Le blog du kraken

May 13, 2007

LA GUERRE ECONOMIQUE PAR L’INFO GUERRE

Filed under: Infoguerre — derkraken @ 8:02 am

Qu’est ce que la guerre économique?

La guerre économique est l’expression des affrontements indirects entre puissances.
Il existe aujourd’hui deux types de pays industrialisés:
Ceux qui ont une stratégie d’accroissement de puissance comme les USA ou la Chine.
Ceux qui n’en ont pas, comme la plupart des pays européens, dont la France.
Cette différence de posture stratégique influe sur la lecture des évènements.
Ainsi, les milieux patronaux français sont très génés par la notion de patriotisme économique qui est mis en avant par le politique sans référence à la moindre doctrine sur la puissance.
Habitués à réfléchir en termes d’économie de marché, les patrons français ont bien du mal à percevoir certains enjeux économiques en termes d’économie de puissance.
La Russie à fait de Gazprom le fer de lance de la reconquete de la puissance russe.
La Chine développe des standart nationnaux afin de bloquer les technologies occidentales à sa portée.
Les USA ont des objectifs de puissance affirmés dans le domaine de la société de l’information en souhaitant prendre le leadership mondial de l’information privée.
En refusant de tirer les conséquences de cette situation, les patrons français analysent le monde avec des cartes partiellement fausses.
C’est un de leurs points faibles.
Cette paralysie de la pensée patronale qui cohabite avec la passivité du discours politique(quand ce n’est pas avec l’ignorance pure et simple du probleme, voire de son déni) sur la question de la puissance sont les deux raisons majeures de l’incompréhension des enjeux véritables de la guerre économique du temps de paix que se livrent les puissances sur des sujets aussi divers que les ressources, les matières premières, les technologies critiques, les systèmes de communication, les industries d’avenir, la conquete des économies émergentes…..

Quelles sont les armes de la guerre économique?

Il est nécessaire de différencier les modes d’affrontements:
-Les affrontements avec limites dont les armes principales sont le management des sources ouvertes que coiffe l’intelligence économique ainsi que le lobbying et l’art de la rhétorique dans les multiples polémiques générées par le biais de la société de l’information.
-Les affrontements sans limites dont les expressions opérationnelles sont le renseignement, l’espionnage industriel, le noyautage des organisations, la désinformation et le piratage informatique sous toute ses formes.

Les changements induits par Internet

Internet a provoqué une véritable révolution dans les méthodes de travail se rapportant au traitement des sources ouvertes.
L’introduction du temps réel et la disparition de la distance géographique remodèle la nature des affrontements économiques. Le net est un nouveau terrain de manoeuvre aux limites infinies(youpi!). Les lois de la guerre sont modifiées dans la mesure ou l’avantage est systématiquement à l’attaquant(re-youpi!). Il n’existe pas de places fortes informationnelles pour protéger sa production de connaissances. Celle ci n’a de valeur que si elle se développe et occupe le terrain de manière plus efficace que l’adversaire. Cette évidence prévaut aussi dans le cadre d’une polémique ou meme d’une guerre de l’information.
Aujourd’hui, les stratégies informationnelles des entreprises les plus proactives ne sont pas simple à décrypter. Elles agissent indirectement par le biais de la société civile pour faire valoir leur point de vue et destabiliser des concurents génants.

Comment reconnaitre une offensive de guerre de l’information?

Une attaque par l’information sur internet est identifiable par les effets de résonnance qu’elle produit.
Les sites protestataires et encore plus les blogs(héhé!) sont désormais couramment utilisés pour déstabiliser des entreprises accusées par des groupes de pression.
Aujourd’hui, les accusations portent sur des sujets très divers: non respect des droits de l’homme, nuisances à l’environnement, affaires de corruption.
La société civile est la plupart du temps le point de départ de l’attaque pour une raison très simple: elle fournit la légitimité à ceux qui, à tort ou à raison, dénoncent les injustices commises.
Une entreprise est automatiquement considérée comme juge et partie alors qu’une ONG ou une association qui s’autoproclame défenseur d’une cause prend un avantage très net sur le lancement d’une polémique.

Les moyens d’une contre attaque

Une entreprise qui veut anticiper les attaques doit mettre en oeuvre un minimum de pratiques d’intelligence économique.
La première consiste à avoir un aperçu des différentes menaces qui peuvent affecter le développement de l’entreprise. Cette approche conflictuelle du marché est en train de s’imposer dans les secteurs d’activité touchés par les retombées de la mondialisation des échanges.
La concurence déloyale, la prédation par le dumping, la copie des savoirs faires sont désormais des pratiques courantes qui affectent de plus en plus de PME/PMI.
Les recours juridiques étant lents et peu efficaces, il est donc nécessaire de trouver d’autres moyens pour maintenir l’activité des entreprises menacées.La société de l’information par le biais du net ouvre de nouvelle perspectives pour contrer ces attaques, car les prédateurs et les concurents ont aussi une vulnérabilité qui est leur image et/ou celle du pays dont ils sont originaires.

L’exemple chinois

La Chine commence à s’implanter en Afrique.
Les grandes nations n’osent pas critiquer leurs pratiques de dumping, et la loi du silence est encore plus forte du coté des firmes qui craignent de se voir fermer les portes du marché chinois.
Ces groupes chinois possèdent pourtant une faille: ils ne font pas travailler de main d’oeuvre locale et ne pratique pas le transfert de technologie. Drole de façon de mettre en pratique le dialogue sud/sud. C’est sur ce theme que des argumentaires critiques ont commencé a circuler à partir de sites comme www.infoguerre.com ou www.knowckers.org .

Les conséquences

Cette évolution des pratiques des entreprises ont plusieurs conséquences:
-L’instrumentalisation de l’information en temps de paix.
-La banalisation des pratiques de désinformation actives.
-L’apparition de cabinets de conseils en communication (exemple: www.spinpartners.fr) pratiquant la guerre de l’information.
Si internet est un terrain de manoeuvre facile d’accés, il n’est pas le seul. C’est toute la chaine de l’information qui est devenu un objectif légitime pour les “spin doctors”.
Dans le cadre de la communication de crise, il faudra donc d’abord cacher la vérité, puis si elle apparait controler les sources et faires pression sur les médias capable de la relayer, les menacer, les terroriser, les séduire ou les acheter. Si la vérité est diffusée par les médias, controler son impact sur l’opinion et tout mettre en oeuvre pour qu’elle ne soit pas entendue et surtout qu’elle ne crée pas une émotion populaire.
Mais si il y a une action de “censure” il peut aussi y avoir une action de “propagande” suivant le meme principe: créer une vérité, faire pression sur les médias pour qu’ils la relaient, controler l’augmentation de son impact et manipuler l’opinion populaire afin de controler l’émotion du public.
Aujourd’hui on ne censure plus pas plus qu’on ne fait de la propagande: on gére la perception du public. Le vacarme médiatique est le meilleur allié de ces nouveaux professionels de la communication. Soit ils font en sorte de tout mettre en oeuvre pour que le citoyen n’entende pas ce qu’il est en train d’écouter, soit au contraire l’information est reprise encore et encore jusquà ce que cette information prenne la place de la réalité.
Les exemples sont nombreux: La pénétration de la Chine en Afrique combattu avec plus ou moins de succès par la critique de son action prédatrice, la “vente” de l’intervention américaine en irak, sous le prétexte que l’Irak faisait partie des soutiens d’AlQuaida, les interventions politisés de militants des différents candidats sur les forums et les blogs lors de récente campagne électorale, etc
La nouveauté est que ce sont des cabinets spécialisés qui orchestrent le vacarme médiatique.
L’info-guerre est donc passée des mains des militaires aux mains de professionels civils, et son objectif et ses cibles ont évolué au point qu’il est devenu difficile de savoir quelles sont les motivations des différents intervenants, que ce soit sur internet ou dans le médias traditionels.

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