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La Ligue Odebi dénonce l’attitude de l’industrie du disque, et la vaste campagne de désinformation qu’elle mène depuis des mois afin d’imputer la baisse de ses ventes à l’utilisation des réseaux p2p. La réalité est qu’aux états-unis, l’industrie du disque a lancé des campagnes de procès contre les internautes utilisateurs de réseaux p2p, a baissé le prix de vente des CD, et que l’usage du p2p et les ventes de CD ont augmenté… Le discours importé en France (où l’on paie une redevance copie privée) par les majors a été dénoncé, entre autres par le Ministre de l’Industrie français, Patrick Devedjian, qui a conseillé à cette industrie de plutôt s’adapter aux évolutions technologiques, et de baisser le prix de vente des CD.
La Ligue Odebi dénonce aussi les pressions scandaleuses exercées par les lobbys du disque visant à instaurer en France un régime juridique enfermant les internautes dans les DRMs,pénalisant l’usage des réseaux P2P et tuant le droit à la copie privée.
Rappelons qu’en France, les artistes eux-mêmes considèrent le téléchargement comme de la copie privée, et que chaque internaute achetant un CD vierge paie la redevance pour copie privée sur ce CD, et ce même s’il n’y copie pas un octet de musique : à chaque fois qu’un français veut sauvegarder ses propres photos, il est ainsi obligé de payer l’industrie du disque… A l’heure où cette industrie ne cesse de nous rebattre les oreilles avec le “piratage”, cette forme de parasitage économique ne peut qu’ être remise en question.
En parallèle, l’industrie du disque met progressivement en place des dispositifs qui interdisent cette copie privée, voire le simple usage sur certains lecteurs, et est en passe d’obtenir des lois qui légaliseraient ces dispositifs, voire pénaliseraient le contournement de ces dispositifs et même la simple divulgation des méthodes de contournement.
A titre d’exemple : un internaute qui achète de la musique en ligne sur certains sites ne peut tout simplement pas l’écouter avec un balladeur sur lequel il a par ailleurs payé une redevance copie privée : de fait, ces dispositifs de “protection” changent cette redevance en racket.
Au total , il n’est pas acceptable que l’industrie du disque :
- limite le nombre de copies privées de la musique achetée (CD ou en ligne)
- dégrade la qualité des copies
- impose l’achat d’un logiciel ou d’un matériel spécifique pour l’utiliser
- interdise la lecture de l’oeuvre sur certains lecteurs
- interdise la conversion de l’oeuvre dans un format librement choisi
Et il n’est pas acceptable que le législateur légalise ces mesures, ni qu’il pénalise le contournement de ces mesures ou la divulgation de ces méthodes de contournement, qui permettent tout simplement à l’utilisateur d’écouter la musique qu’il a achetée dans les conditions qu’il est fondamentalement libre de choisir.
A défaut, la redevance copie privée serait un racket auquel le législateur devrait rapidement mettre fin : on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.
petition disponible ici:
http://www.odebi.org/boycothon/
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septembre 21, 2007
Le PDG de la FNAC (groupe PPR : Printemps, Gucci, Puma, Conforama, La Redoute…) a accepté la Mission de Christine Albanel sur la “la lutte contre le téléchargement illicite et le développement des offres légales d’oeuvres musicales, audiovisuelles et cinématographiques”.[1]
Dans son discours, Christine Albanel persiste à présenter les échanges pair à pair comme la cause de la baisse de vente de CD [2], reprenant ainsi une thèse d’Olivier Bomsel, qui fait justement partie de cette Mission FNAC. Il semble nécessaire de rappeler que la Ligue Odebi avait amené Olivier Bomsel à avouer publiquement à l’Assemblée qu’en fait il ne savait pas si les échanges pair à pair étaient ou non la cause de cette baisse [3], ce qui ne l’empêchait pas de proposer de taxer l’upload pour dissuader les échanges pair à pair. Pour Jean-Guy Vincent, Délégué Odebi, il apparaît qu’ “à l’évidence, le cabinet Albanel ne maîtrise pas ses dossiers, on se demande même s’ils ont simplement lu le rapport Cedras…”[4]
La composition de cette mission pose problème : elle est présidée par le PDG d’une entreprise qui vend des produits numériques, le conflit d’intérêt est indéniable. De même Olivier Bomsel est lui présenté comme économiste et producteur par le ministère de la culture [5]. On remarquera aussi la participation d’Isabelle Falque-Pierrotin, qui s’est récemment fait réélire à la hussarde à la présidence du FDI après avoir pourtant effectué deux mandats à ce poste, soit le maximum autorisé par les statuts de cet organe devenu en pratique aussi inutile pour les internautes que coûteux pour les contribuables.[6]
Si la Mission FNAC doit auditionner les différents acteurs avant de proposer un rapport fin octobre, cela ne saurait cacher le but réel de cette mission : L’instauration d’une répression de masse devant être exécutée par le secteur privé [7], et plus précisément par les FAI qui devraient accepter par le biais d’accords interprofessionnels de devenir les mercenaires des majors.
Le ministère de la culture continue donc de manipuler l’opinion publique, comme il l’a déjà fait en détournant le débat de la légalisation des dispositifs anti-copie vers le problème du téléchargement lors de l’examen du projet de loi DADVSI, ou comme Christine Albanel le fait en propageant le mythe de la gratuité, alors que les industries culturelles ne cessent de bénéficier de l’argent public, et que la Tasca Taxe sur les supports numériques vient encore d’être étendue [8]. Odebi dénonce les pratiques désinformationnelles de Christine Albanel : la réalité est que le public, les entreprises françaises, et même les hôpitaux sont rackétés, devant payer une taxe copie privée à chaque achat de support vierge, disque dur externe, carte mémoire, clef USB, alors même que les industries culturelles verrouillent leurs produits par des dispositifs anti-lecture ou anti-copie.
Au total, le rapport de la Mission FNAC ne servira en réalité qu’à justifier les mesures liberticides que les industriels de la culture essaient de faire imposer aux FAI : filtrage des réseaux, traçage des internautes au mépris du respect de leur vie privée, bridage des débits, désabonnements expéditifs, amendes privées. Il faut de plus savoir qu’au cas où les FAI refuseraient de jouer ce rôle de milices des majors en ne signant pas les accords interprofessionnels qui sont le seul réel objectif de la mission FNAC, le gouvernement a d’ores et déjà prévu de légiférer pour imposer ces mesures liberticides.
Jean-Guy Vincent prévient clairement Denis Olivennes : “En acceptant de collaborer à cette farce institutionnelle liberticide destinée à justifier une croisade arriérée, le PDG de la FNAC commet un geste politique qui aura nécessairement un impact sur l’image ou les ventes de la FNAC…”
[1] http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…
http://www.ppr.com
Piratage : la France envisage le filtrage et la riposte graduée
http://www.pcinpact.com/actu/news/38688-…
[2] “Or, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Un milliard de fichiers piratés – films et musique -ont été échangés dans notre pays en 2006. Le marché du disque s’est effondré de plus de 40% au cours des cinq dernières années, avec tout ce que cela signifie en terme d’emplois. Ce phénomène s’est encore accentué en 2007,”
http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…
[3] “Après que Donnedieu ait qualifié l’usage du p2p de “crime contre l’esprit”, Vanneste n’hésite pas à parler de “risques potentiellement mortels”, et à reprendre des thèses tendant à faire croire aux français que l’usage du p2p serait la cause d’une baisse des ventes de CD. Le rapporteur Vanneste va même jusqu’à qualifier la taxation de l’upload proposée par Bomsel de “intellectuellement séduisante”. La ligue rappelle une fois de plus que les faits sont qu’aucune étude n’a jamais réussi à démontrer que l’usage du p2p était la cause de la baisse de ventes de CD, et s’étonne que la commission des lois puisse relayer les propos infondés d’Hollywood et des majors. Il est heureux que la commission ait néanmoins refusé cette taxe upload qui aurait ravalé l’internet français au rang du minitel.”
Communiqué 10-06-2005 : réaction au projet de loi sur le droit d’auteur (DADVSI)
http://www.odebi.org/new2/?p=65
“Concernant les arguments avancés par les chercheurs de l’ENSMP, on remarquera le peu de sérieux scientifique de l’affirmation d’une relation de cause à effet entre le développement du haut-débit et la soi-disant mauvaise santé de l’industrie du disque.Un tel manque de rigueur est assez inattendu de la part de l’ENSMP. Pour ce qui est de l’état réel du marché du disque, la Ligue rappelle les récentes déclarations de Rodolphe Buet, Directeur du disque de la FNAC: “La consommation de musique n’a jamais été aussi forte”
Par ailleurs, la Ligue s’interroge sur le financement de cette étude destinée à promouvoir les seuls intérêts économiques des producteurs de disques.
”
Communiqué 02-03-2004 : Amendements LEN : Odebi s’oppose à toute surtarification de l’upload
http://www.odebi.org/new2/?p=198
[4] “Aujourd’hui, la Ligue dévoile un rapport (le rapport Cédras) commandé par le ministère de la culture à un professeur de droit pénal, et qui a été volontairement caché aux français”
Communiqué 01-05-2007 : Internet et Libertés : le rapport censuré qui met Sarkozy à l’amende
http://www.odebi.org/new2/?p=274
P2P : Un rapport ‘non diffusé’ accable ‘le principe de la riposte graduée’
http://www.silicon.fr/fr/silicon/news/20…
« La réponse graduée automatique doit être abandonnée » Un rapport curieusement non diffusé
http://www.pcinpact.com/actu/news/36148-…
[5] “Depuis 1998, il dirige avec Gilles Le Blanc les recherches du Cerna sur l’économie numérique. Ses travaux portent sur l’économie des réseaux, des contenus et la numérisation des entreprises.
Il est ailleurs, producteur de programmes audiovisuels (films, séries TV) et co-fondateur d’art-netart, producteur-éditeur d’art numérique”
http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…
[6]”Le porte parole de la Ligue Odebi a réagi à ce coup de force : ” Cela ne fait que démontrer, si besoin était, le bienfondé de la ligne adoptée dès le début par les cinq associations d’internautes qui ont fondé la Ligue, et qui ont toujours refusé de participer à cette mascarade, cour de récréation des lobbies culturels durant le projet de loi économie numérique, et ne pouvant in fine que se soumettre à un financement gouvernemental.” “La présidente du FDI arrivait à son dernier mandat : en toute logique, elle ne pouvait que bénéficier de la création de la CND puisqu’elle aurait pu ainsi en prendre la présidence. Le FDI aurait ainsi pu disparaitre au profit de la CND. Or nous avons abattu en vol le projet de CND en révélant le décret en projet juste avant la présidentielle. A partir de ce moment, l’actuelle Présidente du FDI n’avait plus qu’une seule solution : faire modifier les statuts du FDI pour pouvoir s’y faire réélire.”
Coup d’état au FDI
http://quelqueswattsdeplus.blog.20minute…
Le Forum des Droits sur Internet putsché ? Qui s’en soucie ?
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_a…
[7] Extrait de la Lettre de mission de Nicolas Sarkozy, Président de la République, à Christine Albanel:
“vous rechercherez les voies et moyens pour conclure un accord interprofessionnel permettant de dissuader efficacement et de réprimer la contrefaçon de masse. Les solutions techniques existent, elles doivent être expérimentées et mises en oeuvre.”
http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…
[8]Clés USB, cartes mémoires et disques durs taxés au 1er octobre
http://www.zdnet.fr/actualites/informati…
Les industriels préparent un recours contre la taxe pour copie privée
http://www.lexpansion.com/art/32.0.16137…
La taxe copie privée appliquée sur les disques durs externes à partir d’octobre
“Consoles de jeux prochainement
Rappelons que le principe de la “taxe copie privée” a été instaurée par la loi Lang du 3 juillet 1985 pour compenser le manque à gagner pour les ayants droit des copies d’œuvres culturelles réalisées par les particuliers dans un cadre familial. Imputée aux cassettes audio et vidéo, la redevance s’est étendue aux média vierges numériques au fil des évolutions technologiques : disquette, CD, DVD, baladeurs numériques…
Au printemps, la commission composée de représentants des ayants droit, des pouvoirs publics, des consommateurs et des industriels, a poursuivi ses travaux en étudiant le cas des disques durs externes, des cartes mémoire et clés USB de stockage. Lesquels devraient voir leurs tarifs augmenter à partir du 1er octobre prochain, donc, sauf si les fabricants et distributeurs rognent sur leurs marges pour intégrer ce surcoût dans le prix de vente final. Rappelons à ce sujet que les montants de la taxe sont imputés avant calcul de la TVA qui est, aujourd’hui, de 19,6 % sur les produits électroniques.
Les DVD HD et Blu-ray, consoles de jeux et autres téléphones “MP3″ ou encore agendas électroniques constituent les prochains dispositifs de stockage qu’étudiera la commission copie privée en vue d’y étendre l’application de la rémunération idoine.”
http://www.vnunet.fr/fr/vnunet/news/2007…
La taxe pour la copie privée continue de s’étendre
“Mais la commission d’Albis – du nom de Tristan d’Albis, chargé du groupe – envisage d’aller plus loin et a évoqué cet été la possibilité d’étendre encore la taxe aux consoles de jeux nouvelle génération, soit la PSP, la Xbox et la Wii.
Restera alors une solution : en revenir à une transmission orale de la culture. Rétines et mémoires humaines pourraient-elles être taxées ? ”
http://www.lepoint.fr/content/tech_net/a…
Thèmes : Communiqués, Albanel, Olivennes
http://www.odebi.org/new2/?p=439
Vous pouvez vous aussi contribuer au buzz autour de cette info en utilisant ces liens en particulier ou le contenu des textes utilisés, sur vos sites, vos blogs vos emails:
http://eucd.info/348.shtml
http://stopdrm.info/index.php?2007/09/18…
http://stopdrm.info/index.php?2007/09/18…
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septembre 20, 2007
Pour trouver la correspondance de media defender, suite a des ddos a l’encontre des sites publiant leur correspondance vous pouvez vous tourner vers Pirate Bay:
http://thepiratebay.org/search/mediadefe…
Ou faire une recherche sur ce thème via votre moteur de recherche préféré(yahoo donne bien plus de résultats que google, censure?):
MediaDefender.Mail.200612.200709-MDD
Les codes sources du logiciel utilisé par mediafender nommé “MediaDefender.Source.TrapperKeeper” et utilisé par mediadefender pour piêger les p2pistes sont disponibles ici:
http://thepiratebay.org/tor/3812960/Medi…
Bon DL!
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septembre 19, 2007
Le grand nettoyage est-il en cours ? De gros serveurs liés aux échanges de fichiers ne répondent plus. Il se passe quelque chose sur le réseau e-donkey.
D’étranges modifications sont constatées sur le réseau e-Donkey. Serveurs fermés, Honey Pot de plus en plus visible. Vendredi l’industrie du disque Allemand annonçait une grande victoire face aux pirates. Une injonction temporaire publiée par la Cour fédérale de Hambourg a obligé un opérateur d’un serveur eDonkey a fermer les robinets. Le tribunal demandait cette coupure, à la suite d’une plainte de l’IFPI , pour un seul cas, l’album One. A première vue, il a préféré tout couper.En chargeant la liste des serveurs avec emule, on voit bien que les gros serveurs allemands ont des urilisateurs connectés mais ne fournissent aucun fichiers. Les autres n’ont que quelques fichiers, autour de 400 000 en moyenne contre plusieurs millions en temps normal.
Il semblerait que cela touchait aussi “Kad”. Le réseau décentralisé ne repond plus pour un grand nombre de personne. Il semblerait que cela dependrait des pays et des moyens d acces que prennent les datas. Le Bresil, certains pays d’Europe, dont l’Allemagne, et certains Etats des Etats-Unis sont visés, dixit les temoignages des utilisateurs.
Pour plus de précisions quand à la conduite à adopter, voir les liens suivants:
http://www.open-files.com/Qu-arrive-t-il…
http://www.emule-france.com/forum/serveu…
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Plus d’un an et demi après sa saisie par les autorités belges, le serveur eDonkey Razorback n’est toujours pas de retour sur les réseaux. Le procès se poursuit lentement en Suisse, avec seulement ce mois-ci la remise d’un premier rapport d’expertise technique… dont les conclusions surprendront les spécialistes.
Poursuivi en Suisse par le lobby du cinéma, l’association Razorback lutte actuellement avec peine pour obtenir gain de cause en Justice. L’ancien plus gros serveur eDonkey du monde et l’ensemble de ses serveurs de soutien sont placés sous scellé depuis février 2006, et la procédure se poursuit avec régulièrement de nouveaux coups à endurer. Un rapport d’expertise technique commandé par le tribunal suisse, dont Ratiatum a pu obtenir communication, ne devrait pas aider l’association à ressortir la tête de l’eau…
La Haute Ecole Valaisanne a en effet remis le 2 juillet au juge d’instruction du Valais central à Sion, chargé de l’affaire en première instance, un rapport (.pdf) rédigé par Romain Roubaty. L’homme est Professeur au Laboratoire de Sécurité de la Haute Ecole, et vice-président de l’Association Francophone des Spécialistes de l’Investigation Numérique (AFSIN), un club d’experts techniques, de juristes et d’autorités de police dispersés dans toute la francophonie, du Québec au Maroc. En Suisse, le professeur Roubaty est une sommité dont l’expertise devrait être prise très au sérieux par la justice.
Or le rapport remis au juge Yves Cottagnoud est pour le moins surprenant. Il devait permettre au tribunal de comprendre le rôle et l’importance de Razorback dans les échanges réalisés sur le réseau eDonkey/eMule. A la lecture des 100 pages, il semble que l’expert ait réalisé un rapport à charge pour surévaluer l’importance effective de Razorback, pour mieux surévaluer l’importance du serveur dans les échanges de fichiers illicites.
Tout d’abord, il écarte en moins d’une page le réseau décentralisé Kademlia ajouté à eMule, en se basant uniquement sur des commentaires d’utilisateurs écrits sur des forums en 2004. Sur la seule base de ces commentaires complètement dépassés, l’expert conclue que “dans le monde des utilisateurs eMule, la présence des serveurs rend la recherche beaucoup plus aisée”. Peu importe que depuis le réseau autonome ait pris une importance majeure, “nous pensons inutile de nous attarder plus sur le fait qu’il existe des alternatives à l’utilisation de serveurs centraux fournissant les métadonnées”, écrit l’expert. Aux oubliettes, donc, également, le protocole d’échange des sources directement entre clients qui avait été mis en place sur eMule avant même l’arrivée de Kad. Les deux protocoles rendaient Razorback quasiment inutile techniquement, sauf pour aider à la diffusion de fichiers légaux : la chaîne de téléchargements de Ratiatum et les albums de musique libre de Jamendo, notamment. Tout dans le rapport (qui n’évoque d’ailleurs cette activité d’upload de contenus libres qu’au détour d’une phrase) semble orienté pour alourdir artificiellement l’importance de Razorback.
Mais il y a beaucoup plus grave. L’expert semble analyser de travers le rôle du service ed2k History attaché à Razorback pour fournir un historique et une volumétrie de la diffusion des fichiers sur le réseau. En se basant sur deux articles publiés sur Ratiatum (celui-ci, et celui-là), l’expert prétend qu’il était plus facile pour les utilisateurs de trouver des fichiers à télécharger, en particulier des fichiers rares. “En plus d’offrir des éléments sur des fichiers très connus, il permet de trouver des fichiers plus rares, puisqu’ils apparaissent dans l’historique dès que partagés par deux utilisateurs. [...] Grâce à ce service, il était particulièrement aisé de trouver des images ou des films à caractère pédopornographique”, écrit l’expert. Lourde accusation, puisqu’elle indique au juge que le service History pouvait être utilisé facilement pour trouver des fichiers pédophiles grâce à Razorback ! En guise de preuve, l’expert a effectué en octobre 2005 18 requêtes sur ed2K history basées sur les hashs (signatures électroniques) de fichiers pédopornographiques fournis par la police. Et l’expert d’en conclure que “la disponibilité de ces fichiers sur les serveurs Razorback a été mise en évidence”. Pourtant, l’expert écrit bien que “les fichiers sont reconnus par le serveur par leur empreinte numérique et non par leur nom”, mais le rapport est rédigé de telle manière que le poisson semble être noyé pour faire croire à un rôle actif ou à la connaissance par Razorback des activités pédophiles. C’est comme prétendre que Google pourrait savoir tout ce qui se trouve derrière chacune des URL qu’il indexe sans pour autant scanner le contenu des pages. A une différence essentielle près : contrairement à Google, le seul service History n’offrait même pas de fonction de recherche.
Une affaire qui pourrait avoir des répercussions sur toute une industrie
L’ensemble du rapport laisse une impression curieuse d’amateurisme de la part de l’expert, qui est pourtant reconnu en Suisse comme une référence en matière de sécurité informatique. Copier-coller à outrance (jusqu’à copier 14 pages d’un article de Wikipedia…), citations d’articles de presse ou de commentaires de forum comme argumentation technique, oubli ou déformations de parties essentielles de l’architecture d’échange, volonté expresse de démontrer la stratégie commerciale (et non technique) de Razorback… beaucoup d’éléments que nous n’avons pas tous détaillés ici laissent présager le pire si le juge suit le rapport à la lettre.
Or le risque est d’autant plus grand que le cas Razorback pourrait avoir de sérieuses répercussions sur l’ensemble du secteur des télécommunications en Suisse. L’affaire pourrait en effet faire jurisprudence contre tous les intermédiaires techniques du pays, qui pourraient en cas de condamnation de Razorback se voir de fait imposer par la Justice une obligation générale de surveillance et de filtrage proactif que ne prévoit pas la loi nationale.
L’affaire est mal engagée, d’autant que la MPA (Motion Picture Association) qui a porté plainte contre Razorback a obtenu de la Justice le blocage des comptes de l’association, et exige désormais la rétrocession de frais avancés à l’avocat du serveur eDonkey. Tous les éléments semblent tournés contre Razorback, qui devra trouver des alliés en Suisse chez les fournisseurs de services Internet qui n’ont sans doute pas encore pris conscience de l’importance de l’affaire pour leur propre avenir.
Pour la première fois depuis son lancement, “Razorback pourrait à nouveau faire appel à la générosité des internautes pour pouvoir continuer à se défendre”, nous indique l’association contactée par Ratiatum. Elle précise toutefois qu’elle “mène aussi actuellement des discussions avec une entreprise active sur Internet qui pourrait prendre en charge le règlement des frais judiciaires futurs de l’association”.
Contrairement aux services web 2.0 actuellement si populaires, Razorback n’a jamais hébergé lui-même un film entier ou même un simple fichier MP3. Il se contentait de faciliter la mise en relation d’utilisateurs qui souhaitaient s’échanger des contenus, sans jamais intervenir sur les contenus en question. A cet égard, jamais le rapport ne met en évidence un quelconque rôle de Razorback dans l’apparition ou la distribution de fichiers piratés sur le réseau, autre que son rôle d’intermédiaire technique neutre.
le CV de l’”expert”:
http://ii.hevs.ch/upload/Collaborateurs/…
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septembre 17, 2007
C’est un coup dur pour les adversaires du P2P. 700 Mo d’e-mails ont été volés sur les serveurs du spécialiste de la lutte anti-P2P MediaDefender, et distribués sur BitTorrent. Ils montrent notamment une collaboration avec les autorités américaines.
Connu de longue date, MediaDefender a été l’une des premières sociétés spécialisées dans la chasse aux P2Pistes. Elle est devenue experte des méthodes de parasitages des réseaux P2P, en inondant les réseaux de faux fichiers (spoofs) ou en créant même de faux trackers BitTorrent. A l’été 2005, MediaDefender avait été rachetée pour 42,5 millions de dollars par ARTISTDirect, une plate-forme anglophone de musique en ligne. Avec l’objectif de se servir de l’expertise de MediaDefender pour attirer les P2Pistes vers de faux fichiers qui dirigent l’utilisateur vers des plate-formes légales.
Mais depuis, MediaDefender est surveillée de près par la communauté P2P. Au début de l’été, il avait dû fermer précipitemment son site Miivi.com, après que le blog spécialisé TorrentFreak ait révélé son existence. Miivi se faisait passer pour un site pirate pour attirer les utilisateurs dans son piège.
La semaine dernière, 700 Mo d’e-mails stockés sur les serveurs de MediaDefender ont été volés et distribués sur BitTorrent par un groupe qui se fait appeler MediaDefender-Defender. Ils ont eu accès à la boîte Gmail d’un employé, Jay Maris, qui y relayait l’ensemble des mails de MediaDefender. “En publiant ces e-mails, nous espérons protéger la vie privée et l’intégrité personnelle de l’ensemble des utilisateurs de peer-to-peer”, indique le groupe dans un fichier NFO joint au fichier .mbox qui contient l’ensemble des mails. “Les e-mails contiennent des informations sur les différentes solutions tactiques et techniques pour traquer les utilisateurs de P2P”, indiquent-ils également.
Mais les mails ne contiennent pas que des informations techniques. Ils permettent notamment de revenir sur l’affaire Miivi, et de voir que MediaDefender voulait à tout prix garder son petit secret. “C’est vraiment la merde”, écrit Saaf en apprennant que leur filiation au site avait été compromise. “Mettons-le hors-ligne”. Les équipes de MediaDefender se sont alors empressées de créer un nouveau site, sous le domaine Viide.com, avec les mêmes objectifs qui restent toutefois obscurs. Ils ont d’abord refait toute l’interface graphique, effacé toute référence à Miivi, et mis au point une nouvelle stratégie de référencement. La décision a été prise d’exporter l’ensemble des correspondances liées à Viide sur un serveur mail sécurisé, à Las Vegas. Mais dans quel but ?
Sans doute s’agit-il de mettre en route la stratégie de ARTISTDirect, qui veut attirer un maximum de P2Pistes pour les diriger ensuite vers des plate-formes légales. Rien dans les mails ne montre une volonté de MediaDefender de capter les adresses IP des utilisateurs pour les compromettre et engager des poursuites. A moins que…
MediaDefender lié au parquet de New York
Les e-mails révèlent qu’une collaboration étroite était en cours avec les services du procureur de New York. MediaDefender crée pour eux un outil qui permet au parquet d’accéder à distance aux données de MediaDefender concernant les P2Pistes, et qui doit répondre à des critères techniques et juridiques précis pour pouvoir servir de preuve lors de procédures judiciaires. “De votre côté, le crawler peer-to-peer va identifier les fichiers qui correspondent aux critères de recherche établis”, écrit un analyste du parquet pour préciser leur cahier des charges. “Les données seront ensuite collectées, filtrées pour les adresses IP des résidents de New York (dans les limites de précision posées par les technologies de géolocalisation). Ces données seront ensuite transmises à nous où, de notre côté, un logiciel distinct va utiliser ces données pour se connecter au réseau et télécharger le fichier sur un hébergeur et le stocker sur nos serveurs pour garder la preuve et effectuer d’autres d’analyses”. Rien dans les e-mails ne permet d’établir un lien entre Miivi/Viide et ce projet précis.
Un contrat en cours avec Universal Music
Parmi les autres données révélées par les mails (outre des données personnelles : fiches de payes, adresses personnelles, numéros de sécurité sociale…) figure un contrat passé entre Universal Music Group et MediaDefender. Il montre que la société facture 4.000 $ par album et par mois pour protéger un album sur “les 15 réseaux les plus populaires” (FastTrack, Gnutella, IRC, Usenet, DirectConnect, eDonkey, MP2P, Kademlia, Overnet, BitTorrent, SoulSeek, et Shareaza).La société promet contractuellement de livrer ses services contre environ 12 millions d’utilisateurs. MediaDefender facture par ailleurs 2.000 $ mensuels par titre.
Les données volées sont disponibles ici:
http://jrwr.hopto.org/(site down)
et ici:
http://www.mediadefender-defenders.com/
Voir aussi ici:
http://torrentfreak.com/the-piratebay-wa…
Sources:
http://www.ratiatum.com/news5677_Un_adve…
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août 30, 2007
Depuis le temps que j’utilise le peer-to-peer et que j’en entends parler (surtout en mal), l’envie de justifier pleinement son emploi pour les plus nobles raisons me démangeait. C’est désormais chose faite avec ce manifeste, qui établit clairement ma pensée sur ce mode d’échange révolutionnaire qui constitue l’avenir de la culture.
J’occupe 90 % de la bande passante mondiale et mon trafic va croissant. Napster fut mon premier représentant à succès et quand on le fit tomber, un pléthore d’autres prirent sa succession : FastTrack, eDonkey2000, BitTorrent et des dizaines d’autres réseaux que de multiples logiciels peuvent exploiter.
De plus en plus d’utilisateurs m’utilisent chaque jour, on les dénombre par millions et ce chiffre ne fait qu’augmenter. Tous sont reliés entres eux par des milliers de kilomètres de câbles que vomissent divers terminaux renseignés par des paquets d’ondes électromagnétiques balancées par des dizaines de satellites.
Tu l’auras compris, je suis gigantesque, je suis mondialisé, je n’ai pas de frontière, je suis international. En plus d’être le meilleur système d’échange de fichiers, mon principal intérêt est que je mets en commun l’information et que chacun peut y accéder équitablement. Un ordinateur et une connexion internet suffisent. De ce principe d’une simplicité révolutionnaire, j’ai pu m’étendre jusqu’à avoir le statut que j’ai aujourd’hui ; incontournable. En effet : dans ce monde d’échange numérisé, j’ai aspiré toute l’information qui peut se transformer en langage binaire, soit à peu près tout. Je suis la plus grande médiathèque du monde : j’englobe tous les CD anciens et récents, j’engloutis les films à peine sorti au cinéma et en DVD, je possède des séries entières et j’ai des tonnes de sous-titres, j’ai tous les jeux vidéos possibles, j’ai même des livres et des BD sur mon réseau. J’ai absolument tout, je suis le numérique, tout ce qui est nouveau et tout ce qui est vieux je l’obtiens. J’ai réalisé le rêve de n’importe quelle grande surface. Mon mode de stockage est exempt de tout archaïsme : on se plaint souvent de ce monde bassement matériel, mais pour moi toute existence physique est abolie. Tout ce que je possède est dématérialisé, ce ne sont que des creux et des bosses microscopiques gravés dans les sillons de millions de disques durs, j’ai enlevé tout superflu à la création. Fini les boîtiers, fini les disques, je n’ai gardé que l’essentiel : l’art, dépourvu de ses artifices commerciaux. De même, ma présence est toute relative, on dit que je suis un “réseau” donc je n’ai pas d’existence propre, je n’existe qu’à travers les millions d’internautes qui s’expulsent des milliards d’octets à travers les ports. Il y a bien quelques serveurs pour relayer l’information mais je suis ici uniquement parce que j’ai été créé à l’initiative des utilisateurs, et c’est encore une fois grâce à eux que je m’étends et que j’englobe encore plus d’objets culturels au cours du temps. Je reflète les besoins de l’utilisateur, je m’adapte à lui, je suis une entité qui semble vivre d’elle-même mais qui dépend de chacun. Une synthèse où le groupe est aussi important que l’individu. Pas de hiérarchie, tout le monde peut y participer, connecte-toi, le principe est ridiculement simple : une personne envoie et l’autre réceptionne.
Peer-to-peer.
C’est un beau bébé, mais qui est le père ? C’est toi, l’utilisateur.
Tu corresponds à un numéro, ton seul identifiant véritable sur la gigantesque toile, ton IP, et ce numéro tout con (comme tous les numéros) va te permettre de te relier avec quelqu’un à l’autre bout de la planète, sans intermédiaire, la liaison instantanée entres continents et, grâce à ton super logiciel, tu vas pouvoir déverser dans tes ports tout ce que tu veux à ce copain improvisé. Mais quels sont tes motivations au juste ?
Eh bien, au départ, je connaissais peu ce moyen d’échange, je cherchais juste à écouter vite fait une chanson qui venait de paraître sans vouloir attendre qu’elle passe à la radio, de fil en aiguille j’ai fais des recherches, j’ai téléchargé un logiciel quelconque pour obtenir ce que je cherchais et je l’ai eu sans difficulté. C’est ainsi que tout a commencé, j’ai rapidement étendu mes téléchargements à tous les autres objets culturels. Le p2p est devenu incontournable pour moi, pourquoi ? Simplement parce que tout est disponible en abondance, directement chez toi. Pas besoin de te déplacer, pas d’agression visuelle, pas de pub, pas de pénibles excursions dans des bordels culturels, pas de limites dans le choix, et surtout pas besoin de payer. Certains adversaires du p2p disent “Vous vous imaginez entrer dans un magasin, prendre quelque chose et repartir sans payer, et bien ça c’est le téléchargement”, c’est bidon, le p2p n’est aucunement cela. Tout d’abord, il n’est pas inclus dans la monde physique où règne les règles consommatrices qui disent que le vol matériel est un délit, le téléchargement n’est pas matériel, donc si on l’assimile à du vol, alors dans ce cas tout le monde sur les réseaux vole de façon décomplexée, et si le vol ne s’accompagne pas d’un sentiment de culpabilité et de transgression chez les personnes l’effectuant, est-ce toujours du vol ?
Avec le p2p, il n’y a plus d’effort à fournir pour obtenir ce que l’on veut, pas de déplacement fastidieux dans les rayons, pas de files d’attentes à endurer et surtout pas de torture psychologique quand on débourse son pognon, à se demander si on a bien fait d’acheter ça, si on aurait pu acheter quelque chose de mieux, le p2p rend nos jugements objectifs sur les oeuvres que l’on côtoie : lorsqu’on achète une oeuvre, on a plus d’espérance sur sa qualité intrisèque, il arrive qu’on se “force” à l’aimer pour ne pas être déçu de son investissement alors que lorsqu’on acquiert gratuitement, on part sans a priori, notre jugement est ainsi le plus objectif possible.
La possibilité de “tout” avoir sans exception nous incite à abuser des bonnes choses, à expérimenter tout ce qui était susceptible de nous décevoir auparavant (des a priori la plupart du temps), la masse d’oeuvres disponibles permet de nous constituer un capital culturel bien plus important que si on se limite aux achats sporadiques. Il n’y a plus de choix restrictifs à faire, plus rien ne nous empêche de nous diversifier à foison. Grâce au p2p, je suis devenu éclectique, je m’ouvre un peu plus chaque jour à chaque pan de la création. Je n’hésite pas à le dire : le p2p a changé ma vie intellectuelle, dorénavant je vais en touriste dans les magasins uniquement pour voir ce que je pourrais bien télécharger en rentrant. Prendre un DVD et sortir les biftons est un geste lointain, ces gens aux caisses me sont étrangers, ils sont comme des reliques d’un temps révolu, refusant de voir l’avenir, mais je me dis que soit bientôt ils auront une espèce de révélation, soit ils resteront éternellement ainsi, aveugles.
La société de consommation culturelle est censée se baser uniquement sur les besoins du consommateur, elle a échoué, car le téléchargement répond mieux à ses attentes : abondance, diversité, disponibilité, qualité (il suffit d’un peu de pratique pour ne plus se faire entuber) et prix défiant toute concurrence ! Avec le p2p, la société de consommation culturelle a atteint sa perfection avant l’heure en cessant d’exister, toutes ses contraintes se sont effacées, le p2p a signé l’arrêt de mort de la consommation culturelle “classique”. Maintenant, de plus en plus de monde va savoir qu’il existe une alternative gratuite au tout-commercial. Illégal ? Mais le nombre renverse l’illégalité, les crimes et les délits sont illégaux car ils sont assez rares, et correspondent à un manquement à la morale dominante reprise dans les institutions. Mais quand cette morale change et que de plus en plus de personne ne trouve plus “mal” quelque chose, les institutions ne peuvent plus rien faire et sont forcées de s’adapter.
Malheureusement, ces institutions réagissent mal, dans un élan réactionnaire elles choisissent la réaction brutale et conservatrice : le flicage intensif. La loi DADVSI actuellement en vigueur est une calamité répressive fortement technophobe, qui se pare d’articles interdisant tout ce qui bouge, mettant fin à la copie privée telle que nous la connaissons, menaçant le logiciel libre… Elle nous prive d’une inter-opérabilité déjà pas très folichonne. Si on étudie ce projet de loi, on retient une vision de la culture qui fait peur : ce serait celle où le sujet consommateur achètent les choses uniquement pour soi et les consomme dans son coin, celle où on ne doit pas protester si on n’a pas les bons logiciels imposés par les marques pour les visionner, celle où on doit fermer sa gueule si on ne peut pas les lire sur toutes les plate-formes, bref, c’est l’antinomique “industrie de la culture” qui est à son paroxysme, et quand Donnedieu de Vabre prétendait qu’il n’était pas le “ministre des majors” comme le dénonçaient ses adversaires, on le croit difficilement tant ses dernières frasques législatives lient intimement argent et culture.
“J’ai en face de moi un ennemi redoutable : le rêve de la gratuité”, nous avait sorti le sinistre.
T’as rien pigé, ce n’est plus un rêve, c’est actuel. Ce n’est pas un ennemi, c’est un rêve magnifique, c’est aussi un rêve perdu car il paraît trop inconcevable dans notre monde actuel. Grâce au peer-to-peer, un petit bout de ce rêve est devenu réalité, une utopie qui date de Platon prend forme dans le réel, c’est assez unique de voir débarquer un mode de vie parallèle basé sur l’échange désintéressé qui permet d’enrichir intellectuellement ses utilisateurs, qui met les différentes classes sociales sur un pied d’égalité, toutes les personnes possédant un ordi et internet peuvent accéder équitablement à la culture, cette masse qui du même coup orchestre plus ou moins consciemment un “fuck” retentissant aux détenteurs économiques de la culture, les mettant face à leur échec accompli. Ceux-ci, énervés parce qu’ils ont foiré ce coup-là alors qu’ils ont toujours été triomphants avec leurs pubs et leurs coups médiatiques, réagissent stupidement en multipliant les messages où ils mettent les artistes en avant, des Cosette dépouillées, seulement on a du mal à plaindre les artistes en question, sauf peut-être sur la qualité de leurs oeuvres, j’ai du mal à les voir autrement que des êtres aliénés qui ont totalement assimilé les concept de rentabilité et de compétitivité du capitalisme, ce qui me semble profondément incompatible avec le sentiment artistique, c’est une conception très personnelle qui me pousse à dire que culture et argent ne font pas bon ménage.
Les majors peuvent continuer à répandre leurs petits fakes-MP3 insignifiants, vendre leurs .wma DRM illisibles sur des sites aux choix limités, plaider leur cause sur les plateaux d’émissions de variétoche inchangée depuis quinze ans, diffuser leur discours moralisateur, culpabilisateur et menaçant qui ne marchera que sur quelques naïfs isolés, je continuerai à télécharger sans que ma morale n’en souffre, le p2p apporte la gratuité, la culture, la diversité, l’éclectisme, l’ouverture, et vous voulez que j’arrête tout ? Que je consomme comme avant alors que je touche du doigt ce qu’est l’avenir ? Jamais, vous m’entendez, jamais, quoi que vous fassiez pour m’en empêcher, je continuerai de télécharger car c’est ainsi que je vois le futur. Je suis quelqu’un de banal mais j’ai refusé de consommer normalement, ceci est mon manifeste.
http://agoravox.fr/article.php3?id_artic…
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juillet 13, 2007
Ca se passe ici:
http://www.kingnutter.com/articles/view/…
Kimmy Ruska, un américain de 21 ans, a publié une vidéo montrant comment télécharger gratuitement de la musique, des jeux, ou des films bien plus vite que les réseaux de peer-to-peer grâce à … une simple recherche sur Google ou Yahoo.
La vidéo, qui a été vue par plus de 430.000 internautes, a vite été retirée de YouTube – on comprend aisément pourquoi – mais est toujours consultable sur King Nutter.
L’astuce réside dans l’algorithme utilisé pour effectuer la recherche. Il a en effet pour but de cibler les serveurs des campus universitaires américains que de nombreux étudiants utilisent pour partager de la musique avec leurs camarades.
Pour cela, il se sert du fait que la plupart des dossiers de ce type contiennent les mots “index.of” dans leur répertoire. Il suffit ensuite de déterminer quel type de fichier l’on souhaite trouver (MP3, MP4, AVI, etc), d’entrer le nom du fichier cherché de manière connectée (avec des points ou underscores), puis d’exclure les pages HTML, HTM, etc, de la recherche. Ce qui donne par exemple : intitle:”index.of” (MP3|MP4|AVI) No.one.knows -html -htm -php – asp -cf -jsp
Pour faire simple vous pouvez utiliser cette ligne de commande en la copiant dans la barre de recherche de google en remplaçant “artiste” par ce que vous cherchez:
{-inurl:(htm|html|php) intitle:”index of” +”last modified” +”parent directory” +description +size +(wma|mp3) “artiste”}
Bien sur, wma ou mp3 peuvent etre remplacé par ce que vous voulez comme types de fichiers.
Bonne peche!
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juin 12, 2007
Piratage: les FAi bientôt chargés de la prévention auprès de leurs clients?
Le nouveau gouvernement travaillerait sur un projet de décret pour imposer aux FAI d’envoyer à tous leurs abonnés des messages de prévention contre le téléchargement illégal d’oeuvres. Un premier pas vers la riposte graduée ?
Juridique
Les internautes pourraient bientôt recevoir des messages de prévention contre le piratage dans leur boîte e-mail. Selon des projets de décret et d’arrêté que s’est procuré le quotidien Les Echos, le gouvernement a déjà planché sur la question. Son objectif: créer une nouvelle obligation pour les fournisseurs d’accès internet (FAI), d’informer leurs clients au sujet de la contrefaçon et du téléchargement d’oeuvres protégées.
Actuellement, les FAI n’ont qu’une seule contrainte: faire apparaître la mention «La piraterie nuit à la création artistique» sur leurs publicités vantant la vitesse de téléchargement permise par le haut débit. Cette obligation date de 2004 et de la Charte que les FAI ont signée avec les ayants droit de la musique. Le gouvernement désire aujourd’hui qu’ils fassent plus, en envoyant au moins deux fois par an, un message de prévention par e-mail, révèlent Les Echos.
Son contenu: il rappellerait que le téléchargement ou la mise à disposition d’oeuvres protégées via internet est interdite. Et mentionnerait les sanctions auxquelles s’exposent les contrevenants: «Cette violation est passible de condamnations civiles et de sanctions pénales.»
La ministre de la Culture favorable à la riposte graduée
Ce dispositif est différent du concept de riposte graduée, cheval de bataille de l’industrie du cinéma qui a failli être adopté lors du vote de la loi Dadvsi. Dans le cas de la riposte, il s’agit d’envoyer des courriers électroniques automatisés aux internautes, repérés par les ayants droit en train de télécharger illégalement. Le premier e-mail serait une simple mise en garde; les sanctions tombant si l’internaute en question venait à récidiver (amendes, voire procès).
Les ayants droit plaident depuis longtemps pour cette solution, mais la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) s’était opposée aux systèmes de surveillance automatisés qu’ils avaient choisi pour traquer les fraudeurs. Cet obstacle est levé depuis fin mai, et l’annulation par le Conseil d’État de la décision de la Cnil. Les sociétés d’auteurs travaillent donc actuellement sur une nouvelle mouture de leur système.
Christine Albanel, la nouvelle ministre de la Culture, s’est déjà prononcée en faveur de la riposte graduée, et a exhorté FAI et ayants droit à se mettre d’accord sur le sujet. En attendant, le gouvernement se prépare donc à renforcer l’obligation de prévention qui incombe déjà aux FAI. Les décrets en question ont été examinés et validés par la Commission parlementaire des P&T, et doivent encore être soumis à l’Arcep.
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juin 7, 2007
Au terme d’une longue enquête, Ratiatum est en mesure de révéler les raisons pour lesquelles aucune poursuite judiciaire contre des pirates français ne devrait avoir lieu avant de longs mois, voire avant plusieurs années. Notre enquête met à jour plusieurs anomalies que tentaient jusqu’à présent de dissimuler les chasseurs de pirates et leurs clients. Informée de certains éléments de cette enquête et contactée mercredi par téléphone pour y répondre, la Société Civile des Producteurs Phonographiques (SCPP) “ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet pour le moment”.
Petit rappel des faits :
Le 17 janvier 2005, nous apprenions que deux prestataires parisiens, AdVestigo d’une part, et CoPeerRight Agency d’autre part, étaient clients de la SCPP pour automatiser la chasse aux pirates. “AdVestigo pour la caractérisation du traitement des empreintes de fichiers sur les réseaux, et nous-mêmes pour la recherche et l’identification”, nous confirmait alors Stéphane Michenaud, le responsable de la société CoPeerRight Agency. En septembre dernier, plusieurs grands journaux dont Libération relatent un conflit entre les deux sociétés prestataires, sur fond de violation de brevets industriels. “On a l’impression que CoPeerRight est en train de s’écrouler et fait tout pour garder ses clients”, déclarait alors Marc Guez, le président de la SCPP (qui rappelons-le, n’a pas souhaité s’exprimer sur les résultats de notre enquête). Alors est-ce vraiment la raison qui a poussé CoPeerRight Agency à attaquer son concurrent ? C’est ce que nous avons voulu vérifier en retraçant tous les évènements un à un.
La SARL CoPeerRight Agency (CPRA) gérée par Stéphane Michenaud a été immatriculée au RCS de Paris le 21 mai 2003. Dès le 27 mai, la société dépose une première demande de brevet (.pdf) portant sur un “procédé et système pour lutter contre la diffusion illégale d’oeuvres protégées dans un réseau de transmission de données numériques”. En clair, CPRA demande en 2003 à l’Etat français de lui accorder le monopole d’exploitation sur certaines techniques antipiratage, en particulier celles qui visent à envoyer des fichiers corrompus sur les réseaux P2P en se faisant passer pour de vrais utilisateurs. Le brevet est délivré le 29 juillet 2005. Dans son premier jet, CPRA revendiquait également des droits sur la recherche des fichiers mis en partage par les utilisateurs, mais l’état de la loi en 2003 ne lui permettait pas d’ajouter la collecte d’informations sur les utilisateurs eux-mêmes. C’est la révision de la loi informatique et libertés obtenue en août 2004 qui va permettre à CPRA de demander une modification de son brevet (.pdf) à l’INPI pour apporter en première revendication le fait d’obtenir les “caractéristiques du fichier trouvé ainsi que des informations d’identification de l’utilisateur mettant en partage le fichier trouvé”. Après une longue étude du dossier et des garanties apportées par la société à la protection des données personnelles des internautes français, la CNIL donne son agrément en mars 2005 à CPRA pour constituer un fichier d’infractions à partir de ces procédés, sous le mandat d’un syndicat. La demande divisionnaire (celle qui permet de modifier le premier brevet) est déposée le 5 avril 2005, et elle est juridiquement réputée déposée à la date de dépôt du brevet modifié, c’est-à-dire le 27 mai 2003.
Et c’est là que les choses commencent à sentir le vinaigre pour AdVestigo, le concurrent de CPRA, et pour l’industrie du disque. Car alors qu’elle n’était censée selon les dires de la SCPP ne s’occuper que de la partie “caractérisation du traitement des empreintes de fichiers sur les réseaux”, AdVestigo a en fait offert les mêmes services de recherche et d’identification que son concurrent. En d’autres termes elle aurait violé le brevet de CPRA. Cette dernière l’apprend à ses dépens lorsque le président de la SCPP, Marc Guez, leur indique par un mail du 22 mars 2005 que la proposition commerciale de CPRA “se situe à un niveau de prix nettement plus élevé que celui de l’accord passé avec AdVestigo”. Privée ainsi de son marché, CoPeerRight Agency obtient le 1er juillet 2005 du TGI de Paris le droit d’effectuer une saisie contrefaçon (c’est-à-dire une perquisition visant à rassembler les preuves d’une contrefaçon du brevet) dans les locaux d’AdVestigo. Elle sera réalisée cinq jours plus tard, le 6 juillet. Constatant dans le rapport de saisie qu’elle a de sérieux éléments contre AdVestigo, laissait croire à la violation 11 revendications de son brevet sur 13) CPRA assigne son concurrent en contrefaçon le 20 juillet, et demande près de 4,5 millions d’euros de dommages et intérêts.
Lors de notre enquête, nous avons eu communication des 16 pages de l’assignation (.pdf), un document privé que la société AdVestigo aurait bien aimé garder secret. Et pour cause :
AdVestigo utilise MLDonkey, un logiciel open-source sous licence GPL.
En page 6 de l’assignation, il est marqué qu’AdVestigo déclare mettre en oeuvre “plusieurs protocoles de réseau poste à poste à l’aide d’un logiciel ’sous licence GPL normalement non commercialisable’, appelé MLDonkey”. Contactée par Ratiatum lors de cette découverte, AdVestigo a semblé des plus embarrassée et nous a rappelé le caractère confidentiel du document. Un logiciel sous licence GPL ne peut pas être exploité commercialement sans au minimum communiquer les sources aux clients. Ne sachant que nous répondre de prime abord, c’est après quelques heures qu’Advestigo prendra position en nous affirmant que le logiciel MLDonkey n’est pas exploité commercialement par la société, mais n’est utilisé qu’à des fins de tests. De plus, “nous n’avons pas touché un seul octet du code source”, nous assure la société.
En quelques mois, les évènements s’enchaînent. En avril 2005, CoPeerRight Agency fait savoir à AdVestigo et aux sociétés clientes (SCPP, Sacem et SDRM) qu’elle a déposé une demande de brevet portant sur l’identification des pirates, et que cette demande bénéficie d’une date d’antériorité remontant en 2003. Le 13 juillet, AdVestigo assigne CoPeerRight Agency en référé et l’accuse de “dénigrement à son égard”. AdVestigo produit pour seule preuve un mail envoyé le 23 mars à Marc Guez (lequel l’a relayé à AdVestigo) dans lequel CPRA indiquait à la SCPP ses soupçons de contrefaçon à l’encontre d’AdVestigo. Le juge déboute AdVestigo. Dans la même période, le 31 mars, c’est Marc Guez lui-même qui invite CPRA à porter plainte contre ses concurrents. “En ce qui concerne les atteintes aux droits de propriété intellectuelle de votre société auxquels la société AdVestigo porterait atteinte, il vous appartient de faire valoir ceux-ci par tout moyen de droit qui vous paraîtrait pertinent”, écrit ainsi le patron de la SCPP.
Suivant ces conseils avisés, le 3 août 2005, en plus d’AdVestigo qui était déjà sous le coup de la procédure lancée le 20 juillet, CoPeerRight Agency attaque la SCPP et les deux autres sociétés de gestion collective commanditaires des plaintes contre les internautes français. Selon CoPeerRight Agency la Sacem, la SCPP et la SDRM auraient dû revoir les termes de leur relation commerciale dès qu’ils ont eu connaissance de la teneur du brevet amendé le 5 avril et de sa probable violation par AdVestigo. En restant clients et en continuant d’utiliser les services contrefaits d’AdVestigo, les trois sociétés seraient elles-mêmes devenues contrefactrices. Un comble pour celles qui souhaitaient lutter contre la contrefaçon.
Une chasse aux pirates sans doute gelée pour plusieurs années
CoPeerRight Agency n’attend pas de jugement du TGI de Paris avant le mois de juillet 2006. D’ici là, les sociétés collectives d’auteurs et de producteurs sont totalement bloquées, et AdVestigo se retrouve dans une situation des plus difficiles. La société concurrente de CPRA n’a même pas encore reçu le feu vert de la CNIL, un précieux sésame sans lequel aucune recherche d’infraction sur Internet ne peut être réalisée en France.
“Nous sommes complètement sereins”, nous assure toutefois AdVestigo, qui préfère pour le moment “attendre de voir ce qui va se passer”. D’ores et déjà en cas de victoire, CPRA s’attend à ce qu’AdVestigo prolonge l’affaire en appel puis éventuellement en cassation, ce qui pourrait maintenir le gel encore plusieurs années.
Il faut également noter que la demande de brevet divisionnaire de CPRA (déposée le 5 avril) n’a pas encore été délivrée par l’INPI. Mais AdVestigo promet déjà d’attaquer le brevet en nullité (c’est-à-dire le faire annuler en contestant sa validité) dès que le dépôt donnera lieu à délivrance du titre officiel, ce qui devrait être le cas d’ici la fin de l’année. Là encore, il s’agit de procédures très longues susceptibles de recours en appel et cassation, et l’action en contrefaçon ne pourra être jugée qu’après avoir examiné la validité du brevet.
Pendant tout ce temps, aucune chasse aux pirates ne pourra avoir lieu au profit de l’industrie musicale.
La chasse aux pirates, une activité peu rentable
Malgré des contrats se chiffrant à plusieurs dizaines de milliers d’euros mensuels, la recherche et l’identification d’internautes pirates sur les réseaux P2P n’est pas une activité rentable. Stéphane Michenaud, le directeur de CoPeerRight Agency, nous l’a confirmé de vive voix. “Il s’agit d’une activité qui demande énormément d’investissement en machines et en main d’oeuvres, qui ne peut pas être rentable”, nous a-t-il ainsi affirmé lors de cette enquête. Du côté d’AdVestigo, la déclaration est moins ferme, mais le fond reste le même. “Nous avons trop peu d’historique pour savoir s’il s’agit d’une activité rentable”, nous indique ainsi la société. Rien que pour répondre aux demandes de la Sacem et surveiller pour son compte les actes de piratage sur environ 10.000 oeuvres musicales, Advestigo prévoit une batterie de huit serveurs dédiés. La société embauche à temps complet 25 personnes, tandis que CPRA compte 12 employés en France, et davantage encore dans les locaux de sa filiale canadienne.
Pourquoi donc persister dans ce domaine s’il est si peu rentable ?
Du côté de CPRA, on mise sur les marchés européen, américain et asiatique, et surtout sur l’exploitation de données statistiques du P2P à des fins marketing. Chez Advestigo, c’est à court terme le seul marché européen qui est en vue, alors que d’ici cinq à dix ans l’essentiel du chiffre d’affaires du prestataire devrait se réaliser sur le marché des entreprises. AdVestigo teste en effet sa technologie d’empreinte des contenus sur le piratage des oeuvres multimédia, mais pour l’adapter ensuite et surtout à la surveillance des communications (messageries instantanées, e-mail,…) au sein des entreprises.
La chasse au pirate peut donc bien s’arrêter, ça ne dérangera guère que ceux qui espéraient encore pouvoir briser le P2P à coup de procès…
L’article date du 7 octobre 2005. On attend avec impatience les nouveautés et les évolutions en matière de lutte contre le p2p promis par le nouveau gouvernement.
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juin 4, 2007
PC Inpact a traduit la liste des 10 “vérités qui dérangent” (hommage à Al Gore) au sujet du piratage de la musique, établie par la Fédération Internationale de l’Industrie Phonographique (IFPI). Puisqu’il est toujours nécessaire d’établir un dialogue constructif, Ratiatum a établi sa propre liste des 10 vérités qui dérangent l’industrie du disque (vous pouvez faire votre propre liste sur le forum de Ratiatum) :
1. Lorsqu’un consommateur achète un CD 16 euros, moins de 1 euro revient à l’artiste créateur de l’oeuvre.
2. L’industrie du disque a mis 10 ans à accepter de vendre de la musique sans DRM sur Internet, et seule EMI s’est pour l’instant pliée à cette demande continue des consommateurs.
3. Le droit d’auteur qui maintient un monopole de droits pendant 70 ans après la mort de l’auteur n’a aucune justification sociale ou économique, elle paralyse le renouvellement de la création au profit de l’exploitation continue des fonds de catalogue les plus populaires.
4. Les artistes-interprètes n’ont jamais eu autant de public dans les salles que depuis l’avènement de Napster.
5. AllofMP3.com a mis en évidence qu’il était possible de vendre de la musique aux internautes pirates, à condition de trouver un point d’équilibre entre l’offre et la demande.
6. La lutte acharnée contre les éditeurs de logiciels de P2P commerciaux comme Napster, Kazaa ou eDonkey a provoqué le développement continue d’offres de P2P libres et open-source avec lesquels il est impossible de négocier des accords de distribution légale.
7. La lutte contre les utilisateurs de logiciels de P2P libres et open-source favorisera le développement d’offres de P2P sécurisés et anonymes qui rendront la lutte très complexe et coûteuse voire impossible.
8. Le développement du piratage des chansons sur Internet n’a pas été contre-balancé par une politique de revalorisation de l’objet CD vendu en magasin. Au contraire, il y a eu une accentuation de la baisse de gamme et de la baisse des prix avec des boîtiers standardisés sans saveur.
9. Alors que toute l’histoire du développement du web montre une tendance générale à faire de l’internaute le premier promoteur des contenus, l’industrie du disque a refusé la licence globale qui visait à accorder aux internautes les mêmes droits et les mêmes devoirs (de rémunération) qu’aux stations de radios, les promoteurs traditionnels. Elle garantissait un nouveau canal de revenus à la filière musicale.
10. Le rôle des maisons de disques dans la chaîne de création et de distribution des oeuvres tend à se réduire à peau de chagrin, et c’est au fond ce qui les encourage à porter plainte aveuglément contre leurs propres clients.
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Il eut d’abord le cylindre, en suite le disque de cire, puis de vinyle pour finir avec le support laser. Qu’y aura t-il après ?
Bien sincèrement, le disque tel que nous le connaissons, risque de laisser place à la mémoire non volatile ou flash si vous préférez, le but ultime de tout systèmes électroniques etant de supprimer tout ce qui est mécanique, or un disque, même si la lecture est optique il faut qu’il tourne, donc mécanique. L’avenir est à la flash, au memory stick si vous préférez et comme cette technologie a tendance à la miniaturisation à l’extrême, je ne serai pas étonné de voir, dans 10 ans, 10Go dans une carte de la taille d’une pièce de 1€. Je crois même, comme c’est très à la mode, que ces flash seront plutôt du format d’une carte de crédit et si nos support audio numérique ou/et vidéo atteignent un jour de tel taille, plus besoin de pochettes ou de jaquettes, donc plus besoins d’acheter physiquement ces médias, la mort du disquaire et des maisons de disques est donc bien proche.
Il est certain que demain tous nos films, livres, revues, disques, … préférés ne seront plus disponibles que par internet, sauf quelques exceptions et cela veut aussi dire la fin du monopole des maisons d’éditions qui n’auront plus de raison d’être, tout individu pourra créer sa propre maison d’édition et vendre ses oeuvres sur le net librement (dans un certain cadre juridique évidemment).Les auteurs n’auront plus les mêmes pouvoirs qu’aujourd’hui, pas qu’ils en auront plus ou moins, mais leurs pouvoirs seront différents, ils pourront créer, mais ne pourront plus maîtriser la circulation de leurs oeuvres, les majors ont beau faire de la répression, le peer to peer est là et pour longtemps, il en existe même des cryptés dont il est impossible de savoir ; qui échange quoi avec qui.
Et le droit d’auteur ?
Avec le numérique, il sera impossible de contrôler le transport des données, mis à part dans les lieux publiques et les sites publiques, le reste sombrera dans un marché noir, dans une circulation illicite et incontrôlable.
Comment faire, pour contrôler le caractère légale des informations ?
- Tout filtrer et/ou Placer des agents de polices virtuel prendrai trop de ressources.
- Limiter la bande passante, interdire l’accès au web serait contre l’évolution des nouvelles technologies.
- Protéger les fichiers avec des DRM ou autre systèmes me rappel les logiciels aux protections infalsifiables, ça tiendrait quelques temps, mais c’est tout.
Le mieux est de faire prendre conscience des enjeux, créer une sorte de déontologie, la répression ne fait qu’installer la fraude et les mauvaises attitudes et si aujourd’hui la répression est encore possible, qu’en sera t-il demain quand le trafic numérique sera tellement intense qu’il sera impossible de contrôler quoi que ce soit, là il sera trop tard, les mauvais habitudes seront prise et définitivement ou bien alors on sombre dans la propagande avec incitation à la délation, comme au temps du petit moustachu.
C’est aujourd’hui qu’il faut prendre les choses en main et proposer quelque chose de viable, de réellement viable et le copyleft l’est.
Quand on parle de copyleft beaucoup disent « Et comment vont vivre les artistes ? », selon le journal Libération, Nouvel Observateur et d’autres sources, peu d’artistes et mêmedes artistes très connus ne vivent pas de leurs activités culturelles, à peine 10 à 15 % d’entre-eux selon les différentes sources, pire des artistes aussi connus que Les Wampas, Anne Pierlé, Musta Largo, Autour de Lucie, … sont aux limites de la précarité.
C’est ça que les majors appel faire vivre les artistes et que les télécharger illégalement les tuent !
Mis à part Johnny (et encore), JJ Goldman, C Dion, H Segara, .. le system tel que nous le connaissons ne fait vivre que très peu d’artistes, pire il les opprime et pour preuve un témoignage parmi tant d’autres, celui de Grazielle de Michele, vous vous souvenez « le pull-over blanc », se plaint que sont album « le Clown d’Alicante » est sorti depuis 10 ans et jamais il ne fût commercialisé, rappelez vous aussi Axel Bauer (Cargo de Nuit) qui a réalisé quelques albums jamais sortis, car jugés non rentables.
L’industrie du disque ne fait vivre que leurs patrons et actionnaires et quelques artistes, payent leurs personnels et puis c’est tout.
Une bonne solution serait d’encourager la contribution volontaire, le mécèna, le sponsoring d’artiste. Imaginez si un artiste aussi connu que Calogero distribuait son CD librement sur son site avec une bannière publicitaire, tout comme au début d’internet, ces webmaster qui se faisaient un peu d’argent avec la pub sur leur site. En suite l’artiste peu se faire rénumérer pour des prestations publiques ou autres …
Artistes, le monde change, prenez le train en marche !
La mort de ces grosses sociétés d’éditions ne peut être que bénéfique pour l’artiste et légitime dans un monde ou chacun peut s’exprimer librement avec des moyens tel qu’internet. Ce monde arrive devant nous, sachons nous y adapter.
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CE QUE POURRAIT ÊTRE UN ART LIBRE
Jean-Pierre Depétris
1. L’art sort du marché
1. L’art du vingtième siècle était dans le système marchand, dans le même sens où l’art rupestre était dans les grottes, ou l’art sacré dans les temples.
Il était un art marchand, comme on dit art sacré, art rupestre.
2. Pourquoi le dire au passé ? Il existe bien encore un marché de l’art, un marché du livre, un marché du disque, sans parler d’un très grand marché du multimédia. Le marché existe, mais y distingue-t-on encore un art contemporain, comme furent visibles dans le marché, disons au hasard, Rembrandt, Turner ou César ?
3. Il y a dix ans encore, j’étais persuadé que ce marché privé de l’art allait être remplacé par un marché public. Le marché public n’a rien changé à la disparition de l’art du marché.
On passe seulement d’un marché privé de l’art à un marché privé d’art.
4. En cherchant bien, on trouvera peut-être dans ce marché quelques œuvre intéressantes. Elles s’y noient bien plus qu’elles n’y apparaissent.
L’art contemporain n’apparaît plus dans le marché, alors qu’il y a peu de temps encore, on ne le trouvait que là. Il n’apparaissait pas en dehors.
2. L’art et la marchandise
5. Comment l’artiste était-il entré dans le marché ? Sous l’ancien régime des privilèges, il y est entré par « privilège du Roi », sous la révolution bourgeoise, il y est entré par la reconnaissance de son « droit de propriété », avec les idées socialistes, il y est entré comme « travailleur intellectuel ». Depuis la seconde guerre mondiale, le problème se complique : employé culturel, petit entrepreneur… ?
6. Pourquoi est-il entré dans le marché ? Parce que le marché était son véhicule.
L’art est d’abord entré dans le marché par la littérature, et la littérature par l’imprimerie. La photographie, le disque, le cinéma, ont fini de faire entrer tout l’art dans le marché. Cette époque est terminée.
7. Le modèle marchand de l’art est le livre. Qu’est-ce qu’un livre ? Pour le marché, la définition est simple : ce sont des feuilles de papiers contenant des signes linguistiques, brochées ou reliées, en un certain nombre d’exemplaires.
C’est une définition très claire, mais qui suppose quand même qu’il n’existait pas de livre avant l’imprimerie.
8. Cette définition implique aussi que le livre n’est pas fait par un auteur, mais par un imprimeur et/ou un éditeur. (La reconnaissance d’un droit vient donc remédier à la négation d’un fait.)
9. Le sens juridique et commercial du mot livre est sensiblement différent de son sens courant dans toutes les langues naturelles, qui suppose, lui, l’articulation de signes graphiques dans un ensemble cohérent sur un support quelconque.
Les deux définitions sont même sensiblement contradictoires, puisque l’une désigne le livre indépendant de tout support, l’autre l’assimile au support.
10. De fait, dans le monde moderne, le livre n’existait que sous la forme d’objet manufacturé. Dans le monde marchand, un livre inédit n’était tout simplement pas un livre.
La photographie, le gramophone, le cinéma, la radio ont étendu cet état de fait à toute activité artistique.
3. Objet et langage
11. Le remplacement des procédés de reproduction analogiques par des procédés numériques a d’abord semblé être une apothéose du marché ; en fait, il sonnait son glas.
Pourquoi cela ? Parce que la numérisation implique la contingence du support.
12. Le numérique ne fait pas qu’émanciper l’œuvre du support, il abolit la séparation entre écriture et édition.
Il n’y a pas d’un côté le manuscrit unique que produit l’auteur, et qui attend l’imprimeur pour devenir un livre réel. Le fichier numérique est immédiatement réitérable.
Mieux, l’œuvre n’est pas comme le plan ou le projet qui attend d’être réalisé en dur : le livre imprimé. C’est plutôt le livre imprimé qui devient la copie, la reproduction toujours réitérable de l’œuvre originale.
13. Ici la définition du livre rejoint celle qui a toujours eu cours dans les langues naturelles, et elle contamine aussi toute création artistique.
Le plasticien, le musicien, tendent irrésistiblement à considérer le document numérique comme l’œuvre véritable.
14. Il ne s’agit pas de prédire la disparition de la toile unique, ou de la musique vivante et in situ, pas plus que celle de l’événement, la manifestation, la performance ou du happening, mais aucun artiste ne peut encore ignorer que son œuvre est susceptible de s’émanciper de la toile, de l’instrument, de la situation.
Irrésistiblement, il est amené à se reconnaître l’auteur de cette part émancipable de tout support et réitérable à l’infini.
15. Supposons un très bon orateur qui ne sache pas écrire, ou ne se soucie pas de le faire, ou seulement ne sache pas écrire comme il parle. Un autre note ses paroles. Quel en est l’auteur ? Celui qui parle, certainement, et non le scribe.
C’est une situation fréquente dans l’antiquité (l’Iliade, le Tripicata). Elle cesse avec la généralisation de l’écriture. L’auteur (est devenu celui qui) écrit.
Maintenant, irrésistiblement, l’auteur devient celui qui édite un fichier numérique.
16. Au vingtième siècle, on a fini par dire que l’éditeur faisait le livre, et non l’auteur. Disiez-vous « un livre inédit », on vous corrigeait : « un manuscrit inédit ».
Et ce n’était pas toujours sans raison. Il y eut des livres d’éditeurs, seulement écrits par des rédacteurs.
17. Aujourd’hui, un éditeur est principalement un programme, un outil pour l’écriture. Écrire devient éditer un texte.
Il en va de même pour la musique. Le musicien ressemble à un ingénieur du son. Le travail de l’artiste se déplace toujours plus vers celui qu’il abandonnait précédemment en aval de son œuvre.
18. Dans ses Cours sur l’Esthétique, Hegel attribuait à la poésie une place supérieure aux autres arts en ce qu’elle seule pouvait s’émanciper de tout support, et donc de l’espace et du temps. Manifestement, les autres arts la suivent dans cette voie.
19. Comment les autres arts suivent-ils la même route que la poésie ? (Il n’est pas question ici d’analyser comment l’art s’émancipe de tout support depuis ces deux derniers siècles, même si cette analyse est incontournable, mais de savoir comment, pratiquement, il le fait en ce moment même.)
En prenant la forme de fichiers numériques immédiatement réitérables à l’infini ? Pas seulement.
En étant immédiatement édités par l’auteur lui-même ? Non plus.
Ils la suivent d’abord en devenant eux aussi, essentiellement, des documents composés de signes graphiques ; en devenant, d’un certain point de vue, du texte, du moins du langage, en acquérant son caractère textuel.
20. C’est ainsi que l’art sort du marché : en sortant de l’objet manufacturé, donc de la marchandise.
L’art cesse d’être dans le marché pour être dans le langage.
4. L’objet linguistique
21. Nous pourrions dire que l’art sort du marché pour entrer dans la noosphère, ou pour devenir immatériel. Ça ne résoudrait en rien les ambiguïtés qui règnent sur ce qu’on doit entendre par signe, langage ou texte.
22. Pour complexe que soit la notion de document numérique, elle n’est pas pour autant obscure. Elle est seulement complexe dans le sens où elle suppose une architecture verticale de langages différents.
Texte en langue naturelle converti en langages de programmation, convertis en langages numériques, convertis en langage binaire.
23. Sur cette architecture, texte en langue naturelle peut être remplacé par image, son, ou à peu près tout ce qui est intuitif aux sens.
Cette première couche intuitive se trouve à la surface de diverses couches de langages qui deviennent de plus en plus indéchiffrables jusqu’à des suites binaires.
24. Dans le monde qui s’achève, le modèle de l’œuvre était le livre imprimé. Quel est-il aujourd’hui ? Le fichier propriétaire ? en source libre ? en code hexadécimal ? en code binaire ?
Cette question est moins complexe qu’elle ne le paraît d’abord. L’œuvre véritable est l’œuvre éditable (et non plus seulement réitérable), c’est à dire une copie transparente dont on peut modifier librement le code source.
5. L’art spectaculaire marchand
25. Le marché s’adresse à une clientèle. Celle-ci peut être un cénacle d’amateurs éclairés comme un très large public populaire. Elle n’en demeure pas moins une clientèle.
L’art marchand est essentiellement déterminé par une clientèle. S’il s’adresse à une clientèle d’avant-garde, il est d’avant-garde, s’il s’adresse à une clientèle populaire, il est un art populaire.
26. L’art marchand est déterminé par une nette séparation entre producteur et consommateur : le créateur et son public. Le premier est d’autant plus célèbre que le second est anonyme.
27. L’œuvre d’art marchande, comme toute marchandise, peut donner lieu à de nombreuses déclinaisons : œuvre unique et chère réservée aux collectionneurs, tirages limités et numérotés, éditions bon marché. Il pourra en exister aussi des produits dérivés.
Une même œuvre peut donc être déclinée pour des publics différents, et même pour tous les publics. C’est ainsi qu’une œuvre marchande peut conserver un caractère élitiste tout en devenant célèbre et sans que de larges masses l’ignorent.
28. La nette séparation entre le créateur et son public, qui se concrétise dans l’objet d’art, implique que la consommation ne touche pas à l’intégrité de l’objet. L’objet d’art ne doit pas être altéré dans sa consommation, qui doit donc être seulement contemplative, spectaculaire.
6. Art et travail intellectuel
29. Le marché de l’art a séparé le travail artistique des autres formes de travail intellectuel.
Le marché a séparé l’art des sciences, de la philosophie, des mathématiques, de la logique…, de toutes les productions intellectuelles qui ne peuvent produire des objets d’art.
30. Naturellement, on peut vendre un livre de mathématiques ou de physique comme n’importe quel autre livre. On peut vendre aussi n’importe quel objet manufacturé qui soit l’application directe d’une recherche scientifique, et envers lequel le brevet tient un rôle comparable à celui du droit d’auteur.
Il se trouve qu’il n’y a pas de marché de la science, de la philosophie ou des mathématiques, même sous la forme d’un marché des brevets, comme il y a un marché de l’art.
31. Le marché de l’art fonctionne sur une clientèle – sur des consommateurs directs -, et c’est principalement ce qui l’isole et le distingue des autres activités intellectuelles.
« L’art produit des œuvres », a-t-on dit, et les œuvres, dans le marché, deviennent des marchandises.
Une activité intellectuelle qui ne produirait pas immédiatement des marchandises ne serait pas de l’art.
32. L’art tend à devenir plus difficilement une marchandise. Cela tient en partie à l’évolution propre de l’art, et, en partie, à l’évolution du marché et de la marchandise.
Le marché tend à être de moins en moins libre ; l’art, de plus en plus.
7. Les contradictions de l’art marchand
33. En réalité, ni l’art ne veut sortir du marché, ni le marché ne veut expulser l’art, et leur divorce engendre des contradictions cocasses.
Une des plus cocasses est l’effet Bovary.
34. Dans l’art marchand, l’artiste peignait son monde (non plus un « autre monde » et s’y identifiait. « Bovary, c’est moi », Disait Flaubert à son procès.
À la fin du vingtième siècle, le monde s’identifiait à l’artiste : « Flaubert, c’est moi », aurait dit Madame Bovary.
35. Il n’est rien de comique à ce qu’un art soit fait par tous et pour tous, mais un tel art devrait alors être sensiblement différent d’un art marchand.
Supposons que les lecteurs de romans ne lisent plus que pour apprendre à devenir romanciers, qu’on n’entre plus dans les galeries que pour apprendre à peindre ; le marché risque d’abord d’en être sensiblement modifié, et, plus profondément, la nature de l’art et les méthodes de création.
36. Ce sont ces contradictions cocasses qui ouvrent l’époque nouvelle. Le marché de l’art n’est plus rien d’autre que celui de ces contradictions cocasses.
8. Programmation et travail intellectuel
37. Le marché avait séparé l’art de la vie intellectuelle. L’art se libère en brisant cette séparation.
Une part de l’art (marchand) se libère (en sortant) du marché, une autre sort de celui de l’art pour créer le marché de la culture, des loisirs et de l’animation sociale.
38. La libération de l’art et la recomposition du travail intellectuel se fait essentiellement autour de la programmation et grâce à elle.
D’une façon très pratique, la numérisation des données, l’ordinateur personnel et l’internet sont les principaux instruments de la libération de l’art. D’un point de vue plus profond, la dimension épistémologique du phénomène génère de nouveaux paradigmes.
(Un tel vocabulaire, certes, appelle plus d’explication qu’il n’en fournit.)
39. En s’émancipant du marché, l’art trouve des prises plus directes avec le réel. Il prend ses distances avec l’objet, l’œuvre, le produit marchand, au profit de la dimension symbolique, linguistique, sémiotique, sémantique, poétique, pragmatique ou performative.
Par cela, il devient essentiellement travail intellectuel.
40. Dans le même temps, les sciences et les mathématiques suivent des cheminements convergents avec celui de l’art.
Ici encore, la programmation tient une place déterminante.
9. Travail intellectuel et intuition
41. Les mathématiques ont adopté un cours nouveau depuis l’usage généralisé de l’ordinateur, avec la possibilité de faire effectuer par la machine des quantités de calculs qui auraient été inconcevables dans les époques antérieures.
Apparaît alors une nouvelle mathématique basée sur l’expérience et l’observation de « phénomènes numériques », et non plus sur l’hypothèse et la déduction.
42.À l’inverse, les sciences de la nature ont plus recours à des modèles automatiques, c’est à dire, abordent les phénomènes naturels à travers des programmes qui les simulent.
Elles découvrent alors des comportements mathématiques communs à des phénomènes sans rapport, ou transversaux à des disciplines, par exemple, la climatologie et l’évolution des cours boursiers du coton.
43. Alors que l’effort visait depuis longtemps la modélisation des phénomènes, le modèle lui-même se comporte à son tour comme un phénomène naturel.
Ou encore, alors que l’énoncé se proposait d’être l’explication, la description, la démonstration du phénomène (ce qui se conçoit bien s’énonce clairement), il devient ce qui demande élucidation (ce qui s’énonce bien doit être clairement conçu).
44. Une bonne part de l’activité cognitive appartenant en propre à la raison peut être abandonnée à des dispositifs logiciels. (Comprenons intelligence artificielle au sens de prothèse cognitive, comme on pourrait parler de perception artificielle à propos de prothèses auditives ou ophtalmiques, même si les lunettes ou les sonotones ne voient ni n’entendent rien par eux-mêmes.)
Le travail intellectuel humain est alors essentiellement orienté vers la conception intuitive.
45. Mathématiques et sciences rejoignent ici l’esthétique, non pas dans la recherche du beau, ni du vrai, mais de l’intuition.
46. « Nous savons que cet énoncé est vrai. Nous savons même qu’il participe du réel en ayant la possibilité d’intervenir sur lui et de le modifier. Mais nous ne comprenons pas ce qu’il veut dire. »
47. « Jusqu’à maintenant les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, il s’agit maintenant d’interpréter leurs énoncés. » Cela peut se concevoir comme une conclusion stupide à quatre siècles de modernité.
C’est globalement celle qui est proposée sous le nom de « Culture ». L’enjeu est d’échapper à cette stupidité.
48. Le beau est l’essence qui apparaît, disait en substance Hegel dans ses cours d’esthétique. On peut bien considérer l’apparence comme contingente, mais que serait une essence qui n’apparaîtrait pas ?
Si nous concevons l’apparence comme un apparaître, alors nous concevons le réel comme une réalisation.
49. Dans le modèle classique, le savant cherchait à énoncer la réalité (la décrire, l’expliquer ou la déduire), tandis que l’artiste cherchait à la montrer, la rendre intuitive.
Ces deux perspectives se rejoignent en se dépassant : l’énoncé devient programme.
L’énoncé doit être intuitif et programmatif (performatif ?) à la fois. Les deux nécessités n’en font qu’une.
10. La double impasse marchande
50. En sortant du marché, l’art court un certain nombre de risques. Le premier est de se retrouver à la rue. Il risque de changer sa place dans le marché : de producteur qu’il était, devenir consommateur – consommateur d’informations, de publications, de matériels et de matériaux, notamment consommateur d’ordinateurs et de programmes ; au mieux, consommateur de technique et même de science.
51. Si l’art doit être fait par tous et pour tous, il est probable qu’il représente un immense marché. La production artistique ne sera plus productrice dans ce marché, mais consommatrice.
On comprend bien alors qu’un certain nombre d’artistes aient des positions conservatrices devant cette perspective. Mais que peuvent-ils espérer ?
52. Dans un tel marché, les artistes ne peuvent revendiquer un statut de professionnels qu’en s’en faisant les supports publicitaires. (Tel excellent photographe, par exemple, s’attachant à telle marque de pellicules et se faisant sponsorisé.)
Pourquoi pas ? L’art n’a jamais été alimenté par des sources moins contestables. Le problème est ailleurs : Si de telles conditions permettent la réalisation de l’art, les artistes les accepteront. Le leur permettent-elles ?
53. Si le marché de l’art devait devenir un marché de la consommation, après avoir été celui des œuvres, alors l’œuvre devrait s’y effacer au bénéfice du talent.
Nous pouvons oser la comparaison avec le sport : le sportif professionnel vent son talent. Il fait vendre indirectement des produits manufacturés qu’il ne produit pas mais qui le sponsorisent.
54. On pourrait imaginer des artistes qui font des « performances », dans le sens non anglophone du terme.
Que manquerait-il ? Il manquerait principalement la possibilité de compter les points, de mesurer la performance. Un sport a des règles précises, l’art devrait-il s’en donner ? Qui feraient les jurys, qui seraient les arbitres ?
55. Supposons qu’on distingue amateurs et professionnels sur les ventes, le chiffre d’affaire, l’audience publique… : le cercle ne se refermerait-il pas sur lui-même ?
(Zidane est-il célèbre parce qu’il est professionnel, ou est-il professionnel parce qu’il est célèbre ? Il est les deux parce qu’il marque des points.)
Le marché de l’art a déjà largement évolué en ce sens. Et que se passe-t-il ? L’art sort du marché.
11. Calcul et langage
56. L’art est plus sérieusement menacé de devenir simple consommation de science et de technique ; mais en ce cas, la menace serait encore plus grave pour celles-ci.
Un ordinateur est avant tout un instrument qui opère des calculs. C’est une évidence qui tend à se dérober. Les techniques et les sciences consommées seraient donc celles du calcul.
57. Qu’est-ce que les mathématiques ? On peut sérier la question : Les mathématiques sont-elles un langage ? Ou ont-elles une existence indépendante de leur langage ?
C’est une question très complexe qu’on peut encore varier : Le pluriel de mathématiques désigne-t-il une pluralité de langages ? Ou, au contraire, une pluralité de mathématiques seraient-elles unifiées en un seul langage ?
58. L’option tacitement choisie par la modernité semble bien être que plusieurs mathématiques sont unifiées par un seul langage.
Ce n’est qu’une option tacite, qui pourrait fâcher si l’on cherche à la justifier. Rien n’est moins clair, dans la culture contemporaine, que le possible rapport entre langage mathématique et un éventuel référent.
59. Un langage unifié des mathématiques pouvait avec quelque raison être considéré comme une bonne chose au début du vingtième siècle. À la fin, on se demande si, contre toute attente, on ne doit pas une excessive complexité des mathématiques à ce qui aurait dû les simplifier.
60. Les mathématiques sont-elles autonomes de leur langage ? C’est un peu comme si l’on se demandait si le monde était indépendant de la langue française : le monde réel, naturel, imaginaire, irrationnel… pourtant, la langue française le décrit bien ; elle sait aussi décrire, expliquer ou paraphraser le langage des mathématiques.
On pourrait penser que, dans certains cas, l’extrême difficulté des problèmes, et surtout l’extrême cloisonnement des diverses mathématiques, pourraient bénéficier d’un plus large recours à la langue naturelle.
61. Les mathématiques seraient le langage, non pas de Dieu, comme cela put paraître évident à quelques esprits initiateurs de la modernité, mais de la nature.
Reste à savoir jusqu’à quel point les mathématiques seraient un langage, et si leur rapport avec le monde physique est de nature linguistique.
62. Jusqu’à quel point une preuve mathématique peut-elle établir une certitude ? Jusqu’à quel point preuve mathématique et certitude ne sont pas une contradiction dans les termes ? La certitude relève de l’intuition synthétique ; la preuve, de la déduction analytique. Tout le problème est d’établir la déduction sur l’intuition. (L’inverse est-il pensable ?)
63. Les mathématiques contemporaines supposent une formidable confiance en un langage, une confiance qui excède largement le raisonnable. (« Le langage mathématique se révèle efficace au-delà du raisonnable », Wigner 1960.)
12. La nouvelle Babel
64. Le formalisme mathématique des débuts du vingtième siècle n’a pas offert ce qu’on attendait de lui, mais ce qu’on n’en attendait pas.
Si l’on avait cru qu’il allait nous aider à penser, ou seulement à compter, on s’est trompé, mais il s’est révélé efficace pour faire calculer des machines à notre place.
65. Les machines ne calculent pas comme nous. Elles manipulent des suites binaires que nous avons la plus grande peine à déchiffrer. Nous ne nous y essayons pas, d’ailleurs, nous les convertissons en d’autres langages, qui tiennent à la fois d’une langue naturelle – l’Anglais -, et d’un langage logico-mathématique : le code source.
66. À partir du code source, nous pouvons aller aux langages mathématiques, aux langues naturelles, aux langages machines, aux « langages » des sens : son, image, textures…
67. Le langage formel des mathématiques ne fait pas ici fonction de langage universelle. Il n’y a pas de langue universelle, mais une floraison de langages, de divers niveaux, qui, cette fois, contrairement au mythe de Babel, ne semble pas diviser, ni décourager les bâtisseurs.
13. Lecture écriture et édition
68. « Si la généralisation et le développement de systèmes d’exploitations basés sur des interfaces graphiques et métaphoriques de plus en plus perfectionnées, permettent de rendre l’usage de l’ordinateur accessible à celui qui n’a pas connaissance de son fonctionnement, ils nous éloignent et nous cachent la véritable nature du programme informatique et son potentiel métaphysique. » BlueSreen (.
69. À la fin du vingtième siècle, on a cru voir venir la fin de l’écriture. C’est le contraire qui advint : tout est devenu texte.
Le nom « source », dans « code source » est très explicite. Le code est à la source de tout. La source est libre quand elle est lisible, et elle est lisible quand les lignes de commandes sont explicites ou accompagnées de commentaires.
70. Au début de la modernité marchande, la vie intellectuelle concernait une élite lettrée bien circonscrite dans quelques capitales européennes ou gravitant autour. Rendre public son travail signifiait implicitement le faire connaître de cette élite. Aujourd’hui, presque chacun peut virtuellement s’adresse au monde entier dans une langue quasiment universelle.
Naturellement, cette possibilité reste toujours virtuelle, à l’autre extrême d’une communication privée menacée. Toute communication réelle se place entre ces deux pôles : universel et privé.
71. Quand bien même continuerait-il d’exister un milieu homogène composé de célébrités faisant fonction de leaders d’opinion, il serait réduit à donner un spectacle de masse de la pensée.
Sa production s’inscrirait dans un marché de masse de la culture et du loisir, dans le marché du divertissement clé en main.
72. La finalité de l’écriture, avant, était la production d’un texte édité. Elle l’est maintenant d’un texte éditable – voire de musiques, d’images… éditables.
73. Le problème qui se pose en ce moment-même sur les droits d’utiliser librement, de diffuser, de copier et de modifier, est déjà un problème d’arrière-garde. Le problème actuel est celui de la possibilité (et non seulement du droit) d’éditer.
Un travail intellectuel ne saurait qu’être éditable. Le concept d’édition remplace et unifie ceux de lecture et d’écriture.
14. Liberté et lisibilité
74. Personne ne sait très bien aujourd’hui ce qu’est un art libre. C’est une idée neuve, jamais évoquée avant. On a revendiqué un art révolutionnaire, un art engagé, un art pour l’art, un art pour tous et par tous, un art indépendant, un art populaire, un art démocratique,… on n’avait jamais sérieusement pensé qu’un art pût être libre, ni comment.
75. En partie, l’art libre s’inscrit dans le prolongement de la modernité du vingtième siècle et n’y apporte visiblement rien de neuf, en partie, il calque son principe sur ceux de la distribution des logiciels libres.
Il y a donc un rapport, jusqu’alors impensé, entre libre et lisible. Reste à mieux penser ce que serait cette lisibilité pour l’art.
© Jean-Pierre Depétris, avril 2003
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer
et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre.
Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft
Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d’autres sites.
Adresse de l’original : jdepetris.free.fr/load/arlib.html
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Le mouvement libre est apparu dans les années 80′s, lorsqu’un certain Richard Matthew Stallman s’est aperçu que tous les contenus informatiques (comprendre principalement logiciels, drivers, etc.) commençaient à se fermer, les éditeurs refusant de dévoiler le code source de leurs programmes (pilotes d’imprimantes pour la note historique). On commençait alors à entrevoir qu’il serait prochainement impossible de contrôler soi-même son ordinateur, de faire ce que l’on entend de son matériel et de ses logiciels.
Le manifeste GNU est né en partant de ce postulat, et voulant proposer une réelle alternative au monde propriétaire.
De ce point de vue historique, seuls les logiciels et matériels informatiques sont concernés par l’esprit libre. Cependant, le mouvement a depuis grandi, laissant le champ ouvert à la réflexion. Pourquoi ce terme de liberté, pourquoi cette philosophie de distribuer, modifier, comprendre un code source ferait-il la seule joie des programmeurs et autres geeks ?
Afin de fournir des documents garantissant les mêmes libertés que celles des logiciels libres, la FSF créa la licence GNU FDL, transposant ainsi les 4 libertés fondamentales d’un logiciel libre aux documents (estimant que les deux étaient liés et qu’un logiciel devait avoir sa documentation libre pour pouvoir lui-même être véritablement libre). Des logiciels et des documents informatiques, est-ce là les seuls domaines touchés par la culture libre ?
Non, bien évidemment, d’une même époque sont nés les mêmes constats, les mêmes envies, et la même philosophie. De nouveaux intervenants ont dès lors cherché à rendre possible l’échange d’œuvres afin de contribuer à l’enrichissement commun, pour une culture accessible à tous.
C’est de ce constat qu’est né la Licence Art Libre, une initiative française conduite par le collectif Copyleft Attitude, avec pour objectif de transposer les libertés de la GNU GPL aux oeuvres non logicielles.
Aujourd’hui le mouvement du logiciel libre s’est étendu au-delà des simples logiciels et la “culture libre” touche de nombreux domaines : musique, littérature, films, sites internet, graphisme, photographie, documents, dessin, …
Il existe en outre de nombreuses licences libres correspondant plus ou moins à chaque création, à chaque envie, à tout besoin. Les licences libres de la culture libre reprennent (pour la plupart) les 4 libertés fondamentales d’un logiciel libre. De même que pour les logiciels, certaines licences sont copyleft : elles imposent que tout travail dérivé ou que toute modification apportée à l’œuvre originale conserve la licence choisie par l’auteur initial.
Vous êtes l’auteur d’un roman, d’un poème, d’une étude universitaire, ou de tout autre écrit issu de votre main (ou de vos doigts) ? Vous êtes musicien amateur ou semi-professionnel ? Ou tout simplement un artiste envieux de diffuser ses oeuvres, de partages ses créations, et de les laisser évoluer.
Les licences libres sont certainement un outil formidable pour permettre une diffusion et une réutilisation optimale de celles-ci.
Vos oeuvres pourront ainsi circuler librement, être reprise dans d’autres, et évoluer, tout ceci dans le respect de la licence libre originale : ainsi, vous serez systématiquement cité dès que votre oeuvre sera reprise ou diffusée.
Mais, n’ayez aucune crainte, en aucun cas cette licence ne pourra permettre d’attenter au respect de l’oeuvre ou de son auteur (vous) : les droits moraux, inaliénables, empêchent toute dérive qui serait susceptible de vous porter préjudice.
Pour résumer, mettre une oeuvre sous licence libre vous assure une plus grande diffusion de votre oeuvre, une plus grande reprise de son contenu (il s’agit en quelque sorte d’un « droit de citation élargi ») et une plus grande renommée (vous assurant la paternité de vos oeuvres, et vous permettant surtout de toucher un public plus intéressant).
De nombreux portails vous permettent de déposer et promouvoir vos oeuvres. Sans être exhaustif :
* Pour la musique : Dogmazic.net, Boxson.net, Keopz.com
* Pour la littérature : InLibroVeritas.net
* Pour tous types d’oeuvres sous Licence Art Libre : Copyleft Attitude
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Par Alex Türk, président de la Cnil
Si vous interrogez un homme politique en charge des questions de sécurité aujourd’hui sur ce qu’il pense des techniques de surveillance utilisées pour prévenir la criminalité, il y a de grandes chances pour que l’on vous parle des avantages de la vidéosurveillance. Vous pouvez entendre des arguments convaincants sur le gain de sécurité apporté dans les alentours, car ces systèmes agissent comme une dissuasion au crime.
Ou vous pourriez entendre parler du devoir de traque des terroristes par la collecte d’informations sur les passagers des compagnies aériennes ou par l’obligation d’utiliser des passeports biométriques. Peut-être découvrirez-vous comment l’informatique de confiance vous protège des logiciels malveillants et des virus. Ou comment l’examen des e-mails et l’écoute clandestine des appels aident la police à trouver de potentiels criminels de toutes sortes.
Tout cela devrait vous plaire puisque l’idée est que vous commenciez à penser que ces techniques sont les meilleures qui soient. Mais faisons face aux risques cachés mais néanmoins très présents de tout cela. Bien que les caméras publiques puissent aider la police à trouver des criminels, les systèmes modernes de vidéosurveillance, comme ceux utilisés à Londres, sont capables aujourd’hui de cibler toute personne que les opérateurs souhaitent surveiller en utilisant l’identification faciale automatique. Ainsi, cela permet à la police de créer une base de données détaillées de tous vos mouvements.
La conservation des enregistrements des passagers aux Etats-Unis ainsi que l’obligation pour tous de se soumettre aux passeports biométriques sont supposées aider à combattre le terrorisme. Mais cela permet aussi aux services secrets de collecter de l’information précise sur la nationalité de chaque voyageur. Des informations précises telles que vos empreintes digitales, la couleur de vos yeux, et une photo haute-résolution de votre visage. Informations que vous espériez habituellement qu’elles soient récoltées au sujet des criminels suspectés.
L’informatique de confiance promet d’accroître la sécurité de votre PC en permettant seulement à certains logiciels fiables de fonctionner sur votre ordinateur. Mais ce que l’on ne vous dit pas c’est que la personne qui décide des logiciels auxquels on peut faire confiance et qui sont donc autorisés à être installés sur votre PC n’est certainement pas vous.
D’un côté, surveiller des e-mails et mettre sur écoute des appels pour des mots-clés suspects permettraient d’arrêter quelques criminels de troisième ordre, mais d’un autre côté cela permet à toutes sortes de personnes impliquées dans le processus de surveillance de récupérer toutes sortes d’informations privées. Informations que vous ne voudriez justement pas partager avec le personnel du poste de police local.
Ces symptômes peuvent tous être pris comme une preuve de la lente mais régulière conversion de nos sociétés occidentales en états policiers.
Nos sociétés occidentales prétendent être des démocraties libérales mais nos leaders essaient d’imposer des lois des plus en plus répressives et instrumentalisent la peur publique de la terreur pour les justifier. Nous croyons que les personnes qui sont prêtes à perdre leur liberté pour une sécurité temporaire ne méritent aucun des deux et les perdront.
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juin 3, 2007
Lawrence Lessig est incontestablement aujourd’hui l’un des plus célèbres juristes américains. Impossible d’entamer une conversation dans la Silicon Valley sur la question du logiciel libre, de la propriété intellectuelle et du Peer to Peer sans que son nom, ses livres ou ses positions ne soient immédiatement mentionnés. Et pourtant, il demeure quasiment inconnu en France, où ses ouvrages ne sont pas traduits.
Né en 1961, Lawrence Lessig est diplômé des meilleures universités américaines et anglaises : Wharton, Cambridge, Yale. Juriste chevronné, il aurait pu choisir une brillante et lucrative carrière d’avocat. Mais c’est vers l’enseignement et la recherche qu’il se tourne. D’abord à Chicago, à sa sortie de Yale en 1990, puis à Stanford, au cœur de la Silicon Valley. C’est là qu’il va se passionner pour les enjeux juridiques d’Internet, et prendre à bras le corps les questions de propriété intellectuelle.
Lessig, c’est d’abord et avant tout un fervent défenseur de la liberté d’expression , au sens libéral américain du terme. Et c’est cette position qu’il va défendre en tant que juriste actif et en tant que chercheur.
Sur le terrain, Lessig n’a cessé de faire entendre sa voix, notamment contre les grandes entreprises et les gouvernements qui veulent enfermer le réseau ou les logiciels contre ce qu’il appelle la « free culture ». C’est le procès Microsoft qui lui permettra d’accéder à la notoriété. Il sera l’un des conseillers les plus proches du juge Jackson, qui conduit le procès anti-trust du siècle contre la compagnie de Redmond. Il renouvellera son engagement de terrain en 2003, en tentant aux côtés d’universitaires, de musées, et de réalisateurs, de faire déclarer anti-constitutionnel le Sony Bono Act qui prolonge de 20 ans la durée légale des droits d’auteurs aux Etats-Unis. Il échouera à la Cour Suprême, dépassé par le puissant lobby des producteurs, mené par Disney.
La pensée de Lessig se retrouve dans trois ouvrages majeurs : Code and other laws of cyberespace , publié en 1999, The Future of Ideas , publié en 2001, et Free culture , publié en 2004 sous licence Creative Commons et téléchargeable librement sur Internet www.freeculture.org). Impossible de résumer ici, en quelques lignes, la pensée riche de cet auteur prolixe et actif. Une interview donnée en 2004 au journal québécois Le devoir résume cependant bien son action. Il y déclare notamment :
“Le plaidoyer pour une culture libre achoppe sur une confusion qui est difficile à éviter, et même encore plus difficile à comprendre. Une culture libre n’est pas une culture sans propriété ; ce n’est pas une culture dans laquelle les artistes ne sont pas payés. Une culture sans propriété, ou dans laquelle les créateurs ne pourraient pas être payés, serait l’anarchie, et non pas la liberté. Et mon propos n’est pas de plaider pour l’anarchie”.
C’est pour répondre à ce paradoxe que Lessig a créé fin 2001 le concept de Creative Commons, qui se développe depuis un an en France. Creative Commons, dont Lessig est président, met à la disposition des artistes comme des créateurs de logiciels un système flexible de protection de la propriété intellectuelle, permettant à chaque auteur de définir lui-même les règles d’usage qu’il considère acceptables (pour en savoir plus : http://fr.creativecommons.org/index.htm ).
La dernière livraison de la Technology Review (juin 2005), éditée par le MIT, propose une bonne illustration des débats auxquels participe Lessig. Consacrant son dossier à la propriété intellectuelle, elle demande à plusieurs chercheurs – dont Lessig : « Qui possède les idées ? ». Belle question aujourd’hui ! Et la réponse de Lessig n’est guère surprenante : « Ceux qui les utilisent » ! Il ouvre ainsi le débat, notamment avec Richard Epstein – professeur de droit de l’Université de Chicago – qui répond que ce sont ceux qui les créent qui possèdent les idées. Le tout contrebalancé par l’entrepreneur Charles Ferguson, qui insiste sur le fait que ce n’est certainement pas Microsoft qui les possèdent !
Justifiant ainsi cette conclusion de l’éditeur de la revue : « C’est compliqué… ». Lawrence Lessig a encore bien du chemin pour faire avancer ses idées, qui rencontrent un écho croissant, alors que les procès contre les internautes adeptes du Peer to Peer font rages et que le logiciel libre connaît de plus en plus d’adeptes, y compris en entreprise. IBM n’a-t-il pas décidé d’investir 4 milliards de dollars dans Linux ? Et c’est bien sur le terrain juridique qu’une grande partie de cette société en réseau, encore mal ou pas régulée, va se construire. Les enjeux, y compris sociaux, en sont fondamentaux.
Lessig est un juriste engagé et militant. Il propose es solutions opérationnelles et pragmatiques pour répondre aux besoins de cette société en réseau qui se développe dans un univers qui ne se satisfait pas des règles juridiques de l’ancien modèle de production intellectuel, sans pour autant pouvoir avancer dans un monde sans droit.
Dominique Piotet, pour l’Atelier BNP Paribas
(Atelier groupe BNP Paribas – 10/06/2005)
http://www.atelier.fr/article.php?artid=…
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Alors que le nouveau ministre de l’Education arrive dans ses bureaux, rappelons une des erreurs commises par le dernier gouvernement dont les répercussions risquent d’être terrifiantes pour les libertés individuelles.
Dès la rentrée 2007, la loi « prévention de la délinquance », autrement appelée Sarkozy II, obligera les directeurs d’école à remplir un fichier baptisé « base-élèves » qui sera accessible aux autorités locales, dont les maires. Tous les élèves seront fichés dans un fichier informatique unique, centralisé au niveau national, à Orléans. Pour chaque élève, les directeurs d’école « doivent indiquer » notamment les redoublements, les aides diverses (RASED..), la nationalité, la date d’arrivée en France, la langue et culture d’origine…
Premier scandale : des informations confidentielles seront accessibles aux élus. Ainsi, un élève qui échoue ou qui dévie une fois risque d’être catalogué sans pouvoir nécessairement rectifier les données consignées dans ce dossier. S’ils veulent vérifier l’exactitude de ces dernières, les parents devront faire une demande officielle à la CNIL et éventuellement engager des poursuites.
Deuxième scandale (plus grave) : les instituteurs qui dirigent les écoles deviennent de facto des agents de dénonciation auprès des services de l’immigration. Ainsi, le champ « nationalité » doit obligatoirement être rempli. Ensuite, il sera aisé pour n’importe quel élu de faire des listes d’enfants d’origine étrangère et de demander des arrestations en conséquence.
Quelques parents d’élèves mènent actuellement la fronde, en organisant des manifestations dans quelques grandes villes de France. La FCPE et Sud éducation essayent de mobiliser mais l’heure semble plus aux courbettes qu’à la révolte. La France a connu de tristes heures de délations nauséabondes, espérons qu’elle ne reproduise pas les mêmes erreurs…SC
Vu sur http://bingbangblog.canalblog.com/
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par François-Bernard Huyghe
http://www.huyghe.fr.
Les stratégies informationnelles servent à accroître le pouvoir de celui
qui les emploie : elles augmentent sa capacité de faire prédominer sa volonté.
Qui dit stratégie dit agir dans des conditions adverses et en fonction de
facteurs dont on ne possède pas la maîtrise. La notion même de stratégie, art de
limiter autant que possible le hasard, implique que dans la vie réelle (et non
dans un jeu où le nombre de coups et les situations possibles sont limités par
des matrices), aucune méthode ne fonctionne à cent pour cent. Elle opère sur
des gens (c’est une pragmatique, pas une technique qui manie des choses). Elle
rencontre des obstacles, généralement la stratégie adverse et un pouvoir lui est
opposé : au minimum la résistance potentielle de celui sur qui elle s’exerce.
Donc pas de recette imparable.
Vaincre par les signes
Il est possible d’utiliser l’information pour vaincre:
– Soit en réduisant sa propre incertitude (ce qui correspond à une
définition classique de l’information), grâce à des renseignements ou des
connaissances qui favorisent les bons choix. Corollairement, il est utile
d’accroître l’incertitude de l’adversaire ou du concurrent. Le tout est de savoir
et d’empêcher de savoir afin de réaliser de meilleures performances. La
supériorité consiste ici en un différentiel de connaissance : A sait fabriquer telle
arme, pas B, A sait qu’il y aura demain tel mouvement en bourse, pas B. Il
s’agit de réduire à son profit le brouillard et la friction inhérents à tout conflit.
– Soit par des messages ou signaux qui produisent un effet sur la cible :
inciter, faire peur, séduire, convaincre…, et suscitent une réaction favorable à
ses desseins. La sémiologie parle de la fonction « conative » du message : elle
est centrée sur l’effet produit sur le récepteur. Ce principe est celui de la
publicité, de la propagande, y compris sous la forme la plus simple : faire
adhérer ou faire rejeter. Ce peut être celui de la déception au sens militaire :
tromper l’autre sur ses intentions, ses forces, sa localisation pour le pousser à la
faute.
– Soit en agissant sur la façon de traiter l’information, et ce qui la
structure. Ce peut être un système de transmission, un logiciel, un code. Mais il
est possible de s’appuyer sur les catégories mentales, sur l’idéologie, les
procédures et méthodes, la langue, les modes de raisonnement. Influencer,
former, voire formater sont les procédés les plus courants en ce domaine. Faire
adopter son vocabulaire, son code de déontologie ou ses habitudes de
consommation… Le secret est d’agir sur les réactions d’autrui, mais en amont,
quitte à modifier le code employé ou la prédisposition d’un acteur.
Pour faire formule, nous avions dit que la première stratégie d’information pèse sur les choses par le savoir, la seconde sur les gens par conviction ou incitation et la troisième sur l’information elle-même en modifiant le sens qu’elle prendra pour les acteurs.
Les trois types de stratégies se mêlent constamment et se soutiennent
mutuellement. Prenons un étudiant cherchant à assurer le succès de sa thèse et
à la rentabiliser professionnellement. Tout le travail de recherche,
documentation et bibliographie ressort à la première catégorie. Tout ce qui
touche à l’élaboration et à la mise en forme de son texte, bref toute son
éloquence à la seconde catégorie. Mais il faut aussi l’art de s’appuyer sur telle
école, sur l’autorité d’X ou de Y. Il faut la façon de réunir tel jury, tout le
dispositif matériel et relationnel qui soutiendra l’exposition et de légitimation
des idées exposées ressort à la troisième catégorie de même que la stratégie de
publication (le publish or perish des anglo-saxons) de présence dans les
colloques et séminaires, d’exposition médiatique, de réseaux.
De la même façon, une entreprise pratique la veille économique et faire
de la publicité et du marketing, ce qui correspond aux deux premières
fonctions, mais elle doit aussi songer à son image de marque, comprendre les
courants de valeurs et d’idées sur lesquels elle s’appuiera pour conquérir son
marché. Sans parler des pratiques de guerre économique où les sociétés
recourent à la désinformation et la déstabilisation informationnelles parfois
plus que ne le faisaient les États du temps de la guerre froide idéologique.
Notre troisième exemple, forcément dans le domaine militaire, peut se
trouver dans le classique des classiques, « L’art de la guerre » de Sun Zi.
Quand il conseille d’avoir des espions partout, cela ressort à la première
catégorie, quand il suggère de feindre l’inactivité au moment où on s’apprête à
lancer son attaque, à la seconde. Mais quand le général chinois recommande de
songer au moral de ses troupes ou, au contraire, de préparer les moyens de
démoraliser les adversaires ou de leur instiller une fausse confiance avant les
hostilités, il se range dans le troisième cas de figure.
Se soutenant mutuellement (pas de persuasion sans connaissance
préalable, mais pas de conviction si le terrain n’est pas réceptif), les stratégies
de l’information relaient et préparent les stratégies de force et de puissance.
Parfois même elles les remplacent. Les stratèges chinois considéraient le
stratagème comme le moyen le plus honorable de vaincre, suivi par la
diplomatie, et en dernier lieu la victoire militaire.
Savoir et croyance
Nombre de pratiques regroupées sous le terme ambigu de « guerre de
l’information » reposent sur la capacité matérielle de percevoir (ou d’empêcher
de percevoir) des signaux. Ainsi des capteurs et senseurs : un micro, un radar,
un scanneur correctement utilisé permettent d’écouter une conversation à
distance, de repérer un objet en mouvement, …. Inversement, un bon
camouflage, un brouilleur, la structure d’un avion furtif, l’emploi d’une encre
sympathique empêchent l’autre de déceler les indices de la présence d’un objet
ou d’un corps. Et une attaque contre un système informationnel adverse permet
de perturber la réception de sons ou d’images, la circulation de signaux
électronique, l’accès à un site ou à une base de données… Les stratégistes
américains ont théorisé cette notion en prônant « l’infodominance » dans le
cadre de la « Révolution dans les affaires militaires ». L’infodominance est, en
théorie, la situation de l’armée qui dispose sur le champ de bataille de capteurs
perfectionnés, de satellites et instruments d’interception, de moyens de
communication lui garantissant une coordination et une réaction instantanée.
Elle sait tout de l’adversaire qui ne sait rien d’elle et dont les systèmes
d’intelligence et de transmission sont détruits ou perturbés dès le début du
conflit, ses infrastructures critiques bien vite paralysées par un bombardement
chirurgical ou une cyberattaque. Cette vision utopique (les technologies de
l’information et de la communication garantissant la victoire quasiment sans
avoir à verser de sang) s’est récemment heurtée aux réalités de la guerre
asymétrique et du terrorisme. Ce qui, sur le papier, fonctionne très bien contre
un État avec armée, télétransmissions, réseau téléphonique, télévision nationale
et autres. ne vaut guère contre une guérilla.
Cet aspect purement technique de traitement des signaux est affaire
d’appareillage et de procédures. En dépit de ses applications « civiles »,
comme les conflits économiques, il n’est pas celui qui nous intéresse le plus
ici.
Dans ce cas, en effet la valeur de la stratégie est proportionnelle à celle
de l’information que l’on a acquise ou protégée. Tout repose sur sa
disponibilité (X sait ou ne sait pas que A) et sur la confiance que l’on peut
accorder à l’information (A est vrai ou pas).
Quand, les Alliés ont cassé le code de la machine de cryptologie,
Enigma, et ont pu ainsi déchiffrer les messages de l’armée nazie, ou quand ils
ont réussi à débarquer par surprise en Normandie, tandis que les Allemands,
intoxiqués par l’opération Fortitude les attendaient ailleurs, la question de la
valeur de cette stratégie ne s’est pas posée. Quand l’Union Soviétique a pu se
doter de la bombe atomique, en espionnant les U.S.A, la valeur de son système
de renseignement s’est révélée immense. Quand un initié de la Bourse sait si
telle OPA aura lieu et quand, il peut chiffrer son gain probable. Quand une
entreprise connaît l’offre de prix de sa concurrente, elle sait si elle peut
remporter le marché et à quelles conditions. Quand une société pharmaceutique
qui a décidé de produire un certain médicament est informée de l’état
d’avancement des travaux d’un laboratoire rival, elle sait si elle doit continuer
à investir ou pas dans ce domaine….
Si les stratégies “de capacité” reposent essentiellement sur l’acquisition
de connaissances (ou a contrario sur la possibilité de priver la partie adverse de
savoirs comparables), d’autres méthodes supposent l’emploi de messages
efficaces et recherchent un effet de croyance. Pour prendre un critère simple : il
importe que les premières soient vraies (et efficaces) et que les secondes soient
crues (et répandues). Les premières supposent de la capacité d’analyse, les
secondes des symboles efficaces suscitant une dynamique. Dans le premier cas,
il est possible de parler d’un «patrimoine informationnel» à défendre ou
accroître comme en Intelligence économique. Dans le second, le résultat de la
stratégie se mesure peut-être moins en nombre de convaincus (encore que l’on
puisse admettre ce critère si l’on veut par exemple mesurer par sondage
l’efficacité d’une campagne publicitaire ou électorale) qu’à leur position et à la
façon dont se manifeste cette conviction.
Il est assez tentant d’appliquer les catégories du mensonge et de la
vérité, voire de considérer les stratégies de l’information comme des façons de
créer une pseudo-réalité agencée de façon à provoquer les résultats attendus. Le
vocabulaire employé est symptomatique. Tantôt on parle de déception (qui
dans l’ancien français avait bien le sens de tromperie ou détournement avant de
prendre celui de « ne pas être à la hauteur des espérances »), tantôt de
désinformation ou de diversion, comme s’il s’agissait par ce « dé » privatif
d’indiquer que l’autre à été volé d’une part de la réalité, ou privé d’un élément
de jugement. Tantôt on parle de manipulation, de « management de la
perception », de mystification, de suggestion, d’intoxication, de subversion,
terminologie compliquée et redondante, mais qui chaque fois évoque une
action qui fausse l’évaluation de la cible.
Les mêmes notions sont déjà présentes dans le principe de la ruse. La
ruse (initialement un détour que fait le gibier à la chasse pour tromper ses
poursuivants) implique d’abuser l’autre par des apparences délibérément
agencées. Ruser, c’est feindre la faiblesse quand on est fort ou la force quand
on est faible, suggérer un danger imaginaire ou un gain impossible, apparaître
là où on n’est pas. Cela suppose deux éléments : une tromperie (la victime de la
ruse est illusionnée sur ce qui est réel ou probable) et une opportunité (la ruse
doit créer une occasion pour l’exploiter)
Pourtant, la notion de tromperie ou d’apparence ne rend pas compte de
l’ensemble des stratégies de l’information. Réduire à des bobards destinés à
tromper le public la propagande – qui du reste est d’autant plus efficace qu’elle
se réfère à de faits vérifiables – c’est passer à côté de l’essentiel. Assimiler les
stratégies d’influence à des mises en scène, c’est se condamner à ne rien y
comprendre. Quand bien même nous résoudrions la question de ce qu’est une
information « vraie », ou une idée vraie nous n’aurions pas rendu compte du
véritable pouvoir de l’information. Il n’est pas proportionnel à sa conformité au
réel.
On a souvent dit que le véritable pouvoir des médias est le pouvoir
d ’ o c c u p e r le temps des gens. Pour être complète, toute stratégie de
l’information doit occuper du temps, donc de l’attention, et gagner un
monopole (ou une prépondérance) dans le domaine de la parole ou de la
représentation. Par ailleurs le pouvoir de l’information réside aussi dans sa
capacité de déchaîner des sentiments, de rassembler des communautés
partageant les mêmes émotions. Soit l’exemple de la musique – dont on nous
accordera qu’elle n’est en soi ni vraie ni fausse – : elle peut s’intégrer à une
stratégie de qu’il s’agisse de grandes communions humaines dans un meeting
ou de l’effet « subversif » que peut exercer une certaine musique dans un
certain contexte culturel (rock dans le monde soviétique, musique occidentales
dans le monde islamique…). Dans nombre de stratégies de l’information, la
distinction du vrai et du faux n’est pas la plus pertinente.
Effet direct et indirect
Une autre distinction semble plus opérante. Les théories de la guerre ou
des jeux, distinguent souvent des stratégies directes, où l’action produit le
résultat escompté de par sa propre force ou son adéquation à la situation (une
bonne vieille charge de cavalerie par exemple) et, d’autre part, les stratégies
indirectes qui reposent sur la réaction d’un intermédiaire (feinter au Nord pour
attaquer au Sud). Elles sont nécessairement triangulaires, (mouvement initial,
phase intermédiaire, résultat final).
Il est fréquent de recourir à la comparaison entre les jeux d’échecs et de
go. Le premier repose sur des mouvements de pièces dotées de différentes
puissances et qui se prennent, se bloquent et se menacent. Tout l’art consiste à
faire le plus de dégâts chez l’autre ou du moins à arriver à la position la plus
dangereuse pour son roi. Dans le jeu de go, la règle est d’occuper des territoires
en posant des pierres Gagne celui qui contrôle le plus de territoires – ensemble
d’intersections vides qu’il entoure ou fait le plus de prisonniers, des pièces
adverses encerclées .
Cette distinction s’applique aux stratégies de l’information. Les plus
riches sont indirectes, et, du reste, les stratégies « directes » à l’état pur y sont
rares et secondaires. Une action de propagande primaire (je lance un slogan
« Votez X », l’électorat suit, j’ai gagné) ? Une action publicitaire (« achetez
Y », le public achète) ? Dans la réalité, il est rare de pouvoir ainsi cerner un
mécanisme où une cause produit un effet. Une stratégie théoriquement directe
– celle du discours persuasif par exemple – peut mobiliser des tactiques
indirectes : ce peut être l’appel à l’autorité ou aux normes acceptées, ou encore
l e recours au processus d’identification pour faire passer une thèse.
Corollairement une stratégie indirecte peut rarement faire l’économie à un
moment ou à l ‘autre des méthodes de conviction ou de séduction d’une
rhétorique « directe ».
Statégies directes signifie souvent stratégies explicites. La plaidoirie
d’un avocat est censée faire gagner son client. Une publicité faire vendre
davantage. Une menace faire peur. Une campagne électorale officielle faire
gagner des voix. Une opération de relations publiques faire parler de vous en
bien. Les professionnels qui vendent de telles prestations assurent que des
résultats mesurables peuvent être attendus de « bons messages » élaborés dans
les règles de l’art. Il y aurait beaucoup à dire sur la scientificité de ce discours,
mais il présuppose un rapport direct entre des moyens employés (des affiches,
des visuels, des logos, des discours..) et des résultats obtenus.
Dans le cas des actions indirectes, nous pouvons conserver l’image d’un
territoire issue des jeux de stratégie, mais entendue ici au sens métaphorique.
L’adversaire ou la cible ne peut plus manœuvrer que dans l’espace sémantique
qui lui est concédé et dans la direction voulue. Ainsi les stratégies qui visent à
limiter la liberté d’action de l’autre en s’en prenant à sa réputation, à ses
alliances illustrent ce principe De même que toutes celles qui tendent à
« baliser » le terrain mental où l’on manœuvre : déterminer les mots, les
catégories intellectuelles utilisées, les habitudes, normes, critères, attitudes…
En ce sens, les stratégies indirectes sont toutes à un degré ou à un autre liées au
principe d’influence : elles génèrent un influx qui prédispose à ou dirige vers.
Si nous voulions encore prolonger la métaphore, nous dirions que les
stratégies négatives, agressives cherchent à paralyser l’autre, donc à limiter son
territoire d’action, tandis que les stratégies positives servent à orienter vers une
« zone », celle des bonnes idées et des bonnes images. Soit la desinformatsia
soviétique des années 50 ou 60. Elle a pour fonction de créer, éventuellement à
partir des faux documents, de la confusion, de l’embarras, de la méfiance, du
discrédit à l’égard de l’ennemi américain. À la même époque les Etats-Unis,
via l’USIA (United States Information Agency), subventionnent les radios et
médias qui donnent une image favorable de leur mode de vie et invitent des
jeunes étrangers, susceptibles de devenir les futures élites de leurs pays, à
fréquenter leurs universités ou leurs institutions. C’est typiquement une
stratégie positive pour orienter les attitudes futures dans le sens souhaité. Mais,
quand, à la même époque, la CIA enseigne les « opérations psychologiques »
destinées à démoraliser les vietcongs, ou quand Moscou favorise les congrès
internationaux d’étude du marxisme, c’est l’inverse.
Les stratégies indirectes supposent trois conditions :
- Un initiateur qui pense et lance le processus. Ainsi dans les ruses
puériles, l’enfant songe spontanément à faire le mort, faire le distrait, faire le
dormeur, faire le maladroit… Tromper par l’apparence que l’on prend est une
ébauche des stratégies indirectes. Il n’est pas toujours facile de distinguer (ou
au moins de prouver) l’intentionnalité de l’initiateur. Soit une rumeur : A l’a-t-
il lancée pour affaiblir B, ou par pure bêtise ou envie ? Une personnalité en vue
lance une mode (ainsi une vedette de Star Academy qui adopte une coiffure
aussitôt imitée par des milliers d’adolescents) : s’agit-il d’une stratégie de
marketing (augmenter la visibilité de la vedette, stimuler ses ventes) ou d’une
conduite spontanée ?
- Une médiation. Médiation a ici son sens le plus large : tout ce par quoi
passe le message de l’initiateur et par lequel il se transforme et développe son
effet réel différent de sa direction apparente initiale. La médiation peut être
simplement celle d’un milieu : ainsi les internautes qui répercuteront une e-
rumeur se font les intermédiaires d’une opération de déstabilisation. Dans
d’autre cas, la médiation correspond à un stade intermédiaire : une réaction de
la cible qui fait produire à la stratégie tout son effet. De façon générale, la
« cible » tend à coopérer inconsciemment aux desseins de l’initiateur. Dans
d’autres cas encore, la médiation est un média : un bruit habilement lancé
repris par les journaux par exemple. Enfin, la médiation peut être celle d’un
allié : les stratégies indirectes consistent à faire coopérer d’autres acteurs à vos
objectifs. En cas de désinformation, ces acteurs peuvent être inconscients : ils
répercutent simplement une information. Mais dans d’autres méthodes d’action
en réseaux, l’art du stratège consiste à faire agit plusieurs acteurs dans le même
sens, chacun là où il est le plus efficace. Ceci est valable s’il s’agit de relations,
des copains, des gens influents sollicités pour obtenir une décision favorable à
ses desseins, mais aussi dans le cas d’une mobilisation d’associations,groupes de pression d’activistes, d’autorités morales ou d’experts comme les
pratiquent les altermondialistes. La médiation fait ici relais et amplification.
- Une cible dont, au final, l’attitude sera modifiée dans le sens désiré
p a r l’initiateur, sans qu’elle ait nécessairement conscience du
processus. L’initiateur a ainsi accru son pouvoir au sens défini plus haut.
Cadre et contenu de l’information
Les stratégies indirectes conditionnent dans le double sens du terme :
des gens et des circonstances. Il s’agit d’une part d’agir sur l’esprit d’autrui
pour susciter la réaction attendue et d’autre part de créer de telles conditions
que la situation semble déboucher spontanément sur le résultat attendu. Par
exemple en organisant une mise en scène ou en favorisant certains éléments
dans la perception de la situation. Les stratégies indirectes emploient la
puissance d’institutions sociales, véritables machines à faire croire, mais elles
ne les créent pas pour autant L’Église, l’armée, l’école peuvent jouer la cette
fonction, CNN, Google ou une bibliothèque nationale aussi. Si le but d’une
stratégie indirecte est de faire penser que, cela passe aussi par le comment
penser et à quoi.
Dans un milieu clos, telle une secte ou un régime totalitaire, un groupe
ou un individu peut décider ainsi autoritairement de tout ce que ses sujets
peuvent penser et percevoir. Ainsi, dans 1984 de George Orwell, Big Brother
contrôle ce que montrent les médias, ce que disent et écoutent les citoyens. Il
fait même modifier les livres d’histoire pour rendre le passé conforme aux
nécessités de la politique présente. Mais Big Brother détermine aussi des
valeurs et des catégories mentales grâce auxquelles pensent les citoyens : il les
oblige à parler la novlangue, une langue de bois au carré : il n’y existe aucun
terme pour désigner les notions interdites. Tout y est fait pour amener le
locuteur à enchaîner les expressions autorisées et phrases standardisées, si bien
qu’il ne peut avoir que les pensées « licites ».
Quelles que soient les limites qu’apportent nos systèmes aux libertés
individuelles, nous n’en sommes pas là. Dans notre monde, les stratégies
indirectes doivent plutôt tenter de modifier les machines existantes ou
s’appuyer sur elles. Une méthode peut consister à infiltrer une ONG pour
mettre son prestige au service des causes souhaitées, ou encore à fournir aux
journalistes et aux agences de presse un sujet bien ficelé qui va dans le sens
souhaité. Sélectionner les informations disponibles plus que les imposer est
aussi une pratique fréquente. Globalement les stratégies indirectes consistent
d a v a n t a g e à peser ou intervenir sur un processus de décision et de
communication qu’à la construire. Elles jouent là où l’acteur ne dispose pas de
l’autorité (comme celle que confère l’institution), de la contrainte ou de la
capacité de fournir des contreparties. Donner un ordre, menacer ou acheter ne
sont pas des stratégies indirectes
La stratégie indirecte suggère des notions comme « faire pression au
bon endroit », « faire basculer », « inciter », « stimuler », « faire levier »,
« contourner », « prendre appui », Toutes indiquent la même idée, une action
minimale où et quand elle peut diriger une force supérieure dans le sens voulu.
Rarement là où elle s’oppose frontalement à une autre force ou à une
résistance, puisqu’elle elle interagit plus qu’elle n’impose.
Une stratégie indirecte de l’information n’oppose pas frontalement un
argument à un autre, une image à une autre comme dans la dialectique chère à
la tradition grecque où la parole forte représentant la raison forte l’emporte sur
la faible de par sa propre vertu. Dans une stratégie indirecte, l’efficacité des
signes que l’on emploie est fonction de leur adaptation,, de la synergie qu’ils
exploitent. C’est une notion chère à la pensée chinoise, telle que la résume
François Jullien, : la propension des choses. Une stratégie indirecte favorise ou
exploite une potentialité inhérente à la situation, elle ne la crée pas. Elle ne fait
qu’actualiser ce qui était latent. Celui qui a été trompé ne demandait qu’à
l’être, aveuglé qu’il était par son avidité ou ses préjugés. La rumeur n’a fait que
jouer sur des préconceptions ou des stéréotypes déjà implantées dans la
population cible. La déstabilisation n’a fait que révéler des faiblesses, telles
celles d’une entreprise qui est soumise au risque de réputation et dépend de son
image de marque.
Soit le lobbying. Comment procède le professionnel ? Certes, il va
employer un argumentaire élaboré, et si possible lui conférer une apparence
chatoyante et séduisante : belles brochures, présentations audiovisuelles. Mais
surtout, il va travailler en amont, et identifier des besoins auxquels peut
répondre son discours.
Il va déterminer qui décide ou bloque quoi dans une administration, qui
a besoin de quelle information et dans quel langage elle sera la plus
exploitable. Il va analyser où une documentation fournie à la bonne personne
qui cherche à s’éviter un long travail de recherche va orienter ses conclusions.
Il offre du « prédigéré ». Il cherche surtout ce que désire et ce que souhaite
entendre son interlocuteur. Parfois même, il travaille encore plus en amont, en
créant le courant d’opinion ou la réserve d’idées et de mots qui favorisent ses
desseins. Certaines think tanks américaines remplissent notamment cette
fonction.
Par ailleurs le lobbyiste a l’art de faire intervenir dans son sens des gens
prestigieux, représentatifs, ou simplement actifs. Bien entendu, cela le conduira
à flirter avec la menace (« Si vous adoptez telle mesure, cela créera du
chômage et nous nous arrangerons pour que cela se sache »), ou avec la
promesse voire la corruption (« Si vous vous rangez à notre avis, telle catégorie
d’électeurs, tel média ou telle institution avec qui nous nous entretenons les
meilleurs rapports saura s’en souvenir. »). Dans tous les cas, il jongle avec les
attentes, besoins et désirs d’autrui, plus qu’il ne les crée par une rhétorique
implacable.
Dans la vie courante, nous rencontrons et pratiquons des stratégies indirectes
Petites ruses et menus stratagèmes, du type prêcher le faux ♦
pour savoir le vrai ou utiliser le « pied dans la porte » (obtenir une première
petite concession pour formuler une demande plus importante)
Manœuvres de séduction :
A feint la faiblesse, pour permettre à B de manifester sa force et sa compétence, et le flatte par de bruyantes manifestations de reconnaissance. À obtient ce qu’il veut de B. Telle est l’argument de la pièce de Labiche, Le voyage de Monsieur Perrichon
Diffamation et médisance :
A affaiblit la position de son rival B en répandant les pires horreurs pour qu’elles soient répétées et si possible amplifiées.
Si nous abordons les stratégies indirectes complexes, nous pouvons encore retrouver des catégories simples pour décrire les interventions de l’initiateur.
Il peut d’abord intervenir sur le contenu même de l’information qui parviendra à la cible de diverses manières :
Falsification.
Il s’agit alors de faire parvenir une information fausse à la cible.♦
L’utilisation d’un agent double pour envoyer à l’adversaire de faux
renseignements est emblématique de cette situation. Les exemples
sont innombrables autant dans les livres des stratagèmes chinois
qu’au cours de la seconde guerre mondiale.
Scénarisation.
Ici, il ne suffit plus de dire ou d’écrire quelque chose que l’on♦
sait faux, il faut créer des apparences trompeuses. L’escroc qui se
livre à des manœuvres frauduleuses ou excipe d’une qualité qui n’est
pas la sienne, tel que le décrit le code pénal, appartient typiquement
à cette catégorie. De même le général que qui fait allumer des feux la
nuit pour tromper l’ennemi sur la position et l’importance de ses
troupes. Ou encore le ministre Potemkine qui faisait peindre de faux
villages riants, comparables à des décors de théâtre, de façon que
Catherine de Russie se fasse une image idyllique des conditions de
vie des moujiks.
Dissimulation.
Dans ce troisième cas, il suffit de faire le silence ou de susciter♦
une conspiration du silence. Ce sont des stratégies d’omerta qui
reposent plus ou moins sur la menace implicite et sur les règles
implicites dans un milieu. Ainsi, la cohésion culturelle au sein d’un
milieu, celui des journalistes de presse écrite parisiens, par exemple,
peut rendre faciliter la diffusion de l’idée qu’il ne serait pas
convenable d’évoquer tel ou tel sujet.
2) Seconde grande catégorie : l’action qui joue sur l’attention de la cible (ou des médiateurs
qui pèsent sur la cible). Il s’agit alors d’interférer sur la disponibilité de l’information et sur
le retentissement qui lui est donné pour « vendre » quelque chose (y compris une idée ou sa
propre renommée) sur la Toile, il ne suffit plus d’être bruyant et spectaculaire : il faut
maîtriser les arcanes de l’indexation. La plupart des internautes parvenant à une page à la
suite d’une requête sur un moteur de recherche. Du coup est née une niche de pouvoir : l’art
de référencer, de diriger les requêtes (donc une fois encore l’attention) en fonction de
certains critères (taxinomiques, sémantiques, de notoriété…). Cela suscite des stratégies
asymétriques comme le « bombardement de Google » (Google bombing). Cette technique
consiste à améliorer son classement sur les pages du moteur de recherche en multipliant
artificiellement les liens hypertextuels pointant vers le site désiré ou encore en employant
une politique habile de multiplication des mots-clefs. Mais l’attention des internautes
(concrètement : leur faculté de se précipiter vers tel ou tel site qui n’est pas nécessairement
le plus riche, le plus professionnel ou le plus connu) fonctionne largement suivant des
critères propres aux communautés virtuelles. Ils correspondent souvent à un «bouche-à-
oreille » numérique incontrôlable. Dans un autre ordre d’idées créer un média, comme une
chaîne internationale d’information en arabe (al Jazira) ou en espagnol (Telesur) c’est,
certes, se donner un moyen d’en contrôler le contenu. Mais c’est aussi se doter d’un moyen
de « faire l’agenda », d’attirer l’attention sur certains faits ou sur certains « points de vue »
(celui des masses arabes, celui des latino-américains), c’est donc aussi mener une stratégie
de l’attention.
3) Troisième grande famille : l’action sur le « point de vue » ou le
cadre de la communication. Le cadre inclut toutes les croyances et émotions
relatives à la source de l’information, aux rapports entre ladite source et son
destinataire, et à tout le contexte qui en guidera l’interprétation. Le fait que la
cible A se persuade que l’information émane d’origine amie ou ennemie, fiable
ou non, volontairement ou pas, qu’il s’imagine qu’elle est destinée à le leurrer
ou à l’aider, qu’il entretienne tel ou tel rapport affectif, soit dans telle position
par rapport au messager, sont évidemment déterminants. Tout ce qui agit sur
les prédispositions de la cible joue dans le même sens.
Des expériences célèbres montrent jusqu’où peut aller ce phénomène.
Ainsi dans celle de Stanley Milgram des cobayes persuadés qu’il participent à
une expérience scientifique sont incités à infliger des punitions effroyables (des
chocs électriques, heureusement simulés) à des sujets qui feignent d’accomplir
une tâche, de se tromper souvent et finalement d’être punis. Du fait qu’ils
s’imaginent appliquer des consignes garanties par l’autorité de la science, de
braves gens en viennent à accomplir des actes qui répugneraient à leur
conscience en temps ordinaire.
Dans la vie courante, les effets du conditionnement, même s’ils sont
spectaculaires que dans cette situation manipulée en laboratoire, portent bien
plus en amont sur l’usage d’habitudes mentales, de la langue au système de
comptabilité ou des modes de vie aux références philosophiques. Ce n’est pas
par hasard que notre pays a développé les Alliances Françaises après la défaite
de 1870, espérant que la diffusion de notre langue compenserait la perte de
prestige due à la guerre. Ce n’est pas non plus par hasard que, pendant les
années de guerre froide, la CIA subventionnait l’exportation vers l’Est de livres
au contenu expressément anticommuniste (comme le bouleversant « Le Zéro et
l’Infini » de Koestler) mais aussi la musique moderne et la peinture abstraite,
dans une perspective de guerre culturelle contre l’URSS.
Du reste nous avons probablement vécu dans les années 90 l’apogée de
la stratégie indirecte de l’information, ainsi entendue, quand les partisans de
l’élargissement (enlargment) du modèle américain, d’Alvin Toffler à Al Gore,
comptaient sur l’expansion d’Internet pour étendre la modernité et finalement
une attitude pro-occidentale. L’homme nouveau devait naître de l’extension
des forces de communication, comme pour les marxistes orthodoxes, il devait
résulter du développement des forces productrices. À ce stade, on peu parler
d’une idéologie (ou d’une utopie) de la technologie, mais comme toute
idéologie, celle-là servait des desseins de puissance bien précis. En dépit de ou
grâce à son apparente naïveté.
En un mot toutes recherches sur les stratégies indirectes nous renvoient à la
question de l’idéologie, question que l’on a trop vite crue obsolète au cours de
la dernière décennie et sur laquelle nous reviendrons longuement ailleurs.
Conclusion
Comment ne pas être victime des stratégies de l’information ? Le
tableau redoutable que nous venons d’en dresser pourrait faire craindre pire.
Mais il y a deux bonnes nouvelles. La première est que ces stratégies échouent
parfois. Et la seconde – qui justifie la première – que leur étude ne date pas
d’hier et que nous disposons d’une sérieuse panoplie de connaissances.
Les Grecs nous ont légué des traités de rhétorique et d’éristique, de
véritables matrices des « figures » de nature à convaincre l’interlocuteur et
qu’emploient encore les modernes spécialistes de la publicité et du marketing
politique. La stratégie chinoise s’est condensée en traités, du type des fameux
« 36 stratagèmes » transposables à la compétition économique, politique ou
militaire moderne. L’étude des médias est une discipline qui sera bientôt
centenaire Il existe une multitude de grilles de lecture des méthodes de la
propagande. Autant la stratégie militaire que l’intelligence économique ont
réfléchi sur les conflits informationnels. La réflexion critique sur la société de
l’information commence à s’intéresser à ces questions. Bref, il est difficile de
plaider la surprise et l’ignorance.
Nous avions pour notre part proposé le terme d’infostratégie pour
d é s i g n e r l’étude des conflits (modalités, occurrences, motivations et
f i n a l i t é s … ) liés aux systèmes de transmission et communication
caractéristiques de la société dite de l’information. Le champ de cette discipline
à inventer serait celui des changements, technologiques, stratégiques,
symboliques, régissant les rapports entre conflit et information. Quel que soit le
nom que l’on donne à la chose, il nous faut maintenant comprendre
l’information comme un pouvoir paradoxal qui s’accroît aussi souvent par sa
rareté que par sa multiplication.
Sphere: Related Content
Au regard des évènements récents, à propos de la liberté d’information en général et sur internet en particulier, ainsi qu’au regard de l’hystérie anti p2p qui prévaut actuellement, je vous propose une statégie de contre attaque.
Celle ci s’organisera sur plusieurs axes:
1/ La promotion sur le maximum de supports et IRL des oeuvres sous licences libres(videos, MP3, livres).
2/ La promotion sur le maximum de supports et IRL des logiciels libres(linux, bsd ainsi que les logiciels libres pour Windows)
Cette promotion peut prendre la forme d’avis sur les oeuvres ou les logiciels libres, l’intervention dans des discussions sur les forums, les blogs et devra chaque fois comporter un lien vers un site “libre” offrant du contenu “libre”. Il est bien entendu qu’il est inutile de faire cette promotion sur des sites déja acquis au libre. La cible sont les sites étrangers au mouvement du libre.
Si vous n’etes pas habile en discussion, ou que vous n’avez pas envie de polémiquer, n’oubliez pas que mettre un lien vers un site libre en signature peut suffire.
3/ La diffusion d’oeuvres et de logiciels libres via FTP ou via des logiciels de p2p, et la communication à propos de cette diffusion.
Il est notemment important de mettre massivement des oeuvres libres en partage sur edonkey et bittorrent afin de compliquer la tache des futurs surveillants de ces réseaux, ainsi que sur les logiciels cryptés types “share”.
4/ L’arret absolu de tout téléchargements et partage illégal de logiciels ou d’oeuvres protégées par le droit d’auteur, et la communication autour de cet arret du “piratage”
5/ Le boycott indiscriminé de toutes les oeuvres ou logiciels protégés par le droit d’auteur.
6/ La communication autour de ce boycott, sur le maximum de support(exemple:” je recommencerai à acheter lorsque je ne serai plus considéré comme un pirate si je partage ou si je télécharge”).
7/ Le dénigrement systématique des oeuvres protégées par le droit d’auteur, ainsi que le dénigrement des majors, des organisations comme la SACEM, la SCPP, la SNEP, etc….
8/ La diffusion des méthodes d’anonymisations grand public présentent sur ce blog(TorPark, email jetables, les 12 conseils de l’EFF, etc….)
9/ Le dénigrement des grands médias(la télévision, le figaro, le monde, etc….) et la dénonciation de leurs connivences avec le pouvoir, ainsi qu’avec les puissances financières, en faisant passer l’idée qu’ils sont corrompus et indignes de confiance.
10/ La promotion des sites d’information alternative ou citoyenne(Indymedia, agoravox etc….)
Bien entendu, ce plan d’action ne pourra avoir une influence que si vos interventions sont nombreuses et surtout si elle sont suivies et soutenues dans le temps.
Par exemple, si vous initiez un thread sur un forum à propos du boycott des oeuvres non-libres, vous devrez d’une part répondre aux messages que ce thread génèrera, et d’autre part vous devrez reposter des messages de temps à autre afin de maintenir la visibilité de ce thread et son activité.
Mieux vaut un thread dont l’activité(et donc la visibilité) est maintenu pendant plusieurs années, plutot qu’une multitude de messages postés en une journée qui ne seront pas maintenus visibles et disparaitront au fond des forums.
Mais ces interventions peuvent aussi prendre la forme d’un post dans un thread, d’un commentaire sur un blog, d’un lien donné sur une messagerie instantanée, sur un email etc….
Je ferai évoluer ces dix points au fur et à mesure des évènements: ils sont donc suceptibles de corrections.
Je laisse les commentaires ouverts afin de vous laisser la possibilité de donner votre avis.
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Lettre d’information de l’APRIL du 1er juin 2007
Adresse permanente :
http://www.april.org/articles/april-actu…
Lettre d’information mensuelle de l’APRIL sur les actions et dossiers en
cours.
Période couverte : 1er mai 2007 au 1er juin 2007.
Les commentaires et suggestions sont les bienvenus. Ils peuvent être
envoyés à l’adresse contact at april.org.
Pour recevoir automatiquement par courriel cette lettre, inscrivez-vous
à la liste de diffusion : http://www.april.org/wws/info/april-actu
1. *Richard Stallman appelle les citoyens français épris de liberté
informatique à adhérer à l’APRIL*
2. *Campagne d’adhésion*
3. *Adhésions*
1. *Adhésions de personnes physiques*
2. *Adhésions de personnes morales*
4. *Législatives 2007 : l’APRIL propose le pacte du Logiciel Libre*
5. *Candididats.fr – Législatives – Opération “Un tract, un pacte !”
sur les marchés de France*
6. *La réponse de Nicolas Sarkozy au questionnaire Candidats.fr, une
analyse*
7. *Cycle logiciel libre à la Cité des Sciences et de l’Industrie*
8. *Commission de normalisation nationale sur les « formats de
documents révisables »*
9. *Paris Capitale du Libre*
10. *Interview pour l’ASTI*
11. *Causeries APRIL*
12. *Rencontres Mondiales du Logiciel Libre*
13. *Prochaines interventions*
14. *Interventions passées*
15. *Soutenir l’association*
16. *Rejoindre l’association à titre individuel*
17. *Rejoindre l’association en tant que personne morale*
18. *Archives*
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1. Richard Stallman appelle les citoyens français épris de liberté
informatique à adhérer à l’APRIL
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Fondée en 1996, l’APRIL est devenue aujourd’hui l’acteur reconnu et
incontournable pour la promotion et la défense du logiciel libre. Pour
encore mieux promouvoir et défendre le logiciel libre l’APRIL a lancé le
samedi 19 mai 2007 une campagne d’adhésion
dont l’objectif
est d’atteindre les 1 500 adhérents et de permettre de renforcer son
équipe de permanents avant la fin de l’année. L’APRIL a besoin de votre
soutien.
Présent en France à cette occasion, Richard Stallman, président de la
Fondation pour le Logiciel Libre, a déclaré : /« L’APRIL joue en France
un rôle fondamental et unique pour la promotion et la défense du
logiciel libre et de ses différents acteurs. La liberté informatique est
un enjeu de société et il est essentiel, aujourd’hui plus encore
qu’avant, de soutenir celle-ci en rejoignant l’APRIL. J’encourage tous
les citoyens épris de liberté informatique à adhérer dès maintenant à
l’APRIL »/
La suite à l’adresse suivante :
http://www.april.org/articles/communique…
Pour adhérer à l’APRIL c’est simple :
http://www.april.org/association/adhesio…
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2. Campagne d’adhésion
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Au 19 mai 2007, jour de lancement de la campagne, l’APRIL comptait 715
adhérents dont 641 particuliers, 45 entreprises, 28 associations et 1
établissement public. Au 1er juin 2007 l’APRIL compte désormais 1 243
adhérents : 528 nouveaux adhérents ont donc rejoint l’association depuis
le lancement de la campagne d’adhésion. C’est un excellent début qui
montre l’importance des actions de l’APRIL et le soutien dont bénéficie
l’association. N’hésitez pas à nous rejoindre
.
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3. Adhésions
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3.1 Adhésions de personnes physiques
Il y a eu 590 nouveaux adhérents individuels entre le 1er avril et le
1er mai 2007. L’association compte aujourd’hui plus de 1240 adhérents.
3.2 Adhésions de personnes morales
Nous avons le plaisir d’annoncer l’adhésion de N@utile
groupe d’utilisateurs de logiciel libre autour
de l’Estuaire de la Loire.
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4. Législatives 2007 : l’APRIL propose le pacte du Logiciel Libre
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Paris, le 28 mai 2007. Communiqué de presse. Dans le cadre de
l’initiative candidats.fr, l’APRIL propose aux citoyens d’encourager les
candidats aux élections législatives à signer Le Pacte du Logiciel Libre.
La suite sur : http://www.april.org/articles/communique…
Le site dédié à cette initiative : http://www.candidats.fr. Une
plate-forme de travail collaborative est notamment disponible pour
permettre à tous de participer à cette campagne.
Depuis le lancement de cette campagne, plus de 100 candidats ont déjà
signé le Pacte du Logiciel Libre
.
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5. Candididats.fr – Législatives – Opération “Un tract, un pacte !” sur
les marchés de France
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Depuis le lancement de Candidats.fr partie législatives plus de 200
volontaires participent à cette action. Ils ont pris 438
responsabilités, c’est à dire qu’ils essayent de faire signer le Pacte
du Logiciel Libre
aux candidats
qui se présentent dans une ou plusieurs circonscriptions de leur
département. 381 actions de contact ont été reportées et 106 candidats
ont signé.
C’est un bon début mais c’est largement insuffisant. Nous invitons les
groupes d’utilisateurs à s’organiser pour prendre en charge leur
département et à prendre contact avec les candidats.
Des argumentaires et des conseils pour réussir une telle opération sont
toujours disponibles sur le site candidats.fr.
Par ailleurs, nous invitons tous les utilisateurs de logiciels libres à
participer à une opération que l’on pourrait appeler…
« Un tract, un Pacte ! » : Pour chaque candidat qui donne un tract
appelant à voter pour lui, un Pacte est remis en échange.
Le principe est très simple, et il sera sans doute plus convivial et
efficace de procéder par petites équipes de 2-3 personnes. Voir
http://www.candidats.fr/index.php/2007/0…
—————————————————————————
6. La réponse de Nicolas Sarkozy au questionnaire Candidats.fr, une analyse
—————————————————————————
Moins de 36 heures avant le premier tour de l’élection présidentielle,
M. Nicolas Sarkozy faisait parvenir à l’initiative Candidats.fr sa
réponse au questionnaire que tous les candidats avaient reçus. Les
français ayant désormais désigné M. Nicolas Sarkozy comme Président de
la République, nous vous proposons d’analyser ses réponses, et ainsi de
décrypter les impacts sur le Logiciel Libre des positions du nouveau
Président de la République en matière de libertés numériques.
La suite à l’adresse suivante :
http://www.candidats.fr/index.php/2007/0…
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7. Cycle logiciel libre à la Cité des Sciences et de l’Industrie
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La Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris organise avec différents
partenaires, dont l’APRIL, un cycle Logiciel Libre en mai et juin 2007.
L’APRIL organise quatre évènements les mardis 22 mai et 5 juin, et les
samedis 19 mai et 23 juin.
Deux évènements ont déjà eu lieu :
* Samedi 19 mai de 14h à 18h : « Logiciels libres : un enjeu de
société »
avec la présence de Richard Stallman. L’enregistrement audio de la
conférence de Richard Stallman est disponible.
* Mardi 22 mai de 18h30 à 19h45 – « Des logiciels libres pour un
ordinateur écologique ? »
Deux évènements restent à venir.
* Mardi 5 juin 2007 de 18h30 à 19h45 – « Logiciels libres et
développement durable »
* Samedi 23 juin de 14h à 18h : « Logiciel Libre et monde
associatif »
Les débats seront diffusés en direct sur Internet.
Pour plus d’informations et pour se préinscrire rendez-vous sur la page
suivante :
http://www.april.org/groupes/csi/cycle-l…
————————————————————————-
8. Commission de normalisation nationale sur les « formats de documents
révisables »
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En février 2007 L’APRIL communiquait à l’AFNOR ses remarques
concernant le format bureautique ECMA-376 Office Open XML et la
procédure d’adoption rapide à l’ISO pour que ce format devienne une
norme internationale.
Le projet de normalisation a été mis au vote officiellement par l’ISO,
le 2 avril dernier, avec comme date limite le 2 septembre 2007.
L’AFNOR a donc créé une commission de normalisation sur les formats de
documents révisables à l’AFNOR : ECMA-376 – ISO/IEC 26300
qui
sera la structure miroir du comité international responsable pour le
projet. La commission française aura entre autres comme objectif de
traiter les commentaires que l’AFNOR recevra sur l’enquête probatoire
nationale qu’elle compte lancer sur ce projet. Par ailleurs, l’AFNOR
lancera en parallèle une enquête probatoire nationale sur le format ODF
(Open Document Format), format XML normalisé par l’ISO, fin 2006
(ISO/IEC 26300).
Une réunion inaugurale a eu lieu le 10 mai 2007 dans les locaux de
l’AFNOR. L’APRIL y participait ainsi qu’une vingtaine d’autres acteurs.
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9. Paris Capitale du Libre
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La seconde édition de Paris Capitale du Libre
aura lieu les 13 et 14 juin 2007 à Paris au
Palais des Congrès.
L’APRIL sera présente fortement lors de cet évènement :
* participation à plusieurs conférences dans le programme officiel
et les conférences off
:
o 13 juin 2007 11h00-12h30 « Les acteurs de l’informatique
face aux enjeux du Libre : risques ou opportunités ? » avec
Christophe Espern, chargé de mission
o 13 juin 2007 16h30-18h30 « Quelles industries autour du
Libre ? Les modèles d’édition, la stratégie des grandes
SSII, la montée en puissance des SS2L, les modèles
économiques de demain » avec Christophe Le Bars,
Vice-président Entreprise.
o 14 juin 2007 11h00-12h30 « L’économie du savoir à l’ère
numérique » avec Frédéric Couchet, délégué général
o 14 juin 2007 14h00-16h00 « Promouvoir et défendre le
logiciel libre dans un contexte politique et juridique
changeant » par Benoît Sibaud, président de l’APRIL
o 14 juin 2007 13h30-14h00 « Annonce – Libre blanc sur les
modèles économiques du logiciel libre » par l’APRIL
* participation de Benoît Sibaud et Frédéric Couchet au jury des
« Lutèce d’or »
* tenue d’un stand dans l’espace découverte grand public
* coordination de l’organisation de l’espace découverte grand public
qui vise à promouvoir l’usage des logiciels libres auprès du grand
public. L’objectif est d’avoir durant les deux jours de
l’évènement des démonstrations de divers logiciels libres, et des
ateliers pratiques, pour aider les particuliers à découvrir
concrètement les logiciels libres.
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10. Interview pour l’ASTI
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Frédéric Couchet, délégué général de l’APRIL, a répondu pour le site de
l’ASTI (Fédération des Associations Françaises des Sciences et
Technologies de l’Information) à quelques questions concernant des
récentes actions de défense du logiciel libre menées par l’APRIL :
http://asti.ibisc.univ-evry.fr/actualite….
————————————————————————-
11. Causeries APRIL
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Les « Causeries APRIL » sont des interviews ou des discussions
organisées régulièrement (avec un objectif d’une par semaine ou
quinzaine), d’une durée d’une ou deux heures, sur un sujet donné. Elles
sont publiques ou privées suivant les sujets.
Les dernières causeries :
* 23 mai 2007 : « Ventes liées et racketiciels » avec Jérémy Monnet,
membre du conseil d’administration de l’April
et membre du Groupe de Travail Détaxe
. Voir le compte-rendu
complet
[Compte-rendu public].
* 16 mai 2007 : « Wikipédia et le contenu libre » avec David
Monniaux, membre du conseil d’administration de Wikimédia France
et membre de l’APRIL. Voir le
compte-rendu complet
[Compte-rendu public].
* 10 mai 2007 : « Vote électronique » avec Pierre Muller, président
de l’association Ordinateurs-de-vote.org
. Voir le compte-rendu complet
[Compte-rendu public].
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12. Rencontres Mondiales du Logiciel Libre
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Les 8èmes Rencontres Mondiales du Logiciel Libre
(RMLL) se tiendront du 10 au 14 juillet 2007 à Amiens, dans le bâtiment
de la Faculté de mathématiques et d’informatique (rue Saint-Leu à
Amiens). L’APRIL participe à son organisation et y organisera une
réunion de ses membres.
Il vous est désormais possible de vous inscrire via l’interface de
réservation. Celle-ci vous permet de réserver les repas au restaurant
universitaire le midi, les chambres en cité universitaire ou encore le
repas du libre du jeudi soir ou des sorties culturelles. Voir
https://reservation.rmll.info/.
————————————————————————-
13. Prochaines interventions
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* 1er juin 2007 : intervention de Frédéric Couchet, délégué général,
sur le thème « Promouvoir et défendre le Logiciel Libre dans un
contexte politique et juridique changeant » à l’occasion des
Journées du logiciel libre
à Compiègne.
* 02 juin 2007 : Intervention de Lionel Allorge sur le thème
« Principes et enjeux du logiciel libre » dans le cadre des 24
heures de l’informatique à Maubeuge
* 02 juin 2007 : Aquitaine Libre ,
1ère journée régionale du logiciel libre, de la musique libre et
de l’informatique, aura lieu le 2 juin 2007 à Brocas (près de Mont
de Marsan). Nicolas Ducoulombier interviendra dans la table ronde
entreprises au titre de l’APRIL et de sa société « Les
Développements Durables ».
* 02 juin 2007 : Présence de l’APRIL à la
Fête de l’Humanité de Toulouse, organisée les 2 et 3 juin, avec le
soutien de l’association Toulibre .
Thomas Petazzoni, membre actif de Toulibre et membre du Conseil
d’Administration de l’APRIL, animera une conférence/débat
« Logiciels Libres: l’informatique ouverte, collaborative et
citoyenne »
* 14 juin 2007 : Richard Stallman donne une conférence publique à
Toulouse, sur le thème /Le Mouvement du Logiciel Libre et le
système d’exploitation GNU/Linux/. L’évènement est organisé par
l’association Toulibre , en collaboration
avec l’APRIL , les Cinémas Utopias
et la société Communication et
systèmes . La conférence aura lieu le jeudi 14
juin à 21 heures au Cinéma Utopia, 24, rue Montardy à Toulouse.
L’entrée est libre et gratuite. Plus d’infos.
* 16 juin 2007 : Frédéric Couchet, délégué général, interviendra sur
le thème « Promouvoir et défendre le Logiciel Libre dans un
contexte politique et juridique changeant » dans le cadre de la
6ème édition des journées du logiciel libre à Montpellier
————————————————————————-
14. Interventions passées
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* 18 mai 2007 : À la Ferté-Bernard, dans le cadre de la 14e édition
du festival ARTEC et de la finale
de la Coupe de France de Robotique, l’APRIL propose vers 19h une
conférence de présentation des logiciels libres
, animée par Lionel
Allorge.
* 12 mai 2007 : Jérémie Zimmermann est intervenu sur le thème
« Introduction aux logiciels libres, histoires et enjeux » dans le
cadre du Samedi du Libre Ubuntu au Carrefour Numérique
de la Cité des
Sciences et de l’Industrie
* 11 mai 2007 : Frédéric Couchet, délégué général, est intervenu sur
le thème « Promouvoir et défendre le Logiciel Libre dans un
contexte politique et juridique changeant » lors de la semaine du
libre organisée par Association Isépienne du Libre
————————————————————————-
15. Soutenir l’association
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L’APRIL a besoin de votre aide. Vous pouvez faire un don à l’association
et participer ainsi au financement de nos actions.
Pour faire un don à l’association, rendez-vous à l’adresse suivante
http://www.april.org/association/dons.ht… (il est possible de faire un
don par chèque, virement, carte bleue ou encore prélèvement automatique).
Pour tout renseignement n’hésitez pas à nous contacter par courriel
ou par téléphone au 01 46 49 25 15.
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16. Rejoindre l’association à titre individuel
————————————————————————-
Dans une association, l’adhésion est un acte volontaire. C’est aussi un
acte politique car c’est manifester son soutien à l’objet de
l’association ainsi qu’aux valeurs qui le sous-tendent. Une adhésion
fait la différence en contribuant à atteindre les objectifs de
l’association.
Adhérer à l’APRIL permet :
* de défendre collectivement un projet de société ;
* de s’investir activement dans la vie de l’association à travers
ses groupes de travail et ses actions ;
* d’être informé régulièrement des évènements logiciel libre ;
* d’agir sur les institutions à travers un partenaire incontournable ;
* de soutenir financièrement les actions de l’association.
Il est possible d’aider l’association en lui donnant de son temps ou de
son argent. Toutes les contributions sont les bienvenues.
Pour les hésitants nous avons mis en ligne les réponses à des fausses
idées classiques.
Pour adhérer à l’APRIL il suffit de vous rendre à l’adresse suivante :
http://www.april.org/association/adhesio…
Pour toute information complémentaire, vous pouvez nous joindre par
courrier électronique à l’adresse contact at april.org ou par téléphone
au 01.46.49.25.15.
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17. Rejoindre l’association en tant que personne morale
————————————————————————-
Que vous soyez une entreprise, une collectivité ou une association,
adhérez pour participer activement aux décisions stratégiques qui vous
concernent !
Votre structure a besoin de tirer le meilleur parti du logiciel libre et
pour défendre ses intérêts elle doit :
* exercer une veille permanente pour se tenir informée des
opportunités et des menaces ;
* constituer et entretenir des réseaux relationnels institutionnels ;
* être éclairée sur les contextes juridiques et stratégiques ;
* contribuer à la défense de l’informatique libre face aux acteurs
qui lui sont hostiles ;
* mieux faire connaître et valoriser son action.
APRIL est au coeur des grandes évolutions du logiciel libre. Adhérer à
APRIL permet :
* de défendre collectivement un projet de société ;
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La Fédération internationale de l’industrie phonographique (Ifpi) veut tordre le cou à plusieurs idées reçues sur l’échange de fichiers piratés.
Karine Solovieff , 01net., le 01/06/2007 à 18h07
Il y a ceux qui veulent engager un dialogue constructif avec les internautes sur le futur de la musique en ligne, comme le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep) avec son site FaceFace.
Et puis il y a l’Ifpi (la Fédération internationale de l’industrie phonographique), équivalent du Snep au niveau international, qui préfère dire leurs dix vérités à ceux qui téléchargent de la musique illégalement ou qui en font leur business.
A l’occasion de la deuxième édition à Hong-Kong de Music matters (la musique c’est important), le président de l’Ifpi a mentionné les « dix vérités dérangeantes sur l’industrie musicale aujourd’hui », dont voici la traduction :
1. Pirate Bay, l’un des porte-étendards du mouvement anti-droits d’auteur, génère des milliers d’euros en publicité sur son site, tout en maintenant sa rhétorique anti-establishment sur la musique libre.
2. Allofmp3.com, le très populaire site russe [qui vend des fichiers MP3 sans DRM et à prix cassés, NDLR], n’a reçu de licence d’aucun membre de l’Ifpi, a été désavoué par les ayants droit à travers le monde et fait l’objet d’une plainte en Russie.
3. Le crime organisé et même des groupes terroristes utilisent la vente de CD piratés pour récolter des fonds et blanchir de l’argent.
4. Les personnes qui téléchargent illégalement n’en ont rien à faire que la musique piratée émane de majors ou de labels indépendants.
5. Moins de chiffre d’affaires pour les labels musicaux veut dire moins d’argent disponible pour miser sur des groupes underground et pousse au contraire à investir sur des valeurs sûres.
6. Les FAI utilisent souvent la musique comme argument publicitaire, tout en facilitant l’échange illégal de musique à grande échelle.
7. Le mouvement anti-droits d’auteur ne crée pas d’emplois, de chiffre d’affaires ni de croissance économique – ce sont principalement des personnes pontifiant sur le monde commercial dont ils ne connaissent pas grand-chose.
8. Le piratage n’est pas lié à un manque de moyens financiers. Le professeur Zhang de l’université Nanjing a montré que les Chinois qui achètent des produits piratés appartiennent à la classe moyenne ou supérieure.
9. La plupart des gens savent que c’est mal d’échanger des morceaux protégés par le droit d’auteur mais ils continueront tant qu’ils ne seront pas contraints légalement à arrêter, comme l’a démontré une récente étude par le groupe australien contre le piratage, le Mipi.
10. Les réseaux peer to peer ne permettent pas de découvrir des nouveaux talents. Ce sont principalement les derniers tubes qui sont échangés.
Alors ? Convaincus par les arguments de l’Ifpi?
Dans le climat d’hystérie qui prévaut actuellement à propos du p2p, nous vous conseillons donc de vous tourner vers la musique libre et légale dont vous pouvez trouvez un annuaire ici:
http://rezal404.org/wikini/wakka.php?wik…
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juin 2, 2007
Selon Libération, l’association Familles de France assigne Second Life et les fournisseurs d’accès français en référé pour la publication de contenus qu’elle juge sulfureux. L’association demande un interdiction du site aux mineurs. Second Life a bien un accès “spécial mineur” qui est réservé aux jeunes mais il est très peu utilisé selon elle, qui constate de nombreuses infraction : “de la scatologie, de la pornographie, des jeux d’argent, de la visualisation de contenus sensibles”. L’association des fournisseurs d’accès (AFA) “digère très mal l’assaut de l’association” selon Libération, qui cite Giuseppe de Martino, président de l’AFA: “Nous sommes le seul pays qui fournit l’accès gratuit à un outil de contrôle parental pour filtrer les contenus. Et pour Second Life, cela marche bien.”
L’audience aura lieu le 18 juin au Tribunal de grande instance de Paris.
L’offensive moralisatrice est donc lancée!
Pour mieux connaitre famille de France et son président:
http://perso.orange.fr/triste-realite/45…
Un site avec plein de renseignement interessant sur le moralisateur en chef dirigeant “Famille de France”
http://www.professeur-joyeux.com/
Le site officiel d’Henry joyeux: il est calomnié par des vilains!
J’aime bien la citation d’introduction:
“Bienvenue sur mon site !
Vous avez peut-être consulté des sites qui me calomnient.
Ils sont tous anonymes SANS AUCUNE EXCEPTION.[c'est vrai pour ce blog, mais pas pour le premier site que je cite: prévenez le vite!]
Si vous en trouvez un qui est vraiment signé, merci de me le faire suivre afin que la justice puisse intervenir sans tarder.”
Le site de Famille de France:
http://www.familles-de-france.org/custom…
Et la page de wikipedia sur Henry Joyeux:
http://www.familles-de-france.org/custom…
la suite le 18 juin.
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* Publié par Ariane Beky le Jeudi 31 Mai 2007
Le Sommet du droit d’auteur organisé les 30 et 31 mai 2007 à Bruxelles à l’initiative de la CISAC, Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs, a été l’occasion pour 500 artistes, industriels et experts de débattre de l’avenir du droit d’auteur à l’ère numérique. Eric Baptiste, directeur général de la CISAC, estime que le but de cette première édition, « ouvrir une discussion ouverte et franche entre tous les acteurs impliqués dans la création, la production et la distribution d’oeuvres de l’esprit », a été atteint.
Parmi les intervenants : Nikesh Arora, VP des opérations européennes de Google ; Benjamin Bejbaum, co-fondateur et président de Dailymotion ; l’actrice et réalisatrice Agnès Jaoui ; Roger Faxon, président d’EMI Music Publishing ; Larry Kenswill, VP de Universal Music Group ; l’américain Lawrence Lessig, auteur de ‘Free Culture’ et fondateur de Creative Commons ; Rich Lappenbusch, directeur en charge du divertissement et des terminaux chez Microsoft ; Mark Selby, VP multimédia chez Nokia ; Ben Verwaayen, CEO de British Telecom ; Michael Keplinger, directeur de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) et Ján Figel’, commissaire européen chargé de la culture.
Au menu : technologies et divertissement, plates-formes, sensibilisation au copyright, valeur des contenus, système de licences en ligne et sur mobile, nouvelles sources de revenus, gestion des droits numériques (DRM) et lutte contre le piratage. A ce propos, Simon Dyson, analyste chez Informa Plc., a souligné : « Il est difficile de déterminer l’étendue du préjudice causé à une industrie par le non-respect du droit d’auteur. Cependant, en 2005, la coalition américaine IIPA (International Intellectual Property Alliance) a estimé que les pertes commerciales liées au piratage dans les secteurs de la musique, du cinéma, des logiciels et de la littérature, à quelque 15,8 milliards de dollars, soit une hausse de 4,6% sur un an. Pour 2006, les pertes devraient dépasser les 16 milliards de dollars ».
Dans leur majorité, les industriels et les sociétés de gestion de droits d’auteurs sont favorables à la répression anti-piratage (ou « riposte graduée » comme la nomme le ministère français de la culture). D’autres, parmi lesquels les industriels ‘de la convergence’, opérateurs alternatifs et fournisseurs de services Internet, prônent une approche « négociée » qui permette la rémunération des auteurs sans entraver les droits numériques des internautes. Le consensus se fait, néanmoins, sur le développement d’une offre riche de contenus numériques, et ce, quel que soit le modèle adopté.
Dans son discours d’introduction, Ben Verwaayen, CEO de British Telecom, a bousculé les représentants des ayants droit en déclarant : « Votre industrie n’a pas changé depuis 20 ans, peut-être même 50 ans. Vous devez repenser votre travail à l’ère numérique. Etes-vous uniquement des administrateurs de droits qui nous envoient la facture, ou ètes vous davantage ? ». Avant d’ajouter : « Qu’importe votre frustration morale, les gens continueront à télécharger sur les réseaux peer-to-peer ».
La CISAC déclare représenter 217 sociétés de gestion de droits d’auteurs (ASCAP aux Etats-Unis, SOCAN au Canada, GEMA en Allemagne, SACD et SACEM en France…) réparties sur 114 pays. Indirectement, l’organisation défend les intérêts de 2,5 millions de créateurs. La CISAC rappelle que « les créateurs sont à l’origine du marché du divertissement et que, sans eux, il n’y aurait aucun contenu à télécharger ».
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Publié le Mercredi 30 mai 2007, à 18H10 (+0200 GMT)
Par Guillaume Champeau
Les producteurs de disques représentés par la SCPP ont réussi à exiger de l’opérateur télécom Orange qu’il coupe l’accès à Internet d’un abonné qui s’est révélé être un espace multimédia dans la région parisienne, a appris Ratiatum. La procédure suivie ne laissait aucune chance au commerce de contester la sanction.
C’est une procédure devenue classique mais qui peut avoir des conséquences dramatiques. Par ordonnance du 2 mai 2007, le Tribunal de Grande Instance de Nanterre a ordonné à France Télécom la coupure d’un accès à Internet, a appris Ratiatum. Le TGI avait été saisi d’une requête de la Société Civile des Producteurs de Phonogrammes (SCPP) qui a fait constater par l’un de ses argents assermentés que le titulaire d’un abonnement internet chez Orange avait “mis à la disposition du public des centaines de phonogrammes sans l’autorisation de ses membres” à travers le programme de P2P Limewire (réseau Gnutella). La SCPP s’est appuyée sur les dispositions de la Loi pour la Confiance dans l’Economie Numérique (LEN) et la loi sur le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information (DADVSI) pour exiger la coupure sans préavis de l’accès à Internet de l’abonné.
Sans que l’abonné puisse donc se défendre, Orange a procédé à l’exécution de l’ordonnance et envoyé à l’abonné un courrier pour l’informer de la coupure et de la résiliation de son contrat. Or il se trouve que l’adresse IP visée n’était pas celle d’un abonné traditionnel, mais celle d’un établissement de type “espace multimédia”, qui propose des accès à Internet à ses usagers. L’ordonnance a obligé l’établissement à cesser ses activités, puisque l’accès à Internet est évidemment une obligation. Même si le risque est plus théorique que pratique, l’établissement peut potentiellement être poursuivi par Orange (qui s’en réserve expressément la possibilité dans son courrier), et des poursuites pénales peuvent être engagées en plus de l’ordonnance civile.
Une ordonnance étrangement motivée
Il est intéressant de noter que le dispositif suivi est celui de l’article 6-1-8 de la LEN, qui donne à l’autorité judiciaire le pouvoir de prescrire “toutes mesures propres à prévenir un dommage ou à faire cesser un dommage occasionné par le contenu d’un service de communication au public en ligne”. Il n’est pas certain du tout que le dispositif de la LEN visait les abonnements à Internet des particuliers ou même des établissements commerciaux, et qu’il devait ainsi servir à couper l’accès Internet d’un abonné, postérieurement à la mise à disposition des fichiers sur un réseau P2P quelconque. L’article de la loi visait plutôt dans son esprit à faciliter la fermeture de sites ou de services qui proposent de façon continue un accès à des contenus illicites. Or l’ordonnance vise ici des contenus mis à disposition à un moment très précis, et à “faire cesser un dommage” qui a peut-être déjà cessé de lui-même depuis longtemps. Etrange.
Mais pour justifier cette procédure, le juge qui reprend la requête de la SCPP à son compte sans aucune réserve s’en réfère à la charte signée le 28 juillet 2004 par les FAI et la profession musicale, par lesquels les FAI se sont engagés à mettre en oeuvre les décisions judiciaires [...] notamment en matière de résiliation ou suspension d’abonnement”. La charte n’avait pourtant aucune valeur juridique.
Enfin, il est tout aussi intéressant de lire dans l’ordonnance que la procédure contradictoire (qui n’autorise donc pas le mis en cause à se défendre) est mise de côté car “l’identification préalable puis la poursuite devant le juge civil est incompatible avec le contentieux de masse que requiert la lutte contre l’échange illicite de fichiers musicaux et n’offre aucun intérêt par rapport à la voie pénale qui devrait n’être empruntée qu’exceptionnellement”.
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Par Jean-Louis PANY
PARIS (AFP) – Le gouvernement a décidé de frapper encore plus fort que prévu contre la récidive en instaurant des peines plancher, y compris pour les mineurs, dès le deuxième passage devant le juge et dès les infractions passibles de trois ans de prison ou plus.
Révélé par la Garde des Sceaux Rachida Dati dans le journal Le Monde, ce projet de loi, qui doit être adopté dès cet été, a provoqué la réprobation des principaux syndicats de magistrats, pour qui le texte va surtout servir à remplir des prisons déjà surpeuplées.
Cette loi anti-récidive avait été promise par le candidat Nicolas Sarkozy, mais celui-ci ne visait alors que les multirécidivistes, ceux passant pour la troisième fois devant le juge. Et l’UMP parlait de peines plancher uniquement pour les crimes ou les délits les plus graves.
Ce projet “est beaucoup plus dur que ce qui avait été présenté pendant la campagne présidentielle”, relevait vendredi Bruno Thouzellier, président de l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire).
Pour l’essentiel, la future loi prévoit des peines plancher d’environ un tiers de la peine maximale encourue, “avec un régime plus sévère pour les violences graves, telles que les atteintes à l’intégrité physique ou les vols avec violence”, explique Rachida Dati.
Mais elle insiste bien sur la possibilité pour le juge de prononcer des peines plus faibles, ou différentes, s’il “motive” sa décision. Le projet ne crée pas “des peines automatiques que les magistrats seraient contraints de prononcer” mais donne plutôt “des lignes directrices” aux juges, assure-t-elle.
Imposer des peines planchers serait en effet inconstitutionnel car contraire au principe de l’individualité de la peine, adaptée à chaque prévenu dans le cadre de la loi.
Mais les syndicats de magistrats ne sont pas convaincus. “Les magistrats, vu leur charge de travail, n’auront pas la possibilité de rentrer dans les détails de chaque dossier” pour argumenter leurs motivations, estime Bruno Thouzellier.
“L’individualisation de la peine (…) est reléguée à l’exception et, au mieux, à la bonne volonté du juge. Et vu le flux pénal, cette exception restera vraiment tout à fait exceptionnelle”, renchérit Hélène Franco, secrétaire générale du Syndicat de la Magistrature (SM, gauche).
Comme promis aussi par le candidat Sarkozy, la justice pourra juger comme des majeurs, sans diviser la peine par deux, les mineurs d’au moins 16 ans qui en seront à leur deuxième récidive pour des crimes “portant atteinte aux personnes et des délits graves de violences ou agressions sexuelles”.
La loi “va remplir les prisons de manière décuplée. Elles vont craquer”, pense Hélène Franco, tandis que Bruno Thouzellier estime que, puisque “le champ des infractions concernées est très, très vaste, cela va avoir un énorme impact sur le nombre de peines de prison prononcées”.
Un homme pris pour la seconde fois à dérober un CD dans un supermarché, vol qualifié punissable de trois ans de prison, sera donc passible d’une peine plancher d’un an, relève Mme Franco.
“C’est la fonction première de la loi pénale d’être dissuasive”, estime quant à elle Rachida Dati.
L’Histoire a montré qu’”aucun risque de sanction, même celui de la suppression de la vie, n’a jamais permis de faire baisser la délinquance”, réplique le SM.
Bien entendu les délits liés aux nouvelles technologies(dont le p2p d’oeuvres non-libres) est aussi concerné.
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Par Guillaume Champeau
Cet article a été rédigé par un reporter d’AgoraVox, le journal média citoyen qui vous donne la parole.
Elle sera dans la droite lignée de son prédecesseur. La ministre de la Culture Christine Albanel, même si elle semble vouloir user davatange de la concertation, souhaite remettre au goût du jour la solution de riposte graduée rejetée par le Conseil constitutionnel pour lutter contre le piratage via les réseaux P2P…
Ca devait être la grande victoire de Renaud Donnedieu de Vabres après sa défaite législative lorsque les députés ont dans leur majorité adopté un premier volet de la licence globale à la veille de Noël 2005. La “riposte graduée” devait fournir aux autorités une échelle de sanctions en fonction du volume de fichiers échangés sur les réseaux P2P, en systématisant la répression par des “radars automatiques” placés sur les autoroutes de l’information. Mais deux écueils se sont dressés sur la voie tracée par RDDV. D’abord, la CN |