Bréviaires des propagandistes
La propagande suscite l’adhésion à une cause par des techniques de communication. Elle ne
sert pas à vendre une chose désirable (comme la publicité) ou à enseigner un savoir vrai et
utile (comme la pédagogie) ou à convaincre d’une thèse controversé (comme la rhétorique). Il
ne s’agit pas non plus de répandre des dogmes (comme le prosélytisme) ou de transformer des
adeptes en robots obéissants (comme le lavage de cerveau dans les sectes). Il s’agit d’une
performance combinant tout cela à un degré ou à un autre : persuader plus mobiliser.
Il faut faire en sorte que la cible (disons «le propagandé») :
– tienne pour vraies certaines affirmations. Ce contenu peut souvent se résumer en un
slogan : « nous dépasserons le plan quinquennal », « nous vaincrons parce que nous
sommes les meilleurs », « voter Machin, c’est assurer la paix et la prospérité », « la loi
Truc est inique et scandaleuse »…
– qu’il adhère aux valeurs et comportements qu’impliquent ces affirmations. Pareille
adhésion peut se traduire par des attitudes allant de l’acceptation passive des mesures
du gouvernement jusqu’au brûlant désir de militer ou de mourir pour la patrie. D’une
vague complicité, plus ou moins conformiste, à une conversion totale, il ne s’agit
pourtant que des degrés de l’identification de l’individu à une institution ou un projet.
Le but final est de changer le monde bien plus que de multiplier le nombre de croyants
en une vérité.
La propagande n’a de raison d’être que là où le propagandé aurait un autre choix : il aurait
pu voter Y et non X, devenir nationaliste ou libéral ou marxiste, soutenir la mondialisation
heureuse et non l’altermondialisme. Dans une société où ce choix n’existe pas, où chacun
adhère au même dogme et répète ce qu’ont répété ses pères, la question ne se pose guère.
Il faut alors parler de culture et de tradition, non d’effet de la propagande : celle-ci cherche
à gagner les esprits, plutôt qu’à les reproduire à l’identique. Il y a propagande là où une
cause s’oppose à d’autres (même si celles-ci ne peuvent s’exprimer et ne représentent
qu’un danger virtuel) et opinion à conquérir
Le propagandiste a donc deux ancêtres: le sophiste grec, ce beau parleur capable de
convaincre indifféremment du vrai ou du faux, et le prédicateur qui débarque un jour dans un
pays inconnu et en repart quand les habitants ont abandonné des dieux de leurs ancêtres pour
en adopter un nouveau. Le premier pour la qualité du discours, le second pour les relations
publiques (elles peuvent être assez exigeantes : plusieurs années de présence sur place à
enseigner et soigner, risque de martyre, voire besoin d’un miracle de temps en temps…). Le
propagandiste jouit d’un avantage que n’avaient pas les deux précédents : il maîtrises les
médias de masses et s’adresse aux masses. Pour cela, relire Aristote et Saint François Xavier,
mais avoir aussi maîtriser suivant l’époque les salles de montage, les plateaux de télévision ou
la Toile.
Dans le domaine de la propagande, la guerre de 14-18 marqua un bond en avant: l’art de gérer
l’enthousiasme des foules y atteignit une perfection inégalée. Après guerre, beaucoup cherchèrent à comprendre ce qui s’était passé. Certains propagandistes se vantèrent même
(tles G. Creel et A. Bernays aux USA) d’agir sur les ressorts de l’âme humaine et de gérer de
manière quasi industrielle les «manufacture du consentement» (une expression de W.
Lippmann autre grand praticien et théoricien). Durant la Grande Guerre, la propagande, dont
le rôle consistait surtout jusque là à glorifier le souverain ou à répandre des idées
révolutionnaires, acquiert de nouvelles dimensions :
– susciter à volonté l’hostilité des masses et leur capacité d’accepter les plus grands
sacrifices
– mobiliser et coordonner l’appareil bureaucratique et les médias de manière qui se veut
scientifique
– censurer, désinformer, contrôler les informations disponibles en dépit du pluralisme de
la presse.
Lord Ponsonby, un aristocrate anglais, socialiste et pacifiste, résuma ainsi les méthodes
utilisées pendant le conflit :
Il faut faire croire :
1 que notre camp ne veut pas la guerre
2 que l’adversaire en est responsable
3 qu’il est moralement condamnable
4 que la guerre a de nobles buts
5 que l’ennemi commet des atrocités délibérées (nous pas)
6 qu’il subit bien plus de pertes que nous
7 que Dieu est avec nous
8 que le monde de l’art et de la culture approuve notre combat
9 que l’ennemi utilise des armes illicites (nous pas)
10 que ceux qui doutent des neuf premiers points sont soit des traîtres, soit des jobards
victimes des mensonges adverses (car l’ennemi, contrairement à nous qui informons, fait de la
propagande)
Même si le décalogue de Ponsonby ne fournit pas à proprement parler une explication de la
propagande, mais un recensement de ses argumentaires en temps de guerre, il reste
remarquable par sa simplicité.
À preuve : lorsque, plus d’un demi-siècle plus tard, Alvin Toffler le ponte de la société de
l’information et de l’information warfare tente de résumer les recettes des armées modernes
(comme celles de l’Otan au Kosovo en 1999), il retombe sur une énumération assez similaire
de recettes :
• Accusations d’atrocités (atrocity propaganda, un terme datant de 14-18),
• Gonflement des enjeux (la guerre devient un affrontement métaphysique du Bien et du Mal),
• Diabolisation de l’adversaire (ce qui équivaut souvent à son « hitlérisation »),
• Polarisation (ou bien on est pour le camp du Bien, ou bien pour celui du Mal),
• Appel à la sanction divine (Dieu est avec nous),
• Méta propagande, c’est-à-dire accusation de propagande lancée contre toute information
provenant de source adverse ou toute assertion contestant la votre. Bénéfice secondaire : on
peut, par exemple, bombarder la télévision serbe, al Jazira ou al Manar sans commettre un
crime, puisque ces gens là font de la propagande pour la tyrannie et le terrorisme qui menacent la liberté d’opinion.
Quand on parle d’analyse de la propagande, il faut rendre hommage à l’IPA (Institute for
Propaganda Analysis). Cette institution fut créée dans l’entre deux guerres par des
scientifiques, inquiets de la puissance de la propagande en temps de guerre et de paix dans les
démocraties. Leur idée était de fournir au citoyen ordinaire des outils d’analyse pour détecter
la propagande, donc de ne plus en être victime.
L’IPA a surtout dénombré « 7 principes » (name calling, glittering generalities, transfer,
testimonial, plain folks, card stacking, and bandwagon) devenus des «classiques» aux USA, à
force d’être répétés
En voici une des versions avec des exemples plus récents:
1)Étiquettes péjoratives : cette technique consiste à accoler simplement un nom à un
groupe pour évoquer des images négatives et contrôler l’aspect réel ou imaginaire de
son identité évoqué du seul fait de nommer les Huns, les Boches, les Rouges, les
Viets, la Réaction les Partageux… Cette méthode renvoie à un principe plus général :
le contrôle des dénominations donc du code. Il n’est pas neutre de nommer quelqu’un
anti ou altermondialiste, progressiste ou radical, fasciste ou nationaliste, cosmopolite
ou mondialiste, libéral ou ultra-libéral, de parler d’Ordre moral ou de bonnes mœurs,
de sans-papiers ou d’immigrants en situation irrégulière. Le pouvoir commence par le
celui de nommer et de circonscrire le champ du pensable et du discutable.
2)Euphémisme et dissimulation. Cette fois les mots servent à occulter le caractère de ce
dont on parle, à le banaliser ou à lui ôter ses implications les plus gênantes. Frappe
chirurgicale sonne mieux que bombardement et « les événements d’Algérie » évoque
moins la gravité de la situation que « la guerre d’Algérie ».
3)Brillantes généralités et noms prestigieux. Cette fois encore, rien de très original. Le
propagandiste accole un terme évoquant le Bien, le Juste, le Beau… à ce qu’il désire
promouvoir. Le « camp de la paix » ou l’opération « juste cause », l’appel à tout bout
de champ à la tolérance ou à la patrie servent ainsi à capter le prestige de valeurs pour
paralyser la critique. Qui se dirait contre les Travailleurs, la Diversité ou l’Autre ?
4)Argument d’autorité : citer des personnalités prestigieuses, «des scientifiques», «des
intellectuels», les «autorités morales» voire des vedettes. Sans se demander si le fait de
très bien chanter ou d’être un remarquable spécialiste de la biologie moléculaire donne
compétence pour parler réforme fiscale.
5)Argument de banalité. Il consiste à rappeler que l’homme du commun pense que…,
Comment aller contre le bon sens populaire ? Si Monsieur Dupont ou Mr. Smith sont
de cet avis, comment contredire les évidences auxquelles croit l’homme du commun ?
On songe ici au film de Kaplan Loin de la foule déchaînée, où un présentateur de radio
gagnait un inquiétant pouvoir politique en se présentant comme le brave gars qui
reflète ce que pensent spontanément tous ses auditeurs.
6)Argument de simplicité : réduire tout à des alternatives binaires, jouer sur la paresse
mentale du public en lui proposant des explications faciles à reprendre et des jugements de valeur. C’est souvent la stratégie du Yaka…
7)Unanimisme et effet moutonnier. Cette fois, le nombre des partisans d’une idée sert à
l’appuyer. Tant de monde ne peut pas se tromper, n’est-ce pas ? Cette conviction sera
renforcée si l’on peut voir ces foules enthousiastes ou en faire partie.
8)Transfert et fausses connexions. Il s’agit d’associer la cause que l’on défend (ou
inversement) avec des symboles plus généraux positifs ou négatifs suivant le cas :
drapeaux, prières, images de héros et de grands hommes, emblèmes de la Nation,
références à la Science… Le but est de s’approprier le prestige d’une valeur positive
ou, au contraire de lier l’adversaire à la Barbarie, à l’Archaïsme, au Fascisme.
9)L’appel à la Peur: la Nation est en péril, nous subissons une invasion invisible, la
tyrannie est à nos portes, la violence monte, un complot nous menace, A va prendre le
pouvoir. La seule solution est de voter X ou de soutenir Y. Avantage collatéral, cette
technique peut se combiner avec celle du Bouc Émissaire : si tout va si mal, c’est de la
faute des étrangers, des capitalistes, des militaristes, des conspirateurs…
Un des « bons docteurs » de l’Ipa, Clyde Miller synthétisait en parlant de quatre leviers :
1. Levier d’adhésion (virtue device) faire accepter une personne, une idée ou un
parti comme « bon » en l’associant à des mots ou symboles «bons »
2. Levier de rejet (poison device) : l’opération inverse avec des symboles du mal
ou de valeurs détestées.
3. Levier d’autorité (testimonial device) : récupérer le prestige d’un homme ou
d’une institution ou exagérer la valeur exemplaire d’un cas pour faire
approuver ou rejeter.
4. Levier de conformité (together device) qui fait appel au poids de la masse des
partisans ou à l’appartenance à une entité supérieure, Nation, Église pour
obtenir l’adhésion.
Ce schéma théorique n’est pas d’un raffinement extrême, mais il décrit assez bien une
pratique quotidienne.
Là aussi on comparera avec intérêt avec une grille des années 50 exposée par J.M. Domenach.
Pour lui, la propagande suppose :
1) la simplification et le choix d’un ennemi unique
2) le grossissement et la défiguration des faits (ce qui ne signifie pas le
mensonge systématique : moins la propagande risque d’être démentie et le
trucage démontré, plus elle est efficace)
3) l’orchestration dans la répétition des thèmes principaux,
4) la «transfusion » qui est l’emploi des mythes préexistants et affects collectifs mobilisés au service de la cause
5) Le principe d’unanimité et de contagion : la pression conformiste du groupe
sur l’individu
Les schémas précédents se recoupent sur cette idée : la propagande prospère là où elle répond
à un besoin du propagandé.. Besoin d’être rassuré d’abord et d’avoir confiance dans l’opinion
du groupe, de la tradition, des grandes valeurs… Second besoin : celui de rejeter, de nourrir sa
peur, d’identifier le mal et les adversaires. Quant au troisième besoin, il est d’ordre cognitif :
la propagande est efficace parce qu’elle rend le réel plus facile à interpréter. Elle impose des
logiques binaires, des catégories attrape-tout, qui rendent le monde et l’histoire enfin
compréhensibles.
Bien entendu, il existe d’autres recettes y compris les manuels de propagande nazis
téléchargeables sur Internet ou les principes de l’Agit Prop soviétique. Et les analystes de la
propagande ne manquent pas non plus qui l’ont expliquée soit par l’instauration de réflexes
conditionnés (comme le pavlovien Serge Tchakhotine), ou par un appel direct à l’inconscient
(Vance Packard dans le cas de la publicité). Dans un autre genre Noam Chomsky incrimine le
système économique des médias qui les rend dépendants des intérêts des annonceurs voire du
gouvernement. La propagande consisterait donc plutôt en la sélection ou la présentation des
nouvelles dans un sens qui renforce le système économico-politique.
L’un peut mettre l’accent sur le pouvoir des images et de l’inconscient, l’autre sur
l’imprégnation idéologique ou sur la censure de fait, un troisième sur l’engagement du
propagandé qui, par étapes, est amené à aller de plus en plus loin.. Il existe des théories
expliquant la propagande par référence au marxisme, à la psychanalyse, à la psychologie
sociale et à dix théories et plus ou moins idéologisée mais l’efficacité pratique de la
propagande est sans rapport avec ses bases « scientifiques ». Surtout, ses succès dépendent de
deux facteurs principaux. :
– Les techniques relatives au contenu du message
– Leur adaptation aux objectifs et à l’environnement de la propagande
Pour les objectifs, la propagande sert à faire entrer dans un cerveau humain, et dans des
proportions diverses, des informations (au sens d’énoncés, d’assertions, de descriptions de la
réalité), des représentations (des symboles, des catégories générales, des images de certaines
réalités abstraites comme la Nation, le Prolétariat ou le Droit), des valeurs, des décisions
(« oui je voterai Machin »), des émotions (« ces Poldèves, quelles brutes sanguinaires ! »)…
Cela peut servir à une de ces fins (qui se chevauchent souvent) :
– à un endoctrinement de fond,
– à maintenir le propagandé dans un état qui lui fasse percevoir le monde où il vit
comme naturel, acceptable ou inéluctable : c’est ce que nous pourrions appeler de la
propagande pour le système
– à provoquer un engagement jusqu’au sacrifice,
– à inciter à des choix simples à un moment précis (voter oui ou on à un referendum),
– à contrôler empêcher les mauvaises nouvelles de circuler et l’opposition de
s’exprimer,
– à maintenir le moral de la population dans des circonstances comme une guerre et à
atteindre le moral adverse,
– à célébrer les mérites d’un dirigeant ou candidat, comme ceux d’une marque
commerciale (mais dans ce dernier cas, il vaut mieux parler de marketing politique
que de propagande..).
Bien entendu, l’efficacité de la propagande dépend du rapport entre objectifs et moyens
disponibles. La situation est différente si l’on dispose du département de l’Agit Prop en URSS
( otdel agitatsii i propagandy), plus quelques petits moyens de contrainte, pour
populariser le changement de ligne du parti ou s’il faut gérer un budget de X millions
de dollars pour faire élire un candidat aux prochaines primaires US.
Quant à l’environnement où s’exerce la propagande, il ne détermine pas moins son contenu.
Certaines distinctions sont évidentes : la propagande dans un système totalitaire, ou en
situation de quasi monopole de l’information, diffère de son application dans un système
pluraliste, on s’en doute.
L’environnement politique renvoie aussi à l’environnement technologique. La propagande
exaltante, martiale, emphatique de l’ère des meetings de masse et des quotidiens d’opinion
doit se faire douce, consensuelle, personnalisée, et se centrer sur les besoins du prospect à
l’heure de la télévision. De même Internet a rendu nécessaires des stratégies de sélection de
l’information disponible, de direction de l’attention des sujets, d’indexation…
L’environnement est aussi sociologique : on ne s’adresse pas à l’individu isolé comme à un
groupe précis (tel un syndicat pour l’inciter à faire ou à ne pas faire grève) ou à la Nation en
général Plus exactement, la propagande devrait idéalement s’adresser au propagandé à
plusieurs titres :
- en tant qu’individu, cerveau recevant des messages de son journal, de sa télé et y réagissant
- en tant que membre de groupes qui peuvent renforcer l’efficacité de la propagande par un
effet de pression et de conformisme, mais qui peuvent aussi lui opposer une singulière
résistance collective ou interpréter de façon non prévue par le propagandiste comme infime composante des masses auxquelles s’adresse la propagande.
Dernier élément : l’environnement mental. L’ensemble des valeurs, des attitudes, des
croyances, des mythologies, du vocabulaire des populations-cibles qui imposent des limites
évidentes aux idées qu’instille la propagande ou constituent des sources de. Il est par exemple
évident qu’il serait aussi difficile de faire ouvertement campagne contre le développement
durable dans les années 2000 en Europe, à peu près aussi difficile que de s’en prendre au
progrès et à la croissance dans les années 60.
Cette adaptation du message culminela forme qui a remplacé la propagande, au moins dans
les pays occidentaux : le marketing politique. Celui-ci transpose dans le domaine politique,
censé être celui des idées et des valeurs, des méthodes utilisées pour vendre des choses, mais
pour vendre des gens.
Le marketing obéit au principe d’adaptation :
– déceler les attentes du « marché » (les électeurs) ou des secteurs qui pourraient être
intéressés par le produit (le candidat)
analyser le produit en terme d’image de marque (que corrigeront des spécialistes)
– déterminer le message qui « passera » et faire correspondre au mieux l’image du
candidat avec les attentes
La question du contenu (ce que croit et veut faire partager le candidat) est secondaire dans le
marketing politique, formant le pôle faible de la propagande dont le pôle fort serait la
conversion, la vraie propaganda fide.
Que conclure ? Il est quasiment impossible de mesurer ces effets de façon certaine ou
d’énumérer les facteurs qui peuvent la faire échouer au moins partiellement. S’il est déjà
diffiile de mesurer l’effet d’une campagne de vente, il est plus que douteux que l’on puisse
cerner toutes les variables qui façonnent l’opinion, surtout dans des circonstances
dramatiques. Sous peine d’aboutir à des raisonnements circulaires (« la propagande doit être
bien puissante pour avoir produit un tel engagement ou un tel bouleversement, mais pour que
des gens aient adhéré à de telles idées, il faut qu’ils aient été victimes de la propagande »).
Comme la guerre, la propagande est un art tout d’exécution. Mais elle n’agit que là où elle
rencontre un terrain favorable. Aucune science supposée de la manipulation, ni aucun appareil
ne pourrait quoi que ce soit sans nos besoins de communion et de croyance.
Tiré d’un texte de François-Bernard HUYGHE
Sources: http://www.huyghe.fr
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