“Bienvenue sur mon site !
Vous avez peut-être consulté des sites qui me calomnient.
Ils sont tous anonymes SANS AUCUNE EXCEPTION.[c'est vrai pour ce blog, mais pas pour le premier site que je cite: prévenez le vite!]
Si vous en trouvez un qui est vraiment signé, merci de me le faire suivre afin que la justice puisse intervenir sans tarder.”
Le site de Famille de France:
 http://www.familles-de-france.org/custom…

Et la page de wikipedia sur Henry Joyeux:
 http://www.familles-de-france.org/custom…

la suite le 18 juin.


Sphere: Related Content

Sommet du droit d’auteur : “Les créateurs d’abord”, les internautes ensuite ?

Filed under: Infos — derkraken @ 6:55 am

* Publié par Ariane Beky le Jeudi 31 Mai 2007

Le Sommet du droit d’auteur organisé les 30 et 31 mai 2007 à Bruxelles à l’initiative de la CISAC, Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs, a été l’occasion pour 500 artistes, industriels et experts de débattre de l’avenir du droit d’auteur à l’ère numérique. Eric Baptiste, directeur général de la CISAC, estime que le but de cette première édition, « ouvrir une discussion ouverte et franche entre tous les acteurs impliqués dans la création, la production et la distribution d’oeuvres de l’esprit », a été atteint.

Parmi les intervenants : Nikesh Arora, VP des opérations européennes de Google ; Benjamin Bejbaum, co-fondateur et président de Dailymotion ; l’actrice et réalisatrice Agnès Jaoui ; Roger Faxon, président d’EMI Music Publishing ; Larry Kenswill, VP de Universal Music Group ; l’américain Lawrence Lessig, auteur de ‘Free Culture’ et fondateur de Creative Commons ; Rich Lappenbusch, directeur en charge du divertissement et des terminaux chez Microsoft ; Mark Selby, VP multimédia chez Nokia ; Ben Verwaayen, CEO de British Telecom ; Michael Keplinger, directeur de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) et Ján Figel’, commissaire européen chargé de la culture.

Au menu : technologies et divertissement, plates-formes, sensibilisation au copyright, valeur des contenus, système de licences en ligne et sur mobile, nouvelles sources de revenus, gestion des droits numériques (DRM) et lutte contre le piratage. A ce propos, Simon Dyson, analyste chez Informa Plc., a souligné : « Il est difficile de déterminer l’étendue du préjudice causé à une industrie par le non-respect du droit d’auteur. Cependant, en 2005, la coalition américaine IIPA (International Intellectual Property Alliance) a estimé que les pertes commerciales liées au piratage dans les secteurs de la musique, du cinéma, des logiciels et de la littérature, à quelque 15,8 milliards de dollars, soit une hausse de 4,6% sur un an. Pour 2006, les pertes devraient dépasser les 16 milliards de dollars ».

Dans leur majorité, les industriels et les sociétés de gestion de droits d’auteurs sont favorables à la répression anti-piratage (ou « riposte graduée » comme la nomme le ministère français de la culture). D’autres, parmi lesquels les industriels ‘de la convergence’, opérateurs alternatifs et fournisseurs de services Internet, prônent une approche « négociée » qui permette la rémunération des auteurs sans entraver les droits numériques des internautes. Le consensus se fait, néanmoins, sur le développement d’une offre riche de contenus numériques, et ce, quel que soit le modèle adopté.

Dans son discours d’introduction, Ben Verwaayen, CEO de British Telecom, a bousculé les représentants des ayants droit en déclarant : « Votre industrie n’a pas changé depuis 20 ans, peut-être même 50 ans. Vous devez repenser votre travail à l’ère numérique. Etes-vous uniquement des administrateurs de droits qui nous envoient la facture, ou ètes vous davantage ? ». Avant d’ajouter : « Qu’importe votre frustration morale, les gens continueront à télécharger sur les réseaux peer-to-peer ».

La CISAC déclare représenter 217 sociétés de gestion de droits d’auteurs (ASCAP aux Etats-Unis, SOCAN au Canada, GEMA en Allemagne, SACD et SACEM en France…) réparties sur 114 pays. Indirectement, l’organisation défend les intérêts de 2,5 millions de créateurs. La CISAC rappelle que « les créateurs sont à l’origine du marché du divertissement et que, sans eux, il n’y aurait aucun contenu à télécharger ».


Sphere: Related Content

Un espace multimédia condamné à fermer par la SCPP

Filed under: Infos — derkraken @ 6:54 am

Publié le Mercredi 30 mai 2007, à 18H10 (+0200 GMT)
Par Guillaume Champeau

Les producteurs de disques représentés par la SCPP ont réussi à exiger de l’opérateur télécom Orange qu’il coupe l’accès à Internet d’un abonné qui s’est révélé être un espace multimédia dans la région parisienne, a appris Ratiatum. La procédure suivie ne laissait aucune chance au commerce de contester la sanction.

C’est une procédure devenue classique mais qui peut avoir des conséquences dramatiques. Par ordonnance du 2 mai 2007, le Tribunal de Grande Instance de Nanterre a ordonné à France Télécom la coupure d’un accès à Internet, a appris Ratiatum. Le TGI avait été saisi d’une requête de la Société Civile des Producteurs de Phonogrammes (SCPP) qui a fait constater par l’un de ses argents assermentés que le titulaire d’un abonnement internet chez Orange avait “mis à la disposition du public des centaines de phonogrammes sans l’autorisation de ses membres” à travers le programme de P2P Limewire (réseau Gnutella). La SCPP s’est appuyée sur les dispositions de la Loi pour la Confiance dans l’Economie Numérique (LEN) et la loi sur le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information (DADVSI) pour exiger la coupure sans préavis de l’accès à Internet de l’abonné.

Sans que l’abonné puisse donc se défendre, Orange a procédé à l’exécution de l’ordonnance et envoyé à l’abonné un courrier pour l’informer de la coupure et de la résiliation de son contrat. Or il se trouve que l’adresse IP visée n’était pas celle d’un abonné traditionnel, mais celle d’un établissement de type “espace multimédia”, qui propose des accès à Internet à ses usagers. L’ordonnance a obligé l’établissement à cesser ses activités, puisque l’accès à Internet est évidemment une obligation. Même si le risque est plus théorique que pratique, l’établissement peut potentiellement être poursuivi par Orange (qui s’en réserve expressément la possibilité dans son courrier), et des poursuites pénales peuvent être engagées en plus de l’ordonnance civile.

Une ordonnance étrangement motivée

Il est intéressant de noter que le dispositif suivi est celui de l’article 6-1-8 de la LEN, qui donne à l’autorité judiciaire le pouvoir de prescrire “toutes mesures propres à prévenir un dommage ou à faire cesser un dommage occasionné par le contenu d’un service de communication au public en ligne”. Il n’est pas certain du tout que le dispositif de la LEN visait les abonnements à Internet des particuliers ou même des établissements commerciaux, et qu’il devait ainsi servir à couper l’accès Internet d’un abonné, postérieurement à la mise à disposition des fichiers sur un réseau P2P quelconque. L’article de la loi visait plutôt dans son esprit à faciliter la fermeture de sites ou de services qui proposent de façon continue un accès à des contenus illicites. Or l’ordonnance vise ici des contenus mis à disposition à un moment très précis, et à “faire cesser un dommage” qui a peut-être déjà cessé de lui-même depuis longtemps. Etrange.

Mais pour justifier cette procédure, le juge qui reprend la requête de la SCPP à son compte sans aucune réserve s’en réfère à la charte signée le 28 juillet 2004 par les FAI et la profession musicale, par lesquels les FAI se sont engagés à mettre en oeuvre les décisions judiciaires [...] notamment en matière de résiliation ou suspension d’abonnement”. La charte n’avait pourtant aucune valeur juridique.

Enfin, il est tout aussi intéressant de lire dans l’ordonnance que la procédure contradictoire (qui n’autorise donc pas le mis en cause à se défendre) est mise de côté car “l’identification préalable puis la poursuite devant le juge civil est incompatible avec le contentieux de masse que requiert la lutte contre l’échange illicite de fichiers musicaux et n’offre aucun intérêt par rapport à la voie pénale qui devrait n’être empruntée qu’exceptionnellement”.


Sphere: Related Content

Peines plancher: le gouvernement frappe encore plus fort que prévu

Filed under: Infos — derkraken @ 6:49 am

Par Jean-Louis PANY

PARIS (AFP) – Le gouvernement a décidé de frapper encore plus fort que prévu contre la récidive en instaurant des peines plancher, y compris pour les mineurs, dès le deuxième passage devant le juge et dès les infractions passibles de trois ans de prison ou plus.

Révélé par la Garde des Sceaux Rachida Dati dans le journal Le Monde, ce projet de loi, qui doit être adopté dès cet été, a provoqué la réprobation des principaux syndicats de magistrats, pour qui le texte va surtout servir à remplir des prisons déjà surpeuplées.

Cette loi anti-récidive avait été promise par le candidat Nicolas Sarkozy, mais celui-ci ne visait alors que les multirécidivistes, ceux passant pour la troisième fois devant le juge. Et l’UMP parlait de peines plancher uniquement pour les crimes ou les délits les plus graves.

Ce projet “est beaucoup plus dur que ce qui avait été présenté pendant la campagne présidentielle”, relevait vendredi Bruno Thouzellier, président de l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire).

Pour l’essentiel, la future loi prévoit des peines plancher d’environ un tiers de la peine maximale encourue, “avec un régime plus sévère pour les violences graves, telles que les atteintes à l’intégrité physique ou les vols avec violence”, explique Rachida Dati.

Mais elle insiste bien sur la possibilité pour le juge de prononcer des peines plus faibles, ou différentes, s’il “motive” sa décision. Le projet ne crée pas “des peines automatiques que les magistrats seraient contraints de prononcer” mais donne plutôt “des lignes directrices” aux juges, assure-t-elle.

Imposer des peines planchers serait en effet inconstitutionnel car contraire au principe de l’individualité de la peine, adaptée à chaque prévenu dans le cadre de la loi.

Mais les syndicats de magistrats ne sont pas convaincus. “Les magistrats, vu leur charge de travail, n’auront pas la possibilité de rentrer dans les détails de chaque dossier” pour argumenter leurs motivations, estime Bruno Thouzellier.

“L’individualisation de la peine (…) est reléguée à l’exception et, au mieux, à la bonne volonté du juge. Et vu le flux pénal, cette exception restera vraiment tout à fait exceptionnelle”, renchérit Hélène Franco, secrétaire générale du Syndicat de la Magistrature (SM, gauche).

Comme promis aussi par le candidat Sarkozy, la justice pourra juger comme des majeurs, sans diviser la peine par deux, les mineurs d’au moins 16 ans qui en seront à leur deuxième récidive pour des crimes “portant atteinte aux personnes et des délits graves de violences ou agressions sexuelles”.

La loi “va remplir les prisons de manière décuplée. Elles vont craquer”, pense Hélène Franco, tandis que Bruno Thouzellier estime que, puisque “le champ des infractions concernées est très, très vaste, cela va avoir un énorme impact sur le nombre de peines de prison prononcées”.

Un homme pris pour la seconde fois à dérober un CD dans un supermarché, vol qualifié punissable de trois ans de prison, sera donc passible d’une peine plancher d’un an, relève Mme Franco.

“C’est la fonction première de la loi pénale d’être dissuasive”, estime quant à elle Rachida Dati.

L’Histoire a montré qu’”aucun risque de sanction, même celui de la suppression de la vie, n’a jamais permis de faire baisser la délinquance”, réplique le SM.

Bien entendu les délits liés aux nouvelles technologies(dont le p2p d’oeuvres non-libres) est aussi concerné.


Sphere: Related Content

Christine Albanel favorable à la riposte graduée

Filed under: Infos — derkraken @ 6:45 am

Par Guillaume Champeau

Cet article a été rédigé par un reporter d’AgoraVox, le journal média citoyen qui vous donne la parole.

Elle sera dans la droite lignée de son prédecesseur. La ministre de la Culture Christine Albanel, même si elle semble vouloir user davatange de la concertation, souhaite remettre au goût du jour la solution de riposte graduée rejetée par le Conseil constitutionnel pour lutter contre le piratage via les réseaux P2P…

Ca devait être la grande victoire de Renaud Donnedieu de Vabres après sa défaite législative lorsque les députés ont dans leur majorité adopté un premier volet de la licence globale à la veille de Noël 2005. La “riposte graduée” devait fournir aux autorités une échelle de sanctions en fonction du volume de fichiers échangés sur les réseaux P2P, en systématisant la répression par des “radars automatiques” placés sur les autoroutes de l’information. Mais deux écueils se sont dressés sur la voie tracée par RDDV. D’abord, la CNIL avait interdit en France la chasse systématique des pirates par la captation de leur adresse IP, jugeant la surveillance généralisée des réseaux P2P disproportionnée par rapport à l’objectif visé. Ensuite, le Conseil constitutionnel avait jugé le dispositif contraire au principe de l’égalité devant la loi pénale, puisqu’il visait spécifiquement les infractions réalisées sur les réseaux P2P et non les infractions au droit d’auteur dans leur ensemble.

A ces deux obstacles qui ont provoqué (entre autres choses) la chute de RDDV s’ajoute un rapport ministériel. Le rapport Cedras, commandé puis enterré par le ministère de la Culture et de la Communication, mais révélé par la Ligue ODEBI, a conclu sans nuance que “l’idée d’une réponse graduée automatique, aussi séduisante qu’elle ait pu apparaître, doit être abandonnée”.

Et pourtant.

Christine Albanel veut une riposte graduée sans juge

“La solution de la riposte graduée est aujourd’hui celle du bon sens pour éviter le recours à des sanctions pénales disproportionnées”, a indiqué la nouvelle ministre de la Culture citée par Le Figaro. Elle reprend au passage la formule guerrière de “riposte” qui avait été abandonnée par RDDV au profit de la “réponse graduée”, plus consensuelle. Elle se félicite que “l’arrêt du Conseil d’Etat qui lève l’interdiction mise par la Cnil d’accéder aux fichiers abonnés ouvre une porte [à la négociation contractuelle]” en faveur de la riposte graduée, faisant référence à la décision du Conseil d’Etat du 23 mai 2007.

Car bien consciente sans doute de l’obstacle posé par le Conseil constitutionnel, Mme Albanel pense avoir trouvé la ruse à travers un accord contractuel entre professionnels du cinéma et fournisseurs d’accès à Internet (elle ne parle ici que du cinéma puisque ses déclarations ont été faites dans le cadre du Festival de Cannes). Ce dernier permettrait de contourner la loi, puisqu’il n’y aurait tout simplement plus de loi pour encadrer la chasse aux pirates, mais l’instauration d’une police privée. C’est la fameuse porte ouverte par le Conseil d’Etat. A l’américaine, les sociétés de défense des droits d’auteurs pourraient contacter eux-mêmes les fournisseurs d’accès à Internet et obtenir l’identité des abonnés pour les forcer à signer un accord amiable plutôt que de passer devant monsieur le juge. Un protocole d’accord entre FAI et professionnels du cinéma permettrait d’assurer l’effectivité du système, tandis que la CNIL dont le rôle est de protéger la vie privée des internautes n’aurait pas son mot à dire, décision du Conseil d’Etat oblige.

Le président de Gaumont, Nicolas Seydoux (qui est aussi le président de l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle, ALPA), veut tout de même une loi”, “au moins pour garantir au fournisseur d’accès qui ira jusqu’à réduire le débit ou arrêter le contrat pour cause de piratage récurrent de son abonné, qu’il ne le perde pas au profit d’un concurrent plus laxiste”.

Plus encore que sous l’ère RDDV, il faudra redoubler de vigilance si l’on ne souhaite pas que l’internet devienne une zone de non-droit sous l’ère Albanel. Une zone de non-droits de la défense.


Sphere: Related Content

May 30, 2007

Les 12 conseils de l’EFF pour protéger votre vie privée en ligne

Filed under: Anonymat — derkraken @ 6:13 am

Les 12 conseils de l’EFF pour protéger votre vie privée en ligne

par Stanton McCandlish, conseiller juridique de l’Electronic Frontier Foundation
traduction : BugBrother.com

Vers. 2.0

Note: La mention de produits, services et compagnies n’équivaut pas à une approbation ou une recommandation de l’EFF. Ces exemples et liens sont fournis en tant que points de départ, nous laissons le soin aux internautes de faire leurs propres choix en fonction du niveau de sécurité qu’ils veulent atteindre et de l’adéquation entre les offres proposées et leurs besoins spécifiques.

1) Ne révélez jamais d’information personnelle par inadvertance.
2) Prenez en main la gestion des cookies.
3) Gardez une adresse e-mail ” propre “.
4) Ne révélez jamais de détails personnels à des inconnus.
5) Sachez que vous pouvez être surveillés au travail.
6) Prenez garde aux sites qui offrent prix & récompenses en échange de votre contact ou de toute autre information.
7) Ne répondez jamais, et sous aucun prétexte, aux spammeurs.
8) Soyez conscient des enjeux liés à la sécurité sur le Web.
9) Soyez conscient du degré de sécurité de votre ordinateur personnel.
10) Examinez les chartes de protection des données personnelles, et leurs ” labels “.
11) Rappelez-vous que c’est VOUS qui décidez quelles informations vous révélez sur vous-même, quand, pourquoi et à qui.
12) Mettez-vous à la cryptographie !
Pour plus d’information sur la protection de votre vie privée en ligne…

1) Ne révélez jamais d’information personnelle par inadvertance.

Vous pouvez être ” dépouillé ” de certaines informations personnelles, y compris vos adresses e-mail et physiques, sans même vous en apercevoir, à moins d’avoir correctement configuré votre navigateur web. Dans les menus ” Configuration “, ” Préférences ” ou ” Options ” de votre navigateur, il est ainsi préférable d’entrer un pseudonyme plutôt que son vrai nom, de même, n’y mettez pas votre adresse e-mail et toute autre information personnelle que vous souhaitez ne pas partager. Vous pourrez par la suite décider de fournir vous-mêmes ces informations dans les formulaires de sites auxquels vous faites confiance, mais il n’y a aucune raison de laisser votre navigateur risquer de révéler ces informations à n’importe quel site. Vérifiez bien, également, les configurations ” par défaut ” de votre ordinateur (comme le Panneau de Configuration Internet de Windows, le Gestionnaire de Configuration de MacOS ou encore l’utilitaire Internet Config pour Mac). Si elles sont utiles en certaines occasions et permettent, par exemple, de conserver les mêmes paramètres au sein de plusieurs applications liées à l’internet, il serait bon de les anonymiser, à l’instar du navigateur, au cas où elles contiennent certaines informations personnelles. Les ménages avec enfants sont susceptibles d’avoir un ” problème de sécurité ” supplémentaire : avez-vous établi des règles claires avec eux, de sorte qu’ils sachent que l’on ne révèle aucune information personnelle à moins que vous ne l’ayez approuvé en fonction des sites visités ?

2) Prenez en main la gestion des cookies.

Les ” cookies ” sont de petits bouts d’information que les sites de Web stockent sur votre ordinateur, temporairement ou de façon quasi permanente. Les cookies sont généralement utiles et inoffensifs : ils peuvent ainsi stocker mots de passe et identifiants de sorte que vous n’ayez pas à les retaper à chacune de vos visites sur les sites qui vous ont envoyé un cookie parce que vous vous y êtes enregistrez. Cependant, les cookies peuvent aussi être utilisés en vue de mieux vous ” profiler “, enregistrant vos mouvements au sein d’un site Web, le temps que vous y passez, les liens que vous cliquez et autres détails que le gestionnaire du site veut enregistrer, généralement en vue de revendre les bases de données et fichiers clients où sont recoupées toutes ces informations. La plupart des cookies ne peuvent être lus que par la société qui les a émis. Cependant, certaines entreprises, notamment celles qui gèrent les bandeaux de pub en ligne, effectuent un recoupement et une traçabilité des internautes à partir des cookies, c’est parfois l’essence même d’une partie de leurs activités. Elles peuvent ainsi connaître les sites que vous visitez, les bandeaux de publicités sur lesquels vous cliquez, etc., et partager ces informations avec les sites Web de tous leurs clients (qui peuvent se compter par centaines, parfois par milliers). Ainsi de DoubleClick, AdCast ou LinkExchange. http://privacy.net/track, ainsi que la CNIL (en français) vous en offriront la démonstration.

Les navigateurs permettent dorénavant de prendre le contrôle des cookies. Netscape, par exemple, vous propose d’être tenu informé dès qu’un site tente d’enregistrer un cookie sur votre disque dur tout en vous donnant quelques informations supplémentaires sur ce cookie. Vous avez ainsi la possibilité de l’accepter ou bien de le refuser (soyez vigilants dès que l’utilité du cookie ne vous paraît pas ou peu claire, s’il renvoie vers un site autre que celui que vous visitez, ou qui ne sont pas temporaires). Vous pouvez aussi bloquer systématiquement tous les cookies émanant de sites tiers -autres que ceux que vous visitez-, voire absolument tous les cookies (ce qui pourra cela dit gêner la consultation de certains sites). Internet Explorer propose lui aussi une interface de gestion des cookies vous permettant d’autoriser ou de refuser tels ou tels sites à vous envoyer des cookies, ainsi qu’à interdire l’utilisation d’un cookie suspect émanant d’un site que vous avez pourtant autorisé à vous envoyer des cookies. Avec Internet Explorer, vous pouvez aussi autoriser, temporairement, un site à vous envoyer des cookies, avant que de le lui interdire (par exemple lorsqu’un site de commerce électronique requiert l’utilisation des cookies pour traiter votre commande, mais que vous ne vouliez pas pour autant l’autoriser à effectuer une traçabilité de votre navigation, des produits que vous consultez, des liens sur lesquels vous cliquez, etc.). En activant la notification systématique des cookies, vous risquez de voir apparaître un grand nombre de pop-ups, mais un peu de pratique vous permettra de cliquer sur le bouton “Refuser” de façon si rapide que vous ne vous en rendrez même plus compte. L’idée est de n’autoriser que les seuls cookies dont vous avez réellement besoin ET qui émanent de sites auxquels vous faites confiance. Vous pouvez aussi décider d’utiliser un navigateur “alternatif” tel que Mozilla (Windows, Mac, Linux), Opera (Windows, Mac, Linux), Konqueror (Linux) ou iCab (Mac), qui vous permettront de gérer encore plus efficacement les cookies.

Vous pouvez aussi vous servir de logiciel et services de gestion des cookies. Ainsi, Internet Junkbuster  http://www.junkbusters.com/ht/en/ijb.htm…) fonctionne sur Win95/98/NT et Unix/Linux (mais pas Mac) et peut sélectivement bloquer des cookies (et bandeaux de pubs) à votre place, comme interMute  http://www.intermute.com/ qui bloque, en sus, les fenêtres pop-up, entre autres, mais ne marche que sous Windows). Une autre solution ne tournant que sous Windows est AdSbtract  http://www.adsubtract.com). Guidescope  http://www.guidescope.com/home/) est un produit comparable, mais fonctionnant sous Linux, Solaris et Windows. Une application Java nommée Muffin  http://muffin.doit.org/) est également disponible : elle fonctionne sous Mac, Windows et Unix et est conçue pour des utilisateurs aguerris, à mesure qu’elle est complexe à installer et à faire fonctionner correctement. Vous pouvez aussi utiliser, sous Mac, Linux et Windows, WebWasher  http://www.webwasher.com/), qui sert à filtrer les bandeaux de publicité et permet une gestion relativement poussée des cookies, notamment grâce aux plug-ins Seclude-It et Secretmaker disponibles sur le site. Voir aussi, toujours sous Windows, CookiePal  http://www.kburra.com/cpal.html) et http://www.thelimitsoft.com/cookie.html. Il existe également de nombreux logiciels ” bouffeurs de cookies “, qui travaillent en tâche de fond ou bien en temps réel et qui s’occupe d’effacer et gérer les cookies pour vous, tels qu’iDcide, CookieCop, Cookie Manager, Cookie Wall, etc. (voir l’excellent site Web et Sécurité pour une présentation plus détaillée de ces utilitaires - http://websec.arcady.fr). De même que si vous bloquez entièrement l’accès aux cookies, vous pouvez connaître quelques problèmes en visitant les sites qui exigent l’utilisation des cookies (bien que dans la plupart des cas le pire qui puisse se produire est d’avoir à retaper vos identifiants et mots de passe que vous pensiez avoir sauvegarder). Effacer vos cookies de façon périodique est également une très bonne méthode qui, si elle permet toujours aux sites de surveiller ce que vous faites, ne serait-ce que pour une courte période (c.-à-d. le temps entre deux suppressions successive des cookies), permettra de contrecarrer les tentatives de surveillance et de traçabilité de vos mouvements en ligne.

Une autre option est de passer par un ” intermédiaire ” (qu’il s’agisse d’un logiciel ou encore d’un service en ligne), tel que le SiegeSurfer de SiegeSoft  http://www.siegesoft.com/_html/tutorial….), Freedom de Zero Knowledge Systems  http://www.freedom.net), entre autres. Ils fonctionnent en tant que filtre ou écran entre vous et les sites que vous visitez, et peuvent complètement masquer qui vous êtes, d’où vous venez (et bloquer tous les cookies) face aux sites Web que vous visitez. La plupart tournent sous Windows uniquement, mais l’Anonymizer  http://anonymizer.secuser.com/) ou encore Orangatango  http://www.orangatango.com/), offrent eux aussi un tel service quelle que soit votre système informatique. Mais ATTENTION : ne confondez pas les “infomédiaires” honnêtes avec les “services de gestion de l’identité” tels que le Passport de Microsoft ou DigitalMe de Novell. Si ces services peuvent s’avérer pratiques, c’est au prix de votre vie privée, ces sociétés cherchant moins à vous servir qu’à engranger un maximum de données personnelles à des fins marketing.

La solution idéale, qui placerait à l’intérieur même du navigateur un outil complet de gestion des cookies, n’existe pas encore. Seule une pression accrue des utilisateurs sur Microsoft, Netscape et autres fabricants de navigateurs permettrait d’y arriver. Les internautes devraient être à même de pouvoir rejeter les cookies émanant d’un site dans sa totalité, de refuser par défaut tous les cookies renvoyés à des tierces parties, de refuser tous ceux qui ne sont pas essentiels à la transaction en cours, de recevoir la notification de ce à quoi va servir exactement tel ou tel cookie, et de pouvoir déterminer à l’avance des comportements et autorisations par défaut plutôt que d’avoir à interagir avec les cookies un par un. Ce n’est tout simplement pas possible à ce jour. Vous pouvez ainsi contacter la compagnie qui distribue votre navigateur et exigez que ces dispositifs essentiels soient rajoutés dans la prochaine version du logiciel.

3) Gardez une adresse e-mail ” propre “.

Que vous écriviez par e-mail à quelqu’un que vous ne connaissez pas, ou bien sur un newsgroup, une liste de discussion, un chatroom ou n’importe quel autre espace public sur le Net, que vous éditiez une page Web mentionnant votre adresse e-mail (identification obligatoire selon la récente Loi sur la Liberté de Communication, connue comme sous l’appellation d’ ” amendement Bloche ” – voir http://www.uzine.net/rubrique30.html), il est préférable d’utiliser un compte alternatif ou une adresse pseudonyme, et de n’utiliser votre véritable adresse, ou celle que vous préférez, qu’auprès de listes restreintes, sinon fermées, ainsi que de personnes que vous connaissez bien en qui vous avez entière confiance. Les adresses qui sont postées (même si elles elles n’apparaissent que dans les en-têtes des messages) dans les espaces publics peuvent en effet facilement être découvertes par les spammers (qui envoient des courriers, généralement publicitaires, non sollicités) et être ajoutées à leur liste de ” cibles “. Le jour où votre adresse publique sera tellement spammée que cela deviendra vraiment gênant, vous n’aurez plus qu’à la détruire et vous en créer une autre. Vos amis, patron, etc., connaîtront toujours votre ” véritable ” adresse. Vous pouvez utiliser un fournisseur d’e-mail gratuit (supporté par la pub) tel que Hotmail ou Yahoo pour créer de tels comptes alternatifs. Il est préférable d’utiliser pour votre compte principal l’e-mail fourni par votre Fournisseur d’Accès Internet, sans oublier d’examiner leur charte de protection des données personnelles (surtout s’ils sont eux aussi des ” gratuits “), à mesure que les fournisseurs d’e-mails ” gratuits ” peuvent empiéter sur votre vie privée. Vous pouvez aussi préférez utiliser un ” package ” e-mail qui donne à l’utilisateur plusieurs identifiants et adresses (fournisseurs d’” alias ” et de redirection d’adresses e-mails) de sorte que vous n’ayez pas à passer par de multiples services en vue d’utiliser plus d’une seule adresse e-mail (mais vous risquez alors de devoir vous connecter au web plutôt que de pouvoir utiliser votre logiciel de courrier électronique, la majeure partie des fournisseurs d’adresses e-mails “gratuites” interdisant l’utilisation des protocoles POP et IMAP). Au cas où vous seriez tenu de fournir une adresse e-mail afin d’accéder à un site ou un service (mais qu’aucun code d’accès n’est envoyé à cette adresse, qui ne sert qu’à remplir les bases de données clients), n’hésitez pas à utiliser une adresse de type “utilisateur@example.com” : example.com est un site fictif reconnu comme tel par les standards de l’Internet, ce qui permet de vous assurer que vous ne risquez pas, en donnant une adresse e-mail qulconque, de spammer la BAL d’un quelconque internaute.

4) Ne révélez jamais de détails personnels à des inconnus.

La vitesse de l’Internet est souvent reflétée par la rapidité avec laquelle on se crée de nouveaux cercles, en ligne, de connaissance et d’amis. Mais il est important de ne pas oublier que l’on ne sait jamais vraiment qui sont ces personnes ni comment elles sont dans la ” vraie vie “. A mille kilomètres de distance, il est souvent impossible d’avoir des amis d’amis ni quelque référence que ce soit à leur sujet. Soyez également prudent en matière de rendez-vous en face à face. Si vous et votre nouvel e-ami vouliez vous rencontrer en personne, faites-le dans un endroit public. Amener un ami avec vous peut également s’avérer être une bonne idée. Sans être paranoïaque, mieux vaut être prudent. Des informations personnelles telles que vos nom et prénoms, lieu de travail et de résidence, numéro de téléphone (sans même parler de choses évidentes comme votre numéro de carte de crédit, etc.) devrait ainsi rester privé jusqu’à ce que vous en sachiez plus sur voter correspondant. Il va sans dire que de telles informations ne devraient pas être mises sur vos pages personnelles (l’amendement Bloche permet ainsi aux particuliers de ne s’identifier qu’auprès de leurs hébergeurs plutôt que sur leurs pages d’accueil). Si vous avez un page Web professionnelle, il est possible qu’elle contienne certaines de ces informations personnelles, mais rien ne vous oblige à révéler son existence à ceux que vous pourriez rencontrer dans les chatrooms. Pour ceci, et d’autres raisons, nombreux sont ceux qui disposent de deux pages persos, une pour le travail, une autre pour la sphère privée. Toujours dans le secteur commercial, faites très attention aux “nouveaux amis d’un jour”. Une forme classique de “social engineering” (“ingénierie sociale”, fait de manipuler quelqu’un en vu d’obtenir de lui des informations) pratiqué en matière d’espionnage industriel et économique est précisément de se lier d’amitié avec sa cible le temps qu’il révèle un certain nombre d’informations sensibles.

5) Sachez que vous pouvez être surveillés au travail.

Dans la plupart des pays, les employés ne disposent que de peu, sinon d’aucune, mesure de protection de la vie privée face à la surveillance effectuée par les employeurs. En France, sachez tout de même que si surveillance il y a, elle a dû vous être notifiée dans le règlement intérieur de votre société. Si vous discutez de points sensibles par e-mail, ou quelque autre média en ligne, soyez sûr de la personne avec qui vous parlez. Si vous répondez à un message passé sur une liste de discussion, vérifiez bien les en-têtes et l’adresse à laquelle vous répondez – votre réponse va-t-elle à la personne à qui vous répondez, ou bien à la liste tout entière ? Sachez en outre qu’un nombre croissant d’employeurs surveillent et enregistrent l’utilisation du Web par leurs employés, tout autant que leur e-mails. Ceci pourrait compromettre vos mots de passe bancaires et toute autre information sensible et privée. Gardez vos informations confidentielles et l’utilisation personnelle de l’internet pour la maison, en privé.

retour
6) Prenez garde aux sites qui offrent prix & récompenses en échange de votre contact ou de toute autre information.

Il y a de fortes probabilités qu’ils recueillent ce genre d’information pour les revendre par la suite à des firmes de marketing direct. Dans la majeure partie des cas, vos noms et adresse valent bien plus pour eux (parce qu’ils peuvent les revendre à d’autres sociétés commerciales, qui peuvent faire de même à leur tour – avec un effet boule de neige) que pour ce que vous êtes (censé) en obtenir en échange. Soyez particulièrement circonspect avec les loteries et autres concours. Vous ne gagnerez probablement pas, mais le marchand si, en tout cas si vous lui fournissez quelque information que ce soit.

retour
7) Ne répondez jamais, et sous aucun prétexte, aux spammeurs.

Le ” Spam “, ou e-mail non sollicité et envoyé en masse, est quelque chose dont vous êtes probablement déjà familier (si vous n’en avez pas marre, tout simplement). Lorsque vous recevez un spam publicitaire, ne répondez jamais à l’offre qui vous est faite, mais ne prenez pas non plus la peine de répondre avec la mention ” STOP ” (ou remove, unsubscribe, retirez-moi de votre liste, etc.) dans le titre de votre email, et ce quelle que soit l’instruction (probablement fausse) qui vous a été donnée pour ne plus recevoir ce genre de spam. Ceci est essentiellement conçu pour confirmer le fait que votre adresse est lue par une véritable personne, et non par un ordinateur, et vous vous retrouverez en un rien de temps sur des douzaines les listes de spammeurs supplémentaires. Si vous ouvrez le message, vérifiez bien la file d’attente du courrier sortant pour vous assurer qu’aucun message de ” confirmation de réception ” par retour de courrier n’a été produit automatiquement et à votre insu. Il est d’ailleurs préférable de mettre vos e-mails dans la file d’attente avant de les envoyer manuellement plutôt que de les envoyer immédiatement, de sorte que vous puissiez voir ce qui va réellement sortir avant qu’il ne soit trop tard. Si vous avez un bon Fournisseur d’Accès Internet (FAI), vous pouvez aussi leur faire parvenir les copies des spams que vous recevez afin qu’ils puissent se plaindre auprès du FAI du spammeur (ou, si vous connaissez bien le système d’en-têtes et de DNS des courriers électroniques, entrez vous-même en contact avec son FAI). Si vous recevez beaucoup de spams, un certain nombre de services de filtres et d’anti-spam sont disponibles, vous trouverez plus d’informations sur :
Collectif Anti-Spam : http://caspam.org/
Outils anti-spam : http://caspam.org/outils_anti_spam.htmlhttp://www.megagiciel.com/214.html)
Les logiciels de tri de vos e-mails  http://www.zdnet.fr/prat/guide/inte/a001… )
Un nouveau guide internet – La lutte anti-spam  http://www.imaginet.fr/ime/spam.htm)
Kit Jussieu Lutte anti-spam : http://www.prism.uvsq.fr/~pda/kit-jussie…
Combattez le Spamming sur Internet avec EuroCauce (Coalition européenne contre les e-mails non-sollicités).

8) Soyez conscient des enjeux liés à la sécurité sur le Web

Ne soumettez jamais un numéro de carte de crédit ou autre information personnelle extrêmement sensible sans vous être d’abord assuré que votre connexion est sécurisée (chiffré, cryptée). Pour cela, vérifiez qu’il y a bien, dans Netscape, un verrou fermé (Windows) ou une clé non cassée (Mac) en bas de la fenêtre de votre navigateur. Dans Internet Explorer, recherchez le verrou fermé en bas (Windows) ou près du haut (Mac) de la fenêtre du navigateur. Quel que soit le navigateur, l’URL (ou adresse Web) d’une connexion sécurisée commence par ” https: / / ” et non, comme d’habitude, par ” http:// “. Si vous êtes parvenu à la page qui requiert une telle connexion (en vue d’effectuer une transaction, par exemple), mais qu’elle affiche ” http: / / “, essayez d’y ajouter le ” s ” vous-même avant de recharger la page en cliquant sur le bouton Enter (pour Netscape et IE; pour ce qui est des autres navigateurs, conformez vous aux procédures et modes d’emploi spécifiques). Si vous recevez un message d’erreur attestant que la page ou le site n’existe pas, cela signifie probablement que la société qui gère le site est tellement mauvaise, et négligente envers vos informations sensibles et votre argent, qu’ils n’ont même pas sécurisé leur site Web. Faites donc vos affaires ailleurs.

Votre navigateur révèle un certain nombre d’informations vous concernant, à mesure qu’il est possible de relier votre adresse IP (l’identitfiant de votre ordinateur sur le réseau internet) à votre identité, tout spécialement si vous êtes connectés par ADSL ou haut débit. Pour voir une démonstration de tout ce que révèle de vous votre ordinateur, allez sur http://privacy.net/analyze/.

Soyez également attentifs aux “spywares”, ou “espiogiciels” -logiciels inclus dans un certain nombre d’applications et dont l’objectif est d’espionner subrepticement vos activités afin d’améliorer les bases de données comportementales de certaines sociétés de publicité et de marketing. Pour vous en prémunir, les utilisateurs de MS Windows peuvent instaler Ad-aware (shareware, cf http://www.lavasoft.de/), basé sur une base de données collaborative de spywares et qui désinstallera ceux qu’il trouvera dans votre ordinateurs. Les utilisateurs de Mac et Linux devraient sous peu voir apparaître de tels logiciels.

Java, Javascript et ActiveX peuvent aussi être utilisés pour vous espionner. Vous pouvez cela dit les désactiver ans le panneau de configuration ou les préférences de votre navigateur. Il est conseillé de les désactiver par défaut -vous en serez d’autant plus sécurisé- et de ne les réactiver que lorsque vous accédez à un site auquel vous faites confiance et qui en a besoin pour bien fonctionner. Si vous ne savez pas en quelle mesure votre navigateur autorise ou non ces langages, BrowserSpy vous le dira, ainsi qu’un grand nombre d’autres informations révélées par votre navigateur : http://gemal.dk/browserspy/.

Les “webbugs” (ou “pixels blancs”) sont un autre type d’”espiogiciel”, qui se manifestent générralement sous la forme d’une image invisible ou presque liée à un cookie ou à une requête javascript de sorte d’effectuer une traçabilité de votre utilisation du web. http://websec.arcady.fr/connaitre.htm est une excellente ressource pour en apprendre plus sur toutes ces formes d’espionnage marketing (voir aussi, en anglais, la webbug FAQ : http://www.nthelp.com/OEtest/web_bug_faq…). Il est relativement difficile d’arriver à discerner le “webbug” d’une image légitime et non-invasive. Cf, à ce propos, le détecteur de webbug de la Privacy Foundation  http://www.bugnosis.org/ – pour Windows MSIE seulement). Lorsqu’un webbug apparaît dans un pop-up (petite fenêtre généralement publicitaire), le plus simple est de fermer le pop-up. Si cela s’avère impossible (notamment en raison d’un javascript qui cherche à vous en empêcher), fermez toutes les autres fenêtres et vous pourrez normalement fermer le pop-up. Une autre technique permettant de combattre les webbugs est d’interdire tout cookie en provenance de DoubleClick, AdCast, LinkExchange et autres serveurs de publicité, ainsi que tout cookie émanant d’un site autre que celui que vous visitez (la majeure partie des cookies provenant de sites “tiers” sont es webbugs). Sachez enfin que les logiciels de courrier électronique et de consultation des newsgroups capables de lire les e-mails au format HTML peuvent eux aussi servir à activer un webbug. N’hésitez pas à interdire l’utilisation des cookies (et de javascript) dans les préférences de ces logiciels à mesure que les cookies ne sont d’aucune utilité en matière d’e-mail et de newsgroups.

9) Soyez conscient du degré de sécurité de votre ordinateur personnel.

L’autre donnée du problème réside dans votre propre ordinateur, qui peut s’avérer être le point sensible pour la sécurité de vos transactions sur l’Internet. Si vous avez un accès câble, ADSL ou quelque autre connexion à l’Internet pouvant fonctionner 24h/24, à la différence d’une connexion ” normale ” par modem et téléphone, n’oubliez pas d’éteindre votre ordinateur quand vous ne l’utilisez pas. La plupart des ordinateurs personnels disposent en effet d’un niveau de sécurité pitoyablement faible comparé aux postes de travail d’Unix qui gèrent la plupart des sites Web commerciaux. Les pirates informatiques recherchent ainsi les ordinateurs personnels vulnérables et sans surveillance connectés par câbles ou ADSL, qu’ils peuvent contrôler, dévaliser ou encore fouiller en profondeur (à la recherche de mots de passe, n° de cartes de crédits, et autres données sensibles) avec une déconcertante facilité, sans parler des cas où ils se servent de votre propre ordinateur en vue d’attaquer tel ou tel système informatique distant, attaques dont vous pourriez être tenu pour responsable. L’utilisation d’un firewall peut s’avérer particulièrement utile en pareil cas.

10) Examinez les chartes de protection des données personnelles, et leurs ” labels “.

Au moment de décider si vous allez ou non faire des affaires avec un site Web, il y a d’autres facteurs tout aussi important en matière de sécurité internet qu’une connexion sécurisée. Le site fournit-il un contact hors ligne, y compris une adresse postale ? Le site a-t-il mis en évidence une charte de protection des données personnelles et de la vie privée ? Si oui, qu’indique-t-elle ? Ce n’est pas parce que l’on établit une ” charte ” que celle-ci va vous protéger. Voyez par vous-même : la plupart d’entre-elles sont essentiellement conçues sous forme de mises en garde censées vous signifier que vous n’avez aucune garantie en matière de vie privée ! Prenez donc le temps de les lire attentivement. Si la charte vous semble CORRECTE, avez-vous une quelconque raison de croire qu’elle sera respectée ? Avez-vous jamais entendu parler de cette société ? Quelle est sa réputation ? Authentifient-ils leur charte (ou ” Privacy Statement “) avec un label tel que celui de Webtrust  http://www.webtrust.org/) et L@beliste (introuvable sur le Web) , tous deux recommandés par la CNIL, ou encore TRUSTe  http://www.truste.org) et BBBonline  http://www.bbbonline.org) ? De tels programmes garantissent la bonne tenue des sites de Web en fonction de quelques normes de base, mais peuvent aussi leur retirer, avec pertes et fracas, mais en fanfare, leurs permis d’approbation et leurs labellisations à ces douteuses sociétés qui ne tiennent pas leurs engagements. Mais s’il y a un label, il n’y a pas de problème, ” on ” s’occupe de nous ! Vérifiez d’abord que le label n’a pas été contrefait (il suffit pour cela de copier-coller le logo…). Examinez soigneusement les conditions requises, et normes appliquées, d’autant plus si vous vous contentez de souscrire à un service plus que de seulement acheter un produit. Vérifiez bien qu’il ne s’agit pas d’une escroquerie qui vous refacturera plusieurs fois le même service, et faites attention aux frais cachés.

11) Rappelez-vous que c’est VOUS qui décidez quelles informations vous révélez sur vous-même, quand, pourquoi et à qui.

Ne donnez pas trop facilement d’informations personnellement identifiables. De même que vous y penseriez à deux fois avant de donner à un employé du supermarché l’adresse de votre domicile et votre numéro de téléphone, gardez à l’esprit que ce n’est pas parce qu’un site vous demande certaines informations personnelles que vous êtes obligé de les lui donner. Vous devez naturellement fournir des informations de facturation précises et à jour lorsque vous achetez quelque chose en ligne, mais si vous vous inscrivez à un site ” gratuit ” un peu trop un fouineur à votre goût, il n’existe aucune loi contre le fait de leur fournir des informations pseudonymes (cela dit, il serait probablement plus poli de lui fournir une adresse à l’évidence fausse, telle que ” 123 rue lambda, nulle part, 0000 ici “. Au cas où il générerait des envois publicitaires basés sur ces informations – vraisemblablement en accord avec les conditions imposées par sa charte de protection de la vie privée – il pourrait ainsi a priori enlever une telle adresse de son fichier, et donc éviter le gâchis postal, et l’affranchissement. Mais n’utilisez JAMAIS pour autant l’adresse de quelqu’un d’autre ! Cela dit et au cas où vous soyez tenu de signifier votre accord aux conditions d’utilisation d’un service gratuit, assurez-vous que le contrat ne prévoit pas de poursuites judiciaires pour ceux qui donneraient de fausses informations…

12) Mettez-vous à la cryptographie !

Au final, et même si cela n’est jamais qu’une introduction en la matière, il existe d’autres menaces pesant sur votre vie privée que celles émanant de marchands peu scrupuleux, patrons espions, spammeurs et escrocs. On peut ainsi, aussi , parler de l’espionnage industriel, de la surveillance gouvernementale, de l’usurpation d’identité, des anciens associés qui se font la guerre, et des pirates informatiques. Des logiciels de cryptage pour les e-mails et les fichiers, relativement simples d’utilisation, sont disponibles gratuitement, tel que Pretty Good Privacy (PGP, disponible sur http://come.to/pgpenfrancais), qui fonctionne sur presque tous les ordinateurs et dans la plupart des principaux logiciels de courrier électronique. Un bon cryptage se sert de codes secrets particulièrement robustes, très difficiles sinon impossibles à cracker, en vue de pouvoir réellement protéger vos données. Vous pouvez également passer par des services et outils spécialisés (certains gratuits, d’autres non) qui se passent d’intermédiaires et permettent de se connecter via un ” tunnel ” sécurisé et crypté, ou de façon anonyme, ou encore d’éditer une page Web de façon anonyme. Anonymizer  http://anonymizer.secuser.com/) offre ainsi tous ces services, quand d’autres produits comme FSecure SSH  http://www.fsecure.com/products/ssh/) et SecureCRT  http://www.vandyke.com/products/securecr… proposent (entre autres choses) de véritables tunnels de SSH en packages.

Un jour viendra, heureusement, où le cryptage des données et la sécurité informatique seront tout simplement inclus, à la base, dans tous les services offerts par les Fournisseurs d’Accès Internet et les systèmes d’exploitation informatique. En attendant, nous ne saurions que trop vous conseiller de chercher activement un bon FAI et de bons logiciels.

retour
Pour plus d’information sur la protection de votre vie privée en ligne:

* Web & Sécurité (cookies, spywares, firewalls, utilitaires…) : http://websec.arcady.fr
* Bug Brother (anonymizers, remailers, crypto, stégano…) : http://www.bugbrother.com
* PGP en Français : http://come.to/pgpenfrancais
* CNIL (découvrez comment vous êtes pistés sur internet) : http://www.cnil.fr
* EFF Privacy Archive - http://www.eff.org/pub/Privacy
* “Protecting Yourself Online” Book - http://www.eff.org/promo/protectbook.htm…
* TRUSTe’s “Protecting Your Privacy Online” FAQ - http://www.truste.org/users/users_protec…
* Privacy Rights Clearinghouse - http://www.privacyrights.org
* Privacy International - http://www.privacyinternational.org/

L’Electronic Frontier Foundation (EFF, http://www.eff.org) est la pionnière des organisations de défense des droits et libertés civiles de l’ère digitale. Créée en 1990, l’EFF encourage et défie activement l’industrie et les gouvernements à soutenir la liberté d’expression, la vie privée et l’ouverture de la société de l’information. L’EFF est soutenu par nombre d’organisations et maintient l’un des sites les plus connus dans le monde (on ne compte plus le nombre de sites qui ont un lien vers celui de l’EFF, notamment grâce à la campagne du Ruban Bleu destiné à soutenir la liberté d’expression).


Sphere: Related Content

May 26, 2007

La désinformation

Filed under: Infoguerre — derkraken @ 8:34 am

« La désinformation consiste à propager délibérément des informations fausses pour influencer
une opinion et affaiblir un adversaire. »
- “Propager” sous-entend un caractère public. Plus que le simple bouche-à-oreille ou l’usage de
messages privés, il faut avoir recours à des médias et à des vecteurs.
- “Délibérément” demande au moins chez l’acteur la connaissance de sa finalité, même si les
“repreneurs” et propagateurs de l’information peuvent être inconscients du processus. Qui se
ment à soi-même par erreur ou aveuglement idéologique ne peut désinformer mais seulement
répandre la désinformation.
- “Des informations” ce qui requiert qu’il s’agisse de relations de faits, de descriptions de la
réalité, non de simples jugements moraux ou opinions. La désinformation a pour base la
description d’événements fictifs.
- “Fausses” implique qu’elle comportent des affirmations contraires à la réalité ou recadrées de
façon à en altérer l’interprétation. Il ne saurait s’agir de simple rhétorique, d’exagération, etc. qui
ne constituent pas un processus de falsification. Ni même de constructions ou explications de la
réalité à l’aide de stéréotypes ou catégories idéologiques. Le mensonge dans la désinformation
porte sur la réalité qu’il décrit, sur la personne ou l’appartenance de qui la rapporte et sur le but
de son énonciation qui est de provoquer un dommage. Cela en fait une sorte de mensonge au
cube. Et un jeu à trois : initiateur, public, victime. La désinformation fait souvent appel de
véritables mises en scène ou la construction d’apparences de réalité. Cela marque la frontière
entre la falsification et la simple illusion. Les politiques de “deux poids deux mesures” dans la
présentation des faits par les médias lorsqu’ils donnent plus de place à ce qui accable un camp
qu’un autre ou les procédés de ceux qui n’appliquent pas les mêmes critères d’indignation en
fonction d’un régime ne constituent pas de la désinformation.
- “Pour influencer une opinion” veut dire que l’on cherche à imposer une croyance ou des
attitudes à un public plutôt qu’une décision à un responsable, même si les deux peuvent se
combiner. Ce public peut être l’opinion adverse, des alliés, des neutres ou l’opinion
internationale en général ; on peut viser le grand public ou des cercles plus restreints. La
désinformation se distingue de l’intoxication qui est la fourniture délibérée d’éléments de
décision erronée à l’adversaire. La désinformation n’est possible que là où existent un espace
public, un lieu de débat et une pluralité d’opinion et de connaissances. Elle n’a de sens que là où
sont en concurrence diverses sources de savoir et diverses interprétations. Big Brother ne
désinforme pas, il contrôle le présent, le passé et le futur, il contrôle jusqu’à la langue même.
Dans un système totalitaire, il y a la vérité officielle et la rumeur clandestine. Le dictateur dicte
ce qui doit être su et cru, et pour y résister on ne peut recourir qu’à une propagation clandestine
de contre-information. La désinformation n’est donc possible que là où il y a connaissance
imparfaite de la réalité, non-fiction absolue, là où règne au moins un pluralisme apparent.
- “Et affaiblir un adversaire” : la désinformation est un instrument utilisé dans un conflit. Elle
sert à diminuer les capacités offensives de l’autre. Ceci se fait, soit en divisant l’autre camp, soit
en l’inhibant (moralement, par désorganisation, etc…). Ce procédé vise à produire un dommage.
En cela, la désinformation, toujours négative ou agressive, diffère de la publicité commerciale,
de l’endoctrinement, etc. dont la finalité est d’obtenir l’adhésion. C’est pourquoi elle recourt à
l’imputation d’actes ou d’intentions inavouables à l’adversaire, à la perversion de son image ou
plus simplement encore la désinformation accroît la confusion et le désordre. Elle devient alors
le contraire de l’information au sens étymologique : mise en forme de connaissances. Ceci se
réalise à travers deux dimensions de la croyance qu’elle suscite : d’une part comme incitation
propageant des passions et sentiments de manière quasi épidémique, telle de la haine, et, d’autre
part, comme représentation erronée, confuse, biaisée de la réalité. Le délire idéologique, la
faculté d’auto-illusion, la clôture informationnelle, l’hallucination interprétative, et tant d’autres
formes de déni de la réalité dont il existe de multiples exemples ne constituent pas de la
désinformation, pour autant qu’elles ne sont pas dirigés contre un adversaire.
La désinformation se distingue ainsi du mensonge, de la ruse, de l’intoxication, de la légende, de
la rumeur, de la publicité, du bobard journalistique, du faux bruit, du trucage, de la rhétorique, et
de la propagande, même si elle fait peu ou prou appel à ces éléments.
Internet s’est souvent révélé le domaine où la mauvaise information chasse la bonne. Il manque
des procédures d’accréditation ou de vérification fiables. Ce que nous avons théoriquement
gagné en pluralité de sources d’information, il se pourrait que nous l’ayons perdu en capacité de
vérifier les sources ou en temps de réaction. Comment la vieille désinformation joue-t-elle de
tant de mésinformation potentielle ?
La technique change les facilités, les fragilités et les finalités de la désinformation.
La facilité de la désinformation s’accroît.
La production est simplifiée La fabrication de faux, y compris de fausses images numériques
parfaites, est à la portée de tous les logiciels. Leur introduction sur Internet, parfois de façon
anonyme et plus vite que les grand médias, est accessible à tout un chacun. Plus besoin
d’imprimerie ou de bureaux, plus besoin de soumettre sa prose à un directeur de publication
pénalement responsable.
La propagation – cela va de soi – est plus commode : les réseaux échappent à toutes les frontières
ou à toutes les censures
La réception rencontre moins d’obstacles : l’énorme masse de l’information disponible, plus le
nombre de sites ou de médias classiques qui se recopient mutuellement. Le tout n’encourage
guère l’esprit critique.
Le plus jeune média du monde réactive le plus archaïque : la rumeur. Elle se caractérise par son
contenu (elle porte sur des sujets amusants, surprenants, croustillants ou scandaleux, souvent en
rapport avec de grands thèmes symboliques, l’argent caché, le complot, l’empoisonnement,
etc…) La rumeur suppose aussi un minimum de vraisemblance : soit elle dénonce une faute ou
un scandale, soit elle relate un malheur, une catastrophe. Elle a un certain degré de rareté et de
confidentialité qui lui donne sa valeur d’échange (il y a ceux qui savent et ceux qui ne savent
pas). Elle semble ou prétend souvent contredire une vérité ou un silence officiel et surtout,
surtout elle se réclame d’une source inconnue ou invérifiable, toujours indirecte. Toutes les
conditions sont donc réunies pour faire d’Internet son milieu de propagation idéal.
L’existence de communautés d’internautes recherchant la moindre occasion de diffuser et
commenter une nouvelle, de lancer une chaîne, de se valoriser en étant les premiers informés le
rend aussi réceptifs aux cancans de commères en réunion. Le village global annoncé par Mc
Luhan est bien un village, y compris par la médisance et la vacuité des propos.


Sphere: Related Content

May 25, 2007

le Pacte du Logiciel Libre

Filed under: Textes — derkraken @ 8:36 am

Législatives 2007 : l’APRIL propose le Pacte du Logiciel Libre.

Dans le cadre de l’initiative candidats.fr, l’APRIL propose aux citoyens d’encourager les candidats aux élections législatives à signer Le Pacte du Logiciel Libre.

Le Pacte du Logiciel Libre est un document simple permettant aux électeurs de savoir quel candidat dans leur circonscription a conscience des enjeux du Logiciel Libre et s’est engagé à promouvoir et défendre les libertés qui y sont associées.

Le Pacte du Logiciel Libre est également un outil permettant à tous les citoyens attachés au Logiciel Libre de sensibiliser les candidats quant à la responsabilité qui sera la leur s’ils sont élus;

(…)

—-

Source : Billet d’annonce et de présentation du Pacte du Logiciel Libre

 http://candidats.fr/index.php/2007/05/24… l-april-propose-le-pacte-du-logiciel-libre

Références contenues dans le billet

I- Le Pacte du Logiciel Libre
 http://april.org/actions/le-pacte-du-log…

*Logos « J’ai signé le pacte du Logiciel Libre » destinés aux sites des candidats, formations politiques, associations, syndicats, …

 http://april.org/actions/le-pacte-du-log… tml

II – Compléments

*Coordonnées des candidats aux législatives 2007 (mise à jour collaborative, aide bienvenue)
 http://www.candidats.fr/legislatives2007…

*FAQ/How-to : comment briser la glace ? comment convaincre ?
 http://wiki.april.org/phpwiki/index.php/…

*Un argumentaire de base pour expliquer ce qu’est le Logiciel Libre et les enjeux
 http://wiki.april.org/phpwiki/index.php/…

*Un inventaire sur les menaces qui pèsent sur le Logiciel Libre
 http://wiki.april.org/phpwiki/index.php/…

*Les cahiers Candidats.fr Présidentielles 2007

 http://www.candidats.fr/index.php/2007/0… s-cahiers-candidatsfr

*Les réponses au questionnaire Candidats.fr Présidentielle 2007 (Bayrou, Besancenot, Bové, Buffet, Le Pen, Royal, Sarkozy, Voynet)
 http://www.candidats.fr/annuaire.php


Sphere: Related Content

Et c’est reparti!

Filed under: Infos — derkraken @ 6:53 am

Les signes avant coureurs avait été nombreux: déclarations de N.$arkozy lors de sa campagne, créations de start up spécialisées dans le domaine de la surveillance du p2p, ballon d’essai de la part de la société logistep, création d’un espace de discussion avec les internautes de la part de la SNEP(la vaseline koi) etc….
Maintenant ça y est, la guerre reprend:

“C’est une très mauvaise nouvelle pour les internautes français. La décision de la CNIL du 18 octobre 2005 de geler la surveillance généralisée des internautes en France a été invalidée aujourd’hui par le Conseil d’Etat. La chasse aux pirates devrait ainsi pouvoir reprendre et le climat se tendre à nouveau…

L’industrie du disque l’avait vécue comme un coup de massue. Le 18 octobre 2005, la CNIL avait rejeté les dossiers de deux organisations de protection des droits des auteurs (Sacem et SDRM) et deux des producteurs (SCPP et SPPF) qui souhaitaient organiser depuis la France une surveillance des infractions réalisées sur les réseaux Peer-to-Peer. La Commission Nationale de l’ Informatique et des Libertés avait “procédé à un examen approfondi des dispositifs” qui lui étaient proposés, et avait “estimé que les dispositifs présentés n’étaient pas proportionnés à la finalité poursuivie”. Elle avait refusé d’autoriser l’envoi par les FAI de messages de prévention et surtout la collecte systématisée des adresses IP des internautes pris en flagrant délit de téléchargement illégal. Elle reprochait notamment que les sociétés de gestion puissent être à la fois procureurs et parties, en définissant elles-mêmes les seuils de tolérance et ceux au dessus desquels l’adresse IP était envoyée à un juge.

Dans un communiqué, la Société Civile des Producteurs de Phonogrammes en France (SPPF) nous apprend que “le Conseil d’Etat vient d’annuler en totalité la décision de la CNIL du 18 octobre 2005 qui avait refusé l’autorisation demandée par la SPPF en vue de procéder à des traitements lui permettant de lutter contre le téléchargement illégal d’enregistrement musicaux via les réseaux P2P”. Selon son interprétation de l’arrêt de la cour administrative (dont Ratiatum n’a pas encore connaissance), le Conseil d’Etat aurait considéré que, compte tenu du nombre de personnes procédant à des téléchargements illégaux, le dispositif proposé était proportionnel à l’étendue de la piraterie “et donc parfaitement justifié”.

La SPPF, qui représente les producteurs indépendants, dit accueillir avec beaucoup de satisfaction cette décision, considérant que la décision de la CNIL l’avait empêché de mener les actions de prévention et de répression de la piraterie musicale. “Cette triste « exception française » explique pour partie le retard considérable dans le développement du marché légal de la musique en ligne sur notre territoire”, estime la SPPF.

Celle-ci annonce qu’elle va à nouveau formuler une demande d’autorisation à la CNIL, ce qui annonce le retour des actions judiciaires contre des internautes en France. La décision du Conseil d’Etat intervient pourtant dans un contexte d’apaisement, avec la volonté affichée par les majors d’établir un dialogue constructif avec les internautes plutôt qu’une levée d’armes et de boucliers de chaque côté de tranchées virtuelles…”

Sources :ratiatum

Les règles de la chasse aux pirates révélées par la justice
49, un chiffre magique

L’arrêt du Conseil d’État sanctionnant la décision de la CNIL a enfin été publié. Pour mémoire, le Conseil d’Etat a annulé les décisions d’octobre 2005 de la Cnil qui refusait d’autoriser les Sacem, SDRM, SCPP et SPPF à mettre en place un traitement automatisé pour constater des infractions en matière musicale sur les réseaux P2P. Avec cette annulation, les quatre sociétés d’auteur vont pourvoir redemander un sésame à la CNIL dans les prochains jours (notre actualité).

Le contenu de l’arrêt n’est pas dénué d’intérêt puisqu’on y découvre à la lettre ce qu’envisageaient les sociétés d’auteur en matière de contrôle automatisé. Avec cette remise à plat, il y a de fortes chances de voir un régime similaire être mis prochainement en place en France.

Calibrage et ciblage avancé

Un système bien huilé : les sociétés partent d’un catalogue de 10 000 titres à surveiller, catalogue actualisé à 10% toutes les semaines. Dans une première phase dite de calibrage ou de ciblage et durant 24 heures, il s’agit d’identifier « les internautes mettant gratuitement de manière régulière à disposition de tiers des fichiers musicaux ». A l’issue de cette phase, les comptes sont faits.

Ceux ayant mis à disposition moins de 50 fichiers musicaux devaient recevoir un message d’avertissement qui leur signale « les conséquences juridiques de la pratique de la contrefaçon ». Ceux qui ont mis à disposition plus de 50 fichiers, passent dans la seconde phase, dite de « ciblage avancée ». Durant 15 jours, ces gros poissons sont alors placés en surveillance rapprochée, épiés dans leurs faits et gestes sur les réseaux P2P.

Le bulletin de (mauvaises) notes

Ensuite, vient l’heure du bilan : si pendant cette période l’internaute met entre 500 et 1000 fichiers musicaux à disposition des tiers, il pourra faire l’objet de poursuite devant le juge civil (demande de dommages et intérêt pour couvrir le préjudice de Johnny et consorts). S’il met à disposition plus de 1000 fichiers, le dossier est susceptible d’être traité devant le juge pénal (amende et prison éventuelles, et demandes de dommages et intérêts).

On notera au passage que le Conseil d’État a estimé illégal, comme la CNIL, le système de message préventif d’information envoyé par les ayants droit aux particuliers. Pris dans l’étau légal et de la jurisprudence du Conseil Constitutionnel, il souligne que la seule solution envisageable est la solution pénale : ces traitements de données nominatives ne peuvent être faits que dans l’optique répressive et non dans cette optique éducative. En résumé donc, seule la solution « dure » risque d’être envisagée pour la nouvelle demande des ayants droits.

Sources: http://www.pcinpact.com/actu/news/36574-…

Pour résumer:
- Pendant 24h, moins de 50 fichiers : un mail d’avertissement
- Dès 50 fichiers : durant 15 jours, ces gros poissons sont alors placés en surveillance rapprochée, épiés dans leurs faits et gestes sur les réseaux P2P.
- Si pendant cette période l’internaute met entre 500 et 1000 fichiers musicaux à disposition des tiers, il pourra faire l’objet de poursuite devant le juge civil (demande de dommages et intérêt pour couvrir le préjudice)
- S’il met à disposition plus de 1000 fichiers, le dossier est susceptible d’être traité devant le juge pénal (amende et prison éventuelles, et demandes de dommages et intérêts).

Le système de surveillance contiendra 10′000 fichiers à surveiller au début, pour être étendu de 10 % par semaine.

Donc, pour mener à bien ce nouveau round:

-Faites la promotion des oeuvres libres sur tous les supports possibles(blogs, forums, emails etc…) Ainsi qu’IRL. Une liste de ces oeuvres est disponible ici:
 http://rezal404.org/wikini/wakka.php?wik…

Les licences libres sont décrites ici:
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_lib…

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_Art…

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Licences_Cr…

-Cessez de télécharger des oeuvres non libres, ainsi que de les partager.
Vous ne serez ainsi pas dans l’illégalité et vous cesserez d’offrir une promotion gratuite aux oeuvres non-libres

-Lisez et diffusez ces oeuvres:
 http://www.freescape.eu.org/piraterie/

 http://alban.martin.googlepages.com/

 http://www.framasoft.net/article3117.htm…


Sphere: Related Content

May 22, 2007

Engagez, rengagez vous!

Filed under: Textes — derkraken @ 10:57 am

Richard Stallman appelle les citoyens français épris de liberté
informatique à adhérer à l’APRIL.

Fondée en 1996, l’APRIL est devenue aujourd’hui l’acteur reconnu et
incontournable pour la promotion et la défense du logiciel libre. Pour
encore mieux promouvoir et défendre le logiciel libre l’APRIL a lancé
le samedi 19 mai 2007 une campagne d’adhésion [1] dont l’objectif est
d’atteindre les 1 500 adhérents et de permettre de renforcer son
équipe de permanents avant la fin de l’année. L’APRIL a besoin de
votre soutien.

Présent en France à cette occasion [2], Richard Stallman,
président de la Fondation pour le Logiciel Libre, a déclaré :

« L’APRIL joue en France un rôle fondamental et unique pour la
promotion et la défense du logiciel libre et de ses différents
acteurs. La liberté informatique est un enjeu de société et il est
essentiel, aujourd’hui plus encore qu’avant, de soutenir celle-ci en
rejoignant l’APRIL. J’encourage tous les citoyens épris de liberté
informatique à adhérer dès maintenant à l’APRIL »

De nombreuses menaces pèsent aujourd’hui sur le logiciel libre et les
biens communs informationnels : les brevets sur les logiciels, les
dispositifs de contrôle d’usage (DRM), la remise en cause de
l’interopérabilité ou la fausse interopérabilité, l’informatique
déloyale, la vente liée, les lois nationales créant de une insécurité
juridique comme DADVSI, les traités internationaux en préparation, les
campagnes de désinformation menées dans les médias ou dans le milieu
scolaire.

Simples utilisateurs de l’informatique et d’internet, vous utilisez de
plus en plus de logiciels libres sur vos ordinateurs les logiciels
libres sont par ailleurs indispensables au fonctionnement
d’Internet. Les logiciels libres permettent de s’équiper à moindre
coût, et sont donc, pour les populations les plus défavorisées, des
outils de lutte contre la « fracture numérique ». Ils garantissent un
meilleur respect des libertés individuelles face à l’informatique
déloyale consistant à dresser un profil de chaque utilisateur de
l’internet mais garantissent aussi l’indépendance technologique.

Développeurs de logiciel libre, la liberté d’exprimer votre créativité
en développant et diffusant des logiciels libres est un droit qui ne
doit être remis en question par aucune législation.

Voulez-vous apporter votre soutien à la sauvegarde des libertés
informatiques ? Un contre-pouvoir est necessaire pour defendre le
logiciel libre face à ses adversaires.

Rejoignez maintenant l’APRIL pour renforcer ses actions pour la
promotion et la défense du logiciel libre et pour intensifier une
dynamique gagnante [3]. Adhérer à l’APRIL ne vous engage pas à être
actif dans l’association.

Pour adhérer à l’APRIL c’est simple :
 http://www.april.org/association/adhesio…

Références :

[1] « Soutenez maintenant le logiciel libre – rejoignez l’APRIL »
 http://www.april.org/association/campagn…

[2] « Logiciels libres : un enjeu de société »
 http://www.april.org/groupes/csi/cycle-l…

[3] Au 19 mai 2007 l’APRIL compte 715 adhérents dont 641 particuliers,
45 entreprises, 28 associations et 1 établissement public. L’APRIL a
doublé son nombre d’adhérents en moins d’un an. L’APRIL a trois
permanents : un délégué général, une assistante de direction, un
chargé de mission.


APRIL
Soutenir le logiciel libre : http://www.april.org
01 46 49 25 15


Lettre d’information de l’APRIL
 http://www.april.org/wws/listinfo/april-…


Sphere: Related Content

May 15, 2007

Bréviaires des propagandistes

Filed under: Infoguerre — derkraken @ 6:30 am

La propagande suscite l’adhésion à une cause par des techniques de communication. Elle ne
sert pas à vendre une chose désirable (comme la publicité) ou à enseigner un savoir vrai et
utile (comme la pédagogie) ou à convaincre d’une thèse controversé (comme la rhétorique). Il
ne s’agit pas non plus de répandre des dogmes (comme le prosélytisme) ou de transformer des
adeptes en robots obéissants (comme le lavage de cerveau dans les sectes). Il s’agit d’une
performance combinant tout cela à un degré ou à un autre : persuader plus mobiliser.
Il faut faire en sorte que la cible (disons «le propagandé») :

– tienne pour vraies certaines affirmations. Ce contenu peut souvent se résumer en un
slogan : « nous dépasserons le plan quinquennal », « nous vaincrons parce que nous
sommes les meilleurs », « voter Machin, c’est assurer la paix et la prospérité », « la loi
Truc est inique et scandaleuse »…

– qu’il adhère aux valeurs et comportements qu’impliquent ces affirmations. Pareille
adhésion peut se traduire par des attitudes allant de l’acceptation passive des mesures
du gouvernement jusqu’au brûlant désir de militer ou de mourir pour la patrie. D’une
vague complicité, plus ou moins conformiste, à une conversion totale, il ne s’agit
pourtant que des degrés de l’identification de l’individu à une institution ou un projet.
Le but final est de changer le monde bien plus que de multiplier le nombre de croyants
en une vérité.

La propagande n’a de raison d’être que là où le propagandé aurait un autre choix : il aurait
pu voter Y et non X, devenir nationaliste ou libéral ou marxiste, soutenir la mondialisation
heureuse et non l’altermondialisme. Dans une société où ce choix n’existe pas, où chacun
adhère au même dogme et répète ce qu’ont répété ses pères, la question ne se pose guère.
Il faut alors parler de culture et de tradition, non d’effet de la propagande : celle-ci cherche
à gagner les esprits, plutôt qu’à les reproduire à l’identique. Il y a propagande là où une
cause s’oppose à d’autres (même si celles-ci ne peuvent s’exprimer et ne représentent
qu’un danger virtuel) et opinion à conquérir

Le propagandiste a donc deux ancêtres: le sophiste grec, ce beau parleur capable de
convaincre indifféremment du vrai ou du faux, et le prédicateur qui débarque un jour dans un
pays inconnu et en repart quand les habitants ont abandonné des dieux de leurs ancêtres pour
en adopter un nouveau. Le premier pour la qualité du discours, le second pour les relations
publiques (elles peuvent être assez exigeantes : plusieurs années de présence sur place à
enseigner et soigner, risque de martyre, voire besoin d’un miracle de temps en temps…). Le
propagandiste jouit d’un avantage que n’avaient pas les deux précédents : il maîtrises les
médias de masses et s’adresse aux masses. Pour cela, relire Aristote et Saint François Xavier,
mais avoir aussi maîtriser suivant l’époque les salles de montage, les plateaux de télévision ou
la Toile.

Dans le domaine de la propagande, la guerre de 14-18 marqua un bond en avant: l’art de gérer
l’enthousiasme des foules y atteignit une perfection inégalée. Après guerre, beaucoup cherchèrent à comprendre ce qui s’était passé. Certains propagandistes se vantèrent même
(tles G. Creel et A. Bernays aux USA) d’agir sur les ressorts de l’âme humaine et de gérer de
manière quasi industrielle les «manufacture du consentement» (une expression de W.
Lippmann autre grand praticien et théoricien). Durant la Grande Guerre, la propagande, dont
le rôle consistait surtout jusque là à glorifier le souverain ou à répandre des idées
révolutionnaires, acquiert de nouvelles dimensions :
– susciter à volonté l’hostilité des masses et leur capacité d’accepter les plus grands
sacrifices
– mobiliser et coordonner l’appareil bureaucratique et les médias de manière qui se veut
scientifique
– censurer, désinformer, contrôler les informations disponibles en dépit du pluralisme de
la presse.

Lord Ponsonby, un aristocrate anglais, socialiste et pacifiste, résuma ainsi les méthodes
utilisées pendant le conflit :
Il faut faire croire :
1 que notre camp ne veut pas la guerre
2 que l’adversaire en est responsable
3 qu’il est moralement condamnable
4 que la guerre a de nobles buts
5 que l’ennemi commet des atrocités délibérées (nous pas)
6 qu’il subit bien plus de pertes que nous
7 que Dieu est avec nous
8 que le monde de l’art et de la culture approuve notre combat
9 que l’ennemi utilise des armes illicites (nous pas)
10 que ceux qui doutent des neuf premiers points sont soit des traîtres, soit des jobards
victimes des mensonges adverses (car l’ennemi, contrairement à nous qui informons, fait de la
propagande)

Même si le décalogue de Ponsonby ne fournit pas à proprement parler une explication de la
propagande, mais un recensement de ses argumentaires en temps de guerre, il reste
remarquable par sa simplicité.

À preuve : lorsque, plus d’un demi-siècle plus tard, Alvin Toffler le ponte de la société de
l’information et de l’information warfare tente de résumer les recettes des armées modernes
(comme celles de l’Otan au Kosovo en 1999), il retombe sur une énumération assez similaire
de recettes :
• Accusations d’atrocités (atrocity propaganda, un terme datant de 14-18),
• Gonflement des enjeux (la guerre devient un affrontement métaphysique du Bien et du Mal),
• Diabolisation de l’adversaire (ce qui équivaut souvent à son « hitlérisation »),
• Polarisation (ou bien on est pour le camp du Bien, ou bien pour celui du Mal),
• Appel à la sanction divine (Dieu est avec nous),
• Méta propagande, c’est-à-dire accusation de propagande lancée contre toute information
provenant de source adverse ou toute assertion contestant la votre. Bénéfice secondaire : on
peut, par exemple, bombarder la télévision serbe, al Jazira ou al Manar sans commettre un
crime, puisque ces gens là font de la propagande pour la tyrannie et le terrorisme qui menacent la liberté d’opinion.

Quand on parle d’analyse de la propagande, il faut rendre hommage à l’IPA (Institute for
Propaganda Analysis). Cette institution fut créée dans l’entre deux guerres par des
scientifiques, inquiets de la puissance de la propagande en temps de guerre et de paix dans les
démocraties. Leur idée était de fournir au citoyen ordinaire des outils d’analyse pour détecter
la propagande, donc de ne plus en être victime.

L’IPA a surtout dénombré « 7 principes » (name calling, glittering generalities, transfer,
testimonial, plain folks, card stacking, and bandwagon) devenus des «classiques» aux USA, à
force d’être répétés

En voici une des versions avec des exemples plus récents:

1)Étiquettes péjoratives : cette technique consiste à accoler simplement un nom à un
groupe pour évoquer des images négatives et contrôler l’aspect réel ou imaginaire de
son identité évoqué du seul fait de nommer les Huns, les Boches, les Rouges, les
Viets, la Réaction les Partageux… Cette méthode renvoie à un principe plus général :
le contrôle des dénominations donc du code. Il n’est pas neutre de nommer quelqu’un
anti ou altermondialiste, progressiste ou radical, fasciste ou nationaliste, cosmopolite
ou mondialiste, libéral ou ultra-libéral, de parler d’Ordre moral ou de bonnes mœurs,
de sans-papiers ou d’immigrants en situation irrégulière. Le pouvoir commence par le
celui de nommer et de circonscrire le champ du pensable et du discutable.

2)Euphémisme et dissimulation. Cette fois les mots servent à occulter le caractère de ce
dont on parle, à le banaliser ou à lui ôter ses implications les plus gênantes. Frappe
chirurgicale sonne mieux que bombardement et « les événements d’Algérie » évoque
moins la gravité de la situation que « la guerre d’Algérie ».

3)Brillantes généralités et noms prestigieux. Cette fois encore, rien de très original. Le
propagandiste accole un terme évoquant le Bien, le Juste, le Beau… à ce qu’il désire
promouvoir. Le « camp de la paix » ou l’opération « juste cause », l’appel à tout bout
de champ à la tolérance ou à la patrie servent ainsi à capter le prestige de valeurs pour
paralyser la critique. Qui se dirait contre les Travailleurs, la Diversité ou l’Autre ?

4)Argument d’autorité : citer des personnalités prestigieuses, «des scientifiques», «des
intellectuels», les «autorités morales» voire des vedettes. Sans se demander si le fait de
très bien chanter ou d’être un remarquable spécialiste de la biologie moléculaire donne
compétence pour parler réforme fiscale.

5)Argument de banalité. Il consiste à rappeler que l’homme du commun pense que…,
Comment aller contre le bon sens populaire ? Si Monsieur Dupont ou Mr. Smith sont
de cet avis, comment contredire les évidences auxquelles croit l’homme du commun ?
On songe ici au film de Kaplan Loin de la foule déchaînée, où un présentateur de radio
gagnait un inquiétant pouvoir politique en se présentant comme le brave gars qui
reflète ce que pensent spontanément tous ses auditeurs.

6)Argument de simplicité : réduire tout à des alternatives binaires, jouer sur la paresse
mentale du public en lui proposant des explications faciles à reprendre et des jugements de valeur. C’est souvent la stratégie du Yaka…

7)Unanimisme et effet moutonnier. Cette fois, le nombre des partisans d’une idée sert à
l’appuyer. Tant de monde ne peut pas se tromper, n’est-ce pas ? Cette conviction sera
renforcée si l’on peut voir ces foules enthousiastes ou en faire partie.

8)Transfert et fausses connexions. Il s’agit d’associer la cause que l’on défend (ou
inversement) avec des symboles plus généraux positifs ou négatifs suivant le cas :
drapeaux, prières, images de héros et de grands hommes, emblèmes de la Nation,
références à la Science… Le but est de s’approprier le prestige d’une valeur positive
ou, au contraire de lier l’adversaire à la Barbarie, à l’Archaïsme, au Fascisme.

9)L’appel à la Peur: la Nation est en péril, nous subissons une invasion invisible, la
tyrannie est à nos portes, la violence monte, un complot nous menace, A va prendre le
pouvoir. La seule solution est de voter X ou de soutenir Y. Avantage collatéral, cette
technique peut se combiner avec celle du Bouc Émissaire : si tout va si mal, c’est de la
faute des étrangers, des capitalistes, des militaristes, des conspirateurs…

Un des « bons docteurs » de l’Ipa, Clyde Miller synthétisait en parlant de quatre leviers :
1. Levier d’adhésion (virtue device) faire accepter une personne, une idée ou un
parti comme « bon » en l’associant à des mots ou symboles «bons »
2. Levier de rejet (poison device) : l’opération inverse avec des symboles du mal
ou de valeurs détestées.
3. Levier d’autorité (testimonial device) : récupérer le prestige d’un homme ou
d’une institution ou exagérer la valeur exemplaire d’un cas pour faire
approuver ou rejeter.
4. Levier de conformité (together device) qui fait appel au poids de la masse des
partisans ou à l’appartenance à une entité supérieure, Nation, Église pour
obtenir l’adhésion.

Ce schéma théorique n’est pas d’un raffinement extrême, mais il décrit assez bien une
pratique quotidienne.

Là aussi on comparera avec intérêt avec une grille des années 50 exposée par J.M. Domenach.
Pour lui, la propagande suppose :
1) la simplification et le choix d’un ennemi unique
2) le grossissement et la défiguration des faits (ce qui ne signifie pas le
mensonge systématique : moins la propagande risque d’être démentie et le
trucage démontré, plus elle est efficace)
3) l’orchestration dans la répétition des thèmes principaux,
4) la «transfusion » qui est l’emploi des mythes préexistants et affects collectifs mobilisés au service de la cause
5) Le principe d’unanimité et de contagion : la pression conformiste du groupe
sur l’individu

Les schémas précédents se recoupent sur cette idée : la propagande prospère là où elle répond
à un besoin du propagandé.. Besoin d’être rassuré d’abord et d’avoir confiance dans l’opinion
du groupe, de la tradition, des grandes valeurs… Second besoin : celui de rejeter, de nourrir sa
peur, d’identifier le mal et les adversaires. Quant au troisième besoin, il est d’ordre cognitif :
la propagande est efficace parce qu’elle rend le réel plus facile à interpréter. Elle impose des
logiques binaires, des catégories attrape-tout, qui rendent le monde et l’histoire enfin
compréhensibles.

Bien entendu, il existe d’autres recettes y compris les manuels de propagande nazis
téléchargeables sur Internet ou les principes de l’Agit Prop soviétique. Et les analystes de la
propagande ne manquent pas non plus qui l’ont expliquée soit par l’instauration de réflexes
conditionnés (comme le pavlovien Serge Tchakhotine), ou par un appel direct à l’inconscient
(Vance Packard dans le cas de la publicité). Dans un autre genre Noam Chomsky incrimine le
système économique des médias qui les rend dépendants des intérêts des annonceurs voire du
gouvernement. La propagande consisterait donc plutôt en la sélection ou la présentation des
nouvelles dans un sens qui renforce le système économico-politique.

L’un peut mettre l’accent sur le pouvoir des images et de l’inconscient, l’autre sur
l’imprégnation idéologique ou sur la censure de fait, un troisième sur l’engagement du
propagandé qui, par étapes, est amené à aller de plus en plus loin.. Il existe des théories
expliquant la propagande par référence au marxisme, à la psychanalyse, à la psychologie
sociale et à dix théories et plus ou moins idéologisée mais l’efficacité pratique de la
propagande est sans rapport avec ses bases « scientifiques ». Surtout, ses succès dépendent de
deux facteurs principaux. :
– Les techniques relatives au contenu du message
– Leur adaptation aux objectifs et à l’environnement de la propagande

Pour les objectifs, la propagande sert à faire entrer dans un cerveau humain, et dans des
proportions diverses, des informations (au sens d’énoncés, d’assertions, de descriptions de la
réalité), des représentations (des symboles, des catégories générales, des images de certaines
réalités abstraites comme la Nation, le Prolétariat ou le Droit), des valeurs, des décisions
(« oui je voterai Machin »), des émotions (« ces Poldèves, quelles brutes sanguinaires ! »)…

Cela peut servir à une de ces fins (qui se chevauchent souvent) :
– à un endoctrinement de fond,
– à maintenir le propagandé dans un état qui lui fasse percevoir le monde où il vit
comme naturel, acceptable ou inéluctable : c’est ce que nous pourrions appeler de la
propagande pour le système
– à provoquer un engagement jusqu’au sacrifice,
– à inciter à des choix simples à un moment précis (voter oui ou on à un referendum),
– à contrôler empêcher les mauvaises nouvelles de circuler et l’opposition de
s’exprimer,
– à maintenir le moral de la population dans des circonstances comme une guerre et à
atteindre le moral adverse,
– à célébrer les mérites d’un dirigeant ou candidat, comme ceux d’une marque
commerciale (mais dans ce dernier cas, il vaut mieux parler de marketing politique
que de propagande..).

Bien entendu, l’efficacité de la propagande dépend du rapport entre objectifs et moyens
disponibles. La situation est différente si l’on dispose du département de l’Agit Prop en URSS
( otdel agitatsii i propagandy), plus quelques petits moyens de contrainte, pour
populariser le changement de ligne du parti ou s’il faut gérer un budget de X millions
de dollars pour faire élire un candidat aux prochaines primaires US.

Quant à l’environnement où s’exerce la propagande, il ne détermine pas moins son contenu.
Certaines distinctions sont évidentes : la propagande dans un système totalitaire, ou en
situation de quasi monopole de l’information, diffère de son application dans un système
pluraliste, on s’en doute.

L’environnement politique renvoie aussi à l’environnement technologique. La propagande
exaltante, martiale, emphatique de l’ère des meetings de masse et des quotidiens d’opinion
doit se faire douce, consensuelle, personnalisée, et se centrer sur les besoins du prospect à
l’heure de la télévision. De même Internet a rendu nécessaires des stratégies de sélection de
l’information disponible, de direction de l’attention des sujets, d’indexation…
L’environnement est aussi sociologique : on ne s’adresse pas à l’individu isolé comme à un
groupe précis (tel un syndicat pour l’inciter à faire ou à ne pas faire grève) ou à la Nation en
général Plus exactement, la propagande devrait idéalement s’adresser au propagandé à
plusieurs titres :
- en tant qu’individu, cerveau recevant des messages de son journal, de sa télé et y réagissant
- en tant que membre de groupes qui peuvent renforcer l’efficacité de la propagande par un
effet de pression et de conformisme, mais qui peuvent aussi lui opposer une singulière
résistance collective ou interpréter de façon non prévue par le propagandiste comme infime composante des masses auxquelles s’adresse la propagande.

Dernier élément : l’environnement mental. L’ensemble des valeurs, des attitudes, des
croyances, des mythologies, du vocabulaire des populations-cibles qui imposent des limites
évidentes aux idées qu’instille la propagande ou constituent des sources de. Il est par exemple
évident qu’il serait aussi difficile de faire ouvertement campagne contre le développement
durable dans les années 2000 en Europe, à peu près aussi difficile que de s’en prendre au
progrès et à la croissance dans les années 60.

Cette adaptation du message culminela forme qui a remplacé la propagande, au moins dans
les pays occidentaux : le marketing politique. Celui-ci transpose dans le domaine politique,
censé être celui des idées et des valeurs, des méthodes utilisées pour vendre des choses, mais
pour vendre des gens.

Le marketing obéit au principe d’adaptation :
– déceler les attentes du « marché » (les électeurs) ou des secteurs qui pourraient être
intéressés par le produit (le candidat)
analyser le produit en terme d’image de marque (que corrigeront des spécialistes)
– déterminer le message qui « passera » et faire correspondre au mieux l’image du
candidat avec les attentes

La question du contenu (ce que croit et veut faire partager le candidat) est secondaire dans le
marketing politique, formant le pôle faible de la propagande dont le pôle fort serait la
conversion, la vraie propaganda fide.

Que conclure ? Il est quasiment impossible de mesurer ces effets de façon certaine ou
d’énumérer les facteurs qui peuvent la faire échouer au moins partiellement. S’il est déjà
diffiile de mesurer l’effet d’une campagne de vente, il est plus que douteux que l’on puisse
cerner toutes les variables qui façonnent l’opinion, surtout dans des circonstances
dramatiques. Sous peine d’aboutir à des raisonnements circulaires (« la propagande doit être
bien puissante pour avoir produit un tel engagement ou un tel bouleversement, mais pour que
des gens aient adhéré à de telles idées, il faut qu’ils aient été victimes de la propagande »).
Comme la guerre, la propagande est un art tout d’exécution. Mais elle n’agit que là où elle
rencontre un terrain favorable. Aucune science supposée de la manipulation, ni aucun appareil
ne pourrait quoi que ce soit sans nos besoins de communion et de croyance.

Tiré d’un texte de François-Bernard HUYGHE
Sources: http://www.huyghe.fr


Sphere: Related Content

May 13, 2007

Une “étude” visant à décrédibiliser le p2p

Filed under: Infoguerre — derkraken @ 9:49 am

Une étude sur les 5 acteurs principaux du p2p
(sic, je cite:
bearshare
limewire
gnutella
edonkey
morpheus
kazaa (sic) )
nous donne sa conclusion:

le p2p, c’est dangereux, car les gens mettent en partage parfois sans le savoir des fichiers privés ou copyrightés et surtout les échangent.

certains ne savent même pas qu’ils redistribuent les fichiers téléchargés.

De plus, les petits logos souriants mettent les gens en confiance:
la tête souriante de bearshare par exemple, alors que cet ours mord cruellement …

Le réseau Gnutella est en train de s’écrouler car les gens ne partagent plus.

ça vous met plein de virus dans votre ordi.

ça crée plein de backdoors qui permettent aux méchants pirates de vous volez vos informations vitales.

Le document disponible ici:
 http://www.uspto.gov/web/offices/dcom/ol…


Sphere: Related Content

Les chiffres du piratage font polémique

Filed under: Infoguerre — derkraken @ 9:40 am

Quelle est l’ampleur véritable du piratage et de la contrefaçon sur le marché mondial ? Alors que les lobbys industriels publient des chiffres toujours plus alarmistes, deux rapports indépendants dont un de l’OCDE viennent largement minimiser la réalité du fléau…

Les rapports des lobbys industriels sur les incidences économiques du piratage et de la contrefaçon se multiplient pour donner tous des chiffres de préjudice plus importants et inquiétants les uns que les autres. Il y a une sorte de concours interne à celui qui sortira le chiffre le plus fort, quitte à être en pleine contradiction. Pas plus tard que la semaine dernière encore, un rapport de la MPAA (le lobby du cinéma) indiquait que 40 % des screeners réalisés avec des camescopes étaient produits depuis la seule ville de New-York. Quelques jours plus tard, un autre rapport de Warner Bros disait lui que 70 % de ces camcorders émergeaient du Canada. Cherchez l’erreur.

A chaque fois le but est bien sûr de larmoyer très fort pour obtenir des parlementaires des lois toujours plus sévères contre la contrefaçon. Alors que le Canada résiste toujours, le maire de New York Michael Bloomberg a signé au début du mois une loi qui renforce la répression contre le piratage de films.

Au delà d’Hollywood, toute l’industrie proteste contre la contrefaçon et s’allie pour donner ses chiffres aux législateurs. De sources industrielles, on prétend que le piratage et toutes les formes de contrefaçon (imitations de parfums, vêtements, usines de CD et DVD pirates, etc.) coûtent chaque année plus de 600 milliards de dollars. Comme toujours, les méthodes et les bases de calcul ne sont pas communiquées, ou très peu détaillées. Malgré tout, les pouvoirs publics s’émeuvent et réagissent. Les moyens de répression contre la contrefaçon étaient au programme du G8 à Berlin et le seront encore à Heiligendamm le 6 juin prochain.

Rapports d’acteurs contre rapports d’observateurs

Toutefois, un rapport de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) dont le Financial Times a obtenu copie met en doute les proportions, sans renier la réalité d’un fléau pour l’économie mondiale. Le rapport estime que ce ne sont pas “au moins 600 milliards” de dollars qui sont perdus chaque année au profit des pirates et contrefacteurs, mais “tout au plus 200 milliards de dollars”, c’est-à-dire trois fois moins.

La Chambre de Commerce Internationale, qui a vite réagi au rapport de l’OCDE conteste les chiffres de l’organisation internationale. Guy Sebban, son secrétaire général, considère que ce sont “jusqu’à 1.000 milliards de dollars” qui sont perdus chaque année dans les transactions internationales ! Qui dit mieux ? L’OCDE, qui reconnaît que le rapport est “politiquement sensible”, joue les diplomates et admet qu’elle n’a pas tout couvert, notamment le piratage sur internet. Mais elle estime que les réponses à apporter ne sont pas forcémment dans les mesures législatives à impser aux Etats en développement, mais plutôt de meilleures conditions de travail et une meilleure gestion.

Le rapport de l’OCDE suit de près un autre rapport, issu du Government Accountability Office (GOA), l’agence d’évaluation gouvernementale américaine. Dans ce rapport (.pdf), le GAO – qui est réputé pour sa neutralité et ses positions à contre-courant des lobbys – réfute les chiffres communiqués récemment par des groupes industriels selon lesquels 5 à 7 % du commerce mondial impliqueraint des produits contrefaits. Loin de trouver ces résultats, le GAO note que sur sur 287.000 expéditions inspectées au hasard aux frontières entre 2000 et 2005, seules 0,06 % étaient en violation des droits de propriété intellectuelle. Et en valeur, même si les saisies en contrefaçon augmentent, les violations ne représentent que 0,02 % de la valeur totale des biens importés. C’est 200 fois moins que les chiffres prétendus par l’industrie.

Même s’il faut considérer que la contrefaçon a davantage lieu dans les pays asiatiques qu’aux Etats-Unis, les chiffres du GAO font peser de sérieux doutes sur la crédibilité des données avancées par les groupes industriels qui réclament toujours plus de contrôles et de répression.


Sphere: Related Content

Qui veut faire de The Pirate Bay un site d’extrême droite ?

Filed under: Infoguerre — derkraken @ 9:36 am

L’accusation est grave. Réagissant à des rumeurs amplifiées par la presse allemande et britannique, les administrateurs de The Pirate Bay accusent l’IFPI de vouloir faire passer le site de liens BitTorrent pour un site d’extrême droite…

C’est un extrait de télévision d’abord passé inaperçu, diffusé le 24 mars à la télévision suédoise. Invité dans l’émission “Bert”, le porte-parole de The Pirate Bay Tobias Andersson est pressé par l’ancien homme politique Bert Karlsson d’admettre que le site pirate de liens BitTorrent a été financé par Carl Lundström, un homme d’affaires notamment connu pour être l’un des principaux financiers du parti (réputé) d’extrême droite suédois Sverigedemokratema. Surpris par la question, Andersson admet que TPB a été sponsorisé à ses débuts par Rix Telecom, une grande entrerise de télécoms suédoise dont Lundström est à la fois le dirigeant et le principal actionnaire.

L’affaire n’a pas fait beaucoup de remous tant la ficelle semblait grosse, mais elle a trouvé un écho dans un article orienté du grand journal allemand Der Spiegel. L’article rapporte les liens de TPB avec Lundström sans chercher l’autre versant de l’histoire. En réalité, Lundström n’a jamais eu affaire en personne à The Pirate Bay. Frederik, l’un des co-fondateurs de The Pirate Bay, était employé chez Rix Telecom lorsqu’il a demandé à son employeur s’il était possible de bénéficier gratuitement de sa bande passante et de quelques serveurs pour un “projet personnel”. Ce qui fut accepté les premiers temps. Assez vite, TPB a loué sa bande passante avant de changer d’hébergeur. C’est le seul support financier dont aura bénéficié le site de la part de Lundström.

Dans la vidéo, Bert Karlsson va pourtant très loin dans l’accusation, en insinuant que Carl Lundström avait vu dans The Pirate Bay le moyen de diffuser ses idées de droite auprès de la jeunesse. C’est, d’après le présentateur de l’émission, le principal retour sur investissement qu’attendait l’homme d’affaires suédois. Le Spiegel a repris les accusations à son compte, voyant des liens politiques étroits entre le site de liens BitTorrent et l’extrême droite suédoise.

The Pirate Bay pointe un complot orchestré par l’IFPI

Sur leur blog, The Pirate Bay indique aujourd’hui que la seule opinion politique véhiculée par TPB est “partagez vos fichiers, votre culture”. Ils indiquent que l’équipe est composée d’hommes de gauche et de droite, que certains votent et que d’autres non. Mais surtout, ils accusent ouvrement la Fédération Internationale de l’Industrie Phonographique (IFPI) de monter ces rumeurs et de les faire véhiculer par la presse quotidienne pour les décribiliser. Bert Karlsson est le propriétaire et le dirigeant du label Mariann Grammofon, membre du lobby de l’industrie du disque.

“L’IFPI et les autres [organisations] anti-pirates ne peuvent pas nous arrêter avec actions judiciaires dont ils essayent à la place de nous donner une mauvaise image”, dénonce TPB.

La vidéo a d’abord été uploadée sur YouTube par un utilisateur du nom de Themaintruthdude, qui s’est inscrit spécialement pour cette vidéo (avec un bel effort de sous-titrage), et n’a jamais rien posté d’autre depuis.
 http://www.youtube.com/profile?user=them…

Sources: ratiatum


Sphere: Related Content

Perquisition sur des serveurs de l’anti-G8

Filed under: Infos — derkraken @ 8:56 am

 https://www.globenet.org/206.Perquisitio…

Le 9 mai 2007, de 8h à 17h, le serveur de so36.net, a été la cible d’une perquisition par des officiers de la police allemande. Au moins le contenu des boites mails, listes de discussion et des sites web hébergés a été copié.

Basé à Berlin, so36.net est un fournisseur de services Internet indépendant, non-commercial, sans pub et politiquement engagé. Des membres de l’équipe de Globenet et de celle de l’équipe de so36 (ainsi que celle d’autres serveurs similaires) ont d’ailleurs pu se rencontrer à l’occasion de la conférence de l’Action Mondiale des Peuples l’été dernier.

Les perquisitions de cette matinée du 9 mai 2007 (de) ont ciblé de nombreuses structures impliquées dans la préparation du contre sommet du G8, prévu du 1er au 9 juin 2007, dont so36. Ces saisies policières ont été faites en invoquant l’article 129a du code pénal allemand (formation d’une coalition terroriste) qui donne les pleins pouvoirs à la police pour saisir matériels et données.

La loi du 24 janvier 2006 contre le terrorisme, l’équivalent français, présentée par un ministre devenu depuis président, pourrait permettre à la police de prendre des mesures semblables pour réprimer l’agitation sociale en cours. Mesures qui pourraient donc menacer les serveurs de Globenet et de No-log…

Il nous apparaît important de développer des solidarités entre utilisateur·ice·s de tous ces serveurs « à risque ». Nous vous tiendrons informé·e·s des possibilités de faire vivre concrètement cette solidarité dans les prochains temps.

Voici la traduction du communiqué écrit par les membres de so36.net :

Salut, voici un petit positionnement de SO36.NET concernant la perquisition de notre salle serveur.

Les circonstances en bref : à 8h, le lundi 9 mai 2007, 900 salarié·e·s du service public porteurs d’insignes partaient sur les routes de toute l’Allemagne pour optimiser la mobilisation autour du sommet du G8 qui aura lieu en juin à Heiligendamm.

Comme on pourrait s’y attendre, tous les groupes impliqués dans la préparation de la chorégraphie des protestations accompagnant le sommet — des organisations non-gouvernementales, extra-parlementaires et civiques, en passant par la gauche radicale, des groupes liés à l’église et aux syndicaux jusqu’à l’intérieur même de la maison de folie du parlement — ont contesté cette violation de vie privée.

Nous conseillons de consulter les organes de publication bien connus pour obtenir plus d’information — mais surtout nous n’avons pas voulu vous priver de ce beau morceau de prose tiré du mandat signé par le pas très honorable juge Hebenstreit : « …avec (…) des actions violentes perturber ou empêcher le sommet économique mondial (G8) de l’été 2007 à Heiligendamm. Ces délits sont destinés à bousculer l’ordre public et économique de la république fédérale allemande et peuvent surtout nuire considérablement à la position internationale de la république fédérale comme partenaire fiable dans le groupe des huits nations économiques les plus importantes. »

Exact — et on trouve ça bien.

Concrètement sur le déroulement de la perquisition : à 8h15 environ, l’étage de bureau dans lequel se trouve aussi notre salle serveur a reçu la visite de 10 policiers et 10 fonctionnaires de la BKA [1]. (Un utilisateur du bureau a pu leur ouvrir la porte juste avant qu’illes ne la forcent.)

Vers 8h50, nous avons réussi à entrer dans les lieux en compagnie d’une avocate. À ce moment, trois fonctionnaires du BKA se trouvaient déjà dans la salle serveur et avaient, comme première mesure, coupé le cable de la connexion Internet. Leur deuxième mesure consistait à désactiver la webcam installée là en coupant son alimentation éléctrique. Ils n’avaient pas encore touché au serveur lui-même ; ils se trouvaient apparement encore dans une phase d’orientation.

Les techniciens du BKA nous ont ensuite demandé de leur donner les mots de passe root et un accès complet à tous les systèmes.

Après notre refus, ils ont menacé d’enlever et d’emmener tous les racks [2].

Après l’intervention de l’avocate présente et un bref échange avec le magistrat qui était arrivé entre temps, ils ont annoncé que leur enquête se focalisait sur des boites de messagerie. Dans le courant de la négociation, ils ont précisé leur intérêt pour exactement 22 adresses électroniques qu’ils avaient déjà associé à 10 noms. De plus, ils ont demandé 2 listes de discussions (également mentionnées dans le mandat) et 7 URLs (sites web).

Au vue de la situation, nous avons décidé de leur livrer les données précisées et mentionnées dans le mandat. Sans doute est-ce une décision entre la peste et la choléra ? Mais toute autre décision aurait eu comme conséquence la saisie du serveur et ainsi la mise à découvert de toutes les données.

Après avoir pris cette décision, nous avons fourni un shell root au technicien présent du BKA. Leur portable a dû être intégré au réseau pour copier les données par scp. Cela a posé problème aux techniciens du BKA pendant un bon moment. Après avoir lu des manuels et s’être informés sur la significations des netmasks, ils ont copié les boites de messagerie demandées sur leur portable. (La liste des boites mails demandées a, entre temps, été rallongée de trois autres boites, suite aux perquisitions qui avaient lieu ailleurs.)

Après avoir eu, à deux reprises, des difficultés en matière de ifconfig et de netmasks, ils ont copié également les données des listes de discussion et des sites webs.

Pendant toute la copie et le travail, nous avons suivi les experts du BKA de près et nous pouvons assurer qu’il n’y a pas d’autres données qui ont pu être copiées.

Nous avons informés les personnes concernées.

— Salutations de SO36.NET


Sphere: Related Content

LE MODELE RUSSE DE GUERRE DE L’INFORMATION

Filed under: Infoguerre — derkraken @ 8:03 am

Le principal objectif de la guerre de l’information est de capturer la conscience, de saper le moral de l’adversaire, c’est à dire de préparer le terrain pour une pénétration politique, économique et militaire. Il convient donc de se préparer à une confrontation psychologique, forme de lutte qui est partie intégrante de la guerre de l’information, également nommée guerre de l’information intellectuelle ou psychologique, guerre dont les armes sont les opérations d’informations psychologiques.
D’un point de vue théorique, le contenu de base de la GI intellectuelle consiste en:
-La recherche, la collecte et l’analyse de l’information relative aux capacités de participants potentiels à des conflits.
-La prévision de la nature et de l’impact possible des opérations psychologiques ennemies sur ses propres forces.
-La prise de mesure défensives pour contrer l’influence, l’agression idéologique et psychologique par l’information sur ses propres forces.
-la neutralisation des conséquences négatives de l’influence ennemie sur la conscience, le moral, le mental, c’est à dire garantir la fonctionalité de la psyché et la conscience de l’individu en temps de pais et en temps de guerre.
-La préparation de ses propres forces et des moyens pour conduire des offensives psychologiques
-L’exercice d’une influence psychologique constante sur l’adversaire.

11 Types d’offensives peuvent etre envisagées:
-La distraction: pendant les phases préparatoires des opérations, en créant une menace réelle ou imaginaire contre un objectif ennemi vital(les flancs ou l’arrière par exemplle), obligeant l’adversaire à réévaluer ses décisions pour opérer sur tel ou tel axe.
-La surcharge: envoyer à l’adversaire une masse importante d’informations contradictoires.
-La paralysie: en créant la croyance en une menace spécifique contre les interets vitaux ou les points faibles.
-L’épuisement: consistant à entrainer l’ennemi à mener des opérations inutiles, de maniére à ce qu’il entre dans le combat avec des ressources entamées
-La deception: pendant les phases préparatoires aux opérations, forcer l’ennemi à réallouer ses forces vers des points menacés, que les menaces soient réelles ou imaginaires.
-Les techniques de division: amener l’ennemi à croire qu’il doit agir contre les interets de ses alliés.
-la pacification: au moyen d’une attitude et d’une approche pacifique, amener l’ennemi à perdre sa vigilance.
-La dissuasion: créer l’impression de supériorité.
-La provocation: forcer l’ennemi à mener des actions qui soient avantageuses pour son adversaire.
-La suggestion: offrir de l’information qui affecte l’ennemi légalement, moralement, idéologiquement ou de quelque autre manière.
-La pression: offrir de l’information qui encourage la société à discréditer son propre gouvernement.

Dans un contexte d’affrontement, le principal effort doit consister à tenter de détruire les composantes psychiques sur lesquelles reposent les capacités d’un ennemi a mener une résistance , à combattre.
C’est à dire que par la manipulation de l’information, le but est d’influencer les décisions et les actes d’autrui et de fait de controler son processus de décision.

Cette conception de la guerre de l’information est directement inspirée par les opérations de guerre psychologique anglaises lors de la seconde guerre mondiale(opération “fortitude”) et ces méthodes sont parfaitement transposables et utilisables par d’autres organisations ou individus et sur une échelle différente.


Sphere: Related Content

LA GUERRE ECONOMIQUE PAR L’INFO GUERRE

Filed under: Infoguerre — derkraken @ 8:02 am

Qu’est ce que la guerre économique?

La guerre économique est l’expression des affrontements indirects entre puissances.
Il existe aujourd’hui deux types de pays industrialisés:
Ceux qui ont une stratégie d’accroissement de puissance comme les USA ou la Chine.
Ceux qui n’en ont pas, comme la plupart des pays européens, dont la France.
Cette différence de posture stratégique influe sur la lecture des évènements.
Ainsi, les milieux patronaux français sont très génés par la notion de patriotisme économique qui est mis en avant par le politique sans référence à la moindre doctrine sur la puissance.
Habitués à réfléchir en termes d’économie de marché, les patrons français ont bien du mal à percevoir certains enjeux économiques en termes d’économie de puissance.
La Russie à fait de Gazprom le fer de lance de la reconquete de la puissance russe.
La Chine développe des standart nationnaux afin de bloquer les technologies occidentales à sa portée.
Les USA ont des objectifs de puissance affirmés dans le domaine de la société de l’information en souhaitant prendre le leadership mondial de l’information privée.
En refusant de tirer les conséquences de cette situation, les patrons français analysent le monde avec des cartes partiellement fausses.
C’est un de leurs points faibles.
Cette paralysie de la pensée patronale qui cohabite avec la passivité du discours politique(quand ce n’est pas avec l’ignorance pure et simple du probleme, voire de son déni) sur la question de la puissance sont les deux raisons majeures de l’incompréhension des enjeux véritables de la guerre économique du temps de paix que se livrent les puissances sur des sujets aussi divers que les ressources, les matières premières, les technologies critiques, les systèmes de communication, les industries d’avenir, la conquete des économies émergentes…..

Quelles sont les armes de la guerre économique?

Il est nécessaire de différencier les modes d’affrontements:
-Les affrontements avec limites dont les armes principales sont le management des sources ouvertes que coiffe l’intelligence économique ainsi que le lobbying et l’art de la rhétorique dans les multiples polémiques générées par le biais de la société de l’information.
-Les affrontements sans limites dont les expressions opérationnelles sont le renseignement, l’espionnage industriel, le noyautage des organisations, la désinformation et le piratage informatique sous toute ses formes.

Les changements induits par Internet

Internet a provoqué une véritable révolution dans les méthodes de travail se rapportant au traitement des sources ouvertes.
L’introduction du temps réel et la disparition de la distance géographique remodèle la nature des affrontements économiques. Le net est un nouveau terrain de manoeuvre aux limites infinies(youpi!). Les lois de la guerre sont modifiées dans la mesure ou l’avantage est systématiquement à l’attaquant(re-youpi!). Il n’existe pas de places fortes informationnelles pour protéger sa production de connaissances. Celle ci n’a de valeur que si elle se développe et occupe le terrain de manière plus efficace que l’adversaire. Cette évidence prévaut aussi dans le cadre d’une polémique ou meme d’une guerre de l’information.
Aujourd’hui, les stratégies informationnelles des entreprises les plus proactives ne sont pas simple à décrypter. Elles agissent indirectement par le biais de la société civile pour faire valoir leur point de vue et destabiliser des concurents génants.

Comment reconnaitre une offensive de guerre de l’information?

Une attaque par l’information sur internet est identifiable par les effets de résonnance qu’elle produit.
Les sites protestataires et encore plus les blogs(héhé!) sont désormais couramment utilisés pour déstabiliser des entreprises accusées par des groupes de pression.
Aujourd’hui, les accusations portent sur des sujets très divers: non respect des droits de l’homme, nuisances à l’environnement, affaires de corruption.
La société civile est la plupart du temps le point de départ de l’attaque pour une raison très simple: elle fournit la légitimité à ceux qui, à tort ou à raison, dénoncent les injustices commises.
Une entreprise est automatiquement considérée comme juge et partie alors qu’une ONG ou une association qui s’autoproclame défenseur d’une cause prend un avantage très net sur le lancement d’une polémique.

Les moyens d’une contre attaque

Une entreprise qui veut anticiper les attaques doit mettre en oeuvre un minimum de pratiques d’intelligence économique.
La première consiste à avoir un aperçu des différentes menaces qui peuvent affecter le développement de l’entreprise. Cette approche conflictuelle du marché est en train de s’imposer dans les secteurs d’activité touchés par les retombées de la mondialisation des échanges.
La concurence déloyale, la prédation par le dumping, la copie des savoirs faires sont désormais des pratiques courantes qui affectent de plus en plus de PME/PMI.
Les recours juridiques étant lents et peu efficaces, il est donc nécessaire de trouver d’autres moyens pour maintenir l’activité des entreprises menacées.La société de l’information par le biais du net ouvre de nouvelle perspectives pour contrer ces attaques, car les prédateurs et les concurents ont aussi une vulnérabilité qui est leur image et/ou celle du pays dont ils sont originaires.

L’exemple chinois

La Chine commence à s’implanter en Afrique.
Les grandes nations n’osent pas critiquer leurs pratiques de dumping, et la loi du silence est encore plus forte du coté des firmes qui craignent de se voir fermer les portes du marché chinois.
Ces groupes chinois possèdent pourtant une faille: ils ne font pas travailler de main d’oeuvre locale et ne pratique pas le transfert de technologie. Drole de façon de mettre en pratique le dialogue sud/sud. C’est sur ce theme que des argumentaires critiques ont commencé a circuler à partir de sites comme www.infoguerre.com ou www.knowckers.org .

Les conséquences

Cette évolution des pratiques des entreprises ont plusieurs conséquences:
-L’instrumentalisation de l’information en temps de paix.
-La banalisation des pratiques de désinformation actives.
-L’apparition de cabinets de conseils en communication (exemple: www.spinpartners.fr) pratiquant la guerre de l’information.
Si internet est un terrain de manoeuvre facile d’accés, il n’est pas le seul. C’est toute la chaine de l’information qui est devenu un objectif légitime pour les “spin doctors”.
Dans le cadre de la communication de crise, il faudra donc d’abord cacher la vérité, puis si elle apparait controler les sources et faires pression sur les médias capable de la relayer, les menacer, les terroriser, les séduire ou les acheter. Si la vérité est diffusée par les médias, controler son impact sur l’opinion et tout mettre en oeuvre pour qu’elle ne soit pas entendue et surtout qu’elle ne crée pas une émotion populaire.
Mais si il y a une action de “censure” il peut aussi y avoir une action de “propagande” suivant le meme principe: créer une vérité, faire pression sur les médias pour qu’ils la relaient, controler l’augmentation de son impact et manipuler l’opinion populaire afin de controler l’émotion du public.
Aujourd’hui on ne censure plus pas plus qu’on ne fait de la propagande: on gére la perception du public. Le vacarme médiatique est le meilleur allié de ces nouveaux professionels de la communication. Soit ils font en sorte de tout mettre en oeuvre pour que le citoyen n’entende pas ce qu’il est en train d’écouter, soit au contraire l’information est reprise encore et encore jusquà ce que cette information prenne la place de la réalité.
Les exemples sont nombreux: La pénétration de la Chine en Afrique combattu avec plus ou moins de succès par la critique de son action prédatrice, la “vente” de l’intervention américaine en irak, sous le prétexte que l’Irak faisait partie des soutiens d’AlQuaida, les interventions politisés de militants des différents candidats sur les forums et les blogs lors de récente campagne électorale, etc
La nouveauté est que ce sont des cabinets spécialisés qui orchestrent le vacarme médiatique.
L’info-guerre est donc passée des mains des militaires aux mains de professionels civils, et son objectif et ses cibles ont évolué au point qu’il est devenu difficile de savoir quelles sont les motivations des différents intervenants, que ce soit sur internet ou dans le médias traditionels.


Sphere: Related Content

May 12, 2007

MANIFESTE ANARGEEK

Filed under: Textes — derkraken @ 8:47 am

Je suis un anargeek.

Geek, parce que j’appartiens sans conteste à cette catégorie de personnes qui prennent plaisir à utiliser, comprendre et modifier ces mystérieuses machines qu’on appelle ordinateurs.

Geek, donc, parce que je suis curieux de leur fonctionnement, des possibilités offertes par leurs programmes, et excité par d’autres qui n’ont pas encore été explorées, ou même imaginées.

Geek, parce que ces engins font partie de ma vie quotidienne, et se font simultanément horloges, chaînes hifi, bibliothèques, machines à écrire, à café, téléphones ou aides-mémoire… mais aussi et surtout vastes terrains d’expérimentation, de communication et de découverte.

Geek, aussi, parce que ma vie a intégré la communication numérique. Tous les jours ou presque, je lis mon courrier électronique, veille au bon fonctionnement des serveurs internet que j’utilise, entretiens le réseau que je partage, m’informe, apprends et échange par le biais des forums, mailing-lists et divers sites, discute et rencontre par irc, etc.

Geek, toujours, parce que le terme, insulte à l’origine, a été délicieusement réapproprié et positivé par la communauté qu’il désigne, à la façon d’autres “minorités culturelles”.

· · ·

Anar, parce que je rejette une société basée sur la domination des un-e-s sur les autres, et demeure persuadé qu’il est possible de se réaliser dans le respect de tout-e un-e chacun-e, par la pratique de l’égalité, de la solidarité et de l’autogestion.

Anar, donc, parce que je suis révolté par cet ordre des choses, qui impose exploitations, souffrances et morts quotidiennes, que je veux contribuer à bouleverser, par une implication dans des mouvements sociaux et une participation aux courants de remise en cause radicale du système.

Anar, parce que je tente d’expérimenter au quotidien mes idées, vers une autonomie vis à vis des normes sociales : refuser les sirènes de la consommation et de la compétition, enrayer l’aliénation et déconstruire les comportements dominants, développer des pratiques de vie égalitaires et collectives.

Anar, aussi, parce que je suis inévitablement critique et méfiant vis à vis de l’information “officielle”, commerciale et institutionnelle, qui formate notre vision du monde à coup d’omissions, de mensonges et déformations. Sans prétendre à l’objectivité, je veux chercher d’autres moyens de m’informer et de communiquer.

Anar, encore, parce que je déplore la paranoïa sécuritaire qui gagne la société en instrumentalisant ses peurs. Je refuse la criminalisation, le fichage, la répression déployés par les autorités contre les pauvres, contestataires et diverses “classes dangereuses”. Nous pouvons et devons nous y insoumettre!

· · ·

Anargeek, parce que j’entends combiner curiosité et savoir-faire technologiques avec volonté et pratiques éthiques et politiques. Si les idées donnent sens aux pratiques et les orientent, les pratiques nourissent et matérialisent les idées.

Anargeek, donc, parce que j’aspire à une société basée sur l’autodétermination, la libre coopération et l’intelligence collective. C’est dans ce sens que j’adhère au mouvement des logiciels libres, fruit de la collaboration volontaire de milliers de personnes de part le monde, permettant à quiconque de partager, mais aussi de modifier et de distribuer les programmes informatiques libres.

Anargeek, parce que je refuse d’être esclave d’un système politique comme d’un système informatique. Les états imposent leurs lois, les logiciels propriétaires leurs “standards”. Les premiers empêchent la contestation par la répression, les seconds l’alternative par les brevets. Je veux pouvoir autogérer ma vie, comme je veux pouvoir comprendre, modifier et créer mes outils.

Anargeek, aussi, parce que je veux résister à la consommation frénétique imposée par le capitalisme, qui ne cesse de produire et de manipuler, pour toujours jeter et gaspiller. Je récupère le matériel jugé obsolète pour le réanimer à coups de logiciels libres et pièces dépareillées; m’amuse à explorer les limites des machines démodées; tente d’intégrer créativité, imagination et expérimentations à mes pratiques électroniques.

Anargeek, parce que j’ai envie de bousculer certaines réalités et clichés qui collent aux milieux dans lesquels je suis impliqué. Si j’ai à coeur que les communautés militante et informatique alternatives puissent se rencontrer, c’est qu’il me semble primordial, notamment, de mettre à mal le sexisme qui sévit chez les geeks, d’avoir un regard critique sur l’ultra-spécialisation qui accompagne l’informatique, mais aussi d’ouvrir les milieux contestataires aux perspectives numériques, sur lesquelles ils sont si souvent fermés et cyniques.

Anargeek, encore, parce que l’informatique est aussi un excellent support d’information indépendante. Aussi puis-je participer à des réseaux de contre-info comme Indymedia, média autonome dispersé dans le monde entier, ouvert aux contributions de tou-te-s, cassant la frontière actrice/spectateur/journaliste, explorant des sujets boycottés ou maltraîtés par “l’information” de masse.

Anargeek, enfin, parce que je crois que les ordinateurs ne se résument pas à des instruments de fichage et d’aliénation, mais peuvent constituer des outils d’épanouissement, de communication et de transformation sociale. Je préfère partager mes savoirs plutôt que de jalousement les garder, en participant, par exemple, à des ateliers d’informatique alternative; ou à la mise en place d’outils et de “services” collectifs & non-marchands, tels que serveurs, accès internet, sites ouebs ou collectivisation de matériel…

· · ·

Ce “manifeste” n’a pas vocation de vous représenter. Libre à vous de le reprendre, tout ou partie, de l’adapter, de l’endosser ou de le rejeter. Parce qu’il y a autant d’anargeeks que d’individualités, j’encourage chacun-e à écrire et réaliser son manifeste, ses idées, son texte, son graffiti ou son ascii!

Contre le culte de la personnalité, les leaders et la passivité, tout le monde peut s’inventer et se réaliser!

décembre 2002,
darkveggy (mail | www).

· · ·

Contre le copyright, le copyleft! Ce texte est placé sous licence Creative Commons Atribution-NonCommercial-ShareAlike 2.0.


Sphere: Related Content

INDEPENDANCE DU CYBERSPACE

Filed under: Textes — derkraken @ 8:41 am

“Gouvernements du monde industriel, géants fatigués de chair et d’acier, je viens du cyberespace, nouvelle demeure de l’esprit. Au nom de l’avenir, je vous demande, à vous qui êtes du passé, de nous laisser tranquilles. Vous n’êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n’avez aucun droit de souveraineté sur nos lieux de rencontre.

Nous n’avons pas de gouvernement élu et nous ne sommes pas près d’en avoir un, aussi je m’adresse à vous avec la seule autorité que donne la liberté elle-même lorsqu’elle s’exprime. Je déclare que l’espace social global que nous construisons est indépendant, par nature, de la tyrannie que vous cherchez à nous imposer. Vous n’avez pas le droit moral de nous donner des ordres et vous ne disposez d’aucun moyen de contrainte que nous ayons de vraies raisons de craindre.

Les gouvernements tirent leur pouvoir légitime du consentement des gouvernés. Vous ne nous l’avez pas demandé et nous ne vous l’avons pas donné. Vous n’avez pas été conviés. Vous ne nous connaissez pas et vous ignorez tout de notre monde. Le cyberespace n’est pas borné par vos frontières. Ne croyez pas que vous puissiez le construire, comme s’il s’agissait d’un projet de construction publique. Vous ne le pouvez pas. C’est un acte de la nature et il se développe grâce à nos actions collectives.

Vous n’avez pas pris part à notre grande conversation, qui ne cesse de croître, et vous n’avez pas créé la richesse de nos marchés. Vous ne connaissez ni notre culture, ni notre éthique, ni les codes non écrits qui font déjà de notre société un monde plus ordonné que celui que vous pourriez obtenir en imposant toutes vos règles.

Vous prétendez que des problèmes se posent parmi nous et qu’il est nécessaire que vous les régliez. Vous utilisez ce prétexte pour envahir notre territoire. Nombre de ces problèmes n’ont aucune existence. Lorsque de véritables conflits se produiront, lorsque des erreurs seront commises, nous les identifierons et nous les réglerons par nos propres moyens. Nous établissons notre propre contrat social. L’autorité y sera définie selon les conditions de notre monde et non du vôtre. Notre monde est différent.

Le cyberespace est constitué par des échanges, des relations, et par la pensée elle-même, déployée comme une vague qui s’élève dans le réseau de nos communications. Notre monde est à la fois partout et nulle part, mais il n’est pas là où vivent les corps.

Nous créons un monde où tous peuvent entrer, sans privilège ni préjugé dicté par la race, le pouvoir économique, la puissance militaire ou le lieu de naissance.

Nous créons un monde où chacun, où qu’il se trouve, peut exprimer ses idées, aussi singulières qu’elles puissent être, sans craindre d’être réduit au silence ou à une norme.

Vos notions juridiques de propriété, d’expression, d’identité, de mouvement et de contexte ne s’appliquent pas à nous. Elles se fondent sur la matière. Ici, il n’y a pas de matière.

Nos identités n’ont pas de corps ; ainsi, contrairement à vous, nous ne pouvons obtenir l’ordre par la contrainte physique. Nous croyons que l’autorité naîtra parmi nous de l’éthique, de l’intérêt individuel éclairé et du bien public. Nos identités peuvent être réparties sur un grand nombre de vos juridictions. La seule loi que toutes les cultures qui nous constituent s’accordent à reconnaître de façon générale est la Règle d’Or [de l’Ethique]. Nous espérons que nous serons capables d’élaborer nos solutions particulières sur cette base. Mais nous ne pouvons pas accepter les solutions que vous tentez de nous imposer.

Aux États-Unis, vous avez aujourd’hui créé une loi, la loi sur la réforme des télécommunications, qui viole votre propre Constitution et représente une insulte aux rêves de Jefferson, Washington, Mill, Madison, Tocqueville et Brandeis. Ces rêves doivent désormais renaître en nous.

Vous êtes terrifiés par vos propres enfants, parce qu’ils sont les habitants d’un monde où vous ne serez jamais que des étrangers. Parce que vous les craignez, vous confiez la responsabilité parentale, que vous êtes trop lâches pour prendre en charge vous-mêmes, à vos bureaucraties. Dans notre monde, tous les sentiments, toutes les expressions de l’humanité, des plus vils aux plus angéliques, font partie d’un ensemble homogène, la conversation globale informatique. Nous ne pouvons pas séparer l’air qui suffoque de l’air dans lequel battent les ailes.

En Chine, en Allemagne, en France, en Russie, à Singapour, en Italie et aux États-Unis, vous vous efforcez de repousser le virus de la liberté en érigeant des postes de garde aux frontières du cyberespace. Ils peuvent vous préserver de la contagion pendant quelque temps, mais ils n’auront aucune efficacité dans un monde qui sera bientôt couvert de médias informatiques.

Vos industries de l’information toujours plus obsolètes voudraient se perpétuer en proposant des lois, en Amérique et ailleurs, qui prétendent définir des droits de propriété sur la parole elle-même dans le monde entier. Ces lois voudraient faire des idées un produit industriel quelconque, sans plus de noblesse qu’un morceau de fonte. Dans notre monde, tout ce que l’esprit humain est capable de créer peut être reproduit et diffusé à l’infini sans que cela ne coûte rien. La transmission globale de la pensée n’a plus besoin de vos usines pour s’accomplir.

Ces mesures toujours plus hostiles et colonialistes nous mettent dans une situation identique à celle qu’ont connue autrefois les amis de la liberté et de l’autodétermination, qui ont eu à rejeter l’autorité de pouvoirs distants et mal informés. Nous devons déclarer nos subjectivités virtuelles étrangères à votre souveraineté, même si nous continuons à consentir à ce que vous ayez le pouvoir sur nos corps. Nous nous répandrons sur la planète, si bien que personne ne pourra arrêter nos pensées.

Nous allons créer une civilisation de l’esprit dans le cyberespace. Puisse-t-elle être plus humaine et plus juste que le monde que vos gouvernements ont créé.”

Davos (Suisse), le 8 février 1996.

John Perry Barlow
Electronic Frontier Foundation

Seule l’erreur a besoin d’un soutien gouvernemental. La vérité sait se défendre elle-même. Thomas Jefferson, Notes sur la Virginie.

Traduction de Jean-Marc Mandosio.

Titre original:”A Declaration of the Independence of Cyberspace”


Sphere: Related Content

May 11, 2007

Paranoiac Way Of Life

Filed under: Anonymat — derkraken @ 6:51 am

Ces quelques pistes et conseils n’ont pas pour but de vous rendre tout a fait invisible sur le net, mais plutot de vous permettre de camoufler une partie de vos informations personnelles aux little brothers de toutes sortes existant sur internet.

J’espère que vous aurez compris que l’anonymat n’est pas un luxe, ni le symptome d’une paranoia ou la couverture réservée à des activités illégales.
L’anonymat est un droit et ce droit est celui relatif à la vie privée et à la confidentialité.
Ce droit est désormais remis en question sous divers prétextes: lutte contre le terrorisme, contre la pédopornographie etc…
Si il est légitime de combattre ces dérives, il l’est beaucoup moins de s’en servir afin de mettre en place une surveillance globale et apriori.

Cette surveillance, dont le symptome le plus visible est la multiplication des caméras de vidéo surveillance revient à considérer chacun comme un suspect potentiel et est par essence totalitaire, dans la mesure ou elle gomme les intermédiaires entre l’individu et l’Etat. On pourrait d’ailleurs s’interroger sur la pertinence de l’attitude paranoiaque des états modernes fantasmant sur les projets illusoires d’une surveillance de tout les instant sur les individus.

Quoiqu’il en soit si l’anonymat totale sur le net est relativement compliqué a obtenir, vous pouvez rendre la tache plus compliquée aux petits espions sévissant sur le réseau et obtenir un anonymat partiel ou relatif en mixant les différents techniques exposées ici:

-Pour le surf, alternez l’utilisation des webProxys, des proxys, de JAP, TOR et des lives cd.
N’oubliez pas de changer de pseudos à chaque fois que vous vous inscrivez sur un site: c’est une trés mauvaise idée que de conserver toujours le meme pseudo.
Utilisez une adresse jetable pour vous inscrire, comme par exemple:
 http://www.spamgourmet.com

Ne fournissez pas trop d’infos persos ou mieux: fournissez des infos erronées

-Pour les emails: n’utiliser qu’au minimum l’adresse email fournie par votre FAI et cryptez au maximum vos échanges.
Inscrivez vous sur plusieurs webmaillers avec des pseudos différents.
Pensez à activer SSL.

-Pour le chat: utilisez un logiciel et un protocole sur(et surtout pas MSN ou IRC!).

-Pour les blogs, la plateforme livelyblog offre l’anonymat, pour peu que vous utilisiez une adresse de messagerie sécurisée(hushmail est trés bien) ou une adresse jetable.

-Gardez en tete que ces conseils peuvent vous servir à déjouer la surveillance globale qui sévit sur internet, mais pas une enquete poussée sur votre compte si vous avez des activités illégales.
Au contraire l’utilisation de ces techniques pourraient se retourner contre vous en tant que circonstance agravantes.


Sphere: Related Content

Communications anonymes

Filed under: Anonymat — derkraken @ 6:44 am

N’accordez aucune confiance à votre fournisseur d’accès Internet! En effet celui ci a la capacité technique de lire vos emails sans que vous n’en sachiez rien.
D’autre part, il existe des systèmes d’interception des communications basés sur le principe echelon/carnivore et ce, meme en France.

La solution? Le cryptage

PGP/GPG est très simple d’utilisation. Beaucoup de clients mail proposent un support du cryptage très intuitif. Au final on se sert de GPG sans même s’en rendre compte.
Pour les Windowsiens :
 http://openpgp.vie-privee.org/
Pour les Linuxiens :
 http://www.freenigma.com
Quand vous en avez la possibilité, utilisez SSL. Là encore, rien de plus simple à mettre en oeuvre.
Bon nombre de webmails proposent de se connecter en SSL. Hushmail par exemple, prétend être le service de webmail le plus sur:
 http://www.hushmail.com

Pour ce qui est des mails, plusieurs générations de remailers se sont succédées :
Les Cypherpunk (type I), Mixmaster (type II) et les Mixminion (type III)
Jusqu’à présent l’utilisation des remailers était un vrai casse-tête, mais depuis l’implémentation officielle de Mixminion c’est extrêmement simple.Il suffit de télécharger le logiciel sur
 http://mixminion.net/

de faire quelques tests et c’est parti !
A noter que cette génération de remailers permet aussi d’avoir des réponses à ses messages. Toutefois le système de réponse reste expérimental et il n’est pas forcément conseillé de l’utiliser.

Jetez un coup d’oeil à l’adresse suivante pour avoir plus d’infos :
 http://en.wikipedia.org/wiki/Anonymous_r…

Il existe un site qui se propose de faire passer un mail par Mixmaster :
 https://zerofreedom.homeip.net/cgi-bin/m…

Chat et VOIP

N’allez pas sur IRC. Méfiez-vous en comme de la peste. Les serveurs IRC sont largement surveillés (y compris les canaux protégés par mots de passes et les discussions “privées”). De plus le protocole IRC n’est pas sûr.

Il existe une alternative sécurisée qui s’appelle SILC dont les caractéristiques sont les suivantes :
- conversations cryptées par un système de clé publique/privée
- authentification forte des utilisateurs (personne ne peut se faire passer pour quelqu’un d’autre)
- des modes de sécurisation variés sur les channels (notemment les takeovers sont impossibles)
 http://silcnet.org/

Preferez les protocoles Peer2Peer ou Friend2Friend à ceux utilisant un système centralisé des données.
P2PChat est un exemple de logiciel de communication P2P:
 http://p2pchat.sourceforge.net

Vous en trouverez d’autres en fouillant sur Sourceforge.net:
 http://sourceforge.net/

Le groupe Hacktivismo a developpé le logiciel ScatterChat basé sur Gaim qui permet de communiquer de façon securisé:
 http://www.scatterchat.com

Bien sur, il est tout à fait déconseillé d’utiliser les chat grand public(MSN et autres) si on veut sauvegarder son intimité.

En ce qui concerne la VOIP (Skype, Wengo) un étrange silence règne autour des possibilités d’interceptions des conversations transitant grace a ces logiciels.
Dans le doute, mieux vaudrait donc éviter l’utilisation de ces logiciels, du moins pour des informations sensibles(à vous de déterminer ce qui est sensible et ce qui ne l’est pas)


Sphere: Related Content

Les services d’anonymisation.

Filed under: Anonymat — derkraken @ 6:43 am

Ces services vous propose de crypter et/ou d’anonymiser votre trafic web en le faisant transiter par un réseau de serveurs.
Deux services gratuits sont accessibles au grand public:

-JAP: Java Anonymous Proxy est le nom d’un logiciel qui se base sur l’environnement Java pour vous garantir l’anonymat. Mais ce n’est pas qu’un simple Proxy car le logiciel alterne alterne l’utilisation de plusieurs proxys afin de camoufler plus efficacement les traces que laisse son utilisateur. JAP propose également une fonction de cryptage afin de protéger les informations échangées avec internet.
Le logiciel est disponible ici:
 http://anon.inf.tu-dresden.de/index_en.h…
-TOR: The Onion Router, à l’heure actuelle, Tor est le projet le plus intéressant et le plus efficace.
Site officiel :
 http://tor.eff.org/
Ce projet est en parti financé par l’E.F.F. (Electronic Frontier Foundation)
Basé sur le principe des onion-routers, les paquets de données sont cryptées et votre client choisi un chemin parmi une liste de serveurs TOR existants. Vos données sont ensuite encodées à l’aide de la clé publique de chacun des serveurs.
Chaque serveur retire une couche de cryptage des données chiffrées et passe au suivant.
Pour éviter que l’on retrouve trop facilement votre IP, les données vont passer plusieurs fois par les mêmeserveurs (faire des sortes de boucles…) Au final votre adresse IP est celle du serveur de sortie.

Mais même Tor ne garanti pas un anonymat a 100%. Des fuites d’informations peuvent vous trahir, en particulier au niveau de votre fournisseur d’accès.
Le principal problème est que le protocole SOCKS ne permet que de faire passer les connections TCP.
Par conséquent tout datagramme UDP ne sera pas anonyme. Cela est par exemple vrai pour les
requêtes DNS. Quelques solutions sont proposées sur le WiKi de noreply.org :
 http://wiki.noreply.org/noreply/TheOnion…
D’autres fuites sont possibles par le biais du protocole HTTP. Avec une applet Java ou une animation Flash il est possible pour un site d’établir une connection directe avec vous et d’obtenir votre réelle adresse IP.

Quelques pages sur Internet parviennent à donner votre véritable adresse IP meme si vous utilisez Tor:
 http://www.stayinvisible.com/cgi-bin/ipt…
 http://metasploit.com/research/misc/decl…
La première page se base sur une méthode assez simple (une requête HTTP qui ne passe pas par le proxy).
La méthode de Metasploit est bien plus avancée et utilise un paquet UDP pour trouver l’ip du visiteur.

Solution la plus simple : désactiver Java et Flash dans votre navigateur.
Pour Firefox deux extensions sont disponibles permettant de bloquer les plugins :
 http://www.noscript.net/whats

 http://flashblock.mozdev.org/

Pour ceux qui auraient trop de mal a installer et utiliser TOR, des solutions existent:

Une solution “prête à utiliser” sur clé USB nommée TorPark:
 http://torpark.nfshost.com

Même chose avec Opera au lieu de Firefox :
 http://letwist.net/operator

On peut aussi citer le projet Anonym.OS, un live CD qui permet de se connecter de façon anonyme sur le réseau.
Anonym.OS est basé sur OpenBSD, ce qui peut le rendre un peu difficile à manier pour ceux qui ne
connaissent pas ce système.
A part ça, le système est bien configuré, la quasi-totalité des applications proposées passent par
Tor/Privoxy lancé au démarrage. Les créateurs ont aussi fait en sorte d’empêcher (ou au pire de limiter)la génération des logs par les logiciels.
 http://theory.kaos.to/projects.html

 http://www.quebecos.com/modules/wfdownlo…

ELE : Everithing Leaves Encrypted est un live CD dans la même optique que Anonym.OS.
Le projet semble mort, la dernière version (0.0.2) date de 2005. L’avantage de ELE est qu’il se base sur une DSL (Linux) ce qui le rends plus accessible qu’Anonym.OS:
 http://www.northernsecurity.net/download…

Citons aussi Phantomix un live cd sur le meme principe:
 http://phantomix.ytternhagen.de/


Sphere: Related Content

May 10, 2007

Les proxys, vos meilleurs amis.

Filed under: Anonymat — derkraken @ 7:38 am

Si vous avez réussi à ne pas laisser d’informations vous concernant sur le web, ce sera peut être une machine qui vous dénoncera.
Comment faire pour laissez le moins de trace possibles sur ces machines?

Vous avez tous déja entendu parler des proxys, ou serveurs mandataires?

C’est le moment de s’y interesser.
Les Webproxys sont des services en ligne qui permettent de dissimuler son adresse IP.
Ils ne demandent pas de savoir paramétrer votre navigateur internet.
Vous serez connectés au site qu’avec l’adresse IP du web proxy.

Typiquement, vous rentrez l’adresse du site auquel vous souhaitez vous connecter dans la case prévue à cet effet.

Par exemple anonymizer:
 http://anonymizer.secuser.com/

ProxyWeb est un autre webproxy:
 https://www.proxyweb.net/

(à l’instar d’anonymizer.com, sauf que ProxyWeb offre le support du
SSL) qui est très simple d’utilisation.

Evidemment il est déconseillé de ne passer que par un seul Webproxy.
SnoopBlocker propose le même service:
 http://www.snoopblocker.com/

D’autres:
 https://www.megaproxy.com/freesurf/

 http://atunnel.com/

Et vous en trouverez probablement d’autres sur le net. Par exemple AplusProxy vous redirige vers un proxy pris au hazard dans sa liste:
 http://www.aplusproxy.com

Le probleme est que l’utilisation d’un webproxy est peu pratique, en effet si vous allez sur une autre page que celle dont vous avez rentré l’adresse, vous ne passez plus par ce web proxy.
Donc il va falloir que vous vous interessiez quand meme à la configuration de firefox pour qu’il
utilise un proxy
Voici quelques tutoriels à ce sujet:
 http://www.jer666.com/anonyma-anonymat-i…

 http://www.proxyswitcher.com/tutorials.h…

 http://www.horslimite.net/tutoriel/proxy…

 http://www.tplpc.com/modules/tutorials/c…

 http://www.vulgarisation-informatique.co…

 http://firefox.fr/tutoriel.htm

 http://tutopat.hostonet.org/viewtopic.ph…

Par contre je ne peux que vous conseiller d’utiliser Firefox et pas internet explorer.
D’abord parce que je ne sais pas comment fonctionne I.E.
Ensuite, le code de firefox étant fermé, vous ne pouvez pas réellement savoir quelles sont les
informations que celui ci laisse filtrer.

Ce site:
 http://www.freeproxy.ch/

semble proposer une liste de proxys (qui fonctionnent) et qui est mise régulièrement à jour.
 http://proxy-list.org/en/

est pas mal du tout et donne plus d’infos sur les proxys.

De plus, des plugins permettant de changer facilementsont de proxy sont disponibles pour firefox:
SwitchProxy Tool:
 https://addons.mozilla.org/fr/firefox/ad…

XYZproxy:
 https://addons.mozilla.org/fr/firefox/ad…

FoxyProxy:
 http://foxyproxy.mozdev.org/

 https://addons.mozilla.org/fr/firefox/ad…

Voir aussi ici:
 http://astuces.jeanviet.info/2006/10/28/…


Sphere: Related Content

May 7, 2007

Régles de bases

Filed under: Anonymat — derkraken @ 6:47 am

(sources: BustV2 et V3 de CryptoBob)
Il y a des moyens très simples à mettre en oeuvre pour protéger son anonymat sur le web.
Prenez le temps de faire le point sur les informations qu’une personne réellement motivée peut regrouper sur vous grace au réseau, seulement en utilisant un moteur de recherche.
Si ces informations permettent de faire le lien, ne serait ce que faiblement, avec votre vraie identité alors vous devrez impérativement prendre une nouvelle cyberidentité.
Une des premières choses à faire est donc de bien séparer son identité réelle de sa cyber identité.
N’hésitez pas à dressez une liste des informations que vous avez déjà dévoilées, ou des informations que vous voulez bien dévoiler. Ensuite tenez vous en à cette liste.
Si vous utilisez un pseudonyme il est conseillé de prendre un mot utilisé couramment(Computer,Swap, Tutoriel par exemple).
Pensez aussi à changer de pseudonyme de façon régulière.
N’hésitez pas à donner des fausses pistes. Vous habitez en Alsace? Dites que vous habitez en Corse!
Vous etes un étudiant? Maintenant vous etes garagiste etc…
Si vous appliquez correctement ces règles, on ne pourra pas vous retrouvez par une enquête basique (comprendre par regroupement d’informations).


Sphere: Related Content

A qui s’adresse ce blog?

Filed under: Anonymat — derkraken @ 6:06 am

Ce blog s’adresse aux non spécialistes en informatique soucieux de preserver leur vie privée.
Par non spécialistes, j’entend les personnes pour qui “configurer le navigateur afin d’utiliser un proxy” est déja un terme mystèrieux.

Pourquoi désirer l’anonymat(relatif) sur le web?

Comme vous le savez, de récents changements politiques ont eu lieu en France.
Le projet de décret sur l’article 6 de la loi n° 2004-575 du 21 Juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique laisse entrevoir la conception de notre nouveau Président de la République en matière de nouvelles technologies et de citoyenneté: les nouvelles technologies doivent servir à la surveillance et le controle de l’information, et le citoyen est considéré a-priori comme un suspect.

C’est maintenant un fait établi: le nouvel occupant de l’Elysée tient à controler les medias.
Lesquels medias font d’ailleurs preuve de la plus grande des soumissions à son egard.
Si les connivences des medias avec le pouvoir en France est une coutume bien établie, le controle quasi total de ceux-ci est une nouveauté.

Bien sur le controle ne se fera pas de manière brutale, avec censure préalable et arrestations de journalistes.
Le controle de l’information moderne est davantage tournée vers l’influence, la suggestion, la persuasion et l’organisation du spectacle.
La verité ayant moins d’impact que l’image, car elle est rarement simple, facile a comprendre il lui sera donc préferée l’image et les effets de manches qui eux, parlent tout de suite à l’émotion.
C’est à dire qu’on cherche desormais, non plus a dissimuler la réalité, mais à organiser et controler la reprèsentation de cette realité.

Pour ce faire, il est indispensable de controler la “chaine de transmission” de l’information, pour reprendre une expression militaire.
En premier lieu: dissimuler la vérité.
Si l’information apparait tout de meme: Controler(dans le sens de “maitriser”) les sources et surtout faire pression sur les médias en mesure de la relayer, les menacer, les terroriser, les séduire ou les acheter.
Si, l’information est quand meme diffusée, mettre alors en oeuvre un contre-feu afin que cette information ne soit pas percue par le public, et qu’elle n’ait aucune influence sur l’état d’esprit de celui ci.

Et alors? Quelle rapport avec le web?

C’est un espace qui par définition echappe à ce travail de controle de l’information.
Donc sous couvert de lutte contre le terrorisme et la pédophilie, termes commodes pour désarmer toutes critiques, se prépare une tentative de museler l’information sur le web, en tentant de déjouer toutes possibilités d’anonymat sur internet afin de faire passer ce message: “quelque soit votre moyen d’expression, nous pouvons savoir qui vous etes et faire pression sur vous”

Ce blog est la preuve que ce désir est vain(essayez donc de m’identifier!).
Il servira à vous apprendre comment contourner la surveillance globale qui se prépare sur internet en France.

Ce que l’état sarkozyste a pour projet de mettre en place en France n’est que l’adaptation française de la mise en oeuvre d’une infrastructure mondiale permettant de ficher des quantités énormes d’individus, partout dans le monde, de surveiller les déplacements à l’échelle de la planète, de suivre et d’intercepter facilement les communications et les transactions électroniques, et de conserver les renseignements recueillis sur les individus dans des bases de données publiques et privées afin de croiser et analyser ces renseignements et les mettre à disposition des agents des services de sécurité.

Ce projet de controle social sans précédent aurait été impensable il y a quelques années, mais désormais les avancées technologiques permettent aux états de recueillir et d’échanger entre eux des renseignements pour réprimer la dissidence, fermer les frontières aux réfugiés et aux militants, ainsi que pour arréter et détenir des gens sans motifs valable.

Ces attaques sans précédent contre le droit à la vie privée, à la liberté d’expression et à la liberté de mouvement dépassent de loin la seule question du respect des libertés individuelles et les citoyens doivent désormais faire face à des intrusions qui remettent en question la nature meme de la relation entre l’individu et l’état.

Qui aurait pu penser, par exemple que nous deviendrons tous des suspects a-priori et que la présomption d’innocence deviendrait un concept désuet? En effet, si nous ne sommes pas des suspects, pourquoi chercherait-on a engranger de telles quantité de renseignements grace à internet? Et grace aux téléphones portables?

Déclaration de la campagne internationale contre la surveillance globale:
 http://www.i-cams.org/Declaration_Fr.htm…


Sphere: Related Content

May 5, 2007

Un blog en anglais sur le meme théme

Filed under: Anonymat — derkraken @ 8:55 am

A peine inscrit, je m’aperçois qu’un blog hébergé sur la meme plateforme traite du meme sujet:
 http://anonymous.livelyblog.com/

Malheureusement pour les non-anglophones il est en Anglais.

Protected: Privé

Filed under: Privé — derkraken @ 8:45 am

This post is password protected. To view it please enter your password below:



Entries (RSS) and Comments (RSS).

derkraken.livelyblog.com/Login