Le blog du kraken

mars 4, 2009

Backtrack 4 beta disponible

Classé dans : Anonymat — derkraken @ 8:46

En ces temps de répression du peer to peer, il n’est que grand temps de réagir avec un outil qui dégomme:

Backtrack!

La version 4 est désormais basée sur Debian et est dispo en iso et image VMWARE ici:

 http://backtrack4.blogspot.com/2009/02/b…

La doc francophone est dispo ici:

 http://wiki.backtrack-fr.net/index.php/A…

Je préfère ça au blackout proposé par la quadrature du net(pas de lien, si vous voulez savoir de quoi je parle, tapez “black out+quadrature” dans gougueule).


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Analyse de la future loi HADOPI par M EOLAS

Classé dans : Anonymat — derkraken @ 8:07

Elle diffère un peu du florilège de prévisions alarmistes qui apparaissent ici ou là.

M’enfin sans grande surprise, selon notre avocat préféré, cette lois sera aussi efficace que DADVSI.

Billet complet disponible ici:

 http://www.maitre-eolas.fr/2009/03/04/13…


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juin 7, 2008

La quadrature du net

Classé dans : Anonymat — derkraken @ 3:55

juin 6, 2008

Big Brother : Sarkozy en rêvait, Fillon le fait

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 9:01

« Je veux tout voir et tout savoir. » – Nicolas Sarkozy, 2006, à propos de la video-surveillance

La Quadrature du Net a pris connaissance du projet de charte “Confiance en ligne” soumis par le ministère de l’intérieur aux intermédiaire techniques. Ce texte confirme les pires craintes des fondateurs du collectif. Sous couvert de protection des utilisateurs, le gouvernement français souhaite mettre en place une surveillance et un filtrage généralisé d’internet. Il essaie d’éviter la voie législative pour imposer aux intermédiaires techniques des obligations disproportionnées, attentatoires aux droits fondamentaux et contraires à la nature réelle de l’environnement numérique.

Filtrage des contenus a priori, réquisition de données hors contrôle de l’autorité judiciaire, extension des obligations de la conservation des données de connexion, supression automatique de contenus… ce dispositif de surveillance généralisé et de contrôle de l’information est digne du régime chinois.

Faisant suite aux propositions de Nadine Morano sur le filtrage et au projet de loi absurde de Christine Albanel, ce texte de Michèle Alliot-Marie confirme que les Assises du Numérique d’Éric Besson sont une diversion destinée à masquer l’adoption pendant l’été de projets liberticides en préparation depuis longtemps.

«  Le but du pouvoir exécutif français n’est pas de lutter efficacement contre la criminalité avec des mesures adéquates car nécessaires, appropriées et proportionnées. Il s’agit de contrôler par tous les moyens le seul média qui ne lui obéit pas.  » déclare Christophe Espern, co-fondateur de la Quadrature du Net, ajoutant « Il y a quelque chose d’odieux à utiliser la lutte contre la pédopornographie comme alibi à Big Brother. Les services de police concernés ne demandent pas de telles mesures. Parler de “confiance en ligne” dans ce contexte relève de la Novlangue. »

La Quadrature du Net appelle donc les citoyens à contacter immédiatement leurs députés pour leur demander d’interpeller le gouvernement lors des prochaines questions d’actualité. Elle les invite à se former aux techniques d’anonymisation et de chiffrement et publiera prochainement un guide permettant aux citoyens de se protéger de l’arbitraire numérique. Elle appelle en outre les intermédiaires techniques à refuser catégoriquement toute forme de collaboration avec ces projets indignes d’une démocratie.

 http://www.laquadrature.net/fr/big-broth…

PS: A ce propos, on continue a me traiter de parano? :D


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10 bonnes raisons de dire NON à la loi Hadopi !

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 8:58
Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com
-
La loi Hadopi, rebaptisée “Loi Création et Internet”, prévoit de mettre en place une Haute Autorité chargée d’avertir d’abord et de sanctionner ensuite les internautes qui ne respecteraient pas les droits d’auteur sur Internet. Selon un sondage réalisé récemment par l’industrie, 74 % des Français seraient favorables à ce système de riposte graduée plutôt qu’à la loi actuelle. Numerama liste 10 raisons non exhaustives pour lesquelles il est impératif de rejeter la loi Hadopi. Piratez-les sur votre blog, sur les forums et dans vos mails !
1. Elle ne vise pas les pirates !

La loi ne sanctionne pas le fait de télécharger ou de mettre à disposition sans autorisation des oeuvres protégées par le droit d’auteur. Elle crée en fait un nouveau délit, le “fait, pour la personne titulaire d’un accès à des services de communication au public en ligne (un accès à Internet, ndlr), de ne pas veiller, de manière répétée, à ce que cet accès ne fasse pas l’objet d’une utilisation à des fins de reproduction, de représentation, de mise à disposition ou de communication au public d’oeuvres ou d’objets protégés par un droit d’auteur ou par un droit voisin sans l’autorisation des titulaires de droits lorsqu’elle est requise“. Or pour vérifier que l’abonné n’a pas “veillé” à ce que son accès ne soit pas utilisé pour pirater, la Haute Autorité ne pourra s’en remettre qu’à une seule présomption : le fait que l’accès a été en fait utilisé pour pirater. Peu importe que ça soit par l’abonné lui-même ou par ses enfants, son ex-compagne ou un voisin de passage. La loi crée donc une responsabilité du fait d’autrui qui serait une première dans le système juridique français. L’article 1384 du code civil prévoit bien la responsabilité du fait d’autrui, mais uniquement dans des cas où le tiers coupable est jugé incapable (les mineurs par exemple), ou est placé dans une situation de subordination par rapport à son responsable.

2. Elle crée une présomption irréfragable de culpabilité

La loi impose aux abonnés à Internet de protéger leur accès à Internet, par exemple en utilisant les moyens de filtrage proposés par leurs FAI, et dont la liste sera communiquée par la Haute Autorité. Mais comment un abonné qui a mis ces moyens de filtrage en place pourra-t-il prouver sa bonne foi s’il est accusé du contraire ? Comment prouver qu’à une heure donnée, un jour donné, le mécanisme de filtrage était bien activé sur l’ordinateur de l’accusé ? Ca n’est plus la présomption d’innocence qui préside, mais une présomption de culpabilité qui ne pourra en aucun cas être renversée. La loi Hadopi bafoue les droits de la défense en feignant d’ignorer que ces droits, dans les faits, ne pourront jamais être exercés.

3. Elle est déjà obsolète.

Puisqu’il n’est techniquement possible que de trouver l’adresse IP de ceux qui partagent les oeuvres et non de ceux qui les téléchargent depuis des serveurs distants, le projet de loi Hadopi ne vise de fait que le P2P dans son dispositif. Or aujourd’hui le piratage se produit au moins autant sur les serveurs de newsgroups et les sites de téléchargements et de stockage comme RapidShare, dont les utilisateurs sont mis à l’abri de toute procédure. De plus, les nouvelles générations de réseaux P2P sont conçues de façon à masquer l’adresse IP des utilisateurs qui partagent des fichiers, ou à ne pas pouvoir associer de façon certaine une adresse IP à un contenu partagé. Sachant qu’il est toujours politiquement beaucoup plus facile de créer une Autorité administrative que d’en démanteler une, est-il utile d’aggraver la charge publique par une énième Haute Autorité qui sera très rapidement incapable de travailler, ou de façon tellement anecdotique que son efficacité sera nulle ?

4. Elle interdit même le P2P légal.

Il n’existe et ne peut exister aucune base de données des oeuvres protégées par les droits d’auteurs. Donc le père de famille qui veut sécuriser son accès à Internet conformément aux obligations disposées par la loi Hadopi devra bloquer l’ensemble du P2P sur sa ligne, car aucun filtre ne pourra bloquer uniquement les téléchargements et uploads d’oeuvres protégées. De fait, c’est donc l’ensemble du P2P légal qui est mis au banc par le projet de loi. Il y a fort à parier qu’en plus, les FAI qui devront communiquer une liste d’outils de filtrages “efficaces” proposeront des outils qui bloquent automatiquement tous les logiciels d’échange comme eMule, BitTorrent et consorts.

5. Elle nécessite un fichage contraire à la jurisprudence de la CNIL

Pour mettre en oeuvre la riposte graduée, la Haute Autorité devra connaître l’historique des éventuels messages d’avertissement envoyés auparavant aux abonnés. Elle doit donc conserver les données d’infraction pendant une période longue. Si l’abonné est sanctionné par la suspension de son abonnement à Internet, son nom doit être inscrit pendant un an dans un registre communiqué aux fournisseurs d’accès à Internet, qui ont l’obligation de le consulter avant toute ouverture d’accès. Si le nom du client y figure, l’abonné ne peut pas s’inscrire. Or par le passé, la CNIL n’a autorisé ce type de fichage qu’à la condition expresse que le nom de la personne soit retiré dès lors que le dommage qu’il a causé est réparé (un remboursement d’impayé pour être retiré du fichage de la Banque de France, par exemple). Or ici, le fichage reste actif pendant un an, sans que l’abonné n’ait la possibilité de mettre fin au dommage qu’il a causé par sa négligence.
On notera aussi que la conservation des données qu’implique la mise en oeuvre de la riposte graduée est équivalente à celle imposée aux FAI pour les besoins de la lutte contre le terrorisme. De quoi se poser des questions sur la proportionnalité du mécanisme au but poursuivi.

6. Elle crée une justice à deux vitesses, selon que vous serez puissant ou misérable.

La Haute Autorité chargée de mettre en oeuvre la riposte graduée avertira et sanctionnera les internautes qui ont partagé illégalement des oeuvres protégées par le droit d’auteur. Mais quelles oeuvres ? Elle n’agira que sur la base de relevés effectués par les ayant droits eux-mêmes, c’est-à-dire par ceux qui ont la puissance financière pour effectuer un contrôle et un relevé des adresses IP sur Internet pour protéger leurs oeuvres. En clair, les majors du disque et du cinéma. Les petits labels ou les artistes indépendants seront de fait exclu du mécanisme de défense de leurs droits prévu par la loi Hadopi, quand bien même leurs oeuvres seraient piratées massivement.

7. Elle encourage la politique de l’autruche.

Il suffit de regarder le contenu des accords de l’Elysée pour voir que les industries culturelles estiment qu’elles n’ont pas à améliorer l’attractivité de leurs offres légales tant que la riposte graduée prévue par la loi Hadopi n’est pas effective. C’est-à-dire, au mieux, pas avant le premier trimestre 2009. Et encore, en fait, bien après, puisque l’accord prévoit un délai d’un an à compter de la mise en oeuvre effective de la riposte graduée. Au moins si la loi Hadopi était rejetée, les industries culturelles se décideraient peut-être enfin à se donner un grand coup de pied dans le derrière pour proposer aux consommateurs ce qu’ils attendent. C’est la base de tout commerce.

8. Elle a été jugée contraire aux droits de l’Homme par le Parlement Européen

Comment, alors qu’elle sera présidente de l’Union Européenne, la France peut-elle ignorer une sanction aussi lourde du Parlement européen ? Le 10 avril 2008, les eurodéputés ont voté une résolution qui “invite la Commission et les États membres à éviter de prendre des mesures qui entrent en contradiction avec les libertés civiques et les droits de l’homme et avec les principes de proportionnalité, d’efficacité et de dissuasion, telles que l’interruption de l’accès à l’Internet.

9. Elle ne sera pas plus efficace que la loi DADVSI votée il y a trois ans.

Nulle part au monde les tentatives de dissuasion et de répression n’ont fait baisser le nombre de contenus piratés et surtout n’ont fait grimpé le nombre de CD et DVD vendus. Dix ans après l’arrivée de Napster, il est peut-être temps de changer enfin de stratégie.

10. Elle coûtera extrêmement cher à mettre en oeuvre pour l’Etat

Lors des Assises du numérique, le président de l’Autorité de Régulation des Mesures Techniques et probable futur président de l’Hadopi s’est dit prêt à mettre en place “un processus de traitement automatisé permettant l’envoi de 10 000 messages d’avertissements par jour“. 10.000 messages par jours, ce sont 3,65 millions de messages par an. Pour les envoyer, il faut connaître l’adresse IP de l’abonné, et demander l’adresse e-mail correspondante au FAI. L’arrêté du 22 août 2006 pris en application de l’article R. 213-1 du code de procédure pénale prévoit que l’identification d’un abonné ADSL et de son fournisseur d’accès internet donne lieu à une indemnité forfaitaire de 8,50 euro par IP. Soit un coût global de 31 millions d’euros par an, auquel doivent s’ajouter les frais postaux d’envois de lettres en recommandé exigées au minimum lors du deuxième avertissement, les frais de relevés des infractions, les frais de conservation des données, et les frais de fonctionnement administratifs de la Haute Autorité.
Pour que l’Hadopi ne creuse pas le déficit budgétaire de l’Etat, elle devra donc générer en retour au moins 31 millions d’euros de recettes fiscales chaque année par l’augmentation supposée des ventes sur les plateformes légales. Rapide calcul. Un MP3 vendu 0,99 euros sur Internet rapporte à l’Etat 16 centimes d’euros de TVA. Pour aller à l’équilibre, il faudrait que les Français achètent environ 194 millions de titres par an en plus de ceux qu’ils achètent déjà – ce qui suppose au passage qu’ils n’achètent pas sur iTunes, où la TVA bénéficie au Luxembourg. A titre de comparaison, les ventes de musique sur Internet en France au premier trimestre 2008 ont rapporté à l’industrie moins de 7 millions d’euros HT. On veut bien croire en faisant un effort à une augmentation des ventes consécutive à l’adoption de la loi Hadopi, mais à ce point ?

 http://www.numerama.com/magazine/9854-10…


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juin 3, 2008

Loi HADOPI: On verra ça plus tard(on a l’été pour s’organiser! Youpi!)

Classé dans : Anonymat — derkraken @ 3:32

A l’occasion d’une interview aux Echos, la ministre de la Culture Christine Albanel a finalement consenti mardi qu’il serait très difficile pour le Parlement d’examiner le projet de loi Olivennes / Hadopi avant la rentrée. Confrontée à des critiques de tous fronts, elle a également pour la première fois exclu que la loi soit présentée en procédure d’urgence comme l’avait été la loi DADVSI.

Le projet de loi créant la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) paraît de plus en plus mal engagé. Peut-être est-ce pour cela que le gouvernement a changé son nom pour en trouver un plus sexy et fédérateur : la “loi Création et Internet”. Mais ça n’est pas un simple changement de nom du contenant qui fera oublier que le contenu est rejeté par le Parlement européen, par le régulateur des télécoms, par la CNIL, par des députés, et même, croit-on comprendre, par certains membres du gouvernement.

Alors que la ministre de la Culture Christine Albanel faisait part la semaine dernière à l’Assemblée Nationale de son espoir que le projet de loi soit présenté “rapidement devant le Parlement”, elle a précisé aujourd’hui la faiblesse de ses espoirs. Dans une interview aux Echos, Mme Albanel a détaillé l’agenda :

Le Conseil d’Etat doit rendre son avis dans les jours qui viennent. La loi sera ensuite présentée le 11 ou le 18 juin en Conseil des ministres. Nous faisons tout pour qu’elle soit examinée en première lecture en juillet au Sénat, mais cela va être difficile de faire discuter de ce projet au Parlement avant l’été, car les débats au Sénat s’arrêteront le 14 juillet en raison des élections sénatoriales.”

Le temps pris par le Conseil d’Etat pour rendre son avis n’est sans doute pas bon signe pour le projet de loi, qui est dans les mains de l’institution depuis le mois de mars. S’il émet des réserves sur le texte et demande des modifications (mise à jour : c’est le cas), les chances de voir le projet de loi présenté en Conseil des ministres avant les vacances parlementaires sont nulles. Quitte à froisser l’industrie du disque qui voulait fixer le calendrier, le gouvernement semble de toute façon résolu à l’idée de reporter l’examen du texte à la rentrée, dont les sessions sont pourtant traditionnellement réservées essentiellement à l’étude de la loi de finances.

Nous tablons toujours sur une entrée en vigueur avant le 1er janvier 2009“, assure la ministre. Mais pour la première fois, signe là aussi que le débat parlementaire s’annonce au moins aussi houleux que celui de la loi DADVSI, Christine Albanel a exclu que le texte soit examiné en procédure d’urgence, c’est-à-dire en une seule lecture. C’était pourtant le souhait du cabinet en début d’année. Mais il ne veut pas renouveler le fiasco de la loi DADVSI, dont l’entêtement de Renaud Donnedieu de Vabres à présenter le texte en urgence avait conduit à une rebellion parlementaire et à l’adoption d’un amendement instituant la licence globale.

Sur le fond, la ministre indique que le gouverment s’attend “à un avis réservé de la CNIL” (qu’il a déjà reçu), mais elle précise que “cela était prévisible“. Pour prévenir d’avance qu’elle s’assoira sur l’avis de la CNIL comme elle s’est assise sur la position du Parlement européen, Christine Albanel rappelle que le gardien de la vie privée a “toujours critiqué la possibilité de recueillir des données personnelles sur les « pirates », même les plus simples comme le nom et l’adresse, en dehors d’une procédure judiciaire“. “Or notre objectif est justement de déjudiciariser le traitement de cette question pour pouvoir faire de la pédagogie et de la prévention – ce que le juge ne peut pas faire“, assure-t-elle.

Elle oublie que l’objectif de la loi Hadopi est aussi de pouvoir faire de la répression, par la suspension de l’abonnement à Internet. Elle oublie aussi, ce qui ne plairait pas à sa collègue Rachida Dati, que les juges ont eux aussi une mission de pédagogie et de prévention, qu’ils expriment par la personnalisation des peines et par la possibilité de faire des “rappels à la loi”.

Elle oublie aussi que les juges sont les gardiens du respect des droits de la défense, bafoués par les systèmes de sanction automatisés.

 http://www.numerama.com/magazine/9805-Le…


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Loi HADOPI de plus en plus mal barrée :D

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 3:30

Mise à jour : contrairement à ce qu’indiquait dans un premier temps PC Inpact, le Conseil d’Etat n’a pas encore remis son avis définitif. Le document porté à leur connaissance émane du rapporteur du Conseil, chargé de rédiger l’avis définitif, ce qui permet toutefois de croire que les conclusions seront très proches.

Le Conseil d’Etat a rendu mardi après-midi son avis sur le projet de loi “Création et Internet” présenté par Christine Albanel. Sans s’opposer sur le fond à la riposte graduée, l’institution administrative a revu certaines dispositions clés et carrément censuré le dispositif qui devait permettre à la Haute Autorité d’ordonner aux FAI des mesures de filtrage.

Selon notre confrère PC Inpact qui révèle la teneur de la décision, le Conseil d’Etat aurait corrigé le texte du projet de loi Hadopi pour permettre à la Commission de protection des droits de prononcer une sanction personnalisée en fonction de la gravité des manquements à l’obligation de sécurisation des accès à Internet par les abonnés, et non plus automatique en fonction du nombre de récidive.

La Commission devra ainsi motiver au cas par cas son choix entre plusieurs types de sanctions, et le notifier par lettre recommandée envoyée à l’abonné :

  • Une suspension d’accès pour une durée maximale d’un an ;
  • Une amende pécuniaire d’un montant maximum de 5000 euros ;
  • La possibilité d’enjoindre l’abonné à prendre des mesures pour prévenir les manquements répétés et à en rendre compte à l’Hadopi, le cas échéant sous astreinte.

L’ajout de la possibilité d’ordonner une amende pécuniaire risque de faire beaucoup de mal au gouvernement, qui a pris coeur de présenter son projet de loi sous l’angle de la prévention, de la pédagogie, et non de la sanction. Cette personnalisation obligatoire des sanctions va aussi considérablement alourdir les procédures et donc les frais de fonctionnement de la commission, ce qui aura pour effet de réduire à la fois le nombre de dossiers qu’elle pourra traiter annuellement, et donc l’efficacité économique du projet de loi.

Par ailleurs, l’Hadopi devra publier “une liste de moyens de sécurisations présumés efficaces pour prévenir les manquements“. Dans l’esprit du Conseil d’Etat, la première sanction devra être un rappel à la loi et la communication de cette liste établie en collaboration avec les FAI. Ce qui promet quelques débats sur la notion d’efficacité des moyens de sécurisations. Quelle sera la responsabilité des FAI si les filtres ne sont pas efficaces ? Peut-on constitutionnellement imposer chez les abonnés la mise en place de filtres qui seraient “trop” efficaces, c’est-à-dire qui bloqueraient des contenus y compris légaux ? Enfin, comment un abonné qui exerce son droit de recours devant la juridiction administrative pourra prouver qu’au moment de l’infraction présumé, l’outil de filtrage fourni par son FAI était bien activé ? Le flou reste total sur ces points pourtant cruciaux dans l’application juste de la loi.

Enfin, dernier point important, le Conseil d’Etat rejette la disposition qui devait permettre à l’Hadopi d’ordonner aux FAI ou aux intermédiaires techniques de mettre en place des mesures de filtrage sur leurs services. Ce pouvoir qui limite l’exercice des libertés doit rester le monopole de l’institution judiciaire.

Le gouvernement se retrouve donc face à un projet de loi rejeté par le Parlement européen, par le régulateur des télécoms, par la CNIL, par des députés, implicitement par certains membres du gouvernement, et désormais en partie par le Conseil d’Etat.

Il ne manquerait plus que le Conseil Constitutionnel s’en mêle et le gouvernement acceptera peut-être enfin de retirer son texte. Il faut dire qu’à ce moment-là, il n’en aura plus vraiment le choix.

 http://www.numerama.com/magazine/9806-Le…


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CNT

Classé dans : Anonymat — derkraken @ 9:50

Demande m’a été faite de hisser mes couleurs:

:P

juin 1, 2008

http://www.lafermeenville.fr/

Classé dans : Anonymat — derkraken @ 9:43

Cyber-Action contre le lobby OGM et pro-agriculture industrielle
La vérité sur la Ferme en Ville

Les organisateurs du Salon La Ferme en Ville de Bayonne (Chambre d’Agriculture des Pyrénées-Atlantiques, FNSEA, lobbies pro-OGM, pro-maïs irrigué et pro-agrocarburants….) n’avaient pas pensé enregistrer leur nom de domaine.

Las, des petits malins, consommateurs en colère, l’ont fait à leur place big_smile

Exaspérés de voir l’agriculture industrielle et productiviste pourrir leur santé et leur environnement, ils ont donc créé le site www.lafermeenville.fr .

Son objectif : démontrer la responsabilité de la FNSEA et de la Chambre d’Agriculture dans le développement toujours plus important de ce type de modèle agricole, au détriment de l’agriculture paysanne, respectueuse de la qualité des aliments et des équilibres naturels.

La méthode : mettre en ligne les propos de ces messieurs, quand ils se parlent entre eux, loin des oreilles du grand public. On admirera notamment la littérature édifiante tirée du Sillon, l’hebdomadaire de la FNSEA 64.

Grâce à des dizaines de complicités de blogueurs et de blogueuses, www.lafermeenville.fr a peu à peu gagné du terrain jusqu’à remporter la bataille du référencement auprès des moteurs de recherche contre le site fermeenville.fr monté depuis, à grand coup de fric par une agence de com engagée par la Chambre d’Agriculture de Pau.

Le grand public (dont l’attention doit être captivée par l’énorme campagne de pub prévue par le salon La Ferme en Ville dans les jours qui viennent, là aussi à grand coup de fric) peut donc, depuis ce vendredi 30 mai, avoir accès à ce site internet :
- il y trouvera toutes les infos (qu’on se gardera bien de lui délivrer dans le salon La Ferme en Ville) sur les vraies politiques agricoles prônées sur le terrain par la Chambre d’Agriculture de Pau et la FNSEA, loin de l’image idyllique qu’ils essaieront de vendre dans leur salon.
- il pourra également s’y marrer franchement, aux dépends de ceux qui empoisonnent son assiette et son environnement naturel

Visitez et faites visiter le site www.lafermeenville.fr !

Si vous voulez soutenir cette action, merci d’inclure le lien vers lafermeenville dans vos blogs/sites.


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mai 21, 2008

Projet Hadopi SVM contre la loi sur le téléchargement illégal

Classé dans : Anonymat — derkraken @ 9:53


Vu sur le site de SVM:
otre magazine et une cinquantaine de personnalités appellent les députés à corriger la future loi. Explications.

Plus de 50 personnalités signent avec nous un appel contre le projet de loi né de la “mission Olivennes”. Cette loi va instituer une autorité de surveillance et de répression dans l’espoir d’enrayer l’échange illégal et massif d’œuvres culturelles par Internet.

SVM dévoile dans son grand dossier les points clés de ce projet et pointe du doigt certaines mesures très contestables : coupure de l’accès à Internet dans les foyers, création d’un fichier des internautes sanctionnés, stockage des données de connexion pendant 1 an, surveillance assurée par des entreprises privées…

Des députés européens et français, des artistes, des spécialistes des nouvelles technologies, des juristes, des associations, des journalistes, des chefs d’entreprises, tous s’associent à SVM pour demander une re-discussion du texte impliquant, cette fois, les utilisateurs et leurs représentants.

Il existe d’autres voies pour combattre le téléchargement illégal. Nous faisons plusieurs propositions dans notre dossier. Et nous espérons que le gouvernement étudiera toutes les solutions alternatives aux mesures purement répressives envisagées dans le projet dit Hadopi.

Découvrez le texte notre appel et venez ajouter votre signature à la pétition, que nous remettrons en juin aux ministères concernés (Culture, Industrie, Economie numérique, Premier ministre) ainsi qu’à l’Assemblée nationale.

Ce dossier événement de SVM sera en kiosque dès jeudi 22 mai.
Vous pouvez en découvrir un extrait sur notre site.
Sources:
 http://www.svmlemag.fr/actu/02939/svm_co…
La pétition en ligne:
 http://www.svmlemag.fr/petition_riposte_…


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mai 11, 2008

Riposte graduée : le projet de loi Hadopi au point mort ?

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 9:04

Analyse – Selon un blog spécialisé, l’Élysée, soucieux de redresser la cote de popularité de Nicolas Sarkozy, serait tenté de reporter après l’été le projet de loi destiné à lutter contre le téléchargement illégal. Un texte vivement critiqué par son caractère répressif.

Le projet de loi Hadopi (1), destiné à lutter contre le téléchargement illégal, a peu de chances de respecter le calendrier prévu. Il devait initialement être présenté au Conseil des ministres du 28 mai, pour une première lecture devant le Sénat en juillet. Selon le blog spécialisé Electronlibre.info, l’Élysée, concentré sur le redressement de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy, préfèrerait repousser l’étude d’un projet de loi qui essuie le feu des critiques par son caractère répressif.

« Après un an de réformes au pas de charge, comme aiment à le souligner les conseillers de la présidence, tous les efforts vont porter dorénavant sur le redressement de la cote de Nicolas Sarkozy dans les sondages de popularité. Et dans cette perspective, il n’y a pas pire que le vote en vitesse d’une loi sur les droits d’auteurs qui renferme en elle une bonne dose de répression envers les internautes », analyse le blog.

Fin mai est, par ailleurs, la date choisie pour discuter du Grenelle de l’environnement, et le projet de loi de la ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, n’est toujours pas inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres.

Urgent d’attendre

À l’Élysée, on songerait donc qu’il est urgent d’attendre jusqu’à, par exemple, l’accession de la France à la présidence de l’Union européenne cet été. Une opportunité pour porter le dossier à l’échelle européenne, tout en laissant à Éric Besson, secrétaire d’État au Développement numérique, le temps de faire la synthèse des Assises du numérique. Elles démarreront le 29 mai et le secrétaire d’État présentera fin juillet son plan d’action. Un calendrier qui satisferait tout le monde, à l’exception notable des ayants droit de la musique et du cinéma. Au final, le plus probable est donc que le projet passe devant le Parlement à la rentrée de septembre.

Comme les versions précédentes, la dernière mouture du projet de loi Hadopi, étudiée par le Conseil d’État a soulevé de nombreuses critiques. Du côté des internautes, le collectif de la Quadrature du Net, soutenu par l’EFF (Electronic Froniter Foundation) et Privacy International, estime que : « Ceux qui pilotent ce texte sont de dangereux incompétents et les interêts qu’ils défendent ne sont à l’évidence pas ceux de la France et de l’Europe. Il faut d’urgence les arrêter à l’approche de la présidence française de l’Union Européenne.»

Mais au-delà de l’aspect politique, des problèmes purement techniques sont pointés du doigt. Le texte prévoit en effet que les offres triple play, intégrant l’accès internet, la télévision et la téléphonie, puisse être exclues du dispositif de sanction, pouvant mener à un an de suspension de l’abonnement. Motif : il sera difficile de ne couper que l’accès au Net. C’est pourquoi, dans le cas où l’isolement d’un service en particulier, n’est pas possible, le projet de loi prévoit qu’aucun des accès ne soit coupé.

Un dispositif uniquement répressif

Sauf qu’a l’heure actuelle techniquement, l’isolement de l’accès internet n’est effectivement pas possible, du moins pour l’ensemble des internautes, comme nous l’a précisé l’AFA. « Aujourd’hui, il n’est pas possible pour tous les FAI, sur l’ensemble du territoire, de suspendre le seul accès internet. Ceci pour des raisons d’infrastructures réseaux », explique Dahlia Kownator, sa déléguée générale. « Les opérateurs y travaillent ardemment mais n’ont pas de visibilité quant au délai nécessaire pour pouvoir isoler l’accès internet. »

Bref, dans le contexte actuel, les abonnés au triple play ne seraient pas logés à la même enseigne que les autres internautes. « Ce qui constitue une rupture du principe d’égalité devant la loi et est donc anticonstitutionnel », ajoute-on à La Quadrature du Net.

Enfin, l’AFA déplore que « les discussions ne soient engagées que sur la partie répressive du dispositif alors que l’équilibre de l’accord Olivennes supposait le développement concomitant et significatif d’une offre légale de téléchargement ».

(1) Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur l’internet
(2) Association des fournisseurs d’accès et de services internet

Par Philippe Astor et Christophe Guillemin, ZDNet France

 http://www.zdnet.fr/actualites/internet/…


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mars 23, 2008

Bruno Guigue, un sous préfet pas assez pro israélien

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 1:25

( ou trop pro palestinien)

Bruno Guigue, sous-préfet de Saintes, est sanctionné pour ne pas avoir respecté son devoir de réserve, et avoir notamment écrit, dans une tribune publiée sur internet, qu’Israël est le “seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles”, ce qui n’est jamais que le constat d’un état de fait.

Que cela serve de leçon aux fonctionnaires qui d’aventure seraient tentés de donner leur avis sur la politique pro israélienne des guignols qui nous gouvernent(et qui se piquent par ailleurs de donner des leçons d’humanisme au monde entier): si vous comptez avoir des opinions sur le sujet et les exprimer sur le net, ben faites comme tout le monde, prenez un pseudo.

Le texte ayant déclenché les foudres des chantres de l’indignation sélective:

“Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU”
DANS sa rubrique “Point de vue” du 27 février 2008, Le Monde a généreusement offert ses colonnes à un texte d’une hystérie verbale et d’une mauvaise foi insondables. Les accusations qu’il profère à l’égard du conseil des droits de l’homme de l’ONU sont si mensongères que même la liste des signataires ne tempère qu’à peine notre stupéfaction : Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Claude Lanzmann, Elie Wiesel, Pierre-André Taguieff, Frédéric Encel .. On peut facilement compléter la liste tant l’omniprésence des intellectuels organiques du lobby pro-israélien nous est devenue familière.
Le titre sans nuances de cette prose haineuse est déjà tout un programme : “L’ONU contre les droits de l’homme”. Dès les premières lignes, on peut y lire cet appel angoissé : “L’année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme par l’ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée”. Inévitablement le lecteur non averti s’alarme : l’organisation internationale serait-elle brusquement devenue suicidaire ?
Mais par bonheur la suite nous éclaire aussitôt sur les préoccupations profondes de nos signataires : “A Durban, en Afrique du Sud, s’est tenue en 2001 la conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations-Unies. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés des “mort à l’Amérique !” et “mort à Israël !” et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes”.
Quel rapport entre la géopolitique du Moyen-Orient, manifestement en cause dans les appels à combattre les Etats-Unis et Israël, et l’oppression des femmes que viendrait cautionner le “relativisme culturel” ? Probablement aucun. Mais amalgamer les deux sujets présente l’intérêt polémique de suggérer une pernicieuse concurrence entre les victimes : vous qui condamnez Israël et l’Amérique, vous ne dites rien de la souffrance des femmes opprimées dans les pays musulmans. C’est une antienne dont la rhétorique lobbyiste est coutumière : elle permet de détourner le lecteur occidental de la critique de la politique américaine ou israélienne en fixant son attention sur un problème interne des sociétés moyen-orientales.
Ce rapprochement polémique entre les deux sujets, pourtant, est particulièrement cocasse. L’Arabie saoudite, où le port du voile est obligatoire et les femmes interdites de conduite automobile, est l’alliée historique des Etats-Unis dans la région. Le régime obscurantiste des talibans, lui, a vu le jour sous les auspices d’une CIA qui a prêté ses camps d’entraînement sur le sol américain aux combattants du mollah Omar. En revanche, l’Irak et la Syrie baasistes, plus proches de la norme occidentale en matière de condition féminine, n’eurent pas droit aux mêmes égards. Le premier a été pulvérisé sous les bombes US, la seconde est rangée dans la catégorie des “Etats voyous”. Mais peu importe : les partisans de la politique américaine au Moyen-Orient se croient fondés à donner des leçons en matière d’émancipation féminine.
S’agissant de l’ONU, en outre, on ne s’étonnera guère d’un tel ressentiment de la part des porte-parole du néoconservatisme à la française. Car les résolutions du conseil des droits de l’homme, comme hier les déclarations de l’assemblée générale, ont osé mettre en cause la répression israélienne en Palestine occupée. Les 47 Etats élus par leurs pairs au CDH bénéficient de l’égalité de vote. La sensibilité qui s’y exprime reflète donc une opinion majoritaire qui n’a aucune raison de cautionner l’occupation militaire des territoires arabes. Que les thuriféraires d’Israël, cependant, se rassurent : ces résolutions demeurent symboliques à défaut d’être exécutoires. Mais ce n’est pas suffisant. Il leur faut aussi en stigmatiser le principe par un usage grossier de la calomnie.
C’est à quoi s’emploient rageusement les signataires. “Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s’y constituent, les discours qui s’y tiennent, les textes qui s’y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d’expression, légitiment l’oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales .. Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l’encontre de ses principes fondateurs. Ignorée des grands médias, jour après jour, session après session, résolution après résolution, une rhétorique politique est forgée pour légitimer les passages à l’acte et les violences de demain”.
Symptôme d’une psychose paranoïaque ou monument de la démonologie occidentale : on hésite sur le diagnostic. La seule certitude, c’est que ce réquisitoire contre des forfaits inexistants témoigne d’une inventivité hors du commun. Le conseil des droits de l’homme de l’ONU voudrait “anéantir la liberté d’expression” ? On se demande bien pourquoi et comment. Mais nos interrogations demeurent sans réponse. Nos polémistes annoncent “la mise à mort de l’universalité des droits” par l’ONU elle-même, mais cette mort annoncée reste nimbée de mystère. Aucune citation des résolutions du CDH ne vient étayer cette accusation, et les détracteurs de l’ONU condamnent ses idées supposées avec une violence inversement proportionnelle aux preuves de ce qu’ils avancent. Visiblement, ils préfèrent parler à sa place en procédant directement au commentaire de ce qu’elle est censée avoir dit.
En guise de citations, on doit alors se contenter des propos résumés au style indirect, sans guillemets, qu’aurait tenus M. Doudou Diène, rapporteur spécial sur le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie auprès de l’ONU. L’intellectuel sénégalais aurait ainsi déclaré qu’”énoncer une critique contre le port de la burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste, et que la loi française contre le port des signes religieux à l’école participe du racisme antimusulman”. Seul problème : ces citations sont introuvables. Si chacun de ces énoncés soulève évidemment des objections, encore faut-il qu’il ait été formulé. Une polémique grossière sur des citations qui n’en sont pas : le procédé condamne ses auteurs.
Au demeurant, les seules citations que les idéologues publiés par Le Monde auraient dû produire à l’appui de leur propre thèse sont celles du CDH lui-même. Mais ils se gardèrent bien de le faire. Livrant leur interprétation tendancieuse en lieu et place de la pensée d’autrui, ils pérorent gravement en prenant leur fantasme pour la réalité : “La confusion est à son comble, affirment-ils, quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion”. Mais d’où vient cette idée ? Qui l’a émise ? Nul ne le sait. N’importe qui, en revanche, peut vérifier ce qu’a énoncé le CDH sur la question religieuse. Il suffit de consulter les compte-rendus officiels des six sessions réunies depuis sa création en juin 2006.
Le 30 mars 2007, le CDH a ainsi adopté une résolution ” sur la lutte contre la diffamation des religions”. Ce texte nuancé insiste sur “le droit de chacun à la liberté d’expression, qui devrait s’exercer de façon responsable et peut donc être soumis à de restrictions, prescrites par la loi et nécessaires pour le respect des droits ou de la réputation d’autrui, la protection de la sécurité nationale, de la santé ou de la morale publiques, et le respect des religions et des convictions”. Sur le plan des principes, ce texte ne diffère guère du droit positif en vigueur dans la plupart des pays, les Etats occidentaux ayant eux aussi entouré l’exercice de la liberté d’expression de certaines limites juridiques. En France, la reconnaissance de la liberté d’expression n’entraîne aucun droit à diffamer son voisin, toute forme d’injure manifestant une discrimination raciale ou religieuse est punie par la loi, et certaines dispositions législatives ont même eu pour effet d’énoncer une vérité officielle sur des faits historiques.
Naturellement, la teneur de cette résolution du CDH n’est pas indifférente au contexte politique lié à la “guerre contre le terrorisme” menée tambour battant par Washington. “Le Conseil se déclare préoccupé par les images stéréotypées négatives des religions et par les manifestations d’intolérance et de discrimination en matière de religion ou de conviction. Il se déclare en outre profondément préoccupé par les tentatives visant à associer l’islam avec le terrorisme, la violence et les violations des droits de l’homme. Il note avec une vive inquiétude l’intensification de la campagne de diffamation des religions, et la désignation des minorités musulmanes selon des caractéristiques ethniques et religieuses depuis les événements tragiques du 11 septembre 2001″.
L’adoption de ce texte s’est heurtée à l’opposition des pays occidentaux, mis en minorité lors du vote final. Aucun d’entre eux n’y a vu, toutefois, le danger mortel pour la civilisation universelle que dénoncent les signataires de notre pamphlet antionusien. Au nom de l’Union européenne, la représentante de l’Allemagne “a fait remarquer que, comme l’a établi le rapport de M. Doudou Diène, la discrimination fondée sur la religion ne concerne pas uniquement l’islam, mais également le judaïsme, le christianisme et des religions et croyances venues d’Asie, ainsi que des personnes sans religion. Elle a également souligné qu’il est problématique de séparer la discrimination fondée sur la religion des autres formes de discrimination. Elle a aussi jugé l’utilisation du concept de diffamation contre-productive, préconisant plutôt un texte axé sur la liberté de religion ou de conviction”.
Que ce débat témoigne d’une différence de sensibilité sur les questions religieuses entre pays membres de l’organisation de la conférence islamique (OCI) et pays occidentaux est une évidence. Cela méritait une réflexion sur la sécularisation relative des sociétés concernées et la référence, explicite dans les pays musulmans, à des valeurs religieuses. Mais cette réflexion n’effleura même pas l’esprit de nos intrépides signataires qui, faute d’avoir lu les textes auxquels ils font vaguement allusion, en dénaturent volontairement la signification. Refusant de discuter rationnellement les arguments de l’autre, on préfère le stigmatiser en imaginant une dramaturgie grossière mettant en scène des personnages réels. Ce théâtre de marionnettes, du coup, tient lieu d’argumentaire.
C’est ainsi que nos signataires s’en prennent violemment à Mme Louise Arbour, haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU. ” Elle a participé à une conférence à Téhéran consacrée aux droits de l’homme et à la diversité culturelle, dénoncent-ils. Portant le voile, comme la loi de la république islamique l’exige, la haut-commissaire a été le témoin passif de l’énoncé de principes à venir, ainsi résumés : offense aux valeurs religieuses considérée comme raciste. Bien pire, dès le lendemain de cette visite, vingt et un Iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en public. C’est en sa présence que le président Ahmadinejad a renouvelé son appel à la destruction d’Israël”.
Encore une fois, l’art de l’amalgame intellectuel atteint des sommets. Mêlant tout et son contraire, le texte publié par Le Monde mise sur la confuse indignation du lecteur en anesthésiant au passage son jugement critique. Louise Arbour portait le voile à Téhéran, soit. Mais aurait-elle pu, en Israël, organiser une réunion pendant le shabbat ? Les régimes religieux ont des exigences que n’ont pas les autres. On peut le déplorer, mais ils sont chez eux. L’offense à la religion, dans certains pays, est considérée comme une forme de racisme. Faut-il que nous allions les convaincre du contraire, et de quelle manière ? La peine de mort, enfin, est cruellement appliquée en Iran. Mais les aspects odieux du régime de Téhéran ne le résument pas pour autant, et le régime saoudien n’a rien à lui envier. Surtout pas l’amitié des Etats-Unis, où un président texan a été élu sur sa réputation d’exécuteur intraitable des criminels supposés. Sans parler d’Israël, seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles.
Les diatribes iraniennes contre l’Etat hébreu relèvent, elles, d’un affrontement géopolitique dont l’un des principaux paramètres est l’attitude d’Israël lui-même. S’il avait appliqué la peine de mort aux civils palestiniens avec davantage de discernement depuis soixante ans, il n’aurait pas suscité un tel rejet de la part de ses voisins proches ou éloignés. Sous occupation militaire, amputés d’une partie de leur territoire, ou régulièrement bombardés par son aviation, ces derniers ont d’excellentes raisons de le détester. Mais peu importe. Décidés à instruire à charge contre Mme Arbour pour son séjour à Téhéran, nos polémistes incriminent “son silence et sa passivité”, qu’elle aurait justifiés par “le respect de la loi iranienne et le souci de ne pas offenser ses hôtes”.
“Charbonnier est maître chez soi, commentent-ils. C’est le docteur Goebbels qui utilisait cet argument d’opportunité, à la tribune de la Société des nations en 1933, pour se soustraire à toute critique d’une institution internationale impuissante”. On croit rêver. Car, analogie pour analogie, frappante est la ressemblance entre le Reich qui s’assied sur la SDN en 1933 et l’Etat hébreu qui bafoue le droit international depuis 1967. Comme son lointain prédécesseur, Israël, lui aussi, se “soustrait à toute critique d’une institution internationale impuissante”. Et s’il le fait, c’est pour mieux conquérir “son espace vital, de la mer au Jourdain”, selon la belle formule employée par Effi Eitam, ministre d’Ariel Sharon, en 2002.
“Les grands crimes politiques ont toujours eu besoin de mots pour se légitimer. La parole annonce le passage à l’acte”, philosophent nos signataires. Ils n’ont pas tort : le 29 février, le vice-ministre israélien de la Défense Matan Vilnaï a brandi la menace d’une “shoah” contre les Palestiniens avant de lancer à Gaza la sanglante opération qui fit 110 victimes palestiniennes en une semaine. Quitte à enfreindre un tabou religieux, l’Etat hébreu, manifestement, a franchi un cap sémantique avant de déchaîner sa puissance militaire : il est passé “de la parole à l’acte”.
Mais le meilleur a été gardé pour la fin. “Les idéologies totalitaires avaient remplacé les religions. Leurs crimes, les promesses non tenues d’avenir radieux ont ouvert grande la porte au retour de Dieu en politique. Le 11 septembre 2001, quelques jours après la fin de la conférence de Durban, c’est bien au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’histoire fut commis”. Lier dans une même trame le 11 septembre 2001 et les résolutions du CDH, il fallait oser. Il est vrai que nous avons affaire à des spécialistes.
“Retour de Dieu en politique”, disent-ils. Nos intellectuels savent de quoi ils parlent : Israël n’est-il pas l’Etat confessionnel par excellence ? “Si la revendication d’un coin de terre est légitime, affirmait Theodor Herzl, alors tous les peuples qui croient en la Bible se doivent de reconnaître le droit des juifs”. Bibliquement établie, la légitimité d’un Etat juif en Palestine va de soi : le texte sacré tient lieu de titre de propriété. Pour les sionistes religieux, le retour des juifs en Eretz Israël est inscrit dans le récit de l’Alliance lui-même. Prendre possession de la terre que Dieu a donnée aux juifs fait partie du plan divin, et ce serait le contrarier que de renoncer à cette offrande.
Du coup, aucun compromis n’est possible avec les Arabes. En 1947, le grand rabbin de Palestine martelait le statut théologique du futur Etat juif : “C’est notre forte conviction que personne, ni individu, ni pouvoir institué, n’a le droit d’altérer le statut de la Palestine qui a été établi par droit divin”. Chef du parti national-religieux, le général Effi Eitam expliquait à son tour en 2002 : ” Nous sommes seuls au monde à entretenir un dialogue avec Dieu en tant que peuple. Un Etat réellement juif aura pour fondement le territoire, de la mer au Jourdain, qui constitue l’espace vital du peuple juif”. Au moins, c’est limpide.
Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que le lobby pro-israélien exècre l’ONU : son appétence pour le droit international est inversement proportionnelle à son engouement pour le droit divin. Il est vrai que l’un est infiniment plus favorable au Grand Israël que l’autre. Percuter les résolutions de l’ONU avec la Thora relève de l’exploit intellectuel et du prodige politique : Israël l’a fait. Pour nos signataires, “c’est au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’histoire fut commis”. Ce n’est pas tout à fait faux, à condition d’inclure dans l’analyse l’Etat hébreu, cet artefact colonial bâti au forceps sur les ruines de la Palestine au nom de la Bible et de la Shoah.
A propos de terrorisme, l’Etat d’Israël, qui plus est, peut se targuer d’un palmarès hors compétition. Les odieux attentats du 11 septembre 2001 ont fait dix fois moins de victimes que le siège de Beyrouh par Tsahal en 1982. Ses admirateurs occidentaux doivent certainement s’extasier sur les prouesses d’une armée capable de tuer aussi aisément des enfants avec des missiles. Ils doivent aussi se confondre d’admiration devant les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer durant le shabbat. L’Etat hébreu mérite bien ce concert de louanges que les intellectuels organiques lui décernent à longueur de colonnes. Et quelle outrecuidance, de la part de l’ONU, de vouloir fourrer son nez sale dans les affaires intérieures israéliennes !
A l’instar des pires calomnies, les accusations publiées dans Le Monde du 27 février se sont répandues sur la toile. Elles suscitent sur certains blogs des commentaires haineux que l’on ose à peine citer. M. Doudou Diène y est qualifié de ” défenseur de la secte du pédophile fou et des adorateurs du caillou”. On y lit que “depuis les invasions musulmanes le croissant fertile est devenu le croissant stérile, et la civilisation a émigré en Occident”. Sur l’ONU, un internaute déchaîné résume à sa façon l’article publié par Le Monde : “l’ONU, c’est un ramassis de la racaille islamiste et tiers-mondiste”. Qu’attend-on pour supprimer l’ONU ? Ce sera encore plus simple. Islamophobie déclarée, haine du monde arabe, stupéfiante arrogance occidentale, tout y est. Opération réussie, mesdames et messieurs les intellectuels organiques.

Bruno Guigue

Ce texte fut publié sur oumma.com, dont je pique la réaction, en espèrant que ce texte soit sous licence libre ;)

Silence dans les rangs !

dimanche 23 mars 2008

Notre ami Bruno Guigue, haut fonctionnaire de la République, énarque et normalien, signataire de nombreux articles dans notre site, vient d’être limogé de son poste de sous-préfet par sa ministre de tutelle, Madame Michèle Alliot-Marie.

Il lui est reproché d’avoir publié sur oumma.com, le 13 mars 2008, une analyse intitulée « Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU » (dépêche AFP du 22 mars 2008).

Ce billet réagissait à une tribune d’intellectuels inconditionnels d’Israël visant à déconsidérer l’ONU, et à condamner des résolutions du Conseil des droits de l’Homme

Dans ce texte, notre ami, qui jouit d’une réputation d’expert par ses nombreux écrits sur les questions du Proche et du Moyen Orient, rappelait les actions d’un Etat attaché à discréditer l’ONU et blâmait la politique d’occupation qui le conduit à violer nombre de règles du droit international et du droit des gens.

La sanction qui le frappe nous montre à l’envi que l’usage d’une saine critique ne peut s’exercer équitablement en France. En effet, si chacun a le loisir aujourd’hui dans notre pays, fonctionnaire ou pas, de critiquer, condamner, dénoncer à peu près n’importe quel Etat, n’importe quelle religion, n’importe quelle personnalité, il existe une exception à cette règle et notre ami Bruno Guigue, que nous assurons de notre total soutien est puni pour avoir cru à l’existence d’une véritable et totale liberté d’expression au pays des Droits de l’Homme.

 http://oumma.com/Silence-dans-les-rangs

PS: Si un responsable d’Oumma.com vient à me lire, faites quelque chose pour votre site, c’est lourd, y’a des videos et du flash dans tous les sens, et des erreurs 404 en pagaille.

Pour soutenir Bruno Guigue le site euro palestine lance une action:

Nous vous invitons à envoyer un message de félicitations et de solidarité à Bruno Guigue.
Sous-préfecture – Saintes
Place du Synode BP 325,
17108 Saintes Cedex
Téléphone +33 5 46 92 37 00
Télécopie +33 5 46 93 22 32
Clamons également notre indignation face à une telle sanction et notre dégoût à l’égard de ceux qui encouragent les racistes, et leur versent des salaires prélevés sur nos impôts, tandis qu’ils sanctionnent un honnête homme, qui exprime la vérité.
Voici le lien pour écrire à Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur
 http://www.interieur.gouv.fr/sections/co…

 http://www.europalestine.com/spip.php?ar…


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mars 13, 2008

Le vol noir des corbeaux….par zdnet

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 7:42

Selon l’ébauche du projet de loi destiné à lutter contre le téléchargement illégal que s’est procuré ZDNet.fr, le gouvernement a fait évoluer son dispositif de riposte graduée contre les pirates : ils recevront un email d’avertissement, une lettre recommandée d’avertissement, puis leur abonnement sera suspendu.Le gouvernement est en train de peaufiner sa riposte graduée, un dispositif censé mettre en garde puis punir les internautes qui téléchargent illégalement des fichiers sur les réseaux peer-to-peer. ZDNet.fr s’est procuré une des versions les plus récentes de « l’avant-projet de loi relatif à la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet » (Hadopi).

Le texte déroule le dispositif prévu par les accords Olivennes, signés en novembre dernier. Une Haute Autorité sera créée, avec pour mission de mettre en oeuvre cette riposte graduée : elle ne pourra agir que sur saisine des ayants droit, qui auront repéré des internautes s’adonnant à des pratiques de téléchargement illicites. Elle disposera d’agents publics, chargés de vérifier les informations transmises par les plaignants.

En cas d’infraction constatée, on savait déjà que la première étape de la riposte graduée sera l’envoi d’un e-mail d’avertissement au titulaire du compte internet identifié, par l’intermédiaire de son fournisseur d’accès.

L’abonné face à une “transaction”

Ce qui est nouveau, c’est l’ajout d’une disposition en cas de récidive dans un délai de six mois. Cette deuxième étape de la riposte graduée prévoit l’envoi par la Haute Autorité d’une lettre recommandée avec accusé de réception, rappelant au titulaire du compte internet ses obligations de sécurisation de son accès pour empêcher le téléchargement illégal et lui rappelant les sanctions en cas de nouveau manquement. « Il convient de réintroduire ici le volet pédagogique, ainsi que la gradation figurant dans [les accords Olivennes] (avertissements et messages répétés avant sanction) », justifie le commentaire accolé au texte.

Si une nouvelle récidive est constatée, la Haute Autorité « peut proposer une transaction à l’abonné ». Ce dernier est placé devant l’alternative suivante : voir son accès suspendu pour une durée d’un mois ou six mois, avec interdiction de souscrire à l’offre d’un opérateur concurrent pendant cette durée. Soit il est cité à comparaître devant un tribunal. L’acceptation de la transaction devra être homologué par un procureur.

Le texte ne mentionne plus la résiliation définitive du contrat ordonnée par la Haute Autorité, une idée à laquelle s’opposaient fortement les fournisseurs d’accès internet. En revanche, l’utilisateur devra continuer à payer son abonnement pendant sa suspension. Et s’il est client d’une offre triple play (internet, téléphonie illimitée et télévision), il risque de perdre la totalité de ces services pendant cette période, « en fonction des contraintes du fournisseur du service ».

Un fichier pour les délits de téléchargement illégal ?

Si l’on en reste à la version actuelle du texte, il est prévu que les pirates soient doublement fichés : la Haute Autorité créera tout d’abord « un répertoire national des personnes dont l’accès [internet] a été suspendu ». Et ce pour permettre aux FAI de vérifier, à chaque nouvelle demande d’abonnement, que le nouveau client n’est pas actuellement sur la liste noire.

Ensuite, la Haute Autorité pourra créer « un traitement automatisé de données à caractère personnel, portant sur les personnes responsables de manquements » à leur obligation. Le texte ne dit pas clairement qui cela vise : tous les signalements remontés par les ayants droit, ou bien les internautes pour qui le dispositif de riposte graduée a été enclenché. Un décret en Conseil d’Etat fixera les catégories de données conservées, leur durée de conservation et les personnes habilitées à recevoir ces informations.

Par Estelle Dumout, ZDNet France

 http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39379551,00.htm?xtor=EPR-100


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mars 2, 2008

Plan MAM : bavures et piratage à tous les étages

Classé dans : Anonymat — derkraken @ 9:36

Après un certain temps d’intégration, les réactions se multiplient suite à l’annonce du Ministre de l’Intérieur relative au projet de lutte contre la cyber-délinquance. Le Parti Pirate, tout d’abord, qui jette un brûlot aussi fougueux que dénué de contre-arguments solides. Certains experts également, qui, bien que plus nuancés dans leurs propos, craignent certaines dérives.

La suite à lire ici:

 http://securite.reseaux-telecoms.net/act…


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Pourquoi les écoles devraient utiliser exclusivement des logiciels libres

Classé dans : Textes — derkraken @ 8:13

par Richard Stallman

Il existe des raisons très générales pour lesquelles tout utilisateur d’ordinateur devrait se focaliser sur les logiciels libres. Ils donnent la possibilité de contrôler notre propre ordinateur, alors qu’avec les logiciels commerciaux l’ordinateur obéit au propriétaire du logiciel – l’éditeur – et non plus au propriétaire de l’ordinateur lui-même. Avec les logiciels libres, les utilisateurs ont la liberté de coopérer, de mieux diriger leur vie. Cela s’applique aux écoles comme à tout le monde.

Mais il existe des raisons spécifiques qui concernent les écoles.

D’abord, les logiciels libres permettent aux écoles d’économiser de l’argent. Même dans les pays riches, les écoles ont un budget très serré. Les logiciels libres donnent aux écoles, comme aux autres utilisateurs, la liberté de copier et de redistribuer les logiciels, si bien que l’Éducation nationale (ou tout système éducatif) peut faire des copies pour tous les ordinateurs de toutes les écoles. Dans les pays pauvres, cela peut aider à réduire la « fracture numérique ».

Cet argument économique évident, quoi qu’important, n’a qu’une portée assez marginale. En effet les développeurs de logiciels propriétaires peuvent éliminer cet inconvénient en donnant des copies aux écoles. Mais attention : une école qui accepte ce « cadeau » risque de devoir payer les futures mises à jour.

Approfondissons donc la question.

L’École devrait enseigner aux élèves des comportements qui profiteront à la société toute entière. Elle devrait promouvoir l’utilisation des logiciels libres tout comme elle promeut le recyclage. Si l’École enseigne les logiciels libres aux élèves (et aux étudiants), ceux-ci les utiliseront encore après la fin de leurs études. Cela pourra aider la société toute entière à échapper à la domination (et à la lamination) par les multinationales. Ces entreprises offrent des versions gratuites de logiciels aux écoles pour la même raison que des compagnies de tabac américaines distribuent des cigarettes gratuites : pour rendre les enfants dépendants[3]. Ils ne feront pas de remises à ces élèves et étudiants après leurs études une fois qu’ils auront grandi.

Les logiciels libres permettent aux élèves et aux étudiants d’apprendre comment les logiciels fonctionnent. À l’adolescence, certains d’entre eux veulent tout apprendre au sujet de leur ordinateur et de ses logiciels. C’est à cet âge que les personnes qui deviendront de bons programmeurs devraient l’apprendre. Pour bien apprendre à écrire des logiciels, les élèves et les étudiants ont besoin de lire beaucoup de code source et d’écrire beaucoup de logiciels. Ils ont besoin de lire et de comprendre de vrais programmes que les gens utilisent réellement. Ils seront extrêmement curieux de lire le code source des programmes qu’ils utilisent.

Le logiciel propriétaire rejette cette soif de connaissance ; il dit « le savoir que tu veux est un secret, l’apprendre est interdit ! » Le logiciel libre encourage tout le monde à apprendre. La communauté du logiciel libre rejette ce « culte de la technologie », qui maintient le grand public dans l’ignorance du fonctionnement de la technologie ; nous encourageons les élèves et les étudiants de tous âges et de toutes origines à lire du code source et à apprendre autant qu’ils veulent savoir. Les écoles qui utilisent les logiciels libres encouragent cela et permettent aux apprentis programmeurs doués de progresser.

La raison suivante est encore plus profonde. Nous attendons de l’École qu’elle enseigne aux élèves et étudiants des connaissances de base et des compétences utiles, mais ce n’est pas son unique mission. La mission la plus fondamentale de l’École est d’enseigner aux gens à être de bons citoyens et de bons voisins pour œuvrer avec ceux qui ont besoin d’aide. Dans le domaine de l’informatique, cela signifie enseigner à partager les logiciels. Les écoles élémentaires, par dessus tout, devraient dire à leurs élèves : « si tu apportes un logiciel à l’école, tu devras le partager avec les autres enfants ». Bien entendu, l’école doit pratiquer ce qu’elle prêche : tous les logiciels installés par l’école devront être accessibles aux élèves pour être copiés, emportés à la maison et redistribués par la suite.

Enseigner l’utilisation des logiciels libres aux élèves et étudiants et prendre part à la communauté des logiciels libres est une forme d’éducation à la citoyenneté. Cela démontre aussi aux étudiants les avantages d’un modèle basé sur le service public plutôt que celui prôné par les ultralibéraux. Les logiciels libres devraient être utilisés à tous les niveaux de l’École.

La reproduction exacte et la distribution intégrale de cet article est permise sur n’importe quel support d’archivage, pourvu que cette notice soit préservée.

Notes

[1] Les enclosures des biens communs : du vivant aux logiciels – Conférence de Richard Stallman et Jean-Pierre Berlan à La Cantine le samedi 23 février, organisé par la Radio du Ministère entité du Labo de la Générale et de BelliGnu/Bellinux.

[2] Traduction : Laurent Bertaud.

[3] La compagnie de tabac RJ Reynolds fut condamnée à 15 millions de dollars d’amende en 2002 pour avoir fourni des échantillons gratuits de cigarettes sur des évènements ciblés sur les enfants. Voir ce lien.

Sources:

 http://framablog.org/


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mars 1, 2008

Un escargot

Classé dans : Anonymat — derkraken @ 3:14

Private joke.

Voilà. J’ai fini par en trouver un.

février 28, 2008

Sylvie Noachovitch, nouvelles frasques de l’avocate raciste, candidate à Villiers le bel

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 9:58

le Canard Enchaîné révèlait que Sylvie Noachovitch, ex-candidate UMP sur la 8ème circonscription du Val d’Oise, qui a passé sa campagne à dire aux habitants “je vous aime”, “je veux vous aider et lutter contre l’exclusion” est une raciste décomplexée qui n’hésite pas à clamer publiquement sa “répugnance” pour les Noirs et les Arabes:

“Moi mon mari peut dormir tranquile. Dans ma circonscription, il n’y que des Noirs et des Arabes. L’dée de coucher avec eux me répugne”

Super, hein? Elle ne se demande pas en revanche si ça ne répugnerait à personne de coucher avec elle, mais passons.

La charmante avocate brigue désormais la mairie de Villiers-le-bel, et ne supporte pas qu’on lui rappelle ses réparties racistes. Dans ce cadre elle aurait entrepris d’intimider deux blogueurs:

 http://777socrate.blogspot.com/2008/02/m…

 http://fr.ragzag.com/2008/02/26/mise-en-…

Voir également:

 http://www.maitre-eolas.fr/2008/02/27/88…


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janvier 29, 2008

Wei Wenhua, premier journaliste citoyen battu à mort.

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 7:49

Communiqué RSF:

 http://www.rsf.org/article.php3?id_artic…

Reporters sans frontières est horrifiée par la violence des autorités, qui a coûté la vie de l’entrepreneur chinois Wei Wenhua, le 7 janvier 2008. Il a été battu à mort par des officiers municipaux (”chengguan”) car il filmait une altercation à l’aide de son téléphone portable avec des manifestants dans la ville de Tianmen (province du Hubei).

“Nous sommes révoltés par cet acharnement meurtrier de la part des autorités locales. Rien ne justifie de tels agissements. Wei Wenhua est le premier “journaliste citoyen” chinois à mourir pour avoir pris des images. Il a été battu à mort parce qu’il voulait dénoncer l’attitude de ces agents qui outrepassent leur rôle à chaque intervention. Cette tragédie montre la volonté des autorités chinoises de bafouer chaque jour un peu plus la liberté d’expression. Elles traquent toute personne suceptible de diffuser une information gênante”, a déclaré l’organisation.

Wei Wenhua, 41 ans, travaillait dans une entreprise de construction dans la ville de Tianmen. Selon sa famille et l’agence de presse nationale, Xinhua, il filmait une altercation entre plus d’une cinquantaine de policiers municipaux et des manifestants qui protestaient contre le déversement d’ordures dans la ville. Le voyant filmer, les officiers l’ont alors roué de coups pendant dix minutes avant d’appeler les secours. Wei Wenhua est mort sur le chemin de l’hôpital. Des témoins de l’incident ont affirmé que cinq autres personnes avaient été blessées.

Lors d’une conférence de presse accordée le 9 janvier, Wang Faliang, adjoint au maire de la ville de Tianmen, a admis que des policiers étaient impliqués dans le meurtre de Wei Wenhua. Selon lui, une centaine de personnes ont été mobilisées pour éclaircir cette affaire. Vingt-quatre officiers ont été arrêtés et mis en examen. A ce jour, quatre sont en détention.

D’après le rapport officiel, le téléphone portable de Wei Wenhua est entre les mains des enquêteurs et le film a été effacé.

Depuis le 1er janvier 2008, des mesures légales sont appliquées afin de définir le rôle de ces officiers municipaux, qui entachent régulièrement la réputation des autorités chinoises en raison de leur comportement brutal. En 2007, le site d’information chinois Boxun a recensé trois cas de personnes tuées sous leurs coups.


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L’ex concierge de Versailles détaille la riposte graduée

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 7:43

Une riposte en trois actes

pirate bay Dans la première marche de la réponse graduée, cette autorité dite indépendante « commencera par envoyer aux pirates des messages d’avertissement qui seront personnalisés. Si le pirate récidive, l’autorité prendra alors des sanctions adaptées : la suspension de l’abonnement Internet, puis sa résiliation assortie d’une interdiction de se réabonner pendant une période déterminée ». Une liste noire des mauvais abonnés devrait empêcher tout réabonnement de ligne chez un FAI concurrent, ce qui coupera de l’ADSL tout un foyer.

Outre ce travail d’écrémage, les FAI se sont engagés à expérimenter des dispositifs de filtrage et de reconnaissance des contenus. Les travaux de Pierre Sirinelli pourront ici s’alimenter des résultats de ces tests puisque l’intéressé, nous le disions, estime possible la responsabilisation des FAI sur le contenu échangé par les abonnés.

Le calendrier est prêt

Le calendrier est en tout cas prêt : une réunion aura lieu dans quelques jours avec tous les signataires du rapport Olivennes. Enfin, un projet de loi sera déposé, après examen au Conseil d’État, sur le bureau du Sénat au tout début du printemps. « Le Parlement disposera ainsi de tout le temps nécessaire pour en débattre sereinement en vue de son adoption avant l’été ». Elle confirme ce qui fut dit fin 2007 quand la ministre de la Culture indiquait que « le dispositif législatif sera présenté au premier trimestre 2008, pour adoption avant l’été ». Elle précisait même: « Nous préparons parallèlement les décrets d’application pour aller vite ». Quel sera donc la place du débat, si les textes d’application sont déjà prêts ?

Des artistes mieux protégés, peut-être plus longtemps

Comme autre train de mesures annoncées, Mme Albanel a indiqué qu’elle souhaitait consolider les rémunérations des artistes et des producteurs, en s’attaquant au problème de la durée des droits des artistes interprètes et des producteurs (harmonisée à cinquante ans pour les États membres de l’Union européenne). « Je rappelle qu’elle varie de soixante à quatre-vingt-quinze ans dans des pays aussi importants pour la culture musicale que les États-Unis ou le Brésil. Aujourd’hui, des pans entiers du fonds de catalogue des années 1950 et 1960, représentant une part significative du patrimoine national dans le domaine des variétés, tombent progressivement dans le domaine public. Et cela, alors même que les interprètes de ces oeuvres sont encore vivants et que les enregistrements continuent d’être exploités ».

La taxe sur les iPhones et assimilés, voulue par le gouvernement

La ministre veut également mener une réflexion sur la modernisation et l’amélioration de la rémunération pour copie privée. « Les techniques et les supports de la copie privée ont en effet beaucoup évolué depuis 1985. J’ai veillé à ce que l’assiette de la rémunération prenne en compte cette évolution et soit étendue aux supports de copie les plus récents ».

La ministre mentionne que « les auteurs, les artistes interprètes et les producteurs doivent être également rémunérés au titre des copies privées qui sont réalisées au moyen des téléphones multimédias : l’assujettissement de ces appareils est à l’étude et devrait être mis en œuvre rapidement ». La ministre reconnaît ainsi que les mesures nécessaires ont été prises pour que la taxe iPhone soit décidée (le vote tombera le 19 février selon nos informations). Une petite phrase qui montre combien cette commission est sensible aux vœux de la ministre, elle-même très en harmonie avec ceux des ayants droit.

Sources:

 http://www.pcinpact.com/d-116-2-Albanel-…


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La LGO à la poubelle

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 7:39

Le projet de loi antipiratage, qui devrait être déposé au Sénat au printemps prochain, n’intègrera pas le système de licence globale proposé par la commission Attali. C’est en substance ce qu’a déclaré la ministre de la Culture, Christine Albanel, lors de son discours d’inauguration du Midem (Marché international du disque et de l’édition musicale).

Remis à Nicolas Sarkozy la semaine dernière, le rapport de l’ancien conseiller du président Mitterrand, dont l’objectif est de relancer la croissance, propose notamment de taxer les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) sur le volume des données vidéo ou musicales échangées entre les internautes. En contrepartie, ceux-ci seraient libres de télécharger des contenus sans risquer d’être sanctionnés.

“Photos de vacances, musiques… : via le peer to peer, MSN, les messageries ou même les clés USB, les internautes échangent de plus en plus de fichiers à des fins non commerciales. Et ce phénomène ira croissant avec l’arrivée de nouveaux logiciels et de la fibre optique”, explique Julien Dourgnon, directeur des études et de la communication à l’UFC-Que Choisir, contacté par lepoint.fr. Fortes de ce constat, des associations de consommateurs et d’ayants droit proposent que la pratique soit aussi un moyen de financer Internet par le biais d’une redevance collectée par les FAI auprès de l’ensemble de leurs abonnés. C’est le principe de la licence globale, repris par la commission Attali.

Or, déjà exclu de la loi DADVSI sur les droits d’auteur, le système a été qualifié de “fausse piste” par la ministre de la Culture. “Je proposerai au président de la République de ne pas retenir cette proposition, dont la simplicité a pu séduire dans un contexte où l’offre légale était déficiente, mais qui apparaît désormais en décalage total avec le dynamisme dont font preuve les acteurs économiques”, a précisé Christine Albanel.

“Hypocrisie”, réplique l’UFC-Que Choisir, qui souligne que les internautes ont à leur disposition des capacités de flux et de stockage tels qu’ils vont dans le sens du peer to peer. “Que l’on retire alors du marché des baladeurs qui permettent de stocker bien plus que ce que le consommateur va acheter”, estime Julien Dourgnon, qui déplore l’arsenal répressif prôné par la commission Olivennes ( voir notre article ) qui donnera lieu au projet de loi. Et de prévenir : “Au moment des débats, on assistera certainement à une très forte mobilisation de la part des internautes.”

Lors de la remise de son rapport au président, Jacques Attali a laissé entendre qu’il fallait prendre les mesures d’un bloc. Sur les 316 propositions du rapport, trois ont été rejetées d’office par Nicolas Sarkozy. Et de quatre ?

Sources:

 http://www.lepoint.fr/content/tech_net/a…


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Les Trojans policiers

Classé dans : Anonymat — derkraken @ 7:35

Le feuilleton continue entre la police allemande, Skype, et le chiffrage de ce dernier. En novembre dernier, la police d’outre-Rhin faisait ainsi savoir que le chiffrage de Skype était problématique lorsqu’elle souhaitait enquêter et espionner, et donc obtenir des discussions capitales. Un projet de loi visant à permettre « aux forces de l’ordre d’espionner le surf et le contenu des disques durs des suspects terroristes avec ce genre d’outils » était d’ailleurs déjà en préparation expliquait-on. Un mois plus tard, en décembre 2007 donc, la France prenait exemple sur son voisin avec un projet similaire. Installer légalement des chevaux de Troie allait donc selon toute vraisemblance devenir possible en 2008 en Allemagne et en France.

Aujourd’hui, ce projet de loi fort décrié tend à se préciser. Le Parti Pirate allemand aurait ainsi obtenu des documents, dans la langue de Goethe bien entendu, pour le moins explicites. Selon ces documents, mettant en cause le Ministre de la Justice, la police bavaroise, et le Parquet, présentent deux cas bien précis. Le premier porte sur les coûts des écoutes entre la police bavaroise et les bureaux des procureurs, nous y reviendrons ci-dessous.

Le malware légalisé

Le second, beaucoup plus intéressant, traite d’une entreprise allemande nommée Digitask, et dont les logiciels doivent permettre aux autorités allemandes d’espionner les ordinateurs, et plus particulièrement Skype. Une offre aurait ainsi été déposée par Digitask dès le 4 septembre dernier, afin de répondre aux demandes de la police bavaroise, en difficulté avec Skype donc. Captant autant le chat (texte) que les paroles transitant par Skype, le malware de Digitask contourne donc le problème de chiffrement du logiciel d’eBay.

La méthode pour introduire un tel malware sera tout bêtement d’envoyer un fichier joint à un courriel. Cependant, cette méthode ne pouvant fonctionner que sur les internautes peu prévoyants, d’autres moyens (non précisés) pourront être utilisés afin de s’introduire dans l’ordinateur en question.

Légalisé mais coûteux

Le plus étonnant reste cependant les tarifs proposés par Digitask. 3500 euros seront ainsi facturés à la police bavaroise et aux bureaux des procureurs, pour une installation de Skype Capture Unit, le fameux logiciel. Une interception SSL, leur coûtera 2500 euros.

Si le sujet vous intéresse, et si vous maîtrisez un minimum l’anglais et l’allemand, vous pouvez en savoir plus sur Skype Journal ainsi que sur WikiLeaks.

Sources:

 http://www.pcinpact.com/actu/news/41480-…


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janvier 22, 2008

Finalement ce sont les lobbys qui l’ont eu dans le CULT :)

Classé dans : Anonymat — derkraken @ 6:53

IFPI Fails to Force ISPs to Become Anti-Piracy Enforcers

Written by enigmax on January 22, 2008

The International Federation of the Phonographic Industry (IFPI) has been lobbying politicians of the European Parliament to force ISP’s to identify, filter, block and remove copyright infringing content from the Internet. Now, according to an early report, it appears that all three anti-piracy measures have been defeated.

The IFPI has been hard at work in its attempts to lobby members of the European Parliament to introduce legislation which would force ISPs to take extreme measures to fight piracy. They suggested that ISPs should start to filter infringing content, block access to websites such as The Pirate Bay, and block filesharing protocols, no matter what they’re being used for.

In addition the IFPI was also looking for an extension of copyright, supposedly to help artists whose works will fall into the public domain in their lifetime, which is great for the artist but bad for culture. The extension was said to try and bring Europe closer to the protections available in the United States.

According to Danny OBrien at the EFF, the extensions wouldn’t make any sense: “..five Nobel-prize winning economists concluded that “copyright term extension is unjustified both as a protection to current artists (who rarely earn much from far future extensions), or as an economic positive for society as a whole. Yet the music industry, fearful of losing tight control of its own back catalog, still continues to advocate for more copyright, no matter the cost.”

Now, in what will be a huge blow to the IFPI, Danny O’Brien says that the proposals have been defeated.

He says: “Just got word from the European Parliament all three of the filtering/copyright extension amendments were defeated or withdrawn in the committee vote. We’re still waiting on the official record, but if that’s true, it’s an amazing victory — one was originally proposed by the original author of the report, Guy Bono himself, one was voted in by the powerful industry committee, and one was drafted by an EPP-ED member, the largest bloc in the parliament.”

In December we reported that the IFPI had already convinced several European politicians to support the proposals. However, The Committee on Culture and Education from the European parliament made a wise decision not to turn the proposed amendments into European policy.

Sources:

 http://torrentfreak.com/ifpi-fails-08012…

(La flemme de traduire, sorry)


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I wouldn’t steal

Classé dans : Infos — derkraken @ 2:03

« Je ne volerais pas une voiture… mais je télécharge des films » lance le groupe des Verts/Alliance libre européenne dans la vidéo de sa campagne pro-partage I Wouldn’t Steal (voir ci-dessous). Le groupe, qui possède 42 sièges au parlement Européen, a en effet décidé de réagir « à la propagande anti-piratage de l’industrie du divertissement » avec un film et un site Internet. Par cette campagne, le groupe s’attaque aux multinationales qui, selon lui, cherchent à diaboliser les consommateurs et le partage pour sauver non pas les artistes mais leurs propres bénéfices.

Le film, visible sur YouTube, a aussi été mis à disposition sur BitTorrent via le site de The Pirate Bay. Des politiques qui s’associent à The Pirate Bay ? Une première qui ne manque de ravir ces derniers, qui ont décidé de montrer leur support en affichant un logo aux couleurs de la campagne sur la page d’accueil de leur site.

Article complet ici:

 http://www.ecrans.fr/Je-ne-volerais-pas-…

Les Verts/Alliance Libre européenne:

 http://www.greens-efa.eu/index.htm

Le film:


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L’Europe veut nous le mettre dans le cult

Classé dans : Infos — derkraken @ 1:40

Rapport Cult : la Mission Olivennes amplifiée en Europe ? Doit-on rester sur le cult ?

La commission de la culture et de l’éducation (CULT) du parlement européen travaille sur un rapport concernant les industries culturelles, dans le cadre de la stratégie dite de Lisbonne. À terme, il devrait donner naissance à une résolution du Parlement européen, prise pour accompagner l’essor économique du secteur de la Culture en Europe. C’est dire son importance. « Le défi de cette industrie émergente de la culture est de répondre à l’apparition de nouveaux produits et services dans des marchés mondialisés » retrace en une phrase l’exposé des motifs. Le vote du projet de rapport aura lieu demain et l’on saura quels sont les amendements qui seront retenus. La mission Olivennes aura servi de cobaye puisque certains d’eux tentent d’amplifier à l’échelon européen ses résultats. Une série de mesures qui inquiète les organismes de défense des libertés des internautes, tel Odebi. Un amendement déposé par l’eurodéputé Christopher Heaton-Harris veut ainsi que la Commission contraigne tous les acteurs du secteur, FAI en tête, à trouver des solutions équitables « dans le but d’accroître l’offre de contenu en ligne légitime et de s’assurer que toutes les parties intéressées agissent de manière responsable ». Ce pacte ressemble trait pour trait à celui pris autour des engagements de la mission du patron de la FNAC. Mais ce n’est pas tout. Lorsqu’on détaille les amendements proposés par ce Britannique, les points communs avec les travaux français se démultiplient. À défaut de solution dans l’année, la Commission et les États membres devront par exemple imposer, par une loi au besoin, des mesures pour contraindre les FAI « à coopérer à la lutte contre le piratage en ligne en recourant à des technologies de filtrage propres à éviter que leurs réseaux ne soient utilisés pour porter atteinte à la propriété intellectuelle ». Le filtrage pourrait ainsi s’offrir une nouvelle entrée officielle à l’échelon européen, à l’instar de la solution Olivennes, testée dans quelques mois. Ces FAI devaient en outre intervenir « manu militari » sur leurs tuyaux pour « supprimer ou bloquer le contenu qui enfreint la propriété intellectuelle ». Des mesures devront encore permettre de suspendre ou de résilier leurs contrats « des abonnés qui ne respectent pas la propriété intellectuelle à plusieurs reprises ou de manière flagrante ». Un écho parfait à la riposte graduée française. Risposte graduée européenne Le député demande en outre une collaboration active entre tous les FAI, si besoin est, contrainte par un texte : « les mesures législatives qui contraignent les fournisseurs d’accès à l’internet à coopérer à la lutte contre le piratage en ligne seraient plus efficaces que les poursuites judiciaires engagées contre les internautes qui ne respectent pas la propriété intellectuelle ». Des poursuites judiciaires toujours très hasardeuses, coûteuses et longues pour l’industrie du contenu. Ce même Christopher Heaton-Harris préconise encore dans son amendement 81 le financement européen « des campagnes de prévention, de formation et de sensibilisation des consommateurs, et plus particulièrement des plus jeunes, sur la valeur de la propriété intellectuelle et de la créativité en général, et à encourager les consommateurs à respecter la propriété intellectuelle via notamment des programmes de formation sur la propriété intellectuelle et la valeur de la créativité intégrés dans les programmes scolaires ». D’autres amendements reprennent ce credo. Réactions de la Ligue Odebi Selon Odebi, la solution du désabonnement soutenue ici comme par Olivennes est une fausse bonne idée : « Désabonner un citoyen revient par conséquent à le déchoir de son statut de citoyen numérique : cette sanction est disproportionnée ». La Ligue rappelle que le désabonnement frappe tout un foyer, non une personne. « Aucune démocratie ne sanctionne tous les membres d’une famille », étant remarqué que pour être efficace, le désabonnement exige un fichier national des désabonnés, « donc en pratique un fichier national des familles présumées coupables de contrefaçon ». Quant au filtrage, coûteux, il ralentit le réseau et est inefficace, juge-t-on. « Le partage d’œuvres est une pratique très largement répandue: il continuera sous d’autres formes. Par exemple, ce partage pourrait se faire par mail : est-il sérieusement envisageable qu’une démocratie surveille les correspondances privées ? » De fait, estime l’organisation de défense des libertés, ce qui est encore craint ce sont les risques de censure qui se dessinent avec de tels outils, « le fait est que les lois de répression voient leur portée et leur durée s’élargir avec le temps, que ce soit pour des raisons politiques ou sécuritaires, ou sous la pression de certains lobbies ». Quel est le rôle de l’école ? Enfin, sur le chapitre des campagnes d’éducation et de sensibilisation des plus jeunes à la propriété intellectuelle, vœux défendus bec et ongle dès les textes fondateurs du DMCA et de la loi DADVSI : le débat – politique – est bien trop complexe s’insurge Odebi : « l’école n’est pas faite pour relayer les campagnes de défense des intérêts économiques des industries culturelles (…) Qui pourrait s’octroyer le droit de présenter une vision plutôt qu’une autre aux jeunes ? » Plusieurs autres amendements veulent supprimer un passage originel selon lequel « la criminalisation des consommateurs pour combattre le piratage numérique n’est pas la bonne solution ». Là encore, ce serait une erreur, regrette La Ligue : « La criminalisation des échanges est irréaliste, inique, et va à contre sens de l’histoire. Plutôt que d’exiger une répression de masse qui leur fera perdre tous leurs clients, les industries culturelles devraient plutôt tenter de s’adapter et trouver des modèles réalistes ».

Sources:  http://www.pcinpact.com/actu/news/41339-…


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janvier 18, 2008

Schneider, leader mondial de la vidéosurveillance

Classé dans : Anonymat — derkraken @ 6:28

Schneider, leader mondial de la vidéosurveillance Bonjour,

“30 ans au service des libertés !”, clame la carte de vœux de la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) et de son président Alex Türk en ce début 2008.

Pour fêter ça, trois fois plus de caméras nous surveilleront bientôt, selon l’annonce faite par Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, avec les encouragements d’Alex Türk : ” Je comprends parfaitement que les autorités françaises envisagent de développer cet outil qui vient de faire la preuve de son utilité en Grande-Bretagne. Je suis d’ailleurs certain qu’une majorité de Français seraient d’accord, beaucoup considérant d’ailleurs qu’ils n’ont rien à cacher. La Cnil n’est pas contre la mise en place de réseaux de vidéosurveillance par principe. (…) Les citoyens sont prêts à accepter une légère réduction de leurs libertés pour améliorer le niveau de sécurité collective.” (La Croix, 9/07/07)

C’est un expert qui vous parle : en 30 ans d’existence, la CNIL n’a rien fait d’autre que d’aider les citoyens “à accepter une légère réduction de leurs libertés” : prolifération des fichiers de police y compris illégaux, usages tous azimuts du Numéro d’inscription au répertoire (NIR), traçabilité des internautes, invasion des caméras de vidéosurveillance, systèmes de contrôles biométriques, puces RFID, prélèvements ADN, futur Dossier Médical Personnalisé, etc.

Et les employés de la CNIL s’étonnent encore que des opposants occupent leurs locaux, comme le 14 décembre dernier.

Nous ne reviendrons pas en arrière. Les adolescents de 2008 ne voient pas où est le problème. Ça tombe bien, le marché est considérable, et les vendeurs de dispositifs de techno-surveillance affichent de splendides projections de croissance.

Quelques exemples d’attributions de marchés publics : 2, 27 millions d’euros TTC pour l’extension du réseau de vidéosurveillance de la Communauté urbaine de Strasbourg (novembre 2007) ; 1,5 million d’euros TTC pour la refonte et l’extension de la vidéosurveillance sur une portion de l’autoroute A40 en Haute-Savoie (octobre 2007) ; 145 000 € pour l’installation d’un système de vidéosurveillance au stade Jean Laville de Gueugnon.

2007. Le premier employeur grenoblois (le groupe Schneider : Merlin-Gerin, Telemecanique et Square D) devient le numéro 1 mondial de la vidéosurveillance. Nul doute que son conseil d’administration ne sabre le champagne pour les 30 ans de la CNIL. Les politiques locaux (Destot, Baile, Sans Nicolas) réclament plus de caméras.

Quant aux 6300 employés de la cuvette qui apportent leur concours à ce fleuron du flicage, ils appartiennent sans doute à cette majorité de Français qui “n’ont rien à cacher” : découvrons donc en pièce jointe, avec le Mouvement pour l’Abolition de la Carte d’Identité (MACI), comment leur boîte tire profit de la “légère réduction de nos libertés”.

Merci de faire circuler

 http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip….


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janvier 17, 2008

Le rapport Olivienne

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 9:56

Rapport Olivennes : “une proposition d’un autre âge”

Le porte-parole de l’Elysée, David Martinon, vient d’annoncer qu’un accord entre les professionnels de l’audiovisuel, du cinéma, de la musique et les fournisseurs d’accès internet serait signé vendredi. Cet accord découle tout naturellement du rapport que rendra le même jour Denis Olivennes, président de la Fnac, mandaté par la ministre de la Culture Christine Albanel pour trouver des solutions au problème du piratage numérique. Un progrès? Certainement pas.

On le sait aujourd’hui, on le répète tous les jours, les industries du cinéma et de la musique sont en crise : la fréquentation des salles de cinéma ne redécolle pas, les ventes de CD et de DVD sont en chute libre, bref le bateau prend l’eau de toutes parts. Evidemment, tout chavirement a ses originies, et la lame de fond qui a provoqué celui-là s’appelle internet. Plus exactement l’internaute pirate, le sauvageon numérique qui pille sans vergogne les artistes et leurs maisons d’édition, forçant ces derniers à aller faire la manche pour gagner leur croûte. J’en fais un peu trop, certes, mais c’est qu’il a bon dos le pirate. On a mis sur son compte les conséquences de 20 ans d’une gestion catastrophique des ressources culturelles et du manque total de clairvoyance des majors quant à l’avènement d’internet qui engendrera, tôt ou tard, la disparition du média physique au profit du fichier numérique.

Ainsi jusqu’à une période assez récente, le prix moyen du CD n’avait fait qu’augmenter depuis son invention alors que toute nouveauté technologique est, au contraire, censée se démocratiser au fil du temps. Les artistes eux, n’ont que très rarement vu augmenter leurs royalties en conséquence. Il faut signaler, d’ailleurs, pour couper court aux idées reçues, qu’à de rares exceptions, ceux-ci touchent moins d’un euro par disque vendu, une véritable peau de chagrin sur laquelle les grandes majors restent très discrètes. On se rappellera, en revanche, le montant faramineux du “golden-chute” que s’octroya Jean-Marie Messier alors président sortant de Vivendi Universal. A croire que la décence n’est pas de mise dans l’industrie du divertissement.

On peut également mettre en cause la frilosité des maisons d’édition pour ce qui est de découvrir de nouveaux talents. Il est en effet plus rentable et moins risqué de produire une Star Ac, avec une bande de gamins payés au lance-pierre pour chanter des titres éculés, que de dénicher la perle rare qui ose l’originalité. D’un strict point de vue marketing, cette stratégie semble d’ailleurs douteuse puisqu’elle cible un public jeune voire très jeune qui n’a pas forcément les moyens financiers d’acheter chaque mois une grosse quantité de disques. Mais qu’importe, pour les plus vieux, il reste les coffrets collectors, best of, et autres compilations d’artistes plus ou moins sur le déclin, pas prêts du tout à laisser leur place à la nouvelle génération. Vous me direz, ce dernier argument est plus subjectif et, puisque ça se vend, c’est que ça doit plaire.

Haro sur le pirate, donc. Le gouvernement, qui n’a jamais caché ses liens étroits avec l’industrie du disque et du cinéma, décide de faire un état des lieux du téléchargement illégal en France et choisit pour cette mission Denis Olivennes, PDG de la Fnac. Autant demander à Christophe de Margerie de rédiger un rapport sur les conséquences écologiques du naufrage de l’Erika.

La mesure phare du dossier que rendra M. Olivennes est la création d’une autorité publique de lutte contre la contrefaçon habilitée à appliquer une riposte graduée à l’encontre des pirates. Concrètement, quand un gamin téléchargera le dernier tube des Tokyo Hotel, il recevra un courrier le menaçant de sanctions. S’il récidive, on lui coupera son accès à internet durant une certaine période. Dans le cas où le contrevenant persistait, il se verrait résilier définitivement l’abonnement auprès de son fournisseur.

Un comble : même l’UMP proteste ! Les députés Marc Le Fur et Alain Suguenot “déplorent et condamnent”, jeudi 22 novembre, la proposition du rapport Olivennes “visant à créer une autorité publique qui aurait compétence pour prendre des sanctions à l’encontre des internautes téléchargeurs”. On notera par ailleurs le cadre juridique contestable de cette disposition qui transfère des pouvoirs privatifs de liberté du juge à une instance administrative créant du même coup “une véritable juridiction d’exception pour les téléchargeurs et va à l’encontre du principe d’égalité devant la loi”, toujours selon les deux élus qui qualifient au passage le résultat de la mission Olivennes de “rapport d’un autre âge” .

On ne peut que regretter une telle mesure et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord parce que l’arsenal répressif a déjà été expérimenté par le passé, notamment à l’encontre des propriétaires de serveurs hébergeant des fichiers illégaux, et n’a rien donné. On se souvient de l’affaire Napster et des poursuites engagées contre ses successeurs eDonkey, eMule et autres. On se souvient également qu’à chaque fois d’autres logiciels prennent le relais, avec des serveurs situés dans des pays où la loi est moins restrictive, je pense notamment au site “thepiratebay” qui propose des liens vers des fichiers téléchargeables sur le réseau Bittorrent.

En fait, à chaque fois qu’une protection juridique sera appliquée, on peut être certain que les développeurs de logiciels inventeront une parade technologique. C’est un combat perdu d’avance.

De plus, ces mesures risquent fort de ressembler à un coup d’épée dans l’eau. En effet, l’avenir n’est plus au téléchargement mais au “streaming”, comprenez l’écoute directe de musique sur un site web, sans que le morceau ne soit physiquement sur votre ordinateur. La technologie existe depuis des années, et tend à se perfectionner avec l’augmentation des débits internet. Des sites, légaux pour le moment, comme “Deezer” proposent déjà des milliers de titres d’une qualité d’écoute plus que correcte et qui devrait, dans peu de temps, s’approcher du rendu d’un CD Audio. Le tout gratuitement.

On peut également déplorer qu’aucune association de consommateurs n’ait été invitée dans le débat, qu’il s’agisse de “UFC Que Choisir” ou de la “Ligue Odebi”, pourtant acteurs majeurs dans le domaine de l’économie numérique.

Le gouvernement, et le président Sarkozy, s’apprêtent donc à retenir une ribambelle de mesures répressives alors que des alternatives légales ont déjà prouvé leur efficacité.
Ainsi, depuis l’apparition, et surtout la démocratisation, de la vidéo à la demande (VOD), disponible sur la plupart des”box”, le nombre de téléchargement illégaux de films a baissé de façon significative. En 2006, 1 053 foyers interrogés en face à face n’étaient plus que 20 % (contre 26 % en 2005) à reconnaître avoir téléchargé des fichiers musicaux dans le mois précédent l’enquête menée par Gfk/SVM. On passait en fait d’un mensuel 33,7 fichiers en 2005 à 14,6 en 2006, prouvant de fait que le pirate n’est pas, contrairement à l’image d’Epinal, un avare, mais un impatient.
Je saluerai à l’occasion la seule disposition qui me semble constructive dans le rapport Olivennes : la mise à disposition plus rapide des œuvres en VOD qui pour l’instant, ont toujours deux mois de retard sur les offres de location classiques via DVD.

Autre alternative, qui pourtant semblait plus que raisonnable : la licence globale, une sorte de redevance prélevée sur chaque abonnement internet. Cette idée avait pourtant obtenu les faveurs du Parlement dans le cadre de la loi DADVSI pour être finalement écartée sous la pression du ministre de la Culture de l’époque Renaud Donnedieu de Vabres, au prétexte qu’elle aurait été irréalisable. On peut alors s’interroger sur le fonctionnement d’un organisme comme la Sacem qui, pourtant, rétribue ses adhérants sur un système en tous points similaire…

Je finirai sur un paradoxe : une taxe est prélevée sur chaque CD vierge depuis plusieurs années et une autre fait son apparition sur les supports de type clés USB et disques durs, pour soi-disant protéger les ayants droits du téléchargement, alors que, dans le même temps ce même téléchargement est toujours illégal. C’est un peu comme si on imposait une taxe sur chaque dose d’héroïne vendue pour financer les cures de désintoxication.

Dans ce contexte, le rapport Olivennes constitue un formidable bond en arrière, une “proposition d’un autre âge”, qui ne tient absolument pas compte des réalités de ce qu’on peut appeler la Révolution Numérique.
Sources: http://www.agoravox.fr/article.php3?id_a…

La loi découlant de ce rapport sera soumise au parlement en avril(après les municipales, pas le moment de se retrouver avec une info guerre juste avant des élections), ce qui veut dire que cette loi est en préparation, avec l’aide de la SACEM, et des lobbys de tous poils.
C’est le moment de fourbir nos armes, frères de la cote! Qu’elles soient techniques(logiciels de p2p) juridiques(quels sont les recours à prévoir, quels sont les pressions utilisables sur les députés)ou informationnelles(argumentaires et opinions à diffuser sur les forums, les blogs et IRL), pour la nouvelle grande bataille qui s’annonce aussi passionnante que DADVSI, et dont le parlementarisme sortira, sans nul doute encore grandi une fois de plus.


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Les joyeux projets d’espionnage “éthique”

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 9:43

Pour les incrédules quand a l’évolution des techniques de surveillances:

La ministre de l’Intérieur devrait, début 2008, proposer au gouvernement un projet de loi visant à offrir aux fonctionnaires de police la possibilité de suivre les communications d’un suspect grâce à des logiciels espions installés sur leurs ordinateurs

Des hackers en uniforme bleu ? La police nationale devrait, d’ici peu, avoir le droit de placer des logiciels espions sur les ordinateurs de personnes suspectées. Selon Le Figaro, le dispositif se composera, pour une part, d’une clef de connexion dissimulée dans le poste qui fournira aux fonctionnaires le moyen de suivre en temps réel toute communication effectuée. En outre, il leur sera également possible d’installer à distance des logiciels espions du même type que les chevaux de Troie.

Les bonnes vieilles méthodes du piratage pourraient donc servir aux enquêtes de la police.

Le projet, qui devrait être présenté en Conseil des ministres début 2008, ne dispose pour le moment d’aucun calendrier pour son entrée en vigueur. Tout juste sait-on que le dispositif ne permettra pas aux fonctionnaires de police d’enquêter sans restriction.

Ainsi, le juge d’instruction et le juge des libertés et de la détention représenteront les garde-fous du dispositif. Son champ d’application sera limité aux affaires les plus graves (terrorisme, pédophilie, blanchiment d’argent ou encore séquestration).

La mise en place d’un système de surveillance plus adaptée aux nouvelles technologies (et aux nouvelles pratiques des criminels…) devrait permettre à l’institution policière de combler son retard.

Rappelons qu’au mois de novembre la police fédérale allemande avait fait état de dispositions similaires. Avouant son impuissance à décrypter les données circulant par le biais de la VoIP, le responsable de la police allemande avait décidé de passer par le législateur pour obtenir un moyen de contournement…

Le processus est donc lancé pour la France. Il reste cependant quelques étapes à franchir. Quelle va être la position de la Cnil (Commission informatique et Libertés) ?

Par ailleurs, les ordinateurs équipés de solutions de nettoyage ne tarderont pas à détecter un éventuel logiciel espion. La police annonce vouloir négocier avec les éditeurs pour que ces derniers ne dénoncent pas les spywares d’investigation. Pourtant, il apparaît difficile de faire appliquer une telle mesure considérant le grand nombre de logiciels pirates qui circulent sur la Toile…
Sources: http://www.silicon.fr/fr/news/2007/12/17…
Mais qu’on se rassure! c’est pour attraper les pedophiles/terroristes/nazis.
Et les traficants de drogues.
Et les dangereux irresponsables qui aident au séjour irrégulier d’étrangers en France.
Ou les gens soupçonnés de…
Bref en définitive n’importe qui.


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“Comment survivre à un bust” V4 Disponible

Classé dans : Anonymat — derkraken @ 9:20

La version mise à jour du travail de cryptobob est en ligne.
Pour mémoire, j’avais tenté modestement de contribuer à la popularisation de son travail en tentant de vulgariser les conseils qu’il donnait dans “Comment survivre à un bust?” V1,V2,V3
Donc la nouvelle version est disponible ici:
 http://dl.free.fr/aNY5cgoJU/Bust_v4_FREN…
 http://www.megaupload.com/fr/?d=DERPMBU4
 http://www.nowupload.com/:NFy
 http://dump.no/files/ecd78cccd092/Bust_v…
 http://rapidshare.com/files/78564103/Bus…

versions PDF et ODT disponibles sur sTORage :
 http://utovvyhaflle76gh.onion/sTORage/Do…
Si vous avez un peu suivi ce qui était raconté dans la partie “Anonymat” de ce blog, vous ne serez pas dépaysé.
C’est juste un peu plus technique qu’ici, mais rappelons que la situation politico-sécuritaire évolue vite(et mal…) en France, donc c’est le moment de se creuser un peu.


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octobre 16, 2007

Loi Fourtou : au delà de la « riposte graduée », la guerre préventive.

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 3:25

L’initiative EUCD.INFO a pris connaissance du projet de loi relatif à la lutte contre la contrefaçon, transposition d’une directive européenne dont le rapporteur était Janely Fourtou, la femme du PDG de Vivendi. Cette directive était déjà particulièrement favorable aux grandes entreprises. Le gouvernement français a décidé d’aller encore plus loin.

Le projet de loi du gouvernement qui passe au Sénat en seconde lecture demain est la continuation de la dérive amorcée lors de la révision de la loi Informatique et Libertés. Ce texte facilite la mise en place de polices privées du net et l’utilisation de mesures portant atteinte aux droits de la défense. C’est une pièce maîtresse pour réprimer massivement les échanges non autorisés de musique et de films sur internet, au prix s’il le faut de bavures numériques. Loin de ne viser que les contrefacteurs industriels comme le prévoyait la directive, le texte vise en effet tous les internautes à titre préventif. Il aggravera par ailleurs l’insécurité juridique dans laquelle évolue les acteurs du logiciel, notamment.

Le gouvernement considère que le texte va être voté conforme, qu’il passera même comme une lettre à la poste, ce qui mettra fin à la navette parlementaire. Il est vrai que ni le groupe PS, ni le groupe UDF ne se sont opposés aux dispositions problématiques lors de la première lecture. Ils ont voté pour le texte.

L’initative EUCD.INFO appelle donc les internautes à contacter d’urgence les sénateurs pour qu’ils votent contre ce texte. Plus largement, l’initiative EUCD.INFO appelle tous les internautes à contacter les élus d’opposition pour qu’ils se préparent à saisir le Conseil Constitutionnel, la transposition proposée ne respectant pas le principe de proportionnalité.

NB : Pour l’instant seuls les verts et les communistes ont voté contre ce texte.
I – Création de polices privées

L’article 32 de ce projet de loi a été à l’origine pensé pour légaliser les pratiques déviantes de l’Association pour la Lutte contre le Piratage Audiovisuel (ALPA), comme cela a d’ailleurs été confirmé à un membre d’EUCD.INFO par de hauts fonctionnaires, des magistrats et des avocats.

Actuellement, lorsque l’ALPA constate des infractions présumées, elle ne peut pas s’auto-saisir. Elle contacte donc ses membres pour leur suggérer de saisir ses agents assermentés, avant de porter plainte une fois le constat effectué. La confusion des genres est manifeste : l’ALPA est à la fois juge et partie.

Plus largement, l’article 32 a pour but de permettre à des « organismes de défense professionnelle » de se livrer à des enquêtes, de s’auto-saisir, de relever des preuves d’infractions présumées à des droits d’auteurs, de prévenir leurs membres, d’ester en justice. À la fois enquêteur, huissier et partie civile !

Couplé aux dispositions adoptées lors de la réforme de la loi Informatique et Libertés visant à autoriser la recherche pro-active d’infractions (surveillance généralisée du net par des « radars ») et à la décision du Conseil d’État cassant la doctrine protectrice de la CNIL, cet article pourrait bien être en fait une brique majeure pour la mise en place de la riposte graduée.

L’initiative EUCD.INFO espère donc que les élus des groupes PS et UC/UDF qu’elle a informés vont se ressaisir et exiger le retrait de cet article. Les élus qui voteraient ce texte seraient tout simplement coupables d’avoir cautionné, en conscience, une atteinte à un principe élémentaire : « La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. » – Article 25 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen
II – Notion d’échelle commerciale et dommages forfaitaires

Les mesures prévues par ce texte ne sont pas limitées aux seules atteintes présumées commises à échelle commerciale, le gouvernement et le Sénat ayant supprimé ce garde-fou prévu par la directive en première lecture, l’Assemblée ayant laisssé faire.

Cette notion d’échelle commerciale est pourtant essentielle. Sans elle, la juridiction peut utiliser des mesures préventives extrêmes (saisie d’avoirs, blocage de compte, coupure de services, communication d’informations confidentielles) à l’encontre de toute personne morale ou physique soupçonnée de contrefaçon ou de faire partie d’un réseau de distribution de contrefaçon, et ce, comme le dit Hervé Novelli, « dès le premier euro » présumé perdu par l’attaquant, et sans que l’accusé, éventuellement de bonne foi, n’ait pu se défendre au fond.

Dans le domaine du droit d’auteur, cette absence d’échelle commerciale peut apparaître évidemment comme du pain béni pour qui souhaiterait mettre en oeuvre un mécanisme type “riposte graduée” : les mesures préventives prévues pourront en effet s’appliquer aux particuliers soupçonnés de se livrer à des échanges à but non lucratif.

L’absence d’échelle commerciale s’articule par ailleurs très bien avec d’autres dispositions du texte, comme l’article 32 détaillé dans la première partie de ce document, mais aussi avec la possibilité donnée par l’article 31 à la juridiction d’allouer, “à la demande de la partie lésée, d’allouer, à titre de dommages et interêts, une somme forfaitaire qui ne peut être inférieure au montant des redevances ou droits qui auraient été dûs si l’auteur de l’atteinte avait demandé l’autorisation d’utiliser le droit auquel il a porté atteinte”.
III – Polices privées + absence d’échelle commerciale + dommages forfaitaires = quel but poursuivi ?

Pour résumer, des entités privées représentant des acteurs économiques pourraient enquêter, et sur la base de leurs constations, faire ordonner à des prestataires de services la communication d’informations confidentielles ou la coupure de services, tout cela pendant que leurs membres fixent les dommages et interêts et qu’eux même estent en justice ?

En plus d’une nouveau pas vers la privatisation de missions régaliennes de l’État et d’un mélange des genres aberrant, ne serait-ce pas là un pas important pour une riposte graduée ? Quelle sera d’ailleurs cette « juridiction » qui pourra appliquer les mesures et prononcer les dommages forfaitaires ? Une autorité administrative comme celle que le gouvernement a tenté de faire passer lors de l’examen de la loi DADVSI ?

Quoiqu’il en soit, l’initiative EUCD.INFO considère qu’en ne respectant pas le principe de proportionnalité – en assimilant mafieux chinois et lycéens partageurs – une telle transposition est contraire aux obligations communautaires de la France. Elle a communiqué ce jour une étude juridique aux sénateurs détaillant cette position.

L’initiative EUCD.INFO a également communiqué un amendement visant à répondre à leur légitime attente d’une définition claire de la notion d’échelle commerciale ainsi qu’un argumentaire associé pointant les risques d’aggravation de l’insécurité juridique, notamment pour les acteurs du Logiciel Libre.

L’amendement proposé a été refusé lundi par le cabinet du ministre au motif que “la suppression d’échelle commerciale, le ministre y tient”. Les autres arguments n’ont pas été retenus non plus. Cela peut se comprendre vu les propos tenus en séance par Hervé Novelli : “Si on veut appréhender la contrefaçon de façon globale, on ne peut se contenter d’une riposte graduée comme disent les militaires”. D’où sans doute l’interêt d’un tel arsenal nucléaire.
Références

* Dossier législatif sur le site du Sénat
* Les sénateurs
* Une note contenant un amendement proposant une définition claire de la notion d’échelle commerciale
* Une étude juridique sur la non-conformité du projet de loi à la directive ce qui expose le gouvernement a des sanctions constitutionnels et communautaires
* Lutte contre la contrefaçon : entreprises du Net, vous êtes en première ligne !
* Chronologie du dossier e-milices

Citations intéressantes

« Cependant, un amendement de dernière minute précise que ces sanctions ne sont applicables que si ces infractions ont été commises «en vue d’obtenir un avantage économique et commercial direct». Ce qui devrait, en théorie, exclure les adeptes des systèmes gratuits d’échange de fichiers, qui téléchargent illégalement mais pour leur usage privé, des morceaux de musique ou des vidéos. «L’exception de la copie privée en sort renforcée», s’est félicitée Janelly Fourtou, interrogée par l’AFP. » – Le parlement européen adopte sans coup férir la directive sur la propriété intellectuelle

« Mais, dorénavant, seules les actions commises à l’échelle commerciale seront répréhensibles. La définition d’échelle commerciale exclut les actes commis par des consommateurs finaux de bonne foi, qui n’agissent pas dans le but d’obtenir un avantage économique ou commercial direct ou indirect. Cette extension du champ d’application ne remet en cause aucune des directives sectorielles déjà adoptées sur le copyright, le commerce électronique et les programmes d’ordinateur. L’exception de la copie privée en sort même renforcée. » – Janely Fourtou, extrait des débats du 9 mars 2004 au Parlement européen – Et le rapporteur d’ajouter que les garde-fous ajoutés à ce texte « préservent les intérêts des ayants droit comme ceux des consommateurs. »

« L’accord sur les ADPIC fait référence à l’échelle commerciale mais n’en donne pas de définition. La manière dont est rédigé l’accord sur les ADPIC, l’utilisation de cette expression dans l’ensemble du texte et le contexte facilite cependant l’interprétation du concept. Il s’utilise uniquement pour les atteintes lucratives qui engendrent des pertes directes importantes pour le titulaire d’un DPI; les échanges à but non lucratif de contenu légalement acquis entre particuliers doivent être exclus du champ d’application de la directive. » -Rapport de Nicolas Zingaretti du 23 mars 2007 sur la proposition modifiée de directive du Parlement européen et du Conseil relative aux mesures pénales visant à assurer le respect des droits de propriété intellectuelle, p. 27).
Sources:
 http://eucd.info/index.php?2007/10/16/34…


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octobre 9, 2007

BOYCOTTONS L’INDUSTRIE DU DISQUE!

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 10:39

La Ligue Odebi dénonce l’attitude de l’industrie du disque, et la vaste campagne de désinformation qu’elle mène depuis des mois afin d’imputer la baisse de ses ventes à l’utilisation des réseaux p2p. La réalité est qu’aux états-unis, l’industrie du disque a lancé des campagnes de procès contre les internautes utilisateurs de réseaux p2p, a baissé le prix de vente des CD, et que l’usage du p2p et les ventes de CD ont augmenté… Le discours importé en France (où l’on paie une redevance copie privée) par les majors a été dénoncé, entre autres par le Ministre de l’Industrie français, Patrick Devedjian, qui a conseillé à cette industrie de plutôt s’adapter aux évolutions technologiques, et de baisser le prix de vente des CD.

La Ligue Odebi dénonce aussi les pressions scandaleuses exercées par les lobbys du disque visant à instaurer en France un régime juridique enfermant les internautes dans les DRMs,pénalisant l’usage des réseaux P2P et tuant le droit à la copie privée.

Rappelons qu’en France, les artistes eux-mêmes considèrent le téléchargement comme de la copie privée, et que chaque internaute achetant un CD vierge paie la redevance pour copie privée sur ce CD, et ce même s’il n’y copie pas un octet de musique : à chaque fois qu’un français veut sauvegarder ses propres photos, il est ainsi obligé de payer l’industrie du disque… A l’heure où cette industrie ne cesse de nous rebattre les oreilles avec le “piratage”, cette forme de parasitage économique ne peut qu’ être remise en question.

En parallèle, l’industrie du disque met progressivement en place des dispositifs qui interdisent cette copie privée, voire le simple usage sur certains lecteurs, et est en passe d’obtenir des lois qui légaliseraient ces dispositifs, voire pénaliseraient le contournement de ces dispositifs et même la simple divulgation des méthodes de contournement.

A titre d’exemple : un internaute qui achète de la musique en ligne sur certains sites ne peut tout simplement pas l’écouter avec un balladeur sur lequel il a par ailleurs payé une redevance copie privée : de fait, ces dispositifs de “protection” changent cette redevance en racket.

Au total , il n’est pas acceptable que l’industrie du disque :
- limite le nombre de copies privées de la musique achetée (CD ou en ligne)
- dégrade la qualité des copies
- impose l’achat d’un logiciel ou d’un matériel spécifique pour l’utiliser
- interdise la lecture de l’oeuvre sur certains lecteurs
- interdise la
conversion de l’oeuvre dans un format librement choisi

Et il n’est pas acceptable que le législateur légalise ces mesures, ni qu’il pénalise le contournement de ces mesures ou la divulgation de ces méthodes de contournement, qui permettent tout simplement à l’utilisateur d’écouter la musique qu’il a achetée dans les conditions qu’il est fondamentalement libre de choisir.

A défaut, la redevance copie privée serait un racket auquel le législateur devrait rapidement mettre fin : on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

petition disponible ici:
 http://www.odebi.org/boycothon/


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septembre 21, 2007

Le PDG de la FNAC chargé de changer les FAI en mercenaires des majors

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 7:40

Le PDG de la FNAC (groupe PPR : Printemps, Gucci, Puma, Conforama, La Redoute…) a accepté la Mission de Christine Albanel sur la “la lutte contre le téléchargement illicite et le développement des offres légales d’oeuvres musicales, audiovisuelles et cinématographiques”.[1]

Dans son discours, Christine Albanel persiste à présenter les échanges pair à pair comme la cause de la baisse de vente de CD [2], reprenant ainsi une thèse d’Olivier Bomsel, qui fait justement partie de cette Mission FNAC. Il semble nécessaire de rappeler que la Ligue Odebi avait amené Olivier Bomsel à avouer publiquement à l’Assemblée qu’en fait il ne savait pas si les échanges pair à pair étaient ou non la cause de cette baisse [3], ce qui ne l’empêchait pas de proposer de taxer l’upload pour dissuader les échanges pair à pair. Pour Jean-Guy Vincent, Délégué Odebi, il apparaît qu’ “à l’évidence, le cabinet Albanel ne maîtrise pas ses dossiers, on se demande même s’ils ont simplement lu le rapport Cedras…”[4]

La composition de cette mission pose problème : elle est présidée par le PDG d’une entreprise qui vend des produits numériques, le conflit d’intérêt est indéniable. De même Olivier Bomsel est lui présenté comme économiste et producteur par le ministère de la culture [5]. On remarquera aussi la participation d’Isabelle Falque-Pierrotin, qui s’est récemment fait réélire à la hussarde à la présidence du FDI après avoir pourtant effectué deux mandats à ce poste, soit le maximum autorisé par les statuts de cet organe devenu en pratique aussi inutile pour les internautes que coûteux pour les contribuables.[6]

Si la Mission FNAC doit auditionner les différents acteurs avant de proposer un rapport fin octobre, cela ne saurait cacher le but réel de cette mission : L’instauration d’une répression de masse devant être exécutée par le secteur privé [7], et plus précisément par les FAI qui devraient accepter par le biais d’accords interprofessionnels de devenir les mercenaires des majors.

Le ministère de la culture continue donc de manipuler l’opinion publique, comme il l’a déjà fait en détournant le débat de la légalisation des dispositifs anti-copie vers le problème du téléchargement lors de l’examen du projet de loi DADVSI, ou comme Christine Albanel le fait en propageant le mythe de la gratuité, alors que les industries culturelles ne cessent de bénéficier de l’argent public, et que la Tasca Taxe sur les supports numériques vient encore d’être étendue [8]. Odebi dénonce les pratiques désinformationnelles de Christine Albanel : la réalité est que le public, les entreprises françaises, et même les hôpitaux sont rackétés, devant payer une taxe copie privée à chaque achat de support vierge, disque dur externe, carte mémoire, clef USB, alors même que les industries culturelles verrouillent leurs produits par des dispositifs anti-lecture ou anti-copie.

Au total, le rapport de la Mission FNAC ne servira en réalité qu’à justifier les mesures liberticides que les industriels de la culture essaient de faire imposer aux FAI : filtrage des réseaux, traçage des internautes au mépris du respect de leur vie privée, bridage des débits, désabonnements expéditifs, amendes privées. Il faut de plus savoir qu’au cas où les FAI refuseraient de jouer ce rôle de milices des majors en ne signant pas les accords interprofessionnels qui sont le seul réel objectif de la mission FNAC, le gouvernement a d’ores et déjà prévu de légiférer pour imposer ces mesures liberticides.

Jean-Guy Vincent prévient clairement Denis Olivennes : “En acceptant de collaborer à cette farce institutionnelle liberticide destinée à justifier une croisade arriérée, le PDG de la FNAC commet un geste politique qui aura nécessairement un impact sur l’image ou les ventes de la FNAC…”

[1] http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…
 http://www.ppr.com

Piratage : la France envisage le filtrage et la riposte graduée
 http://www.pcinpact.com/actu/news/38688-…

[2] “Or, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Un milliard de fichiers piratés – films et musique -ont été échangés dans notre pays en 2006. Le marché du disque s’est effondré de plus de 40% au cours des cinq dernières années, avec tout ce que cela signifie en terme d’emplois. Ce phénomène s’est encore accentué en 2007,”
 http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…

[3] “Après que Donnedieu ait qualifié l’usage du p2p de “crime contre l’esprit”, Vanneste n’hésite pas à parler de “risques potentiellement mortels”, et à reprendre des thèses tendant à faire croire aux français que l’usage du p2p serait la cause d’une baisse des ventes de CD. Le rapporteur Vanneste va même jusqu’à qualifier la taxation de l’upload proposée par Bomsel de “intellectuellement séduisante”. La ligue rappelle une fois de plus que les faits sont qu’aucune étude n’a jamais réussi à démontrer que l’usage du p2p était la cause de la baisse de ventes de CD, et s’étonne que la commission des lois puisse relayer les propos infondés d’Hollywood et des majors. Il est heureux que la commission ait néanmoins refusé cette taxe upload qui aurait ravalé l’internet français au rang du minitel.”
Communiqué 10-06-2005 : réaction au projet de loi sur le droit d’auteur (DADVSI)
 http://www.odebi.org/new2/?p=65

“Concernant les arguments avancés par les chercheurs de l’ENSMP, on remarquera le peu de sérieux scientifique de l’affirmation d’une relation de cause à effet entre le développement du haut-débit et la soi-disant mauvaise santé de l’industrie du disque.Un tel manque de rigueur est assez inattendu de la part de l’ENSMP. Pour ce qui est de l’état réel du marché du disque, la Ligue rappelle les récentes déclarations de Rodolphe Buet, Directeur du disque de la FNAC: “La consommation de musique n’a jamais été aussi forte”
Par ailleurs, la Ligue s’interroge sur le financement de cette étude destinée à promouvoir les seuls intérêts économiques des producteurs de disques.

Communiqué 02-03-2004 : Amendements LEN : Odebi s’oppose à toute surtarification de l’upload
 http://www.odebi.org/new2/?p=198

[4] “Aujourd’hui, la Ligue dévoile un rapport (le rapport Cédras) commandé par le ministère de la culture à un professeur de droit pénal, et qui a été volontairement caché aux français”
Communiqué 01-05-2007 : Internet et Libertés : le rapport censuré qui met Sarkozy à l’amende
 http://www.odebi.org/new2/?p=274

P2P : Un rapport ‘non diffusé’ accable ‘le principe de la riposte graduée’
 http://www.silicon.fr/fr/silicon/news/20…

« La réponse graduée automatique doit être abandonnée » Un rapport curieusement non diffusé
 http://www.pcinpact.com/actu/news/36148-…

[5] “Depuis 1998, il dirige avec Gilles Le Blanc les recherches du Cerna sur l’économie numérique. Ses travaux portent sur l’économie des réseaux, des contenus et la numérisation des entreprises.
Il est ailleurs, producteur de programmes audiovisuels (films, séries TV) et co-fondateur d’art-netart, producteur-éditeur d’art numérique”
 http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…

[6]”Le porte parole de la Ligue Odebi a réagi à ce coup de force : ” Cela ne fait que démontrer, si besoin était, le bienfondé de la ligne adoptée dès le début par les cinq associations d’internautes qui ont fondé la Ligue, et qui ont toujours refusé de participer à cette mascarade, cour de récréation des lobbies culturels durant le projet de loi économie numérique, et ne pouvant in fine que se soumettre à un financement gouvernemental.” “La présidente du FDI arrivait à son dernier mandat : en toute logique, elle ne pouvait que bénéficier de la création de la CND puisqu’elle aurait pu ainsi en prendre la présidence. Le FDI aurait ainsi pu disparaitre au profit de la CND. Or nous avons abattu en vol le projet de CND en révélant le décret en projet juste avant la présidentielle. A partir de ce moment, l’actuelle Présidente du FDI n’avait plus qu’une seule solution : faire modifier les statuts du FDI pour pouvoir s’y faire réélire.”
Coup d’état au FDI
 http://quelqueswattsdeplus.blog.20minute…

Le Forum des Droits sur Internet putsché ? Qui s’en soucie ?
 http://www.agoravox.fr/article.php3?id_a…

[7] Extrait de la Lettre de mission de Nicolas Sarkozy, Président de la République, à Christine Albanel:
“vous rechercherez les voies et moyens pour conclure un accord interprofessionnel permettant de dissuader efficacement et de réprimer la contrefaçon de masse. Les solutions techniques existent, elles doivent être expérimentées et mises en oeuvre.”
 http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…

[8]Clés USB, cartes mémoires et disques durs taxés au 1er octobre
 http://www.zdnet.fr/actualites/informati…

Les industriels préparent un recours contre la taxe pour copie privée
 http://www.lexpansion.com/art/32.0.16137…

La taxe copie privée appliquée sur les disques durs externes à partir d’octobre
“Consoles de jeux prochainement
Rappelons que le principe de la “taxe copie privée” a été instaurée par la loi Lang du 3 juillet 1985 pour compenser le manque à gagner pour les ayants droit des copies d’œuvres culturelles réalisées par les particuliers dans un cadre familial. Imputée aux cassettes audio et vidéo, la redevance s’est étendue aux média vierges numériques au fil des évolutions technologiques : disquette, CD, DVD, baladeurs numériques…
Au printemps, la commission composée de représentants des ayants droit, des pouvoirs publics, des consommateurs et des industriels, a poursuivi ses travaux en étudiant le cas des disques durs externes, des cartes mémoire et clés USB de stockage. Lesquels devraient voir leurs tarifs augmenter à partir du 1er octobre prochain, donc, sauf si les fabricants et distributeurs rognent sur leurs marges pour intégrer ce surcoût dans le prix de vente final. Rappelons à ce sujet que les montants de la taxe sont imputés avant calcul de la TVA qui est, aujourd’hui, de 19,6 % sur les produits électroniques.
Les DVD HD et Blu-ray, consoles de jeux et autres téléphones “MP3″ ou encore agendas électroniques constituent les prochains dispositifs de stockage qu’étudiera la commission copie privée en vue d’y étendre l’application de la rémunération idoine.”
 http://www.vnunet.fr/fr/vnunet/news/2007…

La taxe pour la copie privée continue de s’étendre
“Mais la commission d’Albis – du nom de Tristan d’Albis, chargé du groupe – envisage d’aller plus loin et a évoqué cet été la possibilité d’étendre encore la taxe aux consoles de jeux nouvelle génération, soit la PSP, la Xbox et la Wii.
Restera alors une solution : en revenir à une transmission orale de la culture. Rétines et mémoires humaines pourraient-elles être taxées ? ”
 http://www.lepoint.fr/content/tech_net/a…
Thèmes : Communiqués, Albanel, Olivennes

 http://www.odebi.org/new2/?p=439

Vous pouvez vous aussi contribuer au buzz autour de cette info en utilisant ces liens en particulier ou le contenu des textes utilisés, sur vos sites, vos blogs vos emails:
 http://eucd.info/348.shtml
 http://stopdrm.info/index.php?2007/09/18…
 http://stopdrm.info/index.php?2007/09/18…


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septembre 20, 2007

Mediadefender2

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 7:28

Pour trouver la correspondance de media defender, suite a des ddos a l’encontre des sites publiant leur correspondance vous pouvez vous tourner vers Pirate Bay:
 http://thepiratebay.org/search/mediadefe…
Ou faire une recherche sur ce thème via votre moteur de recherche préféré(yahoo donne bien plus de résultats que google, censure?):
MediaDefender.Mail.200612.200709-MDD

Les codes sources du logiciel utilisé par mediafender nommé “MediaDefender.Source.TrapperKeeper” et utilisé par mediadefender pour piêger les p2pistes sont disponibles ici:
 http://thepiratebay.org/tor/3812960/Medi…
Bon DL!


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septembre 19, 2007

les problemes du reseau edonkey

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 7:14

Le grand nettoyage est-il en cours ? De gros serveurs liés aux échanges de fichiers ne répondent plus. Il se passe quelque chose sur le réseau e-donkey.
D’étranges modifications sont constatées sur le réseau e-Donkey. Serveurs fermés, Honey Pot de plus en plus visible. Vendredi l’industrie du disque Allemand annonçait une grande victoire face aux pirates. Une injonction temporaire publiée par la Cour fédérale de Hambourg a obligé un opérateur d’un serveur eDonkey a fermer les robinets. Le tribunal demandait cette coupure, à la suite d’une plainte de l’IFPI , pour un seul cas, l’album One. A première vue, il a préféré tout couper.En chargeant la liste des serveurs avec emule, on voit bien que les gros serveurs allemands ont des urilisateurs connectés mais ne fournissent aucun fichiers. Les autres n’ont que quelques fichiers, autour de 400 000 en moyenne contre plusieurs millions en temps normal.

Il semblerait que cela touchait aussi “Kad”. Le réseau décentralisé ne repond plus pour un grand nombre de personne. Il semblerait que cela dependrait des pays et des moyens d acces que prennent les datas. Le Bresil, certains pays d’Europe, dont l’Allemagne, et certains Etats des Etats-Unis sont visés, dixit les temoignages des utilisateurs.
Pour plus de précisions quand à la conduite à adopter, voir les liens suivants:
 http://www.open-files.com/Qu-arrive-t-il…
 http://www.emule-france.com/forum/serveu…


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Razorback calomnié par un “expert”

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 7:05

Plus d’un an et demi après sa saisie par les autorités belges, le serveur eDonkey Razorback n’est toujours pas de retour sur les réseaux. Le procès se poursuit lentement en Suisse, avec seulement ce mois-ci la remise d’un premier rapport d’expertise technique… dont les conclusions surprendront les spécialistes.
Poursuivi en Suisse par le lobby du cinéma, l’association Razorback lutte actuellement avec peine pour obtenir gain de cause en Justice. L’ancien plus gros serveur eDonkey du monde et l’ensemble de ses serveurs de soutien sont placés sous scellé depuis février 2006, et la procédure se poursuit avec régulièrement de nouveaux coups à endurer. Un rapport d’expertise technique commandé par le tribunal suisse, dont Ratiatum a pu obtenir communication, ne devrait pas aider l’association à ressortir la tête de l’eau…

La Haute Ecole Valaisanne a en effet remis le 2 juillet au juge d’instruction du Valais central à Sion, chargé de l’affaire en première instance, un rapport (.pdf) rédigé par Romain Roubaty. L’homme est Professeur au Laboratoire de Sécurité de la Haute Ecole, et vice-président de l’Association Francophone des Spécialistes de l’Investigation Numérique (AFSIN), un club d’experts techniques, de juristes et d’autorités de police dispersés dans toute la francophonie, du Québec au Maroc. En Suisse, le professeur Roubaty est une sommité dont l’expertise devrait être prise très au sérieux par la justice.

Or le rapport remis au juge Yves Cottagnoud est pour le moins surprenant. Il devait permettre au tribunal de comprendre le rôle et l’importance de Razorback dans les échanges réalisés sur le réseau eDonkey/eMule. A la lecture des 100 pages, il semble que l’expert ait réalisé un rapport à charge pour surévaluer l’importance effective de Razorback, pour mieux surévaluer l’importance du serveur dans les échanges de fichiers illicites.

Tout d’abord, il écarte en moins d’une page le réseau décentralisé Kademlia ajouté à eMule, en se basant uniquement sur des commentaires d’utilisateurs écrits sur des forums en 2004. Sur la seule base de ces commentaires complètement dépassés, l’expert conclue que “dans le monde des utilisateurs eMule, la présence des serveurs rend la recherche beaucoup plus aisée”. Peu importe que depuis le réseau autonome ait pris une importance majeure, “nous pensons inutile de nous attarder plus sur le fait qu’il existe des alternatives à l’utilisation de serveurs centraux fournissant les métadonnées”, écrit l’expert. Aux oubliettes, donc, également, le protocole d’échange des sources directement entre clients qui avait été mis en place sur eMule avant même l’arrivée de Kad. Les deux protocoles rendaient Razorback quasiment inutile techniquement, sauf pour aider à la diffusion de fichiers légaux : la chaîne de téléchargements de Ratiatum et les albums de musique libre de Jamendo, notamment. Tout dans le rapport (qui n’évoque d’ailleurs cette activité d’upload de contenus libres qu’au détour d’une phrase) semble orienté pour alourdir artificiellement l’importance de Razorback.

Mais il y a beaucoup plus grave. L’expert semble analyser de travers le rôle du service ed2k History attaché à Razorback pour fournir un historique et une volumétrie de la diffusion des fichiers sur le réseau. En se basant sur deux articles publiés sur Ratiatum (celui-ci, et celui-là), l’expert prétend qu’il était plus facile pour les utilisateurs de trouver des fichiers à télécharger, en particulier des fichiers rares. “En plus d’offrir des éléments sur des fichiers très connus, il permet de trouver des fichiers plus rares, puisqu’ils apparaissent dans l’historique dès que partagés par deux utilisateurs. [...] Grâce à ce service, il était particulièrement aisé de trouver des images ou des films à caractère pédopornographique”, écrit l’expert. Lourde accusation, puisqu’elle indique au juge que le service History pouvait être utilisé facilement pour trouver des fichiers pédophiles grâce à Razorback ! En guise de preuve, l’expert a effectué en octobre 2005 18 requêtes sur ed2K history basées sur les hashs (signatures électroniques) de fichiers pédopornographiques fournis par la police. Et l’expert d’en conclure que “la disponibilité de ces fichiers sur les serveurs Razorback a été mise en évidence”. Pourtant, l’expert écrit bien que “les fichiers sont reconnus par le serveur par leur empreinte numérique et non par leur nom”, mais le rapport est rédigé de telle manière que le poisson semble être noyé pour faire croire à un rôle actif ou à la connaissance par Razorback des activités pédophiles. C’est comme prétendre que Google pourrait savoir tout ce qui se trouve derrière chacune des URL qu’il indexe sans pour autant scanner le contenu des pages. A une différence essentielle près : contrairement à Google, le seul service History n’offrait même pas de fonction de recherche.

Une affaire qui pourrait avoir des répercussions sur toute une industrie

L’ensemble du rapport laisse une impression curieuse d’amateurisme de la part de l’expert, qui est pourtant reconnu en Suisse comme une référence en matière de sécurité informatique. Copier-coller à outrance (jusqu’à copier 14 pages d’un article de Wikipedia…), citations d’articles de presse ou de commentaires de forum comme argumentation technique, oubli ou déformations de parties essentielles de l’architecture d’échange, volonté expresse de démontrer la stratégie commerciale (et non technique) de Razorback… beaucoup d’éléments que nous n’avons pas tous détaillés ici laissent présager le pire si le juge suit le rapport à la lettre.

Or le risque est d’autant plus grand que le cas Razorback pourrait avoir de sérieuses répercussions sur l’ensemble du secteur des télécommunications en Suisse. L’affaire pourrait en effet faire jurisprudence contre tous les intermédiaires techniques du pays, qui pourraient en cas de condamnation de Razorback se voir de fait imposer par la Justice une obligation générale de surveillance et de filtrage proactif que ne prévoit pas la loi nationale.

L’affaire est mal engagée, d’autant que la MPA (Motion Picture Association) qui a porté plainte contre Razorback a obtenu de la Justice le blocage des comptes de l’association, et exige désormais la rétrocession de frais avancés à l’avocat du serveur eDonkey. Tous les éléments semblent tournés contre Razorback, qui devra trouver des alliés en Suisse chez les fournisseurs de services Internet qui n’ont sans doute pas encore pris conscience de l’importance de l’affaire pour leur propre avenir.

Pour la première fois depuis son lancement, “Razorback pourrait à nouveau faire appel à la générosité des internautes pour pouvoir continuer à se défendre”, nous indique l’association contactée par Ratiatum. Elle précise toutefois qu’elle “mène aussi actuellement des discussions avec une entreprise active sur Internet qui pourrait prendre en charge le règlement des frais judiciaires futurs de l’association”.

Contrairement aux services web 2.0 actuellement si populaires, Razorback n’a jamais hébergé lui-même un film entier ou même un simple fichier MP3. Il se contentait de faciliter la mise en relation d’utilisateurs qui souhaitaient s’échanger des contenus, sans jamais intervenir sur les contenus en question. A cet égard, jamais le rapport ne met en évidence un quelconque rôle de Razorback dans l’apparition ou la distribution de fichiers piratés sur le réseau, autre que son rôle d’intermédiaire technique neutre.

le CV de l’”expert”:
 http://ii.hevs.ch/upload/Collaborateurs/…


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septembre 17, 2007

MediaDefender piraté

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 7:02

C’est un coup dur pour les adversaires du P2P. 700 Mo d’e-mails ont été volés sur les serveurs du spécialiste de la lutte anti-P2P MediaDefender, et distribués sur BitTorrent. Ils montrent notamment une collaboration avec les autorités américaines.

Connu de longue date, MediaDefender a été l’une des premières sociétés spécialisées dans la chasse aux P2Pistes. Elle est devenue experte des méthodes de parasitages des réseaux P2P, en inondant les réseaux de faux fichiers (spoofs) ou en créant même de faux trackers BitTorrent. A l’été 2005, MediaDefender avait été rachetée pour 42,5 millions de dollars par ARTISTDirect, une plate-forme anglophone de musique en ligne. Avec l’objectif de se servir de l’expertise de MediaDefender pour attirer les P2Pistes vers de faux fichiers qui dirigent l’utilisateur vers des plate-formes légales.

Mais depuis, MediaDefender est surveillée de près par la communauté P2P. Au début de l’été, il avait dû fermer précipitemment son site Miivi.com, après que le blog spécialisé TorrentFreak ait révélé son existence. Miivi se faisait passer pour un site pirate pour attirer les utilisateurs dans son piège.

La semaine dernière, 700 Mo d’e-mails stockés sur les serveurs de MediaDefender ont été volés et distribués sur BitTorrent par un groupe qui se fait appeler MediaDefender-Defender. Ils ont eu accès à la boîte Gmail d’un employé, Jay Maris, qui y relayait l’ensemble des mails de MediaDefender. “En publiant ces e-mails, nous espérons protéger la vie privée et l’intégrité personnelle de l’ensemble des utilisateurs de peer-to-peer”, indique le groupe dans un fichier NFO joint au fichier .mbox qui contient l’ensemble des mails. “Les e-mails contiennent des informations sur les différentes solutions tactiques et techniques pour traquer les utilisateurs de P2P”, indiquent-ils également.

Mais les mails ne contiennent pas que des informations techniques. Ils permettent notamment de revenir sur l’affaire Miivi, et de voir que MediaDefender voulait à tout prix garder son petit secret. “C’est vraiment la merde”, écrit Saaf en apprennant que leur filiation au site avait été compromise. “Mettons-le hors-ligne”. Les équipes de MediaDefender se sont alors empressées de créer un nouveau site, sous le domaine Viide.com, avec les mêmes objectifs qui restent toutefois obscurs. Ils ont d’abord refait toute l’interface graphique, effacé toute référence à Miivi, et mis au point une nouvelle stratégie de référencement. La décision a été prise d’exporter l’ensemble des correspondances liées à Viide sur un serveur mail sécurisé, à Las Vegas. Mais dans quel but ?

Sans doute s’agit-il de mettre en route la stratégie de ARTISTDirect, qui veut attirer un maximum de P2Pistes pour les diriger ensuite vers des plate-formes légales. Rien dans les mails ne montre une volonté de MediaDefender de capter les adresses IP des utilisateurs pour les compromettre et engager des poursuites. A moins que…

MediaDefender lié au parquet de New York

Les e-mails révèlent qu’une collaboration étroite était en cours avec les services du procureur de New York. MediaDefender crée pour eux un outil qui permet au parquet d’accéder à distance aux données de MediaDefender concernant les P2Pistes, et qui doit répondre à des critères techniques et juridiques précis pour pouvoir servir de preuve lors de procédures judiciaires. “De votre côté, le crawler peer-to-peer va identifier les fichiers qui correspondent aux critères de recherche établis”, écrit un analyste du parquet pour préciser leur cahier des charges. “Les données seront ensuite collectées, filtrées pour les adresses IP des résidents de New York (dans les limites de précision posées par les technologies de géolocalisation). Ces données seront ensuite transmises à nous où, de notre côté, un logiciel distinct va utiliser ces données pour se connecter au réseau et télécharger le fichier sur un hébergeur et le stocker sur nos serveurs pour garder la preuve et effectuer d’autres d’analyses”. Rien dans les e-mails ne permet d’établir un lien entre Miivi/Viide et ce projet précis.

Un contrat en cours avec Universal Music

Parmi les autres données révélées par les mails (outre des données personnelles : fiches de payes, adresses personnelles, numéros de sécurité sociale…) figure un contrat passé entre Universal Music Group et MediaDefender. Il montre que la société facture 4.000 $ par album et par mois pour protéger un album sur “les 15 réseaux les plus populaires” (FastTrack, Gnutella, IRC, Usenet, DirectConnect, eDonkey, MP2P, Kademlia, Overnet, BitTorrent, SoulSeek, et Shareaza).La société promet contractuellement de livrer ses services contre environ 12 millions d’utilisateurs. MediaDefender facture par ailleurs 2.000 $ mensuels par titre.
Les données volées sont disponibles ici:
 http://jrwr.hopto.org/(site down)
et ici:
 http://www.mediadefender-defenders.com/
Voir aussi ici:
 http://torrentfreak.com/the-piratebay-wa…
Sources:
 http://www.ratiatum.com/news5677_Un_adve…


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août 30, 2007

Manifeste pour le peer-to-peer

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 7:47

Depuis le temps que j’utilise le peer-to-peer et que j’en entends parler (surtout en mal), l’envie de justifier pleinement son emploi pour les plus nobles raisons me démangeait. C’est désormais chose faite avec ce manifeste, qui établit clairement ma pensée sur ce mode d’échange révolutionnaire qui constitue l’avenir de la culture.

J’occupe 90 % de la bande passante mondiale et mon trafic va croissant. Napster fut mon premier représentant à succès et quand on le fit tomber, un pléthore d’autres prirent sa succession : FastTrack, eDonkey2000, BitTorrent et des dizaines d’autres réseaux que de multiples logiciels peuvent exploiter.
De plus en plus d’utilisateurs m’utilisent chaque jour, on les dénombre par millions et ce chiffre ne fait qu’augmenter. Tous sont reliés entres eux par des milliers de kilomètres de câbles que vomissent divers terminaux renseignés par des paquets d’ondes électromagnétiques balancées par des dizaines de satellites.

Tu l’auras compris, je suis gigantesque, je suis mondialisé, je n’ai pas de frontière, je suis international. En plus d’être le meilleur système d’échange de fichiers, mon principal intérêt est que je mets en commun l’information et que chacun peut y accéder équitablement. Un ordinateur et une connexion internet suffisent. De ce principe d’une simplicité révolutionnaire, j’ai pu m’étendre jusqu’à avoir le statut que j’ai aujourd’hui ; incontournable. En effet : dans ce monde d’échange numérisé, j’ai aspiré toute l’information qui peut se transformer en langage binaire, soit à peu près tout. Je suis la plus grande médiathèque du monde : j’englobe tous les CD anciens et récents, j’engloutis les films à peine sorti au cinéma et en DVD, je possède des séries entières et j’ai des tonnes de sous-titres, j’ai tous les jeux vidéos possibles, j’ai même des livres et des BD sur mon réseau. J’ai absolument tout, je suis le numérique, tout ce qui est nouveau et tout ce qui est vieux je l’obtiens. J’ai réalisé le rêve de n’importe quelle grande surface. Mon mode de stockage est exempt de tout archaïsme : on se plaint souvent de ce monde bassement matériel, mais pour moi toute existence physique est abolie. Tout ce que je possède est dématérialisé, ce ne sont que des creux et des bosses microscopiques gravés dans les sillons de millions de disques durs, j’ai enlevé tout superflu à la création. Fini les boîtiers, fini les disques, je n’ai gardé que l’essentiel : l’art, dépourvu de ses artifices commerciaux. De même, ma présence est toute relative, on dit que je suis un “réseau” donc je n’ai pas d’existence propre, je n’existe qu’à travers les millions d’internautes qui s’expulsent des milliards d’octets à travers les ports. Il y a bien quelques serveurs pour relayer l’information mais je suis ici uniquement parce que j’ai été créé à l’initiative des utilisateurs, et c’est encore une fois grâce à eux que je m’étends et que j’englobe encore plus d’objets culturels au cours du temps. Je reflète les besoins de l’utilisateur, je m’adapte à lui, je suis une entité qui semble vivre d’elle-même mais qui dépend de chacun. Une synthèse où le groupe est aussi important que l’individu. Pas de hiérarchie, tout le monde peut y participer, connecte-toi, le principe est ridiculement simple : une personne envoie et l’autre réceptionne.

Peer-to-peer.

C’est un beau bébé, mais qui est le père ? C’est toi, l’utilisateur.
Tu corresponds à un numéro, ton seul identifiant véritable sur la gigantesque toile, ton IP, et ce numéro tout con (comme tous les numéros) va te permettre de te relier avec quelqu’un à l’autre bout de la planète, sans intermédiaire, la liaison instantanée entres continents et, grâce à ton super logiciel, tu vas pouvoir déverser dans tes ports tout ce que tu veux à ce copain improvisé. Mais quels sont tes motivations au juste ?

Eh bien, au départ, je connaissais peu ce moyen d’échange, je cherchais juste à écouter vite fait une chanson qui venait de paraître sans vouloir attendre qu’elle passe à la radio, de fil en aiguille j’ai fais des recherches, j’ai téléchargé un logiciel quelconque pour obtenir ce que je cherchais et je l’ai eu sans difficulté. C’est ainsi que tout a commencé, j’ai rapidement étendu mes téléchargements à tous les autres objets culturels. Le p2p est devenu incontournable pour moi, pourquoi ? Simplement parce que tout est disponible en abondance, directement chez toi. Pas besoin de te déplacer, pas d’agression visuelle, pas de pub, pas de pénibles excursions dans des bordels culturels, pas de limites dans le choix, et surtout pas besoin de payer. Certains adversaires du p2p disent “Vous vous imaginez entrer dans un magasin, prendre quelque chose et repartir sans payer, et bien ça c’est le téléchargement”, c’est bidon, le p2p n’est aucunement cela. Tout d’abord, il n’est pas inclus dans la monde physique où règne les règles consommatrices qui disent que le vol matériel est un délit, le téléchargement n’est pas matériel, donc si on l’assimile à du vol, alors dans ce cas tout le monde sur les réseaux vole de façon décomplexée, et si le vol ne s’accompagne pas d’un sentiment de culpabilité et de transgression chez les personnes l’effectuant, est-ce toujours du vol ?

Avec le p2p, il n’y a plus d’effort à fournir pour obtenir ce que l’on veut, pas de déplacement fastidieux dans les rayons, pas de files d’attentes à endurer et surtout pas de torture psychologique quand on débourse son pognon, à se demander si on a bien fait d’acheter ça, si on aurait pu acheter quelque chose de mieux, le p2p rend nos jugements objectifs sur les oeuvres que l’on côtoie : lorsqu’on achète une oeuvre, on a plus d’espérance sur sa qualité intrisèque, il arrive qu’on se “force” à l’aimer pour ne pas être déçu de son investissement alors que lorsqu’on acquiert gratuitement, on part sans a priori, notre jugement est ainsi le plus objectif possible.

La possibilité de “tout” avoir sans exception nous incite à abuser des bonnes choses, à expérimenter tout ce qui était susceptible de nous décevoir auparavant (des a priori la plupart du temps), la masse d’oeuvres disponibles permet de nous constituer un capital culturel bien plus important que si on se limite aux achats sporadiques. Il n’y a plus de choix restrictifs à faire, plus rien ne nous empêche de nous diversifier à foison. Grâce au p2p, je suis devenu éclectique, je m’ouvre un peu plus chaque jour à chaque pan de la création. Je n’hésite pas à le dire : le p2p a changé ma vie intellectuelle, dorénavant je vais en touriste dans les magasins uniquement pour voir ce que je pourrais bien télécharger en rentrant. Prendre un DVD et sortir les biftons est un geste lointain, ces gens aux caisses me sont étrangers, ils sont comme des reliques d’un temps révolu, refusant de voir l’avenir, mais je me dis que soit bientôt ils auront une espèce de révélation, soit ils resteront éternellement ainsi, aveugles.

La société de consommation culturelle est censée se baser uniquement sur les besoins du consommateur, elle a échoué, car le téléchargement répond mieux à ses attentes : abondance, diversité, disponibilité, qualité (il suffit d’un peu de pratique pour ne plus se faire entuber) et prix défiant toute concurrence ! Avec le p2p, la société de consommation culturelle a atteint sa perfection avant l’heure en cessant d’exister, toutes ses contraintes se sont effacées, le p2p a signé l’arrêt de mort de la consommation culturelle “classique”. Maintenant, de plus en plus de monde va savoir qu’il existe une alternative gratuite au tout-commercial. Illégal ? Mais le nombre renverse l’illégalité, les crimes et les délits sont illégaux car ils sont assez rares, et correspondent à un manquement à la morale dominante reprise dans les institutions. Mais quand cette morale change et que de plus en plus de personne ne trouve plus “mal” quelque chose, les institutions ne peuvent plus rien faire et sont forcées de s’adapter.

Malheureusement, ces institutions réagissent mal, dans un élan réactionnaire elles choisissent la réaction brutale et conservatrice : le flicage intensif. La loi DADVSI actuellement en vigueur est une calamité répressive fortement technophobe, qui se pare d’articles interdisant tout ce qui bouge, mettant fin à la copie privée telle que nous la connaissons, menaçant le logiciel libre… Elle nous prive d’une inter-opérabilité déjà pas très folichonne. Si on étudie ce projet de loi, on retient une vision de la culture qui fait peur : ce serait celle où le sujet consommateur achètent les choses uniquement pour soi et les consomme dans son coin, celle où on ne doit pas protester si on n’a pas les bons logiciels imposés par les marques pour les visionner, celle où on doit fermer sa gueule si on ne peut pas les lire sur toutes les plate-formes, bref, c’est l’antinomique “industrie de la culture” qui est à son paroxysme, et quand Donnedieu de Vabre prétendait qu’il n’était pas le “ministre des majors” comme le dénonçaient ses adversaires, on le croit difficilement tant ses dernières frasques législatives lient intimement argent et culture.

“J’ai en face de moi un ennemi redoutable : le rêve de la gratuité”, nous avait sorti le sinistre.
T’as rien pigé, ce n’est plus un rêve, c’est actuel. Ce n’est pas un ennemi, c’est un rêve magnifique, c’est aussi un rêve perdu car il paraît trop inconcevable dans notre monde actuel. Grâce au peer-to-peer, un petit bout de ce rêve est devenu réalité, une utopie qui date de Platon prend forme dans le réel, c’est assez unique de voir débarquer un mode de vie parallèle basé sur l’échange désintéressé qui permet d’enrichir intellectuellement ses utilisateurs, qui met les différentes classes sociales sur un pied d’égalité, toutes les personnes possédant un ordi et internet peuvent accéder équitablement à la culture, cette masse qui du même coup orchestre plus ou moins consciemment un “fuck” retentissant aux détenteurs économiques de la culture, les mettant face à leur échec accompli. Ceux-ci, énervés parce qu’ils ont foiré ce coup-là alors qu’ils ont toujours été triomphants avec leurs pubs et leurs coups médiatiques, réagissent stupidement en multipliant les messages où ils mettent les artistes en avant, des Cosette dépouillées, seulement on a du mal à plaindre les artistes en question, sauf peut-être sur la qualité de leurs oeuvres, j’ai du mal à les voir autrement que des êtres aliénés qui ont totalement assimilé les concept de rentabilité et de compétitivité du capitalisme, ce qui me semble profondément incompatible avec le sentiment artistique, c’est une conception très personnelle qui me pousse à dire que culture et argent ne font pas bon ménage.

Les majors peuvent continuer à répandre leurs petits fakes-MP3 insignifiants, vendre leurs .wma DRM illisibles sur des sites aux choix limités, plaider leur cause sur les plateaux d’émissions de variétoche inchangée depuis quinze ans, diffuser leur discours moralisateur, culpabilisateur et menaçant qui ne marchera que sur quelques naïfs isolés, je continuerai à télécharger sans que ma morale n’en souffre, le p2p apporte la gratuité, la culture, la diversité, l’éclectisme, l’ouverture, et vous voulez que j’arrête tout ? Que je consomme comme avant alors que je touche du doigt ce qu’est l’avenir ? Jamais, vous m’entendez, jamais, quoi que vous fassiez pour m’en empêcher, je continuerai de télécharger car c’est ainsi que je vois le futur. Je suis quelqu’un de banal mais j’ai refusé de consommer normalement, ceci est mon manifeste.
 http://agoravox.fr/article.php3?id_artic…


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juillet 13, 2007

Comment se servir de Google pour télécharger illégalement

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 7:41

Ca se passe ici:
 http://www.kingnutter.com/articles/view/…
Kimmy Ruska, un américain de 21 ans, a publié une vidéo montrant comment télécharger gratuitement de la musique, des jeux, ou des films bien plus vite que les réseaux de peer-to-peer grâce à … une simple recherche sur Google ou Yahoo.

La vidéo, qui a été vue par plus de 430.000 internautes, a vite été retirée de YouTube – on comprend aisément pourquoi – mais est toujours consultable sur King Nutter.

L’astuce réside dans l’algorithme utilisé pour effectuer la recherche. Il a en effet pour but de cibler les serveurs des campus universitaires américains que de nombreux étudiants utilisent pour partager de la musique avec leurs camarades.

Pour cela, il se sert du fait que la plupart des dossiers de ce type contiennent les mots “index.of” dans leur répertoire. Il suffit ensuite de déterminer quel type de fichier l’on souhaite trouver (MP3, MP4, AVI, etc), d’entrer le nom du fichier cherché de manière connectée (avec des points ou underscores), puis d’exclure les pages HTML, HTM, etc, de la recherche. Ce qui donne par exemple : intitle:”index.of” (MP3|MP4|AVI) No.one.knows -html -htm -php – asp -cf -jsp
Pour faire simple vous pouvez utiliser cette ligne de commande en la copiant dans la barre de recherche de google en remplaçant “artiste” par ce que vous cherchez:
{-inurl:(htm|html|php) intitle:”index of” +”last modified” +”parent directory” +description +size +(wma|mp3) “artiste”}
Bien sur, wma ou mp3 peuvent etre remplacé par ce que vous voulez comme types de fichiers.
Bonne peche!


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juin 12, 2007

La chasse aux pirates2

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 9:54

Piratage: les FAi bientôt chargés de la prévention auprès de leurs clients?

Le nouveau gouvernement travaillerait sur un projet de décret pour imposer aux FAI d’envoyer à tous leurs abonnés des messages de prévention contre le téléchargement illégal d’oeuvres. Un premier pas vers la riposte graduée ?

Juridique

Les internautes pourraient bientôt recevoir des messages de prévention contre le piratage dans leur boîte e-mail. Selon des projets de décret et d’arrêté que s’est procuré le quotidien Les Echos, le gouvernement a déjà planché sur la question. Son objectif: créer une nouvelle obligation pour les fournisseurs d’accès internet (FAI), d’informer leurs clients au sujet de la contrefaçon et du téléchargement d’oeuvres protégées.

Actuellement, les FAI n’ont qu’une seule contrainte: faire apparaître la mention «La piraterie nuit à la création artistique» sur leurs publicités vantant la vitesse de téléchargement permise par le haut débit. Cette obligation date de 2004 et de la Charte que les FAI ont signée avec les ayants droit de la musique. Le gouvernement désire aujourd’hui qu’ils fassent plus, en envoyant au moins deux fois par an, un message de prévention par e-mail, révèlent Les Echos.

Son contenu: il rappellerait que le téléchargement ou la mise à disposition d’oeuvres protégées via internet est interdite. Et mentionnerait les sanctions auxquelles s’exposent les contrevenants: «Cette violation est passible de condamnations civiles et de sanctions pénales.»

La ministre de la Culture favorable à la riposte graduée

Ce dispositif est différent du concept de riposte graduée, cheval de bataille de l’industrie du cinéma qui a failli être adopté lors du vote de la loi Dadvsi. Dans le cas de la riposte, il s’agit d’envoyer des courriers électroniques automatisés aux internautes, repérés par les ayants droit en train de télécharger illégalement. Le premier e-mail serait une simple mise en garde; les sanctions tombant si l’internaute en question venait à récidiver (amendes, voire procès).

Les ayants droit plaident depuis longtemps pour cette solution, mais la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) s’était opposée aux systèmes de surveillance automatisés qu’ils avaient choisi pour traquer les fraudeurs. Cet obstacle est levé depuis fin mai, et l’annulation par le Conseil d’État de la décision de la Cnil. Les sociétés d’auteurs travaillent donc actuellement sur une nouvelle mouture de leur système.

Christine Albanel, la nouvelle ministre de la Culture, s’est déjà prononcée en faveur de la riposte graduée, et a exhorté FAI et ayants droit à se mettre d’accord sur le sujet. En attendant, le gouvernement se prépare donc à renforcer l’obligation de prévention qui incombe déjà aux FAI. Les décrets en question ont été examinés et validés par la Commission parlementaire des P&T, et doivent encore être soumis à l’Arcep.


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juin 7, 2007

L’ouverture de la chasse aux pirates

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 6:29

Au terme d’une longue enquête, Ratiatum est en mesure de révéler les raisons pour lesquelles aucune poursuite judiciaire contre des pirates français ne devrait avoir lieu avant de longs mois, voire avant plusieurs années. Notre enquête met à jour plusieurs anomalies que tentaient jusqu’à présent de dissimuler les chasseurs de pirates et leurs clients. Informée de certains éléments de cette enquête et contactée mercredi par téléphone pour y répondre, la Société Civile des Producteurs Phonographiques (SCPP) “ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet pour le moment”.

Petit rappel des faits :
Le 17 janvier 2005, nous apprenions que deux prestataires parisiens, AdVestigo d’une part, et CoPeerRight Agency d’autre part, étaient clients de la SCPP pour automatiser la chasse aux pirates. “AdVestigo pour la caractérisation du traitement des empreintes de fichiers sur les réseaux, et nous-mêmes pour la recherche et l’identification”, nous confirmait alors Stéphane Michenaud, le responsable de la société CoPeerRight Agency. En septembre dernier, plusieurs grands journaux dont Libération relatent un conflit entre les deux sociétés prestataires, sur fond de violation de brevets industriels. “On a l’impression que CoPeerRight est en train de s’écrouler et fait tout pour garder ses clients”, déclarait alors Marc Guez, le président de la SCPP (qui rappelons-le, n’a pas souhaité s’exprimer sur les résultats de notre enquête). Alors est-ce vraiment la raison qui a poussé CoPeerRight Agency à attaquer son concurrent ? C’est ce que nous avons voulu vérifier en retraçant tous les évènements un à un.

La SARL CoPeerRight Agency (CPRA) gérée par Stéphane Michenaud a été immatriculée au RCS de Paris le 21 mai 2003. Dès le 27 mai, la société dépose une première demande de brevet (.pdf) portant sur un “procédé et système pour lutter contre la diffusion illégale d’oeuvres protégées dans un réseau de transmission de données numériques”. En clair, CPRA demande en 2003 à l’Etat français de lui accorder le monopole d’exploitation sur certaines techniques antipiratage, en particulier celles qui visent à envoyer des fichiers corrompus sur les réseaux P2P en se faisant passer pour de vrais utilisateurs. Le brevet est délivré le 29 juillet 2005. Dans son premier jet, CPRA revendiquait également des droits sur la recherche des fichiers mis en partage par les utilisateurs, mais l’état de la loi en 2003 ne lui permettait pas d’ajouter la collecte d’informations sur les utilisateurs eux-mêmes. C’est la révision de la loi informatique et libertés obtenue en août 2004 qui va permettre à CPRA de demander une modification de son brevet (.pdf) à l’INPI pour apporter en première revendication le fait d’obtenir les “caractéristiques du fichier trouvé ainsi que des informations d’identification de l’utilisateur mettant en partage le fichier trouvé”. Après une longue étude du dossier et des garanties apportées par la société à la protection des données personnelles des internautes français, la CNIL donne son agrément en mars 2005 à CPRA pour constituer un fichier d’infractions à partir de ces procédés, sous le mandat d’un syndicat. La demande divisionnaire (celle qui permet de modifier le premier brevet) est déposée le 5 avril 2005, et elle est juridiquement réputée déposée à la date de dépôt du brevet modifié, c’est-à-dire le 27 mai 2003.

Et c’est là que les choses commencent à sentir le vinaigre pour AdVestigo, le concurrent de CPRA, et pour l’industrie du disque. Car alors qu’elle n’était censée selon les dires de la SCPP ne s’occuper que de la partie “caractérisation du traitement des empreintes de fichiers sur les réseaux”, AdVestigo a en fait offert les mêmes services de recherche et d’identification que son concurrent. En d’autres termes elle aurait violé le brevet de CPRA. Cette dernière l’apprend à ses dépens lorsque le président de la SCPP, Marc Guez, leur indique par un mail du 22 mars 2005 que la proposition commerciale de CPRA “se situe à un niveau de prix nettement plus élevé que celui de l’accord passé avec AdVestigo”. Privée ainsi de son marché, CoPeerRight Agency obtient le 1er juillet 2005 du TGI de Paris le droit d’effectuer une saisie contrefaçon (c’est-à-dire une perquisition visant à rassembler les preuves d’une contrefaçon du brevet) dans les locaux d’AdVestigo. Elle sera réalisée cinq jours plus tard, le 6 juillet. Constatant dans le rapport de saisie qu’elle a de sérieux éléments contre AdVestigo, laissait croire à la violation 11 revendications de son brevet sur 13) CPRA assigne son concurrent en contrefaçon le 20 juillet, et demande près de 4,5 millions d’euros de dommages et intérêts.

Lors de notre enquête, nous avons eu communication des 16 pages de l’assignation (.pdf), un document privé que la société AdVestigo aurait bien aimé garder secret. Et pour cause :

AdVestigo utilise MLDonkey, un logiciel open-source sous licence GPL.

En page 6 de l’assignation, il est marqué qu’AdVestigo déclare mettre en oeuvre “plusieurs protocoles de réseau poste à poste à l’aide d’un logiciel ’sous licence GPL normalement non commercialisable’, appelé MLDonkey”. Contactée par Ratiatum lors de cette découverte, AdVestigo a semblé des plus embarrassée et nous a rappelé le caractère confidentiel du document. Un logiciel sous licence GPL ne peut pas être exploité commercialement sans au minimum communiquer les sources aux clients. Ne sachant que nous répondre de prime abord, c’est après quelques heures qu’Advestigo prendra position en nous affirmant que le logiciel MLDonkey n’est pas exploité commercialement par la société, mais n’est utilisé qu’à des fins de tests. De plus, “nous n’avons pas touché un seul octet du code source”, nous assure la société.

En quelques mois, les évènements s’enchaînent. En avril 2005, CoPeerRight Agency fait savoir à AdVestigo et aux sociétés clientes (SCPP, Sacem et SDRM) qu’elle a déposé une demande de brevet portant sur l’identification des pirates, et que cette demande bénéficie d’une date d’antériorité remontant en 2003. Le 13 juillet, AdVestigo assigne CoPeerRight Agency en référé et l’accuse de “dénigrement à son égard”. AdVestigo produit pour seule preuve un mail envoyé le 23 mars à Marc Guez (lequel l’a relayé à AdVestigo) dans lequel CPRA indiquait à la SCPP ses soupçons de contrefaçon à l’encontre d’AdVestigo. Le juge déboute AdVestigo. Dans la même période, le 31 mars, c’est Marc Guez lui-même qui invite CPRA à porter plainte contre ses concurrents. “En ce qui concerne les atteintes aux droits de propriété intellectuelle de votre société auxquels la société AdVestigo porterait atteinte, il vous appartient de faire valoir ceux-ci par tout moyen de droit qui vous paraîtrait pertinent”, écrit ainsi le patron de la SCPP.
Suivant ces conseils avisés, le 3 août 2005, en plus d’AdVestigo qui était déjà sous le coup de la procédure lancée le 20 juillet, CoPeerRight Agency attaque la SCPP et les deux autres sociétés de gestion collective commanditaires des plaintes contre les internautes français. Selon CoPeerRight Agency la Sacem, la SCPP et la SDRM auraient dû revoir les termes de leur relation commerciale dès qu’ils ont eu connaissance de la teneur du brevet amendé le 5 avril et de sa probable violation par AdVestigo. En restant clients et en continuant d’utiliser les services contrefaits d’AdVestigo, les trois sociétés seraient elles-mêmes devenues contrefactrices. Un comble pour celles qui souhaitaient lutter contre la contrefaçon.

Une chasse aux pirates sans doute gelée pour plusieurs années

CoPeerRight Agency n’attend pas de jugement du TGI de Paris avant le mois de juillet 2006. D’ici là, les sociétés collectives d’auteurs et de producteurs sont totalement bloquées, et AdVestigo se retrouve dans une situation des plus difficiles. La société concurrente de CPRA n’a même pas encore reçu le feu vert de la CNIL, un précieux sésame sans lequel aucune recherche d’infraction sur Internet ne peut être réalisée en France.

“Nous sommes complètement sereins”, nous assure toutefois AdVestigo, qui préfère pour le moment “attendre de voir ce qui va se passer”. D’ores et déjà en cas de victoire, CPRA s’attend à ce qu’AdVestigo prolonge l’affaire en appel puis éventuellement en cassation, ce qui pourrait maintenir le gel encore plusieurs années.

Il faut également noter que la demande de brevet divisionnaire de CPRA (déposée le 5 avril) n’a pas encore été délivrée par l’INPI. Mais AdVestigo promet déjà d’attaquer le brevet en nullité (c’est-à-dire le faire annuler en contestant sa validité) dès que le dépôt donnera lieu à délivrance du titre officiel, ce qui devrait être le cas d’ici la fin de l’année. Là encore, il s’agit de procédures très longues susceptibles de recours en appel et cassation, et l’action en contrefaçon ne pourra être jugée qu’après avoir examiné la validité du brevet.

Pendant tout ce temps, aucune chasse aux pirates ne pourra avoir lieu au profit de l’industrie musicale.

La chasse aux pirates, une activité peu rentable

Malgré des contrats se chiffrant à plusieurs dizaines de milliers d’euros mensuels, la recherche et l’identification d’internautes pirates sur les réseaux P2P n’est pas une activité rentable. Stéphane Michenaud, le directeur de CoPeerRight Agency, nous l’a confirmé de vive voix. “Il s’agit d’une activité qui demande énormément d’investissement en machines et en main d’oeuvres, qui ne peut pas être rentable”, nous a-t-il ainsi affirmé lors de cette enquête. Du côté d’AdVestigo, la déclaration est moins ferme, mais le fond reste le même. “Nous avons trop peu d’historique pour savoir s’il s’agit d’une activité rentable”, nous indique ainsi la société. Rien que pour répondre aux demandes de la Sacem et surveiller pour son compte les actes de piratage sur environ 10.000 oeuvres musicales, Advestigo prévoit une batterie de huit serveurs dédiés. La société embauche à temps complet 25 personnes, tandis que CPRA compte 12 employés en France, et davantage encore dans les locaux de sa filiale canadienne.

Pourquoi donc persister dans ce domaine s’il est si peu rentable ?

Du côté de CPRA, on mise sur les marchés européen, américain et asiatique, et surtout sur l’exploitation de données statistiques du P2P à des fins marketing. Chez Advestigo, c’est à court terme le seul marché européen qui est en vue, alors que d’ici cinq à dix ans l’essentiel du chiffre d’affaires du prestataire devrait se réaliser sur le marché des entreprises. AdVestigo teste en effet sa technologie d’empreinte des contenus sur le piratage des oeuvres multimédia, mais pour l’adapter ensuite et surtout à la surveillance des communications (messageries instantanées, e-mail,…) au sein des entreprises.

La chasse au pirate peut donc bien s’arrêter, ça ne dérangera guère que ceux qui espéraient encore pouvoir briser le P2P à coup de procès…

L’article date du 7 octobre 2005. On attend avec impatience les nouveautés et les évolutions en matière de lutte contre le p2p promis par le nouveau gouvernement.


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juin 4, 2007

Les 10 vérités qui dérangent sur “Ratiatum” au sujet du piratage

Classé dans : Infos — derkraken @ 8:32

PC Inpact a traduit la liste des 10 “vérités qui dérangent” (hommage à Al Gore) au sujet du piratage de la musique, établie par la Fédération Internationale de l’Industrie Phonographique (IFPI). Puisqu’il est toujours nécessaire d’établir un dialogue constructif, Ratiatum a établi sa propre liste des 10 vérités qui dérangent l’industrie du disque (vous pouvez faire votre propre liste sur le forum de Ratiatum) :

1. Lorsqu’un consommateur achète un CD 16 euros, moins de 1 euro revient à l’artiste créateur de l’oeuvre.

2. L’industrie du disque a mis 10 ans à accepter de vendre de la musique sans DRM sur Internet, et seule EMI s’est pour l’instant pliée à cette demande continue des consommateurs.

3. Le droit d’auteur qui maintient un monopole de droits pendant 70 ans après la mort de l’auteur n’a aucune justification sociale ou économique, elle paralyse le renouvellement de la création au profit de l’exploitation continue des fonds de catalogue les plus populaires.

4. Les artistes-interprètes n’ont jamais eu autant de public dans les salles que depuis l’avènement de Napster.

5. AllofMP3.com a mis en évidence qu’il était possible de vendre de la musique aux internautes pirates, à condition de trouver un point d’équilibre entre l’offre et la demande.

6. La lutte acharnée contre les éditeurs de logiciels de P2P commerciaux comme Napster, Kazaa ou eDonkey a provoqué le développement continue d’offres de P2P libres et open-source avec lesquels il est impossible de négocier des accords de distribution légale.

7. La lutte contre les utilisateurs de logiciels de P2P libres et open-source favorisera le développement d’offres de P2P sécurisés et anonymes qui rendront la lutte très complexe et coûteuse voire impossible.

8. Le développement du piratage des chansons sur Internet n’a pas été contre-balancé par une politique de revalorisation de l’objet CD vendu en magasin. Au contraire, il y a eu une accentuation de la baisse de gamme et de la baisse des prix avec des boîtiers standardisés sans saveur.

9. Alors que toute l’histoire du développement du web montre une tendance générale à faire de l’internaute le premier promoteur des contenus, l’industrie du disque a refusé la licence globale qui visait à accorder aux internautes les mêmes droits et les mêmes devoirs (de rémunération) qu’aux stations de radios, les promoteurs traditionnels. Elle garantissait un nouveau canal de revenus à la filière musicale.

10. Le rôle des maisons de disques dans la chaîne de création et de distribution des oeuvres tend à se réduire à peau de chagrin, et c’est au fond ce qui les encourage à porter plainte aveuglément contre leurs propres clients.


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L’avenir du disque

Classé dans : Textes — derkraken @ 7:51

Il eut d’abord le cylindre, en suite le disque de cire, puis de vinyle pour finir avec le support laser. Qu’y aura t-il après ?

Bien sincèrement, le disque tel que nous le connaissons, risque de laisser place à la mémoire non volatile ou flash si vous préférez, le but ultime de tout systèmes électroniques etant de supprimer tout ce qui est mécanique, or un disque, même si la lecture est optique il faut qu’il tourne, donc mécanique. L’avenir est à la flash, au memory stick si vous préférez et comme cette technologie a tendance à la miniaturisation à l’extrême, je ne serai pas étonné de voir, dans 10 ans, 10Go dans une carte de la taille d’une pièce de 1€. Je crois même, comme c’est très à la mode, que ces flash seront plutôt du format d’une carte de crédit et si nos support audio numérique ou/et vidéo atteignent un jour de tel taille, plus besoin de pochettes ou de jaquettes, donc plus besoins d’acheter physiquement ces médias, la mort du disquaire et des maisons de disques est donc bien proche.

Il est certain que demain tous nos films, livres, revues, disques, … préférés ne seront plus disponibles que par internet, sauf quelques exceptions et cela veut aussi dire la fin du monopole des maisons d’éditions qui n’auront plus de raison d’être, tout individu pourra créer sa propre maison d’édition et vendre ses oeuvres sur le net librement (dans un certain cadre juridique évidemment).Les auteurs n’auront plus les mêmes pouvoirs qu’aujourd’hui, pas qu’ils en auront plus ou moins, mais leurs pouvoirs seront différents, ils pourront créer, mais ne pourront plus maîtriser la circulation de leurs oeuvres, les majors ont beau faire de la répression, le peer to peer est là et pour longtemps, il en existe même des cryptés dont il est impossible de savoir ; qui échange quoi avec qui.

Et le droit d’auteur ?

Avec le numérique, il sera impossible de contrôler le transport des données, mis à part dans les lieux publiques et les sites publiques, le reste sombrera dans un marché noir, dans une circulation illicite et incontrôlable.

Comment faire, pour contrôler le caractère légale des informations ?

- Tout filtrer et/ou Placer des agents de polices virtuel prendrai trop de ressources.
- Limiter la bande passante, interdire l’accès au web serait contre l’évolution des nouvelles technologies.
- Protéger les fichiers avec des DRM ou autre systèmes me rappel les logiciels aux protections infalsifiables, ça tiendrait quelques temps, mais c’est tout.

Le mieux est de faire prendre conscience des enjeux, créer une sorte de déontologie, la répression ne fait qu’installer la fraude et les mauvaises attitudes et si aujourd’hui la répression est encore possible, qu’en sera t-il demain quand le trafic numérique sera tellement intense qu’il sera impossible de contrôler quoi que ce soit, là il sera trop tard, les mauvais habitudes seront prise et définitivement ou bien alors on sombre dans la propagande avec incitation à la délation, comme au temps du petit moustachu.

C’est aujourd’hui qu’il faut prendre les choses en main et proposer quelque chose de viable, de réellement viable et le copyleft l’est.

Quand on parle de copyleft beaucoup disent « Et comment vont vivre les artistes ? », selon le journal Libération, Nouvel Observateur et d’autres sources, peu d’artistes et mêmedes artistes très connus ne vivent pas de leurs activités culturelles, à peine 10 à 15 % d’entre-eux selon les différentes sources, pire des artistes aussi connus que Les Wampas, Anne Pierlé, Musta Largo, Autour de Lucie, … sont aux limites de la précarité.

C’est ça que les majors appel faire vivre les artistes et que les télécharger illégalement les tuent !

Mis à part Johnny (et encore), JJ Goldman, C Dion, H Segara, .. le system tel que nous le connaissons ne fait vivre que très peu d’artistes, pire il les opprime et pour preuve un témoignage parmi tant d’autres, celui de Grazielle de Michele, vous vous souvenez « le pull-over blanc », se plaint que sont album « le Clown d’Alicante » est sorti depuis 10 ans et jamais il ne fût commercialisé, rappelez vous aussi Axel Bauer (Cargo de Nuit) qui a réalisé quelques albums jamais sortis, car jugés non rentables.

L’industrie du disque ne fait vivre que leurs patrons et actionnaires et quelques artistes, payent leurs personnels et puis c’est tout.

Une bonne solution serait d’encourager la contribution volontaire, le mécèna, le sponsoring d’artiste. Imaginez si un artiste aussi connu que Calogero distribuait son CD librement sur son site avec une bannière publicitaire, tout comme au début d’internet, ces webmaster qui se faisaient un peu d’argent avec la pub sur leur site. En suite l’artiste peu se faire rénumérer pour des prestations publiques ou autres …
Artistes, le monde change, prenez le train en marche !

La mort de ces grosses sociétés d’éditions ne peut être que bénéfique pour l’artiste et légitime dans un monde ou chacun peut s’exprimer librement avec des moyens tel qu’internet. Ce monde arrive devant nous, sachons nous y adapter.


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CE QUE POURRAIT ÊTRE UN ART LIBRE

Classé dans : Textes — derkraken @ 7:41

CE QUE POURRAIT ÊTRE UN ART LIBRE
Jean-Pierre Depétris
1. L’art sort du marché

1. L’art du vingtième siècle était dans le système marchand, dans le même sens où l’art rupestre était dans les grottes, ou l’art sacré dans les temples.
Il était un art marchand, comme on dit art sacré, art rupestre.

2. Pourquoi le dire au passé ? Il existe bien encore un marché de l’art, un marché du livre, un marché du disque, sans parler d’un très grand marché du multimédia. Le marché existe, mais y distingue-t-on encore un art contemporain, comme furent visibles dans le marché, disons au hasard, Rembrandt, Turner ou César ?

3. Il y a dix ans encore, j’étais persuadé que ce marché privé de l’art allait être remplacé par un marché public. Le marché public n’a rien changé à la disparition de l’art du marché.
On passe seulement d’un marché privé de l’art à un marché privé d’art.

4. En cherchant bien, on trouvera peut-être dans ce marché quelques œuvre intéressantes. Elles s’y noient bien plus qu’elles n’y apparaissent.
L’art contemporain n’apparaît plus dans le marché, alors qu’il y a peu de temps encore, on ne le trouvait que là. Il n’apparaissait pas en dehors.

2. L’art et la marchandise

5. Comment l’artiste était-il entré dans le marché ? Sous l’ancien régime des privilèges, il y est entré par « privilège du Roi », sous la révolution bourgeoise, il y est entré par la reconnaissance de son « droit de propriété », avec les idées socialistes, il y est entré comme « travailleur intellectuel ». Depuis la seconde guerre mondiale, le problème se complique : employé culturel, petit entrepreneur… ?

6. Pourquoi est-il entré dans le marché ? Parce que le marché était son véhicule.
L’art est d’abord entré dans le marché par la littérature, et la littérature par l’imprimerie. La photographie, le disque, le cinéma, ont fini de faire entrer tout l’art dans le marché. Cette époque est terminée.

7. Le modèle marchand de l’art est le livre. Qu’est-ce qu’un livre ? Pour le marché, la définition est simple : ce sont des feuilles de papiers contenant des signes linguistiques, brochées ou reliées, en un certain nombre d’exemplaires.
C’est une définition très claire, mais qui suppose quand même qu’il n’existait pas de livre avant l’imprimerie.

8. Cette définition implique aussi que le livre n’est pas fait par un auteur, mais par un imprimeur et/ou un éditeur. (La reconnaissance d’un droit vient donc remédier à la négation d’un fait.)

9. Le sens juridique et commercial du mot livre est sensiblement différent de son sens courant dans toutes les langues naturelles, qui suppose, lui, l’articulation de signes graphiques dans un ensemble cohérent sur un support quelconque.
Les deux définitions sont même sensiblement contradictoires, puisque l’une désigne le livre indépendant de tout support, l’autre l’assimile au support.

10. De fait, dans le monde moderne, le livre n’existait que sous la forme d’objet manufacturé. Dans le monde marchand, un livre inédit n’était tout simplement pas un livre.
La photographie, le gramophone, le cinéma, la radio ont étendu cet état de fait à toute activité artistique.

3. Objet et langage

11. Le remplacement des procédés de reproduction analogiques par des procédés numériques a d’abord semblé être une apothéose du marché ; en fait, il sonnait son glas.
Pourquoi cela ? Parce que la numérisation implique la contingence du support.

12. Le numérique ne fait pas qu’émanciper l’œuvre du support, il abolit la séparation entre écriture et édition.
Il n’y a pas d’un côté le manuscrit unique que produit l’auteur, et qui attend l’imprimeur pour devenir un livre réel. Le fichier numérique est immédiatement réitérable.
Mieux, l’œuvre n’est pas comme le plan ou le projet qui attend d’être réalisé en dur : le livre imprimé. C’est plutôt le livre imprimé qui devient la copie, la reproduction toujours réitérable de l’œuvre originale.

13. Ici la définition du livre rejoint celle qui a toujours eu cours dans les langues naturelles, et elle contamine aussi toute création artistique.
Le plasticien, le musicien, tendent irrésistiblement à considérer le document numérique comme l’œuvre véritable.

14. Il ne s’agit pas de prédire la disparition de la toile unique, ou de la musique vivante et in situ, pas plus que celle de l’événement, la manifestation, la performance ou du happening, mais aucun artiste ne peut encore ignorer que son œuvre est susceptible de s’émanciper de la toile, de l’instrument, de la situation.
Irrésistiblement, il est amené à se reconnaître l’auteur de cette part émancipable de tout support et réitérable à l’infini.

15. Supposons un très bon orateur qui ne sache pas écrire, ou ne se soucie pas de le faire, ou seulement ne sache pas écrire comme il parle. Un autre note ses paroles. Quel en est l’auteur ? Celui qui parle, certainement, et non le scribe.
C’est une situation fréquente dans l’antiquité (l’Iliade, le Tripicata). Elle cesse avec la généralisation de l’écriture. L’auteur (est devenu celui qui) écrit.
Maintenant, irrésistiblement, l’auteur devient celui qui édite un fichier numérique.

16. Au vingtième siècle, on a fini par dire que l’éditeur faisait le livre, et non l’auteur. Disiez-vous « un livre inédit », on vous corrigeait : « un manuscrit inédit ».
Et ce n’était pas toujours sans raison. Il y eut des livres d’éditeurs, seulement écrits par des rédacteurs.

17. Aujourd’hui, un éditeur est principalement un programme, un outil pour l’écriture. Écrire devient éditer un texte.
Il en va de même pour la musique. Le musicien ressemble à un ingénieur du son. Le travail de l’artiste se déplace toujours plus vers celui qu’il abandonnait précédemment en aval de son œuvre.

18. Dans ses Cours sur l’Esthétique, Hegel attribuait à la poésie une place supérieure aux autres arts en ce qu’elle seule pouvait s’émanciper de tout support, et donc de l’espace et du temps. Manifestement, les autres arts la suivent dans cette voie.

19. Comment les autres arts suivent-ils la même route que la poésie ? (Il n’est pas question ici d’analyser comment l’art s’émancipe de tout support depuis ces deux derniers siècles, même si cette analyse est incontournable, mais de savoir comment, pratiquement, il le fait en ce moment même.)
En prenant la forme de fichiers numériques immédiatement réitérables à l’infini ? Pas seulement.
En étant immédiatement édités par l’auteur lui-même ? Non plus.
Ils la suivent d’abord en devenant eux aussi, essentiellement, des documents composés de signes graphiques ; en devenant, d’un certain point de vue, du texte, du moins du langage, en acquérant son caractère textuel.

20. C’est ainsi que l’art sort du marché : en sortant de l’objet manufacturé, donc de la marchandise.
L’art cesse d’être dans le marché pour être dans le langage.

4. L’objet linguistique

21. Nous pourrions dire que l’art sort du marché pour entrer dans la noosphère, ou pour devenir immatériel. Ça ne résoudrait en rien les ambiguïtés qui règnent sur ce qu’on doit entendre par signe, langage ou texte.

22. Pour complexe que soit la notion de document numérique, elle n’est pas pour autant obscure. Elle est seulement complexe dans le sens où elle suppose une architecture verticale de langages différents.
Texte en langue naturelle converti en langages de programmation, convertis en langages numériques, convertis en langage binaire.

23. Sur cette architecture, texte en langue naturelle peut être remplacé par image, son, ou à peu près tout ce qui est intuitif aux sens.
Cette première couche intuitive se trouve à la surface de diverses couches de langages qui deviennent de plus en plus indéchiffrables jusqu’à des suites binaires.

24. Dans le monde qui s’achève, le modèle de l’œuvre était le livre imprimé. Quel est-il aujourd’hui ? Le fichier propriétaire ? en source libre ? en code hexadécimal ? en code binaire ?
Cette question est moins complexe qu’elle ne le paraît d’abord. L’œuvre véritable est l’œuvre éditable (et non plus seulement réitérable), c’est à dire une copie transparente dont on peut modifier librement le code source.

5. L’art spectaculaire marchand

25. Le marché s’adresse à une clientèle. Celle-ci peut être un cénacle d’amateurs éclairés comme un très large public populaire. Elle n’en demeure pas moins une clientèle.
L’art marchand est essentiellement déterminé par une clientèle. S’il s’adresse à une clientèle d’avant-garde, il est d’avant-garde, s’il s’adresse à une clientèle populaire, il est un art populaire.

26. L’art marchand est déterminé par une nette séparation entre producteur et consommateur : le créateur et son public. Le premier est d’autant plus célèbre que le second est anonyme.

27. L’œuvre d’art marchande, comme toute marchandise, peut donner lieu à de nombreuses déclinaisons : œuvre unique et chère réservée aux collectionneurs, tirages limités et numérotés, éditions bon marché. Il pourra en exister aussi des produits dérivés.
Une même œuvre peut donc être déclinée pour des publics différents, et même pour tous les publics. C’est ainsi qu’une œuvre marchande peut conserver un caractère élitiste tout en devenant célèbre et sans que de larges masses l’ignorent.

28. La nette séparation entre le créateur et son public, qui se concrétise dans l’objet d’art, implique que la consommation ne touche pas à l’intégrité de l’objet. L’objet d’art ne doit pas être altéré dans sa consommation, qui doit donc être seulement contemplative, spectaculaire.

6. Art et travail intellectuel

29. Le marché de l’art a séparé le travail artistique des autres formes de travail intellectuel.
Le marché a séparé l’art des sciences, de la philosophie, des mathématiques, de la logique…, de toutes les productions intellectuelles qui ne peuvent produire des objets d’art.

30. Naturellement, on peut vendre un livre de mathématiques ou de physique comme n’importe quel autre livre. On peut vendre aussi n’importe quel objet manufacturé qui soit l’application directe d’une recherche scientifique, et envers lequel le brevet tient un rôle comparable à celui du droit d’auteur.
Il se trouve qu’il n’y a pas de marché de la science, de la philosophie ou des mathématiques, même sous la forme d’un marché des brevets, comme il y a un marché de l’art.

31. Le marché de l’art fonctionne sur une clientèle – sur des consommateurs directs -, et c’est principalement ce qui l’isole et le distingue des autres activités intellectuelles.
« L’art produit des œuvres », a-t-on dit, et les œuvres, dans le marché, deviennent des marchandises.
Une activité intellectuelle qui ne produirait pas immédiatement des marchandises ne serait pas de l’art.

32. L’art tend à devenir plus difficilement une marchandise. Cela tient en partie à l’évolution propre de l’art, et, en partie, à l’évolution du marché et de la marchandise.
Le marché tend à être de moins en moins libre ; l’art, de plus en plus.

7. Les contradictions de l’art marchand

33. En réalité, ni l’art ne veut sortir du marché, ni le marché ne veut expulser l’art, et leur divorce engendre des contradictions cocasses.
Une des plus cocasses est l’effet Bovary.

34. Dans l’art marchand, l’artiste peignait son monde (non plus un « autre monde » et s’y identifiait. « Bovary, c’est moi », Disait Flaubert à son procès.
À la fin du vingtième siècle, le monde s’identifiait à l’artiste : « Flaubert, c’est moi », aurait dit Madame Bovary.

35. Il n’est rien de comique à ce qu’un art soit fait par tous et pour tous, mais un tel art devrait alors être sensiblement différent d’un art marchand.
Supposons que les lecteurs de romans ne lisent plus que pour apprendre à devenir romanciers, qu’on n’entre plus dans les galeries que pour apprendre à peindre ; le marché risque d’abord d’en être sensiblement modifié, et, plus profondément, la nature de l’art et les méthodes de création.

36. Ce sont ces contradictions cocasses qui ouvrent l’époque nouvelle. Le marché de l’art n’est plus rien d’autre que celui de ces contradictions cocasses.

8. Programmation et travail intellectuel

37. Le marché avait séparé l’art de la vie intellectuelle. L’art se libère en brisant cette séparation.
Une part de l’art (marchand) se libère (en sortant) du marché, une autre sort de celui de l’art pour créer le marché de la culture, des loisirs et de l’animation sociale.

38. La libération de l’art et la recomposition du travail intellectuel se fait essentiellement autour de la programmation et grâce à elle.
D’une façon très pratique, la numérisation des données, l’ordinateur personnel et l’internet sont les principaux instruments de la libération de l’art. D’un point de vue plus profond, la dimension épistémologique du phénomène génère de nouveaux paradigmes.
(Un tel vocabulaire, certes, appelle plus d’explication qu’il n’en fournit.)

39. En s’émancipant du marché, l’art trouve des prises plus directes avec le réel. Il prend ses distances avec l’objet, l’œuvre, le produit marchand, au profit de la dimension symbolique, linguistique, sémiotique, sémantique, poétique, pragmatique ou performative.
Par cela, il devient essentiellement travail intellectuel.

40. Dans le même temps, les sciences et les mathématiques suivent des cheminements convergents avec celui de l’art.
Ici encore, la programmation tient une place déterminante.

9. Travail intellectuel et intuition

41. Les mathématiques ont adopté un cours nouveau depuis l’usage généralisé de l’ordinateur, avec la possibilité de faire effectuer par la machine des quantités de calculs qui auraient été inconcevables dans les époques antérieures.
Apparaît alors une nouvelle mathématique basée sur l’expérience et l’observation de « phénomènes numériques », et non plus sur l’hypothèse et la déduction.

42.À l’inverse, les sciences de la nature ont plus recours à des modèles automatiques, c’est à dire, abordent les phénomènes naturels à travers des programmes qui les simulent.
Elles découvrent alors des comportements mathématiques communs à des phénomènes sans rapport, ou transversaux à des disciplines, par exemple, la climatologie et l’évolution des cours boursiers du coton.

43. Alors que l’effort visait depuis longtemps la modélisation des phénomènes, le modèle lui-même se comporte à son tour comme un phénomène naturel.
Ou encore, alors que l’énoncé se proposait d’être l’explication, la description, la démonstration du phénomène (ce qui se conçoit bien s’énonce clairement), il devient ce qui demande élucidation (ce qui s’énonce bien doit être clairement conçu).

44. Une bonne part de l’activité cognitive appartenant en propre à la raison peut être abandonnée à des dispositifs logiciels. (Comprenons intelligence artificielle au sens de prothèse cognitive, comme on pourrait parler de perception artificielle à propos de prothèses auditives ou ophtalmiques, même si les lunettes ou les sonotones ne voient ni n’entendent rien par eux-mêmes.)
Le travail intellectuel humain est alors essentiellement orienté vers la conception intuitive.

45. Mathématiques et sciences rejoignent ici l’esthétique, non pas dans la recherche du beau, ni du vrai, mais de l’intuition.

46. « Nous savons que cet énoncé est vrai. Nous savons même qu’il participe du réel en ayant la possibilité d’intervenir sur lui et de le modifier. Mais nous ne comprenons pas ce qu’il veut dire. »
47. « Jusqu’à maintenant les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, il s’agit maintenant d’interpréter leurs énoncés. » Cela peut se concevoir comme une conclusion stupide à quatre siècles de modernité.
C’est globalement celle qui est proposée sous le nom de « Culture ». L’enjeu est d’échapper à cette stupidité.

48. Le beau est l’essence qui apparaît, disait en substance Hegel dans ses cours d’esthétique. On peut bien considérer l’apparence comme contingente, mais que serait une essence qui n’apparaîtrait pas ?
Si nous concevons l’apparence comme un apparaître, alors nous concevons le réel comme une réalisation.

49. Dans le modèle classique, le savant cherchait à énoncer la réalité (la décrire, l’expliquer ou la déduire), tandis que l’artiste cherchait à la montrer, la rendre intuitive.
Ces deux perspectives se rejoignent en se dépassant : l’énoncé devient programme.
L’énoncé doit être intuitif et programmatif (performatif ?) à la fois. Les deux nécessités n’en font qu’une.

10. La double impasse marchande

50. En sortant du marché, l’art court un certain nombre de risques. Le premier est de se retrouver à la rue. Il risque de changer sa place dans le marché : de producteur qu’il était, devenir consommateur – consommateur d’informations, de publications, de matériels et de matériaux, notamment consommateur d’ordinateurs et de programmes ; au mieux, consommateur de technique et même de science.

51. Si l’art doit être fait par tous et pour tous, il est probable qu’il représente un immense marché. La production artistique ne sera plus productrice dans ce marché, mais consommatrice.
On comprend bien alors qu’un certain nombre d’artistes aient des positions conservatrices devant cette perspective. Mais que peuvent-ils espérer ?

52. Dans un tel marché, les artistes ne peuvent revendiquer un statut de professionnels qu’en s’en faisant les supports publicitaires. (Tel excellent photographe, par exemple, s’attachant à telle marque de pellicules et se faisant sponsorisé.)
Pourquoi pas ? L’art n’a jamais été alimenté par des sources moins contestables. Le problème est ailleurs : Si de telles conditions permettent la réalisation de l’art, les artistes les accepteront. Le leur permettent-elles ?

53. Si le marché de l’art devait devenir un marché de la consommation, après avoir été celui des œuvres, alors l’œuvre devrait s’y effacer au bénéfice du talent.
Nous pouvons oser la comparaison avec le sport : le sportif professionnel vent son talent. Il fait vendre indirectement des produits manufacturés qu’il ne produit pas mais qui le sponsorisent.

54. On pourrait imaginer des artistes qui font des « performances », dans le sens non anglophone du terme.
Que manquerait-il ? Il manquerait principalement la possibilité de compter les points, de mesurer la performance. Un sport a des règles précises, l’art devrait-il s’en donner ? Qui feraient les jurys, qui seraient les arbitres ?

55. Supposons qu’on distingue amateurs et professionnels sur les ventes, le chiffre d’affaire, l’audience publique… : le cercle ne se refermerait-il pas sur lui-même ?
(Zidane est-il célèbre parce qu’il est professionnel, ou est-il professionnel parce qu’il est célèbre ? Il est les deux parce qu’il marque des points.)
Le marché de l’art a déjà largement évolué en ce sens. Et que se passe-t-il ? L’art sort du marché.

11. Calcul et langage

56. L’art est plus sérieusement menacé de devenir simple consommation de science et de technique ; mais en ce cas, la menace serait encore plus grave pour celles-ci.
Un ordinateur est avant tout un instrument qui opère des calculs. C’est une évidence qui tend à se dérober. Les techniques et les sciences consommées seraient donc celles du calcul.

57. Qu’est-ce que les mathématiques ? On peut sérier la question : Les mathématiques sont-elles un langage ? Ou ont-elles une existence indépendante de leur langage ?
C’est une question très complexe qu’on peut encore varier : Le pluriel de mathématiques désigne-t-il une pluralité de langages ? Ou, au contraire, une pluralité de mathématiques seraient-elles unifiées en un seul langage ?

58. L’option tacitement choisie par la modernité semble bien être que plusieurs mathématiques sont unifiées par un seul langage.
Ce n’est qu’une option tacite, qui pourrait fâcher si l’on cherche à la justifier. Rien n’est moins clair, dans la culture contemporaine, que le possible rapport entre langage mathématique et un éventuel référent.

59. Un langage unifié des mathématiques pouvait avec quelque raison être considéré comme une bonne chose au début du vingtième siècle. À la fin, on se demande si, contre toute attente, on ne doit pas une excessive complexité des mathématiques à ce qui aurait dû les simplifier.

60. Les mathématiques sont-elles autonomes de leur langage ? C’est un peu comme si l’on se demandait si le monde était indépendant de la langue française : le monde réel, naturel, imaginaire, irrationnel… pourtant, la langue française le décrit bien ; elle sait aussi décrire, expliquer ou paraphraser le langage des mathématiques.
On pourrait penser que, dans certains cas, l’extrême difficulté des problèmes, et surtout l’extrême cloisonnement des diverses mathématiques, pourraient bénéficier d’un plus large recours à la langue naturelle.

61. Les mathématiques seraient le langage, non pas de Dieu, comme cela put paraître évident à quelques esprits initiateurs de la modernité, mais de la nature.
Reste à savoir jusqu’à quel point les mathématiques seraient un langage, et si leur rapport avec le monde physique est de nature linguistique.

62. Jusqu’à quel point une preuve mathématique peut-elle établir une certitude ? Jusqu’à quel point preuve mathématique et certitude ne sont pas une contradiction dans les termes ? La certitude relève de l’intuition synthétique ; la preuve, de la déduction analytique. Tout le problème est d’établir la déduction sur l’intuition. (L’inverse est-il pensable ?)

63. Les mathématiques contemporaines supposent une formidable confiance en un langage, une confiance qui excède largement le raisonnable. (« Le langage mathématique se révèle efficace au-delà du raisonnable », Wigner 1960.)

12. La nouvelle Babel

64. Le formalisme mathématique des débuts du vingtième siècle n’a pas offert ce qu’on attendait de lui, mais ce qu’on n’en attendait pas.
Si l’on avait cru qu’il allait nous aider à penser, ou seulement à compter, on s’est trompé, mais il s’est révélé efficace pour faire calculer des machines à notre place.

65. Les machines ne calculent pas comme nous. Elles manipulent des suites binaires que nous avons la plus grande peine à déchiffrer. Nous ne nous y essayons pas, d’ailleurs, nous les convertissons en d’autres langages, qui tiennent à la fois d’une langue naturelle – l’Anglais -, et d’un langage logico-mathématique : le code source.

66. À partir du code source, nous pouvons aller aux langages mathématiques, aux langues naturelles, aux langages machines, aux « langages » des sens : son, image, textures…

67. Le langage formel des mathématiques ne fait pas ici fonction de langage universelle. Il n’y a pas de langue universelle, mais une floraison de langages, de divers niveaux, qui, cette fois, contrairement au mythe de Babel, ne semble pas diviser, ni décourager les bâtisseurs.

13. Lecture écriture et édition

68. « Si la généralisation et le développement de systèmes d’exploitations basés sur des interfaces graphiques et métaphoriques de plus en plus perfectionnées, permettent de rendre l’usage de l’ordinateur accessible à celui qui n’a pas connaissance de son fonctionnement, ils nous éloignent et nous cachent la véritable nature du programme informatique et son potentiel métaphysique. » BlueSreen (.

69. À la fin du vingtième siècle, on a cru voir venir la fin de l’écriture. C’est le contraire qui advint : tout est devenu texte.
Le nom « source », dans « code source » est très explicite. Le code est à la source de tout. La source est libre quand elle est lisible, et elle est lisible quand les lignes de commandes sont explicites ou accompagnées de commentaires.

70. Au début de la modernité marchande, la vie intellectuelle concernait une élite lettrée bien circonscrite dans quelques capitales européennes ou gravitant autour. Rendre public son travail signifiait implicitement le faire connaître de cette élite. Aujourd’hui, presque chacun peut virtuellement s’adresse au monde entier dans une langue quasiment universelle.
Naturellement, cette possibilité reste toujours virtuelle, à l’autre extrême d’une communication privée menacée. Toute communication réelle se place entre ces deux pôles : universel et privé.

71. Quand bien même continuerait-il d’exister un milieu homogène composé de célébrités faisant fonction de leaders d’opinion, il serait réduit à donner un spectacle de masse de la pensée.
Sa production s’inscrirait dans un marché de masse de la culture et du loisir, dans le marché du divertissement clé en main.

72. La finalité de l’écriture, avant, était la production d’un texte édité. Elle l’est maintenant d’un texte éditable – voire de musiques, d’images… éditables.

73. Le problème qui se pose en ce moment-même sur les droits d’utiliser librement, de diffuser, de copier et de modifier, est déjà un problème d’arrière-garde. Le problème actuel est celui de la possibilité (et non seulement du droit) d’éditer.
Un travail intellectuel ne saurait qu’être éditable. Le concept d’édition remplace et unifie ceux de lecture et d’écriture.

14. Liberté et lisibilité

74. Personne ne sait très bien aujourd’hui ce qu’est un art libre. C’est une idée neuve, jamais évoquée avant. On a revendiqué un art révolutionnaire, un art engagé, un art pour l’art, un art pour tous et par tous, un art indépendant, un art populaire, un art démocratique,… on n’avait jamais sérieusement pensé qu’un art pût être libre, ni comment.

75. En partie, l’art libre s’inscrit dans le prolongement de la modernité du vingtième siècle et n’y apporte visiblement rien de neuf, en partie, il calque son principe sur ceux de la distribution des logiciels libres.
Il y a donc un rapport, jusqu’alors impensé, entre libre et lisible. Reste à mieux penser ce que serait cette lisibilité pour l’art.

© Jean-Pierre Depétris, avril 2003
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer
et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre.

Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft
Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d’autres sites.

Adresse de l’original : jdepetris.free.fr/load/arlib.html


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Historique du Mouvement Libre

Classé dans : Textes — derkraken @ 7:32

Le mouvement libre est apparu dans les années 80′s, lorsqu’un certain Richard Matthew Stallman s’est aperçu que tous les contenus informatiques (comprendre principalement logiciels, drivers, etc.) commençaient à se fermer, les éditeurs refusant de dévoiler le code source de leurs programmes (pilotes d’imprimantes pour la note historique). On commençait alors à entrevoir qu’il serait prochainement impossible de contrôler soi-même son ordinateur, de faire ce que l’on entend de son matériel et de ses logiciels.

Le manifeste GNU est né en partant de ce postulat, et voulant proposer une réelle alternative au monde propriétaire.

De ce point de vue historique, seuls les logiciels et matériels informatiques sont concernés par l’esprit libre. Cependant, le mouvement a depuis grandi, laissant le champ ouvert à la réflexion. Pourquoi ce terme de liberté, pourquoi cette philosophie de distribuer, modifier, comprendre un code source ferait-il la seule joie des programmeurs et autres geeks ?

Afin de fournir des documents garantissant les mêmes libertés que celles des logiciels libres, la FSF créa la licence GNU FDL, transposant ainsi les 4 libertés fondamentales d’un logiciel libre aux documents (estimant que les deux étaient liés et qu’un logiciel devait avoir sa documentation libre pour pouvoir lui-même être véritablement libre). Des logiciels et des documents informatiques, est-ce là les seuls domaines touchés par la culture libre ?
Non, bien évidemment, d’une même époque sont nés les mêmes constats, les mêmes envies, et la même philosophie. De nouveaux intervenants ont dès lors cherché à rendre possible l’échange d’œuvres afin de contribuer à l’enrichissement commun, pour une culture accessible à tous.

C’est de ce constat qu’est né la Licence Art Libre, une initiative française conduite par le collectif Copyleft Attitude, avec pour objectif de transposer les libertés de la GNU GPL aux oeuvres non logicielles.

Aujourd’hui le mouvement du logiciel libre s’est étendu au-delà des simples logiciels et la “culture libre” touche de nombreux domaines : musique, littérature, films, sites internet, graphisme, photographie, documents, dessin, …

Il existe en outre de nombreuses licences libres correspondant plus ou moins à chaque création, à chaque envie, à tout besoin. Les licences libres de la culture libre reprennent (pour la plupart) les 4 libertés fondamentales d’un logiciel libre. De même que pour les logiciels, certaines licences sont copyleft : elles imposent que tout travail dérivé ou que toute modification apportée à l’œuvre originale conserve la licence choisie par l’auteur initial.

Vous êtes l’auteur d’un roman, d’un poème, d’une étude universitaire, ou de tout autre écrit issu de votre main (ou de vos doigts) ? Vous êtes musicien amateur ou semi-professionnel ? Ou tout simplement un artiste envieux de diffuser ses oeuvres, de partages ses créations, et de les laisser évoluer.
Les licences libres sont certainement un outil formidable pour permettre une diffusion et une réutilisation optimale de celles-ci.
Vos oeuvres pourront ainsi circuler librement, être reprise dans d’autres, et évoluer, tout ceci dans le respect de la licence libre originale : ainsi, vous serez systématiquement cité dès que votre oeuvre sera reprise ou diffusée.
Mais, n’ayez aucune crainte, en aucun cas cette licence ne pourra permettre d’attenter au respect de l’oeuvre ou de son auteur (vous) : les droits moraux, inaliénables, empêchent toute dérive qui serait susceptible de vous porter préjudice.
Pour résumer, mettre une oeuvre sous licence libre vous assure une plus grande diffusion de votre oeuvre, une plus grande reprise de son contenu (il s’agit en quelque sorte d’un « droit de citation élargi ») et une plus grande renommée (vous assurant la paternité de vos oeuvres, et vous permettant surtout de toucher un public plus intéressant).

De nombreux portails vous permettent de déposer et promouvoir vos oeuvres. Sans être exhaustif :

* Pour la musique : Dogmazic.netBoxson.netKeopz.com
* Pour la littérature : InLibroVeritas.net
* Pour tous types d’oeuvres sous Licence Art Libre : Copyleft Attitude


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Si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous… Vous êtes en plein dedans !

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 7:29

Par Alex Türk, président de la Cnil

Si vous interrogez un homme politique en charge des questions de sécurité aujourd’hui sur ce qu’il pense des techniques de surveillance utilisées pour prévenir la criminalité, il y a de grandes chances pour que l’on vous parle des avantages de la vidéosurveillance. Vous pouvez entendre des arguments convaincants sur le gain de sécurité apporté dans les alentours, car ces systèmes agissent comme une dissuasion au crime.

Ou vous pourriez entendre parler du devoir de traque des terroristes par la collecte d’informations sur les passagers des compagnies aériennes ou par l’obligation d’utiliser des passeports biométriques. Peut-être découvrirez-vous comment l’informatique de confiance vous protège des logiciels malveillants et des virus. Ou comment l’examen des e-mails et l’écoute clandestine des appels aident la police à trouver de potentiels criminels de toutes sortes.

Tout cela devrait vous plaire puisque l’idée est que vous commenciez à penser que ces techniques sont les meilleures qui soient. Mais faisons face aux risques cachés mais néanmoins très présents de tout cela. Bien que les caméras publiques puissent aider la police à trouver des criminels, les systèmes modernes de vidéosurveillance, comme ceux utilisés à Londres, sont capables aujourd’hui de cibler toute personne que les opérateurs souhaitent surveiller en utilisant l’identification faciale automatique. Ainsi, cela permet à la police de créer une base de données détaillées de tous vos mouvements.

La conservation des enregistrements des passagers aux Etats-Unis ainsi que l’obligation pour tous de se soumettre aux passeports biométriques sont supposées aider à combattre le terrorisme. Mais cela permet aussi aux services secrets de collecter de l’information précise sur la nationalité de chaque voyageur. Des informations précises telles que vos empreintes digitales, la couleur de vos yeux, et une photo haute-résolution de votre visage. Informations que vous espériez habituellement qu’elles soient récoltées au sujet des criminels suspectés.

L’informatique de confiance promet d’accroître la sécurité de votre PC en permettant seulement à certains logiciels fiables de fonctionner sur votre ordinateur. Mais ce que l’on ne vous dit pas c’est que la personne qui décide des logiciels auxquels on peut faire confiance et qui sont donc autorisés à être installés sur votre PC n’est certainement pas vous.

D’un côté, surveiller des e-mails et mettre sur écoute des appels pour des mots-clés suspects permettraient d’arrêter quelques criminels de troisième ordre, mais d’un autre côté cela permet à toutes sortes de personnes impliquées dans le processus de surveillance de récupérer toutes sortes d’informations privées. Informations que vous ne voudriez justement pas partager avec le personnel du poste de police local.

Ces symptômes peuvent tous être pris comme une preuve de la lente mais régulière conversion de nos sociétés occidentales en états policiers.

Nos sociétés occidentales prétendent être des démocraties libérales mais nos leaders essaient d’imposer des lois des plus en plus répressives et instrumentalisent la peur publique de la terreur pour les justifier. Nous croyons que les personnes qui sont prêtes à perdre leur liberté pour une sécurité temporaire ne méritent aucun des deux et les perdront.


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juin 3, 2007

Lawrence Lessig

Classé dans : Anonymat — derkraken @ 2:11

Lawrence Lessig est incontestablement aujourd’hui l’un des plus célèbres juristes américains. Impossible d’entamer une conversation dans la Silicon Valley sur la question du logiciel libre, de la propriété intellectuelle et du Peer to Peer sans que son nom, ses livres ou ses positions ne soient immédiatement mentionnés. Et pourtant, il demeure quasiment inconnu en France, où ses ouvrages ne sont pas traduits.

Né en 1961, Lawrence Lessig est diplômé des meilleures universités américaines et anglaises : Wharton, Cambridge, Yale. Juriste chevronné, il aurait pu choisir une brillante et lucrative carrière d’avocat. Mais c’est vers l’enseignement et la recherche qu’il se tourne. D’abord à Chicago, à sa sortie de Yale en 1990, puis à Stanford, au cœur de la Silicon Valley. C’est là qu’il va se passionner pour les enjeux juridiques d’Internet, et prendre à bras le corps les questions de propriété intellectuelle.

Lessig, c’est d’abord et avant tout un fervent défenseur de la liberté d’expression , au sens libéral américain du terme. Et c’est cette position qu’il va défendre en tant que juriste actif et en tant que chercheur.

Sur le terrain, Lessig n’a cessé de faire entendre sa voix, notamment contre les grandes entreprises et les gouvernements qui veulent enfermer le réseau ou les logiciels contre ce qu’il appelle la « free culture ». C’est le procès Microsoft qui lui permettra d’accéder à la notoriété. Il sera l’un des conseillers les plus proches du juge Jackson, qui conduit le procès anti-trust du siècle contre la compagnie de Redmond. Il renouvellera son engagement de terrain en 2003, en tentant aux côtés d’universitaires, de musées, et de réalisateurs, de faire déclarer anti-constitutionnel le Sony Bono Act qui prolonge de 20 ans la durée légale des droits d’auteurs aux Etats-Unis. Il échouera à la Cour Suprême, dépassé par le puissant lobby des producteurs, mené par Disney.

La pensée de Lessig se retrouve dans trois ouvrages majeurs : Code and other laws of cyberespace , publié en 1999, The Future of Ideas , publié en 2001, et Free culture , publié en 2004 sous licence Creative Commons et téléchargeable librement sur Internet  www.freeculture.org). Impossible de résumer ici, en quelques lignes, la pensée riche de cet auteur prolixe et actif. Une interview donnée en 2004 au journal québécois Le devoir résume cependant bien son action. Il y déclare notamment :

“Le plaidoyer pour une culture libre achoppe sur une confusion qui est difficile à éviter, et même encore plus difficile à comprendre. Une culture libre n’est pas une culture sans propriété ; ce n’est pas une culture dans laquelle les artistes ne sont pas payés. Une culture sans propriété, ou dans laquelle les créateurs ne pourraient pas être payés, serait l’anarchie, et non pas la liberté. Et mon propos n’est pas de plaider pour l’anarchie”.

C’est pour répondre à ce paradoxe que Lessig a créé fin 2001 le concept de Creative Commons, qui se développe depuis un an en France. Creative Commons, dont Lessig est président, met à la disposition des artistes comme des créateurs de logiciels un système flexible de protection de la propriété intellectuelle, permettant à chaque auteur de définir lui-même les règles d’usage qu’il considère acceptables (pour en savoir plus : http://fr.creativecommons.org/index.htm ).

La dernière livraison de la Technology Review (juin 2005), éditée par le MIT, propose une bonne illustration des débats auxquels participe Lessig. Consacrant son dossier à la propriété intellectuelle, elle demande à plusieurs chercheurs – dont Lessig : « Qui possède les idées ? ». Belle question aujourd’hui ! Et la réponse de Lessig n’est guère surprenante : « Ceux qui les utilisent » ! Il ouvre ainsi le débat, notamment avec Richard Epstein – professeur de droit de l’Université de Chicago – qui répond que ce sont ceux qui les créent qui possèdent les idées. Le tout contrebalancé par l’entrepreneur Charles Ferguson, qui insiste sur le fait que ce n’est certainement pas Microsoft qui les possèdent !

Justifiant ainsi cette conclusion de l’éditeur de la revue : « C’est compliqué… ». Lawrence Lessig a encore bien du chemin pour faire avancer ses idées, qui rencontrent un écho croissant, alors que les procès contre les internautes adeptes du Peer to Peer font rages et que le logiciel libre connaît de plus en plus d’adeptes, y compris en entreprise. IBM n’a-t-il pas décidé d’investir 4 milliards de dollars dans Linux ? Et c’est bien sur le terrain juridique qu’une grande partie de cette société en réseau, encore mal ou pas régulée, va se construire. Les enjeux, y compris sociaux, en sont fondamentaux.

Lessig est un juriste engagé et militant. Il propose es solutions opérationnelles et pragmatiques pour répondre aux besoins de cette société en réseau qui se développe dans un univers qui ne se satisfait pas des règles juridiques de l’ancien modèle de production intellectuel, sans pour autant pouvoir avancer dans un monde sans droit.

Dominique Piotet, pour l’Atelier BNP Paribas

(Atelier groupe BNP Paribas – 10/06/2005)
 http://www.atelier.fr/article.php?artid=…


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Délation numérique

Classé dans : Infos — derkraken @ 2:05

Alors que le nouveau ministre de l’Education arrive dans ses bureaux, rappelons une des erreurs commises par le dernier gouvernement dont les répercussions risquent d’être terrifiantes pour les libertés individuelles.

Dès la rentrée 2007, la loi « prévention de la délinquance », autrement appelée Sarkozy II, obligera les directeurs d’école à remplir un fichier baptisé « base-élèves » qui sera accessible aux autorités locales, dont les maires. Tous les élèves seront fichés dans un fichier informatique unique, centralisé au niveau national, à Orléans. Pour chaque élève, les directeurs d’école « doivent indiquer » notamment les redoublements, les aides diverses (RASED..), la nationalité, la date d’arrivée en France, la langue et culture d’origine…

Premier scandale : des informations confidentielles seront accessibles aux élus. Ainsi, un élève qui échoue ou qui dévie une fois risque d’être catalogué sans pouvoir nécessairement rectifier les données consignées dans ce dossier. S’ils veulent vérifier l’exactitude de ces dernières, les parents devront faire une demande officielle à la CNIL et éventuellement engager des poursuites.

Deuxième scandale (plus grave) : les instituteurs qui dirigent les écoles deviennent de facto des agents de dénonciation auprès des services de l’immigration. Ainsi, le champ « nationalité » doit obligatoirement être rempli. Ensuite, il sera aisé pour n’importe quel élu de faire des listes d’enfants d’origine étrangère et de demander des arrestations en conséquence.

Quelques parents d’élèves mènent actuellement la fronde, en organisant des manifestations dans quelques grandes villes de France. La FCPE et Sud éducation essayent de mobiliser mais l’heure semble plus aux courbettes qu’à la révolte. La France a connu de tristes heures de délations nauséabondes, espérons qu’elle ne reproduise pas les mêmes erreurs…SC

Vu sur http://bingbangblog.canalblog.com/


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Stratégies de l’information

Classé dans : Infoguerre — derkraken @ 1:50

par François-Bernard Huyghe
 http://www.huyghe.fr.

Les stratégies informationnelles servent à accroître le pouvoir de celui
qui les emploie : elles augmentent sa capacité de faire prédominer sa volonté.

Qui dit stratégie dit agir dans des conditions adverses et en fonction de
facteurs dont on ne possède pas la maîtrise. La notion même de stratégie, art de
limiter autant que possible le hasard, implique que dans la vie réelle (et non
dans un jeu où le nombre de coups et les situations possibles sont limités par
des matrices), aucune méthode ne fonctionne à cent pour cent. Elle opère sur
des gens (c’est une pragmatique, pas une technique qui manie des choses). Elle
rencontre des obstacles, généralement la stratégie adverse et un pouvoir lui est
opposé : au minimum la résistance potentielle de celui sur qui elle s’exerce.
Donc pas de recette imparable.

Vaincre par les signes

Il est possible d’utiliser l’information pour vaincre:

– Soit en réduisant sa propre incertitude (ce qui correspond à une
définition classique de l’information), grâce à des renseignements ou des
connaissances qui favorisent les bons choix. Corollairement, il est utile
d’accroître l’incertitude de l’adversaire ou du concurrent. Le tout est de savoir
et d’empêcher de savoir afin de réaliser de meilleures performances. La
supériorité consiste ici en un différentiel de connaissance : A sait fabriquer telle
arme, pas B, A sait qu’il y aura demain tel mouvement en bourse, pas B. Il
s’agit de réduire à son profit le brouillard et la friction inhérents à tout conflit.

– Soit par des messages ou signaux qui produisent un effet sur la cible :
inciter, faire peur, séduire, convaincre…, et suscitent une réaction favorable à
ses desseins. La sémiologie parle de la fonction « conative » du message : elle
est centrée sur l’effet produit sur le récepteur. Ce principe est celui de la
publicité, de la propagande, y compris sous la forme la plus simple : faire
adhérer ou faire rejeter. Ce peut être celui de la déception au sens militaire :
tromper l’autre sur ses intentions, ses forces, sa localisation pour le pousser à la
faute.
– Soit en agissant sur la façon de traiter l’information, et ce qui la
structure. Ce peut être un système de transmission, un logiciel, un code. Mais il
est possible de s’appuyer sur les catégories mentales, sur l’idéologie, les
procédures et méthodes, la langue, les modes de raisonnement. Influencer,
former, voire formater sont les procédés les plus courants en ce domaine. Faire
adopter son vocabulaire, son code de déontologie ou ses habitudes de
consommation… Le secret est d’agir sur les réactions d’autrui, mais en amont,
quitte à modifier le code employé ou la prédisposition d’un acteur.
Pour faire formule, nous avions dit que la première stratégie d’information pèse sur les choses par le savoir, la seconde sur les gens par conviction ou incitation et la troisième sur l’information elle-même en modifiant le sens qu’elle prendra pour les acteurs.

Les trois types de stratégies se mêlent constamment et se soutiennent
mutuellement. Prenons un étudiant cherchant à assurer le succès de sa thèse et
à la rentabiliser professionnellement. Tout le travail de recherche,
documentation et bibliographie ressort à la première catégorie. Tout ce qui
touche à l’élaboration et à la mise en forme de son texte, bref toute son
éloquence à la seconde catégorie. Mais il faut aussi l’art de s’appuyer sur telle
école, sur l’autorité d’X ou de Y. Il faut la façon de réunir tel jury, tout le
dispositif matériel et relationnel qui soutiendra l’exposition et de légitimation
des idées exposées ressort à la troisième catégorie de même que la stratégie de
publication (le publish or perish des anglo-saxons) de présence dans les
colloques et séminaires, d’exposition médiatique, de réseaux.

De la même façon, une entreprise pratique la veille économique et faire
de la publicité et du marketing, ce qui correspond aux deux premières
fonctions, mais elle doit aussi songer à son image de marque, comprendre les
courants de valeurs et d’idées sur lesquels elle s’appuiera pour conquérir son
marché. Sans parler des pratiques de guerre économique où les sociétés
recourent à la désinformation et la déstabilisation informationnelles parfois
plus que ne le faisaient les États du temps de la guerre froide idéologique.

Notre troisième exemple, forcément dans le domaine militaire, peut se
trouver dans le classique des classiques, « L’art de la guerre » de Sun Zi.
Quand il conseille d’avoir des espions partout, cela ressort à la première
catégorie, quand il suggère de feindre l’inactivité au moment où on s’apprête à
lancer son attaque, à la seconde. Mais quand le général chinois recommande de
songer au moral de ses troupes ou, au contraire, de préparer les moyens de
démoraliser les adversaires ou de leur instiller une fausse confiance avant les
hostilités, il se range dans le troisième cas de figure.

Se soutenant mutuellement (pas de persuasion sans connaissance
préalable, mais pas de conviction si le terrain n’est pas réceptif), les stratégies
de l’information relaient et préparent les stratégies de force et de puissance.
Parfois même elles les remplacent. Les stratèges chinois considéraient le
stratagème comme le moyen le plus honorable de vaincre, suivi par la
diplomatie, et en dernier lieu la victoire militaire.

Savoir et croyance

Nombre de pratiques regroupées sous le terme ambigu de « guerre de
l’information » reposent sur la capacité matérielle de percevoir (ou d’empêcher
de percevoir) des signaux. Ainsi des capteurs et senseurs : un micro, un radar,
un scanneur correctement utilisé permettent d’écouter une conversation à
distance, de repérer un objet en mouvement, …. Inversement, un bon
camouflage, un brouilleur, la structure d’un avion furtif, l’emploi d’une encre
sympathique empêchent l’autre de déceler les indices de la présence d’un objet
ou d’un corps. Et une attaque contre un système informationnel adverse permet
de perturber la réception de sons ou d’images, la circulation de signaux
électronique, l’accès à un site ou à une base de données… Les stratégistes
américains ont théorisé cette notion en prônant « l’infodominance » dans le
cadre de la « Révolution dans les affaires militaires ». L’infodominance est, en
théorie, la situation de l’armée qui dispose sur le champ de bataille de capteurs
perfectionnés, de satellites et instruments d’interception, de moyens de
communication lui garantissant une coordination et une réaction instantanée.
Elle sait tout de l’adversaire qui ne sait rien d’elle et dont les systèmes
d’intelligence et de transmission sont détruits ou perturbés dès le début du
conflit, ses infrastructures critiques bien vite paralysées par un bombardement
chirurgical ou une cyberattaque. Cette vision utopique (les technologies de
l’information et de la communication garantissant la victoire quasiment sans
avoir à verser de sang) s’est récemment heurtée aux réalités de la guerre
asymétrique et du terrorisme. Ce qui, sur le papier, fonctionne très bien contre
un État avec armée, télétransmissions, réseau téléphonique, télévision nationale
et autres. ne vaut guère contre une guérilla.

Cet aspect purement technique de traitement des signaux est affaire
d’appareillage et de procédures. En dépit de ses applications « civiles »,
comme les conflits économiques, il n’est pas celui qui nous intéresse le plus
ici.

Dans ce cas, en effet la valeur de la stratégie est proportionnelle à celle
de l’information que l’on a acquise ou protégée. Tout repose sur sa
disponibilité (X sait ou ne sait pas que A) et sur la confiance que l’on peut
accorder à l’information (A est vrai ou pas).

Quand, les Alliés ont cassé le code de la machine de cryptologie,
Enigma, et ont pu ainsi déchiffrer les messages de l’armée nazie, ou quand ils
ont réussi à débarquer par surprise en Normandie, tandis que les Allemands,
intoxiqués par l’opération Fortitude les attendaient ailleurs, la question de la
valeur de cette stratégie ne s’est pas posée. Quand l’Union Soviétique a pu se
doter de la bombe atomique, en espionnant les U.S.A, la valeur de son système
de renseignement s’est révélée immense. Quand un initié de la Bourse sait si
telle OPA aura lieu et quand, il peut chiffrer son gain probable. Quand une
entreprise connaît l’offre de prix de sa concurrente, elle sait si elle peut
remporter le marché et à quelles conditions. Quand une société pharmaceutique
qui a décidé de produire un certain médicament est informée de l’état
d’avancement des travaux d’un laboratoire rival, elle sait si elle doit continuer
à investir ou pas dans ce domaine….

Si les stratégies “de capacité” reposent essentiellement sur l’acquisition
de connaissances (ou a contrario sur la possibilité de priver la partie adverse de
savoirs comparables), d’autres méthodes supposent l’emploi de messages
efficaces et recherchent un effet de croyance. Pour prendre un critère simple : il
importe que les premières soient vraies (et efficaces) et que les secondes soient
crues (et répandues). Les premières supposent de la capacité d’analyse, les
secondes des symboles efficaces suscitant une dynamique. Dans le premier cas,
il est possible de parler d’un «patrimoine informationnel» à défendre ou
accroître comme en Intelligence économique. Dans le second, le résultat de la
stratégie se mesure peut-être moins en nombre de convaincus (encore que l’on
puisse admettre ce critère si l’on veut par exemple mesurer par sondage
l’efficacité d’une campagne publicitaire ou électorale) qu’à leur position et à la
façon dont se manifeste cette conviction.

Il est assez tentant d’appliquer les catégories du mensonge et de la
vérité, voire de considérer les stratégies de l’information comme des façons de
créer une pseudo-réalité agencée de façon à provoquer les résultats attendus. Le
vocabulaire employé est symptomatique. Tantôt on parle de déception (qui
dans l’ancien français avait bien le sens de tromperie ou détournement avant de
prendre celui de « ne pas être à la hauteur des espérances »), tantôt de
désinformation ou de diversion, comme s’il s’agissait par ce « dé » privatif
d’indiquer que l’autre à été volé d’une part de la réalité, ou privé d’un élément
de jugement. Tantôt on parle de manipulation, de « management de la
perception », de mystification, de suggestion, d’intoxication, de subversion,
terminologie compliquée et redondante, mais qui chaque fois évoque une
action qui fausse l’évaluation de la cible.

Les mêmes notions sont déjà présentes dans le principe de la ruse. La
ruse (initialement un détour que fait le gibier à la chasse pour tromper ses
poursuivants) implique d’abuser l’autre par des apparences délibérément
agencées. Ruser, c’est feindre la faiblesse quand on est fort ou la force quand
on est faible, suggérer un danger imaginaire ou un gain impossible, apparaître
là où on n’est pas. Cela suppose deux éléments : une tromperie (la victime de la
ruse est illusionnée sur ce qui est réel ou probable) et une opportunité (la ruse
doit créer une occasion pour l’exploiter)

Pourtant, la notion de tromperie ou d’apparence ne rend pas compte de
l’ensemble des stratégies de l’information. Réduire à des bobards destinés à
tromper le public la propagande – qui du reste est d’autant plus efficace qu’elle
se réfère à de faits vérifiables – c’est passer à côté de l’essentiel. Assimiler les
stratégies d’influence à des mises en scène, c’est se condamner à ne rien y
comprendre. Quand bien même nous résoudrions la question de ce qu’est une
information « vraie », ou une idée vraie nous n’aurions pas rendu compte du
véritable pouvoir de l’information. Il n’est pas proportionnel à sa conformité au
réel.

On a souvent dit que le véritable pouvoir des médias est le pouvoir
d ’ o c c u p e r le temps des gens. Pour être complète, toute stratégie de
l’information doit occuper du temps, donc de l’attention, et gagner un
monopole (ou une prépondérance) dans le domaine de la parole ou de la
représentation. Par ailleurs le pouvoir de l’information réside aussi dans sa
capacité de déchaîner des sentiments, de rassembler des communautés
partageant les mêmes émotions. Soit l’exemple de la musique – dont on nous
accordera qu’elle n’est en soi ni vraie ni fausse – : elle peut s’intégrer à une
stratégie de qu’il s’agisse de grandes communions humaines dans un meeting
ou de l’effet « subversif » que peut exercer une certaine musique dans un
certain contexte culturel (rock dans le monde soviétique, musique occidentales
dans le monde islamique…). Dans nombre de stratégies de l’information, la
distinction du vrai et du faux n’est pas la plus pertinente.

Effet direct et indirect

Une autre distinction semble plus opérante. Les théories de la guerre ou
des jeux, distinguent souvent des stratégies directes, où l’action produit le
résultat escompté de par sa propre force ou son adéquation à la situation (une
bonne vieille charge de cavalerie par exemple) et, d’autre part, les stratégies
indirectes qui reposent sur la réaction d’un intermédiaire (feinter au Nord pour
attaquer au Sud). Elles sont nécessairement triangulaires, (mouvement initial,
phase intermédiaire, résultat final).

Il est fréquent de recourir à la comparaison entre les jeux d’échecs et de
go. Le premier repose sur des mouvements de pièces dotées de différentes
puissances et qui se prennent, se bloquent et se menacent. Tout l’art consiste à
faire le plus de dégâts chez l’autre ou du moins à arriver à la position la plus
dangereuse pour son roi. Dans le jeu de go, la règle est d’occuper des territoires
en posant des pierres Gagne celui qui contrôle le plus de territoires – ensemble
d’intersections vides qu’il entoure ou fait le plus de prisonniers, des pièces
adverses encerclées .

Cette distinction s’applique aux stratégies de l’information. Les plus
riches sont indirectes, et, du reste, les stratégies « directes » à l’état pur y sont
rares et secondaires. Une action de propagande primaire (je lance un slogan
« Votez X », l’électorat suit, j’ai gagné) ? Une action publicitaire (« achetez
Y », le public achète) ? Dans la réalité, il est rare de pouvoir ainsi cerner un
mécanisme où une cause produit un effet. Une stratégie théoriquement directe
– celle du discours persuasif par exemple – peut mobiliser des tactiques
indirectes : ce peut être l’appel à l’autorité ou aux normes acceptées, ou encore
l e recours au processus d’identification pour faire passer une thèse.
Corollairement une stratégie indirecte peut rarement faire l’économie à un
moment ou à l ‘autre des méthodes de conviction ou de séduction d’une
rhétorique « directe ».

Statégies directes signifie souvent stratégies explicites. La plaidoirie
d’un avocat est censée faire gagner son client. Une publicité faire vendre
davantage. Une menace faire peur. Une campagne électorale officielle faire
gagner des voix. Une opération de relations publiques faire parler de vous en
bien. Les professionnels qui vendent de telles prestations assurent que des
résultats mesurables peuvent être attendus de « bons messages » élaborés dans
les règles de l’art. Il y aurait beaucoup à dire sur la scientificité de ce discours,
mais il présuppose un rapport direct entre des moyens employés (des affiches,
des visuels, des logos, des discours..) et des résultats obtenus.

Dans le cas des actions indirectes, nous pouvons conserver l’image d’un
territoire issue des jeux de stratégie, mais entendue ici au sens métaphorique.
L’adversaire ou la cible ne peut plus manœuvrer que dans l’espace sémantique
qui lui est concédé et dans la direction voulue. Ainsi les stratégies qui visent à
limiter la liberté d’action de l’autre en s’en prenant à sa réputation, à ses
alliances illustrent ce principe De même que toutes celles qui tendent à
« baliser » le terrain mental où l’on manœuvre : déterminer les mots, les
catégories intellectuelles utilisées, les habitudes, normes, critères, attitudes…
En ce sens, les stratégies indirectes sont toutes à un degré ou à un autre liées au
principe d’influence : elles génèrent un influx qui prédispose à ou dirige vers.

Si nous voulions encore prolonger la métaphore, nous dirions que les
stratégies négatives, agressives cherchent à paralyser l’autre, donc à limiter son
territoire d’action, tandis que les stratégies positives servent à orienter vers une
« zone », celle des bonnes idées et des bonnes images. Soit la desinformatsia
soviétique des années 50 ou 60. Elle a pour fonction de créer, éventuellement à
partir des faux documents, de la confusion, de l’embarras, de la méfiance, du
discrédit à l’égard de l’ennemi américain. À la même époque les Etats-Unis,
via l’USIA (United States Information Agency), subventionnent les radios et
médias qui donnent une image favorable de leur mode de vie et invitent des
jeunes étrangers, susceptibles de devenir les futures élites de leurs pays, à
fréquenter leurs universités ou leurs institutions. C’est typiquement une
stratégie positive pour orienter les attitudes futures dans le sens souhaité. Mais,
quand, à la même époque, la CIA enseigne les « opérations psychologiques »
destinées à démoraliser les vietcongs, ou quand Moscou favorise les congrès
internationaux d’étude du marxisme, c’est l’inverse.

Les stratégies indirectes supposent trois conditions :

- Un initiateur qui pense et lance le processus. Ainsi dans les ruses
puériles, l’enfant songe spontanément à faire le mort, faire le distrait, faire le
dormeur, faire le maladroit… Tromper par l’apparence que l’on prend est une
ébauche des stratégies indirectes. Il n’est pas toujours facile de distinguer (ou
au moins de prouver) l’intentionnalité de l’initiateur. Soit une rumeur : A l’a-t-
il lancée pour affaiblir B, ou par pure bêtise ou envie ? Une personnalité en vue
lance une mode (ainsi une vedette de Star Academy qui adopte une coiffure
aussitôt imitée par des milliers d’adolescents) : s’agit-il d’une stratégie de
marketing (augmenter la visibilité de la vedette, stimuler ses ventes) ou d’une
conduite spontanée ?

- Une médiation. Médiation a ici son sens le plus large : tout ce par quoi
passe le message de l’initiateur et par lequel il se transforme et développe son
effet réel différent de sa direction apparente initiale. La médiation peut être
simplement celle d’un milieu : ainsi les internautes qui répercuteront une e-
rumeur se font les intermédiaires d’une opération de déstabilisation. Dans
d’autre cas, la médiation correspond à un stade intermédiaire : une réaction de
la cible qui fait produire à la stratégie tout son effet. De façon générale, la
« cible » tend à coopérer inconsciemment aux desseins de l’initiateur. Dans
d’autres cas encore, la médiation est un média : un bruit habilement lancé
repris par les journaux par exemple. Enfin, la médiation peut être celle d’un
allié : les stratégies indirectes consistent à faire coopérer d’autres acteurs à vos
objectifs. En cas de désinformation, ces acteurs peuvent être inconscients : ils
répercutent simplement une information. Mais dans d’autres méthodes d’action
en réseaux, l’art du stratège consiste à faire agit plusieurs acteurs dans le même
sens, chacun là où il est le plus efficace. Ceci est valable s’il s’agit de relations,
des copains, des gens influents sollicités pour obtenir une décision favorable à
ses desseins, mais aussi dans le cas d’une mobilisation d’associations,groupes de pression d’activistes, d’autorités morales ou d’experts comme les
pratiquent les altermondialistes. La médiation fait ici relais et amplification.

- Une cible dont, au final, l’attitude sera modifiée dans le sens désiré
p a r l’initiateur, sans qu’elle ait nécessairement conscience du
processus. L’initiateur a ainsi accru son pouvoir au sens défini plus haut.

Cadre et contenu de l’information

Les stratégies indirectes conditionnent dans le double sens du terme :
des gens et des circonstances. Il s’agit d’une part d’agir sur l’esprit d’autrui
pour susciter la réaction attendue et d’autre part de créer de telles conditions
que la situation semble déboucher spontanément sur le résultat attendu. Par
exemple en organisant une mise en scène ou en favorisant certains éléments
dans la perception de la situation. Les stratégies indirectes emploient la
puissance d’institutions sociales, véritables machines à faire croire, mais elles
ne les créent pas pour autant L’Église, l’armée, l’école peuvent jouer la cette
fonction, CNN, Google ou une bibliothèque nationale aussi. Si le but d’une
stratégie indirecte est de faire penser que, cela passe aussi par le comment
penser et à quoi.

Dans un milieu clos, telle une secte ou un régime totalitaire, un groupe
ou un individu peut décider ainsi autoritairement de tout ce que ses sujets
peuvent penser et percevoir. Ainsi, dans 1984 de George Orwell, Big Brother
contrôle ce que montrent les médias, ce que disent et écoutent les citoyens. Il
fait même modifier les livres d’histoire pour rendre le passé conforme aux
nécessités de la politique présente. Mais Big Brother détermine aussi des
valeurs et des catégories mentales grâce auxquelles pensent les citoyens : il les
oblige à parler la novlangue, une langue de bois au carré : il n’y existe aucun
terme pour désigner les notions interdites. Tout y est fait pour amener le
locuteur à enchaîner les expressions autorisées et phrases standardisées, si bien
qu’il ne peut avoir que les pensées « licites ».

Quelles que soient les limites qu’apportent nos systèmes aux libertés
individuelles, nous n’en sommes pas là. Dans notre monde, les stratégies
indirectes doivent plutôt tenter de modifier les machines existantes ou
s’appuyer sur elles. Une méthode peut consister à infiltrer une ONG pour
mettre son prestige au service des causes souhaitées, ou encore à fournir aux
journalistes et aux agences de presse un sujet bien ficelé qui va dans le sens
souhaité. Sélectionner les informations disponibles plus que les imposer est
aussi une pratique fréquente. Globalement les stratégies indirectes consistent
d a v a n t a g e à peser ou intervenir sur un processus de décision et de
communication qu’à la construire. Elles jouent là où l’acteur ne dispose pas de
l’autorité (comme celle que confère l’institution), de la contrainte ou de la
capacité de fournir des contreparties. Donner un ordre, menacer ou acheter ne
sont pas des stratégies indirectes

La stratégie indirecte suggère des notions comme « faire pression au
bon endroit », « faire basculer », « inciter », « stimuler », « faire levier »,
« contourner », « prendre appui », Toutes indiquent la même idée, une action
minimale où et quand elle peut diriger une force supérieure dans le sens voulu.
Rarement là où elle s’oppose frontalement à une autre force ou à une
résistance, puisqu’elle elle interagit plus qu’elle n’impose.

Une stratégie indirecte de l’information n’oppose pas frontalement un
argument à un autre, une image à une autre comme dans la dialectique chère à
la tradition grecque où la parole forte représentant la raison forte l’emporte sur
la faible de par sa propre vertu. Dans une stratégie indirecte, l’efficacité des
signes que l’on emploie est fonction de leur adaptation,, de la synergie qu’ils
exploitent. C’est une notion chère à la pensée chinoise, telle que la résume
François Jullien, : la propension des choses. Une stratégie indirecte favorise ou
exploite une potentialité inhérente à la situation, elle ne la crée pas. Elle ne fait
qu’actualiser ce qui était latent. Celui qui a été trompé ne demandait qu’à
l’être, aveuglé qu’il était par son avidité ou ses préjugés. La rumeur n’a fait que
jouer sur des préconceptions ou des stéréotypes déjà implantées dans la
population cible. La déstabilisation n’a fait que révéler des faiblesses, telles
celles d’une entreprise qui est soumise au risque de réputation et dépend de son
image de marque.

Soit le lobbying. Comment procède le professionnel ? Certes, il va
employer un argumentaire élaboré, et si possible lui conférer une apparence
chatoyante et séduisante : belles brochures, présentations audiovisuelles. Mais
surtout, il va travailler en amont, et identifier des besoins auxquels peut
répondre son discours.

Il va déterminer qui décide ou bloque quoi dans une administration, qui
a besoin de quelle information et dans quel langage elle sera la plus
exploitable. Il va analyser où une documentation fournie à la bonne personne
qui cherche à s’éviter un long travail de recherche va orienter ses conclusions.
Il offre du « prédigéré ». Il cherche surtout ce que désire et ce que souhaite
entendre son interlocuteur. Parfois même, il travaille encore plus en amont, en
créant le courant d’opinion ou la réserve d’idées et de mots qui favorisent ses
desseins. Certaines think tanks américaines remplissent notamment cette
fonction.

Par ailleurs le lobbyiste a l’art de faire intervenir dans son sens des gens
prestigieux, représentatifs, ou simplement actifs. Bien entendu, cela le conduira
à flirter avec la menace (« Si vous adoptez telle mesure, cela créera du
chômage et nous nous arrangerons pour que cela se sache »), ou avec la
promesse voire la corruption (« Si vous vous rangez à notre avis, telle catégorie
d’électeurs, tel média ou telle institution avec qui nous nous entretenons les
meilleurs rapports saura s’en souvenir. »). Dans tous les cas, il jongle avec les
attentes, besoins et désirs d’autrui, plus qu’il ne les crée par une rhétorique
implacable.
Dans la vie courante, nous rencontrons et pratiquons des stratégies indirectes
Petites ruses et menus stratagèmes, du type prêcher le faux ♦
pour savoir le vrai ou utiliser le « pied dans la porte » (obtenir une première
petite concession pour formuler une demande plus importante)

Manœuvres de séduction :
A feint la faiblesse, pour permettre à B de manifester sa force et sa compétence, et le flatte par de bruyantes manifestations de reconnaissance. À obtient ce qu’il veut de B. Telle est l’argument de la pièce de Labiche, Le voyage de Monsieur Perrichon

Diffamation et médisance :
A affaiblit la position de son rival B en répandant les pires horreurs pour qu’elles soient répétées et si possible amplifiées.

Si nous abordons les stratégies indirectes complexes, nous pouvons encore retrouver des catégories simples pour décrire les interventions de l’initiateur.
Il peut d’abord intervenir sur le contenu même de l’information qui parviendra à la cible de diverses manières :

Falsification.
Il s’agit alors de faire parvenir une information fausse à la cible.♦
L’utilisation d’un agent double pour envoyer à l’adversaire de faux
renseignements est emblématique de cette situation. Les exemples
sont innombrables autant dans les livres des stratagèmes chinois
qu’au cours de la seconde guerre mondiale.

Scénarisation.
Ici, il ne suffit plus de dire ou d’écrire quelque chose que l’on♦
sait faux, il faut créer des apparences trompeuses. L’escroc qui se
livre à des manœuvres frauduleuses ou excipe d’une qualité qui n’est
pas la sienne, tel que le décrit le code pénal, appartient typiquement
à cette catégorie. De même le général que qui fait allumer des feux la
nuit pour tromper l’ennemi sur la position et l’importance de ses
troupes. Ou encore le ministre Potemkine qui faisait peindre de faux
villages riants, comparables à des décors de théâtre, de façon que
Catherine de Russie se fasse une image idyllique des conditions de
vie des moujiks.

Dissimulation.
Dans ce troisième cas, il suffit de faire le silence ou de susciter♦
une conspiration du silence. Ce sont des stratégies d’omerta qui
reposent plus ou moins sur la menace implicite et sur les règles
implicites dans un milieu. Ainsi, la cohésion culturelle au sein d’un
milieu, celui des journalistes de presse écrite parisiens, par exemple,
peut rendre faciliter la diffusion de l’idée qu’il ne serait pas
convenable d’évoquer tel ou tel sujet.

2) Seconde grande catégorie : l’action qui joue sur l’attention de la cible (ou des médiateurs
qui pèsent sur la cible). Il s’agit alors d’interférer sur la disponibilité de l’information et sur
le retentissement qui lui est donné pour « vendre » quelque chose (y compris une idée ou sa
propre renommée) sur la Toile, il ne suffit plus d’être bruyant et spectaculaire : il faut
maîtriser les arcanes de l’indexation. La plupart des internautes parvenant à une page à la
suite d’une requête sur un moteur de recherche. Du coup est née une niche de pouvoir : l’art
de référencer, de diriger les requêtes (donc une fois encore l’attention) en fonction de
certains critères (taxinomiques, sémantiques, de notoriété…). Cela suscite des stratégies
asymétriques comme le « bombardement de Google » (Google bombing). Cette technique
consiste à améliorer son classement sur les pages du moteur de recherche en multipliant
artificiellement les liens hypertextuels pointant vers le site désiré ou encore en employant
une politique habile de multiplication des mots-clefs. Mais l’attention des internautes
(concrètement : leur faculté de se précipiter vers tel ou tel site qui n’est pas nécessairement
le plus riche, le plus professionnel ou le plus connu) fonctionne largement suivant des
critères propres aux communautés virtuelles. Ils correspondent souvent à un «bouche-à-
oreille » numérique incontrôlable. Dans un autre ordre d’idées créer un média, comme une
chaîne internationale d’information en arabe (al Jazira) ou en espagnol (Telesur) c’est,
certes, se donner un moyen d’en contrôler le contenu. Mais c’est aussi se doter d’un moyen
de « faire l’agenda », d’attirer l’attention sur certains faits ou sur certains « points de vue »
(celui des masses arabes, celui des latino-américains), c’est donc aussi mener une stratégie
de l’attention.

3) Troisième grande famille : l’action sur le « point de vue » ou le
cadre de la communication. Le cadre inclut toutes les croyances et émotions
relatives à la source de l’information, aux rapports entre ladite source et son
destinataire, et à tout le contexte qui en guidera l’interprétation. Le fait que la
cible A se persuade que l’information émane d’origine amie ou ennemie, fiable
ou non, volontairement ou pas, qu’il s’imagine qu’elle est destinée à le leurrer
ou à l’aider, qu’il entretienne tel ou tel rapport affectif, soit dans telle position
par rapport au messager, sont évidemment déterminants. Tout ce qui agit sur
les prédispositions de la cible joue dans le même sens.
Des expériences célèbres montrent jusqu’où peut aller ce phénomène.
Ainsi dans celle de Stanley Milgram des cobayes persuadés qu’il participent à
une expérience scientifique sont incités à infliger des punitions effroyables (des
chocs électriques, heureusement simulés) à des sujets qui feignent d’accomplir
une tâche, de se tromper souvent et finalement d’être punis. Du fait qu’ils
s’imaginent appliquer des consignes garanties par l’autorité de la science, de
braves gens en viennent à accomplir des actes qui répugneraient à leur
conscience en temps ordinaire.
Dans la vie courante, les effets du conditionnement, même s’ils sont
spectaculaires que dans cette situation manipulée en laboratoire, portent bien
plus en amont sur l’usage d’habitudes mentales, de la langue au système de
comptabilité ou des modes de vie aux références philosophiques. Ce n’est pas
par hasard que notre pays a développé les Alliances Françaises après la défaite
de 1870, espérant que la diffusion de notre langue compenserait la perte de
prestige due à la guerre. Ce n’est pas non plus par hasard que, pendant les
années de guerre froide, la CIA subventionnait l’exportation vers l’Est de livres
au contenu expressément anticommuniste (comme le bouleversant « Le Zéro et
l’Infini » de Koestler) mais aussi la musique moderne et la peinture abstraite,
dans une perspective de guerre culturelle contre l’URSS.

Du reste nous avons probablement vécu dans les années 90 l’apogée de
la stratégie indirecte de l’information, ainsi entendue, quand les partisans de
l’élargissement (enlargment) du modèle américain, d’Alvin Toffler à Al Gore,
comptaient sur l’expansion d’Internet pour étendre la modernité et finalement
une attitude pro-occidentale. L’homme nouveau devait naître de l’extension
des forces de communication, comme pour les marxistes orthodoxes, il devait
résulter du développement des forces productrices. À ce stade, on peu parler
d’une idéologie (ou d’une utopie) de la technologie, mais comme toute
idéologie, celle-là servait des desseins de puissance bien précis. En dépit de ou
grâce à son apparente naïveté.

En un mot toutes recherches sur les stratégies indirectes nous renvoient à la
question de l’idéologie, question que l’on a trop vite crue obsolète au cours de
la dernière décennie et sur laquelle nous reviendrons longuement ailleurs.
Conclusion

Comment ne pas être victime des stratégies de l’information ? Le
tableau redoutable que nous venons d’en dresser pourrait faire craindre pire.
Mais il y a deux bonnes nouvelles. La première est que ces stratégies échouent
parfois. Et la seconde – qui justifie la première – que leur étude ne date pas
d’hier et que nous disposons d’une sérieuse panoplie de connaissances.

Les Grecs nous ont légué des traités de rhétorique et d’éristique, de
véritables matrices des « figures » de nature à convaincre l’interlocuteur et
qu’emploient encore les modernes spécialistes de la publicité et du marketing
politique. La stratégie chinoise s’est condensée en traités, du type des fameux
« 36 stratagèmes » transposables à la compétition économique, politique ou
militaire moderne. L’étude des médias est une discipline qui sera bientôt
centenaire Il existe une multitude de grilles de lecture des méthodes de la
propagande. Autant la stratégie militaire que l’intelligence économique ont
réfléchi sur les conflits informationnels. La réflexion critique sur la société de
l’information commence à s’intéresser à ces questions. Bref, il est difficile de
plaider la surprise et l’ignorance.

Nous avions pour notre part proposé le terme d’infostratégie pour
d é s i g n e r l’étude des conflits (modalités, occurrences, motivations et
f i n a l i t é s … ) liés aux systèmes de transmission et communication
caractéristiques de la société dite de l’information. Le champ de cette discipline
à inventer serait celui des changements, technologiques, stratégiques,
symboliques, régissant les rapports entre conflit et information. Quel que soit le
nom que l’on donne à la chose, il nous faut maintenant comprendre
l’information comme un pouvoir paradoxal qui s’accroît aussi souvent par sa
rareté que par sa multiplication.


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Proposition d’un plan d’action pour sauvegarder la liberté sur internet.

Classé dans : Liberté d'internet — derkraken @ 1:49

Au regard des évènements récents, à propos de la liberté d’information en général et sur internet en particulier, ainsi qu’au regard de l’hystérie anti p2p qui prévaut actuellement, je vous propose une statégie de contre attaque.

Celle ci s’organisera sur plusieurs axes:

1/ La promotion sur le maximum de supports et IRL des oeuvres sous licences libres(videos, MP3, livres).

2/ La promotion sur le maximum de supports et IRL des logiciels libres(linux, bsd ainsi que les logiciels libres pour Windows)

Cette promotion peut prendre la forme d’avis sur les oeuvres ou les logiciels libres, l’intervention dans des discussions sur les forums, les blogs et devra chaque fois comporter un lien vers un site “libre” offrant du contenu “libre”. Il est bien entendu qu’il est inutile de faire cette promotion sur des sites déja acquis au libre. La cible sont les sites étrangers au mouvement du libre.
Si vous n’etes pas habile en discussion, ou que vous n’avez pas envie de polémiquer, n’oubliez pas que mettre un lien vers un site libre en signature peut suffire.

3/ La diffusion d’oeuvres et de logiciels libres via FTP ou via des logiciels de p2p, et la communication à propos de cette diffusion.
Il est notemment important de mettre massivement des oeuvres libres en partage sur edonkey et bittorrent afin de compliquer la tache des futurs surveillants de ces réseaux, ainsi que sur les logiciels cryptés types “share”.

4/ L’arret absolu de tout téléchargements et partage illégal de logiciels ou d’oeuvres protégées par le droit d’auteur, et la communication autour de cet arret du “piratage”

5/ Le boycott indiscriminé de toutes les oeuvres ou logiciels protégés par le droit d’auteur.

6/ La communication autour de ce boycott, sur le maximum de support(exemple:” je recommencerai à acheter lorsque je ne serai plus considéré comme un pirate si je partage ou si je télécharge”).

7/ Le dénigrement systématique des oeuvres protégées par le droit d’auteur, ainsi que le dénigrement des majors, des organisations comme la SACEM, la SCPP, la SNEP, etc….

8/ La diffusion des méthodes d’anonymisations grand public présentent sur ce blog(TorPark, email jetables, les 12 conseils de l’EFF, etc….)

9/ Le dénigrement des grands médias(la télévision, le figaro, le monde, etc….) et la dénonciation de leurs connivences avec le pouvoir, ainsi qu’avec les puissances financières, en faisant passer l’idée qu’ils sont corrompus et indignes de confiance.

10/ La promotion des sites d’information alternative ou citoyenne(Indymedia, agoravox etc….)

Bien entendu, ce plan d’action ne pourra avoir une influence que si vos interventions sont nombreuses et surtout si elle sont suivies et soutenues dans le temps.
Par exemple, si vous initiez un thread sur un forum à propos du boycott des oeuvres non-libres, vous devrez d’une part répondre aux messages que ce thread génèrera, et d’autre part vous devrez reposter des messages de temps à autre afin de maintenir la visibilité de ce thread et son activité.
Mieux vaut un thread dont l’activité(et donc la visibilité) est maintenu pendant plusieurs années, plutot qu’une multitude de messages postés en une journée qui ne seront pas maintenus visibles et disparaitront au fond des forums.
Mais ces interventions peuvent aussi prendre la forme d’un post dans un thread, d’un commentaire sur un blog, d’un lien donné sur une messagerie instantanée, sur un email etc….

Je ferai évoluer ces dix points au fur et à mesure des évènements: ils sont donc suceptibles de corrections.
Je laisse les commentaires ouverts afin de vous laisser la possibilité de donner votre avis.


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Lettre d’information de l’APRIL du 1er juin 2007

Classé dans : Infos — derkraken @ 8:06

Lettre d’information de l’APRIL du 1er juin 2007

Adresse permanente :

 http://www.april.org/articles/april-actu…

Lettre d’information mensuelle de l’APRIL sur les actions et dossiers en
cours.

Période couverte : 1er mai 2007 au 1er juin 2007.

Les commentaires et suggestions sont les bienvenus. Ils peuvent être
envoyés à l’adresse  contact at april.org.

Pour recevoir automatiquement par courriel cette lettre, inscrivez-vous
à la liste de diffusion : http://www.april.org/wws/info/april-actu

1. *Richard Stallman appelle les citoyens français épris de liberté
informatique à adhérer à l’APRIL*
2. *Campagne d’adhésion*
3. *Adhésions*
1. *Adhésions de personnes physiques*
2. *Adhésions de personnes morales*
4. *Législatives 2007 : l’APRIL propose le pacte du Logiciel Libre*
5. *Candididats.fr – Législatives – Opération “Un tract, un pacte !”
sur les marchés de France*
6. *La réponse de Nicolas Sarkozy au questionnaire Candidats.fr, une
analyse*
7. *Cycle logiciel libre à la Cité des Sciences et de l’Industrie*
8. *Commission de normalisation nationale sur les « formats de
documents révisables »*
9. *Paris Capitale du Libre*
10. *Interview pour l’ASTI*
11. *Causeries APRIL*
12. *Rencontres Mondiales du Logiciel Libre*
13. *Prochaines interventions*
14. *Interventions passées*
15. *Soutenir l’association*
16. *Rejoindre l’association à titre individuel*
17. *Rejoindre l’association en tant que personne morale*
18. *Archives*

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1. Richard Stallman appelle les citoyens français épris de liberté
informatique à adhérer à l’APRIL
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Fondée en 1996, l’APRIL est devenue aujourd’hui l’acteur reconnu et
incontournable pour la promotion et la défense du logiciel libre. Pour
encore mieux promouvoir et défendre le logiciel libre l’APRIL a lancé le
samedi 19 mai 2007 une campagne d’adhésion
dont l’objectif
est d’atteindre les 1 500 adhérents et de permettre de renforcer son
équipe de permanents avant la fin de l’année. L’APRIL a besoin de votre
soutien.

Présent en France à cette occasion, Richard Stallman, président de la
Fondation pour le Logiciel Libre, a déclaré : /« L’APRIL joue en France
un rôle fondamental et unique pour la promotion et la défense du
logiciel libre et de ses différents acteurs. La liberté informatique est
un enjeu de société et il est essentiel, aujourd’hui plus encore
qu’avant, de soutenir celle-ci en rejoignant l’APRIL. J’encourage tous
les citoyens épris de liberté informatique à adhérer dès maintenant à
l’APRIL »/

La suite à l’adresse suivante :
 http://www.april.org/articles/communique…

Pour adhérer à l’APRIL c’est simple :
 http://www.april.org/association/adhesio…

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2. Campagne d’adhésion
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Au 19 mai 2007, jour de lancement de la campagne, l’APRIL comptait 715
adhérents dont 641 particuliers, 45 entreprises, 28 associations et 1
établissement public. Au 1er juin 2007 l’APRIL compte désormais 1 243
adhérents : 528 nouveaux adhérents ont donc rejoint l’association depuis
le lancement de la campagne d’adhésion. C’est un excellent début qui
montre l’importance des actions de l’APRIL et le soutien dont bénéficie
l’association. N’hésitez pas à nous rejoindre
.

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3. Adhésions
————————————————————————-

3.1 Adhésions de personnes physiques

Il y a eu 590 nouveaux adhérents individuels entre le 1er avril et le
1er mai 2007. L’association compte aujourd’hui plus de 1240 adhérents.

3.2 Adhésions de personnes morales

Nous avons le plaisir d’annoncer l’adhésion de N@utile
groupe d’utilisateurs de logiciel libre autour
de l’Estuaire de la Loire.

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4. Législatives 2007 : l’APRIL propose le pacte du Logiciel Libre
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Paris, le 28 mai 2007. Communiqué de presse. Dans le cadre de
l’initiative candidats.fr, l’APRIL propose aux citoyens d’encourager les
candidats aux élections législatives à signer Le Pacte du Logiciel Libre.

La suite sur : http://www.april.org/articles/communique…

Le site dédié à cette initiative : http://www.candidats.fr. Une
plate-forme de travail collaborative est notamment disponible pour
permettre à tous de participer à cette campagne.

Depuis le lancement de cette campagne, plus de 100 candidats ont déjà
signé le Pacte du Logiciel Libre
.

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5. Candididats.fr – Législatives – Opération “Un tract, un pacte !” sur
les marchés de France
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Depuis le lancement de Candidats.fr partie législatives plus de 200
volontaires participent à cette action. Ils ont pris 438
responsabilités, c’est à dire qu’ils essayent de faire signer le Pacte
du Logiciel Libre
aux candidats
qui se présentent dans une ou plusieurs circonscriptions de leur
département. 381 actions de contact ont été reportées et 106 candidats
ont signé.

C’est un bon début mais c’est largement insuffisant. Nous invitons les
groupes d’utilisateurs à s’organiser pour prendre en charge leur
département et à prendre contact avec les candidats.

Des argumentaires et des conseils pour réussir une telle opération sont
toujours disponibles sur le site candidats.fr.

Par ailleurs, nous invitons tous les utilisateurs de logiciels libres à
participer à une opération que l’on pourrait appeler…

« Un tract, un Pacte ! » : Pour chaque candidat qui donne un tract
appelant à voter pour lui, un Pacte est remis en échange.

Le principe est très simple, et il sera sans doute plus convivial et
efficace de procéder par petites équipes de 2-3 personnes. Voir
 http://www.candidats.fr/index.php/2007/0…

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6. La réponse de Nicolas Sarkozy au questionnaire Candidats.fr, une analyse
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Moins de 36 heures avant le premier tour de l’élection présidentielle,
M. Nicolas Sarkozy faisait parvenir à l’initiative Candidats.fr sa
réponse au questionnaire que tous les candidats avaient reçus. Les
français ayant désormais désigné M. Nicolas Sarkozy comme Président de
la République, nous vous proposons d’analyser ses réponses, et ainsi de
décrypter les impacts sur le Logiciel Libre des positions du nouveau
Président de la République en matière de libertés numériques.

La suite à l’adresse suivante :
 http://www.candidats.fr/index.php/2007/0…

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7. Cycle logiciel libre à la Cité des Sciences et de l’Industrie
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La Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris organise avec différents
partenaires, dont l’APRIL, un cycle Logiciel Libre en mai et juin 2007.
L’APRIL organise quatre évènements les mardis 22 mai et 5 juin, et les
samedis 19 mai et 23 juin.

Deux évènements ont déjà eu lieu :

* Samedi 19 mai de 14h à 18h : « Logiciels libres : un enjeu de
société »

avec la présence de Richard Stallman. L’enregistrement audio de la
conférence de Richard Stallman est disponible.

* Mardi 22 mai de 18h30 à 19h45 – « Des logiciels libres pour un
ordinateur écologique ? »

Deux évènements restent à venir.

* Mardi 5 juin 2007 de 18h30 à 19h45 – « Logiciels libres et
développement durable »

* Samedi 23 juin de 14h à 18h : « Logiciel Libre et monde
associatif »

Les débats seront diffusés en direct sur Internet.

Pour plus d’informations et pour se préinscrire rendez-vous sur la page
suivante :
 http://www.april.org/groupes/csi/cycle-l…

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8. Commission de normalisation nationale sur les « formats de documents
révisables »
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En février 2007 L’APRIL communiquait à l’AFNOR ses remarques

concernant le format bureautique ECMA-376 Office Open XML et la
procédure d’adoption rapide à l’ISO pour que ce format devienne une
norme internationale.

Le projet de normalisation a été mis au vote officiellement par l’ISO,
le 2 avril dernier, avec comme date limite le 2 septembre 2007.

L’AFNOR a donc créé une commission de normalisation sur les formats de
documents révisables à l’AFNOR : ECMA-376 – ISO/IEC 26300
qui
sera la structure miroir du comité international responsable pour le
projet. La commission française aura entre autres comme objectif de
traiter les commentaires que l’AFNOR recevra sur l’enquête probatoire
nationale qu’elle compte lancer sur ce projet. Par ailleurs, l’AFNOR
lancera en parallèle une enquête probatoire nationale sur le format ODF
(Open Document Format), format XML normalisé par l’ISO, fin 2006
(ISO/IEC 26300).

Une réunion inaugurale a eu lieu le 10 mai 2007 dans les locaux de
l’AFNOR. L’APRIL y participait ainsi qu’une vingtaine d’autres acteurs.

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9. Paris Capitale du Libre
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La seconde édition de Paris Capitale du Libre
aura lieu les 13 et 14 juin 2007 à Paris au
Palais des Congrès.

L’APRIL sera présente fortement lors de cet évènement :

* participation à plusieurs conférences dans le programme officiel

et les conférences off
:

o 13 juin 2007 11h00-12h30 « Les acteurs de l’informatique
face aux enjeux du Libre : risques ou opportunités ? » avec
Christophe Espern, chargé de mission

o 13 juin 2007 16h30-18h30 « Quelles industries autour du
Libre ? Les modèles d’édition, la stratégie des grandes
SSII, la montée en puissance des SS2L, les modèles
économiques de demain » avec Christophe Le Bars,
Vice-président Entreprise.

o 14 juin 2007 11h00-12h30 « L’économie du savoir à l’ère
numérique » avec Frédéric Couchet, délégué général

o 14 juin 2007 14h00-16h00 « Promouvoir et défendre le
logiciel libre dans un contexte politique et juridique
changeant » par Benoît Sibaud, président de l’APRIL

o 14 juin 2007 13h30-14h00 « Annonce – Libre blanc sur les
modèles économiques du logiciel libre » par l’APRIL

* participation de Benoît Sibaud et Frédéric Couchet au jury des
« Lutèce d’or »

* tenue d’un stand dans l’espace découverte grand public

* coordination de l’organisation de l’espace découverte grand public
qui vise à promouvoir l’usage des logiciels libres auprès du grand
public. L’objectif est d’avoir durant les deux jours de
l’évènement des démonstrations de divers logiciels libres, et des
ateliers pratiques, pour aider les particuliers à découvrir
concrètement les logiciels libres.

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10. Interview pour l’ASTI
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Frédéric Couchet, délégué général de l’APRIL, a répondu pour le site de
l’ASTI (Fédération des Associations Françaises des Sciences et
Technologies de l’Information) à quelques questions concernant des
récentes actions de défense du logiciel libre menées par l’APRIL :
 http://asti.ibisc.univ-evry.fr/actualite….

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11. Causeries APRIL
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Les « Causeries APRIL » sont des interviews ou des discussions
organisées régulièrement (avec un objectif d’une par semaine ou
quinzaine), d’une durée d’une ou deux heures, sur un sujet donné. Elles
sont publiques ou privées suivant les sujets.

Les dernières causeries :

* 23 mai 2007 : « Ventes liées et racketiciels » avec Jérémy Monnet,
membre du conseil d’administration de l’April
et membre du Groupe de Travail Détaxe
. Voir le compte-rendu
complet

[Compte-rendu public].

* 16 mai 2007 : « Wikipédia et le contenu libre » avec David
Monniaux, membre du conseil d’administration de Wikimédia France
et membre de l’APRIL. Voir le
compte-rendu complet

[Compte-rendu public].

* 10 mai 2007 : « Vote électronique » avec Pierre Muller, président
de l’association Ordinateurs-de-vote.org
. Voir le compte-rendu complet

[Compte-rendu public].

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12. Rencontres Mondiales du Logiciel Libre
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Les 8èmes Rencontres Mondiales du Logiciel Libre
(RMLL) se tiendront du 10 au 14 juillet 2007 à Amiens, dans le bâtiment
de la Faculté de mathématiques et d’informatique (rue Saint-Leu à
Amiens). L’APRIL participe à son organisation et y organisera une
réunion de ses membres.

Il vous est désormais possible de vous inscrire via l’interface de
réservation. Celle-ci vous permet de réserver les repas au restaurant
universitaire le midi, les chambres en cité universitaire ou encore le
repas du libre du jeudi soir ou des sorties culturelles. Voir
 https://reservation.rmll.info/.

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13. Prochaines interventions
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* 1er juin 2007 : intervention de Frédéric Couchet, délégué général,
sur le thème « Promouvoir et défendre le Logiciel Libre dans un
contexte politique et juridique changeant » à l’occasion des
Journées du logiciel libre
à Compiègne.

* 02 juin 2007 : Intervention de Lionel Allorge sur le thème
« Principes et enjeux du logiciel libre » dans le cadre des 24
heures de l’informatique à Maubeuge

* 02 juin 2007 : Aquitaine Libre ,
1ère journée régionale du logiciel libre, de la musique libre et
de l’informatique, aura lieu le 2 juin 2007 à Brocas (près de Mont
de Marsan). Nicolas Ducoulombier interviendra dans la table ronde
entreprises au titre de l’APRIL et de sa société « Les
Développements Durables ».

* 02 juin 2007 : Présence de l’APRIL à la
Fête de l’Humanité de Toulouse, organisée les 2 et 3 juin, avec le
soutien de l’association Toulibre .
Thomas Petazzoni, membre actif de Toulibre et membre du Conseil
d’Administration de l’APRIL, animera une conférence/débat
« Logiciels Libres: l’informatique ouverte, collaborative et
citoyenne »

* 14 juin 2007 : Richard Stallman donne une conférence publique à
Toulouse, sur le thème /Le Mouvement du Logiciel Libre et le
système d’exploitation GNU/Linux/. L’évènement est organisé par
l’association Toulibre , en collaboration
avec l’APRIL , les Cinémas Utopias
et la société Communication et
systèmes . La conférence aura lieu le jeudi 14
juin à 21 heures au Cinéma Utopia, 24, rue Montardy à Toulouse.
L’entrée est libre et gratuite. Plus d’infos.

* 16 juin 2007 : Frédéric Couchet, délégué général, interviendra sur
le thème « Promouvoir et défendre le Logiciel Libre dans un
contexte politique et juridique changeant » dans le cadre de la
6ème édition des journées du logiciel libre à Montpellier

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14. Interventions passées
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* 18 mai 2007 : À la Ferté-Bernard, dans le cadre de la 14e édition
du festival ARTEC et de la finale
de la Coupe de France de Robotique, l’APRIL propose vers 19h une
conférence de présentation des logiciels libres
, animée par Lionel
Allorge.

* 12 mai 2007 : Jérémie Zimmermann est intervenu sur le thème
« Introduction aux logiciels libres, histoires et enjeux » dans le
cadre du Samedi du Libre Ubuntu au Carrefour Numérique
de la Cité des
Sciences et de l’Industrie

* 11 mai 2007 : Frédéric Couchet, délégué général, est intervenu sur
le thème « Promouvoir et défendre le Logiciel Libre dans un
contexte politique et juridique changeant » lors de la semaine du
libre organisée par Association Isépienne du Libre

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15. Soutenir l’association
————————————————————————-

L’APRIL a besoin de votre aide. Vous pouvez faire un don à l’association
et participer ainsi au financement de nos actions.

Pour faire un don à l’association, rendez-vous à l’adresse suivante
 http://www.april.org/association/dons.ht… (il est possible de faire un
don par chèque, virement, carte bleue ou encore prélèvement automatique).

Pour tout renseignement n’hésitez pas à nous contacter par courriel
ou par téléphone au 01 46 49 25 15.

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16. Rejoindre l’association à titre individuel
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Dans une association, l’adhésion est un acte volontaire. C’est aussi un
acte politique car c’est manifester son soutien à l’objet de
l’association ainsi qu’aux valeurs qui le sous-tendent. Une adhésion
fait la différence en contribuant à atteindre les objectifs de
l’association.

Adhérer à l’APRIL permet :

* de défendre collectivement un projet de société ;
* de s’investir activement dans la vie de l’association à travers
ses groupes de travail et ses actions ;
* d’être informé régulièrement des évènements logiciel libre ;
* d’agir sur les institutions à travers un partenaire incontournable ;
* de soutenir financièrement les actions de l’association.

Il est possible d’aider l’association en lui donnant de son temps ou de
son argent. Toutes les contributions sont les bienvenues.

Pour les hésitants nous avons mis en ligne les réponses à des fausses
idées classiques.

Pour adhérer à l’APRIL il suffit de vous rendre à l’adresse suivante :
 http://www.april.org/association/adhesio…

Pour toute information complémentaire, vous pouvez nous joindre par
courrier électronique à l’adresse  contact at april.org ou par téléphone
au 01.46.49.25.15.

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17. Rejoindre l’association en tant que personne morale
————————————————————————-

Que vous soyez une entreprise, une collectivité ou une association,
adhérez pour participer activement aux décisions stratégiques qui vous
concernent !

Votre structure a besoin de tirer le meilleur parti du logiciel libre et
pour défendre ses intérêts elle doit :

* exercer une veille permanente pour se tenir informée des
opportunités et des menaces ;
* constituer et entretenir des réseaux relationnels institutionnels ;
* être éclairée sur les contextes juridiques et stratégiques ;
* contribuer à la défense de l’informatique libre face aux acteurs
qui lui sont hostiles ;
* mieux faire connaître et valoriser son action.

APRIL est au coeur des grandes évolutions du logiciel libre. Adhérer à
APRIL permet :

* de défendre collectivement un projet de société ;
* de s’investir activement dans la vie de l’association à travers
ses groupes de travail et ses actions ;
* d’être informé régulièrement des évènements logiciel libre ;
* d’agir sur les institutions à travers un partenaire incontournable
; de financer ou co-financer des actions stratégiques.

Pour adhérer à l’APRIL, il suffit de vous rendre à l’adresse suivante :
 http://www.april.org/association/adhesio…

Pour tout renseignement n’hésitez pas à nous contacter par courriel
ou par téléphone au 01 46 49 25 15.

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18. Archives
————————————————————————-

Pour recevoir automatiquement par courriel cette lettre, inscrivez-vous
à la liste de diffusion : http://www.april.org/wws/info/april-actu

Les archives de la lettre sont disponibles en ligne à l’adresse
suivante : http://www.april.org/wws/arc/april-actu


Soutenez le logiciel libre – rejoignez l’APRIL
 http://www.april.org/association/campagn…
01 46 49 25 15


Lettre d’information de l’APRIL

 http://www.april.org/wws/listinfo/april-…


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L’industrie du disque dit leurs dix vérités aux pirates

Classé dans : Infoguerre — derkraken @ 7:53

La Fédération internationale de l’industrie phonographique (Ifpi) veut tordre le cou à plusieurs idées reçues sur l’échange de fichiers piratés.

Karine Solovieff , 01net., le 01/06/2007 à 18h07

Il y a ceux qui veulent engager un dialogue constructif avec les internautes sur le futur de la musique en ligne, comme le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep) avec son site FaceFace.

Et puis il y a l’Ifpi (la Fédération internationale de l’industrie phonographique), équivalent du Snep au niveau international, qui préfère dire leurs dix vérités à ceux qui téléchargent de la musique illégalement ou qui en font leur business.

A l’occasion de la deuxième édition à Hong-Kong de Music matters (la musique c’est important), le président de l’Ifpi a mentionné les « dix vérités dérangeantes sur l’industrie musicale aujourd’hui », dont voici la traduction :

1. Pirate Bay, l’un des porte-étendards du mouvement anti-droits d’auteur, génère des milliers d’euros en publicité sur son site, tout en maintenant sa rhétorique anti-establishment sur la musique libre.

2. Allofmp3.com, le très populaire site russe [qui vend des fichiers MP3 sans DRM et à prix cassés, NDLR], n’a reçu de licence d’aucun membre de l’Ifpi, a été désavoué par les ayants droit à travers le monde et fait l’objet d’une plainte en Russie.

3. Le crime organisé et même des groupes terroristes utilisent la vente de CD piratés pour récolter des fonds et blanchir de l’argent.

4. Les personnes qui téléchargent illégalement n’en ont rien à faire que la musique piratée émane de majors ou de labels indépendants.

5. Moins de chiffre d’affaires pour les labels musicaux veut dire moins d’argent disponible pour miser sur des groupes underground et pousse au contraire à investir sur des valeurs sûres.

6. Les FAI utilisent souvent la musique comme argument publicitaire, tout en facilitant l’échange illégal de musique à grande échelle.

7. Le mouvement anti-droits d’auteur ne crée pas d’emplois, de chiffre d’affaires ni de croissance économique – ce sont principalement des personnes pontifiant sur le monde commercial dont ils ne connaissent pas grand-chose.

8. Le piratage n’est pas lié à un manque de moyens financiers. Le professeur Zhang de l’université Nanjing a montré que les Chinois qui achètent des produits piratés appartiennent à la classe moyenne ou supérieure.

9. La plupart des gens savent que c’est mal d’échanger des morceaux protégés par le droit d’auteur mais ils continueront tant qu’ils ne seront pas contraints légalement à arrêter, comme l’a démontré une récente étude par le groupe australien contre le piratage, le Mipi.

10. Les réseaux peer to peer ne permettent pas de découvrir des nouveaux talents. Ce sont principalement les derniers tubes qui sont échangés.

Alors ? Convaincus par les arguments de l’Ifpi?

Dans le climat d’hystérie qui prévaut actuellement à propos du p2p, nous vous conseillons donc de vous tourner vers la musique libre et légale dont vous pouvez trouvez un annuaire ici:
 http://rezal404.org/wikini/wakka.php?wik…


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juin 2, 2007

Familles de France attaque Second Life

Classé dans : Infos — derkraken @ 6:59

Selon Libération, l’association Familles de France assigne Second Life et les fournisseurs d’accès français en référé pour la publication de contenus qu’elle juge sulfureux. L’association demande un interdiction du site aux mineurs. Second Life a bien un accès “spécial mineur” qui est réservé aux jeunes mais il est très peu utilisé selon elle, qui constate de nombreuses infraction : “de la scatologie, de la pornographie, des jeux d’argent, de la visualisation de contenus sensibles”. L’association des fournisseurs d’accès (AFA) “digère très mal l’assaut de l’association” selon Libération, qui cite Giuseppe de Martino, président de l’AFA: “Nous sommes le seul pays qui fournit l’accès gratuit à un outil de contrôle parental pour filtrer les contenus. Et pour Second Life, cela marche bien.”
L’audience aura lieu le 18 juin au Tribunal de grande instance de Paris.

L’offensive moralisatrice est donc lancée!
Pour mieux connaitre famille de France et son président:
 http://perso.orange.fr/triste-realite/45…
Un site avec plein de renseignement interessant sur le moralisateur en chef dirigeant “Famille de France”
 http://www.professeur-joyeux.com/
Le site officiel d’Henry joyeux: il est calomnié par des vilains!
J’aime bien la citation d’introduction:
“Bienvenue sur mon site !
Vous avez peut-être consulté des sites qui me calomnient.
Ils sont tous anonymes SANS AUCUNE EXCEPTION.[c'est vrai pour ce blog, mais pas pour le premier site que je cite: prévenez le vite!]
Si vous en trouvez un qui est vraiment signé, merci de me le faire suivre afin que la justice puisse intervenir sans tarder.”
Le site de Famille de France:
 http://www.familles-de-france.org/custom…
Et la page de wikipedia sur Henry Joyeux:
 http://www.familles-de-france.org/custom…
la suite le 18 juin.


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Sommet du droit d’auteur : “Les créateurs d’abord”, les internautes ensuite ?

Classé dans : Infos — derkraken @ 6:55

* Publié par Ariane Beky le Jeudi 31 Mai 2007

Le Sommet du droit d’auteur organisé les 30 et 31 mai 2007 à Bruxelles à l’initiative de la CISAC, Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs, a été l’occasion pour 500 artistes, industriels et experts de débattre de l’avenir du droit d’auteur à l’ère numérique. Eric Baptiste, directeur général de la CISAC, estime que le but de cette première édition, « ouvrir une discussion ouverte et franche entre tous les acteurs impliqués dans la création, la production et la distribution d’oeuvres de l’esprit », a été atteint.

Parmi les intervenants : Nikesh Arora, VP des opérations européennes de Google ; Benjamin Bejbaum, co-fondateur et président de Dailymotion ; l’actrice et réalisatrice Agnès Jaoui ; Roger Faxon, président d’EMI Music Publishing ; Larry Kenswill, VP de Universal Music Group ; l’américain Lawrence Lessig, auteur de ‘Free Culture’ et fondateur de Creative Commons ; Rich Lappenbusch, directeur en charge du divertissement et des terminaux chez Microsoft ; Mark Selby, VP multimédia chez Nokia ; Ben Verwaayen, CEO de British Telecom ; Michael Keplinger, directeur de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) et Ján Figel’, commissaire européen chargé de la culture.

Au menu : technologies et divertissement, plates-formes, sensibilisation au copyright, valeur des contenus, système de licences en ligne et sur mobile, nouvelles sources de revenus, gestion des droits numériques (DRM) et lutte contre le piratage. A ce propos, Simon Dyson, analyste chez Informa Plc., a souligné : « Il est difficile de déterminer l’étendue du préjudice causé à une industrie par le non-respect du droit d’auteur. Cependant, en 2005, la coalition américaine IIPA (International Intellectual Property Alliance) a estimé que les pertes commerciales liées au piratage dans les secteurs de la musique, du cinéma, des logiciels et de la littérature, à quelque 15,8 milliards de dollars, soit une hausse de 4,6% sur un an. Pour 2006, les pertes devraient dépasser les 16 milliards de dollars ».

Dans leur majorité, les industriels et les sociétés de gestion de droits d’auteurs sont favorables à la répression anti-piratage (ou « riposte graduée » comme la nomme le ministère français de la culture). D’autres, parmi lesquels les industriels ‘de la convergence’, opérateurs alternatifs et fournisseurs de services Internet, prônent une approche « négociée » qui permette la rémunération des auteurs sans entraver les droits numériques des internautes. Le consensus se fait, néanmoins, sur le développement d’une offre riche de contenus numériques, et ce, quel que soit le modèle adopté.

Dans son discours d’introduction, Ben Verwaayen, CEO de British Telecom, a bousculé les représentants des ayants droit en déclarant : « Votre industrie n’a pas changé depuis 20 ans, peut-être même 50 ans. Vous devez repenser votre travail à l’ère numérique. Etes-vous uniquement des administrateurs de droits qui nous envoient la facture, ou ètes vous davantage ? ». Avant d’ajouter : « Qu’importe votre frustration morale, les gens continueront à télécharger sur les réseaux peer-to-peer ».

La CISAC déclare représenter 217 sociétés de gestion de droits d’auteurs (ASCAP aux Etats-Unis, SOCAN au Canada, GEMA en Allemagne, SACD et SACEM en France…) réparties sur 114 pays. Indirectement, l’organisation défend les intérêts de 2,5 millions de créateurs. La CISAC rappelle que « les créateurs sont à l’origine du marché du divertissement et que, sans eux, il n’y aurait aucun contenu à télécharger ».


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Un espace multimédia condamné à fermer par la SCPP

Classé dans : Infos — derkraken @ 6:54

Publié le Mercredi 30 mai 2007, à 18H10 (+0200 GMT)
Par Guillaume Champeau

Les producteurs de disques représentés par la SCPP ont réussi à exiger de l’opérateur télécom Orange qu’il coupe l’accès à Internet d’un abonné qui s’est révélé être un espace multimédia dans la région parisienne, a appris Ratiatum. La procédure suivie ne laissait aucune chance au commerce de contester la sanction.

C’est une procédure devenue classique mais qui peut avoir des conséquences dramatiques. Par ordonnance du 2 mai 2007, le Tribunal de Grande Instance de Nanterre a ordonné à France Télécom la coupure d’un accès à Internet, a appris Ratiatum. Le TGI avait été saisi d’une requête de la Société Civile des Producteurs de Phonogrammes (SCPP) qui a fait constater par l’un de ses argents assermentés que le titulaire d’un abonnement internet chez Orange avait “mis à la disposition du public des centaines de phonogrammes sans l’autorisation de ses membres” à travers le programme de P2P Limewire (réseau Gnutella). La SCPP s’est appuyée sur les dispositions de la Loi pour la Confiance dans l’Economie Numérique (LEN) et la loi sur le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information (DADVSI) pour exiger la coupure sans préavis de l’accès à Internet de l’abonné.

Sans que l’abonné puisse donc se défendre, Orange a procédé à l’exécution de l’ordonnance et envoyé à l’abonné un courrier pour l’informer de la coupure et de la résiliation de son contrat. Or il se trouve que l’adresse IP visée n’était pas celle d’un abonné traditionnel, mais celle d’un établissement de type “espace multimédia”, qui propose des accès à Internet à ses usagers. L’ordonnance a obligé l’établissement à cesser ses activités, puisque l’accès à Internet est évidemment une obligation. Même si le risque est plus théorique que pratique, l’établissement peut potentiellement être poursuivi par Orange (qui s’en réserve expressément la possibilité dans son courrier), et des poursuites pénales peuvent être engagées en plus de l’ordonnance civile.

Une ordonnance étrangement motivée

Il est intéressant de noter que le dispositif suivi est celui de l’article 6-1-8 de la LEN, qui donne à l’autorité judiciaire le pouvoir de prescrire “toutes mesures propres à prévenir un dommage ou à faire cesser un dommage occasionné par le contenu d’un service de communication au public en ligne”. Il n’est pas certain du tout que le dispositif de la LEN visait les abonnements à Internet des particuliers ou même des établissements commerciaux, et qu’il devait ainsi servir à couper l’accès Internet d’un abonné, postérieurement à la mise à disposition des fichiers sur un réseau P2P quelconque. L’article de la loi visait plutôt dans son esprit à faciliter la fermeture de sites ou de services qui proposent de façon continue un accès à des contenus illicites. Or l’ordonnance vise ici des contenus mis à disposition à un moment très précis, et à “faire cesser un dommage” qui a peut-être déjà cessé de lui-même depuis longtemps. Etrange.

Mais pour justifier cette procédure, le juge qui reprend la requête de la SCPP à son compte sans aucune réserve s’en réfère à la charte signée le 28 juillet 2004 par les FAI et la profession musicale, par lesquels les FAI se sont engagés à mettre en oeuvre les décisions judiciaires [...] notamment en matière de résiliation ou suspension d’abonnement”. La charte n’avait pourtant aucune valeur juridique.

Enfin, il est tout aussi intéressant de lire dans l’ordonnance que la procédure contradictoire (qui n’autorise donc pas le mis en cause à se défendre) est mise de côté car “l’identification préalable puis la poursuite devant le juge civil est incompatible avec le contentieux de masse que requiert la lutte contre l’échange illicite de fichiers musicaux et n’offre aucun intérêt par rapport à la voie pénale qui devrait n’être empruntée qu’exceptionnellement”.


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Peines plancher: le gouvernement frappe encore plus fort que prévu

Classé dans : Infos — derkraken @ 6:49

Par Jean-Louis PANY

PARIS (AFP) – Le gouvernement a décidé de frapper encore plus fort que prévu contre la récidive en instaurant des peines plancher, y compris pour les mineurs, dès le deuxième passage devant le juge et dès les infractions passibles de trois ans de prison ou plus.

Révélé par la Garde des Sceaux Rachida Dati dans le journal Le Monde, ce projet de loi, qui doit être adopté dès cet été, a provoqué la réprobation des principaux syndicats de magistrats, pour qui le texte va surtout servir à remplir des prisons déjà surpeuplées.

Cette loi anti-récidive avait été promise par le candidat Nicolas Sarkozy, mais celui-ci ne visait alors que les multirécidivistes, ceux passant pour la troisième fois devant le juge. Et l’UMP parlait de peines plancher uniquement pour les crimes ou les délits les plus graves.

Ce projet “est beaucoup plus dur que ce qui avait été présenté pendant la campagne présidentielle”, relevait vendredi Bruno Thouzellier, président de l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire).

Pour l’essentiel, la future loi prévoit des peines plancher d’environ un tiers de la peine maximale encourue, “avec un régime plus sévère pour les violences graves, telles que les atteintes à l’intégrité physique ou les vols avec violence”, explique Rachida Dati.

Mais elle insiste bien sur la possibilité pour le juge de prononcer des peines plus faibles, ou différentes, s’il “motive” sa décision. Le projet ne crée pas “des peines automatiques que les magistrats seraient contraints de prononcer” mais donne plutôt “des lignes directrices” aux juges, assure-t-elle.

Imposer des peines planchers serait en effet inconstitutionnel car contraire au principe de l’individualité de la peine, adaptée à chaque prévenu dans le cadre de la loi.

Mais les syndicats de magistrats ne sont pas convaincus. “Les magistrats, vu leur charge de travail, n’auront pas la possibilité de rentrer dans les détails de chaque dossier” pour argumenter leurs motivations, estime Bruno Thouzellier.

“L’individualisation de la peine (…) est reléguée à l’exception et, au mieux, à la bonne volonté du juge. Et vu le flux pénal, cette exception restera vraiment tout à fait exceptionnelle”, renchérit Hélène Franco, secrétaire générale du Syndicat de la Magistrature (SM, gauche).

Comme promis aussi par le candidat Sarkozy, la justice pourra juger comme des majeurs, sans diviser la peine par deux, les mineurs d’au moins 16 ans qui en seront à leur deuxième récidive pour des crimes “portant atteinte aux personnes et des délits graves de violences ou agressions sexuelles”.

La loi “va remplir les prisons de manière décuplée. Elles vont craquer”, pense Hélène Franco, tandis que Bruno Thouzellier estime que, puisque “le champ des infractions concernées est très, très vaste, cela va avoir un énorme impact sur le nombre de peines de prison prononcées”.

Un homme pris pour la seconde fois à dérober un CD dans un supermarché, vol qualifié punissable de trois ans de prison, sera donc passible d’une peine plancher d’un an, relève Mme Franco.

“C’est la fonction première de la loi pénale d’être dissuasive”, estime quant à elle Rachida Dati.

L’Histoire a montré qu’”aucun risque de sanction, même celui de la suppression de la vie, n’a jamais permis de faire baisser la délinquance”, réplique le SM.

Bien entendu les délits liés aux nouvelles technologies(dont le p2p d’oeuvres non-libres) est aussi concerné.


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Christine Albanel favorable à la riposte graduée

Classé dans : Infos — derkraken @ 6:45

Par Guillaume Champeau

Cet article a été rédigé par un reporter d’AgoraVox, le journal média citoyen qui vous donne la parole.

Elle sera dans la droite lignée de son prédecesseur. La ministre de la Culture Christine Albanel, même si elle semble vouloir user davatange de la concertation, souhaite remettre au goût du jour la solution de riposte graduée rejetée par le Conseil constitutionnel pour lutter contre le piratage via les réseaux P2P…

Ca devait être la grande victoire de Renaud Donnedieu de Vabres après sa défaite législative lorsque les députés ont dans leur majorité adopté un premier volet de la licence globale à la veille de Noël 2005. La “riposte graduée” devait fournir aux autorités une échelle de sanctions en fonction du volume de fichiers échangés sur les réseaux P2P, en systématisant la répression par des “radars automatiques” placés sur les autoroutes de l’information. Mais deux écueils se sont dressés sur la voie tracée par RDDV. D’abord, la CN