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La Ligue Odebi dénonce l’attitude de l’industrie du disque, et la vaste campagne de désinformation qu’elle mène depuis des mois afin d’imputer la baisse de ses ventes à l’utilisation des réseaux p2p. La réalité est qu’aux états-unis, l’industrie du disque a lancé des campagnes de procès contre les internautes utilisateurs de réseaux p2p, a baissé le prix de vente des CD, et que l’usage du p2p et les ventes de CD ont augmenté… Le discours importé en France (où l’on paie une redevance copie privée) par les majors a été dénoncé, entre autres par le Ministre de l’Industrie français, Patrick Devedjian, qui a conseillé à cette industrie de plutôt s’adapter aux évolutions technologiques, et de baisser le prix de vente des CD.
La Ligue Odebi dénonce aussi les pressions scandaleuses exercées par les lobbys du disque visant à instaurer en France un régime juridique enfermant les internautes dans les DRMs,pénalisant l’usage des réseaux P2P et tuant le droit à la copie privée.
Rappelons qu’en France, les artistes eux-mêmes considèrent le téléchargement comme de la copie privée, et que chaque internaute achetant un CD vierge paie la redevance pour copie privée sur ce CD, et ce même s’il n’y copie pas un octet de musique : à chaque fois qu’un français veut sauvegarder ses propres photos, il est ainsi obligé de payer l’industrie du disque… A l’heure où cette industrie ne cesse de nous rebattre les oreilles avec le “piratage”, cette forme de parasitage économique ne peut qu’ être remise en question.
En parallèle, l’industrie du disque met progressivement en place des dispositifs qui interdisent cette copie privée, voire le simple usage sur certains lecteurs, et est en passe d’obtenir des lois qui légaliseraient ces dispositifs, voire pénaliseraient le contournement de ces dispositifs et même la simple divulgation des méthodes de contournement.
A titre d’exemple : un internaute qui achète de la musique en ligne sur certains sites ne peut tout simplement pas l’écouter avec un balladeur sur lequel il a par ailleurs payé une redevance copie privée : de fait, ces dispositifs de “protection” changent cette redevance en racket.
Au total , il n’est pas acceptable que l’industrie du disque :
- limite le nombre de copies privées de la musique achetée (CD ou en ligne)
- dégrade la qualité des copies
- impose l’achat d’un logiciel ou d’un matériel spécifique pour l’utiliser
- interdise la lecture de l’oeuvre sur certains lecteurs
- interdise la conversion de l’oeuvre dans un format librement choisi
Et il n’est pas acceptable que le législateur légalise ces mesures, ni qu’il pénalise le contournement de ces mesures ou la divulgation de ces méthodes de contournement, qui permettent tout simplement à l’utilisateur d’écouter la musique qu’il a achetée dans les conditions qu’il est fondamentalement libre de choisir.
A défaut, la redevance copie privée serait un racket auquel le législateur devrait rapidement mettre fin : on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.
petition disponible ici:
http://www.odebi.org/boycothon/
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septembre 21, 2007
Le PDG de la FNAC (groupe PPR : Printemps, Gucci, Puma, Conforama, La Redoute…) a accepté la Mission de Christine Albanel sur la “la lutte contre le téléchargement illicite et le développement des offres légales d’oeuvres musicales, audiovisuelles et cinématographiques”.[1]
Dans son discours, Christine Albanel persiste à présenter les échanges pair à pair comme la cause de la baisse de vente de CD [2], reprenant ainsi une thèse d’Olivier Bomsel, qui fait justement partie de cette Mission FNAC. Il semble nécessaire de rappeler que la Ligue Odebi avait amené Olivier Bomsel à avouer publiquement à l’Assemblée qu’en fait il ne savait pas si les échanges pair à pair étaient ou non la cause de cette baisse [3], ce qui ne l’empêchait pas de proposer de taxer l’upload pour dissuader les échanges pair à pair. Pour Jean-Guy Vincent, Délégué Odebi, il apparaît qu’ “à l’évidence, le cabinet Albanel ne maîtrise pas ses dossiers, on se demande même s’ils ont simplement lu le rapport Cedras…”[4]
La composition de cette mission pose problème : elle est présidée par le PDG d’une entreprise qui vend des produits numériques, le conflit d’intérêt est indéniable. De même Olivier Bomsel est lui présenté comme économiste et producteur par le ministère de la culture [5]. On remarquera aussi la participation d’Isabelle Falque-Pierrotin, qui s’est récemment fait réélire à la hussarde à la présidence du FDI après avoir pourtant effectué deux mandats à ce poste, soit le maximum autorisé par les statuts de cet organe devenu en pratique aussi inutile pour les internautes que coûteux pour les contribuables.[6]
Si la Mission FNAC doit auditionner les différents acteurs avant de proposer un rapport fin octobre, cela ne saurait cacher le but réel de cette mission : L’instauration d’une répression de masse devant être exécutée par le secteur privé [7], et plus précisément par les FAI qui devraient accepter par le biais d’accords interprofessionnels de devenir les mercenaires des majors.
Le ministère de la culture continue donc de manipuler l’opinion publique, comme il l’a déjà fait en détournant le débat de la légalisation des dispositifs anti-copie vers le problème du téléchargement lors de l’examen du projet de loi DADVSI, ou comme Christine Albanel le fait en propageant le mythe de la gratuité, alors que les industries culturelles ne cessent de bénéficier de l’argent public, et que la Tasca Taxe sur les supports numériques vient encore d’être étendue [8]. Odebi dénonce les pratiques désinformationnelles de Christine Albanel : la réalité est que le public, les entreprises françaises, et même les hôpitaux sont rackétés, devant payer une taxe copie privée à chaque achat de support vierge, disque dur externe, carte mémoire, clef USB, alors même que les industries culturelles verrouillent leurs produits par des dispositifs anti-lecture ou anti-copie.
Au total, le rapport de la Mission FNAC ne servira en réalité qu’à justifier les mesures liberticides que les industriels de la culture essaient de faire imposer aux FAI : filtrage des réseaux, traçage des internautes au mépris du respect de leur vie privée, bridage des débits, désabonnements expéditifs, amendes privées. Il faut de plus savoir qu’au cas où les FAI refuseraient de jouer ce rôle de milices des majors en ne signant pas les accords interprofessionnels qui sont le seul réel objectif de la mission FNAC, le gouvernement a d’ores et déjà prévu de légiférer pour imposer ces mesures liberticides.
Jean-Guy Vincent prévient clairement Denis Olivennes : “En acceptant de collaborer à cette farce institutionnelle liberticide destinée à justifier une croisade arriérée, le PDG de la FNAC commet un geste politique qui aura nécessairement un impact sur l’image ou les ventes de la FNAC…”
[1] http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…
http://www.ppr.com
Piratage : la France envisage le filtrage et la riposte graduée
http://www.pcinpact.com/actu/news/38688-…
[2] “Or, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Un milliard de fichiers piratés – films et musique -ont été échangés dans notre pays en 2006. Le marché du disque s’est effondré de plus de 40% au cours des cinq dernières années, avec tout ce que cela signifie en terme d’emplois. Ce phénomène s’est encore accentué en 2007,”
http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…
[3] “Après que Donnedieu ait qualifié l’usage du p2p de “crime contre l’esprit”, Vanneste n’hésite pas à parler de “risques potentiellement mortels”, et à reprendre des thèses tendant à faire croire aux français que l’usage du p2p serait la cause d’une baisse des ventes de CD. Le rapporteur Vanneste va même jusqu’à qualifier la taxation de l’upload proposée par Bomsel de “intellectuellement séduisante”. La ligue rappelle une fois de plus que les faits sont qu’aucune étude n’a jamais réussi à démontrer que l’usage du p2p était la cause de la baisse de ventes de CD, et s’étonne que la commission des lois puisse relayer les propos infondés d’Hollywood et des majors. Il est heureux que la commission ait néanmoins refusé cette taxe upload qui aurait ravalé l’internet français au rang du minitel.”
Communiqué 10-06-2005 : réaction au projet de loi sur le droit d’auteur (DADVSI)
http://www.odebi.org/new2/?p=65
“Concernant les arguments avancés par les chercheurs de l’ENSMP, on remarquera le peu de sérieux scientifique de l’affirmation d’une relation de cause à effet entre le développement du haut-débit et la soi-disant mauvaise santé de l’industrie du disque.Un tel manque de rigueur est assez inattendu de la part de l’ENSMP. Pour ce qui est de l’état réel du marché du disque, la Ligue rappelle les récentes déclarations de Rodolphe Buet, Directeur du disque de la FNAC: “La consommation de musique n’a jamais été aussi forte”
Par ailleurs, la Ligue s’interroge sur le financement de cette étude destinée à promouvoir les seuls intérêts économiques des producteurs de disques.
”
Communiqué 02-03-2004 : Amendements LEN : Odebi s’oppose à toute surtarification de l’upload
http://www.odebi.org/new2/?p=198
[4] “Aujourd’hui, la Ligue dévoile un rapport (le rapport Cédras) commandé par le ministère de la culture à un professeur de droit pénal, et qui a été volontairement caché aux français”
Communiqué 01-05-2007 : Internet et Libertés : le rapport censuré qui met Sarkozy à l’amende
http://www.odebi.org/new2/?p=274
P2P : Un rapport ‘non diffusé’ accable ‘le principe de la riposte graduée’
http://www.silicon.fr/fr/silicon/news/20…
« La réponse graduée automatique doit être abandonnée » Un rapport curieusement non diffusé
http://www.pcinpact.com/actu/news/36148-…
[5] “Depuis 1998, il dirige avec Gilles Le Blanc les recherches du Cerna sur l’économie numérique. Ses travaux portent sur l’économie des réseaux, des contenus et la numérisation des entreprises.
Il est ailleurs, producteur de programmes audiovisuels (films, séries TV) et co-fondateur d’art-netart, producteur-éditeur d’art numérique”
http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…
[6]”Le porte parole de la Ligue Odebi a réagi à ce coup de force : ” Cela ne fait que démontrer, si besoin était, le bienfondé de la ligne adoptée dès le début par les cinq associations d’internautes qui ont fondé la Ligue, et qui ont toujours refusé de participer à cette mascarade, cour de récréation des lobbies culturels durant le projet de loi économie numérique, et ne pouvant in fine que se soumettre à un financement gouvernemental.” “La présidente du FDI arrivait à son dernier mandat : en toute logique, elle ne pouvait que bénéficier de la création de la CND puisqu’elle aurait pu ainsi en prendre la présidence. Le FDI aurait ainsi pu disparaitre au profit de la CND. Or nous avons abattu en vol le projet de CND en révélant le décret en projet juste avant la présidentielle. A partir de ce moment, l’actuelle Présidente du FDI n’avait plus qu’une seule solution : faire modifier les statuts du FDI pour pouvoir s’y faire réélire.”
Coup d’état au FDI
http://quelqueswattsdeplus.blog.20minute…
Le Forum des Droits sur Internet putsché ? Qui s’en soucie ?
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_a…
[7] Extrait de la Lettre de mission de Nicolas Sarkozy, Président de la République, à Christine Albanel:
“vous rechercherez les voies et moyens pour conclure un accord interprofessionnel permettant de dissuader efficacement et de réprimer la contrefaçon de masse. Les solutions techniques existent, elles doivent être expérimentées et mises en oeuvre.”
http://www.culture.gouv.fr/culture/actua…
[8]Clés USB, cartes mémoires et disques durs taxés au 1er octobre
http://www.zdnet.fr/actualites/informati…
Les industriels préparent un recours contre la taxe pour copie privée
http://www.lexpansion.com/art/32.0.16137…
La taxe copie privée appliquée sur les disques durs externes à partir d’octobre
“Consoles de jeux prochainement
Rappelons que le principe de la “taxe copie privée” a été instaurée par la loi Lang du 3 juillet 1985 pour compenser le manque à gagner pour les ayants droit des copies d’œuvres culturelles réalisées par les particuliers dans un cadre familial. Imputée aux cassettes audio et vidéo, la redevance s’est étendue aux média vierges numériques au fil des évolutions technologiques : disquette, CD, DVD, baladeurs numériques…
Au printemps, la commission composée de représentants des ayants droit, des pouvoirs publics, des consommateurs et des industriels, a poursuivi ses travaux en étudiant le cas des disques durs externes, des cartes mémoire et clés USB de stockage. Lesquels devraient voir leurs tarifs augmenter à partir du 1er octobre prochain, donc, sauf si les fabricants et distributeurs rognent sur leurs marges pour intégrer ce surcoût dans le prix de vente final. Rappelons à ce sujet que les montants de la taxe sont imputés avant calcul de la TVA qui est, aujourd’hui, de 19,6 % sur les produits électroniques.
Les DVD HD et Blu-ray, consoles de jeux et autres téléphones “MP3″ ou encore agendas électroniques constituent les prochains dispositifs de stockage qu’étudiera la commission copie privée en vue d’y étendre l’application de la rémunération idoine.”
http://www.vnunet.fr/fr/vnunet/news/2007…
La taxe pour la copie privée continue de s’étendre
“Mais la commission d’Albis – du nom de Tristan d’Albis, chargé du groupe – envisage d’aller plus loin et a évoqué cet été la possibilité d’étendre encore la taxe aux consoles de jeux nouvelle génération, soit la PSP, la Xbox et la Wii.
Restera alors une solution : en revenir à une transmission orale de la culture. Rétines et mémoires humaines pourraient-elles être taxées ? ”
http://www.lepoint.fr/content/tech_net/a…
Thèmes : Communiqués, Albanel, Olivennes
http://www.odebi.org/new2/?p=439
Vous pouvez vous aussi contribuer au buzz autour de cette info en utilisant ces liens en particulier ou le contenu des textes utilisés, sur vos sites, vos blogs vos emails:
http://eucd.info/348.shtml
http://stopdrm.info/index.php?2007/09/18…
http://stopdrm.info/index.php?2007/09/18…
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septembre 20, 2007
Pour trouver la correspondance de media defender, suite a des ddos a l’encontre des sites publiant leur correspondance vous pouvez vous tourner vers Pirate Bay:
http://thepiratebay.org/search/mediadefe…
Ou faire une recherche sur ce thème via votre moteur de recherche préféré(yahoo donne bien plus de résultats que google, censure?):
MediaDefender.Mail.200612.200709-MDD
Les codes sources du logiciel utilisé par mediafender nommé “MediaDefender.Source.TrapperKeeper” et utilisé par mediadefender pour piêger les p2pistes sont disponibles ici:
http://thepiratebay.org/tor/3812960/Medi…
Bon DL!
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septembre 19, 2007
Le grand nettoyage est-il en cours ? De gros serveurs liés aux échanges de fichiers ne répondent plus. Il se passe quelque chose sur le réseau e-donkey.
D’étranges modifications sont constatées sur le réseau e-Donkey. Serveurs fermés, Honey Pot de plus en plus visible. Vendredi l’industrie du disque Allemand annonçait une grande victoire face aux pirates. Une injonction temporaire publiée par la Cour fédérale de Hambourg a obligé un opérateur d’un serveur eDonkey a fermer les robinets. Le tribunal demandait cette coupure, à la suite d’une plainte de l’IFPI , pour un seul cas, l’album One. A première vue, il a préféré tout couper.En chargeant la liste des serveurs avec emule, on voit bien que les gros serveurs allemands ont des urilisateurs connectés mais ne fournissent aucun fichiers. Les autres n’ont que quelques fichiers, autour de 400 000 en moyenne contre plusieurs millions en temps normal.
Il semblerait que cela touchait aussi “Kad”. Le réseau décentralisé ne repond plus pour un grand nombre de personne. Il semblerait que cela dependrait des pays et des moyens d acces que prennent les datas. Le Bresil, certains pays d’Europe, dont l’Allemagne, et certains Etats des Etats-Unis sont visés, dixit les temoignages des utilisateurs.
Pour plus de précisions quand à la conduite à adopter, voir les liens suivants:
http://www.open-files.com/Qu-arrive-t-il…
http://www.emule-france.com/forum/serveu…
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Plus d’un an et demi après sa saisie par les autorités belges, le serveur eDonkey Razorback n’est toujours pas de retour sur les réseaux. Le procès se poursuit lentement en Suisse, avec seulement ce mois-ci la remise d’un premier rapport d’expertise technique… dont les conclusions surprendront les spécialistes.
Poursuivi en Suisse par le lobby du cinéma, l’association Razorback lutte actuellement avec peine pour obtenir gain de cause en Justice. L’ancien plus gros serveur eDonkey du monde et l’ensemble de ses serveurs de soutien sont placés sous scellé depuis février 2006, et la procédure se poursuit avec régulièrement de nouveaux coups à endurer. Un rapport d’expertise technique commandé par le tribunal suisse, dont Ratiatum a pu obtenir communication, ne devrait pas aider l’association à ressortir la tête de l’eau…
La Haute Ecole Valaisanne a en effet remis le 2 juillet au juge d’instruction du Valais central à Sion, chargé de l’affaire en première instance, un rapport (.pdf) rédigé par Romain Roubaty. L’homme est Professeur au Laboratoire de Sécurité de la Haute Ecole, et vice-président de l’Association Francophone des Spécialistes de l’Investigation Numérique (AFSIN), un club d’experts techniques, de juristes et d’autorités de police dispersés dans toute la francophonie, du Québec au Maroc. En Suisse, le professeur Roubaty est une sommité dont l’expertise devrait être prise très au sérieux par la justice.
Or le rapport remis au juge Yves Cottagnoud est pour le moins surprenant. Il devait permettre au tribunal de comprendre le rôle et l’importance de Razorback dans les échanges réalisés sur le réseau eDonkey/eMule. A la lecture des 100 pages, il semble que l’expert ait réalisé un rapport à charge pour surévaluer l’importance effective de Razorback, pour mieux surévaluer l’importance du serveur dans les échanges de fichiers illicites.
Tout d’abord, il écarte en moins d’une page le réseau décentralisé Kademlia ajouté à eMule, en se basant uniquement sur des commentaires d’utilisateurs écrits sur des forums en 2004. Sur la seule base de ces commentaires complètement dépassés, l’expert conclue que “dans le monde des utilisateurs eMule, la présence des serveurs rend la recherche beaucoup plus aisée”. Peu importe que depuis le réseau autonome ait pris une importance majeure, “nous pensons inutile de nous attarder plus sur le fait qu’il existe des alternatives à l’utilisation de serveurs centraux fournissant les métadonnées”, écrit l’expert. Aux oubliettes, donc, également, le protocole d’échange des sources directement entre clients qui avait été mis en place sur eMule avant même l’arrivée de Kad. Les deux protocoles rendaient Razorback quasiment inutile techniquement, sauf pour aider à la diffusion de fichiers légaux : la chaîne de téléchargements de Ratiatum et les albums de musique libre de Jamendo, notamment. Tout dans le rapport (qui n’évoque d’ailleurs cette activité d’upload de contenus libres qu’au détour d’une phrase) semble orienté pour alourdir artificiellement l’importance de Razorback.
Mais il y a beaucoup plus grave. L’expert semble analyser de travers le rôle du service ed2k History attaché à Razorback pour fournir un historique et une volumétrie de la diffusion des fichiers sur le réseau. En se basant sur deux articles publiés sur Ratiatum (celui-ci, et celui-là), l’expert prétend qu’il était plus facile pour les utilisateurs de trouver des fichiers à télécharger, en particulier des fichiers rares. “En plus d’offrir des éléments sur des fichiers très connus, il permet de trouver des fichiers plus rares, puisqu’ils apparaissent dans l’historique dès que partagés par deux utilisateurs. [...] Grâce à ce service, il était particulièrement aisé de trouver des images ou des films à caractère pédopornographique”, écrit l’expert. Lourde accusation, puisqu’elle indique au juge que le service History pouvait être utilisé facilement pour trouver des fichiers pédophiles grâce à Razorback ! En guise de preuve, l’expert a effectué en octobre 2005 18 requêtes sur ed2K history basées sur les hashs (signatures électroniques) de fichiers pédopornographiques fournis par la police. Et l’expert d’en conclure que “la disponibilité de ces fichiers sur les serveurs Razorback a été mise en évidence”. Pourtant, l’expert écrit bien que “les fichiers sont reconnus par le serveur par leur empreinte numérique et non par leur nom”, mais le rapport est rédigé de telle manière que le poisson semble être noyé pour faire croire à un rôle actif ou à la connaissance par Razorback des activités pédophiles. C’est comme prétendre que Google pourrait savoir tout ce qui se trouve derrière chacune des URL qu’il indexe sans pour autant scanner le contenu des pages. A une différence essentielle près : contrairement à Google, le seul service History n’offrait même pas de fonction de recherche.
Une affaire qui pourrait avoir des répercussions sur toute une industrie
L’ensemble du rapport laisse une impression curieuse d’amateurisme de la part de l’expert, qui est pourtant reconnu en Suisse comme une référence en matière de sécurité informatique. Copier-coller à outrance (jusqu’à copier 14 pages d’un article de Wikipedia…), citations d’articles de presse ou de commentaires de forum comme argumentation technique, oubli ou déformations de parties essentielles de l’architecture d’échange, volonté expresse de démontrer la stratégie commerciale (et non technique) de Razorback… beaucoup d’éléments que nous n’avons pas tous détaillés ici laissent présager le pire si le juge suit le rapport à la lettre.
Or le risque est d’autant plus grand que le cas Razorback pourrait avoir de sérieuses répercussions sur l’ensemble du secteur des télécommunications en Suisse. L’affaire pourrait en effet faire jurisprudence contre tous les intermédiaires techniques du pays, qui pourraient en cas de condamnation de Razorback se voir de fait imposer par la Justice une obligation générale de surveillance et de filtrage proactif que ne prévoit pas la loi nationale.
L’affaire est mal engagée, d’autant que la MPA (Motion Picture Association) qui a porté plainte contre Razorback a obtenu de la Justice le blocage des comptes de l’association, et exige désormais la rétrocession de frais avancés à l’avocat du serveur eDonkey. Tous les éléments semblent tournés contre Razorback, qui devra trouver des alliés en Suisse chez les fournisseurs de services Internet qui n’ont sans doute pas encore pris conscience de l’importance de l’affaire pour leur propre avenir.
Pour la première fois depuis son lancement, “Razorback pourrait à nouveau faire appel à la générosité des internautes pour pouvoir continuer à se défendre”, nous indique l’association contactée par Ratiatum. Elle précise toutefois qu’elle “mène aussi actuellement des discussions avec une entreprise active sur Internet qui pourrait prendre en charge le règlement des frais judiciaires futurs de l’association”.
Contrairement aux services web 2.0 actuellement si populaires, Razorback n’a jamais hébergé lui-même un film entier ou même un simple fichier MP3. Il se contentait de faciliter la mise en relation d’utilisateurs qui souhaitaient s’échanger des contenus, sans jamais intervenir sur les contenus en question. A cet égard, jamais le rapport ne met en évidence un quelconque rôle de Razorback dans l’apparition ou la distribution de fichiers piratés sur le réseau, autre que son rôle d’intermédiaire technique neutre.
le CV de l’”expert”:
http://ii.hevs.ch/upload/Collaborateurs/…
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septembre 17, 2007
C’est un coup dur pour les adversaires du P2P. 700 Mo d’e-mails ont été volés sur les serveurs du spécialiste de la lutte anti-P2P MediaDefender, et distribués sur BitTorrent. Ils montrent notamment une collaboration avec les autorités américaines.
Connu de longue date, MediaDefender a été l’une des premières sociétés spécialisées dans la chasse aux P2Pistes. Elle est devenue experte des méthodes de parasitages des réseaux P2P, en inondant les réseaux de faux fichiers (spoofs) ou en créant même de faux trackers BitTorrent. A l’été 2005, MediaDefender avait été rachetée pour 42,5 millions de dollars par ARTISTDirect, une plate-forme anglophone de musique en ligne. Avec l’objectif de se servir de l’expertise de MediaDefender pour attirer les P2Pistes vers de faux fichiers qui dirigent l’utilisateur vers des plate-formes légales.
Mais depuis, MediaDefender est surveillée de près par la communauté P2P. Au début de l’été, il avait dû fermer précipitemment son site Miivi.com, après que le blog spécialisé TorrentFreak ait révélé son existence. Miivi se faisait passer pour un site pirate pour attirer les utilisateurs dans son piège.
La semaine dernière, 700 Mo d’e-mails stockés sur les serveurs de MediaDefender ont été volés et distribués sur BitTorrent par un groupe qui se fait appeler MediaDefender-Defender. Ils ont eu accès à la boîte Gmail d’un employé, Jay Maris, qui y relayait l’ensemble des mails de MediaDefender. “En publiant ces e-mails, nous espérons protéger la vie privée et l’intégrité personnelle de l’ensemble des utilisateurs de peer-to-peer”, indique le groupe dans un fichier NFO joint au fichier .mbox qui contient l’ensemble des mails. “Les e-mails contiennent des informations sur les différentes solutions tactiques et techniques pour traquer les utilisateurs de P2P”, indiquent-ils également.
Mais les mails ne contiennent pas que des informations techniques. Ils permettent notamment de revenir sur l’affaire Miivi, et de voir que MediaDefender voulait à tout prix garder son petit secret. “C’est vraiment la merde”, écrit Saaf en apprennant que leur filiation au site avait été compromise. “Mettons-le hors-ligne”. Les équipes de MediaDefender se sont alors empressées de créer un nouveau site, sous le domaine Viide.com, avec les mêmes objectifs qui restent toutefois obscurs. Ils ont d’abord refait toute l’interface graphique, effacé toute référence à Miivi, et mis au point une nouvelle stratégie de référencement. La décision a été prise d’exporter l’ensemble des correspondances liées à Viide sur un serveur mail sécurisé, à Las Vegas. Mais dans quel but ?
Sans doute s’agit-il de mettre en route la stratégie de ARTISTDirect, qui veut attirer un maximum de P2Pistes pour les diriger ensuite vers des plate-formes légales. Rien dans les mails ne montre une volonté de MediaDefender de capter les adresses IP des utilisateurs pour les compromettre et engager des poursuites. A moins que…
MediaDefender lié au parquet de New York
Les e-mails révèlent qu’une collaboration étroite était en cours avec les services du procureur de New York. MediaDefender crée pour eux un outil qui permet au parquet d’accéder à distance aux données de MediaDefender concernant les P2Pistes, et qui doit répondre à des critères techniques et juridiques précis pour pouvoir servir de preuve lors de procédures judiciaires. “De votre côté, le crawler peer-to-peer va identifier les fichiers qui correspondent aux critères de recherche établis”, écrit un analyste du parquet pour préciser leur cahier des charges. “Les données seront ensuite collectées, filtrées pour les adresses IP des résidents de New York (dans les limites de précision posées par les technologies de géolocalisation). Ces données seront ensuite transmises à nous où, de notre côté, un logiciel distinct va utiliser ces données pour se connecter au réseau et télécharger le fichier sur un hébergeur et le stocker sur nos serveurs pour garder la preuve et effectuer d’autres d’analyses”. Rien dans les e-mails ne permet d’établir un lien entre Miivi/Viide et ce projet précis.
Un contrat en cours avec Universal Music
Parmi les autres données révélées par les mails (outre des données personnelles : fiches de payes, adresses personnelles, numéros de sécurité sociale…) figure un contrat passé entre Universal Music Group et MediaDefender. Il montre que la société facture 4.000 $ par album et par mois pour protéger un album sur “les 15 réseaux les plus populaires” (FastTrack, Gnutella, IRC, Usenet, DirectConnect, eDonkey, MP2P, Kademlia, Overnet, BitTorrent, SoulSeek, et Shareaza).La société promet contractuellement de livrer ses services contre environ 12 millions d’utilisateurs. MediaDefender facture par ailleurs 2.000 $ mensuels par titre.
Les données volées sont disponibles ici:
http://jrwr.hopto.org/(site down)
et ici:
http://www.mediadefender-defenders.com/
Voir aussi ici:
http://torrentfreak.com/the-piratebay-wa…
Sources:
http://www.ratiatum.com/news5677_Un_adve…
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août 30, 2007
Depuis le temps que j’utilise le peer-to-peer et que j’en entends parler (surtout en mal), l’envie de justifier pleinement son emploi pour les plus nobles raisons me démangeait. C’est désormais chose faite avec ce manifeste, qui établit clairement ma pensée sur ce mode d’échange révolutionnaire qui constitue l’avenir de la culture.
J’occupe 90 % de la bande passante mondiale et mon trafic va croissant. Napster fut mon premier représentant à succès et quand on le fit tomber, un pléthore d’autres prirent sa succession : FastTrack, eDonkey2000, BitTorrent et des dizaines d’autres réseaux que de multiples logiciels peuvent exploiter.
De plus en plus d’utilisateurs m’utilisent chaque jour, on les dénombre par millions et ce chiffre ne fait qu’augmenter. Tous sont reliés entres eux par des milliers de kilomètres de câbles que vomissent divers terminaux renseignés par des paquets d’ondes électromagnétiques balancées par des dizaines de satellites.
Tu l’auras compris, je suis gigantesque, je suis mondialisé, je n’ai pas de frontière, je suis international. En plus d’être le meilleur système d’échange de fichiers, mon principal intérêt est que je mets en commun l’information et que chacun peut y accéder équitablement. Un ordinateur et une connexion internet suffisent. De ce principe d’une simplicité révolutionnaire, j’ai pu m’étendre jusqu’à avoir le statut que j’ai aujourd’hui ; incontournable. En effet : dans ce monde d’échange numérisé, j’ai aspiré toute l’information qui peut se transformer en langage binaire, soit à peu près tout. Je suis la plus grande médiathèque du monde : j’englobe tous les CD anciens et récents, j’engloutis les films à peine sorti au cinéma et en DVD, je possède des séries entières et j’ai des tonnes de sous-titres, j’ai tous les jeux vidéos possibles, j’ai même des livres et des BD sur mon réseau. J’ai absolument tout, je suis le numérique, tout ce qui est nouveau et tout ce qui est vieux je l’obtiens. J’ai réalisé le rêve de n’importe quelle grande surface. Mon mode de stockage est exempt de tout archaïsme : on se plaint souvent de ce monde bassement matériel, mais pour moi toute existence physique est abolie. Tout ce que je possède est dématérialisé, ce ne sont que des creux et des bosses microscopiques gravés dans les sillons de millions de disques durs, j’ai enlevé tout superflu à la création. Fini les boîtiers, fini les disques, je n’ai gardé que l’essentiel : l’art, dépourvu de ses artifices commerciaux. De même, ma présence est toute relative, on dit que je suis un “réseau” donc je n’ai pas d’existence propre, je n’existe qu’à travers les millions d’internautes qui s’expulsent des milliards d’octets à travers les ports. Il y a bien quelques serveurs pour relayer l’information mais je suis ici uniquement parce que j’ai été créé à l’initiative des utilisateurs, et c’est encore une fois grâce à eux que je m’étends et que j’englobe encore plus d’objets culturels au cours du temps. Je reflète les besoins de l’utilisateur, je m’adapte à lui, je suis une entité qui semble vivre d’elle-même mais qui dépend de chacun. Une synthèse où le groupe est aussi important que l’individu. Pas de hiérarchie, tout le monde peut y participer, connecte-toi, le principe est ridiculement simple : une personne envoie et l’autre réceptionne.
Peer-to-peer.
C’est un beau bébé, mais qui est le père ? C’est toi, l’utilisateur.
Tu corresponds à un numéro, ton seul identifiant véritable sur la gigantesque toile, ton IP, et ce numéro tout con (comme tous les numéros) va te permettre de te relier avec quelqu’un à l’autre bout de la planète, sans intermédiaire, la liaison instantanée entres continents et, grâce à ton super logiciel, tu vas pouvoir déverser dans tes ports tout ce que tu veux à ce copain improvisé. Mais quels sont tes motivations au juste ?
Eh bien, au départ, je connaissais peu ce moyen d’échange, je cherchais juste à écouter vite fait une chanson qui venait de paraître sans vouloir attendre qu’elle passe à la radio, de fil en aiguille j’ai fais des recherches, j’ai téléchargé un logiciel quelconque pour obtenir ce que je cherchais et je l’ai eu sans difficulté. C’est ainsi que tout a commencé, j’ai rapidement étendu mes téléchargements à tous les autres objets culturels. Le p2p est devenu incontournable pour moi, pourquoi ? Simplement parce que tout est disponible en abondance, directement chez toi. Pas besoin de te déplacer, pas d’agression visuelle, pas de pub, pas de pénibles excursions dans des bordels culturels, pas de limites dans le choix, et surtout pas besoin de payer. Certains adversaires du p2p disent “Vous vous imaginez entrer dans un magasin, prendre quelque chose et repartir sans payer, et bien ça c’est le téléchargement”, c’est bidon, le p2p n’est aucunement cela. Tout d’abord, il n’est pas inclus dans la monde physique où règne les règles consommatrices qui disent que le vol matériel est un délit, le téléchargement n’est pas matériel, donc si on l’assimile à du vol, alors dans ce cas tout le monde sur les réseaux vole de façon décomplexée, et si le vol ne s’accompagne pas d’un sentiment de culpabilité et de transgression chez les personnes l’effectuant, est-ce toujours du vol ?
Avec le p2p, il n’y a plus d’effort à fournir pour obtenir ce que l’on veut, pas de déplacement fastidieux dans les rayons, pas de files d’attentes à endurer et surtout pas de torture psychologique quand on débourse son pognon, à se demander si on a bien fait d’acheter ça, si on aurait pu acheter quelque chose de mieux, le p2p rend nos jugements objectifs sur les oeuvres que l’on côtoie : lorsqu’on achète une oeuvre, on a plus d’espérance sur sa qualité intrisèque, il arrive qu’on se “force” à l’aimer pour ne pas être déçu de son investissement alors que lorsqu’on acquiert gratuitement, on part sans a priori, notre jugement est ainsi le plus objectif possible.
La possibilité de “tout” avoir sans exception nous incite à abuser des bonnes choses, à expérimenter tout ce qui était susceptible de nous décevoir auparavant (des a priori la plupart du temps), la masse d’oeuvres disponibles permet de nous constituer un capital culturel bien plus important que si on se limite aux achats sporadiques. Il n’y a plus de choix restrictifs à faire, plus rien ne nous empêche de nous diversifier à foison. Grâce au p2p, je suis devenu éclectique, je m’ouvre un peu plus chaque jour à chaque pan de la création. Je n’hésite pas à le dire : le p2p a changé ma vie intellectuelle, dorénavant je vais en touriste dans les magasins uniquement pour voir ce que je pourrais bien télécharger en rentrant. Prendre un DVD et sortir les biftons est un geste lointain, ces gens aux caisses me sont étrangers, ils sont comme des reliques d’un temps révolu, refusant de voir l’avenir, mais je me dis que soit bientôt ils auront une espèce de révélation, soit ils resteront éternellement ainsi, aveugles.
La société de consommation culturelle est censée se baser uniquement sur les besoins du consommateur, elle a échoué, car le téléchargement répond mieux à ses attentes : abondance, diversité, disponibilité, qualité (il suffit d’un peu de pratique pour ne plus se faire entuber) et prix défiant toute concurrence ! Avec le p2p, la société de consommation culturelle a atteint sa perfection avant l’heure en cessant d’exister, toutes ses contraintes se sont effacées, le p2p a signé l’arrêt de mort de la consommation culturelle “classique”. Maintenant, de plus en plus de monde va savoir qu’il existe une alternative gratuite au tout-commercial. Illégal ? Mais le nombre renverse l’illégalité, les crimes et les délits sont illégaux car ils sont assez rares, et correspondent à un manquement à la morale dominante reprise dans les institutions. Mais quand cette morale change et que de plus en plus de personne ne trouve plus “mal” quelque chose, les institutions ne peuvent plus rien faire et sont forcées de s’adapter.
Malheureusement, ces institutions réagissent mal, dans un élan réactionnaire elles choisissent la réaction brutale et conservatrice : le flicage intensif. La loi DADVSI actuellement en vigueur est une calamité répressive fortement technophobe, qui se pare d’articles interdisant tout ce qui bouge, mettant fin à la copie privée telle que nous la connaissons, menaçant le logiciel libre… Elle nous prive d’une inter-opérabilité déjà pas très folichonne. Si on étudie ce projet de loi, on retient une vision de la culture qui fait peur : ce serait celle où le sujet consommateur achètent les choses uniquement pour soi et les consomme dans son coin, celle où on ne doit pas protester si on n’a pas les bons logiciels imposés par les marques pour les visionner, celle où on doit fermer sa gueule si on ne peut pas les lire sur toutes les plate-formes, bref, c’est l’antinomique “industrie de la culture” qui est à son paroxysme, et quand Donnedieu de Vabre prétendait qu’il n’était pas le “ministre des majors” comme le dénonçaient ses adversaires, on le croit difficilement tant ses dernières frasques législatives lient intimement argent et culture.
“J’ai en face de moi un ennemi redoutable : le rêve de la gratuité”, nous avait sorti le sinistre.
T’as rien pigé, ce n’est plus un rêve, c’est actuel. Ce n’est pas un ennemi, c’est un rêve magnifique, c’est aussi un rêve perdu car il paraît trop inconcevable dans notre monde actuel. Grâce au peer-to-peer, un petit bout de ce rêve est devenu réalité, une utopie qui date de Platon prend forme dans le réel, c’est assez unique de voir débarquer un mode de vie parallèle basé sur l’échange désintéressé qui permet d’enrichir intellectuellement ses utilisateurs, qui met les différentes classes sociales sur un pied d’égalité, toutes les personnes possédant un ordi et internet peuvent accéder équitablement à la culture, cette masse qui du même coup orchestre plus ou moins consciemment un “fuck” retentissant aux détenteurs économiques de la culture, les mettant face à leur échec accompli. Ceux-ci, énervés parce qu’ils ont foiré ce coup-là alors qu’ils ont toujours été triomphants avec leurs pubs et leurs coups médiatiques, réagissent stupidement en multipliant les messages où ils mettent les artistes en avant, des Cosette dépouillées, seulement on a du mal à plaindre les artistes en question, sauf peut-être sur la qualité de leurs oeuvres, j’ai du mal à les voir autrement que des êtres aliénés qui ont totalement assimilé les concept de rentabilité et de compétitivité du capitalisme, ce qui me semble profondément incompatible avec le sentiment artistique, c’est une conception très personnelle qui me pousse à dire que culture et argent ne font pas bon ménage.
Les majors peuvent continuer à répandre leurs petits fakes-MP3 insignifiants, vendre leurs .wma DRM illisibles sur des sites aux choix limités, plaider leur cause sur les plateaux d’émissions de variétoche inchangée depuis quinze ans, diffuser leur discours moralisateur, culpabilisateur et menaçant qui ne marchera que sur quelques naïfs isolés, je continuerai à télécharger sans que ma morale n’en souffre, le p2p apporte la gratuité, la culture, la diversité, l’éclectisme, l’ouverture, et vous voulez que j’arrête tout ? Que je consomme comme avant alors que je touche du doigt ce qu’est l’avenir ? Jamais, vous m’entendez, jamais, quoi que vous fassiez pour m’en empêcher, je continuerai de télécharger car c’est ainsi que je vois le futur. Je suis quelqu’un de banal mais j’ai refusé de consommer normalement, ceci est mon manifeste.
http://agoravox.fr/article.php3?id_artic…
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juillet 13, 2007
Ca se passe ici:
http://www.kingnutter.com/articles/view/…
Kimmy Ruska, un américain de 21 ans, a publié une vidéo montrant comment télécharger gratuitement de la musique, des jeux, ou des films bien plus vite que les réseaux de peer-to-peer grâce à … une simple recherche sur Google ou Yahoo.
La vidéo, qui a été vue par plus de 430.000 internautes, a vite été retirée de YouTube – on comprend aisément pourquoi – mais est toujours consultable sur King Nutter.
L’astuce réside dans l’algorithme utilisé pour effectuer la recherche. Il a en effet pour but de cibler les serveurs des campus universitaires américains que de nombreux étudiants utilisent pour partager de la musique avec leurs camarades.
Pour cela, il se sert du fait que la plupart des dossiers de ce type contiennent les mots “index.of” dans leur répertoire. Il suffit ensuite de déterminer quel type de fichier l’on souhaite trouver (MP3, MP4, AVI, etc), d’entrer le nom du fichier cherché de manière connectée (avec des points ou underscores), puis d’exclure les pages HTML, HTM, etc, de la recherche. Ce qui donne par exemple : intitle:”index.of” (MP3|MP4|AVI) No.one.knows -html -htm -php – asp -cf -jsp
Pour faire simple vous pouvez utiliser cette ligne de commande en la copiant dans la barre de recherche de google en remplaçant “artiste” par ce que vous cherchez:
{-inurl:(htm|html|php) intitle:”index of” +”last modified” +”parent directory” +description +size +(wma|mp3) “artiste”}
Bien sur, wma ou mp3 peuvent etre remplacé par ce que vous voulez comme types de fichiers.
Bonne peche!
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juin 12, 2007
Piratage: les FAi bientôt chargés de la prévention auprès de leurs clients?
Le nouveau gouvernement travaillerait sur un projet de décret pour imposer aux FAI d’envoyer à tous leurs abonnés des messages de prévention contre le téléchargement illégal d’oeuvres. Un premier pas vers la riposte graduée ?
Juridique
Les internautes pourraient bientôt recevoir des messages de prévention contre le piratage dans leur boîte e-mail. Selon des projets de décret et d’arrêté que s’est procuré le quotidien Les Echos, le gouvernement a déjà planché sur la question. Son objectif: créer une nouvelle obligation pour les fournisseurs d’accès internet (FAI), d’informer leurs clients au sujet de la contrefaçon et du téléchargement d’oeuvres protégées.
Actuellement, les FAI n’ont qu’une seule contrainte: faire apparaître la mention «La piraterie nuit à la création artistique» sur leurs publicités vantant la vitesse de téléchargement permise par le haut débit. Cette obligation date de 2004 et de la Charte que les FAI ont signée avec les ayants droit de la musique. Le gouvernement désire aujourd’hui qu’ils fassent plus, en envoyant au moins deux fois par an, un message de prévention par e-mail, révèlent Les Echos.
Son contenu: il rappellerait que le téléchargement ou la mise à disposition d’oeuvres protégées via internet est interdite. Et mentionnerait les sanctions auxquelles s’exposent les contrevenants: «Cette violation est passible de condamnations civiles et de sanctions pénales.»
La ministre de la Culture favorable à la riposte graduée
Ce dispositif est différent du concept de riposte graduée, cheval de bataille de l’industrie du cinéma qui a failli être adopté lors du vote de la loi Dadvsi. Dans le cas de la riposte, il s’agit d’envoyer des courriers électroniques automatisés aux internautes, repérés par les ayants droit en train de télécharger illégalement. Le premier e-mail serait une simple mise en garde; les sanctions tombant si l’internaute en question venait à récidiver (amendes, voire procès).
Les ayants droit plaident depuis longtemps pour cette solution, mais la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) s’était opposée aux systèmes de surveillance automatisés qu’ils avaient choisi pour traquer les fraudeurs. Cet obstacle est levé depuis fin mai, et l’annulation par le Conseil d’État de la décision de la Cnil. Les sociétés d’auteurs travaillent donc actuellement sur une nouvelle mouture de leur système.
Christine Albanel, la nouvelle ministre de la Culture, s’est déjà prononcée en faveur de la riposte graduée, et a exhorté FAI et ayants droit à se mettre d’accord sur le sujet. En attendant, le gouvernement se prépare donc à renforcer l’obligation de prévention qui incombe déjà aux FAI. Les décrets en question ont été examinés et validés par la Commission parlementaire des P&T, et doivent encore être soumis à l’Arcep.
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juin 7, 2007
Au terme d’une longue enquête, Ratiatum est en mesure de révéler les raisons pour lesquelles aucune poursuite judiciaire contre des pirates français ne devrait avoir lieu avant de longs mois, voire avant plusieurs années. Notre enquête met à jour plusieurs anomalies que tentaient jusqu’à présent de dissimuler les chasseurs de pirates et leurs clients. Informée de certains éléments de cette enquête et contactée mercredi par téléphone pour y répondre, la Société Civile des Producteurs Phonographiques (SCPP) “ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet pour le moment”.
Petit rappel des faits :
Le 17 janvier 2005, nous apprenions que deux prestataires parisiens, AdVestigo d’une part, et CoPeerRight Agency d’autre part, étaient clients de la SCPP pour automatiser la chasse aux pirates. “AdVestigo pour la caractérisation du traitement des empreintes de fichiers sur les réseaux, et nous-mêmes pour la recherche et l’identification”, nous confirmait alors Stéphane Michenaud, le responsable de la société CoPeerRight Agency. En septembre dernier, plusieurs grands journaux dont Libération relatent un conflit entre les deux sociétés prestataires, sur fond de violation de brevets industriels. “On a l’impression que CoPeerRight est en train de s’écrouler et fait tout pour garder ses clients”, déclarait alors Marc Guez, le président de la SCPP (qui rappelons-le, n’a pas souhaité s’exprimer sur les résultats de notre enquête). Alors est-ce vraiment la raison qui a poussé CoPeerRight Agency à attaquer son concurrent ? C’est ce que nous avons voulu vérifier en retraçant tous les évènements un à un.
La SARL CoPeerRight Agency (CPRA) gérée par Stéphane Michenaud a été immatriculée au RCS de Paris le 21 mai 2003. Dès le 27 mai, la société dépose une première demande de brevet (.pdf) portant sur un “procédé et système pour lutter contre la diffusion illégale d’oeuvres protégées dans un réseau de transmission de données numériques”. En clair, CPRA demande en 2003 à l’Etat français de lui accorder le monopole d’exploitation sur certaines techniques antipiratage, en particulier celles qui visent à envoyer des fichiers corrompus sur les réseaux P2P en se faisant passer pour de vrais utilisateurs. Le brevet est délivré le 29 juillet 2005. Dans son premier jet, CPRA revendiquait également des droits sur la recherche des fichiers mis en partage par les utilisateurs, mais l’état de la loi en 2003 ne lui permettait pas d’ajouter la collecte d’informations sur les utilisateurs eux-mêmes. C’est la révision de la loi informatique et libertés obtenue en août 2004 qui va permettre à CPRA de demander une modification de son brevet (.pdf) à l’INPI pour apporter en première revendication le fait d’obtenir les “caractéristiques du fichier trouvé ainsi que des informations d’identification de l’utilisateur mettant en partage le fichier trouvé”. Après une longue étude du dossier et des garanties apportées par la société à la protection des données personnelles des internautes français, la CNIL donne son agrément en mars 2005 à CPRA pour constituer un fichier d’infractions à partir de ces procédés, sous le mandat d’un syndicat. La demande divisionnaire (celle qui permet de modifier le premier brevet) est déposée le 5 avril 2005, et elle est juridiquement réputée déposée à la date de dépôt du brevet modifié, c’est-à-dire le 27 mai 2003.
Et c’est là que les choses commencent à sentir le vinaigre pour AdVestigo, le concurrent de CPRA, et pour l’industrie du disque. Car alors qu’elle n’était censée selon les dires de la SCPP ne s’occuper que de la partie “caractérisation du traitement des empreintes de fichiers sur les réseaux”, AdVestigo a en fait offert les mêmes services de recherche et d’identification que son concurrent. En d’autres termes elle aurait violé le brevet de CPRA. Cette dernière l’apprend à ses dépens lorsque le président de la SCPP, Marc Guez, leur indique par un mail du 22 mars 2005 que la proposition commerciale de CPRA “se situe à un niveau de prix nettement plus élevé que celui de l’accord passé avec AdVestigo”. Privée ainsi de son marché, CoPeerRight Agency obtient le 1er juillet 2005 du TGI de Paris le droit d’effectuer une saisie contrefaçon (c’est-à-dire une perquisition visant à rassembler les preuves d’une contrefaçon du brevet) dans les locaux d’AdVestigo. Elle sera réalisée cinq jours plus tard, le 6 juillet. Constatant dans le rapport de saisie qu’elle a de sérieux éléments contre AdVestigo, laissait croire à la violation 11 revendications de son brevet sur 13) CPRA assigne son concurrent en contrefaçon le 20 juillet, et demande près de 4,5 millions d’euros de dommages et intérêts.
Lors de notre enquête, nous avons eu communication des 16 pages de l’assignation (.pdf), un document privé que la société AdVestigo aurait bien aimé garder secret. Et pour cause :
AdVestigo utilise MLDonkey, un logiciel open-source sous licence GPL.
En page 6 de l’assignation, il est marqué qu’AdVestigo déclare mettre en oeuvre “plusieurs protocoles de réseau poste à poste à l’aide d’un logiciel ’sous licence GPL normalement non commercialisable’, appelé MLDonkey”. Contactée par Ratiatum lors de cette découverte, AdVestigo a semblé des plus embarrassée et nous a rappelé le caractère confidentiel du document. Un logiciel sous licence GPL ne peut pas être exploité commercialement sans au minimum communiquer les sources aux clients. Ne sachant que nous répondre de prime abord, c’est après quelques heures qu’Advestigo prendra position en nous affirmant que le logiciel MLDonkey n’est pas exploité commercialement par la société, mais n’est utilisé qu’à des fins de tests. De plus, “nous n’avons pas touché un seul octet du code source”, nous assure la société.
En quelques mois, les évènements s’enchaînent. En avril 2005, CoPeerRight Agency fait savoir à AdVestigo et aux sociétés clientes (SCPP, Sacem et SDRM) qu’elle a déposé une demande de brevet portant sur l’identification des pirates, et que cette demande bénéficie d’une date d’antériorité remontant en 2003. Le 13 juillet, AdVestigo assigne CoPeerRight Agency en référé et l’accuse de “dénigrement à son égard”. AdVestigo produit pour seule preuve un mail envoyé le 23 mars à Marc Guez (lequel l’a relayé à AdVestigo) dans lequel CPRA indiquait à la SCPP ses soupçons de contrefaçon à l’encontre d’AdVestigo. Le juge déboute AdVestigo. Dans la même période, le 31 mars, c’est Marc Guez lui-même qui invite CPRA à porter plainte contre ses concurrents. “En ce qui concerne les atteintes aux droits de propriété intellectuelle de votre société auxquels la société AdVestigo porterait atteinte, il vous appartient de faire valoir ceux-ci par tout moyen de droit qui vous paraîtrait pertinent”, écrit ainsi le patron de la SCPP.
Suivant ces conseils avisés, le 3 août 2005, en plus d’AdVestigo qui était déjà sous le coup de la procédure lancée le 20 juillet, CoPeerRight Agency attaque la SCPP et les deux autres sociétés de gestion collective commanditaires des plaintes contre les internautes français. Selon CoPeerRight Agency la Sacem, la SCPP et la SDRM auraient dû revoir les termes de leur relation commerciale dès qu’ils ont eu connaissance de la teneur du brevet amendé le 5 avril et de sa probable violation par AdVestigo. En restant clients et en continuant d’utiliser les services contrefaits d’AdVestigo, les trois sociétés seraient elles-mêmes devenues contrefactrices. Un comble pour celles qui souhaitaient lutter contre la contrefaçon.
Une chasse aux pirates sans doute gelée pour plusieurs années
CoPeerRight Agency n’attend pas de jugement du TGI de Paris avant le mois de juillet 2006. D’ici là, les sociétés collectives d’auteurs et de producteurs sont totalement bloquées, et AdVestigo se retrouve dans une situation des plus difficiles. La société concurrente de CPRA n’a même pas encore reçu le feu vert de la CNIL, un précieux sésame sans lequel aucune recherche d’infraction sur Internet ne peut être réalisée en France.
“Nous sommes complètement sereins”, nous assure toutefois AdVestigo, qui préfère pour le moment “attendre de voir ce qui va se passer”. D’ores et déjà en cas de victoire, CPRA s’attend à ce qu’AdVestigo prolonge l’affaire en appel puis éventuellement en cassation, ce qui pourrait maintenir le gel encore plusieurs années.
Il faut également noter que la demande de brevet divisionnaire de CPRA (déposée le 5 avril) n’a pas encore été délivrée par l’INPI. Mais AdVestigo promet déjà d’attaquer le brevet en nullité (c’est-à-dire le faire annuler en contestant sa validité) dès que le dépôt donnera lieu à délivrance du titre officiel, ce qui devrait être le cas d’ici la fin de l’année. Là encore, il s’agit de procédures très longues susceptibles de recours en appel et cassation, et l’action en contrefaçon ne pourra être jugée qu’après avoir examiné la validité du brevet.
Pendant tout ce temps, aucune chasse aux pirates ne pourra avoir lieu au profit de l’industrie musicale.
La chasse aux pirates, une activité peu rentable
Malgré des contrats se chiffrant à plusieurs dizaines de milliers d’euros mensuels, la recherche et l’identification d’internautes pirates sur les réseaux P2P n’est pas une activité rentable. Stéphane Michenaud, le directeur de CoPeerRight Agency, nous l’a confirmé de vive voix. “Il s’agit d’une activité qui demande énormément d’investissement en machines et en main d’oeuvres, qui ne peut pas être rentable”, nous a-t-il ainsi affirmé lors de cette enquête. Du côté d’AdVestigo, la déclaration est moins ferme, mais le fond reste le même. “Nous avons trop peu d’historique pour savoir s’il s’agit d’une activité rentable”, nous indique ainsi la société. Rien que pour répondre aux demandes de la Sacem et surveiller pour son compte les actes de piratage sur environ 10.000 oeuvres musicales, Advestigo prévoit une batterie de huit serveurs dédiés. La société embauche à temps complet 25 personnes, tandis que CPRA compte 12 employés en France, et davantage encore dans les locaux de sa filiale canadienne.
Pourquoi donc persister dans ce domaine s’il est si peu rentable ?
Du côté de CPRA, on mise sur les marchés européen, américain et asiatique, et surtout sur l’exploitation de données statistiques du P2P à des fins marketing. Chez Advestigo, c’est à court terme le seul marché européen qui est en vue, alors que d’ici cinq à dix ans l’essentiel du chiffre d’affaires du prestataire devrait se réaliser sur le marché des entreprises. AdVestigo teste en effet sa technologie d’empreinte des contenus sur le piratage des oeuvres multimédia, mais pour l’adapter ensuite et surtout à la surveillance des communications (messageries instantanées, e-mail,…) au sein des entreprises.
La chasse au pirate peut donc bien s’arrêter, ça ne dérangera guère que ceux qui espéraient encore pouvoir briser le P2P à coup de procès…
L’article date du 7 octobre 2005. On attend avec impatience les nouveautés et les évolutions en matière de lutte contre le p2p promis par le nouveau gouvernement.
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juin 4, 2007
Par Alex Türk, président de la Cnil
Si vous interrogez un homme politique en charge des questions de sécurité aujourd’hui sur ce qu’il pense des techniques de surveillance utilisées pour prévenir la criminalité, il y a de grandes chances pour que l’on vous parle des avantages de la vidéosurveillance. Vous pouvez entendre des arguments convaincants sur le gain de sécurité apporté dans les alentours, car ces systèmes agissent comme une dissuasion au crime.
Ou vous pourriez entendre parler du devoir de traque des terroristes par la collecte d’informations sur les passagers des compagnies aériennes ou par l’obligation d’utiliser des passeports biométriques. Peut-être découvrirez-vous comment l’informatique de confiance vous protège des logiciels malveillants et des virus. Ou comment l’examen des e-mails et l’écoute clandestine des appels aident la police à trouver de potentiels criminels de toutes sortes.
Tout cela devrait vous plaire puisque l’idée est que vous commenciez à penser que ces techniques sont les meilleures qui soient. Mais faisons face aux risques cachés mais néanmoins très présents de tout cela. Bien que les caméras publiques puissent aider la police à trouver des criminels, les systèmes modernes de vidéosurveillance, comme ceux utilisés à Londres, sont capables aujourd’hui de cibler toute personne que les opérateurs souhaitent surveiller en utilisant l’identification faciale automatique. Ainsi, cela permet à la police de créer une base de données détaillées de tous vos mouvements.
La conservation des enregistrements des passagers aux Etats-Unis ainsi que l’obligation pour tous de se soumettre aux passeports biométriques sont supposées aider à combattre le terrorisme. Mais cela permet aussi aux services secrets de collecter de l’information précise sur la nationalité de chaque voyageur. Des informations précises telles que vos empreintes digitales, la couleur de vos yeux, et une photo haute-résolution de votre visage. Informations que vous espériez habituellement qu’elles soient récoltées au sujet des criminels suspectés.
L’informatique de confiance promet d’accroître la sécurité de votre PC en permettant seulement à certains logiciels fiables de fonctionner sur votre ordinateur. Mais ce que l’on ne vous dit pas c’est que la personne qui décide des logiciels auxquels on peut faire confiance et qui sont donc autorisés à être installés sur votre PC n’est certainement pas vous.
D’un côté, surveiller des e-mails et mettre sur écoute des appels pour des mots-clés suspects permettraient d’arrêter quelques criminels de troisième ordre, mais d’un autre côté cela permet à toutes sortes de personnes impliquées dans le processus de surveillance de récupérer toutes sortes d’informations privées. Informations que vous ne voudriez justement pas partager avec le personnel du poste de police local.
Ces symptômes peuvent tous être pris comme une preuve de la lente mais régulière conversion de nos sociétés occidentales en états policiers.
Nos sociétés occidentales prétendent être des démocraties libérales mais nos leaders essaient d’imposer des lois des plus en plus répressives et instrumentalisent la peur publique de la terreur pour les justifier. Nous croyons que les personnes qui sont prêtes à perdre leur liberté pour une sécurité temporaire ne méritent aucun des deux et les perdront.
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juin 3, 2007
Au regard des évènements récents, à propos de la liberté d’information en général et sur internet en particulier, ainsi qu’au regard de l’hystérie anti p2p qui prévaut actuellement, je vous propose une statégie de contre attaque.
Celle ci s’organisera sur plusieurs axes:
1/ La promotion sur le maximum de supports et IRL des oeuvres sous licences libres(videos, MP3, livres).
2/ La promotion sur le maximum de supports et IRL des logiciels libres(linux, bsd ainsi que les logiciels libres pour Windows)
Cette promotion peut prendre la forme d’avis sur les oeuvres ou les logiciels libres, l’intervention dans des discussions sur les forums, les blogs et devra chaque fois comporter un lien vers un site “libre” offrant du contenu “libre”. Il est bien entendu qu’il est inutile de faire cette promotion sur des sites déja acquis au libre. La cible sont les sites étrangers au mouvement du libre.
Si vous n’etes pas habile en discussion, ou que vous n’avez pas envie de polémiquer, n’oubliez pas que mettre un lien vers un site libre en signature peut suffire.
3/ La diffusion d’oeuvres et de logiciels libres via FTP ou via des logiciels de p2p, et la communication à propos de cette diffusion.
Il est notemment important de mettre massivement des oeuvres libres en partage sur edonkey et bittorrent afin de compliquer la tache des futurs surveillants de ces réseaux, ainsi que sur les logiciels cryptés types “share”.
4/ L’arret absolu de tout téléchargements et partage illégal de logiciels ou d’oeuvres protégées par le droit d’auteur, et la communication autour de cet arret du “piratage”
5/ Le boycott indiscriminé de toutes les oeuvres ou logiciels protégés par le droit d’auteur.
6/ La communication autour de ce boycott, sur le maximum de support(exemple:” je recommencerai à acheter lorsque je ne serai plus considéré comme un pirate si je partage ou si je télécharge”).
7/ Le dénigrement systématique des oeuvres protégées par le droit d’auteur, ainsi que le dénigrement des majors, des organisations comme la SACEM, la SCPP, la SNEP, etc….
8/ La diffusion des méthodes d’anonymisations grand public présentent sur ce blog(TorPark, email jetables, les 12 conseils de l’EFF, etc….)
9/ Le dénigrement des grands médias(la télévision, le figaro, le monde, etc….) et la dénonciation de leurs connivences avec le pouvoir, ainsi qu’avec les puissances financières, en faisant passer l’idée qu’ils sont corrompus et indignes de confiance.
10/ La promotion des sites d’information alternative ou citoyenne(Indymedia, agoravox etc….)
Bien entendu, ce plan d’action ne pourra avoir une influence que si vos interventions sont nombreuses et surtout si elle sont suivies et soutenues dans le temps.
Par exemple, si vous initiez un thread sur un forum à propos du boycott des oeuvres non-libres, vous devrez d’une part répondre aux messages que ce thread génèrera, et d’autre part vous devrez reposter des messages de temps à autre afin de maintenir la visibilité de ce thread et son activité.
Mieux vaut un thread dont l’activité(et donc la visibilité) est maintenu pendant plusieurs années, plutot qu’une multitude de messages postés en une journée qui ne seront pas maintenus visibles et disparaitront au fond des forums.
Mais ces interventions peuvent aussi prendre la forme d’un post dans un thread, d’un commentaire sur un blog, d’un lien donné sur une messagerie instantanée, sur un email etc….
Je ferai évoluer ces dix points au fur et à mesure des évènements: ils sont donc suceptibles de corrections.
Je laisse les commentaires ouverts afin de vous laisser la possibilité de donner votre avis.
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