Le blog du kraken

September 21, 2007

Le PDG de la FNAC chargé de changer les FAI en mercenaires des majors

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 7:40 am

Le PDG de la FNAC (groupe PPR : Printemps, Gucci, Puma, Conforama, La Redoute…) a accepté la Mission de Christine Albanel sur la “la lutte contre le téléchargement illicite et le développement des offres légales d’oeuvres musicales, audiovisuelles et cinématographiques”.[1]

Dans son discours, Christine Albanel persiste à présenter les échanges pair à pair comme la cause de la baisse de vente de CD [2], reprenant ainsi une thèse d’Olivier Bomsel, qui fait justement partie de cette Mission FNAC. Il semble nécessaire de rappeler que la Ligue Odebi avait amené Olivier Bomsel à avouer publiquement à l’Assemblée qu’en fait il ne savait pas si les échanges pair à pair étaient ou non la cause de cette baisse [3], ce qui ne l’empêchait pas de proposer de taxer l’upload pour dissuader les échanges pair à pair. Pour Jean-Guy Vincent, Délégué Odebi, il apparaît qu’ “à l’évidence, le cabinet Albanel ne maîtrise pas ses dossiers, on se demande même s’ils ont simplement lu le rapport Cedras…”[4]

La composition de cette mission pose problème : elle est présidée par le PDG d’une entreprise qui vend des produits numériques, le conflit d’intérêt est indéniable. De même Olivier Bomsel est lui présenté comme économiste et producteur par le ministère de la culture [5]. On remarquera aussi la participation d’Isabelle Falque-Pierrotin, qui s’est récemment fait réélire à la hussarde à la présidence du FDI après avoir pourtant effectué deux mandats à ce poste, soit le maximum autorisé par les statuts de cet organe devenu en pratique aussi inutile pour les internautes que coûteux pour les contribuables.[6]

Si la Mission FNAC doit auditionner les différents acteurs avant de proposer un rapport fin octobre, cela ne saurait cacher le but réel de cette mission : L’instauration d’une répression de masse devant être exécutée par le secteur privé [7], et plus précisément par les FAI qui devraient accepter par le biais d’accords interprofessionnels de devenir les mercenaires des majors.

Le ministère de la culture continue donc de manipuler l’opinion publique, comme il l’a déjà fait en détournant le débat de la légalisation des dispositifs anti-copie vers le problème du téléchargement lors de l’examen du projet de loi DADVSI, ou comme Christine Albanel le fait en propageant le mythe de la gratuité, alors que les industries culturelles ne cessent de bénéficier de l’argent public, et que la Tasca Taxe sur les supports numériques vient encore d’être étendue [8]. Odebi dénonce les pratiques désinformationnelles de Christine Albanel : la réalité est que le public, les entreprises françaises, et même les hôpitaux sont rackétés, devant payer une taxe copie privée à chaque achat de support vierge, disque dur externe, carte mémoire, clef USB, alors même que les industries culturelles verrouillent leurs produits par des dispositifs anti-lecture ou anti-copie.

Au total, le rapport de la Mission FNAC ne servira en réalité qu’à justifier les mesures liberticides que les industriels de la culture essaient de faire imposer aux FAI : filtrage des réseaux, traçage des internautes au mépris du respect de leur vie privée, bridage des débits, désabonnements expéditifs, amendes privées. Il faut de plus savoir qu’au cas où les FAI refuseraient de jouer ce rôle de milices des majors en ne signant pas les accords interprofessionnels qui sont le seul réel objectif de la mission FNAC, le gouvernement a d’ores et déjà prévu de légiférer pour imposer ces mesures liberticides.

Jean-Guy Vincent prévient clairement Denis Olivennes : “En acceptant de collaborer à cette farce institutionnelle liberticide destinée à justifier une croisade arriérée, le PDG de la FNAC commet un geste politique qui aura nécessairement un impact sur l’image ou les ventes de la FNAC…”

[1] http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…
 http://www.ppr.com

Piratage : la France envisage le filtrage et la riposte graduée
 http://www.pcinpact.com/actu/news/38688-…

[2] “Or, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Un milliard de fichiers piratés – films et musique -ont été échangés dans notre pays en 2006. Le marché du disque s’est effondré de plus de 40% au cours des cinq dernières années, avec tout ce que cela signifie en terme d’emplois. Ce phénomène s’est encore accentué en 2007,”
 http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…

[3] “Après que Donnedieu ait qualifié l’usage du p2p de “crime contre l’esprit”, Vanneste n’hésite pas à parler de “risques potentiellement mortels”, et à reprendre des thèses tendant à faire croire aux français que l’usage du p2p serait la cause d’une baisse des ventes de CD. Le rapporteur Vanneste va même jusqu’à qualifier la taxation de l’upload proposée par Bomsel de “intellectuellement séduisante”. La ligue rappelle une fois de plus que les faits sont qu’aucune étude n’a jamais réussi à démontrer que l’usage du p2p était la cause de la baisse de ventes de CD, et s’étonne que la commission des lois puisse relayer les propos infondés d’Hollywood et des majors. Il est heureux que la commission ait néanmoins refusé cette taxe upload qui aurait ravalé l’internet français au rang du minitel.”
Communiqué 10-06-2005 : réaction au projet de loi sur le droit d’auteur (DADVSI)
 http://www.odebi.org/new2/?p=65

“Concernant les arguments avancés par les chercheurs de l’ENSMP, on remarquera le peu de sérieux scientifique de l’affirmation d’une relation de cause à effet entre le développement du haut-débit et la soi-disant mauvaise santé de l’industrie du disque.Un tel manque de rigueur est assez inattendu de la part de l’ENSMP. Pour ce qui est de l’état réel du marché du disque, la Ligue rappelle les récentes déclarations de Rodolphe Buet, Directeur du disque de la FNAC: “La consommation de musique n’a jamais été aussi forte”
Par ailleurs, la Ligue s’interroge sur le financement de cette étude destinée à promouvoir les seuls intérêts économiques des producteurs de disques.

Communiqué 02-03-2004 : Amendements LEN : Odebi s’oppose à toute surtarification de l’upload
 http://www.odebi.org/new2/?p=198

[4] “Aujourd’hui, la Ligue dévoile un rapport (le rapport Cédras) commandé par le ministère de la culture à un professeur de droit pénal, et qui a été volontairement caché aux français”
Communiqué 01-05-2007 : Internet et Libertés : le rapport censuré qui met Sarkozy à l’amende
 http://www.odebi.org/new2/?p=274

P2P : Un rapport ‘non diffusé’ accable ‘le principe de la riposte graduée’
 http://www.silicon.fr/fr/silicon/news/20…

« La réponse graduée automatique doit être abandonnée » Un rapport curieusement non diffusé
 http://www.pcinpact.com/actu/news/36148-…

[5] “Depuis 1998, il dirige avec Gilles Le Blanc les recherches du Cerna sur l’économie numérique. Ses travaux portent sur l’économie des réseaux, des contenus et la numérisation des entreprises.
Il est ailleurs, producteur de programmes audiovisuels (films, séries TV) et co-fondateur d’art-netart, producteur-éditeur d’art numérique”
 http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…

[6]”Le porte parole de la Ligue Odebi a réagi à ce coup de force : ” Cela ne fait que démontrer, si besoin était, le bienfondé de la ligne adoptée dès le début par les cinq associations d’internautes qui ont fondé la Ligue, et qui ont toujours refusé de participer à cette mascarade, cour de récréation des lobbies culturels durant le projet de loi économie numérique, et ne pouvant in fine que se soumettre à un financement gouvernemental.” “La présidente du FDI arrivait à son dernier mandat : en toute logique, elle ne pouvait que bénéficier de la création de la CND puisqu’elle aurait pu ainsi en prendre la présidence. Le FDI aurait ainsi pu disparaitre au profit de la CND. Or nous avons abattu en vol le projet de CND en révélant le décret en projet juste avant la présidentielle. A partir de ce moment, l’actuelle Présidente du FDI n’avait plus qu’une seule solution : faire modifier les statuts du FDI pour pouvoir s’y faire réélire.”
Coup d’état au FDI
 http://quelqueswattsdeplus.blog.20minute…

Le Forum des Droits sur Internet putsché ? Qui s’en soucie ?
 http://www.agoravox.fr/article.php3?id_a…

[7] Extrait de la Lettre de mission de Nicolas Sarkozy, Président de la République, à Christine Albanel:
“vous rechercherez les voies et moyens pour conclure un accord interprofessionnel permettant de dissuader efficacement et de réprimer la contrefaçon de masse. Les solutions techniques existent, elles doivent être expérimentées et mises en oeuvre.”
 http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…

[8]Clés USB, cartes mémoires et disques durs taxés au 1er octobre
 http://www.zdnet.fr/actualites/informati…

Les industriels préparent un recours contre la taxe pour copie privée
 http://www.lexpansion.com/art/32.0.16137…

La taxe copie privée appliquée sur les disques durs externes à partir d’octobre
“Consoles de jeux prochainement
Rappelons que le principe de la “taxe copie privée” a été instaurée par la loi Lang du 3 juillet 1985 pour compenser le manque à gagner pour les ayants droit des copies d’œuvres culturelles réalisées par les particuliers dans un cadre familial. Imputée aux cassettes audio et vidéo, la redevance s’est étendue aux média vierges numériques au fil des évolutions technologiques : disquette, CD, DVD, baladeurs numériques…
Au printemps, la commission composée de représentants des ayants droit, des pouvoirs publics, des consommateurs et des industriels, a poursuivi ses travaux en étudiant le cas des disques durs externes, des cartes mémoire et clés USB de stockage. Lesquels devraient voir leurs tarifs augmenter à partir du 1er octobre prochain, donc, sauf si les fabricants et distributeurs rognent sur leurs marges pour intégrer ce surcoût dans le prix de vente final. Rappelons à ce sujet que les montants de la taxe sont imputés avant calcul de la TVA qui est, aujourd’hui, de 19,6 % sur les produits électroniques.
Les DVD HD et Blu-ray, consoles de jeux et autres téléphones “MP3″ ou encore agendas électroniques constituent les prochains dispositifs de stockage qu’étudiera la commission copie privée en vue d’y étendre l’application de la rémunération idoine.”
 http://www.vnunet.fr/fr/vnunet/news/2007…

La taxe pour la copie privée continue de s’étendre
“Mais la commission d’Albis – du nom de Tristan d’Albis, chargé du groupe – envisage d’aller plus loin et a évoqué cet été la possibilité d’étendre encore la taxe aux consoles de jeux nouvelle génération, soit la PSP, la Xbox et la Wii.
Restera alors une solution : en revenir à une transmission orale de la culture. Rétines et mémoires humaines pourraient-elles être taxées ? ”
 http://www.lepoint.fr/content/tech_net/a…

Thèmes : Communiqués, Albanel, Olivennes
 http://www.odebi.org/new2/?p=439

Vous pouvez vous aussi contribuer au buzz autour de cette info en utilisant ces liens en particulier ou le contenu des textes utilisés, sur vos sites, vos blogs vos emails:
 http://eucd.info/348.shtml

 http://stopdrm.info/index.php?2007/09/18…

 http://stopdrm.info/index.php?2007/09/18…


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September 20, 2007

Mediadefender2

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 7:28 am

Pour trouver la correspondance de media defender, suite a des ddos a l’encontre des sites publiant leur correspondance vous pouvez vous tourner vers Pirate Bay:
 http://thepiratebay.org/search/mediadefe…
Ou faire une recherche sur ce thème via votre moteur de recherche préféré(yahoo donne bien plus de résultats que google, censure?):
MediaDefender.Mail.200612.200709-MDD

Les codes sources du logiciel utilisé par mediafender nommé “MediaDefender.Source.TrapperKeeper” et utilisé par mediadefender pour piêger les p2pistes sont disponibles ici:
 http://thepiratebay.org/tor/3812960/Medi…

Bon DL!


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September 19, 2007

les problemes du reseau edonkey

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 7:14 am

Le grand nettoyage est-il en cours ? De gros serveurs liés aux échanges de fichiers ne répondent plus. Il se passe quelque chose sur le réseau e-donkey.
D’étranges modifications sont constatées sur le réseau e-Donkey. Serveurs fermés, Honey Pot de plus en plus visible. Vendredi l’industrie du disque Allemand annonçait une grande victoire face aux pirates. Une injonction temporaire publiée par la Cour fédérale de Hambourg a obligé un opérateur d’un serveur eDonkey a fermer les robinets. Le tribunal demandait cette coupure, à la suite d’une plainte de l’IFPI , pour un seul cas, l’album One. A première vue, il a préféré tout couper.En chargeant la liste des serveurs avec emule, on voit bien que les gros serveurs allemands ont des urilisateurs connectés mais ne fournissent aucun fichiers. Les autres n’ont que quelques fichiers, autour de 400 000 en moyenne contre plusieurs millions en temps normal.

Il semblerait que cela touchait aussi “Kad”. Le réseau décentralisé ne repond plus pour un grand nombre de personne. Il semblerait que cela dependrait des pays et des moyens d acces que prennent les datas. Le Bresil, certains pays d’Europe, dont l’Allemagne, et certains Etats des Etats-Unis sont visés, dixit les temoignages des utilisateurs.
Pour plus de précisions quand à la conduite à adopter, voir les liens suivants:
 http://www.open-files.com/Qu-arrive-t-il…

 http://www.emule-france.com/forum/serveu…


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Razorback calomnié par un “expert”

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 7:05 am

Plus d’un an et demi après sa saisie par les autorités belges, le serveur eDonkey Razorback n’est toujours pas de retour sur les réseaux. Le procès se poursuit lentement en Suisse, avec seulement ce mois-ci la remise d’un premier rapport d’expertise technique… dont les conclusions surprendront les spécialistes.
Poursuivi en Suisse par le lobby du cinéma, l’association Razorback lutte actuellement avec peine pour obtenir gain de cause en Justice. L’ancien plus gros serveur eDonkey du monde et l’ensemble de ses serveurs de soutien sont placés sous scellé depuis février 2006, et la procédure se poursuit avec régulièrement de nouveaux coups à endurer. Un rapport d’expertise technique commandé par le tribunal suisse, dont Ratiatum a pu obtenir communication, ne devrait pas aider l’association à ressortir la tête de l’eau…

La Haute Ecole Valaisanne a en effet remis le 2 juillet au juge d’instruction du Valais central à Sion, chargé de l’affaire en première instance, un rapport (.pdf) rédigé par Romain Roubaty. L’homme est Professeur au Laboratoire de Sécurité de la Haute Ecole, et vice-président de l’Association Francophone des Spécialistes de l’Investigation Numérique (AFSIN), un club d’experts techniques, de juristes et d’autorités de police dispersés dans toute la francophonie, du Québec au Maroc. En Suisse, le professeur Roubaty est une sommité dont l’expertise devrait être prise très au sérieux par la justice.

Or le rapport remis au juge Yves Cottagnoud est pour le moins surprenant. Il devait permettre au tribunal de comprendre le rôle et l’importance de Razorback dans les échanges réalisés sur le réseau eDonkey/eMule. A la lecture des 100 pages, il semble que l’expert ait réalisé un rapport à charge pour surévaluer l’importance effective de Razorback, pour mieux surévaluer l’importance du serveur dans les échanges de fichiers illicites.

Tout d’abord, il écarte en moins d’une page le réseau décentralisé Kademlia ajouté à eMule, en se basant uniquement sur des commentaires d’utilisateurs écrits sur des forums en 2004. Sur la seule base de ces commentaires complètement dépassés, l’expert conclue que “dans le monde des utilisateurs eMule, la présence des serveurs rend la recherche beaucoup plus aisée”. Peu importe que depuis le réseau autonome ait pris une importance majeure, “nous pensons inutile de nous attarder plus sur le fait qu’il existe des alternatives à l’utilisation de serveurs centraux fournissant les métadonnées”, écrit l’expert. Aux oubliettes, donc, également, le protocole d’échange des sources directement entre clients qui avait été mis en place sur eMule avant même l’arrivée de Kad. Les deux protocoles rendaient Razorback quasiment inutile techniquement, sauf pour aider à la diffusion de fichiers légaux : la chaîne de téléchargements de Ratiatum et les albums de musique libre de Jamendo, notamment. Tout dans le rapport (qui n’évoque d’ailleurs cette activité d’upload de contenus libres qu’au détour d’une phrase) semble orienté pour alourdir artificiellement l’importance de Razorback.

Mais il y a beaucoup plus grave. L’expert semble analyser de travers le rôle du service ed2k History attaché à Razorback pour fournir un historique et une volumétrie de la diffusion des fichiers sur le réseau. En se basant sur deux articles publiés sur Ratiatum (celui-ci, et celui-là), l’expert prétend qu’il était plus facile pour les utilisateurs de trouver des fichiers à télécharger, en particulier des fichiers rares. “En plus d’offrir des éléments sur des fichiers très connus, il permet de trouver des fichiers plus rares, puisqu’ils apparaissent dans l’historique dès que partagés par deux utilisateurs. [...] Grâce à ce service, il était particulièrement aisé de trouver des images ou des films à caractère pédopornographique”, écrit l’expert. Lourde accusation, puisqu’elle indique au juge que le service History pouvait être utilisé facilement pour trouver des fichiers pédophiles grâce à Razorback ! En guise de preuve, l’expert a effectué en octobre 2005 18 requêtes sur ed2K history basées sur les hashs (signatures électroniques) de fichiers pédopornographiques fournis par la police. Et l’expert d’en conclure que “la disponibilité de ces fichiers sur les serveurs Razorback a été mise en évidence”. Pourtant, l’expert écrit bien que “les fichiers sont reconnus par le serveur par leur empreinte numérique et non par leur nom”, mais le rapport est rédigé de telle manière que le poisson semble être noyé pour faire croire à un rôle actif ou à la connaissance par Razorback des activités pédophiles. C’est comme prétendre que Google pourrait savoir tout ce qui se trouve derrière chacune des URL qu’il indexe sans pour autant scanner le contenu des pages. A une différence essentielle près : contrairement à Google, le seul service History n’offrait même pas de fonction de recherche.

Une affaire qui pourrait avoir des répercussions sur toute une industrie

L’ensemble du rapport laisse une impression curieuse d’amateurisme de la part de l’expert, qui est pourtant reconnu en Suisse comme une référence en matière de sécurité informatique. Copier-coller à outrance (jusqu’à copier 14 pages d’un article de Wikipedia…), citations d’articles de presse ou de commentaires de forum comme argumentation technique, oubli ou déformations de parties essentielles de l’architecture d’échange, volonté expresse de démontrer la stratégie commerciale (et non technique) de Razorback… beaucoup d’éléments que nous n’avons pas tous détaillés ici laissent présager le pire si le juge suit le rapport à la lettre.

Or le risque est d’autant plus grand que le cas Razorback pourrait avoir de sérieuses répercussions sur l’ensemble du secteur des télécommunications en Suisse. L’affaire pourrait en effet faire jurisprudence contre tous les intermédiaires techniques du pays, qui pourraient en cas de condamnation de Razorback se voir de fait imposer par la Justice une obligation générale de surveillance et de filtrage proactif que ne prévoit pas la loi nationale.

L’affaire est mal engagée, d’autant que la MPA (Motion Picture Association) qui a porté plainte contre Razorback a obtenu de la Justice le blocage des comptes de l’association, et exige désormais la rétrocession de frais avancés à l’avocat du serveur eDonkey. Tous les éléments semblent tournés contre Razorback, qui devra trouver des alliés en Suisse chez les fournisseurs de services Internet qui n’ont sans doute pas encore pris conscience de l’importance de l’affaire pour leur propre avenir.

Pour la première fois depuis son lancement, “Razorback pourrait à nouveau faire appel à la générosité des internautes pour pouvoir continuer à se défendre”, nous indique l’association contactée par Ratiatum. Elle précise toutefois qu’elle “mène aussi actuellement des discussions avec une entreprise active sur Internet qui pourrait prendre en charge le règlement des frais judiciaires futurs de l’association”.

Contrairement aux services web 2.0 actuellement si populaires, Razorback n’a jamais hébergé lui-même un film entier ou même un simple fichier MP3. Il se contentait de faciliter la mise en relation d’utilisateurs qui souhaitaient s’échanger des contenus, sans jamais intervenir sur les contenus en question. A cet égard, jamais le rapport ne met en évidence un quelconque rôle de Razorback dans l’apparition ou la distribution de fichiers piratés sur le réseau, autre que son rôle d’intermédiaire technique neutre.

le CV de l’”expert”:
 http://ii.hevs.ch/upload/Collaborateurs/…


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September 17, 2007

MediaDefender piraté

Filed under: Liberté d'internet — derkraken @ 7:02 am

C’est un coup dur pour les adversaires du P2P. 700 Mo d’e-mails ont été volés sur les serveurs du spécialiste de la lutte anti-P2P MediaDefender, et distribués sur BitTorrent. Ils montrent notamment une collaboration avec les autorités américaines.

Connu de longue date, MediaDefender a été l’une des premières sociétés spécialisées dans la chasse aux P2Pistes. Elle est devenue experte des méthodes de parasitages des réseaux P2P, en inondant les réseaux de faux fichiers (spoofs) ou en créant même de faux trackers BitTorrent. A l’été 2005, MediaDefender avait été rachetée pour 42,5 millions de dollars par ARTISTDirect, une plate-forme anglophone de musique en ligne. Avec l’objectif de se servir de l’expertise de MediaDefender pour attirer les P2Pistes vers de faux fichiers qui dirigent l’utilisateur vers des plate-formes légales.

Mais depuis, MediaDefender est surveillée de près par la communauté P2P. Au début de l’été, il avait dû fermer précipitemment son site Miivi.com, après que le blog spécialisé TorrentFreak ait révélé son existence. Miivi se faisait passer pour un site pirate pour attirer les utilisateurs dans son piège.

La semaine dernière, 700 Mo d’e-mails stockés sur les serveurs de MediaDefender ont été volés et distribués sur BitTorrent par un groupe qui se fait appeler MediaDefender-Defender. Ils ont eu accès à la boîte Gmail d’un employé, Jay Maris, qui y relayait l’ensemble des mails de MediaDefender. “En publiant ces e-mails, nous espérons protéger la vie privée et l’intégrité personnelle de l’ensemble des utilisateurs de peer-to-peer”, indique le groupe dans un fichier NFO joint au fichier .mbox qui contient l’ensemble des mails. “Les e-mails contiennent des informations sur les différentes solutions tactiques et techniques pour traquer les utilisateurs de P2P”, indiquent-ils également.

Mais les mails ne contiennent pas que des informations techniques. Ils permettent notamment de revenir sur l’affaire Miivi, et de voir que MediaDefender voulait à tout prix garder son petit secret. “C’est vraiment la merde”, écrit Saaf en apprennant que leur filiation au site avait été compromise. “Mettons-le hors-ligne”. Les équipes de MediaDefender se sont alors empressées de créer un nouveau site, sous le domaine Viide.com, avec les mêmes objectifs qui restent toutefois obscurs. Ils ont d’abord refait toute l’interface graphique, effacé toute référence à Miivi, et mis au point une nouvelle stratégie de référencement. La décision a été prise d’exporter l’ensemble des correspondances liées à Viide sur un serveur mail sécurisé, à Las Vegas. Mais dans quel but ?

Sans doute s’agit-il de mettre en route la stratégie de ARTISTDirect, qui veut attirer un maximum de P2Pistes pour les diriger ensuite vers des plate-formes légales. Rien dans les mails ne montre une volonté de MediaDefender de capter les adresses IP des utilisateurs pour les compromettre et engager des poursuites. A moins que…

MediaDefender lié au parquet de New York

Les e-mails révèlent qu’une collaboration étroite était en cours avec les services du procureur de New York. MediaDefender crée pour eux un outil qui permet au parquet d’accéder à distance aux données de MediaDefender concernant les P2Pistes, et qui doit répondre à des critères techniques et juridiques précis pour pouvoir servir de preuve lors de procédures judiciaires. “De votre côté, le crawler peer-to-peer va identifier les fichiers qui correspondent aux critères de recherche établis”, écrit un analyste du parquet pour préciser leur cahier des charges. “Les données seront ensuite collectées, filtrées pour les adresses IP des résidents de New York (dans les limites de précision posées par les technologies de géolocalisation). Ces données seront ensuite transmises à nous où, de notre côté, un logiciel distinct va utiliser ces données pour se connecter au réseau et télécharger le fichier sur un hébergeur et le stocker sur nos serveurs pour garder la preuve et effectuer d’autres d’analyses”. Rien dans les e-mails ne permet d’établir un lien entre Miivi/Viide et ce projet précis.

Un contrat en cours avec Universal Music

Parmi les autres données révélées par les mails (outre des données personnelles : fiches de payes, adresses personnelles, numéros de sécurité sociale…) figure un contrat passé entre Universal Music Group et MediaDefender. Il montre que la société facture 4.000 $ par album et par mois pour protéger un album sur “les 15 réseaux les plus populaires” (FastTrack, Gnutella, IRC, Usenet, DirectConnect, eDonkey, MP2P, Kademlia, Overnet, BitTorrent, SoulSeek, et Shareaza).La société promet contractuellement de livrer ses services contre environ 12 millions d’utilisateurs. MediaDefender facture par ailleurs 2.000 $ mensuels par titre.
Les données volées sont disponibles ici:
 http://jrwr.hopto.org/(site down)
et ici:
 http://www.mediadefender-defenders.com/

Voir aussi ici:
 http://torrentfreak.com/the-piratebay-wa…

Sources:
 http://www.ratiatum.com/news5677_Un_adve…


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