Le blog du kraken

mai 30, 2007

Les 12 conseils de l’EFF pour protéger votre vie privée en ligne

Classé dans : Anonymat — derkraken @ 6:13

Les 12 conseils de l’EFF pour protéger votre vie privée en ligne

par Stanton McCandlish, conseiller juridique de l’Electronic Frontier Foundation
traduction : BugBrother.com

Vers. 2.0

Note: La mention de produits, services et compagnies n’équivaut pas à une approbation ou une recommandation de l’EFF. Ces exemples et liens sont fournis en tant que points de départ, nous laissons le soin aux internautes de faire leurs propres choix en fonction du niveau de sécurité qu’ils veulent atteindre et de l’adéquation entre les offres proposées et leurs besoins spécifiques.

1) Ne révélez jamais d’information personnelle par inadvertance.
2) Prenez en main la gestion des cookies.
3) Gardez une adresse e-mail ” propre “.
4) Ne révélez jamais de détails personnels à des inconnus.
5) Sachez que vous pouvez être surveillés au travail.
6) Prenez garde aux sites qui offrent prix & récompenses en échange de votre contact ou de toute autre information.
7) Ne répondez jamais, et sous aucun prétexte, aux spammeurs.
8) Soyez conscient des enjeux liés à la sécurité sur le Web.
9) Soyez conscient du degré de sécurité de votre ordinateur personnel.
10) Examinez les chartes de protection des données personnelles, et leurs ” labels “.
11) Rappelez-vous que c’est VOUS qui décidez quelles informations vous révélez sur vous-même, quand, pourquoi et à qui.
12) Mettez-vous à la cryptographie !
Pour plus d’information sur la protection de votre vie privée en ligne…

1) Ne révélez jamais d’information personnelle par inadvertance.

Vous pouvez être ” dépouillé ” de certaines informations personnelles, y compris vos adresses e-mail et physiques, sans même vous en apercevoir, à moins d’avoir correctement configuré votre navigateur web. Dans les menus ” Configuration “, ” Préférences ” ou ” Options ” de votre navigateur, il est ainsi préférable d’entrer un pseudonyme plutôt que son vrai nom, de même, n’y mettez pas votre adresse e-mail et toute autre information personnelle que vous souhaitez ne pas partager. Vous pourrez par la suite décider de fournir vous-mêmes ces informations dans les formulaires de sites auxquels vous faites confiance, mais il n’y a aucune raison de laisser votre navigateur risquer de révéler ces informations à n’importe quel site. Vérifiez bien, également, les configurations ” par défaut ” de votre ordinateur (comme le Panneau de Configuration Internet de Windows, le Gestionnaire de Configuration de MacOS ou encore l’utilitaire Internet Config pour Mac). Si elles sont utiles en certaines occasions et permettent, par exemple, de conserver les mêmes paramètres au sein de plusieurs applications liées à l’internet, il serait bon de les anonymiser, à l’instar du navigateur, au cas où elles contiennent certaines informations personnelles. Les ménages avec enfants sont susceptibles d’avoir un ” problème de sécurité ” supplémentaire : avez-vous établi des règles claires avec eux, de sorte qu’ils sachent que l’on ne révèle aucune information personnelle à moins que vous ne l’ayez approuvé en fonction des sites visités ?

2) Prenez en main la gestion des cookies.

Les ” cookies ” sont de petits bouts d’information que les sites de Web stockent sur votre ordinateur, temporairement ou de façon quasi permanente. Les cookies sont généralement utiles et inoffensifs : ils peuvent ainsi stocker mots de passe et identifiants de sorte que vous n’ayez pas à les retaper à chacune de vos visites sur les sites qui vous ont envoyé un cookie parce que vous vous y êtes enregistrez. Cependant, les cookies peuvent aussi être utilisés en vue de mieux vous ” profiler “, enregistrant vos mouvements au sein d’un site Web, le temps que vous y passez, les liens que vous cliquez et autres détails que le gestionnaire du site veut enregistrer, généralement en vue de revendre les bases de données et fichiers clients où sont recoupées toutes ces informations. La plupart des cookies ne peuvent être lus que par la société qui les a émis. Cependant, certaines entreprises, notamment celles qui gèrent les bandeaux de pub en ligne, effectuent un recoupement et une traçabilité des internautes à partir des cookies, c’est parfois l’essence même d’une partie de leurs activités. Elles peuvent ainsi connaître les sites que vous visitez, les bandeaux de publicités sur lesquels vous cliquez, etc., et partager ces informations avec les sites Web de tous leurs clients (qui peuvent se compter par centaines, parfois par milliers). Ainsi de DoubleClick, AdCast ou LinkExchange. http://privacy.net/track, ainsi que la CNIL (en français) vous en offriront la démonstration.

Les navigateurs permettent dorénavant de prendre le contrôle des cookies. Netscape, par exemple, vous propose d’être tenu informé dès qu’un site tente d’enregistrer un cookie sur votre disque dur tout en vous donnant quelques informations supplémentaires sur ce cookie. Vous avez ainsi la possibilité de l’accepter ou bien de le refuser (soyez vigilants dès que l’utilité du cookie ne vous paraît pas ou peu claire, s’il renvoie vers un site autre que celui que vous visitez, ou qui ne sont pas temporaires). Vous pouvez aussi bloquer systématiquement tous les cookies émanant de sites tiers -autres que ceux que vous visitez-, voire absolument tous les cookies (ce qui pourra cela dit gêner la consultation de certains sites). Internet Explorer propose lui aussi une interface de gestion des cookies vous permettant d’autoriser ou de refuser tels ou tels sites à vous envoyer des cookies, ainsi qu’à interdire l’utilisation d’un cookie suspect émanant d’un site que vous avez pourtant autorisé à vous envoyer des cookies. Avec Internet Explorer, vous pouvez aussi autoriser, temporairement, un site à vous envoyer des cookies, avant que de le lui interdire (par exemple lorsqu’un site de commerce électronique requiert l’utilisation des cookies pour traiter votre commande, mais que vous ne vouliez pas pour autant l’autoriser à effectuer une traçabilité de votre navigation, des produits que vous consultez, des liens sur lesquels vous cliquez, etc.). En activant la notification systématique des cookies, vous risquez de voir apparaître un grand nombre de pop-ups, mais un peu de pratique vous permettra de cliquer sur le bouton “Refuser” de façon si rapide que vous ne vous en rendrez même plus compte. L’idée est de n’autoriser que les seuls cookies dont vous avez réellement besoin ET qui émanent de sites auxquels vous faites confiance. Vous pouvez aussi décider d’utiliser un navigateur “alternatif” tel que Mozilla (Windows, Mac, Linux), Opera (Windows, Mac, Linux), Konqueror (Linux) ou iCab (Mac), qui vous permettront de gérer encore plus efficacement les cookies.

Vous pouvez aussi vous servir de logiciel et services de gestion des cookies. Ainsi, Internet Junkbuster  http://www.junkbusters.com/ht/en/ijb.htm…) fonctionne sur Win95/98/NT et Unix/Linux (mais pas Mac) et peut sélectivement bloquer des cookies (et bandeaux de pubs) à votre place, comme interMute  http://www.intermute.com/ qui bloque, en sus, les fenêtres pop-up, entre autres, mais ne marche que sous Windows). Une autre solution ne tournant que sous Windows est AdSbtract  http://www.adsubtract.com). Guidescope  http://www.guidescope.com/home/) est un produit comparable, mais fonctionnant sous Linux, Solaris et Windows. Une application Java nommée Muffin  http://muffin.doit.org/) est également disponible : elle fonctionne sous Mac, Windows et Unix et est conçue pour des utilisateurs aguerris, à mesure qu’elle est complexe à installer et à faire fonctionner correctement. Vous pouvez aussi utiliser, sous Mac, Linux et Windows, WebWasher  http://www.webwasher.com/), qui sert à filtrer les bandeaux de publicité et permet une gestion relativement poussée des cookies, notamment grâce aux plug-ins Seclude-It et Secretmaker disponibles sur le site. Voir aussi, toujours sous Windows, CookiePal  http://www.kburra.com/cpal.html) et http://www.thelimitsoft.com/cookie.html. Il existe également de nombreux logiciels ” bouffeurs de cookies “, qui travaillent en tâche de fond ou bien en temps réel et qui s’occupe d’effacer et gérer les cookies pour vous, tels qu’iDcide, CookieCop, Cookie Manager, Cookie Wall, etc. (voir l’excellent site Web et Sécurité pour une présentation plus détaillée de ces utilitaires - http://websec.arcady.fr). De même que si vous bloquez entièrement l’accès aux cookies, vous pouvez connaître quelques problèmes en visitant les sites qui exigent l’utilisation des cookies (bien que dans la plupart des cas le pire qui puisse se produire est d’avoir à retaper vos identifiants et mots de passe que vous pensiez avoir sauvegarder). Effacer vos cookies de façon périodique est également une très bonne méthode qui, si elle permet toujours aux sites de surveiller ce que vous faites, ne serait-ce que pour une courte période (c.-à-d. le temps entre deux suppressions successive des cookies), permettra de contrecarrer les tentatives de surveillance et de traçabilité de vos mouvements en ligne.

Une autre option est de passer par un ” intermédiaire ” (qu’il s’agisse d’un logiciel ou encore d’un service en ligne), tel que le SiegeSurfer de SiegeSoft  http://www.siegesoft.com/_html/tutorial….), Freedom de Zero Knowledge Systems  http://www.freedom.net), entre autres. Ils fonctionnent en tant que filtre ou écran entre vous et les sites que vous visitez, et peuvent complètement masquer qui vous êtes, d’où vous venez (et bloquer tous les cookies) face aux sites Web que vous visitez. La plupart tournent sous Windows uniquement, mais l’Anonymizer  http://anonymizer.secuser.com/) ou encore Orangatango  http://www.orangatango.com/), offrent eux aussi un tel service quelle que soit votre système informatique. Mais ATTENTION : ne confondez pas les “infomédiaires” honnêtes avec les “services de gestion de l’identité” tels que le Passport de Microsoft ou DigitalMe de Novell. Si ces services peuvent s’avérer pratiques, c’est au prix de votre vie privée, ces sociétés cherchant moins à vous servir qu’à engranger un maximum de données personnelles à des fins marketing.

La solution idéale, qui placerait à l’intérieur même du navigateur un outil complet de gestion des cookies, n’existe pas encore. Seule une pression accrue des utilisateurs sur Microsoft, Netscape et autres fabricants de navigateurs permettrait d’y arriver. Les internautes devraient être à même de pouvoir rejeter les cookies émanant d’un site dans sa totalité, de refuser par défaut tous les cookies renvoyés à des tierces parties, de refuser tous ceux qui ne sont pas essentiels à la transaction en cours, de recevoir la notification de ce à quoi va servir exactement tel ou tel cookie, et de pouvoir déterminer à l’avance des comportements et autorisations par défaut plutôt que d’avoir à interagir avec les cookies un par un. Ce n’est tout simplement pas possible à ce jour. Vous pouvez ainsi contacter la compagnie qui distribue votre navigateur et exigez que ces dispositifs essentiels soient rajoutés dans la prochaine version du logiciel.

3) Gardez une adresse e-mail ” propre “.

Que vous écriviez par e-mail à quelqu’un que vous ne connaissez pas, ou bien sur un newsgroup, une liste de discussion, un chatroom ou n’importe quel autre espace public sur le Net, que vous éditiez une page Web mentionnant votre adresse e-mail (identification obligatoire selon la récente Loi sur la Liberté de Communication, connue comme sous l’appellation d’ ” amendement Bloche ” - voir http://www.uzine.net/rubrique30.html), il est préférable d’utiliser un compte alternatif ou une adresse pseudonyme, et de n’utiliser votre véritable adresse, ou celle que vous préférez, qu’auprès de listes restreintes, sinon fermées, ainsi que de personnes que vous connaissez bien en qui vous avez entière confiance. Les adresses qui sont postées (même si elles elles n’apparaissent que dans les en-têtes des messages) dans les espaces publics peuvent en effet facilement être découvertes par les spammers (qui envoient des courriers, généralement publicitaires, non sollicités) et être ajoutées à leur liste de ” cibles “. Le jour où votre adresse publique sera tellement spammée que cela deviendra vraiment gênant, vous n’aurez plus qu’à la détruire et vous en créer une autre. Vos amis, patron, etc., connaîtront toujours votre ” véritable ” adresse. Vous pouvez utiliser un fournisseur d’e-mail gratuit (supporté par la pub) tel que Hotmail ou Yahoo pour créer de tels comptes alternatifs. Il est préférable d’utiliser pour votre compte principal l’e-mail fourni par votre Fournisseur d’Accès Internet, sans oublier d’examiner leur charte de protection des données personnelles (surtout s’ils sont eux aussi des ” gratuits “), à mesure que les fournisseurs d’e-mails ” gratuits ” peuvent empiéter sur votre vie privée. Vous pouvez aussi préférez utiliser un ” package ” e-mail qui donne à l’utilisateur plusieurs identifiants et adresses (fournisseurs d’” alias ” et de redirection d’adresses e-mails) de sorte que vous n’ayez pas à passer par de multiples services en vue d’utiliser plus d’une seule adresse e-mail (mais vous risquez alors de devoir vous connecter au web plutôt que de pouvoir utiliser votre logiciel de courrier électronique, la majeure partie des fournisseurs d’adresses e-mails “gratuites” interdisant l’utilisation des protocoles POP et IMAP). Au cas où vous seriez tenu de fournir une adresse e-mail afin d’accéder à un site ou un service (mais qu’aucun code d’accès n’est envoyé à cette adresse, qui ne sert qu’à remplir les bases de données clients), n’hésitez pas à utiliser une adresse de type “utilisateur@example.com” : example.com est un site fictif reconnu comme tel par les standards de l’Internet, ce qui permet de vous assurer que vous ne risquez pas, en donnant une adresse e-mail qulconque, de spammer la BAL d’un quelconque internaute.

4) Ne révélez jamais de détails personnels à des inconnus.

La vitesse de l’Internet est souvent reflétée par la rapidité avec laquelle on se crée de nouveaux cercles, en ligne, de connaissance et d’amis. Mais il est important de ne pas oublier que l’on ne sait jamais vraiment qui sont ces personnes ni comment elles sont dans la ” vraie vie “. A mille kilomètres de distance, il est souvent impossible d’avoir des amis d’amis ni quelque référence que ce soit à leur sujet. Soyez également prudent en matière de rendez-vous en face à face. Si vous et votre nouvel e-ami vouliez vous rencontrer en personne, faites-le dans un endroit public. Amener un ami avec vous peut également s’avérer être une bonne idée. Sans être paranoïaque, mieux vaut être prudent. Des informations personnelles telles que vos nom et prénoms, lieu de travail et de résidence, numéro de téléphone (sans même parler de choses évidentes comme votre numéro de carte de crédit, etc.) devrait ainsi rester privé jusqu’à ce que vous en sachiez plus sur voter correspondant. Il va sans dire que de telles informations ne devraient pas être mises sur vos pages personnelles (l’amendement Bloche permet ainsi aux particuliers de ne s’identifier qu’auprès de leurs hébergeurs plutôt que sur leurs pages d’accueil). Si vous avez un page Web professionnelle, il est possible qu’elle contienne certaines de ces informations personnelles, mais rien ne vous oblige à révéler son existence à ceux que vous pourriez rencontrer dans les chatrooms. Pour ceci, et d’autres raisons, nombreux sont ceux qui disposent de deux pages persos, une pour le travail, une autre pour la sphère privée. Toujours dans le secteur commercial, faites très attention aux “nouveaux amis d’un jour”. Une forme classique de “social engineering” (”ingénierie sociale”, fait de manipuler quelqu’un en vu d’obtenir de lui des informations) pratiqué en matière d’espionnage industriel et économique est précisément de se lier d’amitié avec sa cible le temps qu’il révèle un certain nombre d’informations sensibles.

5) Sachez que vous pouvez être surveillés au travail.

Dans la plupart des pays, les employés ne disposent que de peu, sinon d’aucune, mesure de protection de la vie privée face à la surveillance effectuée par les employeurs. En France, sachez tout de même que si surveillance il y a, elle a dû vous être notifiée dans le règlement intérieur de votre société. Si vous discutez de points sensibles par e-mail, ou quelque autre média en ligne, soyez sûr de la personne avec qui vous parlez. Si vous répondez à un message passé sur une liste de discussion, vérifiez bien les en-têtes et l’adresse à laquelle vous répondez - votre réponse va-t-elle à la personne à qui vous répondez, ou bien à la liste tout entière ? Sachez en outre qu’un nombre croissant d’employeurs surveillent et enregistrent l’utilisation du Web par leurs employés, tout autant que leur e-mails. Ceci pourrait compromettre vos mots de passe bancaires et toute autre information sensible et privée. Gardez vos informations confidentielles et l’utilisation personnelle de l’internet pour la maison, en privé.

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6) Prenez garde aux sites qui offrent prix & récompenses en échange de votre contact ou de toute autre information.

Il y a de fortes probabilités qu’ils recueillent ce genre d’information pour les revendre par la suite à des firmes de marketing direct. Dans la majeure partie des cas, vos noms et adresse valent bien plus pour eux (parce qu’ils peuvent les revendre à d’autres sociétés commerciales, qui peuvent faire de même à leur tour - avec un effet boule de neige) que pour ce que vous êtes (censé) en obtenir en échange. Soyez particulièrement circonspect avec les loteries et autres concours. Vous ne gagnerez probablement pas, mais le marchand si, en tout cas si vous lui fournissez quelque information que ce soit.

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7) Ne répondez jamais, et sous aucun prétexte, aux spammeurs.

Le ” Spam “, ou e-mail non sollicité et envoyé en masse, est quelque chose dont vous êtes probablement déjà familier (si vous n’en avez pas marre, tout simplement). Lorsque vous recevez un spam publicitaire, ne répondez jamais à l’offre qui vous est faite, mais ne prenez pas non plus la peine de répondre avec la mention ” STOP ” (ou remove, unsubscribe, retirez-moi de votre liste, etc.) dans le titre de votre email, et ce quelle que soit l’instruction (probablement fausse) qui vous a été donnée pour ne plus recevoir ce genre de spam. Ceci est essentiellement conçu pour confirmer le fait que votre adresse est lue par une véritable personne, et non par un ordinateur, et vous vous retrouverez en un rien de temps sur des douzaines les listes de spammeurs supplémentaires. Si vous ouvrez le message, vérifiez bien la file d’attente du courrier sortant pour vous assurer qu’aucun message de ” confirmation de réception ” par retour de courrier n’a été produit automatiquement et à votre insu. Il est d’ailleurs préférable de mettre vos e-mails dans la file d’attente avant de les envoyer manuellement plutôt que de les envoyer immédiatement, de sorte que vous puissiez voir ce qui va réellement sortir avant qu’il ne soit trop tard. Si vous avez un bon Fournisseur d’Accès Internet (FAI), vous pouvez aussi leur faire parvenir les copies des spams que vous recevez afin qu’ils puissent se plaindre auprès du FAI du spammeur (ou, si vous connaissez bien le système d’en-têtes et de DNS des courriers électroniques, entrez vous-même en contact avec son FAI). Si vous recevez beaucoup de spams, un certain nombre de services de filtres et d’anti-spam sont disponibles, vous trouverez plus d’informations sur :
Collectif Anti-Spam : http://caspam.org/
Outils anti-spam : http://caspam.org/outils_anti_spam.htmlhttp://www.megagiciel.com/214.html)
Les logiciels de tri de vos e-mails  http://www.zdnet.fr/prat/guide/inte/a001… )
Un nouveau guide internet - La lutte anti-spam  http://www.imaginet.fr/ime/spam.htm)
Kit Jussieu Lutte anti-spam : http://www.prism.uvsq.fr/~pda/kit-jussie…
Combattez le Spamming sur Internet avec EuroCauce (Coalition européenne contre les e-mails non-sollicités).

8) Soyez conscient des enjeux liés à la sécurité sur le Web

Ne soumettez jamais un numéro de carte de crédit ou autre information personnelle extrêmement sensible sans vous être d’abord assuré que votre connexion est sécurisée (chiffré, cryptée). Pour cela, vérifiez qu’il y a bien, dans Netscape, un verrou fermé (Windows) ou une clé non cassée (Mac) en bas de la fenêtre de votre navigateur. Dans Internet Explorer, recherchez le verrou fermé en bas (Windows) ou près du haut (Mac) de la fenêtre du navigateur. Quel que soit le navigateur, l’URL (ou adresse Web) d’une connexion sécurisée commence par ” https: / / ” et non, comme d’habitude, par ” http:// “. Si vous êtes parvenu à la page qui requiert une telle connexion (en vue d’effectuer une transaction, par exemple), mais qu’elle affiche ” http: / / “, essayez d’y ajouter le ” s ” vous-même avant de recharger la page en cliquant sur le bouton Enter (pour Netscape et IE; pour ce qui est des autres navigateurs, conformez vous aux procédures et modes d’emploi spécifiques). Si vous recevez un message d’erreur attestant que la page ou le site n’existe pas, cela signifie probablement que la société qui gère le site est tellement mauvaise, et négligente envers vos informations sensibles et votre argent, qu’ils n’ont même pas sécurisé leur site Web. Faites donc vos affaires ailleurs.

Votre navigateur révèle un certain nombre d’informations vous concernant, à mesure qu’il est possible de relier votre adresse IP (l’identitfiant de votre ordinateur sur le réseau internet) à votre identité, tout spécialement si vous êtes connectés par ADSL ou haut débit. Pour voir une démonstration de tout ce que révèle de vous votre ordinateur, allez sur http://privacy.net/analyze/.

Soyez également attentifs aux “spywares”, ou “espiogiciels” -logiciels inclus dans un certain nombre d’applications et dont l’objectif est d’espionner subrepticement vos activités afin d’améliorer les bases de données comportementales de certaines sociétés de publicité et de marketing. Pour vous en prémunir, les utilisateurs de MS Windows peuvent instaler Ad-aware (shareware, cf http://www.lavasoft.de/), basé sur une base de données collaborative de spywares et qui désinstallera ceux qu’il trouvera dans votre ordinateurs. Les utilisateurs de Mac et Linux devraient sous peu voir apparaître de tels logiciels.

Java, Javascript et ActiveX peuvent aussi être utilisés pour vous espionner. Vous pouvez cela dit les désactiver ans le panneau de configuration ou les préférences de votre navigateur. Il est conseillé de les désactiver par défaut -vous en serez d’autant plus sécurisé- et de ne les réactiver que lorsque vous accédez à un site auquel vous faites confiance et qui en a besoin pour bien fonctionner. Si vous ne savez pas en quelle mesure votre navigateur autorise ou non ces langages, BrowserSpy vous le dira, ainsi qu’un grand nombre d’autres informations révélées par votre navigateur : http://gemal.dk/browserspy/.

Les “webbugs” (ou “pixels blancs”) sont un autre type d’”espiogiciel”, qui se manifestent générralement sous la forme d’une image invisible ou presque liée à un cookie ou à une requête javascript de sorte d’effectuer une traçabilité de votre utilisation du web. http://websec.arcady.fr/connaitre.htm est une excellente ressource pour en apprendre plus sur toutes ces formes d’espionnage marketing (voir aussi, en anglais, la webbug FAQ : http://www.nthelp.com/OEtest/web_bug_faq…). Il est relativement difficile d’arriver à discerner le “webbug” d’une image légitime et non-invasive. Cf, à ce propos, le détecteur de webbug de la Privacy Foundation  http://www.bugnosis.org/ - pour Windows MSIE seulement). Lorsqu’un webbug apparaît dans un pop-up (petite fenêtre généralement publicitaire), le plus simple est de fermer le pop-up. Si cela s’avère impossible (notamment en raison d’un javascript qui cherche à vous en empêcher), fermez toutes les autres fenêtres et vous pourrez normalement fermer le pop-up. Une autre technique permettant de combattre les webbugs est d’interdire tout cookie en provenance de DoubleClick, AdCast, LinkExchange et autres serveurs de publicité, ainsi que tout cookie émanant d’un site autre que celui que vous visitez (la majeure partie des cookies provenant de sites “tiers” sont es webbugs). Sachez enfin que les logiciels de courrier électronique et de consultation des newsgroups capables de lire les e-mails au format HTML peuvent eux aussi servir à activer un webbug. N’hésitez pas à interdire l’utilisation des cookies (et de javascript) dans les préférences de ces logiciels à mesure que les cookies ne sont d’aucune utilité en matière d’e-mail et de newsgroups.

9) Soyez conscient du degré de sécurité de votre ordinateur personnel.

L’autre donnée du problème réside dans votre propre ordinateur, qui peut s’avérer être le point sensible pour la sécurité de vos transactions sur l’Internet. Si vous avez un accès câble, ADSL ou quelque autre connexion à l’Internet pouvant fonctionner 24h/24, à la différence d’une connexion ” normale ” par modem et téléphone, n’oubliez pas d’éteindre votre ordinateur quand vous ne l’utilisez pas. La plupart des ordinateurs personnels disposent en effet d’un niveau de sécurité pitoyablement faible comparé aux postes de travail d’Unix qui gèrent la plupart des sites Web commerciaux. Les pirates informatiques recherchent ainsi les ordinateurs personnels vulnérables et sans surveillance connectés par câbles ou ADSL, qu’ils peuvent contrôler, dévaliser ou encore fouiller en profondeur (à la recherche de mots de passe, n° de cartes de crédits, et autres données sensibles) avec une déconcertante facilité, sans parler des cas où ils se servent de votre propre ordinateur en vue d’attaquer tel ou tel système informatique distant, attaques dont vous pourriez être tenu pour responsable. L’utilisation d’un firewall peut s’avérer particulièrement utile en pareil cas.

10) Examinez les chartes de protection des données personnelles, et leurs ” labels “.

Au moment de décider si vous allez ou non faire des affaires avec un site Web, il y a d’autres facteurs tout aussi important en matière de sécurité internet qu’une connexion sécurisée. Le site fournit-il un contact hors ligne, y compris une adresse postale ? Le site a-t-il mis en évidence une charte de protection des données personnelles et de la vie privée ? Si oui, qu’indique-t-elle ? Ce n’est pas parce que l’on établit une ” charte ” que celle-ci va vous protéger. Voyez par vous-même : la plupart d’entre-elles sont essentiellement conçues sous forme de mises en garde censées vous signifier que vous n’avez aucune garantie en matière de vie privée ! Prenez donc le temps de les lire attentivement. Si la charte vous semble CORRECTE, avez-vous une quelconque raison de croire qu’elle sera respectée ? Avez-vous jamais entendu parler de cette société ? Quelle est sa réputation ? Authentifient-ils leur charte (ou ” Privacy Statement “) avec un label tel que celui de Webtrust  http://www.webtrust.org/) et L@beliste (introuvable sur le Web) , tous deux recommandés par la CNIL, ou encore TRUSTe  http://www.truste.org) et BBBonline  http://www.bbbonline.org) ? De tels programmes garantissent la bonne tenue des sites de Web en fonction de quelques normes de base, mais peuvent aussi leur retirer, avec pertes et fracas, mais en fanfare, leurs permis d’approbation et leurs labellisations à ces douteuses sociétés qui ne tiennent pas leurs engagements. Mais s’il y a un label, il n’y a pas de problème, ” on ” s’occupe de nous ! Vérifiez d’abord que le label n’a pas été contrefait (il suffit pour cela de copier-coller le logo…). Examinez soigneusement les conditions requises, et normes appliquées, d’autant plus si vous vous contentez de souscrire à un service plus que de seulement acheter un produit. Vérifiez bien qu’il ne s’agit pas d’une escroquerie qui vous refacturera plusieurs fois le même service, et faites attention aux frais cachés.

11) Rappelez-vous que c’est VOUS qui décidez quelles informations vous révélez sur vous-même, quand, pourquoi et à qui.

Ne donnez pas trop facilement d’informations personnellement identifiables. De même que vous y penseriez à deux fois avant de donner à un employé du supermarché l’adresse de votre domicile et votre numéro de téléphone, gardez à l’esprit que ce n’est pas parce qu’un site vous demande certaines informations personnelles que vous êtes obligé de les lui donner. Vous devez naturellement fournir des informations de facturation précises et à jour lorsque vous achetez quelque chose en ligne, mais si vous vous inscrivez à un site ” gratuit ” un peu trop un fouineur à votre goût, il n’existe aucune loi contre le fait de leur fournir des informations pseudonymes (cela dit, il serait probablement plus poli de lui fournir une adresse à l’évidence fausse, telle que ” 123 rue lambda, nulle part, 0000 ici “. Au cas où il générerait des envois publicitaires basés sur ces informations - vraisemblablement en accord avec les conditions imposées par sa charte de protection de la vie privée - il pourrait ainsi a priori enlever une telle adresse de son fichier, et donc éviter le gâchis postal, et l’affranchissement. Mais n’utilisez JAMAIS pour autant l’adresse de quelqu’un d’autre ! Cela dit et au cas où vous soyez tenu de signifier votre accord aux conditions d’utilisation d’un service gratuit, assurez-vous que le contrat ne prévoit pas de poursuites judiciaires pour ceux qui donneraient de fausses informations…

12) Mettez-vous à la cryptographie !

Au final, et même si cela n’est jamais qu’une introduction en la matière, il existe d’autres menaces pesant sur votre vie privée que celles émanant de marchands peu scrupuleux, patrons espions, spammeurs et escrocs. On peut ainsi, aussi , parler de l’espionnage industriel, de la surveillance gouvernementale, de l’usurpation d’identité, des anciens associés qui se font la guerre, et des pirates informatiques. Des logiciels de cryptage pour les e-mails et les fichiers, relativement simples d’utilisation, sont disponibles gratuitement, tel que Pretty Good Privacy (PGP, disponible sur http://come.to/pgpenfrancais), qui fonctionne sur presque tous les ordinateurs et dans la plupart des principaux logiciels de courrier électronique. Un bon cryptage se sert de codes secrets particulièrement robustes, très difficiles sinon impossibles à cracker, en vue de pouvoir réellement protéger vos données. Vous pouvez également passer par des services et outils spécialisés (certains gratuits, d’autres non) qui se passent d’intermédiaires et permettent de se connecter via un ” tunnel ” sécurisé et crypté, ou de façon anonyme, ou encore d’éditer une page Web de façon anonyme. Anonymizer  http://anonymizer.secuser.com/) offre ainsi tous ces services, quand d’autres produits comme FSecure SSH  http://www.fsecure.com/products/ssh/) et SecureCRT  http://www.vandyke.com/products/securecr… proposent (entre autres choses) de véritables tunnels de SSH en packages.

Un jour viendra, heureusement, où le cryptage des données et la sécurité informatique seront tout simplement inclus, à la base, dans tous les services offerts par les Fournisseurs d’Accès Internet et les systèmes d’exploitation informatique. En attendant, nous ne saurions que trop vous conseiller de chercher activement un bon FAI et de bons logiciels.

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Pour plus d’information sur la protection de votre vie privée en ligne:

* Web & Sécurité (cookies, spywares, firewalls, utilitaires…) : http://websec.arcady.fr
* Bug Brother (anonymizers, remailers, crypto, stégano…) : http://www.bugbrother.com
* PGP en Français : http://come.to/pgpenfrancais
* CNIL (découvrez comment vous êtes pistés sur internet) : http://www.cnil.fr
* EFF Privacy Archive - http://www.eff.org/pub/Privacy
* “Protecting Yourself Online” Book - http://www.eff.org/promo/protectbook.htm…
* TRUSTe’s “Protecting Your Privacy Online” FAQ - http://www.truste.org/users/users_protec…
* Privacy Rights Clearinghouse - http://www.privacyrights.org
* Privacy International - http://www.privacyinternational.org/

L’Electronic Frontier Foundation (EFF, http://www.eff.org) est la pionnière des organisations de défense des droits et libertés civiles de l’ère digitale. Créée en 1990, l’EFF encourage et défie activement l’industrie et les gouvernements à soutenir la liberté d’expression, la vie privée et l’ouverture de la société de l’information. L’EFF est soutenu par nombre d’organisations et maintient l’un des sites les plus connus dans le monde (on ne compte plus le nombre de sites qui ont un lien vers celui de l’EFF, notamment grâce à la campagne du Ruban Bleu destiné à soutenir la liberté d’expression).


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mai 26, 2007

La désinformation

Classé dans : Infoguerre — derkraken @ 8:34

« La désinformation consiste à propager délibérément des informations fausses pour influencer
une opinion et affaiblir un adversaire. »
- “Propager” sous-entend un caractère public. Plus que le simple bouche-à-oreille ou l’usage de
messages privés, il faut avoir recours à des médias et à des vecteurs.
- “Délibérément” demande au moins chez l’acteur la connaissance de sa finalité, même si les
“repreneurs” et propagateurs de l’information peuvent être inconscients du processus. Qui se
ment à soi-même par erreur ou aveuglement idéologique ne peut désinformer mais seulement
répandre la désinformation.
- “Des informations” ce qui requiert qu’il s’agisse de relations de faits, de descriptions de la
réalité, non de simples jugements moraux ou opinions. La désinformation a pour base la
description d’événements fictifs.
- “Fausses” implique qu’elle comportent des affirmations contraires à la réalité ou recadrées de
façon à en altérer l’interprétation. Il ne saurait s’agir de simple rhétorique, d’exagération, etc. qui
ne constituent pas un processus de falsification. Ni même de constructions ou explications de la
réalité à l’aide de stéréotypes ou catégories idéologiques. Le mensonge dans la désinformation
porte sur la réalité qu’il décrit, sur la personne ou l’appartenance de qui la rapporte et sur le but
de son énonciation qui est de provoquer un dommage. Cela en fait une sorte de mensonge au
cube. Et un jeu à trois : initiateur, public, victime. La désinformation fait souvent appel de
véritables mises en scène ou la construction d’apparences de réalité. Cela marque la frontière
entre la falsification et la simple illusion. Les politiques de “deux poids deux mesures” dans la
présentation des faits par les médias lorsqu’ils donnent plus de place à ce qui accable un camp
qu’un autre ou les procédés de ceux qui n’appliquent pas les mêmes critères d’indignation en
fonction d’un régime ne constituent pas de la désinformation.
- “Pour influencer une opinion” veut dire que l’on cherche à imposer une croyance ou des
attitudes à un public plutôt qu’une décision à un responsable, même si les deux peuvent se
combiner. Ce public peut être l’opinion adverse, des alliés, des neutres ou l’opinion
internationale en général ; on peut viser le grand public ou des cercles plus restreints. La
désinformation se distingue de l’intoxication qui est la fourniture délibérée d’éléments de
décision erronée à l’adversaire. La désinformation n’est possible que là où existent un espace
public, un lieu de débat et une pluralité d’opinion et de connaissances. Elle n’a de sens que là où
sont en concurrence diverses sources de savoir et diverses interprétations. Big Brother ne
désinforme pas, il contrôle le présent, le passé et le futur, il contrôle jusqu’à la langue même.
Dans un système totalitaire, il y a la vérité officielle et la rumeur clandestine. Le dictateur dicte
ce qui doit être su et cru, et pour y résister on ne peut recourir qu’à une propagation clandestine
de contre-information. La désinformation n’est donc possible que là où il y a connaissance
imparfaite de la réalité, non-fiction absolue, là où règne au moins un pluralisme apparent.
- “Et affaiblir un adversaire” : la désinformation est un instrument utilisé dans un conflit. Elle
sert à diminuer les capacités offensives de l’autre. Ceci se fait, soit en divisant l’autre camp, soit
en l’inhibant (moralement, par désorganisation, etc…). Ce procédé vise à produire un dommage.
En cela, la désinformation, toujours négative ou agressive, diffère de la publicité commerciale,
de l’endoctrinement, etc. dont la finalité est d’obtenir l’adhésion. C’est pourquoi elle recourt à
l’imputation d’actes ou d’intentions inavouables à l’adversaire, à la perversion de son image ou
plus simplement encore la désinformation accroît la confusion et le désordre. Elle devient alors
le contraire de l’information au sens étymologique : mise en forme de connaissances. Ceci se
réalise à travers deux dimensions de la croyance qu’elle suscite : d’une part comme incitation
propageant des passions et sentiments de manière quasi épidémique, telle de la haine, et, d’autre
part, comme représentation erronée, confuse, biaisée de la réalité. Le délire idéologique, la
faculté d’auto-illusion, la clôture informationnelle, l’hallucination interprétative, et tant d’autres
formes de déni de la réalité dont il existe de multiples exemples ne constituent pas de la
désinformation, pour autant qu’elles ne sont pas dirigés contre un adversaire.
La désinformation se distingue ainsi du mensonge, de la ruse, de l’intoxication, de la légende, de
la rumeur, de la publicité, du bobard journalistique, du faux bruit, du trucage, de la rhétorique, et
de la propagande, même si elle fait peu ou prou appel à ces éléments.
Internet s’est souvent révélé le domaine où la mauvaise information chasse la bonne. Il manque
des procédures d’accréditation ou de vérification fiables. Ce que nous avons théoriquement
gagné en pluralité de sources d’information, il se pourrait que nous l’ayons perdu en capacité de
vérifier les sources ou en temps de réaction. Comment la vieille désinformation joue-t-elle de
tant de mésinformation potentielle ?
La technique change les facilités, les fragilités et les finalités de la désinformation.
La facilité de la désinformation s’accroît.
La production est simplifiée La fabrication de faux, y compris de fausses images numériques
parfaites, est à la portée de tous les logiciels. Leur introduction sur Internet, parfois de façon
anonyme et plus vite que les grand médias, est accessible à tout un chacun. Plus besoin
d’imprimerie ou de bureaux, plus besoin de soumettre sa prose à un directeur de publication
pénalement responsable.
La propagation – cela va de soi - est plus commode : les réseaux échappent à toutes les frontières
ou à toutes les censures
La réception rencontre moins d’obstacles : l’énorme masse de l’information disponible, plus le
nombre de sites ou de médias classiques qui se recopient mutuellement. Le tout n’encourage
guère l’esprit critique.
Le plus jeune média du monde réactive le plus archaïque : la rumeur. Elle se caractérise par son
contenu (elle porte sur des sujets amusants, surprenants, croustillants ou scandaleux, souvent en
rapport avec de grands thèmes symboliques, l’argent caché, le complot, l’empoisonnement,
etc…) La rumeur suppose aussi un minimum de vraisemblance : soit elle dénonce une faute ou
un scandale, soit elle relate un malheur, une catastrophe. Elle a un certain degré de rareté et de
confidentialité qui lui donne sa valeur d’échange (il y a ceux qui savent et ceux qui ne savent
pas). Elle semble ou prétend souvent contredire une vérité ou un silence officiel et surtout,
surtout elle se réclame d’une source inconnue ou invérifiable, toujours indirecte. Toutes les
conditions sont donc réunies pour faire d’Internet son milieu de propagation idéal.
L’existence de communautés d’internautes recherchant la moindre occasion de diffuser et
commenter une nouvelle, de lancer une chaîne, de se valoriser en étant les premiers informés le
rend aussi réceptifs aux cancans de commères en réunion. Le village global annoncé par Mc
Luhan est bien un village, y compris par la médisance et la vacuité des propos.


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mai 25, 2007

le Pacte du Logiciel Libre

Classé dans : Textes — derkraken @ 8:36

Législatives 2007 : l’APRIL propose le Pacte du Logiciel Libre.

Dans le cadre de l’initiative candidats.fr, l’APRIL propose aux citoyens d’encourager les candidats aux élections législatives à signer Le Pacte du Logiciel Libre.

Le Pacte du Logiciel Libre est un document simple permettant aux électeurs de savoir quel candidat dans leur circonscription a conscience des enjeux du Logiciel Libre et s’est engagé à promouvoir et défendre les libertés qui y sont associées.

Le Pacte du Logiciel Libre est également un outil permettant à tous les citoyens attachés au Logiciel Libre de sensibiliser les candidats quant à la responsabilité qui sera la leur s’ils sont élus;

(…)

—-

Source : Billet d’annonce et de présentation du Pacte du Logiciel Libre

 http://candidats.fr/index.php/2007/05/24… l-april-propose-le-pacte-du-logiciel-libre

Références contenues dans le billet

I- Le Pacte du Logiciel Libre

 http://april.org/actions/le-pacte-du-log…

*Logos « J’ai signé le pacte du Logiciel Libre » destinés aux sites des candidats, formations politiques, associations, syndicats, …

 http://april.org/actions/le-pacte-du-log… tml

II - Compléments

*Coordonnées des candidats aux législatives 2007 (mise à jour collaborative, aide bienvenue)

 http://www.candidats.fr/legislatives2007…

*FAQ/How-to : comment briser la glace ? comment convaincre ?

 http://wiki.april.org/phpwiki/index.php/…

*Un argumentaire de base pour expliquer ce qu’est le Logiciel Libre et les enjeux

 http://wiki.april.org/phpwiki/index.php/…

*Un inventaire sur les menaces qui pèsent sur le Logiciel Libre

 http://wiki.april.org/phpwiki/index.php/…

*Les cahiers Candidats.fr Présidentielles 2007

 http://www.candidats.fr/index.php/2007/0… s-cahiers-candidatsfr

*Les réponses au questionnaire Candidats.fr Présidentielle 2007 (Bayrou, Besancenot, Bové, Buffet, Le Pen, Royal, Sarkozy, Voynet)

 http://www.candidats.fr/annuaire.php


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Et c’est reparti!

Classé dans : Infos — derkraken @ 6:53

Les signes avant coureurs avait été nombreux: déclarations de N.$arkozy lors de sa campagne, créations de start up spécialisées dans le domaine de la surveillance du p2p, ballon d’essai de la part de la société logistep, création d’un espace de discussion avec les internautes de la part de la SNEP(la vaseline koi) etc….
Maintenant ça y est, la guerre reprend:

“C’est une très mauvaise nouvelle pour les internautes français. La décision de la CNIL du 18 octobre 2005 de geler la surveillance généralisée des internautes en France a été invalidée aujourd’hui par le Conseil d’Etat. La chasse aux pirates devrait ainsi pouvoir reprendre et le climat se tendre à nouveau…

L’industrie du disque l’avait vécue comme un coup de massue. Le 18 octobre 2005, la CNIL avait rejeté les dossiers de deux organisations de protection des droits des auteurs (Sacem et SDRM) et deux des producteurs (SCPP et SPPF) qui souhaitaient organiser depuis la France une surveillance des infractions réalisées sur les réseaux Peer-to-Peer. La Commission Nationale de l’ Informatique et des Libertés avait “procédé à un examen approfondi des dispositifs” qui lui étaient proposés, et avait “estimé que les dispositifs présentés n’étaient pas proportionnés à la finalité poursuivie”. Elle avait refusé d’autoriser l’envoi par les FAI de messages de prévention et surtout la collecte systématisée des adresses IP des internautes pris en flagrant délit de téléchargement illégal. Elle reprochait notamment que les sociétés de gestion puissent être à la fois procureurs et parties, en définissant elles-mêmes les seuils de tolérance et ceux au dessus desquels l’adresse IP était envoyée à un juge.

Dans un communiqué, la Société Civile des Producteurs de Phonogrammes en France (SPPF) nous apprend que “le Conseil d’Etat vient d’annuler en totalité la décision de la CNIL du 18 octobre 2005 qui avait refusé l’autorisation demandée par la SPPF en vue de procéder à des traitements lui permettant de lutter contre le téléchargement illégal d’enregistrement musicaux via les réseaux P2P”. Selon son interprétation de l’arrêt de la cour administrative (dont Ratiatum n’a pas encore connaissance), le Conseil d’Etat aurait considéré que, compte tenu du nombre de personnes procédant à des téléchargements illégaux, le dispositif proposé était proportionnel à l’étendue de la piraterie “et donc parfaitement justifié”.

La SPPF, qui représente les producteurs indépendants, dit accueillir avec beaucoup de satisfaction cette décision, considérant que la décision de la CNIL l’avait empêché de mener les actions de prévention et de répression de la piraterie musicale. “Cette triste « exception française » explique pour partie le retard considérable dans le développement du marché légal de la musique en ligne sur notre territoire”, estime la SPPF.

Celle-ci annonce qu’elle va à nouveau formuler une demande d’autorisation à la CNIL, ce qui annonce le retour des actions judiciaires contre des internautes en France. La décision du Conseil d’Etat intervient pourtant dans un contexte d’apaisement, avec la volonté affichée par les majors d’établir un dialogue constructif avec les internautes plutôt qu’une levée d’armes et de boucliers de chaque côté de tranchées virtuelles…”

Sources :ratiatum

Les règles de la chasse aux pirates révélées par la justice
49, un chiffre magique

L’arrêt du Conseil d’État sanctionnant la décision de la CNIL a enfin été publié. Pour mémoire, le Conseil d’Etat a annulé les décisions d’octobre 2005 de la Cnil qui refusait d’autoriser les Sacem, SDRM, SCPP et SPPF à mettre en place un traitement automatisé pour constater des infractions en matière musicale sur les réseaux P2P. Avec cette annulation, les quatre sociétés d’auteur vont pourvoir redemander un sésame à la CNIL dans les prochains jours (notre actualité).

Le contenu de l’arrêt n’est pas dénué d’intérêt puisqu’on y découvre à la lettre ce qu’envisageaient les sociétés d’auteur en matière de contrôle automatisé. Avec cette remise à plat, il y a de fortes chances de voir un régime similaire être mis prochainement en place en France.

Calibrage et ciblage avancé

Un système bien huilé : les sociétés partent d’un catalogue de 10 000 titres à surveiller, catalogue actualisé à 10% toutes les semaines. Dans une première phase dite de calibrage ou de ciblage et durant 24 heures, il s’agit d’identifier « les internautes mettant gratuitement de manière régulière à disposition de tiers des fichiers musicaux ». A l’issue de cette phase, les comptes sont faits.

Ceux ayant mis à disposition moins de 50 fichiers musicaux devaient recevoir un message d’avertissement qui leur signale « les conséquences juridiques de la pratique de la contrefaçon ». Ceux qui ont mis à disposition plus de 50 fichiers, passent dans la seconde phase, dite de « ciblage avancée ». Durant 15 jours, ces gros poissons sont alors placés en surveillance rapprochée, épiés dans leurs faits et gestes sur les réseaux P2P.

Le bulletin de (mauvaises) notes

Ensuite, vient l’heure du bilan : si pendant cette période l’internaute met entre 500 et 1000 fichiers musicaux à disposition des tiers, il pourra faire l’objet de poursuite devant le juge civil (demande de dommages et intérêt pour couvrir le préjudice de Johnny et consorts). S’il met à disposition plus de 1000 fichiers, le dossier est susceptible d’être traité devant le juge pénal (amende et prison éventuelles, et demandes de dommages et intérêts).

On notera au passage que le Conseil d’État a estimé illégal, comme la CNIL, le système de message préventif d’information envoyé par les ayants droit aux particuliers. Pris dans l’étau légal et de la jurisprudence du Conseil Constitutionnel, il souligne que la seule solution envisageable est la solution pénale : ces traitements de données nominatives ne peuvent être faits que dans l’optique répressive et non dans cette optique éducative. En résumé donc, seule la solution « dure » risque d’être envisagée pour la nouvelle demande des ayants droits.

Sources: http://www.pcinpact.com/actu/news/36574-…

Pour résumer:
- Pendant 24h, moins de 50 fichiers : un mail d’avertissement
- Dès 50 fichiers : durant 15 jours, ces gros poissons sont alors placés en surveillance rapprochée, épiés dans leurs faits et gestes sur les réseaux P2P.
- Si pendant cette période l’internaute met entre 500 et 1000 fichiers musicaux à disposition des tiers, il pourra faire l’objet de poursuite devant le juge civil (demande de dommages et intérêt pour couvrir le préjudice)
- S’il met à disposition plus de 1000 fichiers, le dossier est susceptible d’être traité devant le juge pénal (amende et prison éventuelles, et demandes de dommages et intérêts).

Le système de surveillance contiendra 10′000 fichiers à surveiller au début, pour être étendu de 10 % par semaine.

Donc, pour mener à bien ce nouveau round:

-Faites la promotion des oeuvres libres sur tous les supports possibles(blogs, forums, emails etc…) Ainsi qu’IRL. Une liste de ces oeuvres est disponible ici:
 http://rezal404.org/wikini/wakka.php?wik…
Les licences libres sont décrites ici:
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_lib…
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_Art…
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Licences_Cr…

-Cessez de télécharger des oeuvres non libres, ainsi que de les partager.
Vous ne serez ainsi pas dans l’illégalité et vous cesserez d’offrir une promotion gratuite aux oeuvres non-libres

-Lisez et diffusez ces oeuvres:
 http://www.freescape.eu.org/piraterie/
 http://alban.martin.googlepages.com/
 http://www.framasoft.net/article3117.htm…


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mai 22, 2007

Engagez, rengagez vous!

Classé dans : Textes — derkraken @ 10:57

Richard Stallman appelle les citoyens français épris de liberté
informatique à adhérer à l’APRIL.

Fondée en 1996, l’APRIL est devenue aujourd’hui l’acteur reconnu et
incontournable pour la promotion et la défense du logiciel libre. Pour
encore mieux promouvoir et défendre le logiciel libre l’APRIL a lancé
le samedi 19 mai 2007 une campagne d’adhésion [1] dont l’objectif est
d’atteindre les 1 500 adhérents et de permettre de renforcer son
équipe de permanents avant la fin de l’année. L’APRIL a besoin de
votre soutien.

Présent en France à cette occasion [2], Richard Stallman,
président de la Fondation pour le Logiciel Libre, a déclaré :

« L’APRIL joue en France un rôle fondamental et unique pour la
promotion et la défense du logiciel libre et de ses différents
acteurs. La liberté informatique est un enjeu de société et il est
essentiel, aujourd’hui plus encore qu’avant, de soutenir celle-ci en
rejoignant l’APRIL. J’encourage tous les citoyens épris de liberté
informatique à adhérer dès maintenant à l’APRIL »

De nombreuses menaces pèsent aujourd’hui sur le logiciel libre et les
biens communs informationnels : les brevets sur les logiciels, les
dispositifs de contrôle d’usage (DRM), la remise en cause de
l’interopérabilité ou la fausse interopérabilité, l’informatique
déloyale, la vente liée, les lois nationales créant de une insécurité
juridique comme DADVSI, les traités internationaux en préparation, les
campagnes de désinformation menées dans les médias ou dans le milieu
scolaire.

Simples utilisateurs de l’informatique et d’internet, vous utilisez de
plus en plus de logiciels libres sur vos ordinateurs les logiciels
libres sont par ailleurs indispensables au fonctionnement
d’Internet. Les logiciels libres permettent de s’équiper à moindre
coût, et sont donc, pour les populations les plus défavorisées, des
outils de lutte contre la « fracture numérique ». Ils garantissent un
meilleur respect des libertés individuelles face à l’informatique
déloyale consistant à dresser un profil de chaque utilisateur de
l’internet mais garantissent aussi l’indépendance technologique.

Développeurs de logiciel libre, la liberté d’exprimer votre créativité
en développant et diffusant des logiciels libres est un droit qui ne
doit être remis en question par aucune législation.

Voulez-vous apporter votre soutien à la sauvegarde des libertés
informatiques ? Un contre-pouvoir est necessaire pour defendre le
logiciel libre face à ses adversaires.

Rejoignez maintenant l’APRIL pour renforcer ses actions pour la
promotion et la défense du logiciel libre et pour intensifier une
dynamique gagnante [3]. Adhérer à l’APRIL ne vous engage pas à être
actif dans l’association.

Pour adhérer à l’APRIL c’est simple :

 http://www.april.org/association/adhesio…

Références :

[1] « Soutenez maintenant le logiciel libre - rejoignez l’APRIL »

 http://www.april.org/association/campagn…

[2] « Logiciels libres : un enjeu de société »

 http://www.april.org/groupes/csi/cycle-l…

[3] Au 19 mai 2007 l’APRIL compte 715 adhérents dont 641 particuliers,
45 entreprises, 28 associations et 1 établissement public. L’APRIL a
doublé son nombre d’adhérents en moins d’un an. L’APRIL a trois
permanents : un délégué général, une assistante de direction, un
chargé de mission.


APRIL
Soutenir le logiciel libre : http://www.april.org
01 46 49 25 15


Lettre d’information de l’APRIL

 http://www.april.org/wws/listinfo/april-…


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mai 15, 2007

Bréviaires des propagandistes

Classé dans : Infoguerre — derkraken @ 6:30

La propagande suscite l’adhésion à une cause par des techniques de communication. Elle ne
sert pas à vendre une chose désirable (comme la publicité) ou à enseigner un savoir vrai et
utile (comme la pédagogie) ou à convaincre d’une thèse controversé (comme la rhétorique). Il
ne s’agit pas non plus de répandre des dogmes (comme le prosélytisme) ou de transformer des
adeptes en robots obéissants (comme le lavage de cerveau dans les sectes). Il s’agit d’une
performance combinant tout cela à un degré ou à un autre : persuader plus mobiliser.
Il faut faire en sorte que la cible (disons «le propagandé») :

- tienne pour vraies certaines affirmations. Ce contenu peut souvent se résumer en un
slogan : « nous dépasserons le plan quinquennal », « nous vaincrons parce que nous
sommes les meilleurs », « voter Machin, c’est assurer la paix et la prospérité », « la loi
Truc est inique et scandaleuse »…

- qu’il adhère aux valeurs et comportements qu’impliquent ces affirmations. Pareille
adhésion peut se traduire par des attitudes allant de l’acceptation passive des mesures
du gouvernement jusqu’au brûlant désir de militer ou de mourir pour la patrie. D’une
vague complicité, plus ou moins conformiste, à une conversion totale, il ne s’agit
pourtant que des degrés de l’identification de l’individu à une institution ou un projet.
Le but final est de changer le monde bien plus que de multiplier le nombre de croyants
en une vérité.

La propagande n’a de raison d’être que là où le propagandé aurait un autre choix : il aurait
pu voter Y et non X, devenir nationaliste ou libéral ou marxiste, soutenir la mondialisation
heureuse et non l’altermondialisme. Dans une société où ce choix n’existe pas, où chacun
adhère au même dogme et répète ce qu’ont répété ses pères, la question ne se pose guère.
Il faut alors parler de culture et de tradition, non d’effet de la propagande : celle-ci cherche
à gagner les esprits, plutôt qu’à les reproduire à l’identique. Il y a propagande là où une
cause s’oppose à d’autres (même si celles-ci ne peuvent s’exprimer et ne représentent
qu’un danger virtuel) et opinion à conquérir

Le propagandiste a donc deux ancêtres: le sophiste grec, ce beau parleur capable de
convaincre indifféremment du vrai ou du faux, et le prédicateur qui débarque un jour dans un
pays inconnu et en repart quand les habitants ont abandonné des dieux de leurs ancêtres pour
en adopter un nouveau. Le premier pour la qualité du discours, le second pour les relations
publiques (elles peuvent être assez exigeantes : plusieurs années de présence sur place à
enseigner et soigner, risque de martyre, voire besoin d’un miracle de temps en temps…). Le
propagandiste jouit d’un avantage que n’avaient pas les deux précédents : il maîtrises les
médias de masses et s’adresse aux masses. Pour cela, relire Aristote et Saint François Xavier,
mais avoir aussi maîtriser suivant l’époque les salles de montage, les plateaux de télévision ou
la Toile.

Dans le domaine de la propagande, la guerre de 14-18 marqua un bond en avant: l’art de gérer
l’enthousiasme des foules y atteignit une perfection inégalée. Après guerre, beaucoup cherchèrent à comprendre ce qui s’était passé. Certains propagandistes se vantèrent même
(tles G. Creel et A. Bernays aux USA) d’agir sur les ressorts de l’âme humaine et de gérer de
manière quasi industrielle les «manufacture du consentement» (une expression de W.
Lippmann autre grand praticien et théoricien). Durant la Grande Guerre, la propagande, dont
le rôle consistait surtout jusque là à glorifier le souverain ou à répandre des idées
révolutionnaires, acquiert de nouvelles dimensions :
- susciter à volonté l’hostilité des masses et leur capacité d’accepter les plus grands
sacrifices
- mobiliser et coordonner l’appareil bureaucratique et les médias de manière qui se veut
scientifique
- censurer, désinformer, contrôler les informations disponibles en dépit du pluralisme de
la presse.

Lord Ponsonby, un aristocrate anglais, socialiste et pacifiste, résuma ainsi les méthodes
utilisées pendant le conflit :
Il faut faire croire :
1 que notre camp ne veut pas la guerre
2 que l’adversaire en est responsable
3 qu’il est moralement condamnable
4 que la guerre a de nobles buts
5 que l’ennemi commet des atrocités délibérées (nous pas)
6 qu’il subit bien plus de pertes que nous
7 que Dieu est avec nous
8 que le monde de l’art et de la culture approuve notre combat
9 que l’ennemi utilise des armes illicites (nous pas)
10 que ceux qui doutent des neuf premiers points sont soit des traîtres, soit des jobards
victimes des mensonges adverses (car l’ennemi, contrairement à nous qui informons, fait de la
propagande)

Même si le décalogue de Ponsonby ne fournit pas à proprement parler une explication de la
propagande, mais un recensement de ses argumentaires en temps de guerre, il reste
remarquable par sa simplicité.

À preuve : lorsque, plus d’un demi-siècle plus tard, Alvin Toffler le ponte de la société de
l’information et de l’information warfare tente de résumer les recettes des armées modernes
(comme celles de l’Otan au Kosovo en 1999), il retombe sur une énumération assez similaire
de recettes :
• Accusations d’atrocités (atrocity propaganda, un terme datant de 14-18),
• Gonflement des enjeux (la guerre devient un affrontement métaphysique du Bien et du Mal),
• Diabolisation de l’adversaire (ce qui équivaut souvent à son « hitlérisation »),
• Polarisation (ou bien on est pour le camp du Bien, ou bien pour celui du Mal),
• Appel à la sanction divine (Dieu est avec nous),
• Méta propagande, c’est-à-dire accusation de propagande lancée contre toute information
provenant de source adverse ou toute assertion contestant la votre. Bénéfice secondaire : on
peut, par exemple, bombarder la télévision serbe, al Jazira ou al Manar sans commettre un
crime, puisque ces gens là font de la propagande pour la tyrannie et le terrorisme qui menacent la liberté d’opinion.

Quand on parle d’analyse de la propagande, il faut rendre hommage à l’IPA (Institute for
Propaganda Analysis). Cette institution fut créée dans l’entre deux guerres par des
scientifiques, inquiets de la puissance de la propagande en temps de guerre et de paix dans les
démocraties. Leur idée était de fournir au citoyen ordinaire des outils d’analyse pour détecter
la propagande, donc de ne plus en être victime.

L’IPA a surtout dénombré « 7 principes » (name calling, glittering generalities, transfer,
testimonial, plain folks, card stacking, and bandwagon) devenus des «classiques» aux USA, à
force d’être répétés

En voici une des versions avec des exemples plus récents:

1)Étiquettes péjoratives : cette technique consiste à accoler simplement un nom à un
groupe pour évoquer des images négatives et contrôler l’aspect réel ou imaginaire de
son identité évoqué du seul fait de nommer les Huns, les Boches, les Rouges, les
Viets, la Réaction les Partageux… Cette méthode renvoie à un principe plus général :
le contrôle des dénominations donc du code. Il n’est pas neutre de nommer quelqu’un
anti ou altermondialiste, progressiste ou radical, fasciste ou nationaliste, cosmopolite
ou mondialiste, libéral ou ultra-libéral, de parler d’Ordre moral ou de bonnes mœurs,
de sans-papiers ou d’immigrants en situation irrégulière. Le pouvoir commence par le
celui de nommer et de circonscrire le champ du pensable et du discutable.

2)Euphémisme et dissimulation. Cette fois les mots servent à occulter le caractère de ce
dont on parle, à le banaliser ou à lui ôter ses implications les plus gênantes. Frappe
chirurgicale sonne mieux que bombardement et « les événements d’Algérie » évoque
moins la gravité de la situation que « la guerre d’Algérie ».

3)Brillantes généralités et noms prestigieux. Cette fois encore, rien de très original. Le
propagandiste accole un terme évoquant le Bien, le Juste, le Beau… à ce qu’il désire
promouvoir. Le « camp de la paix » ou l’opération « juste cause », l’appel à tout bout
de champ à la tolérance ou à la patrie servent ainsi à capter le prestige de valeurs pour
paralyser la critique. Qui se dirait contre les Travailleurs, la Diversité ou l’Autre ?

4)Argument d’autorité : citer des personnalités prestigieuses, «des scientifiques», «des
intellectuels», les «autorités morales» voire des vedettes. Sans se demander si le fait de
très bien chanter ou d’être un remarquable spécialiste de la biologie moléculaire donne
compétence pour parler réforme fiscale.

5)Argument de banalité. Il consiste à rappeler que l’homme du commun pense que…,
Comment aller contre le bon sens populaire ? Si Monsieur Dupont ou Mr. Smith sont
de cet avis, comment contredire les évidences auxquelles croit l’homme du commun ?
On songe ici au film de Kaplan Loin de la foule déchaînée, où un présentateur de radio
gagnait un inquiétant pouvoir politique en se présentant comme le brave gars qui
reflète ce que pensent spontanément tous ses auditeurs.

6)Argument de simplicité : réduire tout à des alternatives binaires, jouer sur la paresse
mentale du public en lui proposant des explications faciles à reprendre et des jugements de valeur. C’est souvent la stratégie du Yaka…

7)Unanimisme et effet moutonnier. Cette fois, le nombre des partisans d’une idée sert à
l’appuyer. Tant de monde ne peut pas se tromper, n’est-ce pas ? Cette conviction sera
renforcée si l’on peut voir ces foules enthousiastes ou en faire partie.

8)Transfert et fausses connexions. Il s’agit d’associer la cause que l’on défend (ou
inversement) avec des symboles plus généraux positifs ou négatifs suivant le cas :
drapeaux, prières, images de héros et de grands hommes, emblèmes de la Nation,
références à la Science… Le but est de s’approprier le prestige d’une valeur positive
ou, au contraire de lier l’adversaire à la Barbarie, à l’Archaïsme, au Fascisme.

9)L’appel à la Peur: la Nation est en péril, nous subissons une invasion invisible, la
tyrannie est à nos portes, la violence monte, un complot nous menace, A va prendre le
pouvoir. La seule solution est de voter X ou de soutenir Y. Avantage collatéral, cette
technique peut se combiner avec celle du Bouc Émissaire : si tout va si mal, c’est de la
faute des étrangers, des capitalistes, des militaristes, des conspirateurs…

Un des « bons docteurs » de l’Ipa, Clyde Miller synthétisait en parlant de quatre leviers :
1. Levier d’adhésion (virtue device) faire accepter une personne, une idée ou un
parti comme « bon » en l’associant à des mots ou symboles «bons »
2. Levier de rejet (poison device) : l’opération inverse avec des symboles du mal
ou de valeurs détestées.
3. Levier d’autorité (testimonial device) : récupérer le prestige d’un homme ou
d’une institution ou exagérer la valeur exemplaire d’un cas pour faire
approuver ou rejeter.
4. Levier de conformité (together device) qui fait appel au poids de la masse des
partisans ou à l’appartenance à une entité supérieure, Nation, Église pour
obtenir l’adhésion.

Ce schéma théorique n’est pas d’un raffinement extrême, mais il décrit assez bien une
pratique quotidienne.

Là aussi on comparera avec intérêt avec une grille des années 50 exposée par J.M. Domenach.
Pour lui, la propagande suppose :
1) la simplification et le choix d’un ennemi unique
2) le grossissement et la défiguration des faits (ce qui ne signifie pas le
mensonge systématique : moins la propagande risque d’être démentie et le
trucage démontré, plus elle est efficace)
3) l’orchestration dans la répétition des thèmes principaux,
4) la «transfusion » qui est l’emploi des mythes préexistants et affects collectifs mobilisés au service de la cause
5) Le principe d’unanimité et de contagion : la pression conformiste du groupe
sur l’individu

Les schémas précédents se recoupent sur cette idée : la propagande prospère là où elle répond
à un besoin du propagandé.. Besoin d’être rassuré d’abord et d’avoir confiance dans l’opinion
du groupe, de la tradition, des grandes valeurs… Second besoin : celui de rejeter, de nourrir sa
peur, d’identifier le mal et les adversaires. Quant au troisième besoin, il est d’ordre cognitif :
la propagande est efficace parce qu’elle rend le réel plus facile à interpréter. Elle impose des
logiques binaires, des catégories attrape-tout, qui rendent le monde et l’histoire enfin
compréhensibles.

Bien entendu, il existe d’autres recettes y compris les manuels de propagande nazis
téléchargeables sur Internet ou les principes de l’Agit Prop soviétique. Et les analystes de la
propagande ne manquent pas non plus qui l’ont expliquée soit par l’instauration de réflexes
conditionnés (comme le pavlovien Serge Tchakhotine), ou par un appel direct à l’inconscient
(Vance Packard dans le cas de la publicité). Dans un autre genre Noam Chomsky incrimine le
système économique des médias qui les rend dépendants des intérêts des annonceurs voire du
gouvernement. La propagande consisterait donc plutôt en la sélection ou la présentation des
nouvelles dans un sens qui renforce le système économico-politique.

L’un peut mettre l’accent sur le pouvoir des images et de l’inconscient, l’autre sur
l’imprégnation idéologique ou sur la censure de fait, un troisième sur l’engagement du
propagandé qui, par étapes, est amené à aller de plus en plus loin.. Il existe des théories
expliquant la propagande par référence au marxisme, à la psychanalyse, à la psychologie
sociale et à dix théories et plus ou moins idéologisée mais l’efficacité pratique de la
propagande est sans rapport avec ses bases « scientifiques ». Surtout, ses succès dépendent de
deux facteurs principaux. :
- Les techniques relatives au contenu du message
- Leur adaptation aux objectifs et à l’environnement de la propagande

Pour les objectifs, la propagande sert à faire entrer dans un cerveau humain, et dans des
proportions diverses, des informations (au sens d’énoncés, d’assertions, de descriptions de la
réalité), des représentations (des symboles, des catégories générales, des images de certaines
réalités abstraites comme la Nation, le Prolétariat ou le Droit), des valeurs, des décisions
(« oui je voterai Machin »), des émotions (« ces Poldèves, quelles brutes sanguinaires ! »)…

Cela peut servir à une de ces fins (qui se chevauchent souvent) :
- à un endoctrinement de fond,
- à maintenir le propagandé dans un état qui lui fasse percevoir le monde où il vit
comme naturel, acceptable ou inéluctable : c’est ce que nous pourrions appeler de la
propagande pour le système
- à provoquer un engagement jusqu’au sacrifice,
- à inciter à des choix simples à un moment précis (voter oui ou on à un referendum),
- à contrôler empêcher les mauvaises nouvelles de circuler et l’opposition de
s’exprimer,
- à maintenir le moral de la population dans des circonstances comme une guerre et à
atteindre le moral adverse,
- à célébrer les mérites d’un dirigeant ou candidat, comme ceux d’une marque
commerciale (mais dans ce dernier cas, il vaut mieux parler de marketing politique
que de propagande..).

Bien entendu, l’efficacité de la propagande dépend du rapport entre objectifs et moyens
disponibles. La situation est différente si l’on dispose du département de l’Agit Prop en URSS
( otdel agitatsii i propagandy), plus quelques petits moyens de contrainte, pour
populariser le changement de ligne du parti ou s’il faut gérer un budget de X millions
de dollars pour faire élire un candidat aux prochaines primaires US.

Quant à l’environnement où s’exerce la propagande, il ne détermine pas moins son contenu.
Certaines distinctions sont évidentes : la propagande dans un système totalitaire, ou en
situation de quasi monopole de l’information, diffère de son application dans un système
pluraliste, on s’en doute.

L’environnement politique renvoie aussi à l’environnement technologique. La propagande
exaltante, martiale, emphatique de l’ère des meetings de masse et des quotidiens d’opinion
doit se faire douce, consensuelle, personnalisée, et se centrer sur les besoins du prospect à
l’heure de la télévision. De même Internet a rendu nécessaires des stratégies de sélection de
l’information disponible, de direction de l’attention des sujets, d’indexation…
L’environnement est aussi sociologique : on ne s’adresse pas à l’individu isolé comme à un
groupe précis (tel un syndicat pour l’inciter à faire ou à ne pas faire grève) ou à la Nation en
général Plus exactement, la propagande devrait idéalement s’adresser au propagandé à
plusieurs titres :
- en tant qu’individu, cerveau recevant des messages de son journal, de sa télé et y réagissant
- en tant que membre de groupes qui peuvent renforcer l’efficacité de la propagande par un
effet de pression et de conformisme, mais qui peuvent aussi lui opposer une singulière
résistance collective ou interpréter de façon non prévue par le propagandiste comme infime composante des masses auxquelles s’adresse la propagande.

Dernier élément : l’environnement mental. L’ensemble des valeurs, des attitudes, des
croyances, des mythologies, du vocabulaire des populations-cibles qui imposent des limites
évidentes aux idées qu’instille la propagande ou constituent des sources de. Il est par exemple
évident qu’il serait aussi difficile de faire ouvertement campagne contre le développement
durable dans les années 2000 en Europe, à peu près aussi difficile que de s’en prendre au
progrès et à la croissance dans les années 60.

Cette adaptation du message culminela forme qui a remplacé la propagande, au moins dans
les pays occidentaux : le marketing politique. Celui-ci transpose dans le domaine politique,
censé être celui des idées et des valeurs, des méthodes utilisées pour vendre des choses, mais
pour vendre des gens.

Le marketing obéit au principe d’adaptation :
- déceler les attentes du « marché » (les électeurs) ou des secteurs qui pourraient être
intéressés par le produit (le candidat)
analyser le produit en terme d’image de marque (que corrigeront des spécialistes)
- déterminer le message qui « passera » et faire correspondre au mieux l’image du
candidat avec les attentes

La question du contenu (ce que croit et veut faire partager le candidat) est secondaire dans le
marketing politique, formant le pôle faible de la propagande dont le pôle fort serait la
conversion, la vraie propaganda fide.

Que conclure ? Il est quasiment impossible de mesurer ces effets de façon certaine ou
d’énumérer les facteurs qui peuvent la faire échouer au moins partiellement. S’il est déjà
diffiile de mesurer l’effet d’une campagne de vente, il est plus que douteux que l’on puisse
cerner toutes les variables qui façonnent l’opinion, surtout dans des circonstances
dramatiques. Sous peine d’aboutir à des raisonnements circulaires (« la propagande doit être
bien puissante pour avoir produit un tel engagement ou un tel bouleversement, mais pour que
des gens aient adhéré à de telles idées, il faut qu’ils aient été victimes de la propagande »).
Comme la guerre, la propagande est un art tout d’exécution. Mais elle n’agit que là où elle
rencontre un terrain favorable. Aucune science supposée de la manipulation, ni aucun appareil
ne pourrait quoi que ce soit sans nos besoins de communion et de croyance.

Tiré d’un texte de François-Bernard HUYGHE
Sources: http://www.huyghe.fr


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mai 13, 2007

Une “étude” visant à décrédibiliser le p2p

Classé dans : Infoguerre — derkraken @ 9:49

Une étude sur les 5 acteurs principaux du p2p
(sic, je cite:
bearshare
limewire
gnutella
edonkey
morpheus
kazaa (sic) )
nous donne sa conclusion:

le p2p, c’est dangereux, car les gens mettent en partage parfois sans le savoir des fichiers privés ou copyrightés et surtout les échangent.

certains ne savent même pas qu’ils redistribuent les fichiers téléchargés.

De plus, les petits logos souriants mettent les gens en confiance:
la tête souriante de bearshare par exemple, alors que cet ours mord cruellement …

Le réseau Gnutella est en train de s’écrouler car les gens ne partagent plus.

ça vous met plein de virus dans votre ordi.

ça crée plein de backdoors qui permettent aux méchants pirates de vous volez vos informations vitales.

Le document disponible ici:
 http://www.uspto.gov/web/offices/dcom/ol…


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Les chiffres du piratage font polémique

Classé dans : Infoguerre — derkraken @ 9:40

Quelle est l’ampleur véritable du piratage et de la contrefaçon sur le marché mondial ? Alors que les lobbys industriels publient des chiffres toujours plus alarmistes, deux rapports indépendants dont un de l’OCDE viennent largement minimiser la réalité du fléau…

Les rapports des lobbys industriels sur les incidences économiques du piratage et de la contrefaçon se multiplient pour donner tous des chiffres de préjudice plus importants et inquiétants les uns que les autres. Il y a une sorte de concours interne à celui qui sortira le chiffre le plus fort, quitte à être en pleine contradiction. Pas plus tard que la semaine dernière encore, un rapport de la MPAA (le lobby du cinéma) indiquait que 40 % des screeners réalisés avec des camescopes étaient produits depuis la seule ville de New-York. Quelques jours plus tard, un autre rapport de Warner Bros disait lui que 70 % de ces camcorders émergeaient du Canada. Cherchez l’erreur.

A chaque fois le but est bien sûr de larmoyer très fort pour obtenir des parlementaires des lois toujours plus sévères contre la contrefaçon. Alors que le Canada résiste toujours, le maire de New York Michael Bloomberg a signé au début du mois une loi qui renforce la répression contre le piratage de films.

Au delà d’Hollywood, toute l’industrie proteste contre la contrefaçon et s’allie pour donner ses chiffres aux législateurs. De sources industrielles, on prétend que le piratage et toutes les formes de contrefaçon (imitations de parfums, vêtements, usines de CD et DVD pirates, etc.) coûtent chaque année plus de 600 milliards de dollars. Comme toujours, les méthodes et les bases de calcul ne sont pas communiquées, ou très peu détaillées. Malgré tout, les pouvoirs publics s’émeuvent et réagissent. Les moyens de répression contre la contrefaçon étaient au programme du G8 à Berlin et le seront encore à Heiligendamm le 6 juin prochain.

Rapports d’acteurs contre rapports d’observateurs

Toutefois, un rapport de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) dont le Financial Times a obtenu copie met en doute les proportions, sans renier la réalité d’un fléau pour l’économie mondiale. Le rapport estime que ce ne sont pas “au moins 600 milliards” de dollars qui sont perdus chaque année au profit des pirates et contrefacteurs, mais “tout au plus 200 milliards de dollars”, c’est-à-dire trois fois moins.

La Chambre de Commerce Internationale, qui a vite réagi au rapport de l’OCDE conteste les chiffres de l’organisation internationale. Guy Sebban, son secrétaire général, considère que ce sont “jusqu’à 1.000 milliards de dollars” qui sont perdus chaque année dans les transactions internationales ! Qui dit mieux ? L’OCDE, qui reconnaît que le rapport est “politiquement sensible”, joue les diplomates et admet qu’elle n’a pas tout couvert, notamment le piratage sur internet. Mais elle estime que les réponses à apporter ne sont pas forcémment dans les mesures législatives à impser aux Etats en développement, mais plutôt de meilleures conditions de travail et une meilleure gestion.

Le rapport de l’OCDE suit de près un autre rapport, issu du Government Accountability Office (GOA), l’agence d’évaluation gouvernementale américaine. Dans ce rapport (.pdf), le GAO - qui est réputé pour sa neutralité et ses positions à contre-courant des lobbys - réfute les chiffres communiqués récemment par des groupes industriels selon lesquels 5 à 7 % du commerce mondial impliqueraint des produits contrefaits. Loin de trouver ces résultats, le GAO note que sur sur 287.000 expéditions inspectées au hasard aux frontières entre 2000 et 2005, seules 0,06 % étaient en violation des droits de propriété intellectuelle. Et en valeur, même si les saisies en contrefaçon augmentent, les violations ne représentent que 0,02 % de la valeur totale des biens importés. C’est 200 fois moins que les chiffres prétendus par l’industrie.

Même s’il faut considérer que la contrefaçon a davantage lieu dans les pays asiatiques qu’aux Etats-Unis, les chiffres du GAO font peser de sérieux doutes sur la crédibilité des données avancées par les groupes industriels qui réclament toujours plus de contrôles et de répression.


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Qui veut faire de The Pirate Bay un site d’extrême droite ?

Classé dans : Infoguerre — derkraken @ 9:36

L’accusation est grave. Réagissant à des rumeurs amplifiées par la presse allemande et britannique, les administrateurs de The Pirate Bay accusent l’IFPI de vouloir faire passer le site de liens BitTorrent pour un site d’extrême droite…

C’est un extrait de télévision d’abord passé inaperçu, diffusé le 24 mars à la télévision suédoise. Invité dans l’émission “Bert”, le porte-parole de The Pirate Bay Tobias Andersson est pressé par l’ancien homme politique Bert Karlsson d’admettre que le site pirate de liens BitTorrent a été financé par Carl Lundström, un homme d’affaires notamment connu pour être l’un des principaux financiers du parti (réputé) d’extrême droite suédois Sverigedemokratema. Surpris par la question, Andersson admet que TPB a été sponsorisé à ses débuts par Rix Telecom, une grande entrerise de télécoms suédoise dont Lundström est à la fois le dirigeant et le principal actionnaire.

L’affaire n’a pas fait beaucoup de remous tant la ficelle semblait grosse, mais elle a trouvé un écho dans un article orienté du grand journal allemand Der Spiegel. L’article rapporte les liens de TPB avec Lundström sans chercher l’autre versant de l’histoire. En réalité, Lundström n’a jamais eu affaire en personne à The Pirate Bay. Frederik, l’un des co-fondateurs de The Pirate Bay, était employé chez Rix Telecom lorsqu’il a demandé à son employeur s’il était possible de bénéficier gratuitement de sa bande passante et de quelques serveurs pour un “projet personnel”. Ce qui fut accepté les premiers temps. Assez vite, TPB a loué sa bande passante avant de changer d’hébergeur. C’est le seul support financier dont aura bénéficié le site de la part de Lundström.

Dans la vidéo, Bert Karlsson va pourtant très loin dans l’accusation, en insinuant que Carl Lundström avait vu dans The Pirate Bay le moyen de diffuser ses idées de droite auprès de la jeunesse. C’est, d’après le présentateur de l’émission, le principal retour sur investissement qu’attendait l’homme d’affaires suédois. Le Spiegel a repris les accusations à son compte, voyant des liens politiques étroits entre le site de liens BitTorrent et l’extrême droite suédoise.

The Pirate Bay pointe un complot orchestré par l’IFPI

Sur leur blog, The Pirate Bay indique aujourd’hui que la seule opinion politique véhiculée par TPB est “partagez vos fichiers, votre culture”. Ils indiquent que l’équipe est composée d’hommes de gauche et de droite, que certains votent et que d’autres non. Mais surtout, ils accusent ouvrement la Fédération Internationale de l’Industrie Phonographique (IFPI) de monter ces rumeurs et de les faire véhiculer par la presse quotidienne pour les décribiliser. Bert Karlsson est le propriétaire et le dirigeant du label Mariann Grammofon, membre du lobby de l’industrie du disque.

“L’IFPI et les autres [organisations] anti-pirates ne peuvent pas nous arrêter avec actions judiciaires dont ils essayent à la place de nous donner une mauvaise image”, dénonce TPB.

La vidéo a d’abord été uploadée sur YouTube par un utilisateur du nom de Themaintruthdude, qui s’est inscrit spécialement pour cette vidéo (avec un bel effort de sous-titrage), et n’a jamais rien posté d’autre depuis.
 http://www.youtube.com/profile?user=them…
Sources: ratiatum


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Perquisition sur des serveurs de l’anti-G8

Classé dans : Infos — derkraken @ 8:56

nbsp;https://www.globenet.org/206.Perquisitio…

Le 9 mai 2007, de 8h à 17h, le serveur de so36.net, a été la cible d’une perquisition par des officiers de la police allemande. Au moins le contenu des boites mails, listes de discussion et des sites web hébergés a été copié.

Basé à Berlin, so36.net est un fournisseur de services Internet indépendant, non-commercial, sans pub et politiquement engagé. Des membres de l’équipe de Globenet et de celle de l’équipe de so36 (ainsi que celle d’autres serveurs similaires) ont d’ailleurs pu se rencontrer à l’occasion de la conférence de l’Action Mondiale des Peuples l’été dernier.

Les perquisitions de cette matinée du 9 mai 2007 (de) ont ciblé de nombreuses structures impliquées dans la préparation du contre sommet du G8, prévu du 1er au 9 juin 2007, dont so36. Ces saisies policières ont été faites en invoquant l’article 129a du code pénal allemand (formation d’une coalition terroriste) qui donne les pleins pouvoirs à la police pour saisir matériels et données.

La loi du 24 janvier 2006 contre le terrorisme, l’équivalent français, présentée par un ministre devenu depuis président, pourrait permettre à la police de prendre des mesures semblables pour réprimer l’agitation sociale en cours. Mesures qui pourraient donc menacer les serveurs de Globenet et de No-log…

Il nous apparaît important de développer des solidarités entre utilisateur·ice·s de tous ces serveurs « à risque ». Nous vous tiendrons informé·e·s des possibilités de faire vivre concrètement cette solidarité dans les prochains temps.

Voici la traduction du communiqué écrit par les membres de so36.net :

Salut, voici un petit positionnement de SO36.NET concernant la perquisition de notre salle serveur.

Les circonstances en bref : à 8h, le lundi 9 mai 2007, 900 salarié·e·s du service public porteurs d’insignes partaient sur les routes de toute l’Allemagne pour optimiser la mobilisation autour du sommet du G8 qui aura lieu en juin à Heiligendamm.

Comme on pourrait s’y attendre, tous les groupes impliqués dans la préparation de la chorégraphie des protestations accompagnant le sommet — des organisations non-gouvernementales, extra-parlementaires et civiques, en passant par la gauche radicale, des groupes liés à l’église et aux syndicaux jusqu’à l’intérieur même de la maison de folie du parlement — ont contesté cette violation de vie privée.

Nous conseillons de consulter les organes de publication bien connus pour obtenir plus d’information — mais surtout nous n’avons pas voulu vous priver de ce beau morceau de prose tiré du mandat signé par le pas très honorable juge Hebenstreit : « …avec (…) des actions violentes perturber ou empêcher le sommet économique mondial (G8) de l’été 2007 à Heiligendamm. Ces délits sont destinés à bousculer l’ordre public et économique de la république fédérale allemande et peuvent surtout nuire considérablement à la position internationale de la république fédérale comme partenaire fiable dans le groupe des huits nations économiques les plus importantes. »

Exact — et on trouve ça bien.

Concrètement sur le déroulement de la perquisition : à 8h15 environ, l’étage de bureau dans lequel se trouve aussi notre salle serveur a reçu la visite de 10 policiers et 10 fonctionnaires de la BKA [1]. (Un utilisateur du bureau a pu leur ouvrir la porte juste avant qu’illes ne la forcent.)

Vers 8h50, nous avons réussi à entrer dans les lieux en compagnie d’une avocate. À ce moment, trois fonctionnaires du BKA se trouvaient déjà dans la salle serveur et avaient, comme première mesure, coupé le cable de la connexion Internet. Leur deuxième mesure consistait à désactiver la webcam installée là en coupant son alimentation éléctrique. Ils n’avaient pas encore touché au serveur lui-même ; ils se trouvaient apparement encore dans une phase d’orientation.

Les techniciens du BKA nous ont ensuite demandé de leur donner les mots de passe root et un accès complet à tous les systèmes.

Après notre refus, ils ont menacé d’enlever et d’emmener tous les racks [2].

Après l’intervention de l’avocate présente et un bref échange avec le magistrat qui était arrivé entre temps, ils ont annoncé que leur enquête se focalisait sur des boites de messagerie. Dans le courant de la négociation, ils ont précisé leur intérêt pour exactement 22 adresses électroniques qu’ils avaient déjà associé à 10 noms. De plus, ils ont demandé 2 listes de discussions (également mentionnées dans le mandat) et 7 URLs (sites web).

Au vue de la situation, nous avons décidé de leur livrer les données précisées et mentionnées dans le mandat. Sans doute est-ce une décision entre la peste et la choléra ? Mais toute autre décision aurait eu comme conséquence la saisie du serveur et ainsi la mise à découvert de toutes les données.

Après avoir pris cette décision, nous avons fourni un shell root au technicien présent du BKA. Leur portable a dû être intégré au réseau pour copier les données par scp. Cela a posé problème aux techniciens du BKA pendant un bon moment. Après avoir lu des manuels et s’être informés sur la significations des netmasks, ils ont copié les boites de messagerie demandées sur leur portable. (La liste des boites mails demandées a, entre temps, été rallongée de trois autres boites, suite aux perquisitions qui avaient lieu ailleurs.)

Après avoir eu, à deux reprises, des difficultés en matière de ifconfig et de netmasks, ils ont copié également les données des listes de discussion et des sites webs.

Pendant toute la copie et le travail, nous avons suivi les experts du BKA de près et nous pouvons assurer qu’il n’y a pas d’autres données qui ont pu être copiées.

Nous avons informés les personnes concernées.

— Salutations de SO36.NET


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LE MODELE RUSSE DE GUERRE DE L’INFORMATION

Classé dans : Infoguerre — derkraken @ 8:03

Le principal objectif de la guerre de l’information est de capturer la conscience, de saper le moral de l’adversaire, c’est à dire de préparer le terrain pour une pénétration politique, économique et militaire. Il convient donc de se préparer à une confrontation psychologique, forme de lutte qui est partie intégrante de la guerre de l’information, également nommée guerre de l’information intellectuelle ou psychologique, guerre dont les armes sont les opérations d’informations psychologiques.
D’un point